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Welke lessen voor de toekomst kan ik trekken uit 20 jaar degrowth?

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À la suite de la lecture du livre de Nicholas Georgescu, Demain la décroissance : entropie-écologie-économie (1979), nous avons imaginé, Bruno Clémentin et moi, le concept de « décroissance soutenable ». C’était en juillet 2001. Nous ne reviendrons pas ici sur la suite. Si les débats au sein du mouvement de la décroissance sont vitaux, en revanche, ressasser le passé m’exaspère autant que ceux qui passent leur temps à réécrire l’histoire ou ceux qui se passionnent pour les querelles des micros-chapelles de décroissants. Ce qui nous a toujours intéressés est d’être tournés vers tous. C’est la raison d’être du journal La Décroissance et de sa diffusion en kiosque. Qu’en est-il 20 ans plus tard ? Ma première observation est que le mot décroissance n’a plus aujourd’hui la même force d’interpellation dans la société. S’il reste le « mot épouvantail » par excellence, une insulte dont s’accusent mutuellement tous les politicards, les coups de ce « mot bélier » pour faire une brèche dans la forteresse où s’est claquemurée la société de la croissance sont moins percutants. En 2 décennies, le mot s’est répandu, aidé par la réalité des crises. C’est aussi le signe paradoxal de sa victoire : son imprégnation se mesure à l’aune de son affaiblissement « perforatif » ! Cruelle conclusion pour les décroissants qui s’illusionnent en voyant dans l’effondrement l’occasion de réaliser leur fantasme de domination, aux misanthropes et vaniteux qui ânonnent : « Bien fait on vous l’avait bien dit ! » 

Mais c’est bien le propre de la décroissance que de reposer sur une série de paradoxes. Le premier d’entre eux est de réaffirmer à la suite d’Ivan Illich que le seul sentiment de toute puissance infantile peut nous laisser penser que nous avons une prise totale sur la marche de l’histoire humaine. Que « tout est politique ». Et que c’est justement cette toute-puissance qui nous a en grande partie conduits à l’effondrement écologique et humain. Au contraire, la décroissance invite à une certaine humilité. Sans cette dernière, impossible de transformer au mieux le monde. C’est en comprenant ma faiblesse que je deviens fort. Il faudrait être fou pour penser qu’en écrivant ces lignes derrière mon écran je puisse sauver le monde. Seulement puis-je peut-être lutter contre ceux qui croient véritablement pouvoir le sauver comme le directeur du WWF France qui au nom de l’écologie, la fin justifiant les moyens, légitime l’instauration d’un pass climatique sur le modèle du pass vaccinal[note]. 

Pour répondre à l’invitation de nos amis de Kairos, je voudrais saisir cette opportunité pour évoquer ce qui constitue pour moi LE grand « non-dit » de la décroissance. Il est des choses tellement énormes qu’on ne les voit plus. Pour l’exprimer, je vais m’appuyer sur une sortie de Thierry Ardisson. Nous n’insisterons jamais assez sur l’idée, surtout en ces temps de submersion par la propagande, que la vérité d’où qu’elle vienne reste la vérité. « Même au Diable il arrive de dire des vérités. Il ne faut pas sottement condamner des paroles à cause de celui qui les prononce » soulignait Saint Clément d’Alexandrie[note]. L’animateur de télé poubelle affirmait donc : « Fondamentalement, l’écologie et le capitalisme sont antinomiques. Le premier est synonyme de décroissance, et l’autre de croissance[note]. » Cet éclair de lucidité (lié à la cocaïne ?) exprime à mon sens le cœur de la problématique écologique, et plus profondément celle de la condition humaine. Elle sera la clé de voûte de ma réflexion. 

Giorgio Pratolongo

DISPERSER UN MAXIMUM D’ÉNERGIE 

Pour survivre, comme individu et comme société, nous devons « disperser un maximum d’énergie ». Je renvoie pour une explication scientifique aux travaux de l’astrophysicien François Roddier[note]. Pour l’exprimer simplement, à titre individuel, pour avoir le maximum de chance de se reproduire, l’homme doit montrer sa capacité à disperser de l’énergie. L’argent, une Porsche ou un diamant ont cette fonction symbolique. Face à ses concurrents, l’homme démontre à la femme qu’il est « plein d’énergie », et qu’avec lui, elle sera en sécurité pour se reproduire. Ce qui est parfaitement légitime de la part de cette dernière alors qu’elle est, face à lui, en situation de faiblesse dans la nature ; c’est elle qui porte le bébé et les seins pour l’allaiter. Je vois ton sourire cher lecteur. Car, bien entendu, cette réflexion simplissime, qui semble tirée de la sociologie désespérée d’un ado, ne peut que déclencher une réflexion gênée de la part de la majeure partie d’un auditoire. Mais il est des évidences tellement énormes qu’il est quasiment impossible pour toute une partie d’entre nous de les entendre énoncer. D’où les réactions de parler sur le locuteur pour qu’il arrête le supplice, la récusation moqueuse… Ce renvoi aux fonctions archaïques de notre condition ne peut en effet qu’atteindre l’image magnifiée que nous avons de nous-mêmes. Il n’empêche que ces réactions peuvent être parfois utiles, voire salutaires. Toutes les vérités ne sont pas toujours bonnes à dire ; le vrai ne se confond pas toujours avec le bien. 

Cette contrainte à la dispersion d’un maximum d’énergie est tout autant valable comme groupe humain : pour survivre dans la guerre économique, comme dans les guerres tout court d’ailleurs, il faut disperser un maximum d’énergie, c’est-à-dire… mener des politiques de croissance c’est-à-dire accroître sans cesse la production de biens et de services. À cette fin, il faut faire tomber tout ce qui l’entrave. L’application politique en est l’idéologie libérale et son double mouvement bien mis en lumière par Jean-Claude Michéa : « Le libéralisme économique intégral (officiellement défendu par la droite) porte en lui la révolution permanente des mœurs (officiellement défendue par la gauche), tout comme cette dernière exige, à son tour, la libération totale du marché. » Nous sommes ainsi progressivement plongés dans des sociétés dont le fondement devient le refoulement, la transgression et la destruction de toute limite. Bien évidemment les idéologues du libéralisme-libertaire pensent développer une philosophie alors qu’ils ne font que prêcher l’application des lois de la biophysique au politique ; en gros la loi du plus fort ; « struggle for life » ; la loi de la jungle. Ce discours trouve sa légitimité selon lequel son refus ne peut conduire qu’à se faire dévorer. Et les quelques niches qui seront invariablement citées en contre-exemple n’invalident bien sûr pas ce principe général. 

On ne lit jamais ses contradicteurs, même ceux qui semblent les plus claquemurés dans un esprit de système qui les conduit à ne pas supporter la moindre contradiction. Ainsi le chantage des techno-prophètes du transhumanisme est invariable : si nous n’acceptons pas de franchir certaines barrières éthiques, d’autres, moins à cheval que nous sur les principes, s’y livreront allègrement et nous dévoreront. Dans ma jeunesse, c’était déjà la moquerie adressée au ministre de la défense mitterrandien, Charles Hernu (1923-1990). Pour légitimer les exportations d’armes d’un gouvernement de gauche, il rétorquait par la sentence : « Si ce n’est pas moi qui le fais, ce sera alors un salaud de droite ». C’est tout le sens du chantage permanent de Messieurs Luc Ferry ou Laurent Alexandre : « Les progrès en neurosciences, explique ce dernier, posent la question philosophique de ce qui fait la spécificité de l’humanité en abolissant deux limites réputées infranchissables : celle qui nous sépare des animaux, avec le neuroenhancement, c’est-à-dire l’amélioration cognitive, et celle qui nous distingue des machines, avec l’IA [l’intelligence artificielle]. (…) Peut-on laisser les Chinois fabriquer des chimères homme-singe ou faut-il protester vigoureusement ? En réalité, les transhumanistes chinois hausseront les épaules si nous réagissons[note]. »L’idée que la liberté de conscience nous oblige à discerner le bien du mal, le vrai du faux et le beau du laid, fait sourire notre esprit utilitariste. Selon sa formule, le cerveau n’est qu’un « ordinateur fait de chair ». La menace de tous les Laurent Alexandre est donc claire : « Si nous ne réagissons pas, nous allons finir comme une colonie technologique dans les mains des géants du numérique sino-américains[note] ». Leur conclusion est implacable ; abolir le reste des vieilles barrières morales qui entravent notre marche vers le Progrès est une urgence pour survivre dans la compétition mondiale. Ce chantage des transhumanistes peut nous paraître odieux, mais il contient sa part de vérité. Car l’enjeu essentiel, essentialiste, est bien là : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour survivre dans la compétition mondiale ? 

DISPERSER UN MINIMUM D’ÉNERGIE 

De l’autre côté, pour sauvegarder son environnement, l’humain doit donc faire exactement l’inverse, c’est-à-dire « disperser un minimum d’énergie ». Même quand on se défonce dans un champ avec une bêche pour ne pas avoir recours à un motoculteur, c’en est bien le sens. Il s’agit bien ici de se poser des limites. À tel point qu’une des formules les plus célèbres de Freud est que « la conscience est la conséquence du renoncement aux pulsions. » Selon le père de la psychanalyse, plus le niveau de société est élevé, plus l’individu accepte de contraintes. Mais la conséquence en est l’augmentation des névroses. Nous l’observons tous : les individus très cérébraux que nous croisons dans le monde intellectuel ont la tendance naturelle à négliger ce qui relève de la matérialité, de vivre « dans leur nuage ». Comme la tendance inverse existe au moins autant. 

LA DÉCROISSANCE, UNE SYNTHÈSE 

Même si nous ne le théorisons pas, nous sommes bien plongés dans ce dilemme, peinant à tenir les deux bouts. Nous observons de manière aiguë actuellement cette contradiction : pour faire face à la pénurie énergétique et « sauver le climat », des instances gouvernementales nous enjoignent à réduire d’urgence notre consommation[note], mais d’un autre côté, le Gouvernement est totalement effrayé par cette perspective. Il s’agit au contraire pour lui que la consommation énergie (donc sa dissipation) soit maximale pour survivre dans la guerre économique. Dans sa Lettre aux Français du 3 mars 2022, le Président de la République indiquait : « Pour ne pas nous laisser imposer par d’autres les technologies qui rythmeront demain notre quotidien, il nous faudra aussi continuer d’investir dans notre innovation et notre recherche afin de placer la France en tête dans les secteurs qui, comme les énergies renouvelables, le nucléaire, les batteries, l’agriculture, le numérique, ou le spatial feront le futur et nous permettront de devenir une grande Nation écologique, celle qui la première sera sortie de la dépendance au gaz, au pétrole et au charbon. » Ici, bien paradoxalement encore, l’écologie sert de prétexte de relance à l’expansion maximale. 

D’où la contradiction qui s’exprime quand l’État tente de nous rassurer en affirmant, à travers son Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), que « la sobriété n’est pas synonyme de décroissance » (22 mars 2022). On aboutit ici à une « double injonction matrice de la folie alors qu’au contraire nous devrions intégrer raisonnablement le principe de cette tension contradictoire. Cette dialectique est à l’image de notre condition humaine : sans réponse définitive. Nous sommes donc condamnés à chercher perpétuellement un équilibre. Face à cette difficulté la tentation permanente est l’« esprit de système ». Il consiste à refuser l’altérité du monde ; à ne juger que la thèse recevable et en diaboliser parallèlement l’antithèse. La première est assimilée au Bien comme la seconde au Mal. L’argumentaire récurrent pour défendre cette idée fermée, à nouveau bien paradoxal, est le refus du « dualisme ». Mais cet esprit de système conduit inéluctablement au monisme, c’est-à-dire à un monde indifférencié. 

Face à l’esprit du temps, soyons punk et tendons le bâton pour nous faire battre : citons la Bible. Dans la Lettre de Saint-Paul aux Corinthiens, l’apôtre dit : « Frères, j’aimerais vous voir libres de tout souci. Celui qui n’est pas marié a le souci des affaires du Seigneur, il cherche comment plaire au Seigneur. Celui qui est marié a le souci des affaires de ce monde, il cherche comment plaire à sa femme et il se trouve divisé. La femme sans mari, ou celle qui reste vierge, a le souci des affaires du Seigneur, afin d’être sanctifiée dans son corps et son esprit. Celle qui est mariée a le souci des affaires de ce monde, elle cherche comment plaire à son mari. C’est dans votre intérêt que je dis cela ; ce n’est pas pour vous tendre un piège, mais pour vous proposer ce qui est bien, afin que vous soyez attachés au Seigneur sans partage. » C’est bien ce dilemme premier qui est exprimé ; celui entre la nature et la liberté. La liberté entendue, non pas comme droit de faire n’importe quoi, mais responsabilité de discerner et choisir. La nature entendue ici, elle, comme le « capitalisme », c’est-à-dire dans le sens de la compétition pour la survie[note]. Nul n’échappe à la compétition entre les êtres humains et les plus dupes sont ceux qui le nient selon la loi psychologique de base selon laquelle on mesure le degré d’aliénation d’un individu à son illusion de liberté. Même dans les groupes les plus collaboratifs les hommes sont en concurrence pour s’attribuer les belles femmes. C’est la loi archaïque fondamentale de notre condition humaine. Pour nous reproduire, nous sommes en compétition, quel que soit le régime politique. Cette compétition archaïque, je vais l’assimiler ici à une forme de capitalisme anthropologique. Je la distinguerais de l’autre signification du capitalisme, que je combats naturellement : celui d’une société inversée où la loi de l’argent est première. C’est là le combat premier de la décroissance qui motive tout mon engagement. 

Toute l’œuvre de Bernard Charbonneau est traversée par l’intégration de cette dialectique : « D’un côté le constat de la nécessité, de l’autre l’idéal de liberté qui pousse à la refuser pour s’humaniser. Pourtant, à elle seule, la réalité n’a aucun sens, de même que l’idéal s’il est irréalisable. » Je recommande particulièrement sur ce sujet son chef-d’œuvre littéraire Je fus (1950) : « Donc, en tous domaines, le devoir fondamental est de supporter la déchirure qui nous travaille. Si en nous l’esprit s’est enfin distingué de la matière, c’est parce qu’il tend à s’y incarner. L’idéal et le réel ne sont que les deux termes d’un seul ensemble dont chacun est l’arbitre. » Je fais totalement mienne la conclusion de ce géant précurseur de la décroissance : « L’écologie […] ne défend pas la nature ou la liberté, comme serait tenté de le faire sa droite naturaliste ou sa gauche gauchiste, mais la nature et la liberté. Ce paradoxe qui fait sa richesse et sa vie lui interdit de se fixer en idéologie[note]. » 

C’est ce que j’aimerais transmettre aux jeunes qui prennent la suite et le relais pour défendre la décroissance. Le pire serait qu’elle devienne une forme d’obscurantisme, comme l’est actuellement l’idéologie de la croissance, le scientisme, le libéralisme ; la société de l’illimité dans tous les domaines, l’économie, la culture ou les mœurs. C’est-à-dire un fondamentalisme qui n’accepte pas sa contradiction. 

Avant d’être une philosophie politique reposant sur l’idée de « moins mais mieux », de « Lentius, suavis, profondius », la décroissance est donc une invitation au débat, à la dialectique, à penser que si des fois nous avons besoin de « plus », le moins est tout aussi légitime à rappeler, a priori dans notre contexte de pays riche surdéveloppé. Rien ne m’effraye davantage que d’entendre la décroissance instrumentalisée par des démagogues promettant le beurre, l’argent du revenu inconditionnel et le sourire du dealer de cannabis. La démagogie est toujours le masque aguichant du séducteur pervers qui cherche la domination. Aussi, avant de promouvoir la décroissance, nous devrions commencer par nous forcer à trouver et défendre les bons arguments en faveur de la croissance. Et le jour où la décroissance sera aussi omniprésente que la croissance dans les médias, imaginer monter un journal au nom de cette dernière. On a encore de la marge ! 

