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Le peuple palestinien a le droit d’être protégé contre des actes de génocide

Les 17 membres de la Cour de Justice Internationale (CIJ) ont rendu leur verdict provisoire ce 26 janvier 2024. Après avoir décidé que la demande de l’Afrique du Sud était recevable, contrairement à la demande d’Israël, elle a statué.

LA COUR, Indique les mesures conservatoires suivantes :

*L’État d’Israël doit, conformément aux obligations lui incombant au titre de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir la commission, à l’encontre des Palestiniens de Gaza, de tout acte entrant dans le champ d’application de l’article II de la convention, en particulier les actes suivants :

a) meurtre de membres du groupe ;

b) atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;

c) soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; et

d) mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;

*L’État d’Israël doit veiller, avec effet immédiat, à ce que son armée ne commette aucun des actes visés au point 1 ci-dessus ;

*L’État d’Israël doit prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir et punir l’incitation directe et publique à commettre le génocide à l’encontre des membres du groupe des Palestiniens de la bande de Gaza ;

*L’État d’Israël doit prendre sans délai des mesures effectives pour permettre la fourniture des services de base et de l’aide humanitaire requis de toute urgence afin de remédier aux difficiles conditions d’existence auxquelles sont soumis les Palestiniens de la bande de Gaza ;

*L’État d’Israël doit prendre des mesures effectives pour prévenir la destruction et assurer la conservation des éléments de preuve relatifs aux allégations d’actes entrant dans le champ d’application des articles II et III de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide commis contre les membres du groupe des Palestiniens de la bande de Gaza ;

*L’État d’Israël doit soumettre à la Cour un rapport sur l’ensemble des mesures qu’il aura prises pour donner effet à la présente ordonnance dans un délai d’un mois à compter de la date de celle-ci.

La décision provisoire de la Cour Internationale de Justice, une instance de l’ONU, est sévère pour Israël. Certains auraient préféré plus, mais compte tenu de sa composition, on se trouve devant des compromis. En effet, la Cour n’a pas ordonné de cessez-le-feu immédiat à Gaza.

Néanmoins, les bases d’un jugement de fond sur l’existence d’un génocide sont posées :

* La Cour Internationale de Justice n’a pas rejeté la demande de l’Afrique du Sud comme le demandait Israël.

* Elle a qualifié, dans le préambule, l’intention génocidaire en reprenant l’expression : « des animaux humains ».

* Elle a posé les fondations d’un jugement de fond sur l’existence d’un génocide.

Cependant, si l’arrêt des bombardements indiscriminés, du ciblage des universités, des écoles, des lieux cultuels, et des journalistes, …, semblent implicite au jugement provisoire (protéger le « groupe palestinien » d’un génocide), cela reste implicite et la vraie mesure, l’exigence d’un cessez-le-feu, manque.

La décision de la Cour n’est donc pas complète, c’est évident, néanmoins soyons positif : la décision provisoire est exceptionnelle. Elle dénonce clairement les actes d’Israël comme pouvant avoir un caractère génocidaire et que cela doit cesser. À ce titre, je suis persuadé que cette décision sera saluée par l’ensemble de ce qu’on appelle le sud global et que chez nous, nos « élites » dirigeantes seront mi-figue mi-raisin. Elles s’en remettront vite ! Quant au gouvernement d’Israël, il rejettera cette décision provisoire, s’appuyant sempiternellement sur son droit à se défendre et sur la Shoah.

Soulignons que c’est un premier pas important pour arrêter cette folie meurtrière dont nous sommes complices, que nous le voulions ou non. Non pas que cette décision sera suivie d’une accalmie, probablement l’inverse avec l’intensification des combats au nord d’Israël et l’impasse américaine en Syrie, en Irak et au Yémen. Mais cette décision est une fissure profonde dans la posture victimaire du gouvernement israélien actuel : car, avant la décision, c’était en résumé : c’est parce que nous sommes des victimes, que nous vous colonisons, nous vous dépouillons, nous vous tuons . Ceci avait été parfaitement résumé par Gideon Levy : « Nous sommes les seules victimes ».

Si pour la Russie, cette position victimaire ne fait pas grand sens face à leurs 25 millions de morts pour nous délivrer du nazisme, il en va autrement pour nous. Cette décision est donc lourde de signification et se diffusera progressivement dans nos consciences, malgré le peu d’empressement de nos médias mainstreams, c’est un euphémisme : les victimes sont devenus bourreaux.

Par contre, l’écho de cette décision provisoire est énorme dans les pays du sud global, eux qui ont subi guerre, colonisation, exploitation, apartheid, tuerie de notre part. Il y a là comme une éclatante revanche morale. Cette décision provisoire fera date, d’autant qu’elle ouvre la voie vers d’autres décisions et pas seulement à la CIJ ou dans d’autres Cours internationales, mais aussi et probablement surtout dans des Cours nationales qui reçoivent avec ceci une légitimation à leurs propres actes portant sur cet objet.

Plutôt que jouer à l’autruche, nous ferions mieux de nous regarder en face, sortir de cette culpabilisation bien confortable et prendre enfin les bonnes décisions.

Christophe de Brouwer

Full-professeur honoraire et ancien président de l’École de Santé publique de l’Université libre de Bruxelles. (26 janvier 2024)

[REPORTAGE] La colère des agriculteurs

Simon Chavée (Maison de l’agroécologie), collaborateur de Kairos, est à Paris, accompagnant la colère des agriculteurs. Il nous livre ici sa vision, optimiste, de l’avenir, où il s’agit de prendre son avenir en main et non plus de subir.


La maison de l’agroécologie: https://houseofagroecology.org/en/

Laten we 5G niet vergeten

In de huidige onrust mogen we het zwaard van Damocles, 5G, niet vergeten. Hieronder volgt een samenvatting van het persbericht dat is uitgegeven door de vereniging Procès 5G France, gevolgd door een artikel dat destijds is gepubliceerd in speciale uitgave nr. 5, « 5G, face au conte de fée, le compte des faits ».

De Association Procès 5G France heeft een rechtszaak aangespannenmet de hulp van 500 burgers van over de hele wereld om in mei 2020 voor de Parijse rechtbanken te verschijnen. Het doel was om een gerechtelijke beoordeling of onafhankelijk onderzoek te krijgen naar de impact van 5G-technologie op de gezondheid, het milieu en onze individuele vrijheden.

Er is een hoorzitting gepland op dinsdag 30 januari 2024 om 9.30 uur bij het Franse Hof van Cassatie (Ile de la Cité, Parijs), die door iedereen kan worden bijgewoond.

De vereniging streeft ernaar deze belangrijke kwestie terug te brengen deze belangrijke kwestie 5G zal de invoering van bevolkingscontrole mogelijk maken, vergelijkbaar met de methode die in bepaalde Chinese steden wordt gebruikt en bekend staat als « sociaal krediet ». In plaats van een eenvoudige technische beslissing, zou de toepassing ervan bijdragen aan een grote omwenteling van al onze westerse filosofische principes. Het kan daarom niet sluipenderwijs worden opgelegd zonder eerst het onderwerp te zijn van een groot publiek debat. en zonder voorafgaande grondige beoordeling, ondanks het feit dat er al officiële documenten zijn gepubliceerd die de schadelijke effecten van deze technologie aantonen op de lichamelijke en geestelijke gezondheid. Suscite een innovatieve jurisprudentie in het Land van de Verlichting, die in het buitenland verspreid zou worden zou een andere overwinning zijn..

Deze nieuwe ‘normaliteit’ is onnatuurlijk, discriminerend, antidemocratisch en zelfs schuldinducerend/infantiliserend en roept steeds meer weerstand op. Aan de ene kant geven bepaalde supranationale en ongekozen organisaties (zoals de WHO, het Economisch Forum in Davos en de VN) zichzelf willekeurig extreme bevoegdheden; tegelijkertijd verzekeren ze ons met een grote mediahype dat alleen autoritaire dwang het mogelijk zal maken om « de planeet te redden » en terug te keren naar « veiligheid », « vrede » en « gelijkheid ». Aan de andere kant staan het grote publiek en een groeiend deel van de wetenschappelijke gemeenschap steeds wantrouwiger tegenover het verband tussen de uitdagingen van de wereld van vandaag en de mondiale technocratische projecten die geacht worden deze uitdagingen aan te gaan.

Ondanks dit verzet en de aanzienlijke beschavingsreikwijdte van het wereldwijde project, worden mensen ongewild in de richting van de « Vierde Industriële Revolutie » geslingerd. We zijn dus getuige van de invoering van buitensporig beleid op het gebied van « duurzame ontwikkeling », « gezondheid » en « veiligheid » dat, zo wordt ons verteld, onlosmakelijk verbonden is met een strikte digitale controle van bevolkingen en dieren, zoals het geval is met alle « koolstof »-pasprojecten, digitale paspoorten/identiteiten, het ‘pandemie’-verdrag van de WHO, aanvallen op huiskatten en -honden, die te vervuilend zouden zijn, en op koeien, die men van plan is te maskeren, en tot slot een hele reeks maatregelen die de vrijheid van meningsuiting ernstig ondermijnen, waaronder die van wetenschappers.

Tegelijkertijd benadrukken de bevolkingsgroepen die aan dit toezicht worden onderworpen hun groeiende verzet tegen dit maatschappelijke project. Vooral in Frankrijk waren de traumatische ervaringen tijdens de covid voor velen een waarschuwing voor de realiteit van een technocratische controlemaatschappij (bijv. de verplichting voor Fransen om hun eigen toestemming te tekenen om hun huis te verlaten en de poging om een gezondheids- en vaccinatie-‘pas’ op te leggen zonder welke een leven als normale burger onmogelijk zou zijn). In deze context wordt 5G door een groeiend deel van de mensen gezien als het essentiële instrument voor het creëren van een « digitale gevangenis ». Tot slot hebben deze experimenten aangetoond dat het onmogelijk is om buitensporige controle te combineren met een welvarende en vreedzame samenleving.

Er moet ook worden opgemerkt dat de voorstanders van dit grootschalige digitaliseringsproject het steeds moeilijker vinden om aan te tonen dat technologieën die zoveel energie en niet-hernieuwbare materialen verbruiken de oplossing zijn voor de opwarming van de aarde. Hun argument is des te paradoxaler als het gaat om technologieën die de weg vrijmaken voor buitensporig consumentisme. Een duidelijk teken van deze paradox is de proliferatie van beursaanbevelingen die speculeren op de explosie van de kosten van de niet-hernieuwbare grondstoffen die nodig zijn voor deze technologieën.

Er worden steeds meer rechtszaken aangespannen om overheden of commerciële bedrijven aansprakelijk te stellen voor schade die wordt veroorzaakt door producten die illegaal aan de bevolking worden opgelegd (waaronder bepaalde elektromagnetische golven). Advocaten baseren hun argumenten steevast op het niet respecteren van het voorzorgsprincipe, het gebrek aan proportionaliteit en het ontbreken van effectstudies voordat het product op de markt wordt gebracht.

Contact: https: //www.helloasso.com/associations/proces-5g-france/adhesions/adhesion
Direct mail: proces5gfrance@gmail.com

5G, een compendium van technologisch imperialisme

De technocratie wil de absolute controle over wereldzaken. Haar verlangen om alles te controleren, om alles winstgevend te maken door de markt uit te breiden tot elke hoek van de menselijke activiteit, bereikt het toppunt van buitensporigheid. Deze dorst om alle gebieden te veroveren waar een beetje menselijkheid nog probeert te schuilen, uit zich op duizend manieren, maar er is één technologie die dit verlangen naar totale overheersing op voorbeeldige wijze belichaamt: de vijfde generatie standaarden voor draadloze telecommunicatie, het alomtegenwoordige 5G, waarvan de zendantennes overal geïnstalleerd kunnen worden.

We zeggen het u, we zeggen het u, we zeggen het u keer op keer: u kunt niet wachten tot 5G er is, want daarmee kunt u in één of twee seconden een film downloaden op uw smartphone (die u anderhalf uur zal kosten om te bekijken). Nee ? Betekent dit dat u nog geen slaaf bent van de verslaving aan hypergeconnecteerde technologieën? Maak je geen zorgen, we zullen alles doen om ervoor te zorgen dat je bezwijkt aan deze andere epidemie…

Het probleem met deze mensen, die doof willen blijven voor de sirenenzang van de grenzeloze techno-wetenschappelijke vooruitgang, is dat zij verzet organiseren dat de expansie van het neoliberale model afremt. Zo zijn er de elektro-hypersensitieve personen die meer of minder ernstige symptomen ontwikkelen en die steeds talrijker worden ten gevolge van de intensivering van het alom aanwezige bad van elektromagnetische golven. De WHO beschrijft deze patiënten als slachtoffers van « idiopathische omgevingsintolerantie toegeschreven aan elektromagnetische velden » (IEI-CEM). Het sleutelwoord is idiopathisch, wat betekent « ziekte of symptoom waarvan de oorzaak niet kan worden vastgesteld ». Zelfs als ze echte symptomen hebben, zal men zeggen dat het waarschijnlijk niet van 5G of andere elektromagnetische golven komt, dat het « in hun hoofd zit »… Hypochonders die naar de psychiatrie moeten. Ons immuunsysteem, dat bijzonder waardevol is in deze pandemische tijden, zal ook door de golven worden aangetast. En alle andere tegenstand tegen 5G om gezondheidsredenen zal worden weggewuifd met dezelfde oude techniek van twijfel zaaien: de promotors van wijdverspreide hyperconnectie hebben genoeg middelen om huurlingenwetenschappers te vinden die de studies die de ernstige gezondheidsgevaren van een teveel aan elektromagnetische golven aantonen, in diskrediet zullen brengen. Zelfs als honderden wetenschappers petities ondertekenen waarin ze aandringen op de toepassing van het voorzorgsprincipe, verandert er niets: de megamachine heeft haar 5G-offensief gelanceerd en zal er, net als bij tabak of asbest, alles aan doen om de gezondheidsschade die deze « vooruitgang » zal veroorzaken zo lang mogelijk te verbergen.

Maar er zijn ook mensen die geen maatschappijmodel willen waarin de mens niet langer autonoom is, maar wordt gestuurd, bemoederd en gekleineerd door algoritmen en machines die alles voor hen zullen doen. Zij hebben begrepen dat 5G een onmisbaar instrument is voor de uitbreiding van de maatschappij van totale controle en technocratische overheersing ten dienste van de machtigen. De promotoren van 5G zullen er dus alles aan doen om deze naar hun zin iets te lucide mensen in diskrediet te brengen, en zij zullen niet beknibbelen op de middelen. Deze tegenstanders zullen achterlijken, obscurantisten, bio-conservatieven worden genoemd. Maar omdat hun argumenten rationeel en goed onderbouwd zijn, overtuigen zij steeds meer mensen die andere waarden waarderen dan het almaar toenemende comfort van technologie-afhankelijkheid. Onze elektromagnetische tovenaarsleerlingen bedenken dus een slimme manipulatie: zij zullen de tegenstanders laten zeggen wat zij niet zeggen. Dus als zij vraagtekens zetten bij het gebruik van 5G om iedereen te volgen en, vooral deze dagen, potentiële dragers van het Covid-19 virus, is de implicatie dat zij zeggen dat 5G de oorzaak van de epidemie is. Aangezien zij de controle hebben over de mainstream media, zal deze leugen wijd verspreid worden en zullen de goede mensen geloven dat deze tegenstanders beslist gek zijn en dat er niet naar hen geluisterd moet worden…


Ondanks deze goed georchestreerde strategie van de multinationals achter deze adoratie voor 5G, blijft de gewenste consensus nog steeds uit. Dus gebruiken we ook het argument dat transhumanisten gebruiken: « OK, wat wij voorstellen is niet erg goed, maar als we het niet doen, zullen de perfide Chinezen of de Amerikaanse miljardairs van Silicon Valley ons inhalen in de race voor wereldheerschappij en zullen we achterblijven en ‘digitale kolonies’ worden ». Dit argument is aangevoerd door dokter Strangelove Laurent Alexandre en door de « netwerksocioloog » Manuel Castells, die vorig jaar al uitkeek naar de komst van 5G en met een briljant idee kwam om met de « Chimerica » om te gaan: « En toch zijn de mogelijkheden immens. Waarom zouden we 5G niet gebruiken om wat we de welvaartsstaat noemen in Europa te ontwikkelen?Le Soir, 19 juni 2019). Zonder zich zorgen te lijken maken, gaf hij verder toe dat de cocktail van golven « een maximale verzadiging zou bereiken »! Aangezien veel van onze medeburgers weinig zin hebben om de autoritaire levensstijl van het Rijk van het Midden of de ieder-voor-zich-levenstijl van Uncle Sam over te nemen, is ook dit argument niet erg overtuigend. De hypothetische terugkeer naar de verzorgingsstaat is een even demagogisch als ongewenst verkoopargument, aangezien deze historische politieke vorm ook een rol heeft gespeeld bij het ontstaan van de industriële en bureaucratische beschaving die wij kennen en ondergaan.

Dan blijven sluwheid en kracht over. Geconfronteerd met een publieke opinie die zich steeds meer verzet tegen het valse discours van de profeten van het geluk door zich te onderwerpen aan technieken die worden opgelegd zonder de mening van de burgers te vragen, moeten wij snel vooruitgang boeken. Daarom worden adviescomités opgericht om het beleid te adviseren. Deze zullen bestaan uit wetenschappelijke deskundigen die, toevallig, meestal afkomstig zijn van de multinationals die 5G promoten. En aangezien politici zelden wetenschappers zijn, zullen zij zich gemakkelijk laten misleiden door degenen die veel banen beloven door de groei van nieuwe objecten: autonome elektrische auto’s, miljarden verbonden objecten die, dankzij het « onmisbare » 5G, domme mensen zullen bevrijden van alle enigszins concrete taken die zij nog moeten uitvoeren. Allen zullen koningen zijn… lui.

In het besef dat hoe meer mensen geïnformeerd zijn, hoe meer ze 5G en zijn wereld zullen verwerpen, proberen deze promotors de shockstrategie-techniek toe te passen die Naomi Klein als een urgente zaak beschreef: profiteren van de ontzetting van mensen tijdens een crisis (in dit geval de Covid-19 pandemie) om hun pionnen heimelijk vooruit te helpen. Zo probeert het BIPT (Belgisch Instituut voor Postdiensten en Telecommunicatie) « voorlopige » normen goedgekeurd te krijgen om 5G mogelijk te maken, hoewel alleen een volledige regering dit kan doen. Evenzo wilde Proximus in 30 gemeenten quasi-5G « experimenten » lanceren, met enige aanpassing van 4G. Gelukkig heeft Louvain-la-Neuve, gevolgd door anderen, deze frauduleuze manoeuvre verboden, waardoor de onkuise telefoonmaatschappij, waarvan de Belgische staat meerderheidsaandeelhouder is, zich heeft teruggetrokken. Bedrijven zonder scrupules durven alles, zo herken je ze.

Geconfronteerd met het vermogen om onwaarheden te versterken via reclame en de in het technologische systeem geïntegreerde media, hebben de tegenstanders van dit topje van de ijsberg van het technologisch imperialisme, 5G, een stem die nauwelijks wordt gehoord. Zij hebben alleen feiten en argumenten (wetenschappelijk, politiek, ethisch) om zich te verzetten tegen de stoomwals van valse beloften van de handelaars in verbonden illusies, die slechts handlangers zijn in dienst van het meest ongebreidelde produktivisme.

Alain Adriaens en Bernard Legros


N’oublions pas la 5G

Dans les soubresauts actuels, il ne faudrait pas oublier l’épée de Damoclès de la 5G. Vous lirez ci-dessous un résumé du communiqué de l’association Procès 5G France, suivi d’un article publié en son temps dans le hors-série n° 5, « 5G, face au conte de fée, le compte des faits ».

L‘Association Procès 5G France a entamé une procédure judiciaire avec l’aide de 500 citoyens du monde entier devant les Tribunaux de Paris en mai 2020. Son objectif était d’obtenir une expertise judiciaire ou étude d’incidence indépendante de la technologie 5G sur la santé, l’environnement et nos libertés individuelles.

Une audience à la Cour de Cassation de France (île de la Cité, Paris) a été fixée le mardi 30 janvier 2024 à 9h30 à laquelle tout citoyen peut se joindre.

