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La Cour constitutionnelle et la 5G : le développement technologique prime sur la protection de la santé et de l’environnement

Les procédures et les arrêts de la Cour

C’est en 2023, à l’initiative du Collectif stop5G.be, que deux recours en annulation avaient été déposés devant la Cour constitutionnelle, à l’encontre de textes de loi ouvrant la voie au déploiement de la 5G. Ces textes établissaient de nouvelles normes de protection contre les radiations de radiofréquence nettement plus permissives que les normes antérieures. [note]

Ces recours ont été déposés au nom des asbl GRAPPE et AREHS [note] ainsi que de personnes privées :

  • Le premier en juin 2023, contre décret de la Région wallonne du 8 décembre 2022.
  • Le deuxième en octobre 2023, contre l’ordonnance de la Région de Bruxelles-Capitale du 2 mars 2023.

Les deux arrêts qui clôturent les procédures rejettent les recours introduits. Ils apportent néanmoins des précisions intéressantes sur plusieurs points.[note]

Sur la recevabilité

Sur la recevabilité tant des associations que des personnes privées, la Cour ne formule aucune objection, ce qui confirme l’accessibilité de cette juridiction à des associations de citoyens qui défendent les droits de la protection de la santé et de l’environnement.

Sur le fond

Sur le fond, la Cour observe que le décret wallon modifie les critères applicables relatifs à la valeur maximale de la norme d’immission (pollution au niveau du récepteur). Cette modification constitue un recul par rapport au régime, plus sévère, établi par la réglementation antérieure. La Cour constate cependant que les nouvelles normes restent largement plus restrictives que les normes communément retenues par les experts (dont l’ICNIRP, la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants).[note]

En conséquence, la Cour considère que le législateur wallon n’a méconnu ni le principe de précaution ni les dispositions constitutionnelles relatives à la protection d’un environnement sain. Elle considère également que la Région wallonne est tenue de se conformer au programme européen en matière de déploiement de la technologie 5G dans les états membres. Le législateur avait, en d’autres termes, selon la Cour, fort peu de latitude pour refuser l’assouplissement des normes pouvant entraver ce déploiement.

En ce qui concerne l’ordonnance bruxelloise, le raisonnement est, à peu de chose près, le même : la Cour retient que l’assouplissement des normes n’enfreint pas le principe de précaution et les dispositions constitutionnelles dans la mesure où les éléments scientifiques de référence retenus par le législateur bruxellois démontrent que les nouvelles normes restent largement plus restrictives que les limites retenues par l’ICNIRP. La cour rappelle également les engagements européens auxquels la Région doit donner suite pour assurer le déploiement de la 5G.

Dépassement des limites de protection

Pour l’ordonnance bruxelloise, la Cour précise encore dans son arrêt que, en cas d’urgence, la dérogation aux limites fixées ne s’applique que dans des « circonstances exceptionnelles » qui présentent les caractéristiques d’un cas de « force majeure ». Dans cette mesure, la dérogation n’enfreint pas l’équilibre entre les droits fondamentaux concernés : la limitation des « risques pour l’environnement et la santé » en cas de crise majeure nécessitant une gestion à l’échelon national justifie qu’il soit ponctuellement admis de dépasser les limites prescrites.

Que retenir de ces deux arrêts ?

Sur la recevabilité, la jurisprudence favorable aux associations de défense de la santé et de l’environnement se confirme ; elle est désormais bien verrouillée et ne devrait pas connaître de modification à l’avenir.

Sur le fond, le principal intérêt de ces procédures a été de forcer la Cour à examiner dans le détail les justifications présentées par les législateurs régionaux pour la mise en place de nouvelles normes moins exigeantes que les normes préexistantes.

Nous retiendrons que les limites de protections retenues sont émises par des institutions et des organismes nationaux et internationaux, dont il est établi qu’ils sont encore et toujours aux ordres de l’industrie des télécommunications, quelles qu’en soient les conséquences.[note]

Au-delà des questions strictement scientifiques, nous retenons que le dossier reste finalement essentiellement politique : l’assouplissement des normes n’a d’autre objectif, avoué, que de permettre le déploiement de la 5G programmé au niveau européen et déclaré indispensable au développement économique de l’Union.

La position de la Cour convainc les idéologues qui ne peuvent imaginer d’avenir sans accélération de la course technologique, au détriment des évidences environnementales et de la santé des populations.

Nous sommes aux antipodes d’une telle vision, et nous continuerons à œuvrer pour une prise de conscience politique des réalités catastrophiques qui résultent de ce délire technologique.

Contact

  • Denis Brusselmans, avocat, 04 98 221 951
  • Francis Leboutte, porte-parole du Collectif stop5G.be, 04 388 39 19

Conférence de Presse – ALERTE SANITAIRE VACCINS ARNm

Raisons d’être de la conférence de presse:

  • Alerte sanitaire aux tutelles institutionnelles sur les « vaccins à ARNm antiCovid » signée par plus de 40 médecins, pharmaciens, chercheurs, scientifiques et universitaires, en, partenariat avec AAVIC team, collectif de victimes des effets secondaires.
  • Le retrait immédiat du marché des produits à ARNm, chez l’humain et l’animal
  • Un moratoire sur la recherche clinique sur les ARNm
  • L’étude exhaustive et indépendante de ces produits
  • La reconnaissance et la prise en charge financière, psychologique et médicale des victimes des injections antiCovid19 et des syndrômes post infectieux Covid
  • L’information exhaustive aux soignants et au public sur cette thématique
  • La mise en place de filières de recherche clinique et fondamentale, et de soins, susceptibles d’améliorer le diagnostic et les traitements des victimes d’effets indésirables des injections antiCovid et des victimes de Covid longs
  • Lancement d’une alerte sanitaire sur les
    vaccins ARNm anticovid-19

Collectif pour des thérapeutiques sûres et efficaces

« Les Enfants d’Hippocrate » est une association bénévole, à but non lucratif, apartisan et laïque qui cherche à aider à la réouverture du dialogue entre les citoyens, les scientifiques, les soignants et les institutions sur les questions relatives à la qualité, la sécurité et l’efficacité des thérapeutiques.
https://lesenfantsdhippocrate.org


De l’économie à l’idéologie : le basculement inquiétant de l’Union européenne

L’Union européenne n’est plus ce qu’elle était, pense-t-on. Et si, en réalité, elle devenait ce qui était voulu dès sa naissance. Née sur les cendres d’un continent dévasté, elle promettait paix, prospérité et coopération économique. Mais en l’espace de quelques décennies, ce projet initial s’est mué en un appareil politique technocratique, de plus en plus centralisé, normatif et difficilement contestable par sa population. Le basculement d’une « Europe des nations » vers une « Europe des commissaires » s’est fait progressivement, presque silencieusement. Les signes d’une dérive autoritaire sont désormais bien présents et même visibles pour qui veut les voir.

Et si tout cela avait été minutieusement planifié depuis la guerre 40-45 ? Et peut-être même avant… Le plan Marshall et la libération grâce aux GI américains, c’est ce qui est écrit dans les livres d’histoire, mais la réalité est fort différente, car si la reconstruction économique fut réelle, les objectifs géopolitiques étaient tout aussi stratégiques [note] et c’est cette réalité qui explique en partie la dérive que nous connaissons. Car déjà avant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis étaient déjà bien implantés en Europe et, durant la guerre, les sociétés américaines n’ont jamais quitté notre continent, elles ont même très bien préparé la suite. Le premier objectif visé par les États-Unis était d’unifier le marché européen et ce n’est pas un hasard si elles ont immédiatement pris de l’importance.

Après 1945, de nombreux cadres issus du régime nazi furent réintégrés dans les sphères administratives, politiques et technocratiques de l’Allemagne de l’Ouest [note]. Cette réintégration s’est également étendue à des postes importants au sein de la construction européenne, de l’OTAN et même des institutions américaines, notamment dans le cadre de la Guerre froide.


Des figures comme Hans Globke (juriste des lois de Nuremberg devenu chef de cabinet du chancelier Adenauer), Reinhard Gehlen (ancien chef du renseignement militaire à l’Est et fondateur du BND avec le soutien de la CIA), ou encore Walter Hallstein (juriste ayant appartenu à des organisations affiliées au régime nazi, devenu premier président de la Commission européenne), illustrent cette continuité. D’autres, comme Adolf Heusinger, ancien chef d’état-major de la Wehrmacht, ont occupé des postes élevés au sein de l’OTAN.

Aux États-Unis, l’opération Paperclip a permis à des scientifiques comme Wernher von Braun ou Arthur Rudolph, tous deux impliqués dans le programme des missiles V2, de rejoindre la NASA ou d’autres agences stratégiques. Ces choix ont été justifiés par le contexte de la lutte contre l’URSS, au détriment d’un processus de justice et de rupture avec le passé [note].

Cette présence prolongée d’anciens membres du régime nazi dans les structures post guerre a nourri un débat qui reste ouvert sur la continuité de certaines logiques autoritaires, technocratiques ou de gouvernance, qui ont pu influencer les fondements mêmes des institutions euro-atlantiques.

Le parallèle avec une version 2.0 de certains schémas autoritaires du XXe siècle, bien qu’ édulcorés et adoucis, n’est pas absurde et tentant. Il ne s’agit pas de dire que l’UE est le IVe Reich, mais que certaines mécaniques de contrôle social, d’uniformisation de la pensée et d’effacement de la souveraineté et de l’Histoire des nations rappellent des logiques autoritaires passées.

La Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), puis la Communauté économique européenne (CEE) avaient pour objectif de rendre la guerre impossible par l’interdépendance économique. L’Europe était alors un projet pragmatique, centré sur la coopération et la prospérité partagée. Les nations restaient souveraines et l’idée d’un super-État était (encore) absente. Mais il y a eu ensuite le traité de Maastricht en 1992 qui a été suivi par celui de Lisbonne en 2007, et l’UE a changé de nature [note].

Le politique entre en scène, avec une architecture de plus en plus supranationale avec des institutions détentrices d’un pouvoir croissant, mais sans être soumises au suffrage direct. La Commission européenne, la Cour de justice de l’UE et la Banque centrale européenne prennent une place centrale sans être véritablement responsables devant les citoyens.

On a pu constater que la démocratie directe a été mise en défaut à plusieurs reprises : en 2005, les peuples français et néerlandais rejettent le traité constitutionnel européen par référendum. La réponse de Bruxelles ? Transformer le texte en traité de Lisbonne et le faire adopter par voie parlementaire. L’Irlande, qui avait voté non, a dû revoter jusqu’à ce que le oui l’emporte, certes avec quelques aménagements négociés. Cette logique du « vote jusqu’à ce que le résultat convienne » est un symptôme clair du mépris technocratique [note].

L’UE ne se contente plus de coordonner des politiques économiques, elle légifère sur l’écologie, la santé, le numérique, la sécurité, les migrations, la société. Elle impose des directives contraignantes qui s’imposent aux lois nationales, le tout sans contre-pouvoir réel. Le Parlement européen, mal connu, mal écouté, reste largement consultatif. La majorité des décisions réelles sont prises en coulisses par la Commission ou le Conseil qui eux ne sont pas élus, et certainement pas la présidente fort contestée Ursula Von Der Leyen !