Je vais faire de la publicité au roman (excellent) de mon frère Denis, Tu crèveras comme les autres[note]. Dans son Road book apocalyptique, il y décrit un héros qui abandonne petit à petit tous ses principes pour survivre. Il délaisse progressivement sa liberté au profit de la nature. Il perd son âme au fur et à mesure qu’il sauve sa peau. Il renonce à ce qui spécifie son humanité pour se transformer en fauve. Il choisit d’être un mort-vivant plutôt qu’un vivant mort. 

Voilà le questionnement auquel nous renvoie la véritable décroissance, pas à celui de promettre aux gogos de sauver le monde contre leur vote. Le destin de la décroissance donc est bien celui-là : accepter d’être du « parti des perdants », c’est-à-dire de ceux qui ne sont pas prêts à renoncer à la morale pour survivre. Faut-il s’en décevoir ? Non. D’abord ce serait une preuve de folie que de promettre de sauver le monde, même si bien évidemment toutes les améliorations sont essentielles à mettre en œuvre. Ensuite, et à condition d’appliquer cette volonté, tenter de sauver la liberté est un but plus sage donc plus grand que celui de sauver la nature. « Un homme n’est libre, écrit Alexandra Laignel-Lavastine, debout et donc Vivant, au sens fort du terme, que s’il consent à se demander pourquoi – pour quels principes, quels idéaux, quel bien supérieur – il serait prêt, le cas échéant, à engager sa vie et à risquer un peu sa sacro-sainte santé. À moins, nous sommes déjà morts. N’est sacré, en cela, que ce pour quoi on serait éventuellement prêt à sacrifier et à se sacrifier, donc à surmonter notre asservissement au vivre pour vivre. Tout ce qui est grand en l’homme dérive de cette disposition d’âme[note] »

Vincent Cheynet, fondateur du journal La Décroissance 

Refaire la Cité, sans eux…

C’est Jaime Semprun qui avait inversé la phrase « Quel monde allons-nous laisser à nos enfants » par « Quels enfants allonsnous laisser à notre monde ». Il avait au fond raison. À demeurer à genoux, nous demeurons des esclaves, laissant les puissants debout. Ce n’est pas nouveau, nous avons troqué depuis longtemps notre liberté contre centres commerciaux et vacances en avion et accepté de sacrifier nos vies dans des bullshit job dans l’illusoire attente d’une pension à 67 ans. À ceux qui me disent d’aller voir en Corée du Nord lorsque je leur dis que nous ne sommes pas en démocratie, je rétorque qu’il y a différents niveaux de dictature, dépendant de la longueur de laisse que le pouvoir daigne nous accorder pour autant que nous le laissions tranquille. La répression féroce des Gilets Jaunes en constitue la preuve : ceux qui remettront en cause le pouvoir central seront réprimés sans vergogne. De même, ceux qui nous demandent d’aller voir en Corée du Nord acceptent sans broncher que, dans leur pays, on suspende des soignants qui refusent de se faire injecter un produit expérimental. D’autres se font piquer pour aller au cinéma ou une semaine en All inclusive, alors qu’ils n’avaient aucun risque de mourir du Covid. Soit, ce monde était malade bien avant mars 2020 et ses sujets atomisés prêts à accepter tout ce que l’État central allait leur demander. Soumission à l’autorité et conformisme constituaient déjà les attitudes principales de nos sociétés désunies. Il faudra donc se ré-unir, mais à certaines conditions, dont les deux plus importantes sont de sortir du spectacle dans lequel on a été plongé, et de ne plus croire que ceux qui nous dirigent nous veulent du bien. Les politiques ont laissé la misère se répandre, favorisé des écarts de richesse ignobles, détruit la nature. Peut-on alors s’étonner qu’ils aient unanimement appliqué les règles du Forum de Davos et de Mc Kinsey ? Ils n’ont donc aucune légitimité. Parler d’eux et jouer dans le spectacle médiatique de leur fausse différence, c’est déjà leur donner du crédit. Attendre que le changement vienne d’eux nous assure la continuité du pire. Comme disait Coluche avec intelligence, si voter changeait quelque chose, cela fait longtemps que ce serait interdit. Il ne nous reste donc qu’à désobéir, dire non, ne pas se laisser hypnotiser par les fausses luttes, ces palliatifs qui nous endorment en accompagnant le système , s’unir au-delà de désaccords de surface, accepter que l’on perdra en confort matériel pour mieux nous retrouver. C’est sans doute la dernière chance. * 

Alexandre Penasse 

* Allocation faite dans le cadre du Mégathon. 

Waarom ontgroening?

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Noir&Clair

La civilisation occidentale mondialisée a atteint un point de rupture qui ne tardera plus à se manifester sous une forme insurrectionnelle – à moins que des réformes radicales ne soient promptement mises en œuvre. Encore faudrait-il identifier la source des différentes crises qui convergent à l’heure actuelle et en déduire un modus operandi[note]. Trois questions devraient être systématiquement envisagées ; nous n’esquisserons que la première. 

Primo, la crise globale systémique étant une crise de la croissance autant que celle des ressources et de la spéculation, nous avons maintenant le choix entre subir une sévère récession ou adopter la décroissance et ses idéaux subsidiaires que sont la simplicité volontaire et la transition. 

Secundo, cette crise est une crise du pouvoir, c’est-à-dire une crise de sadisme ; seule l’anarchie (au sens de Proudhon) pourrait nous venir en aide[note]. 

Tertio, le pilotage de la crise demande à être réformé : sans un retour de la culture, et tout particulièrement de l’idéal de la démocratie participative, les politiques terroristes visant à instaurer un totalitarisme numérique et sanitaire se poursuivront. 

Selon les exigences de l’agenda médiatique, on nous parle tour à tour d’une crise sociale, économique, financière, énergétique, écologique, climatique, démographique, géopolitique, technoscientifique, culturelle, sanitaire, voire idéologique. L’écologie politique insiste, disons depuis avril 1968 (avec la création du Club de Rome) et mai 1968 (à l’occasion des « événements »), sur la finitude de notre monde et sur la nécessité de réformer nos pratiques économiques afin d’intégrer ce paramètre fondamental, car intangible. Depuis le Rapport Brundtland (1987), on parle plus volontiers de (l’impossible) « développement durable », tandis que les plus hardis en appellent à la décroissance, à la transition urbaine et à la simplicité volontaire (Richard Gregg, dès 1936, après Gandhi, les philosophes cyniques, etc.). 

L’appel à la décroissance ne peut toutefois être que paradoxal et contradictoire. Du point de vue existentiel, la Vie, en tant qu’elle est biologique et spontanée, n’est en effet qu’un immense appel à la croissance, au dépassement, à la créativité. Du point de vue du vécu, la quotidienneté nécessite, dans une certaine mesure, l’accumulation et la propriété, qui est du coup reprise dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (parler de « possession » aurait été plus idoine). Du point de vue de la vulgate capitaliste, une économie saine et équitable ne peut être qu’en croissance. Le paradoxe est donc le suivant : au nom de l’élan vital, au nom des conditions de possibilité de la vie quotidienne et au nom de la santé de l’économie démocratique, il faudrait promouvoir la décroissance. Mais cet appel est au surplus contradictoire parce qu’en portant sur le fondement du capitalisme – l’économie en tant que pilote de la technoscience qui est elle-même socialement transformatrice –, l’attaque ne semble pouvoir éviter de se produire sur le terrain de prédilection de l’adversaire, ce qui lui permet de déjouer très efficacement l’argumentation qui lui est opposée. C’est très précisément ce qui s’est passé dès 1972. 

Le climat serait dérégulé, les gaz à effet de serre (GES) devant être incriminés ? Qu’à cela ne tienne, on peut « technomoduler » le climat, par exemple en capturant les GES dans des sites géologiques appropriés. Famine et désolation ne manqueront pas de s’installer dans les contrées refusant le contrôle des naissances… à moins qu’elles n’investissent dans les OGM. On s’inquiète des conséquences du pic pétrolier, de l’impraticabilité des agrocombustibles, de l’impossibilité de retraiter les déchets radioactifs ? Voici le réacteur électronucléaire sous-critique au thorium, alimenté en neutrons rapides par un cyclotron. Et ainsi de suite. 

Certains croient pourtant pouvoir s’en remettre à l’argument-obus de la finitude de notre monde : la croissance infinie n’est-elle pas un mythe dans un monde fini ? Certes oui du point de vue du sens commun, mais absolument pas du point de vue de la technoscience et de son pilote capitaliste. Du point de vue de la technoscience, et, répétons-le, c’est elle qui donne des ailes au capitalisme depuis 1780, notre monde n’est pas fini. Et il ne l’est pas plus du point de vue de l’accumulation du capital. 

Les deux infinis principaux auxquels nous avons affaire sont microscopiques et cosmologiques. Le monde bio-nano-technologique, baptisé théoriquement par Richard Feynman en 1959, puis par Eric Drexler en 1986, et mis en œuvre pratiquement en 2000 avec les travaux de Gardner et de Collins (sur les bactéries contrôlables par interrupteur) annule une première fois cette intuition du sens commun. De même, le monde cosmologique (l’univers infini « découvert » par Galilée en 1610) est en demande de territorialisation depuis que la conquête spatiale est devenue une réalité. C’est ainsi que retentissent depuis 1961 – alors que Youri Gagarine retrouvait le plancher des vaches – des appels à la terraformation de planètes du système solaire ou même d’exoplanètes (par exemple par Carl Sagan) et à la colonisation de la galaxie (par Stephen Hawking). L’univers témoigne, comme le rappela encore Neil Armstrong en juillet 1999, soit 30 ans après son alunissage, de l’infinité des opportunités. Nous ne sommes pas enchaînés à jamais sur la Terre, une nouvelle vie nous attend ailleurs ! De fait, il est de plus en plus fréquent de lire qu’une nouvelle planète susceptible d’accueillir le genre humain lorsque la Terre sera inutilisable (disabled) a été découverte dans notre galaxie, autant dire la porte à côté. 

Du point de vue de la technoscience, on le sait, il n’existe jamais aucun problème, uniquement des solutions. Du point de vue du capitalisme, on devrait le savoir, ces problèmes, quels qu’ils soient, ne constituent pas uniquement le prétexte à la mise en œuvre de nouvelles technologies, ils définissent également de nouveaux marchés lucratifs et de nouvelles possibilités spéculatives (pensons simplement à la fonte de la calotte polaire qui permettra l’ouverture de nouvelles routes maritimes, l’accès à d’immenses ressources géologiques et la redéfinition des objectifs géopolitiques, c’est-àdire militaires). 

En somme, seul le monde profane de la vie croit à la finitude ; le monde sacré de la science connaît l’infini sur lequel la vie repose et l’infini auquel elle aspire : la conquête nanotechnologique et la colonisation spatiale. Si le paradigme technoscientifique est totalement cohérent et manifestement applicable, cela ne veut pas dire bien sûr que cette cohérence et cette applicabilité soient politiquement optimales : l’optimum est parfois local, jamais global. Penser ensemble la crise globale systémique et les vertus de la décroissance à partir de la finitude de notre environnement nécessite donc un pas de côté. Le seul point de vue raisonnable sera radical, il posera la question de la racine des manifestations critiques, et celle-ci est politique. L’enjeu n’est pas économique, technoscientifique ou idéologique, mais véritablement existentiel : assurer à toutes et à tous une vie digne d’être vécue, une vie que les philosophes appellent souvent « authentique »

Or, questionner les conditions de possibilité de l’authenticité exige de reprofiler les habitus politiques. Les conditions de possibilité de l’authenticité de la vie humaine, en tant qu’elles doivent garantir à la fois la liberté individuelle et la solidarité communautaire, nous renvoient bien directement à la question de l’agir politique. Deux problèmes deviennent alors obvies : d’une part, le monde politique n’existe plus que comme miroir sans tain des intérêts économiques ; il ne représente plus les acteurs sociaux, mais uniquement des enjeux de caste. Il suffit de contempler ses caractéristiques principales – professionnalisation, particratie, lobbyisme, populisme… – pour s’en convaincre. D’autre part, cette phagocytation du politique par l’économique produit, par le truchement de la technocratie (les individus sont envisagés à l’aide de classes abstraites), du consumérisme (on est ce que l’on consomme, ni plus ni moins) et de la technoscience (on n’utilise plus d’outils adaptés à nos besoins ou même des machines prolongeant nos désirs, mais on est affligé de machines-outils exigeant notre adaptation), des conséquences inouïes sur les conditions de vie, et de plus en plus souvent de survie, de nos contemporains. 

L’argument s’en trouve simplifié : il invite à prendre conscience de l’aliénation technique et de l’emprise funeste de la technologie sur sa vie. Avant Darwin et la révolution industrielle, le phénomène humain n’avait pas de passé, mais un futur ; maintenant, il a un passé, mais plus de futur. La crise racine est politique, car c’est dans le champ politique que se trouvent à la fois les caractéristiques les plus douloureuses de la crise et ses solutions véritables. Concédons-le : la contemplation des deux infinis convainc généralement, mais elle ne persuade pas pour autant et il est bon de prendre acte de la logique du système qui, en fait, n’a plus besoin de nous en tant qu’acteur digne (au sens kantien). 

Le nouvel « humanisme » est un « transhumanisme » : si le futur a besoin de nous (ce qui n’est pas sûr[note]), c’est sous la forme d’un cyborganisme. Déjà Donna J. Haraway, Raymond C. Kurzweil, Kevin Warwick, parmi d’autres luminaires, veulent être un cyborg. Mais est-ce bien nouveau ? Timothy F. Leary, en proposant dans les années 1970 son programme S.M.I.L.E (acronyme de Space Migration, Increased Intelligence, Life Extension), prenait pour argent comptant les intuitions aussi visionnaires que cyniques de Philip K. Dick, publiées dès 1950. La littérature dite « cyberpunk » devrait être lue par les technoptimistes qui s’ignorent. 

En conclusion, si le seul problème est politique, s’il n’est finalement ni environnemental, ni économique, ni démographique, il ne peut être résolu dans le cadre « démocratique » actuel. Dans la pratique, il importe de se référer à l’expérience concrète plutôt qu’à sa théorisation. Les efforts de conceptualisation qui sont souvent exigés avant de se lancer dans l’action politique risquent de reporter celle-ci aux calendes grecques. À bien y regarder, il n’est pas possible, ni même souhaitable, d’établir a priori un programme politique exhaustif avant de se décider à faire tomber la tyrannie capitaliste. Il faut d’abord mettre l’imposture néolibérale en liquidation. Le seul ennemi à affronter est le capitalisme génocidaire ; il n’est pas utile de s’éparpiller dans des questions de détail. On peut toutefois rester optimiste, car le lecteur attentif de la Constitution constatera que des réformes proprement révolutionnaires sont possibles sans la remettre en cause de quelque manière que ce soit. 