L’association entend ramener au cœur du débat public cette question primordiale : la 5G permet la mise en place d’un contrôle des populations, à l’instar de celui employé dans certaines villes chinoises dites à « crédit social ». Loin de se réduire à une simple décision technique, son déploiement contribuerait donc plutôt à un bouleversement majeur de tous nos principes philosophiques occidentaux. Elle ne saurait par conséquent s’imposer insidieusement sans au préalable être l’objet d’un grand débat citoyen et sans évaluation approfondie préalable, alors que des documents officiels ont déjà été publiés démontrant les effets nocifs de cette technologie sur la santé physique et mentale. Susciter une jurisprudence novatrice au Pays des Lumières, laquelle serait diffusée à l’étranger, serait une autre victoire.

Cette nouvelle « normalité » contre nature, discriminatoire, anti-démocratique, voire culpabilisante/infantilisante suscite une opposition croissante. D’une part, certaines organisations supranationales et non élues (ex. : l’OMS, le Forum économique de Davos et l’ONU) s’arrogent arbitrairement des pouvoirs extrêmes ; simultanément, elles nous assurent à grands renforts de battage médiatique que seule la contrainte autoritaire permettra de « sauver la planète », revenir à la « sécurité », la « paix » et « l’égalité ». D’autre part, les populations et une frange croissante de la communauté scientifique démontrent toujours plus de défiance à l’égard de la concordance entre les défis du monde actuel et les projets technocratiques globaux supposés relever lesdits défis.

En dépit de cette opposition et de la considérable portée civilisationnelle du projet global, les populations sont précipitées malgré elles vers la « Quatrième Révolution Industrielle ». Ainsi assistons-nous à la mise en place de politiques immodérées de « développement durable », « sanitaires » et « sécuritaires » lesquelles seraient, nous indique t’on, indissociables d’un stricte contrôle numérique des populations et des animaux, ainsi en est-il de tous les projets de pass « carbone », passeports/identité numériques, traité « pandémie » de l’OMS, attaques contre chats et chiens domestiques soi-disant trop polluants, et contre les vaches qu’il est envisagé de masquer, et enfin moultes mesures portant gravement atteinte à la liberté d’expression dont notamment celle de scientifiques.

Simultanément, les populations soumises à une telle surveillance mettent en avant leur opposition croissante à ce projet sociétal. En France notamment, les traumatisantes expériences endurées pendant le covid ont pour beaucoup constitué un avertissement quant à la réalité d’une société technocratique de surveillance (ex. l’obligation imposée aux français de signer leur propre autorisation pour sortir de chez eux & la tentative d’imposer un « pass » sanitaire puis vaccinal sans lequel une vie de citoyen normal aurait été impossible). Dans ce contexte, la 5G est perçue par une proportion croissante des peuples comme l’outil essentiel à la mise en place d’une « prison numérique ». Enfin, ces expériences ont démontré l’impossibilité de concilier contrôle à outrance avec société prospère et apaisée.

Notons en outre que les adeptes de ce projet de numérisation généralisée peinent de plus en plus à démontrer que des technologies aussi énergivores et consommatrices de matières non renouvelables seraient la solution au réchauffement climatique. Leur argument est d’autant plus paradoxal s’agissant de technologies ouvrant la voie vers un consumérisme à outrance. Un marqueur qui ne trompe pas sur ce paradoxe réside dans la multiplication des recommandations boursières et qui spéculent sur l’explosion du coût des matières premières non renouvelables nécessaires à ces technologies.

Se multiplient des procès en responsabilité des Etats ou des sociétés commerciales, pour dommages causés notamment par des produits illégalement imposés aux populations (y compris à propos de certaines ondes électromagnétiques). Les avocats basent alors invariablement leurs plaidoiries sur le non respect des principes de précaution, l’absence de proportionnalité ainsi que sur l’absence d’études d’impact préalables aux mises sur le marché.

Contact : https://www.helloasso.com/associations/proces-5g-france/adhesions/adhesion
Mail direct : proces5gfrance@gmail.com

5G, un condensé de l’impérialisme technologique

La technocratie entend prendre la direction absolue des affaires du monde. Sa volonté de tout contrôler, de tout rentabiliser en étendant le marché aux moindres recoins des activités humaines, atteint des sommets de démesure. Cette soif de conquête de tous les territoires où tente encore de se réfugier un peu d’humanité se traduit de mille façons, mais il est une technologie qui matérialise de manière exemplaire cette volonté de domination totale : la cinquième génération des standards pour les télécommunications par voie hertzienne (sans fil), l’omniprésente 5G, dont on pourrait voir les antennes émettrices s’installer partout.

On vous le dit, on vous le répète, on vous l’assène sans relâche : vous êtes morts d’impatience de voir arriver cette 5G, car avec elle vous pourrez, en une ou deux secondes, télécharger un film sur votre smartphone (que vous mettrez une heure et demie à visionner). Non ? Cela voudrait-il dire que vous n’êtes pas encore un esclave de l’addiction aux technologies de l’hyperconnexion ? Soyez sans crainte, on va tout faire pour que vous succombiez à cette autre épidémie…

L’ennui avec ces gens qui veulent rester sourds au chant des sirènes du progrès techno-scientiste sans limites, c’est qu’ils organisent des résistances qui freinent l’expansion du modèle néolibéral. Ainsi, il y a ces électro-hypersensibles qui développent des symptômes plus ou moins lourds et qui sont toujours plus nombreux suite à l’intensification de l’omniprésent bain d’ondes électromagnétiques. L’OMS qualifie ces gens qui souffrent de victimes d’« intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques » (IEI-CEM). L’important est le mot idiopathique qui signifie « maladie ou symptôme dont on n’a pu attribuer la cause ». Même s’ils ont des symptômes bien réels, on dira que cela ne vient probablement pas de la 5G ou autres ondes électromagnétiques, que c’est « dans leur tête »… Des hypocondriaques à confier aux psys, donc. Notre système immunitaire, particulièrement précieux en ces temps pandémiques, sera lui aussi dans la tourmente des ondes. Et encore toutes les autres oppositions à la 5G pour des raisons de santé seront écartées, avec la même bonne vieille technique des semeurs de doute : les promoteurs de l’hyper-connexion généralisée ont assez de moyens pour trouver les scientifiques mercenaires qui décrédibiliseront les études montrant les graves dangers sanitaires d’un excès d’ondes électromagnétiques. Même si des centaines de scientifiques signent des pétitions adjurant d’appliquer le principe de précaution, rien n’y change : la mégamachine a lancé son offensive 5G et, comme pour le tabac ou l’amiante, fera tout pour cacher le plus longtemps possible les dégâts sanitaires que ce « progrès » causera.

Mais il y a aussi celles et ceux qui ne veulent pas d’un modèle de société où l’humain ne sera plus autonome mais dirigé, materné, infantilisé par des algorithmes et des machines qui feront tout à sa place. Ceux-là ont compris que la 5G est un outil indispensable à l’extension de la société de contrôle total et de domination technocratique au service des puissants. Les promoteurs de la 5G feront donc tout pour décrédibiliser ces gens un peu trop lucides à leur goût et ils ne lésineront pas sur les moyens. On va traiter ces résistants de passéistes, d’obscurantistes, de bio-conservateurs. Mais comme leurs arguments sont rationnels et bien argumentés, ils convainquent de plus en plus de personnes qui apprécient d’autres valeurs que le toujours plus de la confortable dépendance aux technologies. Nos apprentis-sorciers électro-magnétiseurs imaginent donc une habile manipulation : on fera dire aux opposants ce qu’ils ne disent pas. Ainsi, s’ils s’interrogent sur l’utilisation de la 5G pour tracer tout un chacun et, notamment ces temps-ci, les potentiels porteurs de virus du Covid-19, on insinuera qu’ils disent que la 5G est la cause de l’épidémie. Comme ils ont le contrôle des médias dominants, ce mensonge sera diffusé largement et le bon peuple croira que ces opposants sont décidément des farfelus qu’il ne faut pas écouter…


Malgré cette stratégie bien orchestrée par les multinationales qui sont derrière cette adoration pour la 5G, le consensus souhaité n’a toujours pas lieu. On use donc aussi de l’argument utilisé par les transhumanistes : « D’accord, ce que nous vous proposons n’est pas très bien, mais si nous ne le faisons pas, les Chinois perfides ou les milliardaires étatsuniens de la Silicon Valley vont nous devancer dans la course à la domination mondiale et nous serons largués et deviendrons des “colonies numériques” ». Cet argument est rabâché par le docteur Folamour Laurent Alexandre et par le « sociologue des réseaux » Manuel Castells qui, l’an dernier déjà, se réjouissait de l’arrivée de la 5G, et proposait une idée géniale pour faire front à la « Chimerica » : « Et pourtant, les possibilités sont immenses. Pourquoi ne pourrait-on pas profiter de la 5G pour développer en Europe ce qu’on appelle l’État-providence ? » (Le Soir, 19 juin 2019). Sans paraître s’en inquiéter, il avouait plus loin que le cocktail d’ondes ira « jusqu’à la saturation maximale » ! Comme pas mal de nos concitoyens n’ont guère envie d’adopter les modes de vie autoritaires de l’Empire du Milieu ou du chacun pour soi de chez l’Oncle Sam, cet argument ne convainc guère, lui non plus. Quant à retourner hypothétiquement à l’État-providence, voilà bien un argument de vente aussi démagogique que peu souhaitable, tant cette forme politique historique a aussi joué son rôle dans l’avènement de la civilisation industrielle et bureaucratique que nous connaissons et subissons.

Reste donc la ruse et la force. Face à une opinion publique de plus en plus rétive au discours mensonger des prophètes du bonheur par la soumission aux techniques imposées sans qu’on demande l’avis aux citoyens, il faut avancer vite. On crée donc des comités d’avis qui conseilleront les politiques. Ceux-ci seront composés d’experts scientifiques qui, tiens quel hasard, viennent en majorité des multinationales qui promeuvent la 5G. Et comme les politiques sont rarement des scientifiques, ils seront facilement bernés et accepteront de laisser libre cours à ceux qui promettent beaucoup d’emplois via la croissance de nouveaux objets : voitures électriques autonomes, milliards d’objets connectés qui, grâce à l’« indispensable » 5G, délivreront les stupides humains de toutes les tâches un peu concrètes qu’ils doivent encore effectuer. Tous seront des rois… fainéants.

Réalisant que plus les citoyens seront informés, et plus ils refuseront la 5G et son monde, ces promoteurs essaient d’appliquer en urgence la technique de La stratégie du choc décrite par Naomi Klein : profiter du désarroi des populations lors d’une crise (ici la pandémie du Covid-19) pour avancer subrepticement leurs pions. Ainsi, l’IBPT (Institut belge des services postaux et des télécommunications) essaie de faire adopter des normes « provisoires » permettant la 5G, alors que seul un gouvernement de plein exercice peut le faire. De même, Proximus voulait lancer dans 30 communes des « expérimentations » de quasi-5G en modifiant quelque peu la 4G. Heureusement, Louvain-la-Neuve, suivie par d’autres, a interdit cette manœuvre frauduleuse, faisant reculer l’indélicat opérateur téléphonique… dont l’État belge est l’actionnaire majoritaire. Les sociétés sans scrupules, ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnaît.

Face à la capacité d’amplification des contre-vérités que sont la publicité et les médias intégrés dans le système technicien, les opposants à cette pointe émergée de l’iceberg de l’impérialisme technologique qu’est la 5G ont une voix bien peu entendue. Ils n’ont que des faits et des arguments (scientifiques, politiques, éthiques) étayés à opposer au rouleau-compresseur des promesses fallacieuses des marchands d’illusions connectées qui ne sont que des sbires au service du productivisme le plus débridé.

Alain Adriaens et Bernard Legros


Retour sur l’interpellation M. M. LEPEN

Kairos a croisé Marion Maréchal Le Pen place du Luxembourg, à Bruxelles, lors du rassemblement de la Coordination rurale ce 24 janvier. L’occasion de lui demander la pertinence de dénoncer la PAC (Politique Agricole Commune) de l’UE, fruit du système capitaliste, sans critiquer ce système lui-même. L’extrême droite serait-elle anticapitaliste? Cette question aura de quoi susciter la polémique sur les réseaux… montrant paradoxalement l’impossibilité qui est celle aujourd’hui de discuter… et de ne pas être d’accord.

[ REPORTAGE ] Colère chez les agriculteurs devant le Parlement Européen à Bruxelles

Après la France, les agriculteurs investissent la Belgique, Bruxelles, plus particulièrement, là où se prennent vraiment les décisions.
L’occasion d’entendre une profession qui souffre, pris en étau par les politiques européennes.

[SERIE] Hebdo #24: Subsidier avec vos impôts les instruments de votre soumission

Tout va bien en 2024, on espère en tous cas, ce sont les premiers jours… Dans le réel pourtant, le souhait n’a pas sa place. Car pendant qu’on espère, ceux qui agissent sont à Davos, vous préparant le futur. Et leurs plans feront couler du sang et des larmes. Certains diront : quel pessimisme, il fait advenir le réel qu’il présage. Faux. Il est déjà là. Qu’est-ce qui ferait en effet que la mère maquerelle de la Commission, se dirait en 2024 : « tiens, cette année, j’ai décidé de penser autrement, d’être une femme de valeur et de défendre le bien commun, de révéler mes petites frasques avec Bourla ». VDB aussi, en 2024, révélera-t-il le contenu de ses mails, ce qui permettra peut-être de comprendre pourquoi le mot vaccin était devenu itératif dans sa bouche dès 2020. Et en même temps, pourquoi ne pas rêver ? Soyons positif, 2024 serait l’année des révélations sur l’Affaire Dutroux, les tueurs du Brabant, etc., celle où ceux qui nous mentent, nous volent, nous culpabilisent… avoueront toutes leurs manigances.
Ah, croire ! Espérer… Alors qu’il suffit de refuser d’obéir à tous ceux-là, qui occultent, censurent, tuent, et vous voilà libres ! Le pessimisme, c’est l’espoir du pauvre ; pour l’intellectuel non biberonné aux idéologies universitaires, le pessimisme, c’est un optimisme éclairé. C’est ce qu’il reste, quand tout est bouché, quand on a l’impression de crier dans le désert, quand on vous dit de voir le positif dans une décharge, alors que ceux qui profitent de la pourriture ne veulent qu’une chose : que vous focalisiez votre attention sur ces petites mesures cosmétiques, pendant qu’eux continuent leur destruction de masse. Bill Gates à la pompe à bière avec De Croo à la Belgium House à Davos, pendant qu’en coulisse DEME, Fluxys ou Syensqo signent des contrats, et qu’ils vous préparent la fin du cash, la prochaine pandémie ou le crédit social. Et tout ce qu’ils veulent, c’est que vous reteniez Gates à la pompe à bière, surtout pas que vous vous demandiez ce qui se passe dans les coulisses.

Relativise certains me diront ! C’est vrai que quand je m’endors dans une chambre à plus de 15 degrés, dans des draps propres, sentant la chaleur réconfortante de ceux que j’aime… tout n’est pas si mal. Foutue empathie non, que de s’imaginer que tous ne vivent pas la même chose, que meurent à l’instant femmes, hommes, enfants à Gaza, sous les bombes fascistes. Heureusement, la France accueille deux enfants palestiniens. Certains diront qu’il faut être positifs, c’est déjà ça non, deux c’est plus que zéro ou un. Mais la France, en février 2023, comptait plus de 100.000 réfugiés ukrainiens sur son territoire. « Oh oh oh, tu insinues quoi ? Quelle comparaison !», me dira-t-on ? C’est clair, non : les gouvernements ne sont pas solidaires, mais sélectionnent leurs réfugiés de manière partiale, donc pas nécessairement ceux qui sont le plus dans le besoin, mais ceux qui constituent le plus une arme ou un levier politique. Demandez aux médecins ou infirmiers d’un hôpital public bruxellois la différence de niveau socio-économique entre des réfugiés syriens et des réfugiés ukrainiens.
Soit, le fascisme n’est pas à droite, il est dans nos gouvernements. Gouverne et ment, et tu réussiras en politique, seras reçu par les médias du pouvoir. Si, en plus, tu traites de complotistes ceux qui ne pensent pas comme toi, gramophone du discours politico-médiatique, alors sois assuré d’avoir la gloriole. Et tu pourras te mentir, te dire tous les soirs en t’endormant : « nous sommes tout de même dans le moins pire des mondes ».
Et la masse, elle s’engraisse, c’est son principe. Pendant ce temps, d’aucuns attendent le sauveur : Trump… Trump… Trump… qui fera tout basculer. Le messie. Ils n’ont pas vu que le pouvoir était en eux, que d’accepter de sacrifier quelque peu leur vie pour leurs idées pourraient en réveiller d’autres. Les possibilités de changement véritable ne se mesurent qu’à la capacité qu’un nombre suffisant d’individus choisissent de dire non, même si chacun pense être seul à le dire.
Les premiers qui crièrent « Kairos, Kairos, Kairos… », en manif, une fois le coup d’état sanitaire provisoirement passé, ont pour beaucoup repris le cours de leur vie. C’est normal. Mais dites-moi que vous n’étiez pas uniquement là pour vos droits ? Il y avait bien un sentiment de révolte, une envie de s’unir contre la folie de ceux qui sous prétexte de nous gouverner nous conduisent au chaos en se goinfrant. Il y avait bien un instinct de survie, mais aussi un instinct altruiste de sauver autre chose que soi, non ?
Ceux qui haïssent la vérité nous ont traités d’extrême droite, d’antisémites, de transphobes. Ils nous ont privés de l’argent public qui nous permettait de payer presque deux temps plein pour vous informer. Maintenant, ne nous donnant plus rien, ils ont augmenté l’enveloppe des autres Wilfried, Médor, Imagine… Ils ont fermé notre chaîne YouTube parce que, selon leurs dires, nous mettions la vie des utilisateurs en danger, alors que des chaînes ultra-violentes ou d’une bêtise grandiose demeuraient ouvertes.
On pouvait dire que les insultes ne nous touchaient pas directement, que je pouvais me regarder dans la glace, regarder mes enfants, sachant que j’œuvrais pour le bien. Évidemment, je sais qui je suis, j’exècre le racisme, l’intolérance, l’injustice et la bêtise, tout comme tous ceux qui travaillent chez Kairos. Mais ces mensonges ne sont pas sans effet : « médisez, médisez, il en restera toujours quelques chose »… des correcteurs de Kairos ont arrêté parce que nous avions été couvrir la 100ème du Conseil supérieur indépendant à Saintes, et que des gens leur disaient que c’était un rassemblement d’extrême droite. Que dire alors de l’effet de ces diffamations sur les lecteurs de Kairos ? Il suffit de stigmatiser, mentir, pour jeter l’opprobre, même si c’est un mensonge, pour que des gens prennent peur. Peur d’être assimilé à Kairos. Mais vous n’avez pas compris ? Pourquoi pensez-vous qu’ils usent et abusent du terme « complotiste », si ce n’est pour décrédibiliser l’adversaire ?
Et c’est vous qui payez, avec vos impôts, ceux qui vous désinforment et vous dénigrent chaque jour.
L’humanité continuera sans Kairos, évidemment, mais que ce soit pour nous ou d’autres pourfendeurs du réel que la caste médiatico-politique nous impose, si cela continue, il n’y aura un jour plus de cailloux dans leur chaussure. Se passera alors certainement ce qu’Orwell avait prédit dans 1984 : « « Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain… éternellement. »

[INTERVIEW] Thierry MEYSSAN: Gaza, Moyen-Orient… la fin de l’Occident?

Thierry MEYSSAN est consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire.
https://www.voltairenet.org

[ INTERVIEW ] Michel BUREAU: REPRISE EN MAIN CITOYENNE

Philosophe et spécialiste en neurologie. Il a réalisé une thèse de l’Enseignement supérieur, en neurochimie, à l’université
de Californie (UCLA) et de Liège (U.Lg). Auteur de nombreuses publications, il a coordonné scientifiquement un ouvrage collectif multidisciplinaire sur la crise sanitaire du Covid-19 intitulé : Covid-19.
Crise sanitaire ? Crise sociétale ?

Site internet: https://www.mouvementrmc.be/

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[HEBDO#23]: De la neige, des pompes… Regardez ce que les médias vous montrent, ou circulez !

