Il y 2 ans, la Belgique sortait de son premier confinement.
Nous étions un certain nombre (dont moi-même) à penser naïvement à l’époque que l’hystérie liée au SARS-CoV-2 serait probablement terminée en septembre (2020), et nous n’avions à aucun moment imaginé que la crise sanitaire persisterait pendant plus de 2 ans et – au moins – 5 vagues (le nombre de vagues différant selon les pays et la définition donnée à la notion de « vague » par les différents experts).
Le comble fut l’application des mêmes mesures sanitaires (port du masque, distanciation sociale, confinement, etc.) en réponse à chaque vague successive (avec une couche d’absurdité supplémentaire à chaque vague), comme si, par magie, les effets de ces dernières finiraient par porter leurs fruits. « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent » (phrase attribuée à Albert Einstein). Cette « folie » ne peut être attribuée qu’à l’incompétence de nos dirigeants (et des experts qui les conseillent) ou à une volonté malveillante bénéficiant à certains individus ou organisations (cette hypothèse suscitant invariablement l’accusation de complotisme à l’égard de celui qui l’émet). Notons que la première hypothèse n’exclut pas la deuxième, et que la combinaison des deux est possible, voire probable. Les détracteurs diront : « Qu’aurais-tu fait à leur place ? » ou « Personne ne pouvait savoir comment réagir face à une menace inédite ! »… À cela, on peut répondre qu’il n’est pas nécessaire de travailler dans un institut de santé publique pour avoir le droit politique ou être intellectuellement en mesure de critiquer la politique sanitaire. Il revenait aux fonctionnaires de ces instituts d’établir un plan d’action cohérent et efficace en cas de pandémie. Or, des revendications en faveur d’une gestion alternative ont été formulées à l’étranger, comme, par exemple, The Great Barrington Declaration, rédigée par trois médecins et épidémiologistes des universités prestigieuses de Harvard, Oxford et Stanford et signée, à l’heure de la rédaction de cet article, par 930.528 personnes, dont 62.920 professionnels de santé et scientifiques[note]. Cette Déclaration appelait à se focaliser sur la protection de la population à risque plutôt que d’imposer des mesures à des peuples entiers. Un rapport de la Commission d’enquête sur le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion par le Gouvernement français de la grippe A (H1N1) du Sénat français[note] datant de 2010 était également disponible bien avant la pandémie de SARS-CoV-2. Ce document reprend plusieurs éléments de la mauvaise gestion de l’épidémie du H1N1 qui auraient pu être pris en compte dans la réponse à l’arrivée du SARS-CoV-2. À ces documents s’ajoutent toutes les déclarations et prises de paroles au début et tout au long de la pandémie par une multitude d’experts du domaine de la santé et de la microbiologie, dont certains (par exemple le professeur John Ioannidis de l’Université de Stanford), étaient auteurs de travaux publiés par des entités reconnues par plusieurs États, comme l’OMS.
Il y a donc eu, à disposition de nos dirigeants, des propositions pour une meilleure gestion des pandémies avant et pendant la crise du COVID, ce qui signifie que les choix politiques qui ont été faits par nos dirigeants l’ont été en connaissance de cause. Parmi les questions qui se posent aujourd’hui (de façon plus prégnante encore qu’auparavant) figurent notamment les suivantes : qu’avonsnous appris des 2 années écoulées ? Quelles sont les mesures sanitaires qui ont fait leurs preuves ? Quelle est l’efficacité réelle des différents vaccins utilisés pour prévenir la transmission du SARSCoV-2 ? Quelle protection réelle confèrent-ils ? Quelles sont la gravité et la fréquence des effets secondaires ? Quelle est la pertinence du Certificat COVID numérique de l’UE et des différentes versions de ce certificat dans les pays membres (le COVID safe ticket en Belgique) par rapport à la gestion des contaminations ? Quelles réformes devraient être apportées à notre système de soins de santé (par exemple en ce qui concerne le nombre de lits dans les hôpitaux) afin d’éviter de futures saturations ? Et surtout : où sont passés les véritables débats d’experts ?