Michel Weber 

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Philippe Debongnie

Tout « (re)monte », de nos jours, les courbes de contamination comme l’extrême droite ! Ressassée dans les médias et les conversations, la « montée de l’extrême droite » est un cliché mondain, un clin d’œil attristé entre démocrates inquiets, enrobé d’une réflexion paresseuse. Ici encore, c’est la confusion. Une question fondamentale à se poser est celle-ci : que signifie être d’extrême droite, de nos jours ? Tentons l’exercice : éprouver de la nostalgie pour le Troisième Reich, le pétainisme ou le franquisme ? Se délecter en regardant Nuit et brouillard ? Voter pour le Vlaams Belang ou le Rassemblement national ? Préférer le viril Poutine ou le délicat Zelensky ? Aller à la messe à l’église de Saint-Nicolas du Chardonnay à Paris ? Lire Valeurs actuelles ou Éléments ? Être un fervent défenseur du capitalisme ? Être un fervent anticapitaliste ? Critiquer les antifas et leurs méthodes ? Défendre l’État de droit et les libertés ? Préférer celles-ci à la sécurité ? Refuser les injections expérimentales de Big Pharma ? Oser évoquer un totalitarisme hygiéniste qui nous tombe dessus ? Manifester contre le gouvernement, ou au contraire rester dans son gourbi à prier ou à méditer ? Être un adepte du développement personnel ? Adhérer à la théorie du complot ? Se plaindre de la corruption systémique ? S’inquiéter de l’arrivée rampante du crédit social à la chinoise dans nos contrées ? Détester Klaus Schwab et ses Young Global Leaders ? Dénoncer l’influence de McKinsey dans les décisions politiques ? Se montrer sceptique vis-à-vis des experts de plateau ? Dire du mal des médias dominants ? Continuer à reconnaître la sexuation homme/femme ? Ne pas s’enthousiasmer pour le wokisme et le multiculturalisme ? Ignorer l’écriture inclusive en rédigeant son article ? Préférer la campagne à la ville ? Être en faveur de l’allaitement et de l’accouchement à domicile ? Aimer le pain, le vin et le fromage ? Se raser le crâne pour aller à un concert de Rammstein ? Cette liste à la Prévert est à compléter… Il y a fort à parier que chacun d’entre vous s’y reconnaisse en partie et en conclue qu’il est parfois « d’extrême droite ». Faudra-t-il bientôt un algorithme dédié pour trancher la question ? En attendant, nous ne pouvons nous fonder que sur les opinions. Et certains placent le seuil de tolérance excessivement bas. Dans quel but ? Apparaître comme politiquement très perspicace ? Se décerner un brevet de bonne moralité ? Montrer qu’on est un « pur » qui ne fait aucune concession à la bête immonde ? Ou pire, donner un coup de pouce aux pouvoirs en place qui ne ratent pas une occasion d’inquiéter la population avec la montée de l’extrême droite, face à laquelle ils constitueraient le seul rempart ? 

Inversement, qu’est-ce qu’être antifasciste, de nos jours ? Surfer 7/7 24/24 sur la « complosphère » pour y traquer le facho, pratiquer le doxxing[note], la délation et le cyber-harcèlement ? Pour les têtes brûlées, molester les fachos dans l’espace public ? Faire systématiquement corps avec les autorités politiques pour barrer la route au « populisme », tout récemment en reconduisant Jupiter-le moindre-mal à la tête de la France ? Aller chahuter les conférenciers « confusionnistes » ? Surenchérir dans le puritanisme panmédicaliste ? Ou plutôt tourner son regard vers le sommet de la pyramide sociale, là où les fachos sont diplômés, habillés de marques et roulent en BMW ? À chacun son antifascisme, camarades antifas ! Prenons un exemple tiré de l’actualité. En Ukraine, il est avéré que le régiment Azov, truffé de néo-nazis, collabore avec le ministère de l’Intérieur. La propagande de l’OTAN ayant univoquement pris le parti de l’Ukraine en fermant les yeux sur Azov, comment allez-vous vous positionner ? Contre le dictateur Poutine qui a juré de « dénazifier » l’Ukraine ou contre le démocrate Zelensky et ses copains d’extrême droite ? À qui apporterez-vous un soutien stratégique et temporaire ? Comment dans ce cas « ne pas faire le jeu des fachos » ? Allez-vous renvoyer les deux camps dos à dos ? À vos contorsions argumentatives ! 

Où faut-il voir la fraction la plus dangereuse et agissante de l’extrême droite ? Certainement pas dans les groupuscules, qui n’en représentent que l’écume « folklorique » et politiquement inoffensive. Faut-il rappeler qu’ils n’ont aucun pouvoir décisionnel, et ne sont pas prêts d’en avoir ? Regardons donc ailleurs, dans deux directions. D’abord, paradoxalement vers l’extrême centre[note] de l’échiquier politique. Ce que nous apprennent les pratiques depuis le retour du néolibéralisme, c’est que la démocratie représentative est compatible avec les profils et agissements anti-démocratiques : quand le président de la République Nicolas Sarkozy fait ratifier le traité constitutionnel européen à l’Assemblée nationale, alors que le peuple français l’avait rejeté par référendum ; quand son successeur le manager de la République Emmanuel Macron décide de confiner ses 67 millions d’administrés au printemps 2020, puis annonce vouloir « emmerder les non vaccinés » ; quand le Premier ministre Alexander De Croo ment en direct sur un plateau de télévision (« Un seul cas d’effet secondaire du vaccin en Belgique » !) et fait tout pour censurer la voix de Kairos lors des codeco ; quand le ministre de la santé, le socialiste Frank Vandenbroucke, s’acharne à vouloir piquer les soignants en période de recul pandémique ; quand le chef de l’exécutif canadien Justin Trudeau bloque le compte en banque des opposants à sa folie covidiste. Etc. Ces manières de faire peuvent sans problème être qualifiées a minima de droite, voire d’extrême droite, n’en déplaise aux ingénus qui se rassurent en ne voyant là que des petites dérives autoritaires passagères — du reste tellement nécessaires pour endiguer l’épidémie — qui seront tôt ou tard résorbées par nos solides institutions démocratiques (sic). Nous les renverrons à la lecture de La dictature, où Carl Schmitt nous apprend qu’il n’y a pas une seule forme de dictature, mais plusieurs, à des degrés d’intensité différents. 

Ensuite, tournons notre regard vers les non élus : lobbies, fondations, cercles patronaux, think tanks et autres fonds d’investissement. Les exemples abondent là aussi. Dès 1987, la Table ronde des industriels européens (European Round Table) manifestait son désir de mettre la main sur l’enseignement public[note]. Une trentaine d’années plus tard, avec l’aide de l’OCDE puis de McKinsey, la mission est de mieux en mieux accomplie, du Pacte d’excellence à la numérisation à marche forcée des écoles. Les professeurs ne sont pas encore payés au mérite, mais cela ne saurait tarder ! Dans les années 2000, Henry Kissinger reconnaissait que le groupe Bilderberg, dont il est membre, exerce un pouvoir occulte dans la marche du monde (tiens, ce ne serait pas un peu conspirationniste, ça ?). Parmi ces institutions non démocratiques, n’oublions pas la Commission européenne, dont la patronne Ursula von der Leyen traite les contrats avec Pfizer par textos et appelle à abroger le code de Nuremberg, cet encombrant document qui empêche toujours d’injecter de force les ressortissants de notre beau continent, berceau de la philosophie et de la démocratie. 

La « montée de l’extrême droite » est l’épouvantail qu’agitent l’oligarchie mondialiste et ses affidés élus devant le nez des masses pour se maintenir au pouvoir, en clamant, lorsqu’ils sont le dos au mur, « avec eux, ce serait pire ! ». Pour la troisième fois consécutive (après 2002 et 2017), cela a encore marché en France, qui vient d’en reprendre pour un lustre de macronisme, cette idéologie qui gère la nation comme une entreprise. En ayant dissimulé certains traits trop saillants de son corpus doctrinal (racisme, antisémitisme), cela fait longtemps que l’extrême droite est montée au pouvoir, sous le nom de néolibéralisme. Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats : « Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun[note] ». Autant le savoir et agir en conséquence. 

Bernard Legros 

Het grote keerpunt: ontgroening of oosters despotisme?

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Je m’intéresse à la critique de la société industrielle depuis les années 1970, à la décroissance depuis 2005. Comme toutes les personnes de ma génération, j’ai pu constater l’échec politique de ces mouvements, mais pas dans le même contexte. Nous pensions changer le monde dans les années 1970, or nous avons assisté à la victoire totale du capitalisme sur toute la planète, alors que le mouvement de la décroissance est né et s’est développé dans un capitalisme en crise. La décroissance existe bien, mais si faible ; pourtant, la crise écologique et sociale est certaine. Néanmoins, « nous ne croyons pas ce que nous savons » (Jean-Pierre Dupuy, 2004). Nous nous heurtons non seulement au mur des limites physiques de la Terre, mais d’abord aux limites de l’imaginaire. Cette situation risque de déboucher sur une techno-décroissance, une sorte de « despotisme asiatique ». 

Pascale Vanhal

1) L’ÉCHEC POLITIQUE DE LA DÉCROISSANCE 

Il est difficile de mesurer le progrès de la décroissance au niveau politique. Il fait des apparitions au niveau national ou local depuis le début du XXIe siècle, mais en général le nombre de suffrages a toujours été anecdotique et n’a jamais beaucoup changé. Son seul succès fut de faire entendre une critique de la société industrielle. Les temps sont durs pour les opposants radicaux, il n’y a plus de couche sociale privilégiée sur laquelle s’appuyer, et surtout quand on ne veut plus faire de politique, mais de la politique. 

Depuis au moins Herbert Marcuse, nous savons que la lutte des classes en a pris un coup. Il constate que, même dans la vision marxiste, l’appareil technologique est conservé après le changement politique, sans s’apercevoir que cet appareil n’est pas neutre, mais lié au système capitaliste. Il constate l’intégration progressive des « cols bleus » dans la production, et l’augmentation des travailleurs non productifs. Peu à peu « les travailleurs sont en train de perdre l’autonomie professionnelle qui faisait d’eux une classe à part »[note] (p. 53), car ils perdent le pouvoir d’arrêter un processus qui se diffuse avec la perte d’unité des instruments de production et l’arrivée d’autres professions qui subissent et dirigent l’ensemble technique. Le « négatif » a été intégré dans le système industriel. Dans Le Nouvel État industriel, John K. Galbraith analyse cette domination de la marchandise qui s’étend à la vie quotidienne à travers la « filière inversée ». Le système industriel moderne est tellement puissant, les finances en jeu si importantes, qu’il ne peut plus supporter de crise et doit s’efforcer de réduire les risques en les reportant sur les travailleurs et les consommateurs. Autrefois, c’était la consommation qui dirigeait le marché et ce dernier la production, maintenant c’est la production qui détermine les produits que l’on va 

vendre grâce à la publicité et au crédit. Le coup de grâce à la notion de lutte de classes est donné par la Wertkritik, quand Anselm Jappe explique que le conflit entre le capital et le travail est un conflit à l’intérieur du capitalisme et que « selon Marx, le capital n’est pas une “ chose ”, mais un “ rapport social ”. Cela signifie que les travailleurs comme les propriétaires font partie du capital[note] »

L’intérêt de ce débat est de caractériser le capitalisme comme phénomène culturel et non plus simple enjeu d’appropriation de moyen de production. On s’aperçoit que la centralité accordée au travail, à l’économie et à l’innovation (« La bourgeoisie ne peut exister sans bouleverser constamment les instruments de production[note] ») caractérise cette culture comme unique dans l’histoire de l’humanité. Le défi n’est plus de faire une révolution, ou un simple changement politique, mais une rupture culturelle impliquant aussi la gouvernance politique. La problématique pourrait se résumer ainsi : s’agit-il de gérer les choses ou bien de faire ses lois indépendamment des choses ? Dans un cas il s’agit de politique – « le » politique – et dans l’autre de « la » politique. Aujourd’hui nous assistons en spectateurs à l’administration des choses. Nous ne sommes conviés que tous les 5 ans pour choisir les administrateurs, ensuite nous retournons chez nous. Or, la décroissance pourrait être une occasion de faire de « la » politique, de créer une situation où nous décidons de nos lois de telle sorte qu’elles n’émanent ni du marché, ni de Dieu mais des hommes. 

C’est toute la réflexion sur la politique et l’imaginaire radical de Cornélius Castoriadis, un « précurseur de la décroissance ». 

2) LA DÉCROISSANCE COMME RUPTURE CULTURELLE 

La mise en œuvre de la décroissance devrait s’accompagner d’une remise en cause du PIB. La récession désignerait bien la situation économique engendrée par la décroissance. Elle définit un phénomène de ralentissement du rythme de la croissance économique mais aussi une chute du PIB et, d’après l’INSEE, un pays entre en récession quand celui-ci se replie pendant au moins 2 trimestres consécutifs. Il s’agit bien d’une diminution du niveau de production, mais peut-on parler de décroissance telle que nous l’entendons ? Non, car si la récession se produit dans le système capitaliste sans le remettre en cause, la décroissance est une rupture culturelle impliquant une autre vision du monde et de la place de la Terre dans l’économie, la critique de la société industrielle, l’importance du collectif… La décroissance engendrera bien une récession à durée indéterminable mais dans un cadre très différent et, surtout, il arrivera un moment où on ne pourra plus la mesurer, car l’indicateur PIB devra être supprimé ou remplacé. Celui-ci n’est pas qu’un indicateur, il reflète aussi une vision du monde, une culture, un système basé sur la « destruction créatrice[note] » qu’il mesure. À partir du moment où la décroissance (et d’abord les limites physiques de la planète et des sociétés pour s’y adapter) remet en question le productivisme, se pose la question de la reprise en main de l’économie par les citoyens. Dorénavant, la production ne doit plus être pilotée par l’impératif de faire de la valeur ajoutée, mais de répondre à des besoins jugés essentiels dans un monde dominé par le rationnement pour la majorité des ressources. La nouvelle situation est dominée par la remise en cause de l’économisme. 

Dans son livre L’invention de l’économie, Serge Latouche rappelle les conclusions de Benvéniste : « Tout ce qui se rapporte à des notions économiques est lié à des représentations beaucoup plus vastes qui mettent en jeu l’ensemble des relations humaines ou des relations avec les divinités[note] ». Il explique ensuite comment s’est construit ce nouvel imaginaire économiste, d’abord dans les termes employés par les économistes, puis avec l’invention du travail qui devient valeur pour la bourgeoisie. Dans La fable des abeilles, Bernard Mandeville émet l’idée que la société serait mieux gérée si on laissait faire les égoïsmes. S’ajoutent la rupture de la Renaissance dans la relation entre l’homme et la nature, la nécessité de la dominer, la vision d’une société constituée d’individus, etc. Cet imaginaire va perdurer, même chez les contempteurs du capitalisme, comme l’explique très bien Castoriadis. Pour les marxistes, les hommes sont mus uniquement par des motivations économiques, alors que c’est dans le capitalisme que l’économie a tendu le plus à « s’autonomiser » comme sphère d’activité sociale. Thèse déjà développée par d’autres penseurs et notamment Marshall Sahlins dans son livre Âge de pierre, âge d’abondance (1972). L’idée que le sens de la vie consisterait dans l’accumulation et la conservation des richesses serait de la folie pour les Indiens Kwakiutl, qui amassent des richesses pour pouvoir les détruire. L’homo œconomicus est plus un produit de la culture capitaliste que l’inverse. 

Quid de la décroissance et de la technique ? La technique n’a pas toujours été autonome par rapport à la société, ce n’est qu’avec la bourgeoisie qu’elle va se déployer de façon autonome. La technique n’a donc pas toujours joué un rôle moteur dans l’évolution des sociétés qui ont pu se former et s’écrouler avec les mêmes infrastructures techniques. En fait, dans l’histoire, les cultures ont vécu principalement avec des infrastructures relativement stables, la « dictature » de l’innovation, le fait que « la bourgeoisie ne peut exister sans bouleverser constamment les instruments de production[note] » est très récent dans l’histoire de l’humanité. Cependant, cette caractéristique a aussi des limites, comme le rappelle l’équation de Kaya et l’impossible « découplage absolu[note] ». L’équation de Kaya indique que les émissions de CO2 sont toujours égales au produit des ratios suivants : 

– émissions de CO2/énergie consommée au niveau mondial 
– énergie consommée/PIB mondial
– PIB mondial/population
– population 

Pour respecter les engagements pris par la communauté internationale, il faudrait diviser par 3 le produit des ratios listés ci-dessus. Or, les politiques d’infléchissement de la courbe démographique ne porteront pas leur fruit avant une génération ; quant au ratio énergie consommée/PIB mondial, on constate qu’il n’existe pas de « découplage absolu » (entre la croissance énergétique et la croissance du PIB) au niveau de la planète entre les deux. Sans énergie, pas de croissance. À moins de vider le PIB de tout contenu physique, le découplage absolu est impossible. Par conséquent, la principale solution, la plus efficace, c’est la (dé)croissance du PIB. Mais si le découplage absolu est impossible, cela signifie aussi qu’il n’y a pas de solution technique aux problèmes posés par la technique et qu’il faut plutôt privilégier des solutions culturelles et politiques, notamment la réduction de taille, de volume, appliquer la sobriété… bref une rupture culturelle. 