Les médias du pouvoir font le réel, dictent votre quotidien. Ceux qui les suivent devaient s’attendre ce matin à 25 cms de neige, au déluge, partout. Ils font advenir ce qu’il n’y a pas, et occulte ce qui a lieu : de la neige partout, mais nulle part des milliers de tracteurs allemands dans la capitale. Des pompes à bière à Davos, mais pas de journalistes dans les coulisses[note]. Comme le disait le sociologue Alain Accardo dans Journalistes précaires, journalistes au quotidien : « On peut dire que la représentation médiatique du monde, telle qu’elle est fabriquée quotidiennement par les journalistes, ne montre pas ce qu’est effectivement la réalité mais ce que les classes dirigeantes et possédantes croient qu’elle est, souhaitent qu’elle soit ou redoutent qu’elle devienne. Autrement dit, les médias et leurs personnels ne sont plus que les instruments, plus ou moins consentants et zélés, dont la classe dominante a besoin pour assurer son hégémonie ».

Pendant ce temps, dans les cafés, sur les pas de porte, dans la rue, au boulot… les sujets des médias parlent de la neige. Habitués à subir la bêtise médiatique depuis longtemps, les sujets réellement importants, ceux que la presse devrait rendre importants, sont évacués quand on tente de les partager dans une discussion, ayant créé cette paresse intellectuelle du « ah non, tu ne vas pas commencer avec de la politique ».

Et le pouvoir distribue votre argent à ceux qui, surtout, ne dénoncent pas cette supercherie. Ainsi, on apprenait aujourd’hui que le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles venait d’approuver à l’unanimité mardi un projet de décret qui réorganise l’aide financière accordée à la presse périodique non commerciale. C’est la Ministre des médias Bénédicte Linard qui portait le texte visant à défendre des magazines dits indépendants tels que Wilfried, Médor, Imagine. C’est cette même Ministre qui avait modifié les règles à l’époque pour que Médor, coopérative, puisse prétendre aux aides à la presse, puisqu’avant seules les asbl, comme Kairos, y avait droit, et c’est la même Ministre Linard qui quelque temps après mettra une nouvelle condition, être membre de l’AADJ[note], présidée par Martine Simonis, secrétaire générale de l’AJP, nous privant de facto de l’aide à la presse. Les membres de l’AADJ ? Belga, BETv, Imagine, LN24, Médor, Nostalgie, NRJ, RTBF, RTL, Wilfried… qui eux-mêmes financent la moitié du budget de l’AADJ, l’autre moitié venant de l’AJP, également composée par les médias du pouvoir. Ce sont donc des instances composées par des représentants des médias de masse qui décident de ne pas octroyer votre argent à des médias libres comme Kairos. L’argent distribué serait-il le même, feriez-vous les mêmes choix si, sur votre fiche d’impôt, vous choisissiez quel média vous voulez aider ?[note]

Votre argent est donc généreusement donné par le pouvoir à ceux qui se taisent, ne font pas trop de vague. Pendant ce temps, les véritables médias libres sont en train de crever, écrasés par le poids de la censure, des procès, de l’assèchement financier organisé politiquement.

Bientôt, ils ne restera que les médias industriels pour vous dire ce qu’il faut penser. Ce jour-là, il vaudra mieux fuir pour éviter la tempête… de neige.

Reste à ceux qui n’ont pas compris l’importance de notre présence, à réaliser que sans leur aide, sans une aide massive, c’est ce qui se passera.

Le point sur la situation en Allemagne

Nos collègues allemands d’Oval media font le point dans cette vidéo sur la situation en Allemagne, où les contestations des agriculteurs, qui bénéficient d’un fort soutien de la population, prennent de l’ampleur. www.oval.media

De (zogenaamde) anti-autoritaire nevel stort zich in verwarring, aanklacht en belediging

De echte tegenstanders van het totalitarisme dat nu aan de gang is – anarcho-ecologen, naturalisten, milieuactivisten, anti-industrialisten – zijn al een tijdje gewelddadig aangevallen en ‘getrolled’ op sociale netwerksites, een teken dat een kalme uitwisseling van ideeën moeilijk, zo niet onmogelijk wordt. En de aanvallen komen niet van rechts, maar van links. Zoals Pier Paolo Pasolini vlak voor zijn dood in 1975 voorspelde, viert een neo-Stalinistische vorm van ‘antifascistisch fascisme’ vandaag de dag hoogtij . met sites die zichzelf presenteren als « libertarisch » (sic) en IRL(In Real Life) wanneer biologische intellectuelen worden « geschrapt » (i. e. Gecensureerd, verhinderd om publiekelijk te spreken), soms zelfs fysiek aangevallen, zodat de meesters van deze wereld zich geen zorgen hoeven te maken over hun wurggreep op de hersenen. Links heeft zijn traditionele rol als kritisch tegenwicht, dat noodzakelijk is voor het democratische leven, opgegeven; uit rancune valt het niet zijn kapitalistische (?) vijanden aan, maar vrije geesten die hun vrijmoedigheid niet opgeven (de parrhesia van de oude Grieken) en zijn schuldig aan het niet opzeggen van de progressieve catechismus.

Vertaler Annie Gouilleux is een van hen. Hieronder reageert ze op een opruiend artikel dat onlangs is geplaatst, « Le naufrage réactionnaire du mouvement anti-industriel » (De reactionaire schipbreuk van de anti-industriële beweging), waarin ze wordt beschuldigd, net als al haar vrienden in de beweging. Zijn punt is echter algemeen, gezien de overvloed aan voorbeelden van deze ‘antifa’-literatuur, die even intellectueel lui als beledigend is.

Ik gebruik de term ‘nevelachtig’ om te verwijzen naar de auteurs (en/of auteurs?) van het pamflet getiteld Le naufrage réactionnaire du mouvement anti-industriel (De reactionaire schipbreuk van de anti-industriële beweging ), die zich moedig verschuilen achter de anonimiteit die Mars-Info hen biedt terwijl ze ad hominem beschuldigingen uiten. Al degenen die ervan worden beschuldigd extreem-rechts « in de kaart te spelen » of, erger nog, « samen te werken met », ondertekenen wat ze schrijven. Dit is ook het geval voor mij. Ik word uitgedaagd als vertaler van Paul Kingsnorth (het zou een utopie zijn om te geloven dat ze Lewis Mumford of Maria Mies hebben gelezen), juist omdat ik mijn vertalingen onderteken. Ik wil hieraan toevoegen dat ik alleen teksten vertaal die ik interessant vind – of die mijn vrienden, die hier ook worden uitgedaagd, interessant vinden – en/of nuttig in de ‘oorlog van ideeën’ die ons beste wapen is, of zou moeten zijn, als debat mogelijk zou zijn.

Nevels zijn verwarrend en deze is dat in het bijzonder. Ik probeer een (niet-uitputtende) lijst van hun verwarringen op te stellen:

  • Iedereen die zich uitspreekt tegen het islamisme, dat geen religie is (islam) maar een dodelijke ideologie, zou worden beschouwd als islamofoob. En « tegelijkertijd », zoals de Ander zegt, zouden ze ook beschuldigd worden van racisme. Op welke basis? Een mysterie! Onze tegenstanders haten religies en gelovigen, omdat ze iedereen die toegeeft bij een kerk te horen een fascist noemen. Zijn ze verblind door hun onherleidbare geloof in innovatieve vooruitgang?
  • Dat brengt ons bij het tweede probleem, de schaamteloze kwade trouw die deze tekst oproept en die de tegenhanger is van voorzichtige anonimiteit, namelijk dat onze beschuldigers niet de moeite nemen om bewijs te leveren, accurate, onverkorte citaten die rekening houden met de context, of citaten van hun bronnen. Dit maakt de meeste van hun gewaagde beweringen oncontroleerbaar, tenzij je je leven en nachten op het internet doorbrengt. Mijn vrienden (met name Pièces et main d’oeuvre en de mensen van La Lenteur) nemen de moeite om hun bronnen nauwgezet te citeren en hun stellingen te demonstreren, omdat ze nog steeds weten hoe ze moeten lezen en geen genoegen nemen met het ‘vangen’ van stukjes gedachte in de Cloud. Zoals Paul Cudenec zegt, doen onze tegenstanders alsof ze niet weten hoe het internet werkt, waar alles gekopieerd, geplagieerd en vervormd kan worden en waar iedereen zich inhoud of een pseudoniem kan toe-eigenen.
  • Wat te zeggen van Globenet, dat niet zou bestaan zonder de mensen die het host en dat onlangs PMO heeft ontslagen vanwege een tekst van enkele jaren oud waarvan de inhoud hen plotseling niet meer leek te bevallen? Of werden ze onder druk gezet, zoals La maison de l’écologie in Lyon, om te voorkomen dat feministen deelnamen aan Floraisons? (Ik was getuige van het gewelddadig blokkeren van het debat met Alexandre Escudero in 2014).
  • Nog een verwarring: als extreem rechts zegt dat de aarde rond is, moet ik dan onmiddellijk antwoorden dat de aarde plat is, uit angst beschuldigd te worden van heulen met hen?
  • Ik ben een vrouw, en nog wel een oude vrouw. De zaak van de vrouw is voor mij van het grootste belang en naar mijn mening onlosmakelijk verbonden met die van de man. En over dit onderwerp is de verwarring het grootst. Het feminisme dat ik aanhang vecht tegen het patriarchale kapitalisme, dat ons onzichtbaar maakt en onze lichamen en ons reproductieve werk ontkent ten gunste van gecommodificeerd productief werk. Dit productieve werk is afhankelijk van het reproductieve werk dat het mogelijk maakt. Alles wat leven creëert en/of in stand houdt is reproductief werk. We willen niet per se van deze verantwoordelijkheid ontlast worden door anderen, door machines of door biotechnologie. Wij geloven dat reproductief sociaal werk door iedereen gedeeld moet worden. We eisen dat de integriteit van ons lichaam wordt gerespecteerd. Biotechnologie buit ons uit en reïficeert ons. Wat we weigeren is om te verdwijnen, om te vervagen en « mensen met baarmoeders » te worden, en andere stomme perifrases om de gevoeligheden van « transvrouwen » en « zwangere mannen » niet te beledigen. Wij zijn niet degenen die « Dood aan TERF’s » op de muren schrijven. En mannen zouden er goed aan doen zich ook zorgen te maken over hun geprogrammeerde verdwijning, want met de stortvloed aan porno die vanaf zeer jonge leeftijd met slechts een paar klikken beschikbaar is, welk tienermeisje wil er nog vrouw worden? Misschien wilde hij daarom wel een man worden. Of zijn afwijzing van seksualiteit. Dit staat in schril contrast met de prestaties van de jaren 1970. En hoe zit het met die « transvrouwen » die oneerlijk meedoen aan sportevenementen die alleen voor vrouwen zijn? Dat zeggen maakt ons nog niet anti-feministisch. Het is precies het tegenovergestelde.

Natuurlijk ontkomen we niet aan de beschuldiging vanessentialisme, de ultieme intellectuele misdaad (je zult het met je woordenboeken moeten doen). Beschuldig iemand van iets (bij voorkeur in de tijdgeest) en gooi het over het hele web. Zelfs als de veronderstelde ‘schuld’ van de persoon later onjuist blijkt te zijn, zal er nog steeds iets overblijven om hem of haar te ruïneren. Wie gebruikt hier onuitsprekelijke methoden?

Persoonlijk vind ik dit een mooi citaat: « Wij verdedigen de natuur niet, wij zijn de natuur die zichzelf verdedigt. « Wat volgens mij het bestaan van een natuur veronderstelt.

Annie Gouilleux

La nébuleuse (soi-disant) anti-autoritaire plonge dans la confusion, la délation et l’insulte

Les vrais opposants au totalitarisme en cours – anarcho-écologistes, naturiens, décroissants, anti-industriels – sont depuis quelques temps violemment attaqués et « trollés » sur les réseaux asociaux, signe qu’une sereine confrontation d’idées devient difficile, voire impossible. Et les attaques ne viennent pas de la droite, mais de la gauche. Comme Pier Paolo Pasolini l’avait prédit juste avant sa mort en 1975, une forme néo-stalinienne de « fascisme antifasciste » sévit aujourd’hui, à la fois sur la Toile avec des sites se présentant comme « libertaires » (sic) et IRL (In Real Life) quand des intellectuels organiques sont « annulés » (i. e. censurés, empêchés de prendre la parole publiquement), parfois même agressés physiquement, si bien que les maîtres de ce monde n’ont aucun mouron à se faire concernant leur mainmise sur les cerveaux. La gauche a abandonné son rôle traditionnel de contre-pouvoir critique, qui est nécessaire à la vie démocratique ; par ressentiment, elle s’en prend non à ses ennemis (?) capitalistes, mais aux esprits libres qui ne renoncent pas au franc parler (la parrhesia des anciens Grecs) et ont le tort de ne pas réciter le catéchisme progressiste.

La traductrice Annie Gouilleux en fait partie. Elle réagit ci-dessous à un article incendiaire posté récemment, « Le naufrage réactionnaire du mouvement anti-industriel », dans lequel elle est mise en cause, comme tous ses amis de la mouvance. Son propos est cependant d’une portée générale, tant les exemples de cette littérature « antifa », aussi intellectuellement paresseuse qu’insultante, abondent.

Je parle de « nébuleuse » à propos des auteurs (et/ou auteures ?) du pamphlet intitulé Le naufrage réactionnaire du mouvement anti-industriel qui se réfugient courageusement derrière l’anonymat que leur procure Mars-Info tout en lançant des accusations ad hominem. Tous ceux qui sont accusés de « faire le jeu de » ou, pire, de « frayer avec » l’extrême-droite signent ce qu’ils écrivent. C’est également mon cas. Je suis mise en cause en tant que traductrice de Paul Kingsnorth (il serait utopique de croire qu’ils ont lu Lewis Mumford ou Maria Mies), précisément parce que je signe mes traductions. J’ajoute que je ne traduis que les textes que je trouve intéressants – ou que mes amis, mis en cause ici également, jugent intéressants – et/ou utiles dans la « guerre des idées » qui est ou devrait être notre meilleure arme si le débat était possible.

Une nébuleuse, c’est confus, et celle-ci l’est particulièrement. J’essaie ici de dresser une liste (non exhaustive) de leurs confusions :

  • Deviendrait islamophobe quiconque se prononce contre l’islamisme qui n’est pas une religion (islam) mais une idéologie mortifère. Et « en même temps », comme dit l’Autre, ils seraient aussi taxés de racisme. Sur quelles bases ? Mystère ! Nos détracteurs détestent les religions et les croyants puisqu’ils traitent de fasciste quiconque avoue son appartenance à une Église, seraient-ils aveuglés par leur foi irréductible dans le Progrès qui innove ?
  • Ce qui nous amène au deuxième problème, la mauvaise foi éhontée, que pose ce texte et qui est le pendant d’un prudent anonymat, à savoir que nos accusateurs ne s’embarrassent pas de preuves, de citations exactes, non tronquées et tenant compte du contexte ni de citations de leurs sources. Cela rend la plupart de leurs audacieuses assertions invérifiables, à moins de passer sa vie et ses nuits sur l’Internet. Mes amis (notamment Pièces et main d’oeuvre et les gens de La Lenteur) prennent la peine de citer scrupuleusement leurs sources et de démontrer leurs thèses, car ils savent encore lire et ne se contentent pas de « capter » des lambeaux de pensée dans le Cloud. Comme le dit Paul Cudenec, nos détracteurs feignent d’ignorer comment fonctionne l’Internet, où tout peut être copié, plagié, déformé et où n’importe qui peut s’approprier un contenu ou un pseudo.
  • À propos de ce merveilleux outil convivial, que dire de Globenet qui n’existerait pas sans ceux qu’il héberge et qui vient de virer PMO en arguant d’un texte vieux de plusieurs années dont le contenu a tout à coup eu  l’heur de leur déplaire? Ou bien ont-ils subi des pressions, comme La maison de l’écologie à Lyon, pour interdire la participation des féministes de Floraisons ? (J’ai assisté en 2014 au blocage violent du débat avec Alexandre Escudero).
  • Autre confusion : si l’extrême droite dit que la terre est ronde, dois-je immédiatement rétorquer qu’elle est plate, de crainte d’être accusée de connivence avec eux ?
  • Je suis une femme, et même une vieille femme. La cause des femmes m’importe au plus haut point, et elle est à mon avis indissociable de celle des hommes. Et à ce sujet, la confusion est à son comble. Le féminisme auquel j’adhère lutte contre le capitalisme patriarcal qui nous invisibilise et nie notre corps, ainsi que notre travail de reproduction au profit du travail productif marchand. Ce travail productif dépend du travail de reproduction qui le rend possible. Tout ce qui crée et/ou entretient la vie est du travail reproductif. Nous ne souhaitons pas forcément en être déchargées par d’autres, par des machines, ni par les biotechnologies. Nous pensons que le travail social reproductif doit être partagé par tous. Nous exigeons que l’intégrité de nos corps soit respectée. Les biotechnologies nous exploitent et nous réifient. Ce que nous refusons est de disparaître, de nous effacer et de devenir des « personnes avec utérus », et autres périphrases stupides dans le but de ne pas heurter la sensibilité des « femmes trans » et des « hommes enceints ». Ce n’est pas nous qui écrivons « Mort aux TERFs ! » sur les murs. Et les hommes feraient bien de se préoccuper également de leur disparition programmée, car avec le déferlement du porno accessible en quelques clics dès le plus jeune âge, quelle adolescente a envie de devenir une femme ? D’où peut-être son désir de devenir un homme. Ou son refus de la sexualité. On est bien loin des conquêtes des années 1970. Et que dire de ces « femmes trans » qui participent de manière déloyale aux compétitions sportives réservées aux femmes ? Dire cela ne fait pas de nous des anti-féministes. C’est exactement l’inverse.

Bien entendu, nous n’échappons pas à l’accusation d’essentialisme, crime intellectuel suprême (débrouillez-vous avec vos dictionnaires). Accusez quelqu’un de n’importe quoi (dans l’air du temps, de préférence), balancez tout cela sur le Web. Même si la « culpabilité » supposée de cette personne est démentie plus tard, preuves à l’appui, il en restera toujours quelque chose susceptible de la mener à la ruine. Qui emploie des méthodes inqualifiables, ici ?

Pour ma part, j’aime assez cette citation : « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend. » Ce qui présuppose, me semble-t-il, l’existence d’une nature.

Annie Gouilleux

Entretien de Thierry Meyssan avec Monika Berchvok

Les détracteurs de tout ce qui ne sort pas de la matrice médiatique officielle, s’arrêteront sans doute de suite sur l’auteur de l’article, lui trouvant certainement dans une forme de réflexe pavlovien quelques qualificatifs peu élogieux pour, comme à l’habitude, faire une seule chose: stopper la capacité de penser. Pourtant, pour ceux qui en auront le « courage », l’interview de Thierry Meyssan que nous reproduisons ici est d’un grand intérêt, à différents niveaux: l’attaque du 7 octobre, qui était connue du gouvernement Netanyahou depuis au moins un an; la division du Hamas en deux branches, l’une islamique et bénéficiant du soutien du premier ministre israélien, l’autre ayant rejoint la résistance palestinienne; l’origine de la Confrérie des Frères musulmans et le soutien que l’Occident lui apporte; enfin, des propos clairs et factuels sur la politique de Trump et l’avenir l’Occident.

Thierry Meyssan, qui accorde des interviews à tous ceux qui le lui demandent sans discrimination, a expliqué à Monika Berchvok son analyse de l’affrontement à Gaza.

Monika Berchvok : Pour vous, la thèse d’une attaque surprise le 7 octobre est difficile à croire. Quelles sont les incohérences qui vous font penser à un scénario à la 11 septembre ?

Thierry Meyssan : Le gouvernement de coalition de Benjamin Netanyahu avait été alerté par un rapport des services de Renseignement militaires un an auparavant, ainsi que l’a relaté le New York Times. Il n’a pas réagi. Lorsque, cet été, son ministre de la Défense l’a rappelé à l’ordre en Conseil des ministres, il l’a révoqué, ainsi que l’a révélé Haaretz. Cependant, sous la pression de son parti, il l’a réintégré peu après.

Par la suite des rapports se sont entassés sur son bureau. Parmi ceux-ci un des Renseignements, qu’il a retourné à son auteur comme peu crédible, et qui lui a été renvoyé deux autres fois avec des introductions d’officiers différents.

Ou encore deux rapports de la CIA. Et encore une démarche d’un de ses amis personnels, le directeur du Memri. Et comme si cela ne suffisait pas, un appel téléphonique du ministre du Renseignement égyptien.

