Quelques questions à propos des experts et de la déontologie…
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Quelques questions à propos des experts et de la déontologie…

Depuis le début de la crise COVID, le politique, les experts et les invités dans les médias ont mis en avant le rôle central de l’expertise scientifique dans la gestion de la pandémie : en effet, c’est à partir de celle-ci, exprimée à travers le discours des experts et des conseillers, que les décisions politiques « difficiles » auraient été prises. L’expertise peut donc avoir un impact important sur notre avenir en termes de libertés et de droits fondamentaux, de bien-être social et économique, mais également en matière de gestion de la santé publique et de la santé de chacun. Or, y a-t-il une éthique scientifique spécifique, un Code qui – à l’instar du Code de déontologie médicale et du serment d’Hippocrate – permettrait de guider et de baliser le fonctionnement de ce processus de conseil par des experts ? La réponse est oui : ce texte est accessible au public dans les deux langues nationales sur les sites du FNRS/FWO[note].

Il nous semble donc important de revenir sur le respect (ou non) de ces principes de déontologie au cours de ce processus de conseil et d’analyser les conséquences des décisions prises afin, si nécessaire, d’ajuster le paradigme et les connaissances à partir desquels ont été élaborées les décisions concernant 1) les restrictions, 2) la limitation de nos droits fondamentaux, 3) la lutte contre le SARS-CoV-2. 

Rappelons, en guise de premier pavé dans la mare, que SARS2 est une zoonose et qu’avoir tenté de contrôler la dispersion d’un tel virus dans la population peut être considéré comme un non-sens scientifique : c’était en effet impossible ! Y-a-t-il un vétérinaire (ou un microbiologiste environnemental) dans l’avion ?[note]. 

Tout au long de la crise, les recherches scientifiques sur SARS2/ COVID n’ont cessé de s’accumuler : de nombreuses publications dans des revues médicales ou techniques de qualité peer-reviewed (évaluées par les pairs) ont mis en évidence des résultats qui allaient à l’encontre des décisions politiques prises… Ce fut par exemple le cas sur la question des écoles et en matière de tests PCR, nous allons y revenir. Pire, certaines connaissances antérieures, issues de chercheurs mondialement reconnus, publiées depuis plusieurs dizaines d’années ont été « oubliées », ou considérées comme obsolètes, ou… ? Certains scientifiques qui ont tenté d’expliquer la crise et d’informer le public se sont fait soit menacer, soit exclure des débats, soit attaquer… Ce fut le cas du professeur John Ioannidis (épidémiologiste à Stanford), du professeur Christian Perronne (épidémiologiste aux hôpitaux de l’A.P. à Paris), du prof. Rentier (ancien Recteur de l’ULG) et des 930.500 signataires de la Déclaration de Great Barrington aux USA… Même les médecins généralistes, un peu partout sur la planète, se sont vu retirer les soins de première ligne – première ligne pour laquelle ils étaient pourtant les mieux placés –, sans parler des interdictions de prescription de médicaments qui auraient pu sauver de nombreux patients…[note] 

Ceci est interpellant… Comme il semble évident qu’il y a eu une crise dans la crise, et que le temps a cessé de se compter en secondes pour se compter en décès, il est plus que temps d’enfin se poser certaines questions au risque de fâcher certains. 

Les connaissances scientifiques, anciennes ou récentes, auraient dû nous permettre d’avancer, de mieux cerner le SARS-CoV-2, non pas pour en faire la carte d’identité, mais pour éviter des décès ! Là était l’enjeu primordial ! La finalité, c’était la santé, et non la génétique des populations virales ! 

L’EXPERTISE DE CONSEIL EST-ELLE LA MÊME CHOSE QUE LA RECHERCHE ? 

Non, bien sûr ! L’expertise scientifique doit être basée sur le consensus scientifique et les mesures qui en découlent auraient dû être débattues, en Belgique comme dans tout pays démocratique. Mais ces débats socio-constructivistes auraient engendré, chez certains experts ou politiques, de la méfiance envers ceux qui n’allaient pas dans leur direction, ces « complotistes », « alarmistes », « optimistes » et même, insulte suprême, « rassuristes », comme si le fait de rassurer ne faisait pas partie de la bonne pratique médicale. Car rassurer ne signifie pas minimiser les risques, rassurer signifie transparence et proportion, deux exigences qui nous semblent avoir été largement oubliées. Rassurer, c’est faire montre d’empathie, cela ne relève en rien du complot. Rassurer n’a rien à voir avec un déni de science : c’est intégrer la science et l’humanisme. 