Cette rupture culturelle ne serait possible qu’à la suite d’une « décolonisation de l’imaginaire » (Serge Latouche). La notion d’imaginaire « radical » a été très bien expliquée par Castoriadis, pour qui les gens ne sont pas conscients que leurs normes et leurs valeurs sont le produit de leur imaginaire. Il distingue les sociétés hétéronomes non démocratiques ou les démocraties représentatives soutenues par l’imaginaire de la majorité, des sociétés autonomes de démocratie directe, rarement apparues dans l’histoire. L’enjeu serait donc à la fois de remplacer un ancien imaginaire productiviste, mais aussi de prendre conscience que jusqu’ici les gens produisaient un imaginaire sans le savoir. Insister sur son importance permet de souligner la spécificité de la décroissance comme rupture culturelle plus que simple changement de régime politique. Pourtant, nous avons écrit qu’il n’y avait plus de négatif, plus de lutte des classes, juste des révoltes sporadiques. Comment dans ces conditions un autre imaginaire pourrait-il éclore ? De plus, la crise civilisationnelle actuelle, conjuguée à l’absence de l’émergence d’un autre imaginaire, produit plutôt la montée de la « fausse conscience[note] ». Il s’agit d’une conscience non dialectique remettant en cause des faits historiques ou bien les faits présents eux-mêmes, défendant des intérêts privés ou identitaires sans vision globale, et surtout la confusion entre sens opposés. Le dialogue devient impossible à cause de désaccords sur les faits. L’objectif revient à « éteindre les concepts, pour s’assurer que la réalité derrière les mots – révolution, solidarité – n’ait plus la moindre chance d’advenir. Ce qui compte, c’est comment les mots servent les politiques, pas leur sens[note] »

L’autre défi c’est de savoir si l’on peut rompre avec 4.000 ans de mégamachine. Lewis Mumford explique qu’elle est apparue au IVe millénaire avant J.C. Elle est caractérisée par une organisation structurée autour d’un prince, avec une nouvelle configuration d’innovations techniques qui a débouché sur la bombe atomique et qui nous domine encore aujourd’hui. Or, le défi est ni plus ni moins que de mettre en œuvre une technique démocratique « de production à échelle réduite reposant principalement sur la compétence humaine et l’énergie animale, mais toujours activement dirigée par l’artisan ou l’agriculteur[note] »

3) VERS LA TECHNODÉCROISSANCE ? 

Au terme de cet article, on est en droit de se demander si nous ne sommes pas face à une réforme de l’imaginaire dominant plus qu’à l’émergence d’un imaginaire décroissant. C’est-à-dire à une sorte d’adaptation à un monde à la dérive. Pour illustrer cette impression, nous allons citer trois exemples pris dans la littérature, chez les « élites » mondialisées et chez les ingénieurs. 

Michel Houellebecq : Dans son livre Les particules élémentaires (1998), il dresse un tableau pessimiste de l’humanité. Un des héros du livre, Michel, est un biologiste qui travaille à un projet d’espèce génétiquement modifiée, immortelle et stérile. Houellebecq semble nous dire que, l’humanité ayant tout essayé pour améliorer son sort existentiel, mais ayant échoué, alors osons maintenant les manipulations génétiques ! 

Le « Great Reset » : Le lieu incontournable pour les élites mondialisées est le Forum économique mondial organisé chaque année à Davos. Actuellement, il nous annonce que « le moment est venu d’appuyer sur le bouton de la refondation du capitalisme » ou « Great Reset ». Il consiste à utiliser la pandémie et les confinements comme une occasion historique d’accélérer la 4ème révolution industrielle, celle de la numérisation. Le paradoxe est de voir le retour de l’intervention de l’État pour imposer la transition écologique et l’économie circulaire. Mais le plus important est cette acceptation de la surveillance permise par la numérisation, comme en Chine, qui devient un modèle. Dans le livre Covid-19 : la grande réinitialisation[note], on fait l’apologie de la relocalisation (à la sauce capitaliste), on y parle même de décroissance… 

• La géo-ingénierie : Le refus de solutions culturelles ou politiques ne laisse plus que des solutions techniques à nos problèmes. Voici donc la géo-ingénierie qui désigne des projets scientifiques visant à modifier le climat et l’équilibre énergétique terrestre pour lutter contre le réchauffement climatique. On peut citer notamment : limiter le rayonnement solaire grâce à des miroirs réfléchissants envoyés dans l’espace ; refroidir l’atmosphère en envoyant chaque année dans la stratosphère un million de tonnes de particules de soufre ; ou encore capter le CO2. Jean-Marc Jancovici est issu de Polytechnique, le « parti pronucléaire dominant ». Il réduit la problématique de la croissance à celle du progrès des émissions de gaz à effet de serre en oubliant ou minimisant les effets négatifs d’autres déchets sur la biosphère, comme les déchets nucléaires, entre autres. Pourtant, il a bien compris l’aspect technique de nos problèmes ! Il explique le lien entre croissance du PIB et énergie, il évoque même l’impossible découplage absolu entre les deux à travers l’équation de Kaya. Néanmoins, pour lui, les causes des gaz à effet de serre résident essentiellement dans les énergies carbonées, plus que dans une culture productiviste et, surtout, il affirme que le nucléaire pourrait nous sauver. Ce faisant, il oublie le lien intrinsèque entre la société carbonée qu’il condamne et le nucléaire ! Comme il ne croit pas à la possibilité d’un changement culturel démocratique et structuré autour de la sobriété, on assiste plus à une récupération (c’est-à-dire créer la confusion pour maintenir un pouvoir) qu’à un « progrès » de la décroissance. 

Tout cela signe l’émergence d’une approche technocentrée pour s’attaquer aux problèmes du futur. On peut y déceler les germes d’une sorte de technodécroissance, notamment lorsque les problèmes avec les déchets émis (nucléaire, dioxyde de carbone, plastique…), couplés à la raréfaction des ressources, obligera à prendre des mesures de rationnement. N’allons-nous pas assister au retour du mode de production asiatique ou « despotisme oriental » comme théorisé par Karl Wittfogel en 1957 ?[note] Rappelons les caractéristiques principales de ce despotisme : un État fort, dominant des collectivités très soudées, sans couche moyenne autre que la bureaucratie, tout cela pour gérer l’eau dans des économies non pluviales. Or, avec la raréfaction des ressources, dont l’eau, et l’apparition de ce nouvel imaginaire technocentré[note] que nous avons évoqué, on ne peut que s’inquiéter. 

Jean-Luc Pasquinet 

pacificatie door bevrijding van cultuur In Oekraïne als elders

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Face à des conflits comme celui de l’Ukraine, il serait bon de cultiver bien plus une idée au grand potentiel, qu’on trouve en particulier chez le poète et érudit Ján Kollár (1793-1852). Celui-ci était justement slave, né en Slovaquie, aux frontières de l’Ukraine ; dans ces régions si multiculturelles, où les peuples forment des mosaïques. Ces régions dont les difficultés intercommunautaires
sont instrumentalisées, si souvent, pour entraîner des conflits et justifier des interventions. (Instrumentalisations opérées par nos ennemis, bien sûr, jamais par nous, démocrates épris de paix…) Or, cette idée peut entraver ces instrumentalisations.

Ján Kollár fut inspiré notamment par les pensées de Herder sur les cultures[note], ainsi que par la Grèce antique. Il observe qu’on y trouvait une série de communautés linguistiques, interagissant et s’inspirant mutuellement[note]. Ces groupes culturels vivaient sous différents souverains (une même communauté s’étendait sur divers territoires, régis par diverses autorités) ; situation qui n’empêchait pas la vie culturelle de ces communautés, au sein de chacune d’elles comme entre elles[note]. Car en général, chaque Grec ancien parlait les divers dialectes du pays, et leurs potentiels étaient utilisés dans les différents styles littéraires : l’ionique convenait bien à l’épopée, le dorique à la poésie…[note] Les conflits existaient, mais provenaient de causes politiques plutôt que culturelles. 

Il régnait ainsi ce que Ján Kollár nomme une « réciprocité littéraire » : espace d’interactions, de recherches, de créations pour toutes les communautés. Il dit des Grecs : « Tous étaient reliés par le fil doré de la réciprocité dans les langues, les arts et les sciences.[note] » Tout cela implique une certaine autonomie de la culture par rapport au domaine étatique ou politique, les communautés concernées ne s’imposant pas mutuellement leurs langues et cultures, même lorsque leur pouvoir le leur aurait permis. Et la Grèce antique semble montrer que cette autonomie favorise l’ouverture, non le repli. 

« Tous étaient reliés par le fil doré de la réciprocité dans les langues, les arts et les sciences. »

Ján Kollár
Lara Pérez Dueñas

AIX PAR LA LIBERTÉ 

Comme Kollár l’observe, cette situation est pacificatrice : elle implique que chaque communauté trouve, sous des dirigeants issus d’autres peuples aussi, ce dont elle bénéficierait sous des autorités issues de ses propres rangs. Ce, dans les domaines scolaire, universitaire, religieux, etc.[note] Possibilités loin d’être évidentes en Ukraine notamment, même avant la guerre, pour les russophones comme pour d’autres minorités[note]. Une telle idée est en fait déjà appliquée jusqu’à un certain point dans certains pays, en particulier en Belgique. Mais très souvent, on ne va pas jusqu’au bout, ni dans la pensée, ni dans l’application. 

Une approche qui mène cette idée plus loin est celle de Rudolf Steiner, lui aussi issu de ces régions multiculturelles (ex-Hongrie, actuelle Croatie). Il parle de nécessité d’une sphère culturelle libre à l’égard de l’économie comme de l’État (en visant la culture au sens large). Concernant les rapports entre communautés, il donne de tels exemples : un Français de Rhénanie allemande et un Allemand d’Alsace devraient pouvoir déterminer librement leur appartenance à l’un ou l’autre État, et choisir une école francophone ou germanophone pour leurs enfants ; les Italiens d’Autriche-Hongrie auraient dû pouvoir disposer d’une université italienne ; etc.[note] 

Des marxistes développeront eux aussi de telles idées, dans le courant dit de l’austromarxisme, lui aussi né en Europe orientale. Ils feront des propositions très proches : écoles hongroises à Vienne, écoles allemandes à Budapest…[note]

L’idée de sphère culturelle libre va plus loin : la libération culturelle y concerne non seulement les communautés mais aussi les personnes individuelles, qui, comme on vient de le voir, peuvent choisir jusqu’à leur nationalité, selon cette approche. Et tandis que dans l’austromarxisme, l’État chapeaute les institutions, dans l’approche en question, communautés comme individus peuvent développer par eux-mêmes leurs institutions culturelles : écoles, médias, instituts de recherche… Tout cela, dans le respect des lois de l’État, mais sans gestion par un gouvernement central[note]. (Ces idées et idéaux soulèvent de nombreuses questions, mais il est sans doute possible de progresser dans leur direction.) 

DÉMINAGE ET MINES D’OR 

Pour revenir aux difficultés intercommunautaires, elles ne sont en général pas une cause première des conflits ; les prédations géostratégiques sont bien plus déterminantes ; mais celles-ci se servent des difficultés en question. 

Dans ce sens, on voit ce que ces approches apporteraient à un pays comme l’Ukraine, avec ses nombreuses communautés culturelles, dont plus de dix comptent chacune plus d’une centaine de milliers de membres[note]. Si les idées esquissées étaient appliquées là-bas, chacun pourrait vivre dans la ou les cultures de son choix, et maintenir ou développer ses propres organismes culturels ; entre autres les russophones, majoritaires à l’est et minoritaires dans le reste du pays, ainsi que les ukrainophones minoritaires à l’est. Et en général, les habitants du pays n’auraient pas de raison de choisir une nationalité autre que celle d’Ukraine ; car dans ces approches, l’État concerné serait celui de tous, il ne serait pas lié à une ethnie particulière. 

En lien avec tout cela, Ján Kollár fait cette belle observation : pour une culture ou « une langue (…), se composer de plusieurs dialectes est une chance » car, dans ces dialectes ou cultures « les auteurs peuvent se servir comme dans des mines d’or inépuisables. »[note] 

Puissent ces idées acquérir plus d’influence. 

Daniel Zink 

Cultuur wakker: de boom die het bos verbergt

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De Woke-beweging, die is ontstaan in het kielzog van de MeToo-beweging en de Black Lives Matter-beweging, valt iedereen aan die de codes van antiracisme en antiseksisme niet respecteert. Van het inclusief schrijven tot de installatie van transgendertoiletten, van het schrappen van bepaalde woorden die te « connoterend » zijn tot de herziening van hele stukken geschiedenis, niets ontsnapt aan de waakzaamheid van deze beweging, die zich hult in de beste bedoelingen van de wereld: de strijd tegen discriminatie van welke aard ook en tegen racisme. Maar wat zit er precies achter deze nieuwe ideologische mode?

Poging tot ontcijfering

In 1984 stelde George Orwell zich voor dat de totalitaire macht, ingesteld door Big Brother, geleidelijk een nieuwe taal zou invoeren, bedoeld om op den duur de« ancilanguage », het traditionele Engels, te onderdrukken. Het doel van de manoeuvre? Om de geesten te hervormen volgens de canons van de nieuwe ideologie en om « gedachtencriminaliteit » te voorkomen, bij gebrek aan woorden om het te omschrijven. Wokisme is in de eerste plaats een kwestie van woorden, die ook bedoeld zijn om « juist te denken » en elke « uitglijder » te vermijden. Geracialiseerd, cisgender, non-binariteit, intersectionaliteit, dekolonialisme, ontaarde linguïstiek: zoveel nieuwe termen die een gebied afbakenen dat voortdurend in omvang toeneemt, en waarvan het gebruik alleen al je bevestigt in het geruststellende gevoel dat je tot het kamp van het Goede behoort. Want vandaag de dag is het voor sommigen al een stap in de duisternis en in het obscurantisme om kritiek te durven leveren op het wokisme en zijn ultracommunitaire avatars. De Franse onderzoeker Alex Mahoudeau bijvoorbeeld kondigde de kleur aan van zijn recente boek[note] en zag daarin niets anders dan een « reactionair offensief » van kleine, blanke, frigide middenklassers die beslist niets begrijpen van de moderniteit. En als je geen reactionair of « neo-reactionair » bent, ben je een crypto-fascist. De goede oude reductio ad Hitlerum, een beproefde methode om de tegenstander in diskrediet te brengen en elk debat af te kappen, waardoor een kritisch, afstandelijk en objectief onderzoek onmogelijk wordt.

De kritiek op het wokisme reduceren tot reactionaire doelstellingen is in de eerste plaats voorbijgaan aan het feit dat er een kritiek op deze beweging bestaat die specifiek van links uitgaat en ook, wat misschien nog verrassender is, een liberale kritiek op het wokisme, niet in de neoliberale zin, maar in de historische zin van het woord, die met name gebaseerd is op denkers als Alexis de Tocqueville en John Stuart Mill[note].