Non seulement, le Premier ministre n’a rien fait, mais il a agi pour rendre cette attaque plus facile : il a pris l’initiative de démobiliser les gardes-frontières de sorte que personne n’a pu intervenir lorsque l’attaque a débuté.

Notez bien que j’ai la même lecture des événements que le pape François : lors de son message de Noël, le Saint-Père a qualifié, par deux fois, la guerre à Gaza de « folie sans excuses ». Pourtant, peu après, il a évoqué l’« odieuse attaque du 7 octobre », signifiant qu’il ne pensait pas que la guerre israélienne était une riposte à cette attaque. Il a alors demandé un arrêt des combats et la résolution de la question palestinienne.

MB : Au sein du pouvoir israélien, il y aurait donc une fracture aussi importante ? Le clan Netanyahu aurait quel but dans cette opération ?

TM : Durant les mois qui ont précédé l’attaque de la Résistance palestinienne, Israël a été le théâtre d’un coup d’État. Ce pays n’a pas de Constitution, mais des lois fondamentales. Elles régissent un équilibre des pouvoirs en confiant à la Justice la capacité de neutraliser les rivalités entre le gouvernement et la Knesset.

Sous l’impulsion du Law and Liberty Forum, financé par le straussien états-uno-israélien Elliott Abrams, la commission des Lois de la Knesset, présidée par Simtcha Rothman, par ailleurs président du Law and Liberty Forum, a détricoté les institutions israéliennes. Durant l’été, les manifestations monstres se sont multipliées. Mais rien n’y a fait. L’équipe Netanyahu a modifié les règles d’adoption des lois, éliminé la clause de « raisonnabilité » des décisions judiciaires, renforcé le pouvoir de nomination du Premier ministre, et affaibli le rôle des conseillers juridiques des ministères. En définitive, la Loi fondamentale sur la Dignité humaine et la Liberté est devenue un simple règlement. Le racisme est devenu une opinion comme une autre. Et les ultra-orthodoxes ont pu se goinfrer de subventions et privilèges divers.

Israël aujourd’hui n’est plus du tout le même pays qu’il y a six mois.

MB : La société civile israélienne est divisée et semble à bout de souffle. Pensez-vous que le modèle sioniste est mort ?

TM : Le sionisme est une idéologie d’un autre siècle. Il s’agit d’un nationalisme juif au service de l’Empire britannique. Durant des siècles, les juifs s’y sont opposés avant que Theodor Hertzl n’en fasse l’idéal de certains d’entre eux.

MB : La situation à Gaza est en train de virer à l’épuration ethnique. Tsahal, est-il capable de prendre totalement le contrôle de ce territoire et de le vider de sa population ?

TM : L’idée d’une épuration ethnique n’est pas neuve. Elle s’enracine dans les positions de l’Ukrainien Vladimir Jabotinsky dont, en Israël, Menahem Begin, Yitzhak Shamir et la famille Netanyahu se réclamaient comme, aux États-Unis, Leo Strauss et Elliott Abrams. Ce groupe, suprémaciste juif, affirme que la Palestine est « Une terre sans peuple, pour un peuple sans terre ». Dans ces conditions, les autochtones palestiniens n’existent pas. Ils doivent partir ou être massacrés.

C’est, à ma connaissance, aujourd’hui, le seul groupe au monde qui préconise publiquement un génocide.

MB : Côté Palestinien, le Hamas semble aussi divisé entre deux tendances antagonistes ?

TM : Le Hamas est la branche palestinienne de la Confrérie des Frères musulmans. Son nom est l’acronyme de « Mouvement de la Résistance islamique », ce qui correspond au mot arabe « zèle ». Son idéologie n’a rien à voir avec la libération de la Palestine, mais avec l’établissement d’un Califat. Son slogan est : « Dieu est son objectif, le Prophète est son modèle, le Coran sa constitution : le jihad est son chemin et la mort pour l’amour de Dieu est le plus élevé de ses souhaits. » Depuis sa création, il bénéficie de toute l’aide de la famille Natanyahu qui voyait en lui une alternative au Fatah laïque de Yasser Arafat. Le prince de Galles et actuel Charles III a été un des protecteurs de la Confrérie. Barack Obama, a placé un agent de liaison de la Confrérie au sein du Conseil national de sécurité états-unien. Un dirigeant de la Confrérie a même été reçu à la Maison-Blanche en juin 2013.

Cependant, au vu de l’échec des Frères musulmans durant le prétendu « printemps arabe », une faction du Hamas a pris ses distances avec la Confrérie. Il n’y a donc plus un Hamas, mais deux. Le Hamas historique est gouverné par Mahmoud Al-Zahar, Guide la Confrérie à Gaza. Sous ses ordres, le milliardaire Khaled Mechaal au Qatar et Yahya Sinwar à Gaza. Au contraire, la branche du Hamas ayant rejoint la Résistance palestinienne est dirigée par Khalil Hayya.

Cette division du Hamas n’est pas couverte par les médias occidentaux, mais uniquement par certains médias arabes. Le président Bachar el-Assad s’est réconcilié, en octobre 2022, avec Khalil Hayya alors qu’il a refusé de recevoir Khaled Mechaal. À ses yeux, et aux miens, le Premier ministre de Gaza, Ismaïl Haniyyeh, a organisé l’attaque de la ville de réfugiés palestiniens en Syrie, Yarmouk, en 2012. À l’époque, les combattants du Hamas et ceux d’Al-Qaïda étaient entrés dans la ville pour éliminer les « ennemis de Dieu ». Ils étaient encadrés par des officiers du Mossad israélien et se sont dirigés vers les demeures des cadres du FPLP, qu’ils ont assassinés. Parmi eux, un de mes amis. Le président Bachar el-Assad vient, il y a quelques jours, de prononcer un discours contre le Hamas historique et pour celui qui a rejoint la Résistance palestinienne.

MB : Que représente l’authentique résistance palestinienne pour vous ?

TM : La Résistance palestinienne n’a rien à voir avec l’obscurantisme des Frères musulmans, ni avec l’opportunisme des milliardaires du Hamas. C’est un mouvement de libération nationale face au colonialisme des suprémacistes juifs.

MB : Pouvez-vous revenir sur l’histoire de la Confrérie des Frères Musulmans. Cette société secrète tente-t-elle de revenir dans le jeu après ses défaites en Syrie et en Egypte ?

TM : La Confrérie a été fondée, en 1928, par Hassan el-Banna, en Égypte. J’ai consacré une partie de mon dernier livre à son histoire internationale. Cependant, je ne suis pas parvenu à éclaircir les soutiens dont elle a bénéficiés à ses débuts. Toujours est-il qu’après la Seconde Guerre mondiale, elle est devenue un outil au service du MI6 britannique et bientôt de la CIA états-unienne. Elle s’est dotée d’un « Appareil secret » qui s’est spécialisé dans les assassinats politiques en Égypte. Un franc-maçon égyptien, Sayyed Qutob, est devenu son théoricien du jihad. L’organisation de la Confrérie a été copiée sur celle de la Grande Loge Unie d’Angleterre. La Confrérie s’est étendue au Pakistan avec le gendre d’Al-Banna, Saïd Ramadan, le père de Tariq Ramadan, et le philosophe Sayyid Abul Ala Maududi.

Par la suite, Ramadan est allé travailler à Munich pour la CIA, à Radio Free Europe, aux côtés de l’Ukrainien Stepan Bandera, grand massacreur de juifs.

La Confrérie a débuté son action militaire lors de la guerre du Yémen du Nord, dans les années 60, contre les nationalistes arabes de Gamal Abdel Nasser. Mais c’est avec Zbigniew Brzezinski qu’elle est devenue un acteur indispensable de la stratégie états-unienne en Afghanistan. Ce dernier a placé au pouvoir au Pakistan la dictature frériste du général Zia-ul-Haq et a lancé en Afghanistan, contre les Soviétiques, les combattants du milliardaire frériste saoudien Oussama Ben Laden.

Dans cette période, l’Arabie saoudite utilisait la Ligue islamique mondiale pour armer la Confrérie avec un budget plus important que celui consacré à sa propre armée nationale.

La Confrérie a tenté, en vain, de prendre le pouvoir dans plusieurs Etats, notamment en Syrie avec l’opération de Hama. Elle s’est impliquée dans la guerre de Bosnie Herzégovine, où elle a créé la Légion arabe. Oussama Ben Laden est devenu conseiller militaire du président Alija Izetbegovic, dont le straussien états-unien Richard Perle est devenu le conseiller diplomatique et le Français Bernard-Henri Lévy, le conseiller en communication.

Mais le grand œuvre de la Confrérie n’est arrivé qu’avec Al-Qaïda et Daesh. Ces organisations jihadistes, en tout point comparables au Hamas historique, ont été utilisées par la CIA et le Pentagone, principalement en Algérie, en Iraq, en Libye, en Syrie en Égypte et en Tunisie, pour détruire des capacités de résistance des pays arabes,

La France, qui avait donné asile à leurs dirigeants durant la Guerre froide, les a combattus avec l’alliance entre François Mitterrand et Charles Pasqua. Elle a réalisé que le Groupe islamique armé (GIA) n’était qu’une manœuvre britannique pour l’exclure du Maghreb.

Cependant aujourd’hui, personne ne comprend que la Confrérie n’est qu’un outil de manipulation des masses. Nos dirigeants, d’Emmanuel Macron à Jean-Luc Mélenchon, se laissent berner par son discours qu’ils prennent au pied de la lettre. Ils la traitent comme une organisation religieuse, ce qu’elle n’est pas du tout.

MB : Le Qatar à un rôle plus que trouble. Quelle est sa place dans la conspiration ?

TM : Au début, le Qatar s’est placé comme une puissance neutre, apportant ses bons offices. Mais beaucoup se sont inquiétés du fait qu’il héberge la branche politique du Hamas, que certains sont des amis personnels de l’émir et qu’il rémunère les fonctionnaires du Hamas à Gaza.

Le Qatar a répondu qu’il faisait tout cela à la demande des Etats-Unis comme il l’avait fait pour les Talibans.

En réalité, après qu’Abdel Fattah al-Sissi eut renversé la dictature de Mohamed Morsi, à la demande du peuple égyptien, dont 40 millions de citoyens ont défilé, il a informé l’Arabie saoudite que les Frères préparaient un coup d’Etat contre le roi Salman. Brusquement la Confrérie, qui avait été choyée durant des années, est devenue l’ennemie du Royaume. Le Qatar a alors publiquement assumé son rôle de parrain de l’islamisme, tandis que le prince héritier MBS tentaient d’ouvrir son pays.

Lorsque Donald Trump a prononcé son discours contre le terrorisme à Riyad, en 2017, l’Arabie saoudite a mis en garde le Qatar de cesser immédiatement ses relations avec la Confrérie et ses milices, Al-Qaëda et Daesh. Ce fut la crise du Golfe.

Les choses se sont éclaircies ces jours-ci : l’émir Al-Thani a envoyé une de ses ministres, Lolwah Al-Khater, à Tel-Aviv. Elle a participé au conseil de guerre israélien pour aplanir les difficultés dans l’accord de libération des otages. Mais elle n’a pas compris que le cabinet de guerre comprenait des opposants à la dictature de Benjamin Netanyahu, dont le général Benny Gantz. Elle s’est montrée pour ce qu’elle est : non pas une négociatrice neutre, mais une autorité capable de prendre des décisions au nom du Hamas. C’est pourquoi, à la sortie de cette réunion, Joshua Zarka, directeur général adjoint des Affaires stratégiques du ministère des Affaires étrangères, a déclaré qu’Israël « réglera ses comptes avec le Qatar » dès qu’il aura terminé son rôle de médiateur.

Au sein du cabinet de guerre, l’opposition à Netanyahu a commencé à se demander si tout cela, le coup d’Etat cet été et l’attaque du 7 octobre, n’était pas une mise en scène de l’administration Biden.

MB : Les États-Unis seraient donc à la manœuvre. Quelle serait la stratégie de Biden dans la région ?

TM : Joe Biden n’a pas toutes ses capacités. Aux États-Unis, il y a même une émission de télévision hebdomadaire sur ses problèmes de santé et ses absences intellectuelles. Dans son ombre, un petit groupe a relancé la stratégie de George W. Bush et Barack Obama : détruire toutes les structures politiques du « Moyen-Orient élargi » à l’exception de celles d’Israël.

C’est ce qui se passe en Libye, au Soudan, à Gaza et que l’on poursuit au Yémen.

L’administration Biden assure vouloir faire cesser le massacre à Gaza, mais poursuit ses livraisons d’obus et de bombes pour qu’il continue. Il prétend vouloir maintenir la liberté de circulation en mer Rouge, mais forme une coalition internationale contre Ansar Allah qu’il qualifie à tort d’antisémite et qu’il affuble du sobriquet de « Houthis » (c’est-à-dire de « bande la famille al-Houthis »). Washington vient de faire annuler la signature du traité de paix au Yémen, sous les auspices des Nations unies. Il relance une guerre qui avait déjà pris fin.

MB : Au regard de ce chaos, quel est le bilan de Trump dans la géopolitique du Proche-Orient ? Son retour pourrait amener une autre voie pour sortir de ce conflit ?

TM : Donald Trump est un ovni politique. Il se réclame de l’ancien président Andrew Jackson (1829-1837) et n’a aucun rapport avec les idéologies républicaine et démocrate. Sa première décision lorsqu’il est arrivé à la Maison-Blanche a été de priver le directeur de la CIA de son siège au Conseil national de Sécurité. Cela a provoqué ses premiers ennuis et la démission forcée du général Mike Flynn.

Donald Trump souhaitait résoudre les problèmes internationaux par le commerce et non par les armes. On peut considérer que c’est une voie illusoire, mais il est le seul président US qui n’a jamais déclenché de guerre. Il a interrompu brutalement l’usage par Washington de proxys terroristes, notamment Al-Qaëda et Daesh. Il a mis en cause le rôle de l’Otan ; une alliance militaire qui vise selon les mots de son premier secrétaire général à « Garder les Américains à l’intérieur, les Russes à l’extérieur et les Allemands sous tutelle ».

S’il était au pouvoir, il aiderait la majorité des citoyens israéliens à se débarrasser des « sionistes révisionnistes », c’est-à-dire le groupe de Benjamin Netanyahu ; il poursuivrait la mise en application des Accords d’Abraham et mettrait fin au soutien occidental à la Confrérie des Frères musulmans ; il aiderait la majorité des Ukrainiens à se débarrasser de Volodymyr Zelensky et ferait la paix avec la Russie. Etc.

Toutefois, Donald Trump n’est pas encore élu et l’équipe au pouvoir actuellement tente de le contraindre à renoncer à son programme pour pouvoir accéder à la Maison-Blanche.

MB : À terme, l’Occident incarnée par l’axe américano-sioniste est-il condamné à mourir ?

TM : Vous qualifiez d’« américano-sioniste » le groupe qui dirigea actuellement l’Occident politique. C’est une manière de voir. Je pense cependant qu’elle n’est pas liée à un État. Il se trouve que ces gens sont au pouvoir aux États-Unis et en Israël, mais ils pourraient l’être ailleurs. Il se trouve qu’ils se réclament du nationalisme juif, mais ils ne sont pas nationalistes. Ces gens sont des suprémacistes. Ils récusent l’égalité entre les personnes humaines et considèrent comme insignifiant de massacrer des masses humaines. Pour eux, « On ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs ».

C’est cette manière de penser qui a provoqué la Seconde Guerre mondiale et ses gigantesques massacres de civils.

Aujourd’hui, de nombreux dirigeants du monde réalisent qu’ils ne sont pas différents des nazis et apportent les mêmes horreurs. Le Tiers-Monde est désormais éduqué et membre des Nations unies. Il ne peut plus supporter le pouvoir de ces gens-là. La Russie aspire à rétablir le Droit international que le tsar Nicolas II avait créé avec le Prix Nobel français Léon Bourgeois lors de la conférence de La Haye, en 1899. La Chine aspire à la Justice et ne tolérera plus de « traités inégaux ».

Il me semble que ce système de gouvernance est déjà mort. Aux Nations unies, la résolution annuelle exigeant la fin du blocus de Cuba a été adoptée par 197 Etats contre 2 (les États-Unis et Israël). La résolution pour un cessez-le-feu immédiat et durable à Gaza a été adoptée par 153 États, c’est un peu moins, mais l’enjeu est bien plus grand. Quoi qu’il en soit, nous voyons bien qu’une majorité se dégage contre la politique de ces gens. Lorsque la digue cédera, et nous sommes proches de ce moment, l’Occident politique s’effondrera. Nous devons absolument nous détacher de ce radeau avant qu’il ne coule.

Thierry Meyssan

Source: https://www.voltairenet.org/article220213.html

De klacht van Zuid-Afrika tegen Israël

Het Internationaal Gerechtshof (ICJ), gevestigd in Den Haag, ligt onder vuur vanwege zijn politiek gemotiveerde uitspraken over de oorlog in Oekraïne. Is het een instrument in dienst van het collectieve Westen of is het echt een onafhankelijk Hof van Justitie? Het feit dat het een Afrikaans land was, en niet het minste, Zuid-Afrika, dat zelf heeft geleden onder kolonisatie en apartheid met de bijbehorende wreedheden, dat de klacht tegen Israël indiende op 29 december 2023, is natuurlijk niet onbelangrijk.

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Elke abnormale vertraging, elke daad van slechte gerechtigheid zal eens te meer aantonen dat het Westen volgens zijn regels met twee maten meet en zou fataal kunnen zijn voor de instelling die dan haar onhebbelijkheid tegenover alle landen van het Zuiden en nog meer tegenover de rest van de wereld zal hebben aangetoond.

Is het een wonder dat onze reguliere pers oorverdovend stil is over dit onderwerp?

Openbare hoorzittingen op 11 en 12 januari.

Punt 4 van de inleiding van de klacht (vertaling)

 » De feiten waarop Zuid-Afrika zich in dit verzoekschrift beroept en die in deze procedure verder zullen worden uitgewerkt, stellen vast dat – in een context van apartheid, verdrijving, etnische zuivering, annexatie, bezetting, discriminatie en voortdurende ontkenning van het recht op zelfbeschikking van het Palestijnse volk; Israël, met name sinds 7 oktober 2023, heeft nagelaten genocide te voorkomen en heeft nagelaten de voortzetting van het rechtstreeks en publiekelijk aanzetten tot genocide te voorkomen. Erger nog, Israël is het pad ingeslagen van genocidale daden en dreigt nog meer van dergelijke daden te plegen tegen het Palestijnse volk in Gaza. Deze daden omvatten het doden van hen, hen ernstige geestelijke en lichamelijke schade toebrengen en hen opzettelijk leefomstandigheden opleggen met het doel hun fysieke vernietiging als groep te bewerkstelligen. Uit herhaalde verklaringen van vertegenwoordigers van de Israëlische staat, ook op de hoogste niveaus – de Israëlische president, de premier en de minister van Defensie – blijkt de genocidale intentie. Deze intentie moet ook terecht worden afgeleid uit de aard en het gedrag van Israëls militaire operatie in Gaza, in het bijzonder met betrekking tot het niet verstrekken of garanderen van essentiële voedsel, water, medicijnen, brandstof, onderdak en andere humanitaire hulp aan het belegerde en geblokkeerde Palestijnse volk, waardoor zij op de rand van de hongerdood zijn beland. Dit blijkt ook duidelijk uit de aard, omvang en schaal van Israëls militaire aanvallen op Gaza, waarbij gedurende meer dan 11 weken een van de dichtstbevolkte gebieden ter wereld langdurig is gebombardeerd, waardoor 1,9 miljoen mensen, 85% van de bevolking van Gaza, uit hun huizen moesten worden geëvacueerd en in steeds kleinere gebieden zonder voldoende onderdak werden samengedreven, waar ze nog steeds worden aangevallen, gedood en verwond. Israël heeft nu meer dan 21.110 Palestijnen bij naam gedood, waaronder meer dan 7.729 kinderen, en meer dan 7.780 anderen worden vermist, vermoedelijk dood onder het puin. Israël verwondde meer dan 55.243 andere Palestijnen, waardoor ze ernstige lichamelijke en geestelijke schade opliepen. Israël heeft ook grote delen van Gaza verwoest, waaronder hele wijken, en meer dan 355.000 Palestijnse huizen beschadigd of vernietigd, evenals grote stukken landbouwgrond, bakkerijen, scholen, universiteiten, bedrijven, gebedshuizen, begraafplaatsen, culturele en archeologische vindplaatsen, gemeentelijke en gerechtsgebouwen en essentiële infrastructuur, waaronder water- en sanitaire voorzieningen en elektriciteitsnetwerken, terwijl het een niet aflatende aanval blijft uitvoeren op het Palestijnse medische en gezondheidssysteem. Israël heeft Gaza tot puin gereduceerd en blijft dat doen door de bevolking te doden, te verwonden en te vernietigen en door levensomstandigheden te creëren die bevorderlijk zijn voor hun fysieke vernietiging als groep. « 

Christophe de Brouwer

Erehoogleraar en voormalig voorzitter van de School voor Volksgezondheid van de Vrije Universiteit Brussel. (9 januari 2024)

La plainte de l’Afrique du Sud contre Israël

Le CIJ (Cour Internationale de Justice), située à La Haye aux Pays-Bas, est sous le feu des critiques depuis notamment ses arrêts à caractère politique dans la guerre en Ukraine. Est-elle un instrument au service de l’Occident collectif ou est-elle réellement une Cour de justice indépendante ? Le fait que ce soit un pays africain, et pas des moindres, l’ Afrique du Sud, qui a lui-même souffert de colonisation et apartheid avec le cortège d’atrocités qui l’accompagnent, qui porta plainte le 29 décembre 2023 contre Israël, n’est évidemment pas anodin.

