Aucun doute n’est permis, la NASA l’a dit
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Aucun doute n’est permis, la NASA l’a dit

AVERTISSEMENT

Les mystérieux Constantin Mirabel et Antoine Marcival lèvent un coin du voile sur un événement — mythe ou réalité ? — ayant marqué tous les Terriens qui avaient au moins 6 ans en 1969 et fait l’objet d’un album de Tintin, e. a. : on a marché sur la Lune ! Le premier choisit l’angle anthropologique après avoir lu Aldo Sterone, alors que le second résume l’historiographie du programme Apollo. Tous deux ont regardé American Moon, de Massimo Mazzucco*. Qu’on LEM ou pas, ce long documentaire est absolument interpellant. Alors, « conspirationniste », Kairos ? Si nous voulions faire plaisir à nos contempteurs, nous répondrions : pas plus ni moins que d’habitude ! Nous ne sommes pas non plus à la recherche de sensationnalisme, mais de la vérité, sans toutefois prétendre toujours la trouver, encore moins la détenir. Nous aimons aussi le débat sans tabou. Nous déclinons toute responsabilité en cas de palpitations cardiaques. Sur ce, bon voyage interstellaire.

* https://www.youtube.com/watch?v=LwMJN5wko8U

J’ai lu le nouveau livre d’Aldo Sterone, On n’a jamais marché sur la Lune. L’imposture Apollo (2024). Auparavant, j’avais visionné American Moon de Massimo Mazzucco[note], un documentaire italien très fouillé déroulant argument sur argument contre la thèse officielle. J’ai ensuite écouté quelques « débunkages » des fact-checkers des mass médias sur ce film de plus de 3h30. Il est à noter que « vérifier les faits » ne semble, justement, pas plaire à ces derniers. En réalité, leur fonction est exactement l’inverse : empêcher, par tous les moyens, sauf à la marge pour mieux duper, tout questionnement des thèses officielles. Mon propos ici ne sera pas de développer les arguments et contre-arguments. Je renvoie le lecteur à ces documents. Ce qui m’intéressera est la menace qui pèse sur ceux qui, comme moi, ont fait cette simple démarche de bon sens, et qui est la base de l’esprit scientifique.

Dans son essai, A. Sterone observe : « Quand une opération psychologique est bien menée, même quand plus tard la vérité éclate et que les cartes sont exposées, les esprits embrouillés refusent d’y croire. Ils s’accrochent au mensonge initial qui deviendra leur bien intellectuel le plus précieux. Il y a probablement une part d’ego qui nourrit une forme de déni. On ne veut pas admettre qu’on a été berné. Il vaut mieux défendre le narratif initial et garder une bonne image de soi ». Voici 5 siècles, douter de la résurrection du Christ pouvait entraîner une condamnation à mort, éventuellement précédée d’une séance de torture. On ne blasphème pas impunément. Freud expliquait que la religion consiste à rabattre une névrose individuelle sur une névrose collective. On sent bien que le problème de la présence humaine sur la Lune relève de cette dimension religieuse. La violence des réactions – visages crispés, rires, insultes, volonté de changer immédiatement de sujet, fausse indifférence, disqualification du médium (j’en parle plus loin), minimisation absurde de la portée de l’évènement, mise en exergue d’une erreur (inévitable) qui invaliderait l’ensemble de la démonstration… – montre que l’on a touché un point sensible. « L’homme moderne contrairement à ce que l’on pourrait croire prend très au sérieux le sentiment du sacré », observait le philosophe et théologien Jacques Ellul (1912-1994). Touchez-le « et le sacré caché au fond du cœur se remue[note] ». Simplement exprimer un doute que les Américains aient pu marcher sur la Lune vaut condamnation, bannissement du cercle de la Raison, pathologisation, torrent d’insultes… Comme l’a dévoilé Ellul dans son œuvre, nos sociétés modernes ont transféré le sacré sur la science. Bien entendu, la possibilité d’une croissance infinie est au cœur de cette religion. C’est même la mère de toutes les fake news. Cependant, tout esprit un minimum équilibré comprend bien que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. L’expansion illimitée trouve donc sa légitimité dans une science pervertie en pensée magique. La « science » nous permettrait ainsi de nous affranchir des lois de la biophysique. Le scientisme, c’est la science qui nie la science. La conquête spatiale, mais surtout la mission Appolo 11, durant laquelle deux Américains auraient foulé le sol lunaire, a été un point d’orgue du grand récit qui supporte la religion scientiste. « C’est un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité », nous connaissons tous cette phrase de l’astronaute Neil Armstrong. Pour l’homme moderne, c’est d’ailleurs bien plus certain qu’un Christ qui aurait marché sur l’eau. Est-ce moins sûr[note] ? Jeter à une foule de nos contemporains son doute sur la réalité de la présence de l’humain sur la Lune, c’est comme clamer à des musulmans que le Coran n’est pas incréé ou à des juifs qu’ils ne sont pas le Peuple élu. Vous n’obtiendrez pas un retour à la raison critique, mais des réactions hystériques. D’autant plus que si les disciples des religions du Livre savent qu’ils croient, les scientistes sont persuadés du contraire : leur croyance relève pour eux du fait objectif.