Dicht bij de Spaanse anti-liberale linkerzijde, toont de journalist Daniel Bernabé in The Identity Trap aan Hoe in Europa en de Verenigde Staten de regerende linkse partijen het wokisme, het communitarisme en de identiteitsobsessies die zij bevorderen, gebruiken als plaatsvervangende ideologieën en hoe diezelfde « progressieve » partijen economische kwesties zoals lonen, arbeidsomstandigheden, herverdeling van rijkdom of huisvesting terzijde hebben geschoven ten gunste van « maatschappelijke » kwesties zoals geslacht of « ras ». Om te begrijpen hoe deze politieke kunstgreep in de vorm van een overname heeft kunnen gebeuren, is het nuttig een blik in de achteruitkijkspiegel te werpen.

Het keerpunt kwam in 1979-1981, toen Margaret Thatcher in Groot-Brittannië en Ronald Reagan in de Verenigde Staten aan de macht kwamen. Het is een tijd van vrije markten en deregulering, van « downsizing » van overheidsdiensten en van de eerste grote golf van globalisering. In een dergelijke context worden linkse ervaringen tegen de stroom in genomen. Het Franse voorbeeld is veelzeggend. Het socialisme van Mitterrand, dat zich in mei 1981 had voorgenomen « het leven te veranderen », nam in 1983 de « bezuinigingsbocht », een eufemisme voor een bezuinigingsbeleid. Even in de verleiding gebracht om een Keynesiaans herstelbeleid te voeren en zich terug te trekken uit de Europese monetaire slang, koos François Mitterrand uiteindelijk voor een bekering tot de vrije markt en tot Europa[note]. In het proces veranderen de symbolen ook. Blanqui, Jaurès en Blum zijn naar de kast der oude garderobes verwezen en vervangen door nieuwe iconen: Harlem Désir, die vanaf 1984 voorzitter was van SOS Racisme, en Bernard Tapie, die in 1992 minister van Stad van Mitterrand werd.

Poging tot ontcijfering.

De tendens verdiept zich met de val van de Berlijnse Muur en de ineenstorting van de USSR. Gesteund door Philip Gould, een reclameman die in 1992 Bill Clinton had helpen kiezen en die de verkiezing zag als de verovering van een markt, met zijn identiteitsniches en gemeenschapsdoelstellingen, kwamen Tony Blair en zijn New Labour in 1997 aan de macht. Bernabé vat deze evolutie samen als een Copernicaanse revolutie: « Zo hebben de opvattingen van degenen die de politiek vereenzelvigen met een markt waarin ieder het verkiezingsproduct koopt dat hem of haar het beste past, ingang gevonden in de samenleving. De diversiteit van consumenten tegenover de anonieme massa van de werkende klasse… Weg met het voluntaristische beleid van de sociaal-democraten van weleer, weg met de oude marxistische neigingen: dat alles werd weggevaagd met het verdwijnen van het Oostblok, en onder druk van ongebreideld electoraal cliëntelisme[note] « .

WOKISME ALS VERVANGEND PRODUCT

De zogenaamde regerende linkse partijen, die voorstander zijn van vrije markten en globalisering, zijn er niet alleen niet in geslaagd het leven te veranderen, maar zijn zelfs niet in staat gebleken de status quo van kapitalisme, getemperd door een sterke verzorgingsstaat, die het resultaat was van het compromis aan het eind van de Tweede Wereldoorlog, te handhaven. Wat zou onder deze omstandigheden op de electorale « markt » nog het verschil kunnen uitmaken tussen « centristisch » links, dat de sociale kwestie praktisch had laten vallen en zich had bekeerd tot een soort « liberaal-progressivisme », en « hervormingsgezind » rechts, dat de natiestaten steeds meer ging aanpassen aan de voortschrijdende neoliberale globalisering? « Nou, het is het symbolische, stommeling! » zou men geneigd zijn te antwoorden, als parafrase op Bill Clintons beroemde apostrof tegen George Bush senior, zijn onsuccesvolle rivaal bij de verkiezingen van 1992. Zoals Bernabé het samenvat, « Hoe kunnen we de indruk wekken dat er toch iets verandert? Nou, het is simpel: door te focussen op de cultuuroorlogen, richtten deze conflicten zich op symbolische kwesties[note] « .

En het is hier dat wokisme en zijn vele afgeleiden, van de Cancel Culture to inclusive writing to ‘decolonial’ actions, with its obsession with wounded identities, resentment complexes and victimhood competition, have acted as a perfect substitute in an increasingly volatile and fickle electoral market. En deze heropleving van communitaristische thema’s kan als een soort goddelijke verrassing zijn gekomen voor een gedemonetiseerd en gedesoriënteerd links. Volgens Bernabé, « De sleutel om dit alles te begrijpen is het feit dat de verhouding van de meeste mensen tot de politiek volledig is veranderd van ideologische positionering in een consumentistische houding, die het neoliberalisme via de middenklasse heeft ingeprent. Door het individualisme aan te wakkeren, heeft deze verandering de strijd voor herverdeling verzwakt en materiële kwesties gehercodeerd in de taal van de meritocratie… Omdat zij intrinsiek heterogeen zijn, een veelheid van categorieën omvatten (geslacht, ras, enz.), en omdat zij een opvatting van verschil in zich dragen die verenigbaar is met ongelijkheid, zijn de beleidsmaatregelen ter erkenning van diversiteit door het kapitalisme gekaapt op het terrein van het specifieke en het individuele, waarbij hun symbolische en culturele component hen gemakkelijk toe-eigent aan de marketing[note] .

Deze consumentistische positionering van het wokisme heeft, zo vermoedt men, niet alleen gevolgen voor de politieke sfeer. Het heeft ook gevolgen voor het bedrijfsleven en de economie zelf. Het wokisme heeft aldus een heus wokkapitalisme doen ontstaan, dat voor de economie is wat greenwashing is voor de ecologie. Het illustreert de oneindige plasticiteit van het kapitalisme en zijn opportunistische vermogen om de verschillende « niches » van diversiteit met elkaar te verzoenen, en bestaat er bijvoorbeeld in dat een bedrijf in zijn reclamecampagnes de nadruk legt op mensen met diverse achtergronden, of dat het bepaalde woorden uit zijn woordenschat verbant, bijvoorbeeld het woord « blank », om niet geassocieerd te worden met « blanke heteroseksuele patriarchale onderdrukking[note] « .

Maar men zou kunnen aanvoeren dat de strijd tegen culturele of symbolische ongelijkheden op grond van « ras », geslacht of culturele geaardheid misschien wel even belangrijk is als de strijd tegen sociaal-economische ongelijkheden. Het is nog steeds nodig te weten welke vorm deze strijd moet aannemen. Een recent voorbeeld illustreert de tegenstrijdigheden en dubbelzinnigheden van bewegingen die beweren recht te willen doen aan minderheden en/of diversiteit zichtbaar te willen maken. Elk jaar, begin januari, vindt in een populaire wijk van Madrid, Puente de Valleas, een optocht van praalwagens plaats ter gelegenheid van het feest van de Drie Koningen. In 2018 kwam een LGBTQI+-rechtencollectief op het idee om van de Drie Koningen praalwagen een drag queen praalwagen te maken, om zo meer bekendheid te geven aan de, wellicht reële, problemen waarmee de homo- en queergemeenschap te maken heeft. Dit initiatief, dat gesteund werd door de lokale linkse meerderheid, heeft niet nagelaten de woede te wekken van een deel van de rechtse en traditionalistische christenen, die de gelegenheid te baat hebben genomen om zich achter de zaak te scharen. Om nog meer olie op het vuur te gooien, gingen de media zich ermee bemoeien en profiteerden van de situatie om hun kijkcijfers op te krikken met verhitte debatten over het respect voor tradities en de psychologische problemen die daaruit voor kinderen zouden kunnen voortvloeien, met veel psychologen van dienst op de set. Het resultaat? Afgezien van het polariseren van de geesten van de mensen, zal al deze mediapolitieke hype waarschijnlijk niet veel veranderd hebben aan het begrip van de problemen, die ongetwijfeld zeer divers zijn, waarmee LGBTQI+-mensen te maken hebben. Aan de hand van deze emblematische episode van een zekere hedendaagse oppervlakkigheid, trekt Bernabé de volgende conclusie: « Om haar progressieve aura te behouden en haar steun aan het liberalisme te verbergen, is het grootste deel van het huidige links bereid om allerlei oppervlakkige en bespottelijke symbolische acties te organiseren. Liberalen hebben er zelf geen bezwaar tegen de strijd van LGBT’s te steunen, als zij een kans bieden om winst te maken. Als gevolg daarvan is WorldPride uitgegroeid tot een grote en zeer lucratieve toeristische onderneming. Anderzijds is er niemand die ook maar een vinger uitsteekt of bereid is ook maar een cent uit te geven om duurzame oplossingen te vinden om de problemen grondig aan te pakken… en om van het symbolische veld over te stappen op vormen van interventie met materiële implicaties: erop uitgaan om mensen te ontmoeten en hen op te voeden in plaats van een publiek van consumenten aan zich te binden dat maar al te vaak op zoek is naar identiteitsconstructies waarmee zij zich van anderen kunnen onderscheiden.[note] « .

WOKISME EN INTERSECTIONALITEIT

Als het in het begin lijkt te gaan om een eerlijk gevecht[note]Daarnaast heeft het « Wokism » een meer communitaire connotatie gekregen en een reeks identiteitsaanspraken, bijvoorbeeld op basis van geslacht en seksuele geaardheid, die niet los staan van de « Wokism »-beweging, die het resultaat is van de strijd van zwarte Amerikanen voor burgerrechten, gelijke behandeling en een betere vertegenwoordiging in de samenleving. cultuur te annuleren, en zo af te glijden naar wat Natacha Polony en anderen de dictatuur van de minderheden hebben genoemd. Zo is het recht om niet beledigd te worden geleidelijk en sluipenderwijs omgevormd tot een zwijgbevel. Alleen andere minderheden, die per definitie ook worden uitgebuit en gediscrimineerd, kunnen solidair zijn met « onderdrukte » gemeenschappen. Terzijde zij opgemerkt dat bepaalde categorieën die terecht zouden kunnen klagen over een discriminerende behandeling, merkwaardig genoeg ontbreken in de wokistische gevechten. Bijvoorbeeld de bejaarden, geïsoleerd en verboden te bezoeken tijdens de covidusepidemie, om nog maar te zwijgen van het misbruik dat wordt veroorzaakt door de chronische onderfinanciering en onderbezetting van verpleeghuizen. Het is waar dat ze weinig stemmen en zelden de straat op gaan om te demonstreren…

Maar laten we teruggaan naar onze geslachten (of het gebrek daaraan) en rassen, aangezien de term blijkbaar niet langer beangstigend is voor « liberaal-progressief » links. Dit is waar het concept van intersectionaliteit om de hoek komt kijken. Luister naar de wakkere versie van de convergentie van de strijd, een bonte vlag waarvan de progressieve liberale linkerzijde het potentieel snel heeft begrepen. Het principe is eenvoudig: hoe meer verschillen en potentiële discriminaties je cumuleert, gebaseerd op je veronderstelde « ras » , geslacht, seksuele geaardheid of godsdienst, hoe hoger je staat op de slachtofferschaal van intersectionaliteit. Als je bijvoorbeeld vrouw, zwart, homo, bi of transgender en moslim bent, ben je het voorwerp van alle intersectionele aandacht. Het is bijna nutteloos erop te wijzen dat dit concept in werkelijkheid geen convergentie teweegbrengt bij de verdediging van de slachtoffers van echte of vermeende discriminatie, maar vaker wel dan niet leidt tot territoriumoorlogen of broedertwisten, bijvoorbeeld tussen traditionele feministen die menen dat sekse een natuurlijk biologisch gegeven is en aanhangers van de gendertheorie voor wie het een zuiver sociale constructie is waarbij machtsverhoudingen een rol spelen. En als ze er zijn, leiden intersectionele convergenties soms tot merkwaardige toenaderingen. Zo kunnen hard-line neo-feministen en voorstanders van een radicale islam het op zijn zachtst gezegd eens zijn over de eis van niet-gemengde ruimten, zoals zwembaden, speelplaatsen of gebedshuizen. Het valt nog te bezien waar het echte probleem van het intersectionele wokisme ligt: in de verdediging van de meest achtergestelden of in het hun een plaats en een stem geven, of veeleer in de strijd om invloedrijke, meestal goed betaalde posities in gesubsidieerde verenigingen en instellingen…

Zoals we gezien hebben, heeft een bepaalde gedesoriënteerde linkervleugel, die zich bekeerd heeft tot de deugden van de markt, maatschappelijke kwesties aangegrepen die de werkelijke ongelijkheden grotendeels maskeren. Het is waarschijnlijk geen toeval dat de communitaristische maatschappelijke vraagstukken hun oorsprong vonden in de Verenigde Staten in de jaren vijftig en zestig, die zeker werden gekenmerkt door de strijd voor burgerrechten en grote raciale spanningen, maar ook door een ongekende economische bloei. Met het einde van het segregationistische regime, vooral in het Zuiden, de onvoorwaardelijke erkenning van de burgerrechten en de betere sociaal-economische integratie en culturele representativiteit van vrij grote randgroepen van zwarte (maar ook Spaanse) minderheden, had men kunnen denken dat een beweging als het wokisme zich niet alleen niet duurzaam zou kunnen vestigen, maar ook cultureel dominant zou worden. Zoals Tocqueville terecht voorzag, ontstaan de grootste egalitaire hartstochten niet wanneer de situatie verslechtert, maar integendeel wanneer zij verbetert:

« Wanneer ongelijkheid de algemene wet van een samenleving is, vallen de grootste ongelijkheden niet op; wanneer alles min of meer gelijk is, doen de geringste het pijn. Daarom wordt het verlangen naar gelijkheid steeds onverzadigbaarder naarmate de gelijkheid groter wordt[note] « .

Vandaag de dag is de situatie in Europa paradoxaal. Terwijl de sociaal-economische ongelijkheid in de Verenigde Staten nog nooit zo groot is geweest, en een gedesoriënteerde en verarmde middenklasse zich afvraagt of zij de komende orkaan wel kan weerstaan, blijft het liberaal-progressieve orkest, zowel links als rechts, zijn communitaristische en wokistische maatschappelijke antifoon spelen om de paniekerige passagiers af te leiden, terwijl de bemanning zich inspant om een paar lappen cheques op de romp van de Titanic te plakken. Links heeft een bijzondere verantwoordelijkheid op dit historisch gevaarlijke moment. Zoals Bernabé terecht opmerkt, « moet zij onthouden dat wij de wereld niet veranderen door woorden te veranderen, maar door de wereld te veranderen dat wij woorden veranderen[note] « .

Alain Gailliard

Christophe Nottet

Bijwerkingen van COVID-19-vaccins en maatregelen om ze te voorkomen

Kenji Yamamoto publiceerde « Adverse effects of COVID-19 vaccines and measures to prevent them » in het Virology Journal van 5 juni. Op basis van de studie gepubliceerd op 4 februari 2022 in The Lancet van de Zweedse onderzoekers Peter Nordström, Marcel Ballin en Anna Nordström, « Risk of infection, hospitalisation, and death up to 9 months after a second dose of COVID-19 vaccine: a retrospective, total population cohort study in Sweden.[note] »In het artikel wordt uitgelegd dat de immuniteit die door vaccinatie wordt verkregen, na verloop van tijd aanzienlijk afneemt.

Maar waar de Zweedse auteurs concluderen dat het snel afnemen van de immunogeniciteit van het vaccin impliceert dat vaccinatiestrategieën gericht moeten zijn op een derde boosterdosis, specifiek voor diegenen die een ernstig risico lopen op COVID-19, stelt Yamamoto in plaats daarvan dat « om veiligheidsredenen nieuwe boostervaccinaties moeten worden stopgezet » en dat « COVID-19 vaccinatie een belangrijke risicofactor is voor infecties bij kritisch zieke patiënten. Zij waarschuwt met name voor het grote risico van klinische veranderingen die tot ongewenste bijwerkingen leiden.