Nous avons écrit ce texte à quatre mains. En tant que citoyenne, en tant que maman et en tant qu’ancien Président de Comité d’éthique, nous nous posions parfois de graves questions : « Sommes-nous dans une cour de récréation ? » ou « Avons-nous affaire à des scientifiques qui ont oublié l’essence même de leur métier, la démarche d’investigation ? ». Nous leur avons laissé le bénéfice du doute ! 

Nos experts pouvaient sans difficulté s’informer, informer, confirmer, mais aussi infirmer leurs hypothèses de travail… et, surtout, ils avaient le devoir d’argumenter leurs choix en partageant leurs connaissances[note]. Il est navrant de constater que la plupart des cartes blanches et interventions externes dans la presse ont quasiment toujours inclus des références précises, alors que les doxas des décideurs utilisaient l’argument d’autorité sans jamais se justifier. Nous pouvons et devons commencer l’inventaire… 

Il semble utile de commencer cette réflexion en partant du Code éthique des scientifiques tel que nous pouvons le lire sur les sites du FNRS ou du FWO… Rassurez-vous, les mêmes textes existent quasiment dans tous les pays, donc ce qui est écrit ici dépasse largement nos petites frontières. 

Pour la petite histoire, lors d’une communication téléphonique avec le FNRS, j’ai eu droit à deux interlocutrices successives pour répondre à cette simple question : « Le code d’éthique de la recherche scientifique en Belgique qui se trouve sur votre site est-il toujours à jour, peut-il servir de référence ou y a-t-il un avenant annexé quelque part depuis le début de la pandémie ?». Question simple, vous direzvous, qui ne nécessitait qu’une réponse rapide et courte ! Mais non ! d’une première interlocutrice, on m’a transférée vers un autre service pour retomber toujours sur le même scénario : un questionnement sur le pourquoi du comment de ma démarche, une sorte d’interrogatoire. Étrange… Ma question était pourtant banale : je leur demandais juste si ce qui se trouvait sur leur site était bien à jour, sans plus. 

MAIS VENONS-EN AUX FAITS… 

Si nous regardons la vidéo de ce professeur belge notoire qui faisait la tournée des décideurs entre 2016 et 2018 en expliquant que gérer une pandémie, c’est aussi la « vendre »[note], il y a de quoi être interpellés. On peut comprendre le besoin de communication, mais peut-on comprendre le besoin de « museler et contrôler la presse », le besoin d’aggraver les données statistiques sur la grippe H1N1 pour engendrer la « peur qui permet de mieux gérer (sic) », de pousser des vaccins anti-grippe « en faisant croire à une pénurie possible »… ? Ceci pose de très graves questions qui nous semblent toucher en plein cœur les normes éthiques[note]. 

On peut comprendre que des experts ont tenté d’expliquer le danger, mais lorsque des scientifiques appelés pour leur expertise ont tenté de faire de la communication politique lorsqu’une décision ne leur convenait pas et ont alors occupé les réseaux sociaux, étaient-ils dans leur rôle ?[note] Ou lorsqu’ils ont fait chanter le politique en leur imputant les décès s’ils n’étaient pas écoutés[note], voire lorsqu’ils faisaient dans la désinformation pure, était-ce encore de l’expertise ? 

Ou quand un autre professeur-expert a déclaré autour de la table et dans la presse : « Si cela ne tenait qu’à moi, tout le monde à l’intérieur pendant un an et on n’en parlerait plus ! »[note] ? Et lorsque le même a déclaré, lors d’une interview, que « la liberté individuelle s’arrête aujourd’hui »[note], qu’il s’est également permis d’attaquer le citoyen belge[note] ou de « tacler » le politique en permanence comme s’il s’agissait d’un jeu[note] ? Et cela, en n’offrant aucune évidence scientifique ou médicale pour soutenir ces diverses interventions publiques, alors que les évidences du contraire commençaient à être publiées dans la littérature scientifique depuis avril-mai 2020. Devrions-nous nous questionner ? La réponse est oui. Exagérons-nous en rapportant les propos de la presse ? La réponse est non, surtout quand d’autres membres du groupe d’experts[note], l’intéressé lui-même[note], ainsi qu’un politique[note] ont confirmé ces attitudes pour le moins surprenantes. 