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Tout délai anormal, tout acte de mauvaise justice montrera une fois de plus le deux poids deux mesures de l’Occident selon ses règles et pourrait être fatal à l’institution qui aura démontré, alors, sa nuisance à l’ensemble des pays du sud et plus encore, à la face du monde.

Faut-il s’étonner du silence assez assourdissant de notre presse mainstream à ce sujet ?

Audiences publiques les 11 et 12 janvier.

Le point 4 de l’introduction de la plainte (traduction)

« Les faits invoqués par l’Afrique du Sud dans la présente requête et qui seront développés davantage dans la présente procédure établit que — dans un contexte d’apartheid, d’expulsion, de nettoyage ethnique, d’annexion, l’occupation, la discrimination et le déni continu du droit du peuple palestinien à l’auto-détermination ; Israël, depuis le 7 octobre 2023 en particulier, n’a pas réussi à prévenir le génocide et a échoué à prévenir la poursuite de l’incitation directe et publique au génocide. Plus grave encore, Israël s’est engagé dans la voie des actes génocidaires et risque de se livrer encore à de tels actes contre le peuple palestinien à Gaza. Ces actes consistent notamment à les tuer, à leur causer de graves dommages mentaux et corporels et à leur infliger délibérément des conditions de vie dans le but d’entrainer leur destruction physique en tant que groupe. Les déclarations répétées des représentants de l’État israélien, y compris aux plus hauts niveaux, du Président israélien, du Premier ministre, du ministre de la Défense, expriment une intention génocidaire. Cette intention doit également être déduite à juste titre de la nature et de la conduite de l’opération militaire israélienne à Gaza, eu égard notamment à l’incapacité à fournir ou à garantir des aliments essentiels, de l’eau, des médicaments, du carburant, un abri et d’autres aides humanitaires l’aide au peuple palestinien assiégé et soumis au blocus, ce qui l’a poussé au bord de la famine. Cela ressort également clairement de la nature, de la portée et de l’étendue des attaques militaires israéliennes contre Gaza, qui impliquent le bombardement soutenu pendant plus de 11 semaines de l’une des zones les plus densément peuplées du monde, forçant l’évacuation de leurs maisons de 1,9 million de personnes, soit 85% de la population de Gaza, et les regroupant dans des zones de plus en plus petites, sans abri adéquat, dans lesquelles ils continuent à être attaqués, tués et blessés. Israël a désormais tué plus de 21 110 nommément désignés comme Palestiniens, dont plus de 7 729 enfants, et plus de 7 780 autres portés disparus, présumés morts sous les décombres. Israël a blessé plus de 55 243 autres Palestiniens, leur causant de graves dommages physiques et mentaux. Israël a également ravagé de vastes zones de Gaza, y compris des quartiers entiers, et a endommagé ou détruit plus de 355 000 foyers palestiniens, ainsi que de vastes étendues de terres agricoles, des boulangeries, des écoles, universités, entreprises, lieux de culte, cimetières, sites culturels et archéologiques, municipaux et les bâtiments des tribunaux et les infrastructures essentielles, y compris les installations d’eau, d’assainissement et les réseaux d’électricité, tout en poursuivant une attaque incessante contre le système médical et de santé palestinien. Israël a réduit et continue de réduire Gaza en ruines, tuant, blessant et détruisant sa population, et créant des conditions de vie propres à provoquer leur destruction physique en tant que groupe. »

Christophe de Brouwer

Full-professeur honoraire et ancien président de l’École de Santé publique de l’Université libre de Bruxelles. (9 janvier 2024)

Na Gaza zal Israël een paria en een genocidale staat zijn

Chris Hedges is een Amerikaanse essayist die we al vele jaren respecteren en volgen. Zijn essay Het rijk van de illusie. De dood van cultuur en de triomf van spektakel (Lux, 2012) viel het intellectuele en culturele verval aan dat zijn land heeft getroffen. Hier behandelt hij de netelige kwestie van het Israëlisch-Palestijnse conflict in zijn gebruikelijke stijl, met een mengeling van radicale kritiek en optimistische ondertoon. Het is op dit laatste punt dat we hem misschien niet helemaal volgen

Als er geen serieuze beweging komt op internationaal niveau, zou Israël wel eens triomfantelijk kunnen lijken aan het einde van zijn genocidecampagne in Gaza en de Westelijke Jordaanoever. Gesteund door de Verenigde Staten heeft het alle militaire middelen tot zijn beschikking om zijn krankzinnige doel te bereiken. Haar moorddadige uitbarstingen en genocidaal geweld zullen de etnische zuivering van de Palestijnen tot stand hebben gebracht. Zijn droom om een uitsluitend Joodse staat te creëren – waar alle nog levende Palestijnen van hun grondrechten zouden worden beroofd – zou dan werkelijkheid kunnen worden. Israël zal zichzelf feliciteren met zijn bloedige overwinning. Het zal zijn oorlogsmisdadigers eren. De genocide zal uit het collectieve geheugen worden gewist en in het immense gat van het historische geheugenverlies van Israël worden gegooid. En degenen in Israël die deze gruwelen aan de kaak willen stellen, zullen tot zwijgen worden gebracht en worden vervolgd.

Het lijkt mij echter dat zodra een dergelijke situatie is ontstaan, zodra Israël erin is geslaagd Gaza te decimeren – we hebben het over enkele maanden oorlog – het land waarschijnlijk zijn eigen doodvonnis heeft getekend. Waarom? Omdat haar imago van moraliteit, haar veronderstelde respect voor de rechtsstaat en democratie, haar mythische verhaal over de moed van het Israëlische leger en de wonderbaarlijke geboorte van de Joodse natie tot as zullen worden gereduceerd. De kapitaalvoorraad van Israël zal dan uitgeput zijn. Het zal worden onthuld als een lelijk, onderdrukkend, haatdragend apartheidsregime, dat jongere generaties Amerikaanse Joden van zich vervreemdt. Zijn beschermer, de Verenigde Staten, zal zich van Israël distantiëren naarmate nieuwe generaties aan de macht komen, net zoals het zich momenteel distantieert van Oekraïne.

De kans is groot dat het bloed en het lijden van de Palestijnen – in Gaza zijn tien keer zoveel kinderen gedood als in de twee jaar durende oorlog in Oekraïne – de weg vrijmaakt voor de mogelijke verdwijning van Israël. Tienduizenden, zo niet honderdduizenden geesten zullen wraak willen. Israël zou het symbool worden van zijn slachtoffers, net zoals het dat was voor de Turken en Armeniërs, de Duitsers en Namibiërs, en later de Joden, Serviërs en Bosniërs. Het culturele, artistieke, journalistieke en intellectuele leven van Israël zal tot niets worden gereduceerd.

Israël zou daardoor een bevroren natie kunnen worden waarin de religieuze fanatici en joodse extremisten die de macht hebben gegrepen het publieke debat domineren. Het zou dan bondgenoten vinden onder andere despotische regimes. Israëls weerzinwekkende raciale en religieuze suprematie zal zijn kenmerk zijn, wat de reden is waarom de meest retrograde blanke supremacisten in de VS en Europa, inclusief filo-semieten zoals John Hagee, Paul Gosar en Marjorie Taylor Greene, Israël met zoveel overtuiging steunen.

Despotismen kunnen lang na hun vervaldatum blijven bestaan. Maar de ernstige strategische (en criminele) fout van Israël zou het land wel eens in een terminale fase kunnen brengen. Je hoeft geen bijbelgeleerde te zijn om te weten dat Israëls bloeddorst in strijd is met de fundamentele waarden van het Jodendom. Het cynisch instrumentaliseren van de Holocaust, inclusief het afschilderen van de Palestijnen als nazi’s, heeft weinig zin als 2,3 miljoen mensen die gevangen zitten in een openluchtgevangenis als Gaza worden onderworpen aan een levende genocide.

Om te overleven hebben naties niet alleen kracht nodig, maar ook een mystiek. Dit geeft doel, waardigheid en zelfs adel, wat burgers aanmoedigt om zich op te offeren voor de natie. Mystiek biedt hoop voor de toekomst. Het geeft betekenis. Het is een bron van nationale identiteit. Wanneer mystici imploderen, wanneer ze leugens blijken te zijn, stort een essentieel fundament van de staatsmacht in.

Ooit analyseerde ik de dood van communistische mystici in 1989 tijdens de revoluties in Oost-Duitsland, Tsjecho-Slowakije en Roemenië. De politie en het leger besloten dat er niets meer te verdedigen viel. De neergang van Israël zou wel eens tot dezelfde vermoeidheid en apathie kunnen leiden. Het land zal niet in staat zijn om inheemse collaborateurs te werven, zoals Mahmoud Abbas en de Palestijnse Autoriteit – gehaat door de meeste Palestijnen – om de orders van de kolonisatoren uit te voeren. De historicus Ronald Robinson is van mening dat het onvermogen van het Britse Rijk om inheemse bondgenoten te werven het moment was waarop collaboratie veranderde in non-coöperatie, wat beslissend was voor het begin van de dekolonisatie. Zodra de niet-medewerking van de inheemse elites omslaat in actieve oppositie, legt Robinson uit, is de ‘bliksemterugtocht’ van het keizerrijk verzekerd.

Het enige wat Israël nog rest is de escalatie van geweld tot het punt van marteling, wat de neergang alleen maar versnelt. Dit grootschalige geweld werkt goed op de korte termijn, zoals het geval was met de oorlog van de Fransen in Algerije, de vuile oorlog van de Argentijnse militaire dictatuur en het Britse conflict in Noord-Ierland. Maar op de lange termijn is het suïcidaal. Je zou kunnen zeggen dat de slag om Algiers gewonnen werd dankzij martelingen, » merkte de Britse historicus Alistair Horne op, « maar dat de oorlog, de Algerijnse oorlog, verloren werd.

De genocide in Gaza heeft Hamas-strijders tot helden gemaakt in de moslimwereld en in het mondiale Zuiden. Natuurlijk zou Israël het leiderschap van Hamas kunnen wegvagen, maar de moordaanslagen op een groot aantal Palestijnse leiders in het verleden – en ook nu nog – hebben weinig geholpen om het verzet af te zwakken. De belegering van Gaza en de voortdurende genocide hebben een nieuwe generatie diep getraumatiseerde en woedende jonge mannen en vrouwen voortgebracht, wier families zijn vermoord en gemeenschappen zijn vernietigd. Ze staan klaar om de plaats van de gemartelde leiders in te nemen. De tragische strategische fout van Israël heeft de acties van zijn vijand in de stratosfeer gebracht…

Maar Israël was al voor 7 oktober intern in oorlog. Israëli’s demonstreerden om te voorkomen dat premier Benjamin Netanyahu een einde zou maken aan de onafhankelijkheid van de rechterlijke macht. De religieuze fanatici, die momenteel aan de macht zijn, hadden als doel de seculiere Israëlische samenleving systematisch aan te vallen. Sinds de aanslagen is de eenheid van Israël precair. Dit is de standaardeenheid. Het wordt in stand gehouden door haat. En zelfs deze haat is niet genoeg om de demonstranten ervan te weerhouden het feit aan de kaak te stellen dat de regering de gijzelaars aan hun lot heeft overgelaten in Gaza.

Haat is een gevaarlijke politieke bron. Als ze eenmaal klaar zijn met de ene vijand, gaan zij die haat aanwakkeren op zoek naar een andere. Zodra de Palestijnse « menselijke beesten » zijn uitgeroeid of onderworpen, zullen ze worden vervangen door andere vijanden. De groep die gedemoniseerd is kan nooit hersteld of geregenereerd worden. Een beleid van haat creëert permanente instabiliteit die wordt uitgebuit door degenen die de burgermaatschappij willen vernietigen.

Israël gaat al sinds 7 oktober die kant op door een reeks wetten aan te nemen die niet-joden discrimineren, wetten die lijken op de racistische Neurenberger wetten die joden hun rechten ontnamen in nazi-Duitsland. De Wet op de Aanvaarding van Gemeenschappen staat uitsluitend Joodse nederzettingen toe om aanvragers die zich willen vestigen uit te sluiten vanwege een gebrek aan « verenigbaarheid met de fundamentele principes van de gemeenschap ».

Veel van de best opgeleide jonge Israëli’s hebben het land verlaten om zich te vestigen in landen als Canada, Australië en het Verenigd Koninkrijk, en tot een miljoen zijn naar de Verenigde Staten gegaan. Zelfs Duitsland zag een instroom van ongeveer 20.000 Israëli’s in de eerste twee decennia van deze eeuw. Sinds 7 oktober hebben ongeveer 470.000 Israëli’s het land verlaten. In Israël worden mensenrechtenverdedigers, intellectuelen en journalisten – Israëlisch en Palestijns – in door de overheid georkestreerde lastercampagnes als verraders behandeld, onder staatstoezicht geplaatst en willekeurig gearresteerd. Het Israëlische onderwijssysteem is een echte indoctrinatiemachine voor het leger.

De Israëlische academicus Yeshayahu Leibowitz waarschuwde dat als Israël kerk en staat niet zou scheiden en de bezetting van de Palestijnen niet zou beëindigen, er een corrupt rabbinaat zou ontstaan dat het Jodendom in een fascistische cultus zou veranderen. In een dergelijke situatie « zou Israël het niet verdienen om te bestaan en zou het geen zin hebben om te proberen het te behouden ».

Na twee decennia van rampzalige oorlogen in het Midden-Oosten en de aanval op Capitol Hill op 6 januari is de wereldwijde mystiek van de Verenigde Staten net zo besmet als die van hun Israëlische bondgenoot. De regering Biden, die vastbesloten was om Israël onvoorwaardelijk te steunen en de machtige Israëlische lobby tevreden te stellen, slaagde erin om het beoordelingsproces van het Congres te omzeilen door het Ministerie van Buitenlandse Zaken op te roepen om de overdracht van 14.000 eenheden tankmunitie naar Israël goed te keuren. Staatssecretaris Antony Blinken stelde: « Er is een noodsituatie die onmiddellijke verkoop vereist ». Tegelijkertijd drong hij er cynisch bij Israël op aan om zo min mogelijk burgerslachtoffers te maken…

Israël heeft niet de minste intentie om het aantal burgerslachtoffers te beperken. Ze hebben al meer dan 20.000 Palestijnen gedood, of bijna 1% van de bevolking van Gaza, wat gelijk staat aan ongeveer 3 miljoen Amerikanen. Nog eens 51.000 mensen raakten gewond, van wie velen aan hun verwondingen zullen bezwijken. Volgens de Verenigde Naties lijdt de helft van de bevolking van Gaza honger. Alle Palestijnse instellingen en diensten die essentieel zijn voor het leven – ziekenhuizen (slechts 11 van de 36 ziekenhuizen in Gaza functioneren nog « gedeeltelijk »), waterzuiveringsinstallaties, elektriciteitsnetwerken, rioleringssystemen, huizen, scholen, overheidsgebouwen, culturele centra, telecommunicatiesystemen, moskeeën, kerken, VN-voedseldistributiepunten – zijn vernietigd.

Israël heeft niet minder dan 80 Palestijnse journalisten en tientallen van hun familieleden vermoord, en meer dan 130 VN-hulpverleners en hun familieleden. Burgerslachtoffers vormen de kern van het probleem. Deze oorlog is geen oorlog tegen Hamas. Dit is een oorlog tegen de Palestijnen. Het doel is om 2,3 miljoen Palestijnen te doden of te verdrijven uit Gaza.

Het doden van drie Israëlische gijzelaars die ogenschijnlijk aan hun ontvoerders waren ontsnapt en zonder shirt, zwaaiend met een witte vlag en roepend om hulp in het Hebreeuws op de Israëlische strijdkrachten afliepen, is niet alleen tragisch, maar geeft ook inzicht in de Israëlische gevechtsregels in de Gazastrook. Ze doden alles wat beweegt… Zoals de gepensioneerde Israëlische generaal-majoor Giora Eiland, die aan het hoofd stond van de Israëlische Nationale Veiligheidsraad, schreef in Yedioth Ahronoth:

«  De staat Israël heeft geen andere keuze dan Gaza te veranderen in een plaats waar het tijdelijk of permanent onmogelijk zal zijn om te leven. Het creëren van een ernstige humanitaire crisis in Gaza is het noodzakelijke middel om dit doel te bereiken. Gaza zal een plaats worden waar geen mens kan overleven. « 

Generaal-majoor Ghassan Alian zei: « . In Gaza zal er geen elektriciteit of water zijn, alleen vernietiging. Je wilde de hel, je hebt het « .

De koloniale staten die overbleven, waaronder de Verenigde Staten, roeiden bijna alle inheemse bevolkingsgroepen uit door ziekte en geweld. Plagen uit de oude wereld zoals de pokken, die door de kolonisten naar Amerika werden gebracht, doodden in honderd jaar tijd ongeveer 56 miljoen inheemse mensen in Zuid-, Midden- en Noord-Amerika. Tegen 1600 was minder dan een tiende van de oorspronkelijke bevolking overgebleven. Israël kan niet op deze schaal doden, met bijna 5,5 miljoen Palestijnen die onder bezetting leven en nog eens 9 miljoen in de diaspora.

Het presidentschap van Biden, dat ironisch genoeg misschien wel zijn eigen politieke overlijdensakte heeft getekend, is gekoppeld aan de Israëlische genocide. Het zal zich retorisch proberen te distantiëren, maar tegelijkertijd zal het de miljarden dollars aan wapens leveren die Israël eist – inclusief 14,3 miljard dollar aan extra militaire hulp als aanvulling op de 3,8 miljard dollar aan jaarlijkse hulp – om « de klus te klaren ». Het is een volwaardige partner in het genocideproject van Israël.

Israël is een pariastaat. Dit werd op 12 december publiekelijk gedemonstreerd toen 153 lidstaten van de Algemene Vergadering van de Verenigde Naties voor een staakt-het-vuren stemden. Slechts 10 staten – waaronder de Verenigde Staten en Israël – waren tegen en 23 onthielden zich van stemming. De verschroeide campagne van Israël in Gaza betekent dat de huidige en toekomstige leiders van Israël nooit vrede zullen accepteren. Er komt geen tweestatenoplossing. Apartheid en genocide zullen de definitie van Israël zijn. Dit voorspelt een lang, lang conflict, dat de Joodse staat uiteindelijk waarschijnlijk niet zal kunnen winnen.

Tekst vertaald en gereproduceerd met toestemming van Chris Hedges.

Bron : Scheerpost – 17/12/2023

Après Gaza, Israël sera
 un État paria et génocidaire

Chris Hedges est un essayiste étasunien que nous estimons et suivons depuis des années. Son essai L’empire de l’illusion. La mort de la culture et le triomphe du spectacle (Lux, 2012) s’en prenait à la déroute intellectuelle et culturelle qui frappe son pays. Il aborde ici l’épineuse question du conflit israélo-palestinien dans son style habituel fait d’un mélange de critique radicale et d’accents optimistes. C’est sur ce dernier aspect que nous risquons de ne pas le suivre jusqu’au bout

Si rien ne bouge sérieusement à l’échelle internationale, Israël pourrait très bien apparaître triomphant à la fin de sa campagne génocidaire à Gaza et en Cisjordanie. Soutenu par les États-Unis, il dispose de tous les moyens militaires pour atteindre son objectif dément. Ses déchaînements meurtriers et sa violence génocidaire auront accompli le nettoyage ethnique des Palestiniens. Son rêve de création d’un État exclusivement juif – où tous les Palestiniens encore présents (vivants) seraient privés de leurs droits fondamentaux – pourrait alors devenir réalité. Israël se félicitera de sa victoire obtenue dans un bain de sang. Il célèbrera ses criminels de guerre. Son génocide sera gommé de la mémoire collective et jeté dans l’immense trou de l’amnésie historique d’Israël. Et ceux qui en Israël voudront dénoncer ces abominations seront réduits au silence et persécutés.