Hier is een samenvatting van zijn artikel:

« Onlangs[note], The Lancet een studie gepubliceerd over de doeltreffendheid van COVID-19-vaccins en de afname van immuniteit na verloop van tijd. Uit de studie bleek dat de immuunfunctie van mensen die 8 maanden na ontvangst van twee doses COVID-19-vaccin waren gevaccineerd, lager was dan die van niet-gevaccineerde mensen. Volgens de aanbevelingen van het Europees Geneesmiddelenbureau zouden frequente herhalingsinjecties van COVID-19 een negatief effect kunnen hebben op de immuunrespons en mogelijk niet haalbaar zijn. Verminderde immuniteit kan worden veroorzaakt door verschillende factoren, zoals N1-methylpseudouridine, spike-eiwit, lipide nanodeeltjes, antilichaam-afhankelijke versterking en de oorspronkelijke antigene stimulus. Deze klinische veranderingen kunnen de gerapporteerde associatie tussen COVID-19 vaccinatie en gordelroos verklaren. Om veiligheidsredenen moeten nieuwe herhalingsvaccinaties worden stopgezet. Bovendien moet de datum van vaccinatie in het medisch dossier van de patiënt worden genoteerd. Er zijn verschillende praktische maatregelen gemeld om een afname van de immuniteit te voorkomen. Daartoe behoren beperking van het gebruik van niet-steroïde anti-inflammatoire geneesmiddelen, waaronder acetaminofen om de lichaamstemperatuur op peil te houden, passend gebruik van antibiotica, stoppen met roken, beheersing van stress, en beperking van het gebruik van lipide-emulsies, waaronder propofol, dat perioperatieve immuunsuppressie kan veroorzaken. De conclusie is dat COVID-19 vaccinatie een belangrijke risicofactor is voor infecties bij kritisch zieke patiënten. »

Het volledige artikel van Kenji Yamamoto is hier beschikbaar: Yamamoto, K. Adverse effects of COVID-19 vaccines and measures to prevent them. Virol J 19, 100 (2022). https://doi.org/10.1186/s12985-022-01831-0

Het volledige artikel van Peter Nordström, Marcel Ballin en Anna Nordström is hier beschikbaar: Nordström P, Ballin M, Nordström A. Risk of infection, hospitalisation, and death up to 9 months after a second dose of COVID-19 vaccine: a retrospective, total population cohort study in Sweden. Lancet. 2022;399:814–23. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(22)00089-7.

Effets indésirables des vaccins COVID-19 et mesures pour les prévenir

Kenji Yamamoto a publié, le 5 juin dernier, dans le Virology Journal, « Adverse effects of COVID-19 vaccines and measures to prevent them ». S’appuyant sur l’étude publiée, le 4 février 2022, dans The Lancet par les chercheurs suédois Peter Nordström, Marcel Ballin et Anna Nordström, « Risk of infection, hospitalisation, and death up to 9 months after a second dose of COVID-19 vaccine: a retrospective, total population cohort study in Sweden.[note] », il montre que l’article en question explique que l’immunité conférée par la vaccination diminue largement avec le temps.

Cependant, quand les auteurs suédois concluent que l’affaiblissement rapide de l’immunogénicité induite par le vaccin implique d’orienter les stratégies vaccinales en direction d’une troisième dose de rappel, et ce spécifiquement pour les personnes qui présentent des risques graves de COVID-19, Yamamoto estime plutôt que « par mesure de sécurité, les nouvelles vaccinations de rappel doivent être interrompues » et que « la vaccination COVID-19 est un facteur de risque majeur d’infections chez les patients en état critique ». Il alerte notamment sur le risque élevé d’altérations cliniques engendrant des effets secondaires néfastes.

Voici un résumé de son article :

« Récemment[note], The Lancet a publié une étude sur l’efficacité des vaccins COVID-19 et la diminution de l’immunité avec le temps. L’étude a montré que la fonction immunitaire des personnes vaccinées 8 mois après l’administration de deux doses de vaccin COVID-19 était inférieure à celle des personnes non vaccinées. Selon les recommandations de l’Agence européenne des médicaments, des injections de rappel fréquentes du COVID-19 pourraient avoir un effet négatif sur la réponse immunitaire et ne sont peut-être pas réalisables. La diminution de l’immunité peut être causée par plusieurs facteurs tels que la N1-méthylpseudouridine, la protéine spike, les nanoparticules lipidiques, le renforcement dépendant des anticorps et le stimulus antigénique d’origine. Ces altérations cliniques peuvent expliquer l’association signalée entre la vaccination par COVID-19 et le zona. Par mesure de sécurité, les nouvelles vaccinations de rappel doivent être interrompues. En outre, la date de la vaccination devrait être consignée dans le dossier médical des patients. Plusieurs mesures pratiques pour prévenir une diminution de l’immunité ont été rapportées. Il s’agit notamment de limiter l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, y compris l’acétaminophène pour maintenir la température corporelle profonde, l’utilisation appropriée d’antibiotiques, l’arrêt du tabac, le contrôle du stress et la limitation de l’utilisation d’émulsions lipidiques, y compris le propofol, qui peut entraîner une immunosuppression périopératoire. En conclusion, la vaccination COVID-19 est un facteur de risque majeur d’infections chez les patients en état critique. »

L’article complet de Kenji Yamamoto est disponible ci-joint : Yamamoto, K. Adverse effects of COVID-19 vaccines and measures to prevent them. Virol J 19, 100 (2022). https://doi.org/10.1186/s12985-022-01831-0

L’article complet de Peter Nordström, de Marcel Ballin et de Anna Nordström est disponible ci-joint : Nordström P, Ballin M, Nordström A. Risk of infection, hospitalisation, and death up to 9 months after a second dose of COVID-19 vaccine: a retrospective, total population cohort study in Sweden. Lancet. 2022;399:814–23. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(22)00089-7.

« De zwendel met windmolens »: getuigenis van een bioboer uit Auvergne

Het belangrijkste kenmerk van de hedendaagse windenergie is dat zij de kloof tussen de voorstanders van groen kapitalisme en die van radicale ecologie kristalliseert. In feite staan de bedoelingen van de zogenaamde « industriële windenergie » vaak ver af van milieuoverwegingen. De omstandigheden waaronder de industrie werd opgezet, werden bekritiseerd door vele milieuactivisten, maar ook en vooral door de plattelandsbevolking, die de industrialisatie van het platteland aan de kaak stelde.

Deze laatste functioneert volgens een kapitalistische, financiële, technofiele en transnationale logica die niets nieuws is; de productie van industriële windenergie is gebaseerd op fabrieken in China en fabrikanten (de turbinefabrikanten[note]) in Duitsland of Denemarken, dit alles verpakt in de « zuiverste financiële traditie[note] ». Getuige het geval van Théolia, omgedoopt tot Futuren en in 2017 opgekocht door EDF, dat bekend werd « om zijn beurswangedrag en herhaalde schuldenlast over de ruggen van zijn kleine aandeelhouders[note]  » en zijn juridische aanvallen[note] op het verzet tegen industriële windenergie. In feite gebeurt de vestiging van de windindustrie op het platteland zeer vaak op een brutale en corrupte manier. In dit verband maakt de Centrale Dienst voor Corruptiepreventie zich al bijna 10 jaar zorgen[note], over de illegale belangen van verkozen ambtenaren en de multinationals voor hernieuwbare energie die hen het hof maken[note], die aanwezig zijn bij de installatie van windkrachtcentrales.

De grote industriëlen die de sector vormen, hebben lange tijd geprofiteerd van overheidssubsidies die een sterke stimulans vormen om zich te vestigen. Vandaag doen de Europese richtlijnen geleidelijk een aanval op de gereguleerde tarieven en wordt de industriële windenergiemarkt steeds meer geconcentreerd, wat leidt tot hogere facturen en een wedloop naar winstgevendheid voor de consument. De grote groepen die de markt domineren beschikken dan over de middelen om hun greenwashing-campagnes ten gunste van de « energietransitie » te financieren en zo de sociale, economische en ecologische aberratie te verhullen die de winningsketens van zeldzame metalen in de mijnen van Afrika of China veroorzaken. Ze proberen ook de ecologische kosten te verbergen van elke betonsokkel die nodig is om een mast op te richten: ongeveer 1.500 ton voor een windturbine en 1 miljoen ton per jaar voor de hele industrie[note]. We zouden het ook kunnen hebben over de composieten (mengsel van harsen en glasvezels) die nodig zijn voor de bladen, die moeilijk te recyclen zijn[note].

Concreet ligt het enige vooruitzicht van deze « nieuwe technologieën » in de overgang naar een « ecotechnocratie »; synoniem voor de afhankelijkheid van samenlevingen van exclusieve, onevenredige en gecentraliseerde technische eenheden, die deelneemt aan de vernieuwing van de mystificatie van het technische verschijnsel. De mens heeft niet meer inzicht in of bewuste controle over zijn technische middelen van interactie met de natuurlijke wereld wanneer de energie die hij gebruikt afkomstig is van een reusachtige thermodynamische zonne-energiecentrale of een conventionele thermische centrale.

Bovendien zullen zonne-, wind- en waterkracht nooit in staat zijn om samenlevingen te voorzien van de enorme hoeveelheden grondstoffen en energie die nodig zijn voor sterk geconcentreerde bevolkingsgroepen en hypergecentraliseerde industrie. Omgekeerd zou het gecombineerde gebruik van verschillende technologieën op lokaal niveau meer dan voldoende kunnen zijn voor de behoeften van kleine gemeenschappen. In die zin hebben de anti-windenergie-activisten, ondanks de karikaturale kritiek die zij krijgen, de verdienste dat zij het energievraagstuk politiseren, van de productie tot het verbruik. Het is geen toeval dat de miniatuurwindturbine[note], die relatief gemakkelijk te bouwen en te repareren is, niet (voldoende) wijdverbreid is. Het, maar ook low-tech, agro-ecologie, autonoom bouwen, zou de burgers van een lokale gemeenschap in staat stellen de autonome producenten en consumenten van hun energie te worden.

Getuigenis

Ik ben 35 jaar oud, ik ben een biologische boer in Auvergne. Twee jaar geleden werd ik benaderd door een particulier bedrijf dat van plan was een windmolenpark in mijn gemeente te installeren. Ik heb het met vreugde ontvangen! Ik keek ernaar uit om deel te nemen aan een milieuproject.

– Eerste verrassing: ik verwachtte een vertegenwoordiger van de Staat, of van de prefectuur voor dit soort projecten te ontmoeten (energie is, lijkt mij, het welzijn van allen en wij zijn allen betrokken). In feite was dit niet het geval; het was een particuliere onderneming, gefinancierd door buitenlandse pensioenfondsen, die met het project was belast. Een beetje vreemd, maar na wat rondvragen kwam ik erachter dat alle projecten in handen waren van particuliere bedrijven die in heel Frankrijk naar land zoeken om windturbines te plaatsen. Dus ik dacht dat dit bedrijf mij een stuk land wilde kopen, een beetje als een ‘groene’ projectontwikkelaar.

– De tweede verrassing was dat het bedrijf inderdaad van plan was een windturbine op mijn eigendom te plaatsen, maar dat zij mijn land niet wilden « afpakken ». Ze wilde alleen het land huren. En dit voor een absoluut duizelingwekkend bedrag: 30.000 euro per jaar voor twee geïnstalleerde windturbines. Mijn huidige inkomen is 1.500 euro per maand, dus denk er eens over na, 30.000 euro netto per jaar gedurende 20 jaar! Al 20 jaar… 30.000 euro die elk jaar vallen en ik doe mee aan de nationale ecologie. Een droom!

Het bedrijf drong erop aan dat ik « snel » zou tekenen, omdat andere boeren ook geïnteresseerd zouden kunnen zijn. Voor 30.000 euro per jaar, twijfelde ik er niet aan. Maar… ik kom uit de Auvergne, en van nature wantrouwig, « ze willen 75 keer de prijs van de grond betalen zonder het te bezitten? Hier? Waar ons land niet veel waard is? Er is ergens een wolf ». Dus zocht ik naar de wolf. En ik vond het door te vragen voor een nieuwe afspraak met het bedrijf. Ik vroeg hen om een huurcontract. En ik heb alle kleine lettertjes gelezen. En dit is de vraag die ik hen stelde: na 20 jaar, wat gebeurt er? Een zeer vaag antwoord: « (….) Wij zullen er niet meer zijn, omdat wij onze sites verkopen aan buitenlandse bedrijven (vooral Chinese). Maar aangezien de wet ons verplicht te voorzien in de ontmanteling van de windturbine, zullen wij 50.000 euro uittrekken voor uw twee windturbines. »
Want na 20 jaar is een windturbine natuurlijk aan het eind van zijn levensduur, hij is weg, en er is bepaald dat hij moet worden ontmanteld.

Echt? Dus heb ik verschillende bedrijven ingeschakeld die gespecialiseerd zijn in het ontmantelen van windturbines. Het resultaat is dat de minimumkosten voor een windturbine (hoogte: 80 meter) 450.000 euro per turbine bedragen, te betalen door de landeigenaar. Wat als ze niet kunnen betalen? Aangezien het om een industriële windturbine gaat, keert de staat zich tegen de eigenaar en vervolgens tegen de gemeente. Ik zal een snelle berekening maken: het totale project voor mijn gemeente van 200 inwoners omvat 7 windturbines, d.w.z. 450.000 x 7 = 3.150.000 aan schuld voor de gemeente. Het is bankroet voor iedereen!

Toen vroeg ik me af waarom dit bedrijf windturbines wilde plaatsen op een plaats waar zo weinig wind is. Antwoord: « Ja, er is niet genoeg wind, maar we gaan veel hogere windturbines bouwen… 80 meter hoog. Heel goed. Voor windturbines die slechts 25% van de tijd zullen draaien, is dit niet erg rendabel.

Maar waarom zijn de pensioenfondsen zo geïnteresseerd in windenergie in Frankrijk?
Simpel! In Frankrijk is bij wet bepaald dat groene energie uit windturbines moet worden gekocht tegen een prijs die tweemaal zo hoog is als die van andere energiebronnen (hydraulische energie, die volkomen groen is, heeft dit voorrecht niet!) Het is dus interessant voor buitenlandse investeerders, waarschijnlijk in volledige medeplichtigheid met onze regering, want, wie betaalt dit verschil? … DAT ZIJN WIJ! Kijk maar eens goed naar uw EDF-factuur, er staat een kleine regel die zegt dat wij « deelnemen aan de ontwikkeling van groene energie ». In feite financieren wij buitenlandse aandeelhouders.

Oh ja! Ik heb je niet alles verteld! Deze energie is hoofdzakelijk bestemd voor de export.
De aandeelhouders geven daar helemaal niets om. Dat doe ik niet. De ontwikkeling van windenergie in Frankrijk zal 75 miljard euro kosten, gefinancierd door onszelf, om onze landschappen, ons toerisme, onze vastgoedwaarden en onze landbouwgrond te vernietigen. In plaats daarvan zou de staat dit geld kunnen gebruiken om iedere Fransman een deel te geven om zijn huis op een waardige manier te isoleren. Maar dat zou de aandeelhouders geen geld opleveren.

Geef het door, en denk erover na.

Onder het mom van « GROEN » worden we voor lief genomen.

M-T.


« L’arnaque des éoliennes » : témoignage d’une agricultrice bio d’Auvergne

L’énergie éolienne contemporaine a pour caractéristique principale de cristalliser la fracture qui opposent les tenants du capitalisme vert et ceux d’une écologie radicale. Et, de fait, ce que l’on nomme « l’éolien industriel » revêt des intentions souvent bien éloignées des préoccupations environnementales. Les conditions de mise en place de la filière sont décriées par de nombreux militants écologistes mais, aussi et surtout, par des ruraux qui dénoncent l’industrialisation de la campagne.