L’imprégnation de ce discours est telle que, même dans les milieux techno-critiques les plus radicaux, il est quasiment impossible d’exprimer sereinement ses interrogations sur la mission Apollo 11. Ces mêmes milieux font ailleurs preuve d’un esprit critique exacerbé, voire quelques fois paranoïaque. Mais ici, il faudrait croire la NASA, qui opérait alors au plus fort de la guerre froide et qui, étant mi-civile, mi-militaire, rusait, mentait ou intoxiquait, ce qui est à la base de l’art de la guerre. Comme feinter est la base des arts martiaux ou des sports de combats. La fin du film Batman, Le Chevalier noir, réalisé par Christopher Nolan (2008), m’avait frappé. La morale du film légitimait le mensonge comme devoir du pouvoir : « Parce que c’est une nécessité. Parce qu’il arrive que la vérité ne suffise pas. Il arrive que les citoyens méritent mieux. Les citoyens méritent parfois qu’on récompense leur loyauté », explique Batman. Nous savons combien les blockbusters d’Hollywood sont l’expression du pouvoir US. Néanmoins, mettre en doute la réalité du récit de la NASA, c’est immanquablement passer pour un « complotiste » et autres noms d’oiseaux. Pire, tant cette histoire nous traverse tous, celui qui s’y aventure devra d’abord avoir le courage de « penser contre soi ». Ensuite, il va lui falloir avoir la force d’affronter le regard de ses interlocuteurs, imaginant qu’ils vont immanquablement le considérer comme fou. Ceux-ci le renverront invariablement, sûrs de leur sagesse, à une posture ultra-relativiste ou nihiliste. La leçon contre les hérétiques a été aussi profondément intégrée que le fait lui-même. Pourtant, la crédulité face aux institutions et l’irrationalisme sont les deux faces d’une même pièce. La crainte de commencer à douter du récit de la NASA est bien légitime : « Si je commence à penser cela, que va-t-il m’arriver ? » Or, la plus grande peur d’un être humain est d’être exclu. D’autant plus qu’une fois l’esprit dégrisé, difficile de revenir en arrière. « Comment ai-je pu croire une telle suite d’invraisemblances ? », est la nouvelle interrogation qui se substituera à l’autre. Un seul exemple, sur la Lune la température est le jour de 150°C et la nuit d’environ –200°C. Les Américains annonçaient des sorties jusqu’à plus de 7 heures. Que dire encore de la crédibilité d’avoir expédié, à trois reprises, une jeep lunaire, lors des missions Apollo ? La liste de ce qui semble alors devenu des aberrations est longue.

À l’instar du covidisme, on ne peut donc rien comprendre de ce sujet sans intégrer qu’avant d’être un sujet scientifique, il s’agit d’abord et avant tout d’un phénomène humain et de ses croyances. C’est cela le vrai sujet. Dans une société où le nazisme constitue le Mal absolu, il demeure bien paradoxal que le « père » de la fusée qui aurait expédié les Américains sur la Lune fut un ancien aristocrate nazi recyclé, Werner von Braun ; un scientifique qui avait conçu le V2, premier missile balistique de l’histoire. La base du journalisme est de développer l’esprit critique des citoyens, notamment face aux institutions et à leur propension logique au mensonge. Nous n’en dresserons pas la liste, infinie, ici. Un seul exemple avec la célèbre fiole d’anthrax brandie par Colin Powell à l’ONU. Les fact-checkeurs n’existaient pas encore, mais nous pouvons imaginer quelle aurait été leur attitude face à ce qui est reconnu, par tous depuis, comme un énième mensonge de l’État US. Il faut donc qu’un simple citoyen, ici Aldo Sterone, fasse un travail d’investigation qui devrait être celui du « quatrième pouvoir ». Ce dernier est, pour des raisons structurelles, employé à l’exact inverse de sa fonction, à savoir être réduit à une meute de VoPos au service de la doctrine officielle[note]. À l’inverse de leur fonction, mass médias et fact-checkers font système comme police de la pensée. On se souvient de la menace du « journal de tous les pouvoirs[note] », Le Monde, au sujet de Brigitte Macron : « Personne ne peut faire usage d’une telle rumeur sans se discréditer lui-même » (31 mars 2022). Elle relève de l’antithèse d’une pensée critique : « La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident, la propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter », expliquait Aldous Huxley (1894-1963)[note]. Le covidisme, le soutien inconditionnel à l’Ukraine ou à Israël, et tant d’autres évènements fonctionnent selon cette même rengaine.