Lors de la tentative de fermer les écoles, alors que la littérature scientifique en provenance de plusieurs pays avait démontré que les contaminations se passaient au sein des bulles familiales et non au sein des écoles où les risques pour la santé étaient extrêmement faibles, alors que même un article de presse expliquait de manière correcte et documentée que le danger était faible et qu’il avait été exagéré, était-il normal qu’un microbiologiste « notoire » se fende d’une étude qui « tombait fort à propos » et qui fut relayée par les médias pour tenter de justifier la position du ministre[note] ? 

Est-il normal qu’un éditorial majeur, publié dans la revue British Medical Journal en novembre 2020 une des revues professionnelles les plus respectées sur la planète, ait été totalement ignoré des scientifiques, des médecins et même de la presse ? Il faut reconnaître que le titre avait de quoi déranger : Covid-19 : politicisation, “corruption,” and suppression of science » ! Bien sûr que non ! Rien de ceci n’est normal. En outre, c’est en flagrante contradiction avec toute déontologie ou éthique scientifique, lesquelles s’appliquent aussi au travail d’expertise et de conseil[note]. 

DEVOIR DE RIGUEUR 

Le point 5 du Code d’éthique de la recherche scientifique en Belgique nous parle du devoir de rigueur. Nous citons : « Lors de communications ou présentations dans les médias, le chercheur présente ses résultats de recherche de façon véridique et compréhensible. Il évite de susciter des craintes ou des espoirs non justifiés (sic) ». Donc « vendre la peur » comme outil de gestion était directement contraire au Code. Donc gonfler les statistiques pour aider à « faire passer » des décisions douloureuses ou non était contraire au Code. Donc écrire des rapports qui allaient à l’encontre des publications scientifiques peer-reviewed pour justifier une éventuelle décision politique ou attaquer une décision politique après un accord d’un comité d’experts étaient des actes parfaitement contraires au Code. Pourrait-on parler de chantage aux « morts » ? Je vous laisse le choix des mots pour qualifier de tels actes ! Ceci n’est pas sans rappeler l’intervention du ministre de la Santé belge qui osa parler de la nécessité du choc psychologique pour contrôler la population ![note]. Et la santé, et la médecine dans tout cela ? 

Le Code mentionne aussi le devoir d’impartialité. Nous citons à nouveau : « Lors de désaccords avec les positions scientifiques d’autres chercheurs, il n’en sera débattu qu’à l’aide d’arguments scientifiques (sic) ». Donc le chantage aux chiffres de la mortalité et les arguments politiques émis par un groupe des conseillers étaient tout à fait contraires au Code. En plus du Code, il y avait la loi : ces échanges entre experts et politiques avaient déjà été dénoncés par certains juristes, tel le professeur Nicolas Thirion de l’ULG qui avait attiré l’attention sur la destruction de notre État de droit[note]. Vincent Laborderie faisait le lien avec l’expertise déficiente[note]. Et dans un avenir plus ou moins proche, une question se posera, celle de la double responsabilité : gestion de crise chaotique au mépris des lois et des normes.

Lorsque le professeur Lieven Annemans, membre du CNS/GEES, s’est fait attaquer dans les médias au point de devoir quitter le groupe pour protéger réputation et famille, n’était-ce pas contraire au Code ?[note] Son crime ? Avoir parlé de proportion dans les mesures proposées afin d’éviter les dommages collatéraux[note].

Un éclairage sur le dysfonctionnement déontologique fut donné par inadvertance par le docteur C. Nieuwenhuys, la secrétaire générale de la Fédération des Services Sociaux[note]. Celle-ci a révélé dans une interview qu’elle avait été invitée aux travaux du groupe d’experts, car leur quota d’hommes était dépassé et surtout parce qu’elle n’était pas une « activiste » (sic !). Elle a déclaré « assez rapidement, je me suis rendue compte que dans le groupe d’experts, ma sensibilité aux questions sociales et humaines était partagée ». Avant d’ajouter ces mots : « La Première ministre n’avait pas anticipé la place que pourraient prendre les sensibilités politiques de chaque expert… Or, la neutralité n’existe pas. Quand on voit l’ensemble des expositions médiatiques des différents experts du GEES, on constate que chacun et chacune ont des avis sur les mesures à prendre ou prises par le gouvernement ». Est-ce que les sensibilités politiques personnelles des experts étaient compatibles avec la déontologie requise par le Code ? Nous pouvons en douter, car la science et l’expertise scientifique ne peuvent se soumettre à une idéologie parce que cela équivaudrait à la mort du savoir tout simplement ! N’était-ce pas la responsabilité des scientifiques de rester neutres et impartiaux ?

