« Me voilà de retour de chez le médoc ! ». N’est-il pas intéressant de constater que ce diminutif peut désigner aussi bien le soignant que le médicament utilisé par ce dernier pour vous soigner ? Comme si les deux étaient pareils. Or, de nos jours, les médecins (sauf quelques exceptions) n’ont préservé du qualificatif de « soignant » que peu de chose et n’auront pas vraiment à cœur de s’investir outre mesure dans la relation avec leurs patients, hormis en ce qui concerne la prescription de molécules chimiques. Obéissant ainsi aveuglément au dogme imposé par Big Pharma, le toubib n’a plus réellement envie de vous soigner et vous voir aller bien. Plus que soignant, c’est surtout devenu un marchand de pilules dont le commun des mortels ne peut vraisemblablement plus se passer. Pourtant, pour prévenir et apaiser la plupart de nos petits maux, il existe des remèdes naturels qui ont fait leurs preuves depuis des temps ancestraux.
Alors pour prévenir et combattre les virus et les bactéries provoquant maux de tête et de gorge, courbatures, fièvre et autres symptômes, au lieu de vous ruer directement sur les molécules de synthèse contenues dans les médicaments industriels, pensez aux plantes médicinales offertes par ce grand laboratoire naturel qu’est Mère Nature. Celle-ci vous a fait don gratuitement de tous les ingrédients utiles pour conserver une bonne santé : sureau noir, thym, plantain, échinacée, eucalyptus, menthe, bouillon-blanc, réglisse, mauve sylvestre, gingembre, ail des ours, et des dizaines d’autres plantes dont certaines poussant à l’état sauvage près de chez vous, dépendants des saisons. Voici quelques exemples de préparations de plantes médicinales à utiliser en tisane ou décoction, seules ou sous forme de mélange :
Pour apaiser un rhume :
• Infusion (=macération de plantes dans une eau qui a été bouillie au préalable) de thym (thymus vulgaris) 2 càc/tasse : laisser infuser pendant 10-15 minutes. Prendre 3 à 4 tasses par jour. Décoction (= macération de plantes dans de l’eau bouillant en continu) du mélange suivant : racine/fleurs/feuilles de guimauve (althaea officinalis), thym (thymus vulgaris), plantain lancéolé/majeur (plantago lanceolata/major) fraîchement cueilli : 1 càs de chaque pour 500 ml ; faire une légère décoction (5 min.) du mélange et encore laisser infuser 10 min ; 3 à 4 tasses par jour.
Pour stimuler la transpiration (en cas d’état grippal ou début de rhume) :
• Tisane de fleurs de sureau noir séchées (sambucus nigra) : 4 càc /tasse ; laisser infuser 10 min ; 4 à 5 tasses par jour
En cas d’angine ou irritation de la gorge :
• Tisane concentrée de plantain (lancéolé ou majeur) fraîchement cueilli : 100g/litre d’eau bouillante à laisser infuser 20 minutes ; 3 tasses par jour. Cette infusion apaisante peut également être utilisée en gargarismes.
Combattre les maux de tête/migraines :
• Infusion concentrée de menthe poivrée (mentha piperita) : 50g/litre à infuser et appliquer en compresses à l’endroit douloureux ; on peut aussi utiliser l’huile essentielle de menthe poivrée, pour un effet de froid et antidouleur très rapide (1 goutte dans une càc d’huile végétale à masser sur le front/ les tempes ou une goutte pure sur une très petite zone).
Combattre la toux :
• Infusion préparée avec 2 càc de menthe poivrée (feuilles et sommités fleuries) et 2 càc de fleurs de lavande ; 3 tasses par jour.
• Infusion de fleurs de bouillon-blanc : 2 càc par tasse, et laisser infuser 10 minutes, boire 3-4 tasses par jour entre les repas et avant le coucher.
Contre les diarrhées et grippes intestinales :
• Infusion de sommités fleuries de salicaire (lythrum salicaria), aussi appelée « herbe aux coliques » : 20g à 30g par litre d’eau; prendre un demi-litre par jour. Utile contre différentes sortes de diarrhées, également celles du nourrisson.
• Infusion de feuilles de noyer (diarrhées légères): 20 g /litre d’eau, laisser infuser 10-15’ ; 3 à 4 tasses par jour.
Stimuler les défenses immunitaires :
• Racine d’échinacée (echinacea purpurea) : décoction de 40g de racines/litre; boire 3 à 4 tasses par jour ; peut également être pris sous forme de teinture (à se procurer en herboristerie).
Les plantes médicinales de nos campagnes (comme tout dans la nature) suivant un cycle régulier, il est ainsi possible de récolter feuilles, fleurs et racines suivant les saisons et de se constituer un petit stock de première nécessité pour l’hiver. Les personnes non initiées ne s’aventureront évidemment pas dans une cueillette sauvage sans être accompagnées d’un connaisseur ou alors se procureront les plantes auprès de l’herboriste du coin.
Vous voilà parés pour prendre en main vous-même votre santé !
Virginie Belfiore