Cette dernière s’opère selon une logique capitaliste croissanciste, financière, technophile et transnationale qui n’a rien de neuve ; la production de l’éolien industriel se basant sur des usines en Chine et des constructeurs (les turbiniers[note]) en Allemagne ou au Danemark, le tout enrobé dans « la plus pure tradition financière[note]». En témoigne le cas de l’entreprise Théolia, rebaptisée Futuren et rachetée par EDF en 2017, qui s’est faite connaître « par ses magouilles boursières et les endettements à répétition sur le dos de ses petits actionnaires[note] » et ses attaques judiciaires[note] contre l’opposition à l’éolien industriel. A vrai dire, l’implantation de l’industrie éolienne dans les campagnes se fait très souvent de manière brutale et corrompue. A cet égard, le Service central de Prévention de la Corruption s’inquiète, depuis près de 10 ans maintenant[note], des prises illégales d’intérêts, entre les élus et les multinationales des énergies renouvelables qui les courtisent[note], qui émaillent l’installation de centrales éoliennes.

Les grands industriels qui composent le secteur ont, pendant longtemps, profité de subventions publiques très incitatives à l’implantation. Aujourd’hui, les directives européennes s’attaquent progressivement aux tarifs réglementés et le marché de l’éolien industriel se concentre toujours plus; entraînant, pour le consommateur, une hausse des factures et une course à la rentabilité. Les grands groupes qui dominent le marché ont alors les moyens de financer leurs campagnes de greenwashing en faveur de « la transition énergétique » et ainsi d’occulter l’aberration sociale, économique et environnementale que constituent les chaînes d’extraction de métaux rares dans les mines d’Afrique ou de Chine. Elles s’emploient également à masquer le coût écologique impliqué par chaque socle de béton nécessaire à l’érection d’un mât : soit environ 1.500 tonnes pour une éolienne et 1 million de tonnes par an pour l’ensemble de la filière[note]. On pourrait aussi parler des composites (mélange de résines et de fibres de verre) nécessaires pour les pales et dont le recyclage est difficile[note].

Concrètement, la seule perspective de ces « nouvelles technologies » réside dans le passage à l’« écotechnocratie » ; synonyme de la dépendance des sociétés à des ensembles techniques exclusifs, démesurés et centralisés qui participe au renouvellement de la mystification du phénomène technicien. L’homme n’a pas plus la compréhension ni le contrôle réfléchi de ses moyens techniques d’interaction avec le monde naturel lorsque l’énergie qu’il utilise lui provient d’une centrale solaire thermodynamique géante ou d’une centrale électrique thermique classique.

De plus, les énergies solaires, éoliennes et hydrauliques ne parviendront jamais à fournir aux sociétés les quantités massives de matières premières et d’énergie qu’exigent des populations extrêmement concentrées et une industrie hyper-centralisée. A l’inverse, l’emploi conjugué des différentes technologies à l’échelle locale pourrait largement suffire aux besoins de petites collectivités. En ce sens, malgré les critiques caricaturales adressées aux militants anti-éolien, ces derniers ont le mérite de politiser la question de l’énergie, de sa production à sa consommation. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’éolienne miniature[note], relativement facile à faire et à réparer n’est pas (assez) diffusée. Elle, mais aussi les Low-tech, l’agroécologie, les constructions autonomes, permettraient aux citoyens d’une communauté locale de devenir les producteurs et les consommateurs autonomes de leur énergie.

Témoignage

J’ai 35 ans, je suis agricultrice bio en Auvergne. Il y a deux ans, j’ai été contactée par une entreprise privée qui avait pour projet d’installer un parc d’éoliennes dans ma commune. Je l’ai reçue avec joie ! J’avais hâte de participer à un projet écologiste.

– Première surprise : je m’attendais à rencontrer un représentant de l’État, ou de la préfecture pour ce genre de projet (l’énergie est, il me semble, le bien de tous et nous sommes tous concernés). En fait, il n’en était rien ; c’était bien une entreprise privée, financée par des fonds de pensions étrangers, qui était chargée du projet. Un peu bizarre mais, après m’être renseignée, je me suis aperçue que tous les projets étaient tenus par des sociétés privées qui prospectent un peu partout en France pour chercher des terrains où placer des éoliennes. Je pensais donc que cette société voulait m’acheter un bout de terrain, un peu comme un promoteur immobilier « du vert ».

– Deuxième surprise : la société envisageait effectivement d’implanter une éolienne chez moi, mais elle ne voulait « surtout pas » me déposséder de mes terres. Elle voulait seulement louer le terrain. Et cela, pour une somme absolument mirobolante : 30.000 euros par an pour deux éoliennes implantées. Mes revenus actuels sont de 1.500 euros par mois, pensez-donc, 30.000 euros net par an et pendant 20 ans ! Pendant 20 ans… 30.000 euros qui tombent tous les ans et je participe à l’écologie nationale. Un rêve !

La société a insisté pour que je signe « rapidement », car d’autres agriculteurs pouvaient être aussi intéressés. A 30.000 euros par an, je n’en doutais pas une seconde. Mais… je suis auvergnate, et par nature méfiante, « ils veulent payer 75 fois le prix de la terre sans la posséder ? Ici ? Là où nos terres ne valent pas grand-chose ? Il y a un loup quelque part ». Alors j’ai cherché le loup. Et je l’ai trouvé en demandant un nouveau rendez-vous avec la société. Je leur ai demandé un contrat du bail. Et j’ai lu toutes les petites lignes. Et voici la question que je leur ai posée : au bout de 20 ans, que se passe-t-il ? Une réponse très floue : « (….) On ne sera plus là, car on revend nos implantations à des entreprises étrangères (chinoises notamment). Mais, comme la loi nous demande de prévoir le démantèlement de l’éolienne, nous vous provisionnons 50.000 euros pour vos deux éoliennes. »
Parce que, bien entendu, au bout de 20 ans, une éolienne, elle est en fin de course, foutue, et il est stipulé de la démonter.

Ah bon ? Alors j’ai fait venir plusieurs entreprises spécialisées dans le démantèlement des éoliennes. Résultat : devis pour une éolienne (hauteur : 80 mètres), le coût minimum est de 450.000 euros par éolienne, à charge du propriétaire du terrain. Et s’il ne peut pas payer ? Comme il s’agit d’une éolienne industrielle, l’État se retourne contre le propriétaire, puis contre la commune. Je fais un rapide calcul : le projet d’ensemble de ma commune de 200 habitants comprend 7 éoliennes, soit 450 000 x 7 = 3.150.000 de dette pour la commune. C’est la faillite pour tous !

Ensuite, je me suis demandé pourquoi cette société voulait implanter des éoliennes dans un endroit où il y a si peu de vent. Réponse : « En effet, il n’y a pas assez de vent, mais nous allons construire des éoliennes beaucoup plus hautes… de 80 mètres de haut ». Fort bien. Pour des éoliennes qui ne tourneront que 25 % du temps, ce n’est pas très rentable.

Mais, comment se fait-il que des fonds de pension s’intéressent tant à l’éolien en France ?
Tout simple ! En France, une loi exige que l’énergie verte des éoliennes soit achetée en priorité deux fois le prix des autres énergies (l’hydraulique, qui est pourtant totalement vert, n’a pas ce privilège !). Donc, c’est intéressant pour les investisseurs étrangers, sans doute en pleine complicité avec notre gouvernement car, qui paye cette différence ? … C’EST NOUS ! Regardez bien votre facture EDF, il y a une petite ligne qui indique que nous « participons au développement de l’énergie verte ». En fait, nous finançons des actionnaires étrangers.

Ah oui ! Je ne vous ai pas tout dit ! Cette énergie est essentiellement destinée à être exportée.
Ça, les actionnaires s’en fichent totalement. Moi pas ! Le développement de l’éolien en France va coûter 75 milliards d’euros financés par nous-mêmes pour détruire nos paysages, notre tourisme, la valeur de nos biens immobiliers et nos parcelles cultivables. Au lieu de ça, avec cet argent, l’État pourrait redistribuer à chaque français une part pour isoler dignement son logement. Mais ça, ça ne rapporterait rien aux actionnaires.

Faites circuler, et réfléchissez.

Sous couvert de «VERT», on nous prend pour des…

M-T.


Interview de Frédéric VIDAL, fondateur de SOLARIS

Le réseau SOLARIS France est un « Internet Humain », un réseau d’entraide et de solidarité qui commence dans votre voisinage direct.Il est bien sûr totalement gratuit. Il représente le rassemblement d’êtres humains qui chacun, bénévolement, agit pour tous et qui ensemble, lorsque nécessaire, agissent pour un.Il se pourvoie de ses propres moyens de communication en cas de rupture des moyens traditionnels. Il fonctionne organiquement grâce à une bonne circulation de l’information, sans hiérarchie, sans chef.»

Interview de Frédéric VIDAL, fondateur de SOLARIS.


Le réseau SOLARIS France est un « Internet Humain », un réseau d’entraide et de solidarité qui commence dans votre voisinage direct.Il est bien sûr totalement gratuit. Il représente le rassemblement d’êtres humains qui chacun, bénévolement, agit pour tous et qui ensemble, lorsque nécessaire, agissent pour un.Il se pourvoie de ses propres moyens de communication en cas de rupture des moyens traditionnels. Il fonctionne organiquement grâce à une bonne circulation de l’information, sans hiérarchie, sans chef.»

SÉRIE: Covid-19: fabrique de la panique, braquage des comptes publics

Série animé par Pierre LECOT[1]

Épisode 1: « Y a-t-il eu une hécatombe quelque part ? »

Épisode 2: « Y a-t-il eu une saturation hospitalière ? »

Épisode 3: « Y a-t-il eu un déferlement de malades ? »

Épisode 4: « La bureaucratie sanitaire au centre de la fraude »

Épisode 5:  » Le mythe de la contamination épidémique »

Épisode 6: « Morts sous protection sanitaire »

D’autres épisodes suivront prochainement.

Y a-t-il eu un déferlement de malades ?

SÉRIE: Covid-19: fabrique de la panique et braquage des comptes publics, épisode 3.

Y a‑t-il eu un déferlement de malades ?

SÉRIE: Covid-19: fabrique de la panique et braquage des comptes publics, épisode 3.

Le nouveau désordre mondial

Salim Laïbi est algérien et habite à Marseille (France). Il pratique en qualité de chirurgien dentiste. Depuis une quinzaine d’années, il est ce que l’on appelle un « lanceur d’alertes ». Très sensible aux mensonges, il traite de sujets très différents ; magouilles politiques, réseaux maçonniques, économie, pédophilie…
Cependant, un sujet lui tient particulièrement à cœur; la nébuleuse Big Pharma… Et la période « covidiste» a mis en lumière cet intérêt. Salim commençait déjà à attaquer Big Pharma en 2009 à l’aide de conférences, au sujet de ce qu’il qualifie de « fausse grippe H1N1 ».
Salim est également écrivain et vient de sortir un livre, intitulé « La fin du monde moderne ».

N.B. Salim Laïbi a finalement dû annuler sa conférence prévue en Suisse: https://www.lelibrepenseur.org/la-trahison-dheidi-ou-comment-perdre-son-ame-en-24-heures/
Son site internet : https://www.lelibrepenseur.org/

Le nouveau désordre mondial

Salim Laïbi est algérien et habite à Marseille (France). Il pratique en qualité de chirurgien dentiste. Depuis une quinzaine d’années, il est ce que l’on appelle un « lanceur d’alertes ». Très sensible aux mensonges, il traite de sujets très différents ; magouilles politiques, réseaux maçonniques, économie, pédophilie…
Cependant, un sujet lui tient particulièrement à cœur; la nébuleuse Big Pharma… Et la période « covidiste» a mis en lumière cet intérêt. Salim commençait déjà à attaquer Big Pharma en 2009 à l’aide de conférences, au sujet de ce qu’il qualifie de « fausse grippe H1N1 ».
Salim est également écrivain et vient de sortir un livre, intitulé « La fin du monde moderne ».

N.B. Salim Laïbi a finalement dû annuler sa conférence prévue en Suisse: https://www.lelibrepenseur.org/la-trahison-dheidi-ou-comment-perdre-son-ame-en-24-heures/
Son site internet : https://www.lelibrepenseur.org/

Covid in Paraguay…

Deze getuigenis zegt niet alleen iets over het politieke beheer van de Covid in een Latijns-Amerikaans land, maar stelt ook de kwestie van de ballingschap aan de orde, om elders een beter leven te vinden. Een rollende steen vergaart geen mos?

Droevige tropen, droevige wereld

Het beroemde coronavirus. Ik maakte er grapjes over in de wandelgangen, op kantoor. Vanaf het begin ergerde ik me aan het mediacircus, maar ik had geen idee dat dit een historisch moment was, dat zo veel dingen in mijn leven zou veranderen. De eerste opmerkingen komen, verraderlijk: « hij zoent nog steeds, dat is niet verstandig ». Angst heeft de gedachten van de mensen beheerst. Niets zal ooit nog hetzelfde zijn.

De eerste schadelijke maatregel komt eraan. School gesloten, maar vanaf maandag. « Je moet georganiseerd zijn, zie je. Ik vind het zo overdreven. Het lijkt wel of er een atoombom is gevallen. Ik was me er nog niet van bewust dat ze veel verder zouden gaan.

Een paar dagen later had de show een beroemde wending en ik begon hardop te lachen. « Insluiting » is het woord. Voor iedereen, geen jaloezie. « Je moet solidair zijn, begrijp je, dame? Omkering van de bewijslast: iedereen wordt als ziek beschouwd behalve degene die het met een test kan bewijzen. En nogmaals, je kunt nooit zeker zijn: « Je moet toch thuisblijven, er zijn valse negatieven, begrijp je.

Drie weken om de curve af te vlakken, zeiden ze. De doodgravers, zelfbenoemde experts, en hun doodsdrift hadden ons leven overgenomen. Ik wist meteen dat dit geen pandemie was, maar ik begreep niet waarom ze maatregelen namen die de economie de das om zouden doen. Ik begon mezelf opnieuw te vormen en me opnieuw te interesseren voor de politiek (de echte, die het leven van de stad organiseert). Theorieën die ik eerder had verworpen, werden eindelijk duidelijk.

De wereldleiders hebben, vooruitlopend op het einde van het kapitalisme, dat vol is van zijn eigen tegenstrijdigheden, besloten het einde van het spel in te luiden. Voorbij zijn de dagen van het hyper-kapitalisme van de consument, de mens is log en achterhaald geworden. We gaan een tijdperk van rantsoenering en transhumanisme in.

Geholpen door technologie en kunstmatige intelligentie worden we aangespoord om minder te consumeren, minder te bewegen en uiteindelijk zo min mogelijk te ademen. « Je bent een koolstof overtreder! Het uiteindelijke doel, op de lange termijn, is een proces van ontvolking. Kortom, de Grote Reset. De schok is hard! Ook al heb ik ze altijd al gehaat, te weten dat ze ons willen elimineren is toch behoorlijk onaangenaam. Tegelijkertijd heeft het de verdienste dat het het spel verduidelijkt.

November 2020, na een nieuwe ronde van illegale en onwettige beperkingen, en begrepen hebbend dat « al deze shit » niet zal stoppen, wordt de beslissing genomen: ik vertrek, ik verban mezelf.

Ga op het platteland van Zuid-Frankrijk of Spanje wonen, doe aan permacultuur en streef naar zelfvoorziening op het gebied van voedsel, water en energie en zelfs op het gebied van onderwijs en gezondheid. Een gek project gezien mijn tuinieren en doe-het-zelf vaardigheden. Mijn geliefde is niet erg enthousiast. Ik verander van gedachten en stel voor dat hij terugkeert naar zijn land in de tropen, in Zuid-Amerika. Ik ben zo gefrustreerd door de situatie in België dat ik geobsedeerd ben door radicale verandering. Aarzelend stemt ze uiteindelijk toe en we beginnen aan een reis van meer dan een jaar.