Lorsqu’on a imposé les masques à toute la population – contre toute évidence – et que la ministre de la Santé a été forcée de changer d’avis, était-ce encore être impartial ? Son avis initial sur le fait que les masques peuvent être efficaces en cas de contaminations humides, mais inefficaces en cas de contaminations sèches par aérosol était et reste le consensus scientifique[note] – et il est difficile d’expliquer pourquoi une carte blanche signée par près de 60 professeurs, parmi lesquels des pneumologues qui mentionnaient ce fait précis, n’ait pas été écoutée[note]. Leur citation précise est : « En dehors des espaces où la distanciation physique ne peut être respectée, le port du masque n’a strictement aucun intérêt[note]. » 

Deux masques valent mieux qu’un ! Certains de nos experts se firent couturiers pour l’occasion. Et les troubles psychologiques et cognitifs chez les enfants, la peur des citoyens et le clivage de la société en « bons citoyens obéissants» et « criminels égoïstes » ? N’est-ce pas le propre des dérives autoritaires d’établir ou d’imposer des symboles qui rappellent leur pouvoir à chaque instant ? Où fut le débat scientifique objectif à ce propos ? Et l’impartialité ? 

Le Code mentionne aussi le devoir de prudence. Nous citons : « Les fautes et omissions commises, ainsi que les dommages aux tiers qui en découlent doivent être assumés et réparés au maximum (sic) ». Certains extraits de la carte blanche déjà citée sont édifiants. Un exemple de ce qui ne fut pas fait : « La gestion future de la crise doit être scientifiquement fondée, rationnelle et proportionnée ». Par prudence ? « Ensuite, les mesures ont été prolongées, et il semble maintenant qu’il faille à tout prix éviter de
se faire infecter par un virus dont la dangerosité ne dépasse pas celle de la grippe saisonnière que nous vivons chaque année dans la “quasi” indifférence générale.Cela ne nous paraît plus raisonnable.
» Prudence ou décisions arbitraires ne reposant sur aucune donnée objective ? « Toutefois, aucune donnée objective sur le bénéfice du confinement de l’entièreté de la population n’a été fournie à ce jour ».

Le manque de prudence était évident sur la question des masques et sur la distanciation sociale dans les écoles maternelles et primaires[note]. Le manque de prudence était évident par rapport aux dommages collatéraux tels que la boulimie, l’anorexie, l’alcoolisme qui firent l’objet de publications avant l’été 2020. Le Code de Déontologie mentionne qu’il existe un devoir de réparation. 

Philippe Debongnie
Philippe Debongnie

QUI VA PAYER ? 

La Belgique compte 32.051 victimes (lors de la rédaction de cet article). Pour le fait qu’entre 30 % et 60 % d’entre elles (au moins) sont arrivées à l’hôpital déjà infectées par des colonisations bactériennes[note] – en broncho-pneumonies ou pneumonies –, ce qui démontre qu’elles n’avaient pas reçu de traitements antibiotiques à temps, qui va payer ? Pour les directives de Sciensano, basées sur le paracétamol et les corticoïdes, incitant principalement aux contacts téléphoniques et aux tests, qui va payer ? Le fait que ce furent des recommandations et non des ordres directs dispense-t-il leurs auteurs de toute responsabilité ? Cela ne tient pas la route, quand on sait que les remboursements INAMI sont contrôlés, et que de facto les médecins n’ont pas vraiment le choix la presse a rapporté que certains d’entre eux ont été attaqués, car ils étaient soi-disant « rassuristes ». Et pour les dommages collatéraux liés aux lock-downs, attestés par certaines données médicales – encore une fois revues par les pairs[note] –, par certains rapports indépendants qui ont mesuré les impacts économiques et la mortalité additionnelle[note],  et même par certains experts qui – comme au Canada – se sont
excusés dans la presse[note], qui va payer ?

RISQUE OU PERFORMANCE DES SOINS ? 