Aldo Sterone a auto-édité son essai, sans notes et réfé- rences, chez Amazon®. Il ne croit non pas à l’origine humaine du réchauffement climatique, mais à ce dernier lui-même. C’est son droit. Les tentatives actuelles de criminaliser les tenants de ces thèses sont d’essence totalitaire. Si pour nous l’écologie est un moyen de la liberté, c’est pour eux l’inverse. A. Sterone a des connivences dans la droite souverainiste, ce qui invaliderait toute crédibilité à ses dires. Les staliniens niaient selon la même rhétorique la réalité des goulags face aux dissidents. A. Sterone n’est pas « écolo ». Il est à craindre qu’il affirme, à la manière un tantinet péremptoire qui est la sienne, que la science permettra de rendre l’expansion infinie. Il a déclaré à la revue sioniste Causeur : « Je ne cache pas être assez pro-israélien. Je pense même être le seul blogueur arabe pro-Israël ! » (6 août 2020). Mais la vérité, d’où qu’elle vienne, reste la vérité. On ne lit jamais assez ses contradicteurs, adversaires, et même ennemis. Or, ce sont eux qui vont empêcher notre pensée de se nécroser. « L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes », insistait le scientifique et pacifiste Bertrand Russell[note]. Il n’y a pas d’hommes purs qui aient raison sur tout, à moins de chercher un gourou. Nous avons tous notre part d’ombre et de lumière, comme chacun apporte une part de vérité (comme de mensonge). La base de l’esprit scientifique est d’étudier toutes les éventualités, même celles qui paraissent improbables. On tend vers la vérité dans l’échange d’arguments contradictoires, en bridant son ego pour accepter de se tromper mille fois. L’insulte a la fonction rigoureusement inverse. Force est de remarquer que les tenants de la thèse officielle ont cette fâcheuse ten- dance, et que leur capacité de douter semble faible.

Donc, peut-être que la NASA a envoyé des hommes sur la Lune. Ce serait le cas, cela n’invaliderait pas le sens général de cette réflexion. Pour le moment, je n’ai vu aucun argument définitif, ni dans un sens, ni dans l’autre. Je ne suis pas nietzschéen, mais je fais mienne sa citation : « Les certitudes inébranlables sont des ennemis de la vérité, plus graves que le mensonge. » Néanmoins, après examen, la thèse officielle semble tenir bien difficilement. Tout porte à croire que les cosmonautes sont restés en orbite. Dans cette hypothèse, avant la mission SpaceX Polaris Dawn d’Elon Musk (à 1.00 km, si j’ai bien compris), les humains ne seraient pas allés à plus de 500 km de la Terre. Hormis les affirmations des missions Apollo, c’était la distance maximale toujours atteinte (la Lune tourne autour de 390.000 km de la Terre). Après, on peut toujours renvoyer les sceptiques aux complotistes et compagnie. À mes yeux, cela en dit surtout long sur ceux qui s’y livrent.

Comme le relève A. Sterone, le problème est donc d’abord psychologique : comment après avoir cru mordicus que des Amerloques sont allés sur la Lune, voire traité d’abrutis les personnes qui émettaient courageusement des doutes, commencer simplement à s’interroger ? Il faut alors une bonne dose d’humilité, et elle n’est pas accessible à tous. Exister, c’est déjà difficile si en plus il faut s’interroger si profondément sur le maigre socle sur lequel nous reposons…

Constantin Mirabel

mystigris