Il y a aussi cette spécificité très peu connue, et pour cause : contrairement à une idée reçue, les députés européens ne sont pas les ambassadeurs de leur nation au Parlement européen. Une fois élus, ils ne sont ni redevables à leur État ni tenus de défendre spécifiquement les intérêts de leur pays. Ils sont obligés de représenter « l’intérêt général de l’Union européenne » [note], conformément à l’article 10 du traité sur l’Union européenne (TUE). Cela signifie qu’un député français, belge ou italien peut voter contre l’intérêt exprimé par son propre gouvernement ou ses électeurs, s’il estime que la position de l’UE prévaut. Ce principe est rarement expliqué aux électeurs, mais il définit toute la logique institutionnelle de Bruxelles.

Ce principe est un pilier de l’ordre juridique de l’Union européenne. Il a été établi dès 1964 par la Cour de justice de l’UE dans l’arrêt Costa contre ENEL [note], et confirmé depuis.

Conséquence directe :

  • Une directive ou un règlement européen prime sur toute loi nationale.
  • En cas de conflit entre une règle européenne et la Constitution d’un État membre, le droit européen doit s’appliquer en priorité.

Même si certains pays, comme l’Allemagne ou la Pologne, ont tenté de contester cette hiérarchie, la Cour de justice de l’UE (CJUE) impose sa suprématie comme un principe non négociable.


Les citoyens votent à des élections nationales qui ne contrôlent plus réellement la majorité des décisions importantes, notamment en matière de climat, d’économie, de numérique et de migrations, d’où les marges de manœuvre des États membres qui sont de plus en plus restreintes par les règles européennes, souvent rédigées par des experts non élus ou validés hors débat public. Cela alimente un déficit démocratique structurel et la perception croissante d’un pouvoir éloigné, non responsable, et difficilement contestable.

Le récit européen se fait aujourd’hui au nom du « bien » : le bien climatique, le bien sanitaire, le bien inclusif. Mais cette morale officielle justifie de plus en plus des restrictions de libertés et une censure douce [note]. Le totalitarisme moderne n’interdit pas de front : il classe, discrédite et réduit au silence. Toute dissidence est assimilée à du complotisme ou à l’extrême droite. Le pluralisme devient suspect.

C’est le « Deux poids, deux mesures », ainsi on observe aussi une gestion à géométrie variable : des sanctions contre la Hongrie ou la Slovaquie pour « atteintes à l’État de droit », mais la totale tolérance envers d’autres pays plus alignés politiquement. L’UE se montre exigeante envers certains, permissive envers d’autres et ce traitement inégal fragilise sa légitimité.

Vers un totalitarisme doux ? Le modèle européen actuel tend vers un totalitarisme sans visage : non pas par la violence directe (quoique l’épisode des gilets jaunes démontre que si …), mais par un contrôle total exercé via les normes, la dépendance financière, les algorithmes et l’étiquetage social [note]. L’individu est libre sur le papier, mais enfermé dans un réseau d’obligations, de conformités et de récompenses conditionnelles.

Quel avenir pour l’Europe ?

L’Europe est un continent de civilisation, de culture et de diversité. Mais l’Union européenne actuelle semble trahir cette richesse au nom d’une unité factice. Il devient urgent de redonner aux nations leur souveraineté, de décentraliser, de restaurer le débat et la liberté de penser autrement.

Sinon, l’UE risque de devenir la plus belle des unités carcérales : moderne, écologique, inclusive, mais fermée à la dissidence.

Serge Van Cutsem

Du projet collectif au repli individualiste : le mirage consumériste du bonheur

Il fut un temps, pas si lointain, où l’humanité avançait portée par des projets collectifs. Ces projets n’étaient pas toujours parfaits ni exempts de contradictions, mais ils donnaient une direction, un cap, une finalité partagée. On croyait encore qu’il y avait des choses plus grandes que soi. La justice, le progrès social, l’émancipation, la dignité, l’éducation (rôle des parents), l’instruction de qualité pour tous, la liberté, la paix… autant d’idéaux qui rassemblaient, fédéraient et obligeaient chacun à se considérer comme une partie prenante d’un tout.

Si on remonte encore un peu plus le temps, il y avait les corporations qui regroupaient les métiers, les villages qui s’organisaient en quasi autarcie, le pouvoir qui se cantonnait à son niveau régalien, laissant aux entités lointaines la liberté d’organiser la communauté. Il faut dire que les citoyens ne savaient pas ce qu’était le mondialisme, eux qui ne quittaient pas leur village à plus de 20 km.

Aujourd’hui, ces idéaux semblent relégués au musée des utopies. La société contemporaine ne repose plus sur un “nous”, mais sur un agrégat de “moi. Le projet collectif a été progressivement supplanté par un projet d’abord individuel, puis individualiste, souvent replié sur lui-même, déconnecté des autres, voire méfiant envers toute forme d’engagement commun. Cette transformation ne fut pas naturelle, comme l’évolution naturelle de la faune et de la flore l’a toujours été, elle est le fruit d’un conditionnement profond, orchestré par des décennies de formatage culturel, éducatif et médiatique. Si les 5 dernières années ont vu une accélération foudroyante, notamment avec la gestion mondiale de la crise sanitaire, cette dérive humanitaire – car il n’y a pas d’autre terme – a débuté il y a très longtemps. Il suffit de lire Propaganda d’Edward Bernays [note] publié il y a plus d’un siècle.

La société de consommation, devenue un système totalitaire à part entière, a su imposer une idée radicalement nouvelle : le bonheur se trouve dans la satisfaction personnelle immédiate, et non dans une quête partagée. Le but de l’existence n’est plus de contribuer à une œuvre commune, mais d’optimiser sa propre trajectoire parfois au détriment et au mépris des autres. L’individu, devenu entrepreneur de soi, se voit comme une start-up en compétition permanente. Sans sentiment d’appartenance, il n’est plus qu’un consommateur isolé, pour qui l’autre devient un rival, un obstacle, voire un étranger.

Ce glissement s’accompagne d’un phénomène insidieux : la disparition progressive du sentiment d’appartenance à une culture et à une civilisation. Ce n’est pas anodin, ce sentiment est le socle de toute solidarité. Lorsqu’il disparaît, il ne reste que des individus isolés dans la foule, des consommateurs d’émotions et de divertissements. L’autre n’est plus un frère ou un compagnon de route, mais un obstacle, un rival, ou pire : un étranger. L’individu n’achète plus ce dont il a besoin ou pour remplacer ce qui est cassé et qui ne fonctionne plus, il est devenu le maillon consommateur de l’obsolescence programmée.

Mais revenons à l’isolement des individus. On en voit les conséquences dans certaines sociétés qui ont poussé ce processus à son extrême. Jour après jour, Aldo Sterone décrit ce qu’il observe au Royaume-Uni : une société fragmentée où, par exemple, des lois comme le Online Safety Act de 2023 restreignent la liberté d’expression sans provoquer de sursaut collectif. Les Anglais, en tant que peuple, semblent dissous : des individus partageant un territoire, mais plus une histoire vécue ensemble.. Il n’y a plus de société au sens fort du terme, plus de conscience collective, plus de « nous ». Il y a des gens qui cohabitent, parfois poliment, parfois pas, mais sans lien de solidarité, sans mémoire partagée, sans projet commun, ayant totalement oublié leur histoire. C’est la raison pour laquelle les Anglais ne réagissent pas. Mais ce n’est pas mieux en France et en Belgique, il ne se passe pas une semaine sans que le spectre des libertés individuelles ne se rétrécisse sans que cela ne provoque une véritable rébellion, tout au plus quelques frémissements numériques sur des réseaux sociaux transformés en soupapes de sécurité, à la manière d’une cocotte-minute sociale.

Le système les a formatés sur plusieurs générations à devenir conformistes, obéissants, dociles, mais surtout à ne plus se percevoir comme un peuple. L’idée même de « se soulever » collectivement leur est devenue étrangère. La résignation est la norme, l’indifférence une forme de survie. L’individualisme et la fracture identitaire ont créé une forme de désert relationnel, où plus rien ne mobilise.

Et si cela nous semble choquant, c’est peut-être parce que nous refusons de voir que cette même dynamique est à l’œuvre partout, c’est cela le véritable mondialisme. Ce qui s’est accompli au Royaume-Uni n’est pas une anomalie, mais bien une avant-garde tragique : c’est un laboratoire avancé d’un phénomène global. En France, en Belgique, ailleurs, les mécanismes sont les mêmes : affaiblissement du lien social, déconstruction du récit national, infantilisation des citoyens, addiction aux écrans, effacement des lieux d’échange réel…la génération Netflix avec le dernier I Phone en main.

Ce que le marketing mondialiste et ses relais culturels ont réussi, c’est à nous faire croire qu’un bonheur personnel, éphémère et surtout socialement et politiquement désengagé pouvait se substituer à un bien-être partagé, durable et solidaire. Le bonheur devient un produit à consommer, un état émotionnel à maintenir coûte que coûte. Mais ce bonheur-là, plus on s’en approche, plus il s’évapore. Il laisse derrière lui une société sous sédation. Il crée des dépendances, de la frustration, du vide. La consommation de plus en plus importante des antidépresseurs en est le signe.

Face à cela, il devient vital de réhabiliter l’idée de projet commun. Pas un projet imposé d’en haut, technocratique et autoritaire, mais un élan né d’initiatives locales : des jardins partagés aux cercles de discussion indépendants, en passant par la défense des savoirs traditionnels. Un projet de société fondé sur le lien, la réciprocité et le sens. Il ne s’agit pas de nier l’individu, mais de le reconnecter à une communauté de destin, à une trame humaine qui donne sens à ses actions. Il ne s’agit pas de revenir en arrière, mais de redécouvrir ce que nous avons oublié : que l’émancipation personnelle n’a de sens que si elle s’inscrit dans une émancipation collective.

Redonner du souffle au « nous » : voilà l’enjeu. Repenser nos liens, nos responsabilités mutuelles, nos récits communs. C’est le seul antidote à la dissolution des sens. Car une société qui ne croit plus en rien de collectif devient une proie facile pour toutes les dérives, qu’elles soient autoritaires, technologiques ou marchandes.

Je tiens à conclure en précisant que ce texte n’appartient à aucun camp politique. Il défend des valeurs universelles. Car que nous le voulions ou non, nous sommes tous embarqués sur le même navire — et il prend l’eau de toutes parts.

Il n’y aura pas de sauvetage magique, pas de leader providentiel. Seulement des sursauts, des prises de conscience, des gestes simples, mais lucides, des fragments de lien qu’il nous revient de raviver. Les canots de sauvetage, ce sont nos idées claires, nos actes concrets, nos solidarités ténues, mais tenaces.

Rien n’est gagné, mais rien n’est perdu tant qu’il reste des voix pour dire “nous”, face à la marée.


Serge Van Cutsem

Transmission « vaccinale »… des indices peu rassurants

Avec dr Hervé Seligmann: spécialiste des Maladies Infectieuses et Tropicales Emergentes

Trump vient de faire exploser le mondialisme

Ça y est, il l’a fait fait ! Certains sont surpris ou feignent d’être surpris. Peut-être, pensaient-ils qu’il n’oserait jamais passer à l’action. Mais c’est peu connaître le businessman américain. Il l’avait clairement annoncé lors de sa campagne présidentielle et aussitôt dit aussitôt fait, il applique son programme électoral à la lettre. Évidemment cela nous change de la plupart de nos politiciens qui, dès l’élection terminée, oublient leurs promesses de lendemains qui chantent.

