Kairos 63
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Le courr(oux)ier d’Anne Hotiaux

Anne Hotiaux est un.e lecteurice, réel.le ou virtuel.le, dont personne ne connaît le genre. Bien-pensant.e, ael est toujours prompt.e à s’indigner, dénoncer, parfois insulter quand ael est très fâché.e. Fanatiques de la tolérance, nous nous ferons chaque fois un plaisir de la relayer.

J’ai mis du temps à vous écrire, puisque c’est en 2015 déjà, lorsque j’ai lu l’article du « rédacteur » en chef de Kairos « La différenciation sexuelle comme fondement » que j’ai eu un profond malaise, sorte de trouble babord comme on dit entre initiés – c’est-à dire un malaise de gauche. Cette métaphore rouge (et non Marine[note]) permet d’exprimer le moi profond de cette gauche syndicale qui anime ma vie intellectuelle et sociale depuis – presque – toujours. Faut-il encore préciser ce que Penasse écrivait dans cet article nauséabond ? « Un ramassis de thèses réactionnaires sur la place du père en danger dans notre société à cause du capitalisme et des personnes transgenres. Utiliser l’idéologie de la décroissance pour rejeter la transexualité, il fallait y penser[note] », « des écrits homo- et transphobes louant la société patriarcale ». Quelle honte en effet que d’oser dire que le sexe serait déterminé par la nature ! C’est là une négation profonde de l’humain plus fort que la nature ! Si un garçon (désolé d’utiliser ce terme borderline de la transphobie…) naît avec un pénis, qui, mais qui peut dire que c’est un être masculin, comme le définit le Lexique Trans: le sexe est un « construit social basé sur des observations moyennes (sic) des différences biologiques entre les genres. Il est communément admis scientifiquement que le sexe est un spectre. Peut également désigner l’appareil génital ». Celui qui ose donc dire qu’un individu avec un pénis est nécessairement un homme, qu’un individu avec un utérus est nécessairement une femme, ou que seules ces dernières peuvent être enceintes, est un transphobe, et ses propos doivent être pénalement condamnés. Quand ces réactionnaires fachos comprendront-ils : « le sexe est un construit social. Un pénis est un pénis, pas un organe sexuel mâle[note] ». La défense de l’idéologie LGBT est consubstantielle à la gauche, ce n’est pas pour rien que dans une des publications, la FGTB a déjà initié l’emploi de l’acronyme FGBT[note]. Pas con, car double possibilité d’interprétation LGBT-English inclusive : Fédération Générale des Bisexuels et des Trans, Fédération Générale des Belgian travailleurs, ici pour inclure l’anglais, langue de la gauche internationale. Enfin, le vrai festival Penasse arriva plus tard, lors de la crise Covid. Mais je vous en dirai plus lors de mon prochain courr(oux)ier !