Depuis le début de la guerre en Ukraine, les médias se sont focalisés sur les nouvelles du front, en laissant de côté le COVID. Mais maintenant que les mesures sanitaires ont été levées (du moins pour l’instant), ne devrait-on pas entendre nos experts discuter de l’efficacité de ces dernières ? Le débat n’était soi-disant pas possible en pleine crise, car nous ne disposions pas de chiffres et il fallait respecter des mesures qui « certainement » feraient leurs preuves et dont les données préliminaires étaient « prometteuses ». Aujourd’hui, il existe une importante littérature scientifique portant sur l’analyse des différentes mesures, avec des chiffres à l’appui, provenant de plusieurs pays. Où sont les échanges de vues entre les experts sur cette littérature scientifique ?
Au contraire, dans le courant des mois de mai et juin 2022, le virologue Marc Van Ranst n’a pas hésité à se prononcer contre l’abandon du port du masque dans les transports en commun, après avoir déclaré que « l’épidémie de coronavirus est clairement sur le chemin du retour »[note] ; le projet de loi relatif à l’obligation vaccinale des aide-soignants a avancé d’un pas avec la Commission de la Santé qui l’a approuvé[note] ; le Président français Emmanuel Macron a exprimé son désir de « vacciner tout ce qui peut être vacciné »[note] ; et le Parlement européen et les États membres se sont mis d’accord pour prolonger le pass sanitaire européen jusqu’en juin 2023[note]. Si des débats justifiant ces propos et décisions ont été organisés entre des experts sur l’efficacité des masques, de la vaccination et du pass sanitaire, ils n’ont pas été médiatisés, ce qui serait étrange, car, pendant 2 ans, toutes les paroles d’experts en faveur des mesures (sans chiffres à l’appui) ont été soigneusement diffusées.
Le neurochirurgien Russel Blaylock, dans son article COVID UPDATE : What is the truth ? (publié dans la revue scientifique Surgical Neurology International – SNI infection)[note] énumère une suite de propos considérés, il y a quelques mois, comme de la désinformation, mais qui se sont vérifiés par la suite. En voici quelques-uns (les références scientifiques qui appuient ces affirmations peuvent être retrouvées dans l’article de Blaylock) :
› Les vaccinés asymptomatiques propagent le virus de la même manière que les symptomatiques non vaccinés ;
› Les vaccins ne peuvent pas protéger adéquatement contre les nouveaux variants, tels que Delta et Omicron ;
› L’immunité naturelle est de loin supérieure à l’immunité vaccinale et dure très probablement toute la vie ;
› L’immunité vaccinale diminue après plusieurs mois, exposant les vaccinés à un risque élevé d’infections et de cancer ;
› Les vaccins COVID peuvent provoquer des risques de caillots sanguins et d’autres effets secondaires graves ;
› Les partisans du vaccin exigeront des rappels au fur et à mesure que de nouveaux variants apparaîtront ;
› Anthony Fauci insistera pour inoculer le vaccin contre le covid aux petits enfants et même aux bébés ;
› Des passeports de vaccination seront nécessaires pour entrer dans une entreprise, prendre un avion et utiliser les transports en commun ;
› Il y aura des camps d’internement pour les non-vaccinés (ce fut le cas en Australie, en Autriche et au Canada) ;
› Des non-vaccinés se verront refuser leur emploi ;
› De nombreux hôpitaux étaient soit vides, soit peu occupés pendant la pandémie ;
› Un traitement précoce aurait pu sauver la vie de la plupart des 700.000 personnes décédées ;
› La myocardite induite par le vaccin (qui a été niée initialement) est un problème important.
Il va de soi que tous les arguments des scientifiques s’opposant aux mesures sanitaires ne se sont pas avérés corrects. Mais le débat entre scientifiques est nécessaire et crucial pour pouvoir se façonner une image de ce qui fonctionne et de ce qui n’est pas efficace. Il est grand temps que la confrontation des idées (avec des preuves à l’appui) ait lieu. La locution latine Errare humanum est, perseverare diabolicum signifie que l’erreur est humaine et que persévérer (dans son erreur) est diabolique. Cette locution a été citée à plusieurs reprises ces derniers mois dans le contexte de cette pandémie (dans Kairos et ailleurs)[note]. Après 2 ans, la persévérance n’est même plus diabolique : elle devient franchement satanique !
Joonas Parikka