A-t-il été prudent, en 2021, après plus d’un an de crise, de continuer à s’accrocher aux chiffres qui ne reflétaient pas le risque, mais la performance des soins (le fameux CFR qui a fait les gros titres journaliers) et, en plus, de rejeter les données qui mesuraient réellement le risque réel si on attrapait le virus (IFR ou Infection Fatality Rate[note]). Avec, encore en plus, des attaques contre les rares scientifiques qui risquaient leur réputation, voire davantage, en rapportant ces fameuses valeurs (publiées près de 60 fois) de 0.2 % de mortalité chez les gens âgés et de 0.05 % de mortalité chez les moins de 70 ans[note]. Vous lisez bien… ces chiffres étaient plus bas que ceux des grippes saisonnières ! Est-ce que ceci démontre une quelconque prudence scientifique, une ouverture d’esprit, ou ne serait-ce pas plutôt les preuves d’une irresponsabilité scientifique et sociétale majeure ? 

Certains vont se retrancher derrière l’argument que l’on ne savait pas, que l’on a fait ce que l’on a pu et que nous avons découvert chaque jour de nouvelles choses… N’y a-t-il pas un gros problème quand toutes les évidences démontraient et démontrent encore exactement l’inverse ? 

VACCINATION ET PASSEPORT 

Que penser quand les mêmes ont imposé une vaccination de masse avec des produits expérimentaux sans consentement éclairé et que, pour ce faire, ils ont ajouté un passeport vaccinal, encore une fois une mesure de division sociale[note]. Quand des experts du GEES ont proposé aux politiques de rendre les passeports très coûteux pour les voyages dits non-essentiels ? Est-ce que le prix à faire payer afin d’éviter ce genre de voyages est du ressort du conseil ou de l’expertise scientifique, ou se sont-ils encore plus éloignés de leur rôle et de la déontologie qui s’y rattache ?[note]. Est-ce que l’argent empêche un virus de circuler ? Et quand les mêmes ont émis des avis à propos du télétravail, était-il pertinent et scientifique de « s’inquiéter » de la « compliance » (s’assurer de la conformité à cette exigence) des entreprises à ce sujet ? Ou était-ce une nouvelle manière de mettre la pression sur des petites et moyennes entreprises aux abois en les culpabilisant et ne leur laisser aucun choix ? La question reste ouverte[note]. 

On peut comprendre que les erreurs de bonne foi ne peuvent pas donner lieu à de lourdes réparations financières, mais quand la bonne foi est absente, quand les conseils vont même à l’encontre de la science et de la déontologie de base, qu’en est-il ? La question mérite et devrait être posée. Ne pas le faire serait s’exposer à la destruction totale de l’État de droit et de toute norme de bonne conduite. 

Il semble y avoir eu des scientifiques sciemment mis à l’écart, une volonté affichée de ne pas vouloir corriger les modèles statistiques fautifs de la mortalité au sein de la société ; il y a eu une volonté de choisir une politique du « tout vaccin » – au détriment d’une politique de soins –, alors que de nombreux scientifiques avaient recommandé de ne pas se limiter à une seule solution, solution qui, par ailleurs, vu les taux de mutation de ces virus, était encore une fois une fausse solution. 

Ne devons-nous pas nous poser la question de savoir pourquoi ce qui est enseigné en Faculté de médecine et se trouve dans les vieux grimoires médicaux semble avoir été parfaitement ignoré par nos experts, qu’ils soient belges ou autres ? 

Pouvions-nous de manière crédible parler de « faits nouveaux » lorsqu’on mentionnait les colonisations bactériennes, les antibiotiques, les taux d’IFR et de CFR, la non-pertinence des résultats des tests par PCR ou du « tout vaccin » face à des virus dont la spécialité est de se jouer de l’immunité ? Tout cela était connu et publié depuis des lustres ! 

Nous nous posons donc la question, en parodiant le juriste Romain Caton : Quousque tandem, experti abutere patientam nostram ? En d’autres mots, il semble non seulement plus que temps de corriger le tir (ne fût-ce que pour le futur), mais également de confronter les experts à leurs manquements éthiques et professionnels multiples qui semblent difficiles à justifier… 

Laurence Van Ooteghem, Prof dr. Martin Zizi, 

Laurence Van Ooteghem, psychopédagogue, spécialisée dans la gestion et l’impact du stress, et consultante en éducation à la santé. 

Prof dr. Martin Zizi, ancien Président du Comité d’éthique et de la Commission pour l’éthique médicale au sein du Département de la Défense belge, ancien directeur scientifique, et Chef de la Division épidémiologie et biostatistiques, chercheur en biologie moléculaire et biophysique. Il fut conseiller/expert pour les autorités belges à l’UE et l’ONU.