Trump vient donc d’instaurer des tarifs douaniers à doses de cheval. Le 2 avril 2025 va incontestablement marquer l’histoire des États-Unis et même celle du monde entier. Ce jour à marquer d’une pierre blanche, Trump l’a surnommé le « jour de la libération ». Et ce n’est pas une fanfaronnade, on peut en effet le désigner comme le premier jour de la fin du nouvel ordre mondial et du globalisme, tel qu’il a fonctionné depuis 1945.

L’onde de choc est occupée à se propager partout sur la planète et les bourses sur les cinq continents dévissent à l’instar des krachs de 1987 ou de 2008. Dans la sphère financière, c’est panique à bord. La Chine hurle, l’Union européenne est en mode panique et les leaders des états courent dans tous les sens, réagissant en ordre dispersé. Le FMI, la Banque mondiale et Davos sont en état d’alerte maximaux. Pourquoi ? Parce que c’est tout le modèle économique de ces soixante dernières années qui est remis en question. Un monde s’effondre et un nouveau apparaît dans le chaos et la fureur.

Évidemment, le responsable est tout trouvé. Pour les médias mainstream, il n’y a qu’un coupable, c’est Trump. Comme jamais la presse internationale se déchaîne et crache son venin contre le Président américain. Mais laissons-là ces experts de plateau télé vociférer et ces plumitifs des journaux tout occupés à pratiquer leur sport favori le « Trump bashing ». Intéressons-nous plutôt à la façon dont Trump a opéré et aux buts et aux conséquences de cette opération historique.

On peut dire que le Président a littéralement mis fin à l’empire américain et cassant la logique des multinationales qui imposaient leur domination sur les souverainetés nationales, en s’appuyant sur la dette des états, dont celle des États-Unis. Arrêter d’être le gendarme du monde, l’hégémon qui utilisait le dollar comme réserve de changes internationale est comparable à ce que fit Mikhaïl Gorbatchev dans les années quatre-vingt en URSS, ce qui aboutira à la dissolution de l’Union soviétique. Bien entendu, Trump ne souhaite pas aboutir à pareille extrémité. Il souhaite juste que l’Amérique reste une grande nation, plus recentrée sur elle-même et en paix avec les autres états. Il désire également s’attaquer à la dette US monstrueuse de trente-six mille milliards de dollars et résoudre cette contradiction majeure qui fait de la monnaie américaine, à la fois une devise nationale et une valeur de réserve.

Mais revenons à ces droits de douane. Comment ceux-ci ont -ils été déterminé ? Car, bien sûr ils n’ont pas été tirés au sort dans une casquette rouge « MAGA ». Lorsque présente son tableau le 2 avril dernier, on y voit une liste de pays avec, à côté, deux colonnes. La colonne de gauche représente les droits de douane que les états facturent aux États-Unis et la colonne de droite précise les nouveaux droits de douane appliqués aux importations étrangères. En réalité la colonne de gauche correspond au pourcentage de déficit commercial des USA dans la balance commerciale avec les autres pays. Par exemple, si on prend la première ligne qui correspond à la Chine, on lit 67 %. Cela correspond donc en pourcentage au déficit commercial des USA par rapport à la Chine [note].

Au passage, constatons juste que Trump ne prend en compte que la balance des biens physiques et pas les services, qui eux, sont moins déficitaires dans le commerce mondial, eu égard au poids des Google, Microsoft et compagnie. Quant à la colonne de droite, représentant les nouveaux tarifs, il s’agit juste de diviser par 2 le chiffre de gauche. Pour la Chine toujours, 67 divisé par 2 cela fait bien, à la décimale supérieure 34. Pour le pays pour lesquels les États-Unis sont en excédent commercial, Trump applique un tarif forfaitaire de 10 %.

Ne perdons pas de vue que Trump communique avant tout pour ses concitoyens et en particulier ses électeurs républicains. Il n’en reste pas moins que d’ores et déjà une cinquantaine de pays ont marqué leur intérêt pour des négociations bilatérales avec les USA.

Et la Belgique dans tout cela ? Et bien comme nous faisons partie de l’Union européenne, nous sommes taxés comme tous les autres pays membres de 20 % supplémentaires alors que notre balance commerciale avec les États-Unis est légèrement déficitaire [note]. Notre déficit aurait dû nous conduire à un tarif de 10 % au lieu de 20 %. Nous pâtissons donc de notre appartenance au bloc européen. Une mauvaise nouvelle pour les fabricants de Chimay ou de fromage de Herve !

L’imposition à 20 % des pays européens s’explique par la faiblesse de l’euro. Donald Trump avait déjà dénoncé lors de son précédent mandat la concurrence déloyale de l’euro, qui profitait particulièrement aux voitures allemandes, BMW, Mercedes ou Porsche fort appréciées de la « upper middle class » yankee. Au passage donc, l’Europe est mise face à ses contradictions structurelles. À l’intérieur de l’Union et encore plus de sa zone euro, les intérêts économiques industriels, agricoles et commerciaux divergent. L’Europe n’est pas un pays, mais un agrégat d’intérêts divers et variés. Cependant, nous sommes pieds et poings liés aux traités qui stipulent que le commerce est une compétence exclusive de la Commission européenne.

Mais creusons un peu plus loin dans la stratégie de Trump. Lors de sa campagne électorale l’année dernière, il avait claironné sur tous les toits de faire revenir le business à la maison et de stimuler la production industrielle sur le territoire américain. Avec pour conséquences des créations d’emplois nouvelles dans ces secteurs industriels. Toujours le même leitmotiv du « make america great again ». Dans le fond, le diagnostic de Trump est très clair et cohérent : les USA sont les dindons de la

farce de la mondialisation, cela depuis des années.

Il a conclu d’abord que le fameux soft power américain [note] coûtait bien trop cher pour un résultat plus que mitigé. Il faut donc arrêter les frais. Un message entendu cinq sur cinq par les Américains qui a été confirmé dans les urnes et qui a offert à l’élu républicain une légitimité politique déterminante pour activer son programme. Le constat est identique au niveau de la balance commerciale. Le statut d’empire hégémonique des États-Unis explique en partie que les droits de douane sont les plus bas au monde. Il explique aussi le coût de leur défense, puisque les États-Unis déboursent bien davantage que leurs alliés. Ainsi en contrepartie de cette couverture militaire, il permet aux autres états d’utiliser le dollar dans leurs échanges commerciaux, notamment en matière d’énergie. En conséquence de quoi, cette suprématie américaine les autorise à monétiser leur déficit.

En imposant des droits de douane qui correspondent à la moitié du déficit commercial, Trump signifie qu’il veut équilibrer les balances commerciales. Il renonce donc à l’hégémonie mondiale et à son rôle de gendarme du monde. Sa vision géopolitique est nette, claire et précise. Il veut que son pays redevienne un état libre souverain et indépendant, conforme à l’idéal des pères fondateurs des États-Unis. Un état financé par les échanges commerciaux et non par la pression fiscale sur les populations. D’ailleurs, l’étape suivante, déjà annoncée sera la suppression progressive de l’impôt sur le revenu . Rien de moins. Les géants de la mondialisation payeront à la place des contribuables. Les GAFAM, qui sont devenus entre temps les « Magnificent Seven » vont devoir payer. Eux qui construisaient leur fortune en éludant l’impôt.

Comment dans le monde entier des multinationales durant des dizaines d’années ont-elles été autorisées à se soustraire à la taxation de leurs productions, alors que les PME qui fabriquent, produisent et vendent leurs services majoritairement dans l’espace national d’un pays sont matraquées ?

Pour le comprendre, prenons un exemple : Apple, un des célèbres big Tech qui fabrique son fameux iPhone, l’un des smartphones les plus vendus au monde. Si sa recherche-développement est bien implantée aux États-Unis, par contre sa production est délocalisée en Chine. Son coût de fabrication revient grosso modo à 100 dollars. Dans un cas de figure normal et logique, le téléphone serait directement acheminé sur le marché américain, où il serait vendu par exemple mille dollars. Apple devrait alors payer des droits de douane aux USA d’une trentaine de pour cents et tirerait un bénéficie d’environ 800 dollars.

Mais la réalité est toute différente. Avant d’arriver aux États-Unis, le téléphone transite par une filiale d’Apple en Irlande, qui l’achète à 100 dollars à prix coûtant et le revend à la maison mère 900 dollars. En Irlande, les frais de douane sont limités à 4 %. En vertu d’une loi de non double imposition, les marchandises qui passent par la douane irlandaise ne doivent plus être imposées à l’arrivée finale aux USA. Par conséquent, les États-Unis ne perçoivent aucune taxe sur le téléphone [note].

Ce système est pratiqué par l’ensemble des grandes multinationales de par le monde, qui utilise ce système d’optimisation fiscale, parfaitement légal au nom du droit commercial international. On estime à 70 voir 80 paradis fiscaux potentiels dans le monde, qui sont utilisés au gré des besoins et des avantages. C’est sur ce type d’organisation que repose la mondialisation. Le manque à gagner fiscal pour les états est énorme. Ce qui explique aussi les gains gigantesques que ces multinationales s’octroient. Ces entreprises transnationales vivent véritablement dans un monde à part, en ne participant jamais aux dépenses communes des états. C’est ce statut quo cynique dont Trump a mis fin brutalement.

Évidemment, aussitôt les médias mainstream sont montés sur leurs grands chevaux et ont annoncé que le consommateur yankee allait être le dindon de la farce et devoir subir une inflation carabinée. Or, rien n’est moins sûr. Apple se retrouve devant un dilemme. Va-t-il faire passer son iPhone à 1500 $ au lieu de 1000 actuellement ou bien va-t-il absorber l’augmentation des frais de douane dans sa marge bénéficiaire ? Pour rester attractif auprès du consommateur américain, il est fort probable qu’il va opter pour la seconde solution.

L’argent ainsi à nouveau récolté par le trésor américain va permettre de lutter contre le déficit budgétaire. Ces rentrées fiscales vont aussi servir à amortir le risque inflationniste. Parallèlement, pour stimuler la production sur le territoire américain, Trump invite les entreprises étrangères à installer leurs usines aux États-Unis. De la sorte, ces sociétés pourront écouler leurs marchandises sans devoir payer les lourds droits de douane désormais imposés. Aux États-Unis, le taux d’imposition des entreprises au niveau fédéral est actuellement de 21 % [note], un pourcentage assez bas notamment vis-à-vis des taux pratiqués en Europe. À cela ajoutant que Trump a annoncé une baisse de l’impôt sur les sociétés à 15 %. Par conséquent, produire intra-muros aux USA va devenir très compétitif par rapport aux exportations de biens fabriqués en dehors de ce grand marché de 345 millions de consommateurs.

Derrière cet aspect économique se cache aussi une autre réalité politique. Trump est également un homme politique en guerre contre un adversaire redoutable, l’état profond. On connaît le soutien et les corrélations entre les GAFAM et le Parti démocrate. Le mondialisme comme on vient de voir ci-dessus permet à ces multinationales de brasser des milliards, au nez et à la barbe des états et de le réinjecter d’un moins en partie dans l’immense machine à corrompre qu’est le « Deep State ».

