Il y a des oligarques médiatiques comme Bill Gates, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, et avant tout Elon Musk, et d’autres qui se font beaucoup plus discrets mais n’en sont pas moins agissants et dangereux. Bien qu’illustre, la famille Rockefeller fait partie de ceux-ci. Le chercheur suédois en science politique Jacob Nordangård les voit comme les maîtres du jeu mondial. Il leur a consacré une étude très documentée parue aux éditions Jean-Cyrille Godefroid en 2023. La géo- ingénierie n’est que la pointe de l’iceberg de leur implication dans « l’écologie ». L’entretien est bref, mais suffisant pour nous ouvrir les yeux sur les coulisses du spectacle.
Pourquoi et comment la famille Rockefeller a-t-elle mis la main sur l’écologie ? Depuis quand ? Avec quelles implications ?
La famille Rockefeller et les fondations qu’elle chapeaute se sont investies dans les questions écologiques depuis les années 1940. La Conservation Foundation, fondée en 1948 par Laurance Rockefeller entre autres, est une précurseure. Elle s’intéresse principalement au contrôle des ressources naturelles et humaines. Sa thèse est que si la croissance démographique n’est pas gérée de manière adéquate, alors elle entraînera un effondrement de la société. C’est pourquoi ils ont œuvré à renforcer une coopération internationale par l’intermédiaire des Nations unies dans le but de créer un organe directeur mondial (placé au sein du conseil de tutelle de l’ONU) qui supervise tous les processus vitaux. Ils préconisent aussi depuis longtemps différentes solutions technologiques pour gérer les problèmes du monde. Le résultat final est un système technocratique dans lequel l’influence des citoyens est pratiquement inexistante.
Les Rockefeller sont-ils impliqués dans la géo-ingénierie ? Le cas échéant, de quelle manière ?
En 1958, au sein du Rockefeller Brothers Funds Special Studies Project, le climat a été identifié comme le futur problème environnemental mondial. Il fut démontré que les forces météorologiques avaient besoin d’être contrôlées au niveau international. Cependant, les fondations directement impliquées dans la géo-ingénierie sont rares. C’est un domaine qui, en grande partie, repose sur la recherche militaire et les investissements de l’État. Les fondations des Rockefeller ont participé au financement de la recherche climatique et ancré dans le monde politique les solutions technologiques comme la géo-ingénierie.
La géo-ingénierie est-elle une simple réponse politique à la crise environnementale, ou bien une solution techno-scientifique crédible ?
Les solutions technologiques s’avèrent les plus utiles pour tous les développeurs. Elles ont des raisons purement commerciales. Un exemple est le captage et le stockage du carbone (CSC), où le dioxyde de carbone est injecté dans des puits de pétrole en voie d’épuisement afin d’extraire le dernier pétrole difficile à atteindre. Les producteurs de pétrole en tirent évidemment le plus grand profit. D’autres propositions semblent désespérément irréalistes et constituent surtout des gouffres pour les contribuables.
Qu’est-ce que la géo-cybernétique ?
Elle a déjà été décrite en 1998 par le climatologue Hans Joachim Schellnhuber (institut Potsdam) comme « l’art de contrôler adéquatement le système dynamique complexe de la terre en tenant compte de toutes sortes d’incertitudes ». C’est une idée grandiose pour piloter le système terrestre à l’aide de la technologie, en collectant des données sur tout et sur tous, dans le but de modéliser les possibilités de développement futur. Cela en devient une forme de « boule de cristal numérique » où l’information est conçue pour orienter le monde dans la « bonne » direction. Selon Schellnhuber, un tel système exige que les nations abdiquent d’une part importante de leur souveraineté au profit de Nations unies « musclées ». C’est ce type d’évolution que la charte des Nations unies pour l’environnement, qui vient d’être signée en septembre 2024, est censée réglementer, pendant qu’un acteur comme l’Institut Potsdam a proposé que tous les systèmes de maintien de la vie soient administrés collectivement.
Propos recueillis à distance et traduits par Bernard Legros, janvier 2025.