Cependant, il me semble qu’une fois arrivé dans une telle situation, une fois qu’Israël aura réussi à décimer Gaza – on parle de plusieurs mois de guerre – le pays aura probablement signé sa propre condamnation à mort. Pourquoi ? Parce que son image de moralité, son prétendu respect de l’État de droit et de la démocratie, son histoire mythique du courage de l’armée israélienne et de la naissance miraculeuse de la nation juive seront réduits en cendres. Le capital social d’Israël sera alors épuisé. Il sera révélé comme un régime d’apartheid laid, répressif et rempli de haine, ce qui aliénera les jeunes générations de Juifs américains. Son protecteur, les États-Unis, au fur et à mesure que de nouvelles générations arriveront au pouvoir, prendra ses distances avec Israël comme il prend actuellement ses distances avec l’Ukraine.

Il y a fort à parier que le sang et les souffrances des Palestiniens – dix fois plus d’enfants ont été tués à Gaza qu’en deux ans de guerre en Ukraine – ouvriront la voie à un risque de disparition d’Israël. Les dizaines, voire les centaines de milliers de fantômes voudront avoir leur revanche. Israël deviendra le symbole de ses victimes tout comme c’est le cas pour les Turcs et les Arméniens, les Allemands et les Namibiens, puis plus tard les Juifs, les Serbes et les Bosniaques. La vie culturelle, artistique, journalistique et intellectuelle d’Israël sera réduite à néant.

Israël pourrait donc devenir une nation figée au sein de laquelle les fanatiques religieux et les extrémistes juifs qui ont pris le pouvoir domineraient le discours public. Il trouverait alors ses alliés parmi d’autres régimes despotes. La répugnante suprématie raciale et religieuse d’Israël sera son trait distinctif, voilà qui explique pourquoi les suprématistes blancs les plus rétrogrades des États-Unis et d’Europe, y compris des philo-sémites tels que John Hagee, Paul Gosar et Marjorie Taylor Greene, soutiennent Israël avec tant de conviction.

Les despotismes peuvent continuer d’exister longtemps après leur date de péremption. Mais la grave erreur stratégique (et criminelle) d’Israël pourrait bien faire entrer le pays dans sa phase terminale. Nul besoin d’être un érudit de la Bible pour savoir que la soif de sang d’Israël est contraire aux valeurs fondamentales du judaïsme. L’instrumentalisation cynique de l’Holocauste, y compris en faisant passer les Palestiniens pour des nazis, n’a que peu d’efficacité quand on se livre à un génocide en direct contre 2,3 millions de personnes piégées dans une prison à ciel ouvert telle que Gaza.

Pour survivre, les nations ont besoin non seulement de la force, mais aussi d’une mystique. C’est celle-ci qui donne un but, une dignité et même une noblesse qui incitent les citoyens à se sacrifier pour la nation. La mystique offre un espoir pour l’avenir. Elle donne un sens. Elle est source d’identité nationale. Lorsque les mystiques implosent, lorsqu’elles se révèlent être des mensonges, un fondement essentiel du pouvoir de l’État s’effondre.

J’ai analysé autrefois la mort des mystiques communistes en 1989 lors des révolutions en Allemagne de l’Est, en Tchécoslovaquie et en Roumanie. La police et l’armée ont décidé qu’il n’y avait plus rien à défendre. La décadence d’Israël pourraient bien engendrer la même lassitude et la même apathie. Le pays ne sera pas en mesure de recruter des collaborateurs indigènes, tels que Mahmoud Abbas et l’Autorité palestinienne – honnie par la plupart des Palestiniens – pour exécuter les ordres des colonisateurs. L’historien Ronald Robinson considère que l’incapacité de l’Empire britannique à recruter des alliés indigènes constitue le moment où la collaboration s’est transformée en non-coopération, ce qui a été déterminant pour le début de la décolonisation. Une fois que la non-coopération des élites autochtones se transforme en opposition active, explique Robinson, la « retraite éclair » de l’Empire est assurée.

Tout ce qu’il reste à Israël, c’est l’escalade de la violence qui va jusqu’à la torture, ce qui ne fait qu’accélérer son déclin. Cette violence à grande échelle fonctionne bien à court terme, comme ce fut le cas lors de la guerre menée par les Français en Algérie, ou encore lors de la sale guerre menée par la dictature militaire argentine et aussi durant le conflit britannique en Irlande du Nord. Mais à long terme, elle est suicidaire. « On pourrait dire que la bataille d’Alger a été gagnée grâce à la torture, a observé l’historien britannique Alistair Horne, mais que la guerre, la guerre d’Algérie, a été perdue. »

Le génocide à Gaza a fait des combattants du Hamas des héros dans le monde musulman et dans le Sud global. Certes, Israël pourrait anéantir les dirigeants du Hamas, mais les assassinats passés – et actuels – d’une multitude de dirigeants palestiniens n’ont guère contribué à émousser la résistance. Le siège de Gaza et le génocide en cours ont engendré une nouvelle génération de jeunes hommes et femmes profondément traumatisés et enragés, dont les familles ont été tuées et les communautés anéanties. Ils sont prêts à prendre la place des dirigeants martyrs. Par sa tragique erreur stratégique, Israël a fait grimper les actions de son ennemi dans la stratosphère…

Mais Israël était déjà en guerre interne avant le 7 octobre. Les Israéliens manifestaient pour empêcher le Premier ministre Benjamin Netanyahu de mettre fin à l’indépendance de la Justice. Ses fanatiques religieux, actuellement au pouvoir, avaient pour objectif d’attaquer systématiquement la société laïque israélienne. Depuis les attentats, l’unité d’Israël est précaire. C’est une unité par défaut. Elle se maintient grâce à la haine. Et même cette haine ne suffit pas à empêcher les manifestants de dénoncer le fait que le gouvernement a abandonné les otages à leur sort à Gaza.

La haine est une ressource politique dangereuse. Une fois qu’ils en ont fini avec un ennemi, ceux qui attisent la haine en cherchent un autre. Les « animaux humains » palestiniens, une fois éradiqués ou soumis, seront ensuite remplacés par d’autres ennemis. Le groupe qui a été diabolisé ne peut jamais être récupéré ou régénéré. Une politique de la haine crée une instabilité permanente qui est exploitée par ceux qui cherchent à détruire la société civile.

Israël s’est déjà bien engagé dans cette voie depuis le 7 octobre dernier en promulguant une série de lois discriminatoires à l’encontre des non-Juifs, lois qui ressemblent aux lois racistes de Nuremberg qui privaient les Juifs de leurs droits dans l’Allemagne nazie. La loi d’acceptation des communautés permet aux colonies exclusivement juives d’exclure les candidats qui souhaitent s’installer en raison d’un manque de « compatibilité avec les principes fondamentaux de la communauté ».

Un grand nombre des jeunes Israéliens les mieux formés ont quitté le pays pour s’installer dans des pays comme le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni, et jusqu’à un million d’entre eux sont partis aux États-Unis. Même l’Allemagne a connu un afflux d’environ 20.000 Israéliens au cours des deux premières décennies de ce siècle. Environ 470.000 Israéliens ont quitté le pays depuis le 7 octobre. En Israël, les défenseurs des droits humains, les intellectuels et les journalistes – israéliens et palestiniens – sont traités de traîtres dans le cadre de campagnes de diffamation orchestrées par le gouvernement, placés sous la surveillance de l’État et soumis à des arrestations arbitraires. Le système éducatif israélien est une véritable machine à endoctriner pour le compte de l’armée.

L’universitaire israélien Yeshayahu Leibowitz a mis en garde sur le fait que si Israël ne séparait pas l’Église et l’État et qu’elle ne mettait pas fin à son occupation des Palestiniens, il donnerait naissance à un rabbinat corrompu qui transformerait le judaïsme en un culte fasciste. Dans une telle situation, « Israël ne mériterait pas d’exister et il serait sans intérêt de vouloir son maintien ».

Après deux décennies de guerres désastreuses au Moyen-Orient et l’assaut du Capitole le 6 janvier, la mystique mondiale des États-Unis est aussi contaminée que celle de son allié israélien. L’administration Biden, dans sa détermination à soutenir inconditionnellement Israël et à satisfaire le puissant lobby israélien, est parvenue à court-circuiter le processus d’examen par le Congrès, en faisant appel au Département d’État pour approuver le transfert vers Israël de 14.000 unités de munitions pour chars. Le secrétaire d’État Antony Blinken a fait valoir : « Il existe une situation d’urgence qui exige la vente immédiate. » En même temps, il a cyniquement invité Israël à faire le moins de victimes possible parmi les civils…

Israël n’a pas la moindre intention de limiter le nombre de victimes civiles. Ils ont déjà tué plus de 20.000 Palestiniens, soit près de 1 % de la population de Gaza, ce qui équivaut à environ 3 millions d’Américains. 51.000 autres personnes ont été blessées et un grand nombre d’entre eux succomberont de leurs blessures. La moitié de la population de Gaza est affamée, selon les Nations unies. Toutes les institutions et tous les services palestiniens essentiels à la vie – hôpitaux (seuls 11 des 36 hôpitaux de Gaza fonctionnent encore « partiellement »), stations d’épuration, réseaux électriques, réseaux d’égouts, logements, écoles, bâtiments gouvernementaux, centres culturels, systèmes de télécommunications, mosquées, églises, points de distribution de nourriture de l’ONU – ont été détruits.

Israël a assassiné pas moins de 80 journalistes palestiniens ainsi que des dizaines de membres de leur famille et plus de 130 travailleurs humanitaires de l’ONU ainsi que des membres de leur famille. Les victimes civiles sont au cœur du problème. Cette guerre n’est pas une guerre contre le Hamas. C’est une guerre contre les Palestiniens. L’objectif est de tuer ou d’expulser 2,3 millions de Palestiniens de Gaza.

L’assassinat de trois otages israéliens qui avaient apparemment échappé à leurs ravisseurs et s’étaient dirigés vers les forces israéliennes, torse nu, en brandissant un drapeau blanc et en appelant à l’aide en hébreu, n’est pas seulement tragique, mais donne un aperçu des règles de combat d’Israël dans la bande de Gaza. Elles consistent à tuer tout ce qui bouge… Comme l’a écrit dans Yedioth Ahronoth le général de division israélien à la retraite Giora Eiland, qui a dirigé le Conseil national de sécurité israélien :

« L’État d’Israël n’a pas d’autre choix que de transformer Gaza en un endroit où il sera temporairement ou définitivement impossible de vivre. Créer une grave crise humanitaire à Gaza est le moyen nécessaire pour atteindre l’objectif. Gaza deviendra un endroit où aucun être humain ne peut survivre. »

Le général de division Ghassan Alian a quant à lui déclaré : « À Gaza, il n’y aura ni électricité ni eau, il n’y aura que destruction. Vous vouliez l’enfer, vous l’aurez ».

Les États coloniaux qui perdurent, dont les États-Unis, exterminent par les maladies et la violence la quasi-totalité des populations indigènes. Les fléaux de l’Ancien Monde apportés par les colonisateurs aux Amériques, comme la variole, ont tué environ 56 millions d’indigènes en une centaine d’années en Amérique du Sud, en Amérique centrale et en Amérique du Nord. En 1600, il restait moins d’un dixième de la population d’origine. Israël ne peut pas tuer à cette échelle, avec près de 5,5 millions de Palestiniens vivant sous occupation et 9 millions d’autres appartenant à la diaspora.

La présidence Biden, qui, ironiquement, a peut-être signé son propre acte de décès politique, est liée au génocide israélien. Elle tentera de prendre ses distances sur le plan rhétorique, mais en même temps, elle acheminera les milliards de dollars d’armes demandés par Israël – y compris 14,3 milliards de dollars d’aide militaire supplémentaire pour compléter les 3,8 milliards de dollars d’aide annuelle – afin de « terminer le travail ». Elle est un partenaire à part entière du projet de génocide mené par Israël.

Israël est un État paria. Cela s’est manifesté publiquement le 12 décembre lorsque 153 États membres de l’Assemblée générale des Nations unies ont voté en faveur d’un cessez-le-feu. Seuls 10 États – dont les États-Unis et Israël – s’y sont opposés et 23 se sont abstenus. La campagne de terre brûlée menée par Israël à Gaza signifie que les dirigeants israéliens (ceux d’aujourd’hui et de demain) n’accepteront jamais la paix. Il n’y aura pas de solution à deux États. L’apartheid et le génocide seront la définition même d’Israël. Cela laisse présager un long, très long conflit, que l’État juif ne pourra probablement pas gagner en fin de compte.

Texte traduit et reproduit avec l’autorisation de Chris Hedges.

Source : Scheerpost — 17/12/2023

[SÉRIE] D-Kript #5

D-Kʀᴉᴘᴛ : Éᴄʟᴀɪʀᴄɪʀ ʟᴇ ʀᴇ́ᴇʟ – Dᴇ́ᴄᴏᴅᴇʀ ʟᴀ ᴘʀᴏᴘᴀɢᴀɴᴅᴇ

Spécial ÉCONOMIE.

INVITÉS:

  • Bernard MICHE
  • Bernard VAN DAMME
  • Bernard LEGROS

Wapens met verarmd uranium in Oekraïne: natuurlijk!

Tijdens een persconferentie op 11 september 2023 verklaarde directeur-generaal Raphaël Grossi van de IAEA dat er geen gevaar schuilt in het gebruik van granaten met verarmd uranium. Natuurlijk! Dit is een verbazingwekkende uitspraak. Want wat werd er gevonden toen de residuen van deze wapens werden geanalyseerd tijdens de conflicten in Irak, de Balkan en Servië-Kosovo? Er werden andere isotopen gevonden die er niet hadden moeten zijn. Sporen van andere radio-isotopen, niet in de laatste plaats plutonium en neptunium, zijn gedetecteerd in Irak, Bosnië en Servië. Het is een niet-verifieerbare signatuur van naverbrandingsafval van kerncentrales. Dit wordt bevestigd door de officiële rapporten van het UNEP (United Nations Environmental Programme), een officieel orgaan van de Verenigde Naties, en het is daarom onwaarschijnlijk dat dit vervalst is(voor de Balkan en voor Servië-Montenegro). « De aanwezigheid van deze radioactieve elementen [plutonium, neptunium] in het verarmd uranium geeft aan dat ten minste een deel van het verarmd uranium afkomstig is van opgewerkt materiaal van verbruikte splijtstof of van apparatuur die besmet is geraakt tijdens de opwerking van verbruikte splijtstof « . En natuurlijk had dit geen invloed op de gezondheid!

In zekere zin zijn we getuige van het perfect georganiseerde witwassen van kernafval: het wordt verkocht aan het leger (goed gedaan), dat het ongezien en ongehoord verspreidt naar het buitenland (want de media hebben het hier natuurlijk niet over!).

Ik ben het niet eens met de bewering van R. Grossi dat er geen gezondheidsrisico is. Het is gebaseerd op het verminderen van het risico van verarmd uranium op twee manieren: ten eerste door het verminderen van de lading van uranium 235 en 234, de bron van een deel van de radioactiviteit (dit is waarom het verarmd is), en ten tweede door het elimineren van een groot aantal isotopen van de uranium 238 filiatie (degene die overblijft) die inherent is aan het proces. Daarom is bijvoorbeeld de concentratie van bismut 214 (specifiek voor uranium 238) erg laag. Maar het gebruik van kernafval heeft aan de « na verbranding verarmd uranium » hopen atomen toegevoegd die zelf radioactief zijn, met hun eigen radioactieve filiatie die we wel hadden kunnen missen.

Op individueel niveau is het stralingsrisico van blootstelling aan verarmd uranium voor een normaal persoon weliswaar reëel, maar niettemin laag en veel minder significant dan andere gebruikelijke milieurisico’s. In de toegegeven arbitraire verdeling in zones van onaanvaardbaar risico, « aanvaardbaar » risico (volgens een kosten-baten, en dus maatschappelijke, berekening) en triviaal risico, zouden we ons blijkbaar in de zone van aanvaardbare blootstelling bevinden. (Ik heb het hier niet over het chemische risico van uranium, dat aanzienlijk is).

Maar hoe zit het met mensen die veel gevoeliger zijn voor straling omdat ze bijvoorbeeld genetisch gezien niet over de noodzakelijke hulpmiddelen beschikken om genoomschade effectief te herstellen? Ik zal je twee voorbeelden geven.

1. mensen die heterozygoot zijn voor ataxia-telangiectasia (die er normaal uitzien maar toch defecten hebben in DNA-reparatie); deze specifieke heterozygositeit treft bijna 1% van de bevolking.

2.De foetus tussen de 7e en 24e week van de zwangerschap: dit is een periode die zeer gevoelig is voor straling, waarin we letterlijk de cellulaire explosie van de hersenen zien, gevolgd door het opzetten van een organisatie en verbindingen tussen de miljarden nieuwe cellen. Dit betekent dat, in een algemene bevolking, ongeveer 98% van de mensen die blootgesteld worden aan verarmd uranium zich in de positie bevinden van werknemers die chronisch blootgesteld worden aan ioniserende straling. De effecten zijn niet neutraal, maar ze worden als « aanvaardbaar » beschouwd. Dit wordt betwist (zie de samenvatting en referenties van het artikel van Chris Busby hieronder). Maar voor de resterende ~2% zal het plaatje er waarschijnlijk heel anders uitzien?

Wat weten we over het gebruik van granaten met verarmd uranium in Oekraïne? Niet veel, afgezien van het feit dat er een ernstig incident was bij Khmelnytsky in West-Oekraïne, tijdens een Russisch bombardement in de nacht van 13 mei 2023. Een munitiedepot ontplofte. Er waren meldingen van een plotselinge toename in radioactiviteit, maar de bronnen werden snel gecensureerd. Er was een black-out van de gegevens, zo niet oprechte bezorgdheid onder het publiek, dat zich naar apotheken haastte om jodium te verkrijgen. En natuurlijk namen onze media het Oekraïense verhaal over: er is niets te zien. Sommige mensen geloofden dat detoename van Bismut 214 die twee dagen laterwerd waargenomen in Lubin, Polen, wees op de aanwezigheid van verarmd uranium dat vrijkwam bij de explosie in Khmelnytsky. Maar in werkelijkheid hoef je alleen maar naar het jaaroverzicht te kijken om te zien dat er veel pieken zijn van bismut 214, die perfect gecorreleerd zijn met pieken in regenval. Nauwkeurig onderzoek van de nacht van 15 mei, toen deze piek werd waargenomen, komt perfect overeen met een regenachtige piek. Dus nee, de waargenomen toename is gewoon toeval, vooral omdat continue meting van bismut 214, gebruikt als een proxy, zeer geschikt is voor het monitoren van radon, maar niet voor besmetting van verarmd uranium in de lucht.

Kortom, we wisten het niet… tot de publicatie van Chris Busby in november 2023, die je kunt vinden op Research Gate:  » De Khlemnitsky Oekraïne Uranium explosie opnieuw bekeken. De berekende bronterm is 50 ton. Gevolgen voor de volksgezondheid in Polen en West-Oekraïne. « (De uraniumexplosie in Khlemitsky-Oekraïne opnieuw bekeken. Berekening van de hoeveelheid van de bron is 50 ton. Implicaties voor de volksgezondheid in Oekraïne en Polen).