Eenmaal in Brazilië, is het masker alomtegenwoordig op straat, zelfs op de gezichten van kleine kinderen. Ook al is het niet verplicht. Dit is een slecht begin! De blikken van de ongemaskerde gringos die we zijn, zijn afkeurend. Gelukkig komt het masker, naarmate men de grote steden verlaat, minder vaak voor en is er minder stank van hydro-alcoholische gel. Soms moeten we een « gezondheidsbarrière » ontwijken (PCR-test), maar binnenshuis maskeren is wijdverbreid.

Als je in Paraguay aankomt en veel minder maskers op straat ziet, denk je dat je gewonnen hebt. We hebben het paradijs en de vrijheid gevonden. De vreugde was van korte duur. Bij de ingang van de winkels, wasbakken om handen te wassen. Vervolgens besproeit een bewaker uw handen, en tegelijkertijd de gezichten van uw kinderen, royaal met een hydro-alcoholische oplossing. Hij controleert of je masker op is en of je je kleine handboeien gewassen hebt. Als onderdrukking lachwekkend wordt…

Maar de genadeslag komt wat later. Na twee jaar afstandsonderwijs in een land waar een groot deel van de bevolking geen toegang heeft tot een personal computer, is de echte school teruggekeerd. Oh vreugde, oh geluk! Toen mijn oudste zoon naar de lagere school ging, hoorden we dat het masker verplicht was (hoewel het in België nog niet verplicht is, ter herinnering). Ik weerhoud me ervan het uit te schreeuwen van woede, na een reis van meer dan 10.000 kilometer om aan het pseudo-sanitaire totalitarisme te ontsnappen, haalt het ons nu met volle kracht in!

Na bittere discussies met mijn vrouw, geef ik toe. Met een bezwaard hart, stuur ik mijn zoon naar buiten met de muilkorf op zijn gezicht. Ik leg hem uit dat dit een belachelijke verplichting is en dat hij die zo veel mogelijk moet afschaffen. Gelukkig is hij opstandig en daarom geneigd de regels te overtreden. Ik probeer mezelf gerust te stellen gezien het zeer korte post-covid schema van de school en controleer het zuurstofsaturatie niveau. Toch voel ik me een lafaard en ik zal het mezelf nooit volledig vergeven. In sommige kleuterscholen is het masker verplicht, maar voor onze jongste zoon hebben we een kleuterschool gevonden die vrij is van deze verplichting. Hoewel het gemaskerd zien van sommige van zijn metgezellen, en vooral zijn leraar, ook gevolgen zal hebben.

Meer in het algemeen, erken ik de hoofdstad van mijn geadopteerde land niet. De sfeer is somber en niet erg Latino.

De straten zijn verlaten en er is weinig activiteit. Een mengsel van angst, gewoonte (‘thuisblijven’) en economische crisis. Asunción schijnt uitgestorven te zijn. Het covidisme heeft overal zijn tol geëist.

Droevige tropen.

Evenals in Europa zijn de maatregelen onlangs aanzienlijk versoepeld.

Tot wanneer? De volgende pseudo-pandemie? Net als in Europa is de inflatie hoog en neemt de armoede toe in een toch al zeer arm land.

Het is tijd om de balans op te maken.

Ik zal er nooit aan wennen motorrijders te zien zonder helm maar met een masker op, kleine kinderen met een masker tot over hun oren, zwaarlijvige diabetici die denken voor hun gezondheid te zorgen door hun handen in te smeren met chemicaliën, … Instinctief weet ik dat het een doodswens is, precies het tegenovergestelde van wat ze beweren. Dood is leven.

Trieste tropen, trieste wereld.

Daarom richt ik mij tot allen die in de verleiding zouden kunnen komen om in ballingschap te gaan. U bent vrij om dat te doen, natuurlijk. Maar zorg ervoor dat je de realiteit van het land kent. Paradoxaal genoeg komen in Guaraní-land veel westerlingen om vaccins te mijden, maar ik ontdekte dat de bevolking in het algemeen erg gesteld was op vaccins, inclusief covid, en vooral onder kinderen. Dit is een element waarmee rekening moet worden gehouden. De vaccinatiegraad tegen covids is echter een van de laagste in Latijns-Amerika. Ook dit is een paradox in een land waar de bevolking een zeer goede kennis heeft van geneeskrachtige planten.

Meer in het algemeen denk ik dat verbanning om gezondheidsredenen verkeerd is. Naar mijn bescheiden mening, moet onze hele manier van leven herzien worden. En het is makkelijker om dat te doen in een land dat je kent. Dus ik ga terug naar Europa. Dus ik ga mezelf omringen met bewuste mensen en een netwerk creëren. Er is veel gebeurd in het afgelopen jaar. Er wordt een andere maatschappij gebouwd en ik ben van plan daar deel van uit te maken.

Ze willen ons controleren, ons opsluiten en ons verarmen. We zullen ongrijpbaar, vrij en verenigd zijn.

C.

Le Covid au Paraguay…

Ce témoignage, au-delà de ce qu’il dit sur la gestion politique du Covid dans un pays d’Amérique latine, pose la question de l’exil dans le but de trouver mieux ailleurs. Pierre qui roule n’amasse pas mousse?

Tristes tropiques, triste monde

Le fameux coronavirus ; j’en faisais des blagues dans les couloirs, au bureau. Dès le début, le cirque médiatique m’agaçait mais j’étais loin d’imaginer que c’était un moment historique, qui allait changer tant de choses dans ma vie. Les premiers commentaires arrivent, insidieux : « il fait encore la bise, ça n’est pas prudent ». La peur a pris le contrôle des esprits. Plus rien ne sera comme avant. 

La première mesure délétère arrive. École fermée, mais à partir du lundi. « Faut bien s’organiser, voyez-vous ». Je trouve ça tellement exagéré. On dirait qu’une bombe atomique est tombée. Je n’étais pas encore conscient qu’ils allaient aller beaucoup plus loin.  

Quelques jours plus tard, le spectacle connut un fameux rebondissement et je commençais à rire jaune. « Confinement », le mot est lâché. Pour tout le monde, pas de jaloux. « Faut être solidaire, vous comprenez ma petite dame ? ». Inversion de la charge de la preuve : tout le monde est considéré malade sauf celui qui sait le prouver à l’aide d’un test. Et encore, on n’est jamais sûr :  » Il faut quand même rester à la maison, il y a des faux négatifs, tu comprends ». 

Trois semaines pour aplanir la courbe, qu’ils disaient. Les fossoyeurs, autoproclamés experts, et leurs pulsions de mort avaient pris le contrôle de nos vies. J’avais tout de suite compris que cette pandémie n’en était pas une, mais je ne comprenais pas pourquoi ils prenaient des mesures qui allaient tuer l’économie. J’ai commencé à me réinformer et à me réintéresser à la politique (la vraie, celle qui organise la vie de la cité). Des théories que je rejetais jusqu’à présent prenaient enfin tout leur sens.  

Les dominants de ce monde anticipant la fin du capitalisme, perclus de ses propres contradictions, ont décidé de siffler la fin de la récréation. Fini l’hyper capitalisme de consommation, l’humain est devenu encombrant et obsolète. On rentre dans une époque de rationnement et de transhumanisme. 

Aidés par la technologie et l’intelligence artificielle, nous sommes enjoints de consommer moins, de bouger moins et finalement de respirer le moins possible. « Tu rejettes du carbone, assassin ! ». Le but ultime, à long terme, étant un processus de dépopulation. Bref, la Grande Réinitialisation. Le choc est rude ! Même si je les ai toujours honnis, savoir qu’ils veulent nous éliminer est quand même assez désagréable. En même temps, ça a le mérite de clarifier le jeu. 

Novembre 2020, après une nouvelle salve de restrictions illégales et illégitimes, et avoir compris que « toute cette merde » ne s’arrêtera pas ; la décision est prise : je me barre, je m’exile.  

Aller vivre dans la campagne profonde du sud de la France ou de l’Espagne, faire de la permaculture pour viser une autonomie en nourriture, eau et énergie voire en éducation et santé. Un projet un poil fou vu mes compétences en jardinage et bricolage. Ma chère et tendre est peu enthousiaste. Je change mon fusil d’épaule et lui propose de retourner dans son pays situé sous les Tropiques, en Amérique du Sud. La situation en Belgique m’exaspère tellement que je suis obsédé par un changement radical. Hésitante, elle finit par accepter et nous voici partis pour un périple de plus d’un an. 

Arrivée au Brésil, le masque est omniprésent dans la rue, même sur le visage de tout petits enfants. Alors même qu’il n’est pas obligatoire. Ça commence mal ! Les regards sur les gringos démasqués que nous sommes, sont désapprobateurs. Heureusement, en quittant les grandes villes, le masque devient moins courant et cela empeste moins le gel hydroalcoolique. Parfois, nous devons esquiver une « barrière sanitaire » (test PCR) mais le masque en intérieur est généralisé. 

En arrivant au Paraguay, en voyant nettement moins de masques dans la rue, on se dit que c’est gagné. Nous avons trouvé le paradis et la liberté. La joie fut de courte durée. A l’entrée des magasins, des éviers pour se laver les mains. Puis un garde vous asperge généreusement les mains, et par la même occasion le visage de vos enfants, de solution hydroalcoolique. Il vérifie que votre masque est bien mis et que vous avez bien lavé vos petites menottes. Quand l’oppression devient risible… 

Mais le coup de grâce viendra un peu plus tard. Après deux ans d’école à distance dans un pays où une large part de la population n’a pas accès à un ordinateur personnel, la vraie école est revenue. Oh joie, oh bonheur ! Lors de l’inscription de mon fils aîné en première primaire, nous apprenons que le masque est obligatoire (alors qu’il ne l’est pas encore en Belgique, pour rappel). Je me retiens pour ne pas pleurer de rage, après un voyage de plus de 10 000 kilomètres pour échapper au totalitarisme pseudo-sanitaire, voilà qu’il nous rattrape de plein fouet ! 

Après de âpres discussions avec ma femme, j’abdique. La mort dans l’âme, j’envoie mon fils avec la muselière sur le visage. Je lui explique que c’est une obligation ridicule et de l’enlever le plus possible. Heureusement, il est frondeur et donc enclin à ne pas respecter les règles. J’essaie de me rassurer vu l’horaire post-covid très réduit de l’école et vérifie le taux de saturation en oxygène. Néanmoins, je me sens lâche et je ne me le pardonnerai jamais totalement. Le masque est imposé dans certaines écoles maternelles mais nous en avons trouvé une libre de cette obligation pour notre fils cadet. Même si le fait de voir certains de ses compagnons, et surtout son institutrice, masqués aura aussi des conséquences. 

Plus généralement, je ne reconnais pas la capitale de mon pays d’adoption. L’ambiance est morose et pas très latino. 

Les rues sont désertes et il y a peu d’animation. Un mélange de peur, d’habitude (« reste à la maison ») et de crise économique. Asunción semble éteinte. Le covidisme a fait des ravages partout. 

Tristes tropiques. 

Tout comme en Europe, les mesures ont été fortement assouplies dernièrement.  

Jusqu’à quand ? La prochaine pseudo pandémie ? Tout comme en Europe, l’inflation est forte et la misère gagne du terrain dans un pays déjà très pauvre. 

L’heure est au bilan. 

Je ne m’habituerai jamais à voir ces motards sans casque mais portant consciencieusement leur masque, ces enfants en bas âge masqués jusqu’aux oreilles, ces obèses diabétiques pensant se préoccuper de leur santé en se badigeonnant les mains de produits chimiques, … Instinctivement, je sais que c’est une pulsion de mort, tout le contraire de ce qu’ils prétendent. La mort, c’est la vie. 

Tristes tropiques, triste monde. 

Je m’adresse donc à toutes celles et ceux qui seraient tentés par l’exil. Libre à vous de le faire, bien sûr. Mais renseignez-vous bien sur la réalité du pays. Paradoxalement, en terre guarani, beaucoup d’Occidentaux viennent pour échapper au vaccin mais j’ai découvert que la population en général était très friande de vaccins, y compris covid, et notamment chez les enfants. C’est un élément à prendre en compte. Cependant, le taux de vaccination covid est un des plus bas d’Amérique Latine. Encore un paradoxe, dans ce pays où le peuple a une très bonne connaissance des plantes médicinales.  

Plus généralement, je pense que l’exil pour le motif sanitaire est erroné. C’est toute notre manière de vivre qu’il faut revoir, à mon humble avis. Et c’est plus facile à faire dans un pays qu’on connaît. Je repars donc en Europe. Je vais donc m’y entourer de personnes conscientes et créer un réseau. Beaucoup de choses se sont construites depuis un an. Une autre société se construit et je compte bien y participer.  

Ils veulent nous contrôler, nous enfermer et nous appauvrir. Nous serons insaisissables, libres et solidaires.  

C.

Rencontre entre Philippe Bobola et Jean-Dominique Michel

Jean-Dominique Michel (anthropologue de la santé) et Philippe Bobola (physicien et anthropologue), se rencontrent et parlent du monde, articulent leurs idées pour le comprendre, pour nous aider à y voir plus clair, dans cette zone sombre de l’an Covid 02.


– Interview de Philippe Bobola: https://www.new.kairospresse.be/interview-de-philippe-bobola/

-Interview de Jean-Dominique Michel: https://www.new.kairospresse.be/arrestation-de-lavocate-virginie-de-araujo-recchia-interview-de-jean-dominique-michel/

Inauguration de la Maison des Lanceurs d’Alerte Belgique

Fondateurs:

  • Bradley BIRKENFELD
    A dénoncé l’évasion fiscale permise par des banques comme UBS notamment
  • Christine SPRUMONT
    A dénoncé le salaire abusif du patron de la RTBF
  • Nicolas ULLENS
    A dénoncé la corruption généralisée au sein de l’État belge
  • Karel ANTHONISSEN
    A dénoncé une fraude fiscale de 36 milliards d’euros
  • Claude ARCHER
    A dénoncé le non versement d’allocations loyers à 12 000 familles les plus pauvres de Bruxelles

Invités:

  • Juliette ALIBERT: avocate au Barreau de Paris spécialiste des droits humains
  • Jacques TRENTESAUX: Rédacteur en chef de Médiacités

Varioles de Cannes & festival de singe (Podcast)

Article[note] lu par Véronique JANSSENS

10 ANS POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

Alexandre Penasse, rédacteur en chef du journal, revient sur les 10 dernières années de journalisme au sein de Kairos.

« L’impact des émotions sur l’ADN »

Lors du colloque «L’épigénétique au service de la santé», organisé par «Au sein des Femmes» ( https://www.auseindesfemmes.be ), le Docteur ès Sciences Nathalie Zammatteo s’exprimait sur le thème: «L’impact des émotions sur l’ADN».

« Épigénétique et sport »

Lors du colloque «L’épigénétique au service de la santé», organisé par «Au sein des Femmes» ( https://www.auseindesfemmes.be ), le Docteur Gérard Guillaume s’exprimait sur le thème: «Épigénétique et sport».

Immunité et santé en 2022

Lors du colloque «L’épigénétique au service de la santé», organisé par «Au sein des Femmes» ( https://www.auseindesfemmes.be ), le Docteur Pascal Sacré s’exprimait sur le thème: «Immunité et santé en 2022».

10 ANS POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

Alexandre Penasse, rédacteur en chef du journal, revient sur les 10 dernières années de journalisme au sein de Kairos.

Immunité et santé en 2022

Lors du colloque «L’épigénétique au service de la santé», organisé par «Au sein des Femmes» ( https://www.auseindesfemmes.be ), le Docteur Pascal Sacré s’exprimait sur le thème: «Immunité et santé en 2022».