Corollairement à la question des droits de douane, avec l’instauration du DODGE [note], le monde s’est rendu compte avec le cas de l’agence USAID [note] que tout cela était une machine à détourner de l’argent public. Elon Musk et ses équipes ne cessent de mettre à jour un nombre incroyable de nouvelles magouilles. Une course de vitesse est lancée par Trump avant les midterms dans 2 ans. La rapidité d’exécution de son administration sidère le monde. Pas une seconde n’est à perdre. Il faut terrasser la bête avant que celle-ci ne se réveille tel un phénix.

L’opération du Président américain n’est absolument pas improvisée. Ce n’est pas un coup de folie, mais un projet mûrement réfléchi par son équipe et mis en place de manière précise et coordonnée. Il vise à recouvrer la souveraineté économique et de nouvelles marges budgétaires en inversant la pression fiscale de l’intérieur vers l’extérieur. Les géants de la « tech » et de la finance comme BlackRock vont devoir contribuer aux recettes du budget US. C’est un rééquilibrage général qu’impose Trump en réduisant l’imposition des PME et des ménages. Un retournement de situation qui n’est, hélas, toujours pas à l’ordre du jour en Europe.

Sans attendre une baisse des marges bénéficiaires de ces sociétés, le Krach boursier les a fait mordre la poussière. En quelques séances, elles ont subi une sérieuse correction [note]. Mais somme toute, les cotations sont redescendues de leur « olympe ». Il est vrai que depuis des années, dopées par les politiques de créations monétaires, qui au lieu de s’orienter vers l’économie réelle (Main Street) prenaient plus souvent le chemin vers Wall Street, les valeurs boursières de ces leaders prenaient des hauteurs stratosphériques. Redescendues sur terre, elles retombent à des valeurs plus conformes à leurs réelles performances financières. Certains aussi se posent la question s’il n’y avait pas la volonté de causer ce krach pour transférer les investissements du marché actions vers les marchés obligataires, au bénéfice des revenus de l’état américain.

Les conséquences de ces baisses de profit vont permettre à l’administration Trump de couper également les sources de financement opaque dont bénéficient tous ceux qui gravitent autour et à l’intérieur du Deep State et d’instances internationales comme le WEF de Davos, les ONG, l’Open Society de Georges Soros et de son fils, ainsi que les décideurs politiques qui exécutent les décisions prises dans les arrières-boutiques du CFR (Concil on Foreign Relations) de Bilderberg ou de la Commission trilatérale. L’argent des multinationales qui n’apparaît dans aucune comptabilité nationale transite aisément vers les comptes offshore qui servent aux rétrocommissions pour services rendus, au financement des campagnes électorales, aux opérations de la CIA pour soutenir les opérations de déstabilisation des gouvernements, les révolutions colorées et autres coups tordus dont l’agence de Langley [note] a l’expérience.

Au final, cette opération d’envergure pourrait avoir en cas de réussite des conséquences déterminantes sur le devenir économique mondial. Il peut mettre fin à la domination scandaleuse des multinationales et réorienter les échanges vers les économies réelles à dimension nationale. En somme, nous pourrions revenir à la situation d’il y a soixante ans, lorsque les consommateurs achetaient majoritairement des produits locaux. Bien entendu, on ne reviendra jamais totalement, car, entre temps, le monde a évidemment changé et il faut intégrer la numérisation de nos sociétés, le rôle d’Internet et déjà de l’intelligence artificielle. Mais pour bon nombre de biens que nous consommons tous les jours, nous pourrions davantage choisir des articles nationaux ou locaux.

Plus généralement encore, nous pourrions revenir à une économie du qualitatif plutôt que du quantitatif. Autrefois nos aînés achetaient des biens qui pouvaient durer des années, alors qu’aujourd’hui nous sommes plongés dans l’obsolescence programmée et les objets éphémères. Nos grands-parents achetaient de l’électroménager solide qui fonctionnait parfois sur plusieurs décennies. Ce qui faisait le succès d’une marque. A lieu de basket que nous changeons tous les six mois, on peut revenir aux belles chaussures de cuir qui tiennent dix ans et qui sont ressemelées occasionnellement chez le cordonnier.

Alors vous allez me dire que tout cela n’aura pas le même coût. Certes, les frais de productions pour les fabricants européens sont plus élevés que lorsqu’ils délocalisent dans les pays à bas salaires d’Europe de l’est, d’Asie ou du Maghreb. Mais dès lors qu’on opère une réduction drastique de nos dépenses publiques, qu’on arrête de gaspiller à tout va l’argent des contribuables dans des politiques énergétiques dogmatiques ou le clientélisme électoral en maintenant ou même en multipliant les protubérances étatiques inutiles, alors il y a moyen de dégager des marges et de réduire fameusement la pression fiscale sur les ménages et les entreprises. Ces dernières pourront à nouveau réembaucher à moindre risque et les salariés disposeront d’un pouvoir d’achat bien supérieur à ce qu’il est actuellement. Dès lors, ils auront la capacité d’acheter des biens de consommation plus qualitatifs à prix plus élevé.

En aval, cela peut entraîner une consommation plus responsable, moins compulsive et en amont, conduire à réduire l’impact environnemental par une diminution du fret maritime, aérien ou routier, qui était la conséquence dommageable d’une mondialisation frénétique.

Au lieu de crier au fou avec tous les partisans du globalisme et de sa tyrannie économique dont ils bénéficient outrageusement et qu’ils craignent de perdre. Plutôt qu’aboyer avec les porte-voix d’un système injuste et dominateur, nous devrions ouvrir les yeux et profiter de la crise ainsi créée pour imposer comme le souverainiste Donald Trump un modèle économique plus humain et citoyen.

L’économique ayant la main sur le politique, son changement de paradigme peut entraîner une refondation politique majeure.

Bernard Van Damme

[Dkript] Guerre en Ukraine – ce que la Belgique ne veut pas voir

Bande annonce du film « Russians at war »

Décryptage de la censure belge sur le film d’Anastasia Trofimova (réalisatrice Russo-canadienne) – par Giovanni Gambacorta (chroniqueur pour Kairos)

En podcast

Nicolas Sarkozy et Didier Reynders, une longue histoire…

Le 27 mars 2013, Nicolas Sarkozy venait à Bruxelles remettre la légion d’honneur à son ami Didier Reynders. Le Français avait déjà à l’époque quelques soucis avec la justice. Il venait en effet d’être mis en examen dans l’affaire Bettencourt, du nom de cette multimilliardaire dont la fille se demandait si sa mère n’était pas sous influence, victime de l’ancien maire de Neuilly.

Personne ne se doute que l’ancien président de la République française a fait financer sa campagne électorale de 2007 par un des plus grand soutiens du terrorisme, « le guide de la révolution libyenne », Kadhafi. Personne ne sait non plus qu’à ce moment-là Didier Reynders dépose tous les mois entre 8 et 10.000 euros d’argent en liquide sur son compte ING. Il est alors totalement couvert par sa banque. Dans le conseil d’administration de celle-ci, siège son vieil ami Luc Bertrand. Cet homme d’affaire anversois, patron du groupe Ackermans Van Haaren, a sans nul doute beaucoup d’influence…

Le jour de la cérémonie, on note la présence dans la salle d’Armand De Decker, fidèle parmi les fidèles du ministre des Affaires étrangères. Ce dernier ne sait pas que dans deux ans, le Canard Enchaîné va dévoiler son implication dans le scandale du Kazakhgate et que son ami Didier va l’utiliser comme fusible. Il a reçu 740.000 euros comme avocat dans cette affaire alors qu’il ne pratique plus depuis plus de dix ans…

On retrouve aussi à cette cérémonie la princesse Léa, également bénéficiaire d’une libéralité de 25.000 euros dans le même dossier.

Fortis

Lorsqu’on lui demande la raison de cette remise de décoration prestigieuse, Reynders évoque du bout des lèvres l’affaire Fortis. Il a été le meilleur avocat de la reprise de la banque belge Fortis, en grande difficulté, par le géant français BNP. Certes, il n’est pas responsable de la dégringolade de Fortis ! Mais il est un des architectes de sa reprise à vil prix par le géant français. En un mot comme en 100, Reynders a vendu la Belgique à la France de Sarkozy.

Kazakhgate

On peut résumer cette affaire très complexe comme ceci : la société belge Tractebel a payé d’importantes commissions occultes à trois anciens du KGB pour obtenir un contrat de centrales électriques au Kazakhstan. Le contrat ne sera jamais signé. La justice belge poursuit les trois proches du président Kazakh mais ce dernier obtient de Nicolas Sarkozy, grâce à d’importants contrats d’armes, qu’il magouille avec ses amis Didier Reynders et Armand De Decker pour qu’ils fassent bénéficier le trio kazakh d’une transaction pénale. Le trio paye une amende et l’action pénale s’éteint en Belgique. Lorsque le scandale éclate, c’est Armand De Decker qui prend le choc frontal: il décédera en 2019, just in time politique pour Didier Reynders, la justice belge décrétant la fin des poursuites.

Fontinoy et Guéant

Sarko comme Reynders sont des personnes exposées politiquement (PEP). Il leur faut donc à chacun un exécuteur des basses œuvres. Pour le plus jeune patron de la SNCB, ce sera Jean-Claude Fontinoy alors que l’ancien ministre de l’Intérieur français va se rabattre sur l’austère Claude Guéant. Ces deux hommes liges se connaissent très bien.

Alors que Guéant essuie les plâtres dans l’affaire du financement de la campagne de Sarkozy, Fontinoy se gausse dans Vers l’Avenir des mésaventures de son ancien patron[note].

Albert Frère

Si un homme symbolise les liens entre Sarko et Reynders, c’est bien le milliardaire carolo. Marco Van Hees dans son livre, « L’homme qui parle à l’oreille des riches », décrit les liens très étroits qui lient Frère et Reynders :

« Reynders s’entend tellement bien avec Frère que celui-ci l’invite avec son épouse à la somptueuse villa qu’il possède à Marrakech. Le ministre est aussi un grand ami de Nicolas Sarkozy, président français de 2007 à 2012. Et Albert Frère entretient lui-même une liaison de longue date avec l’homme politique français. Ce dernier, s’il n’est pas le seul président de la république à avoir des démêlées avec la justice, est celui qui traînera le plus de casseroles judiciaires et le seul qui sera condamné à de la prison ferme. Cela situe quelque peu le trio maléfique Frère-Reynders-Sarkozy »…

Par ailleurs, la maison, ou plutôt la propriété principale de Didier Reynders à Burdinne, dans le hameau de Vissoul, appartenait à Gérard Lamarche, le bras droit d’Albert Frère.

La filière artistique et Olivier Theunissen

Le parquet financier a démonté avec une minutie implacable l’utilisation de deux petits tableaux hollandais du 17ième siècle pour blanchir environ un demi-million d’euros provenant de Libye et destiné à Claude guéant[note]. Cette méthode de blanchiment aurait été utilisée à outrance par Reynders et Fontinoy. Ce dernier hantait littéralement le sablon où sont principal port d’attache était la boutique d’Olivier Theunissen. Ce que moins de gens savent, c’est qu’il y eu des achats croisés entre Sarko et Reynders et que Theunissen comme Fontinoy étaient très fréquemment à Paris. Lorsque les limiers de la section « trafic d’objets d’art » de la police judiciaire se sont rendu compte du manège, Reynders était assez puissant que pour obtenir la dissolution de ce service.