Samenvatting van de publicatie (vertaling): le explosie in Khlemnitsky in Oekraïne op 13 mei leidde tot grote hoeveelheden uraniumbesmetting in de lucht. Dit werd ondubbelzinnig aangetoond door de komst van gemeten buitensporige hoeveelheden uraniumdeeltjes in de luchtmonsters met een groot volume die werden gebruikt door deBritse atoomwapenindustriein Aldermaston, vlakbij Londen, in mei en juni 2023. Het is dus iets dat we weten. Wat we niet weten is de bronterm, hoeveel uranium werd verspreid in de explosie, en ten tweede, waar ging het heen voordat het in Engeland aankwam? De vraag naar de effecten op de gezondheid van mensen die in de pluimzone wonen, wordt hier ook behandeld. Met behulp van de verhoogde stralingsmeting van 32 nSv/h, geregistreerd door de gammadetectoren aan de grens tussen Polen en Oekraïne, is het mogelijk om de bronterm te herberekenen met behulp van de tabellen gepubliceerd door het US Environmental Protection Agency en de emissie vans isotopen van de van uranium-238: thorium-234 en de Protoactinium 234m. Dit geeft de activiteit van het U-238 in de wolk aan wanneer deze voor de detector langs gaat. De bronterm kan worden verkregen uit de Gaussische pluimvergelijkingen en de atmospheric van de Britse National Radiological Protection Board. Het resultaat is een brontermijn van ongeveer 50 ton Uranium 238. De activiteitsniveaus van de pluim per oppervlakte-eenheid zijn vergelijkbaar met de niveaus die genetische effecten veroorzaakten in Irak na de Golfoorlog, dus vergelijkbare gevolgen voor de gezondheid zijn te verwachten. Deze zijn in Irak gemeten door een aantal onderzoekers betreffende kindersterfte, aangeboren afwijkingen en een verhoogd risico op kanker. Andere mogelijke scenario’s worden besproken.

Er moet op gewezen worden dat volgens metingen dit « verarmd uranium » gevonden kan worden in Libanon en Palestina, wat blijkbaar vergelijkbare gezondheidsproblemen veroorzaakt, zoals Chris Busby ook uitlegt. Naar mijn mening is Grossi’s bewering dat « verarmd uranium geen risico’s met zich meebrengt », afkomstig van een « gewijde » autoriteit, een vorm van arrogantie en cynisme wanneer het wordt toegepast op een bevolking, afgezien van het feit dat het op zijn minst ontbreekt aan de meest elementaire voorzichtigheid. Bovendien lijkt het me onnauwkeurig als je het met de feiten bekijkt. Het lijkt sterk op het gedrag en het failliet van onze huidige westerse elites.

Want we hebben het over onze gezondheid: het minste wat we kunnen doen is beschikken over de echte, geobserveerde gegevens en niet over de verhalen die ze verbergen, ten voordele van enkelen en ten nadele van de gezondheid van ons allemaal.

Helaas roepen we al lange tijd op tot een definitief verbod op het gebruik van uranium in wapens. Ik denk dat dit gezegd moet worden.

Christophe de Brouwer, honorair hoogleraar en voormalig voorzitter van de School of Public Health aan de Vrije Universiteit Brussel, 20 december 2023.

Hyperlinks :

Les armes à uranium appauvri en Ukraine : bien évidemment !

Le directeur général Raphaël Grossi de l’AIEA a affirmé l’absence de danger en cas d’utilisation d’obus contenant de l’uranium appauvri, au cours d’une conférence de presse tenue le 11 septembre 2023. Bien évidemment ! L’affirmation est étonnante. En effet, qu’avait-on constaté lors de l’analyse des résidus de ces armes lors des conflits en Irak, dans les Balkans, ou en Serbie-Kosovo ? On y avait trouvé d’autres isotopes qui n’auraient pas dû s’y trouver. Tant en Irak qu’en Bosnie ou en Serbie, des traces d’autres radio-isotopes ont été détectées, et pas des moindres, comme le plutonium ou le neptunium. C’est une signature infalsifiable de déchets post-combustion issus des centrales nucléaires. Ce sont les rapports officiels de l’UNEP (United Nations Environmental Programme) qui l’affirment, organisme officiel des Nations unies, et donc peu susceptibles de truquage (pour les Balkans, et pour la Serbie-Montenegro). « La présence de ces éléments radioactifs [plutonium, neptunium] dans l’’uranium appauvri indique qu’au moins une partie de l’uranium appauvri provenait de matières retraitées provenant du combustible nucléaire usé ou des équipements contaminés lors du retraitement du combustible nucléaire usé ». Pour rajouter que cela n’avait pas d’incidence sur la santé, bien évidemment !

En quelque sorte, nous assistons au blanchiment des déchets de centrales nucléaires parfaitement organisé : on vend ceux-ci à l’armée (bien joué), qui les disperse à l’étranger, ni vu ni connu (car aucun médias aux ordres ne parlent de cela, bien évidemment!).

Je me mets en faux contre les affirmations de R. Grossi sur l’absence de risque pour la santé. Il se base sur la diminution du risque de l’uranium appauvri selon deux voies : d’une part, la diminution de la charge en uranium 235 et 234, source d’une partie de sa radioactivité (c’est en cela qu’il est appauvri), et d’autre part, l’élimination large des isotopes de la filiation de l’uranium 238 (celui qui reste) inhérente au processus. C’est ainsi que, par exemple, la concentration du bismuth 214, (spécifique de la filiation de l’uranium 238) est très faible. Mais le fait d’utiliser du déchet nucléaire a rajouté à l’« uranium appauvri post-combustion » des tas d’atomes eux-mêmes radioactifs, accompagnés de leur filiation radioactive propre dont on se serait bien passé.

Sur le plan individuel, chez un individu normal, on peut effectivement considérer que le risque radiologique encouru lié à l’exposition à l’uranium appauvri, bien que réel, est néanmoins faible et nettement moins importants que d’autres risques usuels de l’environnement. Dans le découpage, il est vrai arbitraire, de zone de risque inacceptable, de risque « acceptable » (selon un calcul coût-bénéfice, donc sociétal) et de risque trivial, nous serions apparemment dans la zone d’exposition acceptable. (Je ne soulève pas ici le risque chimique de l’uranium qui, lui, est substantiel.)

Mais qu’en est-il des personnes dont la susceptibilité aux rayonnements est fortement augmentée, parce que, par exemple, génétiquement elles ne disposent pas des outils nécessaires pour une réparation efficace des lésions du génome ? Je donne deux exemples.

1. les personnes hétérozygotes pour l ‘ataxie-telangiectasie (qui présentent un aspect normal mais où persistent des défauts dans la réparation de l’ADN), cette hétérozygotie spécifique touche près de 1% de la population.

2. Le fœtus entre la 7e et la 24e semaine de gestation : période très sensible aux radiations, où l’on observe littéralement l’explosion cellulaire du cerveau, puis la mise en place d’une organisation et des connexions entre les milliards de nouvelles cellules. Ce qui veut dire que, dans une population générale, pour environ 98% de celle-ci exposé à de l’uranium appauvri, elle se trouve dans la position de travailleurs chroniquement exposés aux radiations ionisantes. Les effets ne sont pas neutres, mais on les estimerait « acceptables ». Ceci est contesté (voir le résumé et les références de l’article de Chris Busby, ci-dessous). Mais pour les ~2 % restant, le tableau risque-t-il d’être très différent ?

Que savons-nous de l’utilisation des obus à uranium appauvri en Ukraine ? Pas grand-chose, sinon qu’il y a eu une incident grave à Khmelnytsky en Ukraine de l’ouest, lors d’un bombardement russe, dans la nuit du 13 mai 2023. Un dépôt de munitions a explosé. Des rapports auraient fait état d’une augmentation brusque de la radioactivité, mais les sources ont été rapidement censurées. Ce fut le black-out sur les données, sinon une réelle inquiétude des populations qui se sont ruées sur les pharmacies pour obtenir de l’iode. Et, bien évidemment, nos médias aux ordres ont repris le narratif ukrainien : il n’y a rien à voir. Certains ont cru que l’augmentation constatée de Bismuth 214 à Lubin en Pologne, deux jours plus tard, signait l’existence d’uranium appauvri projeté par l’explosion à Khmelnytsky. Mais, en réalité, il suffit de regarder l’enregistrement sur un an pour s’apercevoir que les pics de bismuth 214 sont nombreux et parfaitement corrélés aux pics de pluie. L’examen précis du 15 mai durant la nuit où ce pic a été observé correspond parfaitement à un pic pluvieux. Donc, non, l’augmentation observée est une simple coïncidence, d’autant que si la mesure continue du bismuth 214, utilisé comme un proxy, est bien adaptée à la surveillance du radon, il ne l’est pas pour une contamination aérienne d’uranium appauvri.

Bref, on ne savait pas… jusqu’à la publication de Chris Busby de novembre 2023, que l’on peut trouver sur « Research Gate » : « The Khlemnitsky Ukraine Uranium explosion revisited. The calculated source term is 50 tons. Public Health implications for Poland and Western Ukraine. » (L’explosion d’uranium à Khlemitsky-Ukraine revisitée. Le calcul de la quantité de la source est de 50 tonnes. Implication pour la santé publique en Ukraine et en Pologne).

Résumé de la publication (traduction):  l‘explosion qui s’est produite à Khlemnitsky, en Ukraine, le 13 mai, a impliqué des quantités importantes de contamination de l’air par l’uranium. Cela a été démontré sans équivoque par l’arrivée de quantités excédentaires mesurées de particules d’uranium dans les échantillonneurs d’air à haut volume déployés par l’UK Atomic Weapons Establishment, à Aldermaston, près de Londres, en mai et juin 2023. C’est donc quelque chose qui est connu. Ce qu’on ne sait pas, c’est le terme source, quelle quantité d’uranium a été dispersée dans l’explosion, et deuxièmement, où est-il passé avant d’arriver en Angleterre ? La question de ses effets sur la santé des populations vivant dans la zone du panache est également abordée ici. En utilisant l’augmentation de la mesure du rayonnement de 32 nSv/h enregistrée par les détecteurs de rayonnements gamma à la frontière entre la Pologne et l’Ukraine, il est possible de recalculer le terme source en utilisant les tableaux publiés par l’Agence américaine de protection de l’environnement et l’émission des isotopes de la filiation de l’Uranium-238 : le Thorium 234 et le Protoactinium 234m. Cela donne l’activité de l’U-238 dans le nuage lorsqu’il passe devant le détecteur. Le terme source peut être obtenu à partir des équations gaussiennes du panache et des modèles atmosphériques du National Radiological Protection Board du Royaume-Uni. Le résultat donne un terme source d’environ 50 tonnes d’Uranium 238. Les niveaux d’activité du panache par unité de surface sont similaires à ceux qui ont provoqué des effets génétiques en Irak après la guerre du Golfe, et des conséquences similaires sur la santé sont donc prévisibles. Ceux-ci ont été mesurés en Irak par de nombreux chercheurs portant sur la mortalité infantile, les malformations congénitales et l’augmentation du risque de cancer. D’autres scénarios possibles sont discutés.

Faut-il souligner que, selon des mesures effectuées, on retrouve cet « uranium appauvri » au Liban et en Palestine, causant apparemment des problèmes similaires de santé, nous explique également Chris Busby. Selon moi, l’affirmation de Grossi, « pas de risque lié à l’uranium appauvri », venant d’une autorité « consacrée », est une forme d’arrogance et de cynisme, lorsqu’elle est appliquée à une population, outre qu’au minimum elle manque de la plus élémentaire prudence. De plus, elle m’apparaît inexacte, confrontée aux faits. Elle est bien dans la veine des comportements et de la faillite de nos élites occidentales actuelles.

Car il s’agit de notre santé : le minimum est d’avoir les données réelles, observées et non des narratifs qui cachent ceux-ci, pour l’intérêt de quelques uns et au détriment de notre santé à tous.

Nous demandons depuis longtemps l’interdiction définitive de l’uranium pour les armes, hélas. Il me semble que cela doit être dit.

Christophe de Brouwer, full-professeur honoraire et ancien président de l’École de santé publique de l’Université libre de Bruxelles, 20 décembre 2023.

Hyperliens :

Edwy Plenel respecteert de principes niet die hij beweert hoog te houden

Door Laurent Mucchielli, Directeur Onderzoek bij het CNRS

In uw korte interview met Edwy Plenel (EP) op 13 december 2023 herhaalde Plenel ongegronde beschuldigingen tegen mij en bevestigde hij zijn minachting door mij in verband te brengen met Didier Raoult, aan wie hij een intense hekel lijkt te hebben. Het toont ook zijn onwetendheid over wetenschappelijke en medische kwesties. Dus als hij opmerkt dat « de realiteit soms niet in onze overtuigingen past en het onze taak is om informatie te verschaffen die sommigen van ons publiek dwingt om tegen zichzelf in te denken « , denken we dat hij er goed aan zou doen om zijn eigen principe af en toe op zichzelf toe te passen.

Een speciaal geval dat een algemeen fenomeen illustreert

Ik ken EP niet persoonlijk, maar zijn mening lijkt me emblematisch voor de manier waarop een groot deel van intellectueel en politiek links zich gedroeg tijdens de Covid-crisis. En omdat het ook mijn politieke familie is, is het belangrijk voor mij om hierop te reageren, en ik dank Kairos dat ik dit mag doen. Ter inleiding wil ik graag toevoegen dat ik al sinds het begin supporter en abonnee ben van Mediapart en daar al twaalf jaar een blog bijhoud. Ik ontken niets van dat alles. Het is een onderzoekskrant, en dat is essentieel. Maar het is ook een opiniekrant. Het voert daarom gerichte onderzoeken uit, onderzoeken die worden geleid door ideologische standpunten. Ik respecteer dat en ik denk zelfs dat het onvermijdelijk is. Maar iedereen begrijpt ook de limiet die inherent is aan de benadering: je kunt alleen antwoorden vinden op de vragen die je jezelf hebt gesteld. Als we weigeren bepaalde vragen te stellen, dan laten we een deel van de werkelijkheid in het duister, en dit deel dat duister blijft is misschien wel belangrijker dan het deel dat we aan het licht hebben gebracht. Dus hoe sterker je ideologische overtuigingen, hoe meer je ervoor moet zorgen dat je onderzoek niet partijdig of zelfs bevooroordeeld is.

Het beste bewijs voor de ideologische aard van ED’s standpunt is haar onvermogen om erover te discussiëren. Hoewel hij duidelijk niet veel weet over de medische en wetenschappelijke aspecten, zijn zijn opmerkingen dwingend, de man is zeker van zichzelf en hij is te trots om toe te geven dat hij het misschien bij het verkeerde eind had. Het is heel gewoon. Wat minder duidelijk is, is dat EP zo trots is dat hij er nooit over heeft willen praten. In de epiloog van deel 2 van mijn Covid’s Doxa hoe ik probeerde te praten met de redactie van Mediapart omdat ik bezig was met een groot collectief onderzoek dat erg populair was bij de lezers van de krant. Het enige wat ik terugkreeg was een minachtend stilzwijgen (geen antwoord op mijn berichten waarin ik aanbood om te discussiëren), vervolgens veel agressie op sociale netwerken (vooral van Fabrice Arfi op Twitter) en ten slotte brute censuur, die eerst gericht was op enkele van onze artikelen in het bijzonder, en vervolgens op mijn hele blog. Mediapart heeft gedreigd helemaal te sluiten.

Het doel van Edwy Plenel (EP): de geloofwaardigheid van Didier Raoult (DR) vernietigen

EP hekelde het « autoritarisme  » van DR. « Hij is een Mandarijn « , zei hij in 2020. En het is waar, het is een realiteit. Maar het is zo wijdverbreid in de academische wereld, vooral in de geneeskunde, dat het verrassend is om te zien dat het EP een dergelijk argument gebruikt. Het kan geen naïviteit zijn. Dus zijn denken wordt verstoord door een emotie. Dit weerspiegelt zijn zeer sterke vijandigheid tegenover DR. En dat is de basisfout die veel mensen maken. Hoe kan iemand serieus beweren dat hij een wereldwijde gezondheidscrisis analyseert en het aan te nemen overheidsbeleid bespreekt als zijn denken zo vervuild is door vragen over individuele persoonlijkheid? Het is intellectueel erg slecht. En als sociologen zo denken en handelen (en ik ken er veel), is dat nog erger omdat het diep anti-sociologisch is. Stel je voor dat ik een standpunt inneem over de ontwikkeling van het veiligheidsbeleid in Frankrijk op basis van mijn mening over de persoonlijkheid van deze of gene grote politiechef. Dat zou belachelijk zijn. Dus om DR ervan te beschuldigen een lelijke autoritaire mandarijn te zijn is idioot: medische scholen zitten vol met mandarijnen. De media ook… Het is helaas aan de orde van de dag en zou geen argument moeten zijn.

Het « gripette » verhaal is ook erg hypocriet. Ja DR heeft de omvang van de epidemie en de virulentie van Sars-Cov-2 begin februari 2020 onderschat. Dat is waar. Maar ja, hoe hypocriet om alleen hem de schuld te geven terwijl vrijwel alle commentatoren op dat moment hetzelfde deden. We mogen niet vergeten dat de Franse minister van Volksgezondheid, Agnès Buzyn, eind januari 2020 nog steeds zei dat het virus China misschien niet zou verlaten en dat de WHO zei dat ze niet wist of er overdracht van mens op mens had plaatsgevonden. Op 10 maart 2020 zei de vooraanstaande arts Michel Cymès in het TMC-programma Quotidien dat « het nog steeds een virale ziekte is zoals we elk jaar krijgen « . Kortom, als de meeste commentatoren het bij het begin van de crisis bij het verkeerde eind hadden, dan is het intellectueel oneerlijk om slechts één commentator de schuld te geven.

De derde fout van EP: DR heeft nergens gezegd of geschreven dat hij een ‘wondermiddel ‘ had tegen Covid. Dit zijn de formules van sensatiejournalisten en EP zou beter moeten weten. DR zei dat het behandelingsprotocol van de IHU het mogelijk maakte om de virale belasting en daarmee het risico op verergering van de ziekte snel te verlagen als de ziekte werd behandeld zodra de eerste symptomen verschenen. Naast het protocol in kwestie belichaamde hij (samen met anderen zoals Christian Perronne) het verzet van artsen die voor het eerst in de geschiedenis door een zogenaamd democratische regering verboden werden om mensen te behandelen (« Blijf thuis, neem doliprane »), met verschrikkelijke dodelijke gevolgen. Dat was het fundamentele debat (dat ik zoveel mogelijk probeerde te belichten): hoe kunnen we mensen behandelen om het aantal zieken en het aantal doden te verminderen? Door al zijn energie te richten op het vernietigen van DR, heeft Mediapart een belangrijke bijdrage geleverd aan het voorkomen van een debat over deze cruciale kwestie. Hij is dus een van de belangrijkste spelers geweest in de grote afleidingsmanoeuvre die, naar mijn mening, de ‘Raoult controverse’ is (zie Deel 1 van mijn Covid Doxa ).

De realiteit is dat Mediapart deze kwestie nooit heeft onderzocht [du vaccin], nooit het minste debat over deze kwestie heeft georganiseerd en nooit enige originele informatie over deze kwestie heeft gepubliceerd.

Edwy Plenel heeft geen kennis van de medische en wetenschappelijke kwesties die spelen

Het is schrijnend om het EP te horen verklaren dat « we hebben aangetoond dat het vaccin de veiligste vorm van bescherming blijft « . De realiteit is dat Mediapart deze kwestie nooit heeft onderzocht, nooit het minste tegendraadse debat over deze kwestie heeft georganiseerd en nooit enige originele informatie over deze kwestie heeft gepubliceerd. Mediapart heeft gewoon herhaald wat anderen zeiden. Over dit onderwerp gaf het blijk van hetzelfde conformisme en dezelfde goedgelovigheid als de andere media. En dat is op zijn zachtst gezegd nog een grote fout. Want naarmate de maanden verstrijken, wordt alles wat ik vanaf de zomer van 2021 met mijn team over dit onderwerp heb geschreven, bevestigd. Laat me je herinneren aan ten minste vier dingen.

1) Tot nu toe is recente boodschapper-RNA-technologie alleen getest op mensen als onderdeel van kankerbehandelingen, met teleurstellende resultaten. De afgelopen tien jaar hebben bedrijven als Moderna en BioNTech aangedrongen op de overheveling naar de veel lucratievere en veel minder wettelijk gereguleerde productie van vaccins, maar het was nog nooit getest op mensen. We hebben inderdaad te maken met een experimenteel product en een wereldwijd experiment. En het minste wat we hadden kunnen doen was een extreem voorzichtige houding aannemen (voorzorgsprincipe). Helaas is EP net als al die intellectuele en politieke elites die geen echte wetenschappelijke opleiding hebben en die zich beroepen op ‘Wetenschap’ met een hoofdletter S, alsof ze een God aanroepen. Het is een ideologisch standpunt. Dat heet sciëntisme. Maar wetenschap is geen sciëntisme. Wetenschap is een proces van onderzoek en geleidelijke ontdekking van de werkelijkheid, dat sine qua non de vrijheid van onderzoek, de vrijheid van meningsuiting en collectief debat vereist. Scientisme is een dogma en wetenschap is per definitie het tegenovergestelde.

