La paille est un matériau naturel renouvelable, biodégradable qui possède des propriétés écologiques plus qu’insoupçonnées et on peut en disposer localement. Compte tenu de son prix très abordable – autour de 2€ la botte sans le transport –, elle peut être envisagée avec un budget très raisonnable dans le cadre d’une autoconstruction. C’est un excellent isolant, sa production ainsi que son transport exigent peu d’énergie. Plusieurs techniques de murs en paille existent : remplissage d’ossature en bois, structure poteaux-poutres, panneaux préfabriqués. Tous ces matériaux sont souvent jetés chaque année à travers le monde, aussi les initiatives pour les recycler dans les constructions se multiplient. Comme la paille est en principe disponible seulement à la fin de l’été, il est impératif d’en trouver bien avant le début du chantier ; le producteur vous les fournira. Les bottes de paille servent au remplissage des murs extérieurs, intérieurs, des toitures, des combles et des cloisons. Il existe plusieurs techniques pour construire une maison en paille. La plus ancienne, la technique « Nebraska », consiste à empiler les ballots de paille les uns sur les autres, en quinconce, comme un mur de briques. Les bottes sont reliées entre elles avec des morceaux de bambou ou de bois. Cette technique ne nécessite pas d’ossature particulière. Elle est par contre à réserver aux petites surfaces. Sinon, la technique la plus utilisée pour construire une maison en paille est celle de « l’ossature bois ». Les bottes rectangulaires, d’une profondeur de 36 à 46 cm, sont encastrées dans l’ossature. Elles demandent également à être compressées. Seul souci, toutes les bottes n’ont pas exactement la même taille, donc cela nécessite de les sélectionner par taille. Cela demande parfois beaucoup de manutentions. Pour la finition, les murs en paille peuvent être recouverts de terre ou de chaux, et ensuite être peints avec des produits naturels. J’ai un jour imaginé construire les murs à plat au sol, ce qui permet de couler l’enduit de terre…, reste ensuite, une fois la terre sèche, à redresser les murs. Construire une maison en paille ne demande pas des connaissances poussées en bâtiment, ni d’avoir spécialement de la force, puisque les bottes de paille ne sont pas très lourdes. Du coup, il est facile de construire soi-même sa maison en paille et d’éviter les frais de main-d’œuvre, entre autres. Il existe des chantiers participatifs, la plupart du temps organisés par des associations qui forment à la construction de maisons en paille. La paille est un très bon isolant thermique. L’utiliser pour construire sa maison permet de réduire considérablement la facture de chauffage. Elle est aussi un excellent isolant phonique, elle ne dégage pas de fibres irritantes, ni de composés toxiques. Les risques d’allergie sont donc nuls pour les habitants. D’autre part, la paille permet aux murs de respirer et d’assainir la maison. Et contrairement au foin, elle ne se décompose pas. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, elle offre une bonne résistance au feu, à condition que les bottes utilisées soient correctement compactées. L’inconvénient majeur de la paille est de craindre l’humidité. Tout au long de la construction, il est donc nécessaire de pouvoir stocker la paille bien au sec. Les travaux doivent être réalisés seulement par beau temps, sans pluie. Il est également indispensable de prévoir des fondations qui évitent toutes les remontées d’eau. Enfin, pour protéger la maison en paille de l’humidité, une avancée de toit d’au moins 50cm doit être réalisée. Si vous ne vous sentez pas l’âme d’un éco-constructeur, il n’est malheureusement pas encore facile de trouver des entreprises spécialisées dans la construction de maisons en paille, même si cette technique commence à se développer.
À suivre…
Christian La Grange