Kairos avait déjà souligné le fait que Theunissen avait été décoré par deux fois par Didier Reynders, sans aucune raison valable (Chevalier de l’Ordre de la Couronne le 8 mai 2012 et Chevalier de l’Ordre de Leopold le 21 décembre 2018). Didier Reynders aime bien récompenser ses serviteurs des mauvais coups. La presse flamande vient de l’épingler pour avoir fait nommer baron son officier traitant pour le compte des services russes et chinois, Ernest de Laminne[note].

La libye, pays de cocagne

Si Nicolas Sarkozy semble en mauvaise posture dans son dossier libyen, il n’en va pas de même pour Didier Reynders qui une fois de plus a fait porter le chapeau par quelqu’un d’autre. C’est un obscur fonctionnaire de la trésorerie, du nom de Marc Monbaliu qui a prétendu qu’il avait dégelé un milliard et demi d’intérêts libyens détenus par la banque Euroclear. Ces fonds avaient été consignés par l’ONU pour éviter de financer la guerre civile qui règne dans ce pays depuis la mort de Kadhafi[note]. Reynders a réussi à passer à travers les gouttes concernant ses manœuvres pour empêcher le Prince Laurent de récupérer la créance que son Asbl avait sur l’État libyen. Il en va de même pour les trafics d’armes que certains l’accusent d’avoir organisé dans ce pays.

Squarcini et les pieds nickelés de la Sûreté

Il faut dire qu’il a réussi à noyauter la Sûreté de l’État en y plaçant à la direction un membre de son cabinet, un certain Hugues Brulin. Il avait déjà fait fort en s’arrangeant pour qu’un de ses anciens attachés parlementaires dirige le pilier contre-espionnage. C’est bien utile quand vous côtoyez Ernest de Laminne…

Sarkozy avait fait pareil en supprimant la DST et les renseignements généraux pour créer la DCRI, dirigé par un fidèle, Bernard Squarcini.

En conclusion, notre justice semble bien clémente vis-à-vis de notre ancien Commissaire européen à la Justice… Sarkozy est dans la tourmente avec toute son équipe alors que Jean-Claude Fontinoy se demande pourquoi il serait perquisitionné ! Pourtant les deux équipes ont travaillé ensemble. On retrouve les mêmes méthodes : corruptions, associations de malfaiteurs, modelage de l’État à des fins personnelles, morts suspectes et j’en passe…

Comme Al Capone, tombé pour fraude fiscale, Didier Reynders est pour le moment juste inquiété pour avoir un million d’argent sale sur ses comptes.

Personne ne semble lui poser la bonne question : D’où vient-il ?

[Dkript] La revue de presse #4

Mercredi 2 Avril 2025

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[Dkript] Le business de la guerre – 1/3 avec Gérard CHEVRIER

Gérard Chevrier, industriel, inventeur de procédés de production industrielle , concepteur et constructeur de lignes de production et de marques déposées DELTEX et DE LAMA. Auteur de « Faire face au danger nucléaire » publié en 1983.

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Quelle est l’origine du million d’euros mal acquis de Didier Reynders ? 

Cela fait maintenant une centaine de jours que Didier Reynders a été perquisitionné et interrogé dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent. En effet, l’ancien commissaire européen a été dénoncé en 2023 par le Lotto, et ensuite la banque ING, pour avoir blanchi respectivement environ 200.000€ et 800.000€ via leurs structures respectives. Cet événement a fait l’objet d’innombrables commentaires et de plaisanteries. En effet, l’ancien ministre des Affaires étrangères n’était pas le dernier à faire la morale aux autres politiciens, au peuple belge et même aux Européens. Réputé très intelligent, l’homme avait eu par le passé dans ses compétences la Loterie nationale. Il avait comme responsabilité, en tant qu’ancien ministre des Finances et ancien commissaire européen à la Justice, la lutte contre le blanchiment. Sa chute semblait dès lors particulièrement ridicule. Cependant, aucun journaliste, jusqu’à présent, ne semble avoir relevé l’innombrable liste des affaires dans lesquelles le nom de Didier Reynders a été cité. 

Ce dernier bénéficie, dans notre État de droit, de la présomption d’innocence, mais son silence devient assourdissant. Pour ce faire, notre fil conducteur sera l’ouvrage écrit par Philippe Engels et publié en 2021 aux éditions Kennes, Le Clan Reynders. La sortie de cet ouvrage aurait dû provoquer l’arrestation immédiate de Reynders et son complice, Jean-Claude Fontinoy, tellement les faits dénoncés dans ce livre étaient graves. Mais comme d’habitude, rien ne s’est produit. Pas de poursuites à l’encontre des deux compères, mais rien non plus contre l’auteur du livre. Évidemment, nous nous réfèrerons également à nos propres articles, et en particulier Bienvenue en ploutocratie, un article publié dans Kairos le 17 avril 2018. 

Voici donc une liste non exhaustive des faits et méfaits autour desquels on retrouve les noms de des deux hommes : 

  • Le désamiantage du bâtiment européen historique. Via la société SA Berlaymont 2000, Reynders aurait fait nommer l’avocat André Tossens comme liquidateur et aurait perçu de nombreuses enveloppes de cash comme commission occulte entre 2009 et 2012 (p. 18 du livre Le Clan Reynders). Il est à noter que Reynders avait fait nommer à la tête de la Régie des bâtiments son éternel complice Fontinoy. Ce dernier était dès lors idéalement placé en vue d’innombrables opérations de corruption.
  • L’affaire du Kazakhgate, que nous pouvons résumer comme ceci : trois anciens du KGB servent d’intermédiaires entre la société Tractebel et le pouvoir kazakh dans la négociation de l’achat de centrales thermiques. Ils empochent une commission occulte de dizaines de millions de francs belges. Mais le contrat ne sera jamais signé. Ils sont alors poursuivis par la justice belge, et pour éviter une condamnation, le président kazakh conditionne la signature d’important contrats d’armements avec Nicolas Sarkozy à la fin des poursuites de ses amis, en Belgique. Le président français négocie avec Armand De Decker la mise en vigueur d’une loi spéciale permettant au trio de payer une transaction pénale, comme s’il s’agissait d’une vulgaire amende routière. Derrière le bourgmestre d’Uccle, l’ombre de Didier Reynders est omniprésente. Il est établi que De Decker a touché 730.000€, mais il ne sera jamais poursuivi, car il décède, le plus opportunément possible pour Reynders, le 12 juin 2019. Sa disparition permet à la justice de clôturer l’affaire. 
  • Le déménagement de la police judiciaire (p. 28). En 2014, la police judiciaire déménage vers la Cité administrative et un nouveau bâtiment, le RAC 2. La Cour des comptes estime que 40.000.000€ ont disparu dans l’opération. Le seul inquiété est le commissaire Glen Audenaert, poursuivi pour corruption. 
  • Les fonds libyens gelés et l’impossibilité pour le prince Laurent de récupérer la créance de son asbl (p. 35). L’ONU décide de geler les fonds libyens détenus par la banque Euroclear pour éviter de financer la guerre civile dans ce pays. Reynders, en violation de cette décision, fait virer les intérêts de ces fonds à une faction libyenne (environ un milliard et demi €). Il fait porter le chapeau à un certain Marc Monbaliu, obscur fonctionnaire en charge de la trésorerie. Le prince Laurent dirige une asbl qui obtient un contrat de reboisement des villes libyennes. Ce contrat est rompu par les nouveau dirigeants de ce pays. Les avocats du prince gagnent devant tous les tribunaux belges et réclament le payement de dommages et intérêts. Le ministre Reynders va faire pression sur les instances libyennes pour qu’elles payent toutes les sociétés belges ayant une créance vis-à-vis de la Libye, à l’exception de l’asbl du prince Laurent. Il fera tout ce qui est en son pouvoir  pour empêcher les avocats de saisir des fonds libyens, comme ceux détenus par Euroclear. 

• La nouvelle ambassade belge en RDC. En 2012, le Belgique décide de construire une nouvelle ambassade à Kinshasa. Jean-Claude Fontinoy est à la manœuvre. Il vend à vil prix l’ensemble des nombreux bien immobiliers que la Belgique possède encore en RDC. Et avec le concours d’un vieux complice de Reynders, Christian Van Buggenhout, ils utilisent la société en faillite depuis une vingtaine d’années pour acheter les terrains nécessaires à la construction (p. 137).   

• La proximité avec les services russes. Kairos avait par le passé révélé que le frère de Didier Reynders, Jean-Pierre, avait refait comme architecte les locaux de l’ambassade de Russie au début des années 2000 (Cf. « Bienvenue en ploutocratie », 17 avril 2018). Ces travaux constituaient une voie royale de corruption. En effet, quoi de plus facile que de sur-facturer ces travaux et de partager le bénéfice avec son frère? Dans la même logique, Reynders va rendre un nombre considérable de services aux Russes, comme lorsqu’un tribunal hollandais décide de geler tous les actifs russes en Belgique à la suite d’une décision judiciaire dans le cadre de l’affaire Yukos. En effet, Poutine avait nationalisé cette société sans autre forme de procès, et le tribunal hollandais chargé de l’affaire a estimé qu’il fallait dédommager le propriétaire. Reynders restitue les milliards d’euros gelé le jour même aux Russes, en violation de la décision judiciaire… 

Mais l’actualité est particulièrement intéressante car les journaux Humo, Apache et De Morgen ont publié des articles sur un curieux personnage, le baron Ernest de Lammine de Bex. Dans un article intitulé « Les étranges liens de Didier Matray, l’avocat de Didier Reynders », Kairos s’était déjà étonné de l’attribution du titre de baron par les proches de Didier Reynders à de Laminne. En effet le ministre Reynders avait placé dans la commission héraldique en charge de proposer l’octroi des titres nobiliaires au roi son avocat, Didier Matray, ainsi que le père de sa cheffe de cabinet, Luc Bertrand. Seul le roi peut anoblir quelqu’un en Belgique, mais dans le cas d’espèce, ce sont bien les deux représentants de Reynders qui ont proposé la candidature d’Ernest de Laminne. Pour rappel, on retrouve Luc Bertrand dans le conseil d’administration d’ING, la banque qui a omis de signaler que son client Didier Reynders avait déposé 800.000€ d’argent en liquide sur son compte.  

Les articles des journaux néerlandophones révèlent de nombreux détails encore plus troublants : la Sûreté de l’État avait donné un avis négatif à la nomination de E. de Laminne, car il était soupçonné de travailler pour les services russes et chinois. Il aurait collaboré par le passé avec le trafiquant d’armes mondialement connu, Viktor Bout, qui était très actif à l’aéroport d’Ostende. Ses avions partaient sur les zones de conflit à travers le monde et revenaient avec de la drogue et des diamants, selon les journaux flamands. Laminne aurait également servi d’intermédiaire avec un oligarques pro-russe, Bidzina Ivanichvili, dans le cadre de l’achat de stock d’armes soviétiques. Fortune faite, Ernest de Laminne a acheté un château à Wezembeek et y a installé un cercle diplomatique. Lors des réunions de cette association du nom de CIDIC se seraient mélangés des haut-dignitaires de l’OTAN, de l’UE, des officiers de l’armée et des institutions avec des officiers de renseignement russes et chinois. Le CIDIC organisait des voyages à l’étranger sous couvert de ses activités de formation de jeunes diplomates. 