2) De farmaceutische industrie is berucht om haar criminele praktijken en Mediapart heeft in de loop der jaren te maken gehad met een aantal gezondheidsschandalen. Geloven in het wonder van de vaccins van Pfizer en Moderna, tot op het punt dat elk debat over het onderwerp wordt verhinderd, is daarom absoluut verwarrende naïviteit en/of dogmatisme.

3) In 2021 en 2022 was alle vaccinpropaganda gebaseerd op een moreel argument: « vaccineer jezelf om anderen te beschermen ». In juli 2021 schreven we echter dat het statistisch duidelijk was dat deze producten op geen enkele manier voorkwamen dat mensen het virus opliepen en overdroegen, of dat ze vervolgens ziek werden van Covid (ongeacht het aantal doses). Je kon het eenvoudigweg zien in de statistieken. En dit is nu een empirisch feit dat niemand kan betwisten. Pfizer gaf zelf aan het Europees Parlement toe dat het zijn product niet voor dit doel had ontworpen en het nooit op deze manier had getest. De morele retoriek die door vrijwel alle media werd herhaald, was in feite gebaseerd op… gebakken lucht.

Ik zou tegen Edwy Plenel willen zeggen dat hij er goed aan zou doen zichzelf van tijd tot tijd een paar vragen te stellen over zijn houding tijdens de Covid-crisis. Je kunt niet opscheppen over woorden als « persvrijheid », « onafhankelijkheid », « vrijheid van meningsuiting » en tegelijkertijd zulke ideologische vooroordelen hebben en zo’n ostracisme en censuur toepassen op mensen die niet denken zoals jij.

4) In augustus 2021 schreven we dat alle databases voor geneesmiddelenbewaking een extreem hoog aantal zowel milde als ernstige bijwerkingen rapporteerden. En ook dit is bewijs dat iedereen kan verifiëren en dat sindsdien alleen maar is bevestigd. Ernstige AEs zijn nu goed gedocumenteerd in de wetenschappelijke literatuur, waaronder ernstige allergieën, hypertensie, aandoeningen van het immuunsysteem (Guillain-Barré syndromen, bijvoorbeeld), trombose, menstruatiecyclusstoornissen (vooral bij jonge vrouwen), hartaandoeningen (myocarditis, pericarditis) (vooral bij jonge mannen), reactivatie van kanker bij oudere mensen, verlamming en andere neurologische aandoeningen… de lijst gaat maar door. In de wetenschappelijke literatuur is nu zelfs aangetoond dat het Spike-eiwit in de bloedbaan terechtkomt en zich door het hele lichaam verspreidt. En ik herhaal hier dat de toekomst erg ingewikkeld zal zijn voor alle journalisten die, om verschillende redenen, niet de tegenwoordigheid van geest of de moed hebben om op zijn minst een beetje afstand te nemen van het verhaal van westerse industrieën en regeringen. Deze kwestie van de ernstige nadelige effecten van mRNA-therapieën zal vroeg of laat zeker weer aan de orde komen, omdat de realiteit niet voor altijd verborgen of verhuld kan blijven.

Wanneer een zelfbenoemde verdediger van vrijheid deze aan anderen ontzegt

Tot slot, als EP zegt dat « Laurent Mucchielli een aantal radicaal verkeerde dingen zei « , dan willen we graag weten welke dat zijn en daarover kunnen discussiëren. Maar ook dit is weer typerend voor een algemene principiële afwijzing die laat zien dat er achter het intellectuele aspect een subjectieve, emotionele of ideologische dimensie schuilgaat. Er waren dingen die ik mocht zeggen en andere dingen die ik niet mocht zeggen omdat ze taboe waren. Ik heb twee boeken geschreven, één met 30 andere onderzoekers en artsen, met in totaal meer dan 700 pagina’s en enkele honderden wetenschappelijke referenties. Nergens heb ik een analyse van dit werk gelezen, zelfs geen hyperkritische. Nogmaals, er is geen sprake van een conflictueus debat en geen constructieve uitwisseling van argumenten. Er is niets anders dan autoritaire aanmatiging en algemene uitsluiting. Het is niet intellectueel serieus en het is heel serieus omdat het onderwerp heel serieus is.

Tot slot zou ik tegen EP willen zeggen dat hij er goed aan zou doen zichzelf van tijd tot tijd een paar vragen te stellen over zijn houding tijdens de Covid-crisis. Je kunt niet opscheppen over woorden als « persvrijheid », « onafhankelijkheid », « de noodzaak van onderzoek », « vrijheid van meningsuiting », « bescherming van klokkenluiders », « kritisch denken », « toezicht houden op de daden van de machtigen in de wereld », enz. en tegelijkertijd zulke ideologische vooroordelen hebben en zo’n ostracisme en censuur toepassen op mensen die niet denken zoals jij, helemaal als ze beweren dat ze precies dezelfde waarden hebben als jij! Het minste wat je kunt doen is de zaak rustig met hen bespreken. Het EP weigert dit te doen en doet dit, zoals gewoonlijk, terwijl het zich voordoet als een prediker. In werkelijkheid werd ik tegenover de dogmatische censuur van Mediapart verwelkomd door een ander onafhankelijk mediakanaal, Quartier Général, opgericht en geleid door Aude Lancelin, dat ook een duidelijk links beleid voert. En het deed het niet in de eerste plaats uit enthousiaste steun voor een van mijn analyses van de Covid-crisis, het deed het uit principe of voor het principe. Dus ik sluit af door simpelweg dit tegen Edwy Plenel te zeggen: het is allemaal goed en wel om grote principes mondeling te verkondigen, maar het enige dat onthult wie je bent, is de manier waarop je handelt wanneer je in een situatie bent. En als je daden niet overeenkomen met je woorden, dan is er een probleem.

Laurent Mucchielli, directeur onderzoek bij het CNRS

Edwy Plenel ne respecte pas les principes dont il se prévaut

Par Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS

Dans votre courte interview d’Edwy Plenel (EP), ce 13 décembre 2023, ce dernier reprend des accusations infondées à mon égard et réaffirme son mépris en m’associant à Didier Raoult qu’il semble détester au plus haut point. Il manifeste par ailleurs son ignorance des questions scientifiques et médicales. Aussi, lorsqu’il remarque que « le réel parfois ne rentre pas dans nos convictions et notre rôle c’est d’apporter des informations qui obligent une partie de notre public à penser contre lui-même », on se dit qu’il ferait bien de s’appliquer à lui-même son propre principe de temps en temps.

Un cas particulier qui illustre un phénomène général

Je ne connais pas personnellement EP mais son opinion me semble emblématique de la façon dont une bonne partie de la gauche intellectuelle et politique s’est comportée durant la crise du Covid. Et comme c’est également ma famille politique, il m’importe de lui répondre et je remercie Kairos de me le permettre. J’ajoute en préambule que j’ai été un soutien et un abonné de Mediapart dès sa création, et j’y ai tenu pendant douze ans un blog. Je ne renie rien de tout cela. C’est un journal qui fait de l’investigation, ce qui est essentiel. Mais c’est aussi un journal d’opinion. Il réalise donc des investigations ciblées, des investigations orientées par des positions idéologiques. Je le respecte et je pense même que c’est inévitable. Mais chacun comprend aussi la limite qui est consubstantielle à la démarche : on ne trouve de réponses qu’aux questions qu’on s’est posées. Si on refuse de poser certaines questions, alors on laisse dans l’ombre une partie de la réalité, et cette partie qui demeure obscure est peut-être plus importante que celle que l’on a mise en lumière. Donc, plus on a des convictions idéologiques fortes, plus on devrait faire attention à ce que son investigation ne soit pas partielle voire partiale.

La meilleure preuve du caractère idéologique de la position d’ED est son incapacité à la mettre en discussion. Bien qu’il ne connaisse manifestement pas grand-chose aux questions médicales et scientifiques concernées, son propos est péremptoire, l’homme est sûr de lui, et il a trop d’orgueil pour reconnaître qu’il a pu se tromper. C’est banal. Ce qui l’est moins, c’est que EP en a tellement (de l’orgueil) qu’il n’a jamais voulu ne serait-ce que discuter de tout cela. J’ai raconté dans l’épilogue du tome 2 de ma Doxa du Covid comment j’ai tenté de dialoguer avec la rédaction de Mediapart puisque je réalisais une grande enquête collective et que celle-ci était très suivie par le lectorat du journal. Or, en retour, je n’ai récolté d’abord qu’un silence méprisant (aucune réponse à mes messages proposant de discuter), ensuite beaucoup d’agressivité sur les réseaux sociaux (notamment celle de Fabrice Arfi sur Twitter) et enfin une censure brutale qui a visé d’abord certains de nos articles en particulier, puis la totalité de mon blog que Mediapart a menacé de fermer purement et simplement.

L’objectif d’Edwy Plenel (EP) : détruire la crédibilité de Didier Raoult (DR)

EP dénonce l’« autoritarisme » de DR, « c’est un mandarin » disait-il dès 2020. Et c’est vrai, c’est une réalité. Mais c’est tellement répandu dans le monde académique, notamment en médecine, qu’on s’étonne beaucoup de voir EP utiliser un tel argument. Ça ne peut pas être de la naïveté. C’est donc que sa réflexion est parasitée par une émotion. Cela traduit sa très forte animosité contre la personne de DR. Et c’est l’erreur de base qu’on fait énormément de personnes. Comment peut-on sérieusement prétendre analyser une crise sanitaire mondiale et discuter des politiques publiques à adopter en ayant une pensée à ce point polluée par des questions de personnalité individuelle ? C’est très mauvais intellectuellement. Et quand ce sont des sociologues qui pensent et agissent comme ça (et j’en connais beaucoup), c’est encore plus grave car c’est profondément anti-sociologique. Imaginez que je prenne position sur l’évolution des politiques de sécurité en France à partir de mon opinion sur la personnalité de tel ou tel grand chef de police. Ce serait ridicule. Donc, accuser DR d’être un affreux mandarin autoritariste est idiot : les facultés de médecine regorgent de mandarins. Les médias aussi d’ailleurs… C’est tristement banal et ça ne devrait pas être un argument.

L’histoire de « la gripette » est également très hypocrite. Oui DR a sous-estimé l’ampleur de l’épidémie et la virulence du Sars-Cov-2 au tout début du mois de février 2020. C’est vrai. Mais là encore, quelle hypocrisie de ne le reprocher qu’à lui alors que la quasi-totalité des commentateurs faisaient de même à ce moment-là. Il faut se souvenir que fin janvier 2020 la ministre de la santé, Agnès Buzyn, disait encore que le virus ne sortirait peut-être pas de Chine et l’OMS disait ne pas savoir si la transmission interhumaine était avérée. Le 10 mars 2020, le très médiatique médecin Michel Cymès déclarait encore dans l’émission Quotidien sur la chaîne TMC que« ça reste une maladie virale comme on en a tous les ans ». Bref, si la plupart des commentateurs se sont trompés au tout début de la crise, alors il est malhonnête intellectuellement de n’en faire reproche qu’à un seul.

Troisième erreur d’EP : DR n’a jamais dit ou écrit nulle part qu’il avait un remède « miracle » contre la Covid. Ce sont des formules de journalistes sensationnalistes, et EP devrait le savoir. DR a dit que le protocole de soins de l’IHU permettait de diminuer rapidement la charge virale et donc les risques d’aggravation de la maladie si on la traitait dès l’apparition des premiers symptômes. Et au-delà du protocole en question, il a surtout (avec d’autres, comme Christian Perronne) incarné la résistance de médecins à qui, pour la première fois de l’histoire, un gouvernement réputé démocratique a voulu interdire de soigner les gens (« Restez chez vous, prenez du doliprane »), ce qui a eu des conséquences mortifères terribles. C’était ça le débat de fond (que j’ai essayé de valoriser autant que j’ai pu) : comment soigner les gens pour réduire le nombre de malades et le nombre de morts ? Or, en concentrant toute son énergie à vouloir détruire la personne de DR, Mediapart a contribué de façon importante à empêcher la tenue d’un débat contradictoire sur cette question qui était pourtant cruciale. Il a ainsi été un des acteurs majeurs de la grande diversion que constitue à mon sens la « polémique Raoult » (voir le tome 1 de ma Doxa du Covid).

La réalité est que Mediapart n’a jamais investigué cette question [du vaccin], n’a jamais organisé le moindre débat contradictoire sur cette question et n’a jamais sorti la moindre information originale sur cette question

Edwy Plenel ne connaît pas les questions médicales et scientifiques concernées

Il est navrant d’entendre EP déclarer : « nous avons montré combien le vaccin restait la protection la plus sûre ». La réalité est que Mediapart n’a jamais investigué cette question, n’a jamais organisé le moindre débat contradictoire sur cette question et n’a jamais sorti la moindre information originale sur cette question. Mediapart a simplement repris à son compte ce que d’autres disaient. Sur ce sujet, il a fait état du même conformisme et de la même crédulité que les autres médias. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est encore une grosse erreur. Car, au fil des mois, tout ce que j’ai écrit avec mon équipe sur le sujet à partir de l’été 2021 se confirme. Je rappellerai au moins quatre choses.

1) La récente technologie de l’ARN messager n’avait jusqu’à présent été expérimentée sur l’homme que dans le cadre de traitements contre le cancer et avec des résultats plus que décevants. Des sociétés comme Moderna et BioNTech ont poussé depuis dix ans à son transfert vers la beaucoup plus lucrative et beaucoup moins légalement encadrée production de vaccins, mais cela n’avait jamais été testé sur les humains. Nous avons bien affaire à un produit expérimental et à une expérimentation à l’échelle mondiale. Et la moindre des choses aurait dû être d’adopter une attitude extrêmement prudente (principe de précaution). Hélas, EP est à l’image de toutes ces élites intellectuelles et politiques qui n’ont pas réellement de formation scientifique et qui invoquent « la Science » avec un S majuscule, comme on invoquerait un Dieu. C’est une posture idéologique. Cela s’appelle le scientisme. Or, la science ce n’est pas le scientisme. La science, c’est une démarche de recherche et de découverte progressive du réel, qui requiert de façon sine qua non la liberté d’investiguer, la liberté de s’exprimer et le débat collectif contradictoire. Le scientisme est un dogme, la science en est par définition le contraire.

2) Les industries pharmaceutiques ont des pratiques criminelles qui sont archi-connues, et Mediapart a eu à traiter plusieurs scandales sanitaires au fil des ans. Croire au miracle vaccinal de Pfizer et Moderna, au point d’empêcher même qu’on puisse avoir un débat contradictoire à ce sujet, est donc une naïveté et/ou un dogmatisme absolument confondants.

3) en 2021 et 2022, toute la propagande vaccinale a reposé sur un argument moral, la culpabilisation : « vaccinez-vous pour protéger les autres ». Or, nous avons écrit dès juillet 2021 qu’il était clair statistiquement que ces produits n’empêchaient nullement ni d’attraper et de transmettre le virus, ni de tomber malade du Covid par la suite (quel que soit le nombre de doses). Cela se voyait dans les données statistiques, tout simplement. Et c’est aujourd’hui une évidence empirique que personne ne peut contester. Du reste, Pfizer lui-même a reconnu devant le Parlement européen qu’il n’avait pas conçu son produit pour ça et qu’il ne l’avait jamais testé en ce sens. Ce discours moral repris en cœur par la quasi-totalité des médias reposait donc en réalité sur… du vent.

Je dirais à Edwy Plenel qu’il ferait bien de se poser de temps en temps deux ou trois questions sur son attitude durant la crise du Covid. On ne peut pas se gargariser de mots comme « liberté de la presse », « indépendance », « liberté d’expression » et en même temps avoir de tels partis-pris idéologiques et pratiquer une telle ostracisation et une telle censure des gens qui ne pensent pas comme vous

4) nous avons écrit dès août 2021 que toutes les bases de pharmacovigilance signalaient un nombre extrêmement élevé d’effets indésirables (EI) légers comme graves. Et là encore, ceci est une évidence que chacun peut vérifier et qui n’a fait que se confirmer depuis. Les EI graves sont désormais très documentés dans la littérature scientifique, qu’il s’agisse d’allergies sévères, d’hypertension, de dérèglements du système immunitaire (syndromes de Guillain-Barré par exemple), de thromboses, de dérèglements du cycle menstruel notamment chez les jeunes femmes, de maladies cardiaques (myocardites, péricardites) notamment chez les jeunes hommes, de la réactivation de cancers chez les personnes plus âgées, de paralysies et autres affections neurologiques… la liste est très longue. De fait, il est aujourd’hui établi dans la bibliographie scientifique que la protéine Spike passe dans le sang et se répand dans tout l’organisme. Et je redis ici que les lendemains seront très compliqués pour tous les journalistes qui, pour des raisons diverses, n’ont pas la présence d’esprit ou le courage de mettre un minimum à distance le narratif des industries et des gouvernements occidentaux. Ce dossier des effets indésirables graves des thérapies à ARNm va fatalement revenir sur le devant de la scène tôt ou tard, parce que la réalité ne pourra pas être cachée ou travestie éternellement.

Quand un défenseur auto-proclamé de la liberté la refuse aux autres

Pour finir, quand EP dit que « Laurent Mucchielli disait des choses radicalement fausses », on aimerait bien savoir lesquelles et pouvoir en discuter. Mais là encore, c’est typique d’un rejet global, par principe, qui révèle que derrière l’aspect intellectuel il y a une dimension subjective, émotionnelle ou idéologique. Il y a des choses que j’avais le droit de dire et d’autres que je n’avais pas le droit de dire parce qu’elles sont taboues. J’ai écrit deux livres, dont un avec 30 autres collègues chercheurs et médecins, qui donnent plus de 700 pages et plusieurs centaines de références scientifiques en bibliographie. Or je n’ai jamais lu nulle part une analyse de ce travail, même hypercritique. Encore une fois, il n’y a pas de débat contradictoire et pas d’échanges constructifs d’arguments. Il n’y a que des postures d’autorité et de l’ostracisation globale. Ce n’est pas sérieux intellectuellement et c’est très grave parce que le sujet est très grave.

Pour conclure, je dirais à EP qu’il ferait bien de se poser de temps en temps deux ou trois questions sur son attitude durant la crise du Covid. On ne peut pas se gargariser de mots comme « liberté de la presse », « indépendance », « besoin d’investiguer », « liberté d’expression », « protection des lanceurs d’alertes », « esprit critique », « surveillance de l’action des puissants de ce monde », etc., et en même temps avoir de tels partis-pris idéologiques et pratiquer une telle ostracisation et une telle censure des gens qui ne pensent pas comme vous, a fortiori lorsqu’ils se réclament par ailleurs exactement des mêmes valeurs que vous ! La moindre des choses serait d’accepter d’en discuter tranquillement avec eux. EP le refuse et, comme d’habitude, il le fait de surcroît en se posant en donneur de leçons. La réalité est que, face à la censure dogmatique de Mediapart, c’est un autre média indépendant, politiquement lui aussi très clairement de gauche, Quartier Général créé et dirigé par Aude Lancelin, qui m’a accueilli. Et elle ne l’a pas fait avant tout par adhésion enthousiaste à telle ou telle de mes analyses sur la crise du Covid, elle l’a fait par principe ou pour le principe. Je terminerai donc en disant simplement ceci à Edwy Plenel : affirmer à l’oral des grands principes, c’est très bien ; mais la seule chose qui révèle qui vous êtes, c’est la façon dont vous agissez lorsque vous êtes en situation. Et si vos actes ne sont pas en cohérence avec vos discours, alors il y a un problème.

Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS

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David Cronin, journaliste irlandais pour le site The Electronic Intifada, revient sur une guerre qui a débuté bien avant le 7 octobre 2023; l’occupation permanente de la Palestine par Israël, le génocide du 7 octobre, le rôle des États-unis et de l’Europe, le Hamas… Et l’avenir.

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KAIROS a croisé Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, à la rencontre parisienne des États généraux de la presse indépendante, le 30 novembre dernier. L’occasion de lui demander ce qu’il s’était passé avec Laurent Mucchielli, évincé du site de Mediapart: censure ou déontologie journalistique? Et de vérifier si la presse que Plenel chérit est véritablement « indépendante ».