Le Rocket Stove est un poêle de masse, mis au point entre autres par Ianto Evans dans les années 1970. Il est conçu à base de matériaux de récupération : un bidon de fuel de 200 litres, des tuyaux ou conduits de cheminée de 20 cm de diamètre, des briques de terre cuite éventuellement usagées qui résistent à des températures atteignant 1.100 C ou des briques réfractaires, de la terre argileuse et de la vermiculite, ou une couverture en fibre céramique pour isoler le bidon. Grâce à une combustion optimisée, sa consommation de bois est très faible, ce qui permet de se contenter de 3 à 4 stères de bois à l’année. La restitution des calories du combustible se situe autour de 90%. Le bois posé à la verticale descend au fur et à mesure de la combustion, qui démarre au pied du bois. Le feu n’est donc pas particulièrement visible. L’ouverture reste ouverte toute la durée du feu et le tirage thermique de la cheminée est tel que le feu est aspiré sans remontées de flammes ni fumées. En général dans un poêle à bois conventionnel, l’entrée d’air est faible et c’est ce manque d’oxygène qui étouffe la combustion, entraînant beaucoup de fumée, signe de combustion incomplète ou d’énergie gaspillée. Ici, l’abondance d’air entrant entraîne les flammes au cœur du poêle avec une très forte intensité de chaleur, provoquant une double combustion des gaz volatils et de la plupart des particules, transformant pratiquement toute la combustion en énergie. Les gaz remontent du foyer de combustion dans le « baril-cheminée », qui est fortement isolé, pour éviter toute perte de chaleur prématurée et augmenter encore la température des gaz. Les composés volatils tels que la fumée ou la suie sont normalement évacués par la cheminée, le lieu où s’effectue la dernière phase de combustion des gaz.

Pour brûler ces gaz, il faut atteindre des températures allant au-delà de 800 degrés. Cette cheminée ou « tunnel de combustion » tout bien isolé et donc très chaud, permet d’aspirer et brûler pour un mieux ces gaz, libérant encore plus d’énergie thermique. Car il faut savoir que si on ne les brûle pas correctement, on pollue et on perd de surcroît 33% de l’énergie potentielle de la bûche. Si la combustion est bien réalisée, à ces températures élevées, il n’y a quasi plus de dégagement de fumées de combustion, tout a été totalement consumé sans encrassements, ce qui rend le poêle très peu polluant, car il ne se dégage que de la vapeur d’eau du tuyau. C’est la condensation de ces gaz sur les parois de la cheminée qui crée une accumulation de créosote qui si elle est brûlée ne requiert plus de ramoner. Il n’y a également pas de bac à cendres. L’aspiration des flammes va chauffer toutes sortes de chicanes, une masse thermique plus souvent constituée d’une banquette thermique en terre crue (cob) qui peut être ergonomique et prendre des formes variées et créatives. Ces bancs chauffants, comme tout poêle de masse, accumulent l’énergie et la redistribuent progressivement durant les heures qui suivent. Nous avons à la fois une chaleur radiante par le biais de la masse thermique, mais également par convection, puisque le baril qui est connecté à la boîte à feu devient chaud et fonctionne à la façon d’un poêle en métal qui chauffe l’air ambiant. Du fait d’un tirage ou courant d’air très puissant, de cette aspiration particulière des flammes on peut entendre une sorte de rugissement qui fait penser à un son semblable à un léger bruit de fusée d’où son nom de Rocket Stove. En faisant une flambée le matin, on bénéficie de la chaleur stockée toute la journée et on refait une petite flambée le soir pour la nuit.
Ce poêle permet non seulement de se chauffer, mais peut être équipé pour chauffer l’eau de la maison et cuire les aliments en déposant une casserole sur le baril. Le tout est d’apprendre à l’auto-construire. Cela ne nécessite pas des compétences particulières, il est donc très accessible à tout qui le souhaite à partir du moment où on se procure le matériel adéquat. Il y a beaucoup d’astuces à connaître qui facilitent grandement la conception et ensuite sa construction ; c’est pourquoi nous vous conseillons de suivre une formation. Ensuite à chacun d’exprimer sa créativité. Il faut seulement se rappeler que, comme tout élément de chauffage, ce poêle à bois peut évidemment potentiellement être à l’origine d’un incendie ou d’une intoxication au monoxyde de carbone. C’est pourquoi il est important de respecter certaines règles de construction.
Christian La Grange