Nous nous sommes intéressés à un de ces voyages décrit dans la revue Diplomat Magazine et intitulé « Prestigious Cercle International Diplomatique et Consulaire on visit » (28 mai 2016). On soupçonne de Laminne de travailler pour les services russes et chinois. Mais si son cercle s’intéresse à la formation des diplomates, rien de plus normal ! Et là, il faut reconnaître que les thèmes étudiés laissent songeur : la délégation du CIDIC se rend à La Haye le 10 mai 2016 pour visiter le campus Security Delta. Il s’agit du plus grand cluster de sécurité en Europe. En clair, ils sont spécialisés en sécurité et ont formé une « Cyber Security Academy  ». Le but est de fédérer les entreprises et les administrations européennes pour renforcer la lutte contre les cyber-attaques, la cyber-criminalité et la protection des données. Bref, une sorte de Saint Graal pour les services russes et chinois ! Tout le monde a droit à une seconde chance… 

Nous nous penchons sur un autre voyage, au Luxembourg, cette fois-ci. Et là, on constate qu’Ernest de Laminne et sa bande s’intéressent à l’ESA et à la Société européenne des satellites, où ils sont reçus avec les honneurs. Inutile de dire qu’il s’agit de centres d’intérêt majeurs pour les services offensifs déjà cités. Par acquis de conscience, nous consultons les pages mondaines des réceptions organisées par le CIDIC. Nous constatons la présence d’officiers supérieurs de l’armée belge et de la police en compagnie de l’attaché militaire de l’ambassade de Chine. 

Il est temps de récapituler le chapitre russe. La famille Reynders entretient des liens privilégiés avec l’ambassade de Russie au début des années 2000. Son nom est cité dans le Kazakhgate, affaire dans laquelle les principaux protagonistes sont, selon certains, des anciens des services russes. Reynders rend discrètement des services inestimables à la Russie comme dans l’affaire Youkos. Il soutient activement le CIDIC d’Ernest de Laminne et le fait nommer baron, alors que la Sûreté de l’État l’aurait averti qu’il s’agissait d’un espion russe et chinois. Mais quid de sa position de commissaire européen à la Justice et à l’État de droit ? Reynders a été en charge du gel des avoirs russes à travers toute l’Europe et a contrario de leur dégel… Cette position stratégique pourrait lui avoir profité. Il est donc permis de se poser la question suivante : est-ce que le million de Didier Reynders ne sent pas la vodka ? 

À l’heure d’écrire ces lignes, nous apprenons que le parquet européen que dirigeait Didier Reynders lorsqu’il était commissaire européen à la Justice, enquête sur sa propre procureure bulgare, Teodora Georgieva (cf. L’Echo, 27 mars 2025, « Le parquet européen enquête sur sa procureure bulgare, Teodora Georgieva »). Les lecteurs de Kairos ont pu déplorer par le passé le système d’omerta mis sur pied par l’autre magistrate bulgare, Laura Kövesi, qui a soigneusement protégé Ursula von der Leyen dans le scandale des contrats de vaccin avec Pfizer. Mme Kövesi était elle-même soupçonnée de corruption dans son propre pays (cf. « Laura Codruta Kövesi », Wikipedia). Le père de Mme Kövesi était haut-magistrat à l’époque communiste. 

[Dkript] Fact-checker les fact-checker…

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Amélie Ismaïli, journaliste indépendante, s’est spécialisée dans le décryptage des messages véhiculés par les médias mainstream et les fact-checker. Comme l’indique le site Rechecking qu’elle a fondé, « en ne donnant qu’une vision tronquée sur la réalité des faits qui entourent un sujet, le « fact- checking » participent à désinformer le citoyen, au contraire de l’objectif qu’il prétend se donner ». Guy Debord avait particulièrement bien perçu ce qu’était le concept de désinformation et la fonction politique qu’il jouait, dans son livre indispensable Commentaires sur la société du spectacle : « Le concept de désinformation n’est bon que dans la contre-attaque. Il faut le maintenir en deuxième ligne, puis le jeter instantanément en avant pour repousser toute vérité qui viendrait à surgir. Le concept confusionniste de désinformation est mis en vedette pour réfuter instantanément, par le seul bruit de son nom, toute critique que n’auraient pas suffi à faire disparaître les diverses agences de l’organisation du silence ».

En Belgique on contrôle les soignants, pas les mafieux…

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En Belgique, des milliers de soignants travaillent directement au domicile des personnes en besoin. Travail difificile… mais ceux qui étaient applaudis pendant Covid-19 sont-ils mieux traités qu’avant ? Au travers de ce témoignage anonyme (la peur continue…), on découvre qu’ils sont soumis à des contrôles par l’Inami visant surtout à réduire les coûts. Certes, il y a sans doute de la tricherie, mais la plus importante n’est-elle pas ailleurs ?

Planche à billets et savonnage de planche pour les Européens

Dans le contexte géopolitique actuel extrêmement mouvant et tendu, L’Europe s’apprête donc à injecter 800 milliards pour financer son réarmement. Une enveloppe qui devrait d’ailleurs se rapprocher plus des 1000 milliards d’euros. Un exercice déjà bien rodé se met en place à l’instar des crises précédentes. Le son de clairon se propage dans tous les médias. La guerre est à nos portes ! Cette fois, nous ne sommes plus en guerre contre un virus, comme avait dit Macron, mais contre les Russes. Un épouvantail bien commode qui réveille dans la mémoire des Européens les peurs de la guerre froide et la Russie amalgamée au fantôme de l’URSS, le meilleur ennemi d’autrefois.

Même si la Russie de Poutine n’a strictement plus rien à voir avec l’ère communiste, qu’à ce la ne tienne, on ne s’arrête pas à une aussi vulgaire approximation. Tous à vos abris et à la confection de son kit de survie, sous les conseils de « Dora l’exploratrice », je veux parler de notre Commissaire européenne Hadja Lahbib.

La véritable inquiétude que nos concitoyens européens peuvent ressentir, ce n’est pas évidemment de voir les chars russes défiler sur les Champs Élysées ou avenue Louise, ils auraient bien de la peine sur cette dernière artère bruxelloise constamment en travaux. Non, la crainte réelle concerne nos finances. A quelle sauce va-t-on encore être mangé ?

Nos éminences la main sur le cœur et leurs porte-voix des médias bien entendu affirment avec conviction qu’on n’augmentera pas les impôts et que la sécurité sociale sera préservée. Sûr ?

La planche à billets

Pour justifier ces nouvelles dépenses, ils vont à nouveau faire tourner la planche à billets. L’indépendance militaire européenne faisant consensus dans les allées du pouvoir, à quelques nuances près, nous voilà à nouveau repartis pour un cycle d’impression monétaire, alors que les conséquences des précédents épisodes sont très loin d’avoir été encore absorbées. Pas un mot bien sûr sur les effets que le nouveau « Quantitative Easing » aura sur les citoyens et les épargnants.

Alors comment les magiciens européens vont-ils s’y prendre ? Par l’endettement pardi !

Les États membres se voient octroyer un traitement de faveur dans le cadre du Pacte de stabilité [note]. Les dépenses de défense seront exclues du calcul de l’endettement. En conséquence, les dettes des états vont exploser les plafonds, y compris celui de la prudente et orthodoxe Allemagne.

La relance militaire va se faire avec de l’argent imprimé, qui va encore une fois détruire la valeur de l’euro, pourtant déjà mal en point.

Rappelons un instant ce qu’est un « Quantitative Easing ». Le QE comme on l’appelle aussi est un programme de rachats massifs d’actifs, essentiellement des titres d’emprunts d’État des pays membres de la zone euro. La planche à billets revient donc à créer de la monnaie ex nihilo ne reposant sur aucune valeur réelle. Alors que dans une situation normale, lorsqu’une banque centrale d’un état crée de la monnaie, elle doit disposer de contreparties à la masse monétaire nouvelle. Par exemple de l’or, des réserves de changes ou des titres comme des obligations d’état qui se retrouvent à l’actif de son bilan. Cette « monnaie de singe » qui ne repose sur rien permet à la banque centrale de monétiser la dette, c’est-à-dire qu’elle finance ainsi directement le déficit.

Le danger immédiat d’un excès de création monétaire, c’est bien entendu une inflation galopante. Si la monnaie qui circule ne correspond pas à une création de richesse équivalente et que les quantités ne s’ajustent pas, ce sont les prix qui le feront.

Le tonneau des Danaïdes

Au vu des ordres de grandeur, nous allons devoir nous préparer à une perte d’achat majeure, comme lors d’une crise économique. Même si les Russes et les Américains venaient à signer une paix durable en Ukraine, la situation en Europe continuerait à se dégrader. N’oublions pas que la BCE n’a toujours pas apuré le résultat des précédentes crises monétaires notamment celle de la « plandémie ». L’Europe est tombée dans le tonneau des Danaïdes [note].

Certains experts s’interrogent sur la pertinence de la réponse militaire et jugent que l’Europe s’engage dans des dépenses inadaptées. Les États membres vont se lancer en ordre dispersé et faire chacun leur « marché » dans une totale cacophonie et incohérence. Mais nos spécialistes sont totalement à côté de la plaque. Les instances européennes les mènent en bateau, car ils confondent monnaie et économie réelle.

Disons-le clairement et à haute voix, le plan « Rearm Europe » est d’abord MONÉTAIRE avant d’être militaire.

Depuis 2008, nous sommes dans une fuite en avant monétaire savamment orchestrée. De crise en crise, voulue ou non, les montants mis sur la table vont crescendo. En 2008, c’était 80 milliards sur une masse monétaire de 9.000 milliards. En 2015, on passait à 220 milliards. Mais ce QE n’a en réalité pris fin qu’en 2019 et c’est 830 milliards finalement qui ont été créés. La BCE a donc augmenté de 30 % l’euro en circulation.

On a connu alors un bref répit de … 3 mois. Aussitôt après l’opération Covid nécessita un nouveau cycle initialement estimé à 750 milliards. Au bout de 2 ans, on doit constater que les euros en circulation ont bondi de 24 %, soit 3.000 milliards d’euros.

Bref, c’est une véritable fuite en avant monétaire, justifiée évidemment par l’urgence et une gravité de la situation relayée par tous les médias aux ordres, sans aucune réflexion, ni analyse approfondie.

La profonde inculture économique alimentée par les dirigeants et les journalistes qui avancent l’argument fallacieux de la complexité de la chose, pour cacher aussi leur propre incurie, a pour conséquence de passer complètement à côté d’une réalité incontestable : des euros, ce ne sont pas des vaccins ou des chars. La monnaie n’est pas de la richesse, c’est une créance sur la richesse existante.

En conséquence, en augmentant de 6 % la masse monétaire (correspondant à 1.000 milliards d’euros), le pouvoir d’achat des salariés, épargnants, retraités va diminuer de 6 % également. En revanche, les fournisseurs des biens désirés (en majorité les firmes du complexe militaro-industriel américain) vont gagner le gros lot de l’EuroMillions.

Suite à l’annonce d’Ursula von der Leyen du plan « Rearm Europe », les marchés financiers ont réagi au quart de tour, les rendements obligataires ont bondi. C’est le cas des Bunds allemands [note] à 10 ans, qui servent généralement de référence. Le 5 mars 2025 dernier, ils ont connu une augmentation de 0,31 point, passant à 2,79 %, soit la plus forte hausse depuis 1997. Mais c’est l’euro évidemment qui a été frappé directement par une dépréciation par rapport aux autres monnaies, dont une chute de 10 % par rapport au dollar. Fuyant cette zone monétaire en déliquescence, on assiste à une sortie massive de capitaux. On parle de 300 à 325 milliards, selon certaines sources qui citent Antonio Costa, le nouveau Président portugais du Conseil européen.

La chute de Francfort

La situation de la BCE est d’autant plus dramatique qu’elle vient d’annoncer des pertes records en 2024. Pour la deuxième année consécutive, la Banque centrale européenne a terminé son année comptable avec une perte. Après celle d’environ 1,3 milliard d’euros en 2023, la perte de 2024 s’élève à près 8 milliards d’euros [note]. L’évolution des taux a en effet pesé sur les actifs et a renchéri le passif. Dans sa lutte contre l’inflation, qui est sa raison d’être, la BCE a acquis des actifs financiers, des obligations des États membres principalement. Ces titres représentent aujourd’hui 60 % de ses actifs. Du côté du passif, on retrouve, outre les billets en circulation, les dépôts des banques commerciales, que la BCE rémunère maintenant à des taux d’environ 4 %, alors qu’ils étaient en négatif jusqu’à 2021. Par conséquent, la hausse des taux augmente fortement la charge des intérêts sur ces engagements.

Ces pertes de la BCE entraînent une absence de versement de dividendes aux banques centrales nationales et donc des pertes également pour les trésoreries des États. Cette situation risque de se prolonger durablement et aucun retour en arrière n’est prévu avant longtemps.

Le temps des alliances

Pour les citoyens européens, le plan de réarmement militaire va accélérer le choc inflationniste et par conséquent une chute dramatique de leur pouvoir d’achat. Tout cela pour une chimère alors que Russes et Américains multiplient les discussions pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

Mais il faut impérativement se faire à l’idée que derrière cette hystérisation belliciste, il y a à nouveau une opération financière de grande ampleur qui va accélérer l’effondrement économique et social du vieux continent. Tout cela à l’heure d’un nouveau Yalta entre les trois puissances mondiales, les États-Unis, la Russie et la Chine.

L’aggravation de la fracture sociale doit convaincre les peuples d’Europe qu’ils ne peuvent plus être dirigés par une élite prédatrice et corrompue. Donald Trump qui est occupé de l’autre côté de l’Atlantique à nettoyer le marais, à purger l’administration américaine et à tourner le dos aux politiques néoconservatrices, se rend compte aussi que l’Europe se transforme en dernier refuge de ces globalistes qui prônent wokisme et gouvernance mondiale. Il est évident qu’il ne laissera pas se reconstituer une résistance à son projet conservateur et souverainiste. Ces ennemis de l’intérieur, qui à l’instar de Georges Soros, veulent faire de l’Europe une base arrière, seront inévitablement combattus avec énergie. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre sa volonté de voir disparaître des entités supranationales comme l’OTAN ou l’Union européenne.

Dans les temps proches se profilera sans doute une nouvelle alliance possible entre les populations européennes qui résistent à l’ordre mondial et le leader d’une grande puissance libre et à nouveau maîtresse de son destin.

Bernard Van Damme

[Dkript] La revue de presse #3

26 Mars 2025

Si l’émission D‑Kript lève le voile sur des sujets précis, afin d’éclaircir le réel et décoder la propagande, il faut aussi décrypter l’actu, celle que les médias du pouvoir nous servent quotidiennement et qui participent de leur fabrication du réel sur laquelle ils ont le monopole. Vous nous retrouverez donc chaque semaine le mercredi soir à 20h00 pour vous présenter sous un autre jour les informations de la semaine, avec Giovanni Gambacorta et Alexandre Penasse.

En podcast

Un élu français victime de la censure israélienne

Ismaël Boudjekada, élu français dans le Doubs, est retenu en Arabie Saoudite depuis plusieurs jours, suite à un ce qui ressemble à une pression contre tous ceux qui osent dénoncer le génocide sioniste en cours. Par là même, on perçoit à nouveau le deux-poids deux-mesures de cette France déliquescente où la liberté d’expression n’est plus qu’un vieux souvenir.

En podcast

[Dkript] « Les Rockefeller : Maîtres du jeu », par Jacob NORDANGÅRD

Certains sujets sont à la fois méconnus du grand public, car tus par les médias aux ordres, mais pourtant tellement déterminants dans le fonctionnement de nos sociétés et sur la vie de chacun. Ce n’est pas un paradoxe, car ceux qui tiennent véritablement les rênes du pouvoir s’emploient également à nous persuader que nous sommes libres. La famille Rockefeller en fait partie, elle qui depuis la première moitié du XIXe siècle, s’ingère dans tous les secteurs de la société de manière à ce qu’elle fonctionne pour son seul profit. Il est indispensable que le public connaissance cette vérité.

Le livre « Les Rockefeller: Maîtres du jeu » : https://www.fr.fnac.be/a18214555/Jacob-Nordangard-Maitres-du-jeu

En podcast

[Dkript] La revue de presse #2

Mercredi 19/03/2025

Si l’émission D-Kript lève le voile sur des sujets précis, afin d’éclaircir le réel et décoder la propagande, il faut aussi décrypter l’actu, celle que les médias du pouvoir nous servent quotidiennement et qui participent de leur fabrication du réel sur laquelle ils ont le monopole. Vous nous retrouverez donc chaque semaine le mercredi soir à 20h00 pour vous présenter sous un autre jour les informations de la semaine, avec Giovanni Gambacorta et Alexandre Penasse.

[Dkript] INJECTION ARNM: l’humanité en péril – Dr. Jean-Marc SABATIER

Dr Jean-Marc SABATIER: directeur de recherche au CNRS, docteur en biologie cellulaire et microbiologie, habilité à diriger des recherches en biochimie, est un spécialiste des vaccins et thérapies à base de protéines modifiées.

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[Dkript] COVID: 5 ANS APRES, LES MENSONGES CONTINUENT

Décryptage du documentaire de RTL sur la gestion du Covid par les autorités belges.

https://www.rtlplay.be/rtlplay/covid-19-la-semaine-ou-tout-a-bascule~33eec9cd-b2a5-4cf1-9467-ef0fff6bebd8


Avec Pr Martin ZIZI et Bernard CRUTZEN.

« Cinq ans après l’émergence du COVID-19, Sophie Wilmès et des acteurs clés reviennent sur la crise qui a poussé les Belges à sacrifier leur liberté. Un documentaire sur l’inimaginable basculement du monde. »

Le jour où Sophie Wilmès, et les autres, ont tout fait basculer…

 « Cinq ans après l’émergence du COVID-19, Sophie Wilmès et des acteurs clés reviennent sur la crise qui a poussé les Belges à sacrifier leur liberté. Un documentaire sur l’inimaginable basculement du monde », voilà comment est présenté le documentaire qui sort en prime time ce vendredi 14 mars sur RTL-TVI, outil de propagande politico-médiatique (RTL-TVI, RTBF).

Véritable ode a Sophie Wilmès, le documentaire Covid-19: la semaine où tout a basculé, se révèle être ce pour quoi il a été conçu, à savoir un outil de propagande réécrivant l’histoire pour ceux qui en douteraient : le gouvernement belge a fait ce qu’il pouvait, et en somme ce fut – presque – parfait.

Faut-il s’en étonner, dès lors que le documentaire est produit par ceux qui ont couvert médiatiquement le Covid et ont menti, dissimulé, généré la peur : RTL Belgium, Casa Kafka Pictures, Tchic Tchac. Derrière ces trois noms, on pourrait penser que seule la chaîne privée finance le film, mais l’autre grande chaîne nationale y est également impliquée :

– Casa Kafka Pictures est en effet une filiale de la RTBF et de sa régie publicitaire RMB, qui a été créée en novembre 2005. C’est une société d’intermédiation en Tax Shelter, agréée par le SPF Finances, qui « offre aux entreprises une solution d’investissement engagée et efficace ».

– Tchic Tchac a été fondé en 2018 par Tom Salbeth et Jim Dej, deux anciens journalistes de la RTBF. La société produit des programmes essentiellement pour la RTBF et RTL.

Le documentaire est également soutenu par le programme du gouvernement appelé Tax Shelter. C’est donc une production politico-médiatique, confirmant la parfait entente du monde politique et du monde des médias mainstream, en parfait adéquation pour mettre en œuvre le pouvoir. Et leur mensonge.

Les mensonges de Sophie Wilmès

En effet, dès le 14 février, une réunion de crise eut lieu entre l’Imperial College de Londres, le cabinet de Boris Johnson, et Deborah Birx/Anthony Fauci pour expressément arriver à ne pas mener une politique de soins et de la remplacer par la politique « zéro Covid ». La France est mise au courant de cette décision politique dans la foulée, et la Belgique aussi. Cette politique dite de « suppression » est pourtant totalement impossible, vu que le virus est partagé avec 700 autres espèces animales et peut sauter de l’une à l’autre sans mutations. Aucun politique belge — et d’ailleurs — ne pouvait l’ignorer en mars 2020. Tout cela était documenté.

Boris Johnson, avant cette date, ne croyait pas en une politique du zéro Covid: « Si j’avais 80 ans et que l’on me disait que le choix est entre détruire l’économie ou risquer d’être exposé à une maladie dont j’ai 94% de chance d’y survivre, je sais ce que je choisirais« .

Pour ceux qui auraient loupé l’épisode, un résumé analytique de 60 pages avec 300 références, était publié dès juin 2020. Tout était donc dit.

Quant à Sophie Wilmès, elle savait que la politique totalitaire mise en place par le gouvernement belge (masques, lock-down, confinement, fermetures des écoles et suppression de nombreuses activités économiques) était la mauvaise. Pour preuve, des membres de son cabinet craignaient de partager avec elle un autre point de vue et des documents sourcés, sous peine d’être licenciés. Par ailleurs, suite à ma question en conférence de presse le 15 avril 2020, elle n’a pas engagé le dialogue, considérant que ma question était « biaisée politiquement ».

Cette question me vaudra 8 mois d’interdiction de conférence de presse, rentrant à nouveau sous le gouvernement De Croo grâce à la persévérance de l’avocate de Kairos.

Le pouvoir corrompt, et la Première ministre savait pertinemment que désobéir aux ordres, donc tenir un autre narratif, qui aurait pourtant sauvé plus de 30.000 Belges, lui aurait valu son poste.

Et tout est à l’avenant, leur bellicisme aussi, évidemment.

ON PARLE DU 68

On parle du du journal numéro 68 (Février / Mars 2025)
-> https://www.new.kairospresse.be/journal/kairos-68/


Avec Nicolas DOURTE, Bernard VAN DAMME, Bernard LEGROS, Daniel ZINC et Alexandre PENASSE.

Expulsion à la Ferme du Biéreau de l’ASBL Corps & Logis

Communiqué de presse

Ce 11 mars, aprés 50 ans d’habitat à la ferme du Biéreau, la commune a évacué les habitants de l’ASBL Corps et Logis sous couvert d’un risque imminent d’incendie. La stabilité structurelle du bâtiment n’était nullement mise en cause.
Dans ce communiqué, vous trouverez une brève présentation de notre association, notre point de vue sur le dossier ainsi que nos demandes.

Corps & Logis – qui sommes-nous ?

Nous sommes une ASBL d’habitants de la Ferme du Biéreau et nous organisons des évènements culturels citoyens accessibles à tous. On peut sans nulle doute affirmer que l’ASBL Corps et Logis est une institution historique de Louvain-la-Neuve, héritière de pratiques culturelles alternatives au sein de la ferme depuis 1972. Sont passés entre nos murs : Peter Tosh, Brigitte Fontaine, Jacques Higelin, Les Hoquets, Weyes Blood et plus récemment La Jungle, Ni, Emeline tout court et des centaines de groupes et d’activités – tout cela sans subsides autres que l’habitat.

Des habitants volontaires :

Depuis 2011, l’ASBL et les habitants sont liés à leur propriétaire, la ville, par une convention d’occupation. Une visite de la zone de secours a eu lieu en 2023 mais nous n’avons reçu le rapport de prévention incendie qu’en aout 2024 nous indiquant des prescriptions concernant le bâtiment du corps de logis. Ce temps perdu a ralenti nos initiatives. Une réunion était prévue pour rencontrer le bourgmestre et son équipe. En réponse à ce rapport, nous avons élaboré plusieurs propositions de travaux, à planifier avec la nouvelle équipe communale et nous avons préparé un dossier traçant de nombreuses solutions chiffrées.

Ce qu’il s’est passé ce 11 Mars 2025 :

À 11H30 une délégation d’habitants de la ferme est reçue dans une salle de réunion de la maison communale. Alors que nous sommes en entretien constructif et serein nous apprenons avec surprise qu’un dispositif policier de plusieurs fourgons équipés de matériel anti-émeute forme dès 11h45 un cordon autour du corps de logis. Puis que les portes d’entrée de notre logement sont grillagées de l’extérieur, enfermant certains des habitants et empêchant d’autres d’entrer. C’est un choc ! Néanmoins nous confions à l’équipe communale nos dossiers techniques et culturels pour de futures négociations.
À 13H30 nous nous rassemblons sur place et décidons de contacter nos avocats et toutes les personnes qui soutiennent notre association à but socio-culturel pour organiser le reste de cette journée hors-norme. L’évacuation policière du lieu initialement prévue à 15H aura finalement lieu à 18h, grâce à la mobilisation de nos sympathisants.

A l’heure actuelle, ayant emporté le strict nécessaire, nous avons quitté la ferme. Les portes, les fenêtres et autres accès du corps de logis ont été grillagés. Nous avons pu trouver refuge chez des amis, refusant dans l’immédiat et dans ces conditions de dialogue rompu, la solution de relogement proposée par la commune.

Ce que nous demandons :

Nous demandons la transparence et la confiance de l’administration et du corps politique afin que nous puissions remettre en état le corps de logis et résoudre la situation avec eux. Concrètement, nous demandons à nous réunir avec les acteurs culturels, les responsables du patrimoine matériel et culturel, ceux des travaux et la zone de sécurité pour retrouver le plus tôt possible notre logement et continuer nos activités.

Nous refusons de voir la ferme mourir des suites de notre évacuation. Comme tous les habitants depuis le 14e sciècle, nous avons pris soin du corps de logis en l’habitant.

Le Collectif Corps & Logis

[Dkript] La revue de presse #1

Si l’émission D-Kript lève le voile sur des sujets précis, afin d’éclaircir le réel et décoder la propagande, il faut aussi décrypter l’actu, celle que les médias du pouvoir nous servent quotidiennement et qui participent de leur fabrication du réel sur laquelle ils ont le monopole. Vous nous retrouverez donc chaque semaine le mercredi soir à 20h00 pour vous présenter sous un autre jour les informations de la semaine, avec Giovanni Gambacorta et Alexandre Penasse.

Une plainte contre un opérateur de l’EVRAS: interview de Verlaine URBAIN

Innocence en danger Belgique est une organisation dédiée à la protection des enfants contre les violences sexuelles et l’hypersexualisation. Fondée en 2000 par Homayra Sellier, pionnière dans la défense des droits des enfants à l’échelle mondiale, Innocence en danger est un mouvement international engagé dans la lutte contre toutes formes de violences faites aux plus jeunes.

En 2011, Verlaine Urbain a fondé l’ASBL Resanesco. Désireuse de renforcer son engagement pour la protection des enfants, l’ASBL est devenue, dès 2019, l’antenne officielle belge de Innocence en danger. Depuis 2024, l’association a pris le nom d’Innocence en danger Belgique (IEDB)

Soutenez l’asbl Innocence en danger Belgique : https://innocenceendanger.be/

Le grand retour de la gauche Ceaucescu

Dans cette interview, Constantin Mirabel analyse la victoire de Trump à l’aune de la liquéfaction de la gauche, incapable de se remettre en question et de penser l’époque. Il se rie à juste titre de ceux qui portent sans cesse à leur bouche le mot démocratie mais pour qui elle ne veut plus rien dire, si ce n’est la défense de ceux qui pensent comme eux et le bûcher pour les hérétiques.

Kairos : La victoire de Trump préfigure-t-elle le renouveau du fascisme ?

Constantin Mirabel : Il faut voir cette séquence incroyable où le président des États-Unis signe un décret sous les acclamations de nombreuses jeunes sportives, pour les protéger de l’intrusion des hommes dans les compétitions féminines. La gauche culturelle aura réussi l’exploit à peine croyable à transformer Trump en héros féministe. Cela devrait l’amener à s’interroger. Bien entendu, c’est le contraire qui se passe.

Quand le projet politique de la gauche est de permettre à un homme, travesti ou pas, de se désigner comme une femme pour entrer dans le vestiaire des filles, le seul recours de la population devient alors Trump. Quand la gauche défend l’idée que « la liberté, c’est la censure », la résistance est alors Musk. La gauche pousse, et a poussé, ainsi la population dans leurs bras. Elle ne doit s’en prendre d’abord qu’à elle-même. Bien entendu, elle ne le fait pas ; il est éminemment plus facile de crier au fascisme. Par réflexe conditionné, elle renvoie toute interrogation à l’« extrême-droite ». Elle le fait tout en accompagnant avec bienveillance des figures comme Raphaël Glucksmann, représentant des néo-cons et faucons US, défenseur inconditionnel du gouvernement d’extrême droite israélienne pour qui les Palestiniens sont des « animaux humains ». La gauche culturelle est persuadée que l’Europe reste le refuge du pluralisme démocratique, persuadée qu’incarcérer ses contradicteurs, comme le candidat antisystème roumain, est un acte de défense de la liberté. Les boomers, c’est la génération Ceausescu de la gauche culturelle. Un homme de gauche d’ailleurs. Cette gauche porte la hantise de la démocratie, ce « pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Cette démocratie, elle l’a rebaptisée « populisme » pour porter la technocratie au pouvoir. D’ailleurs, cette démocratie, elle est convaincue de l’incarner toute seule. Selon cette perspective, tout contradicteur ne peut en être que l’ennemi.

La gauche culturelle des boomers se veut la championne du changement, mais semble incapable de conceptualiser que le monde a changé. Elle demeure persuadée que l’ennemi est le catholicisme, alors que nous sommes dans un monde post-chrétien. Elle fait du patriarcat le problème majeur, alors que nous avons basculé dans le matriarcat, dont la forme extrême n’est pas moins terrifiante que la première. Elle hurle contre les souverainistes ou les populistes, mais défend le système Otan-UE-Covid : « Donc on peut rester optimiste. Si les Européens prennent la relève, la guerre peut continuer ! », s’enthousiasme le présentateur vedette de LCI[note]. Convaincu d’être le rempart de la laïcité, elle est imperméable à l’observation décrivant le sacré comme inhérent à l’humain, et se déplaçant de structures religieuses vers d’autres, profanes. Elle est ainsi Charlie, mais aveugle au fait que Charlie est le nouveau sacré. Qu’on doit être Charlie, sous peine de blasphémer. Or, il n’y a pas plus fondamentaliste qu’un religieux athée. Car si le religieux sait qu’il croit, le religieux athée est persuadé que sa croyance relève de l’objectivité. Il est le dupe de sa subjectivité.

La réflexion du philosophe Bruno Latour sur cette génération était pleine d’acuité : « Vienne le temps où tous ces bébés prolongés devenus papy boomers passent en jugement, eux, les seuls qui n’avaient pas connu de guerre et qui, en pleine paix, quand rien ne les menaçait, ont saccagé de leurs mains, les uns après les autres, les moyens de vivre dont leurs parents les avaient gorgés dans leur enfance bénie. Qu’on les révise à leur tour, eux aussi, ces universels révisionnistes. Ils ont profité à fond du catéchisme comme de l’école, des humanités comme des sciences, de l’histoire comme de la géographie, de l’État comme de la politique, mais à leurs enfants qu’ont-ils légué ? L’autonomie. Car c’est au nom de la sainte liberté qu’ils ont détruit les institutions qui les avaient accouchés à l’existence. Et eux, qu’ont-ils enfanté ? Des mort-nés. Libres, ils le sont, leurs rejetons, libres à crever, car ils n’ont hérité que de la liberté, tandis que leurs parents indignes avaient reçu en partage ces attachements innombrables dont ils s’aperçoivent maintenant, trop tard hélas, qu’ils formaient la matrice même de l’autonomie.[note] » Mais, et c’est plus fort qu’elle, la gauche culturelle ne pourra s’empêcher de renvoyer ces considérations à un soutien de l’axe du Mal, Poutine, Trump & assimilés. Elle est incapable de réfléchir par elle-même. Pour penser, il lui faut un ennemi qu’elle diabolise, histoire de se sentir dans le camp du Bien.

La situation en France semble ainsi complètement figée. Car cette génération des boomers, c’est aussi la dernière à sortir, dans les associations, les partis, les rendez-vous culturels. La France vivante, en opposition à sa progéniture techno-zombifiée, est une France de vieux, dans sa masse comme dans sa part encore rebelle. Ainsi dans les manifestations contre le techno-totalitarisme covidien, la jeunesse était quasiment absente.

Comment, dans ce contexte, défendre la vérité ?

Il faut revenir à l’affaire Brigitte Macron. Elle est centrale, emblématique, en ce qu’elle révèle la difficulté, quasi-insurmontable, pour la masse d’en parler sereinement. C’est sur des tabous que se bâtissent des sociétés. C’est normal, car le sexe est le cœur de notre condition. Nous sommes tous hommes et femmes, venant d’un homme et d’une femme. Mentir à ce sujet, c’est mentir sur tout. Par exemple, quand nous nous présentons, la première chose que nous faisons est de nommer le sexe de l’Autre : « Monsieur », ou « Madame ». Pour revenir à M. Trump, contrairement à ses dires, « There are only two genders, male and female », il n’y a pas que deux genres, mais une infinité. De fait, la part culturelle du sexe ouvre sur l’infini de notre imaginaire. On peut tout y être : une femme avec une pénis comme une antilope avec une tête marteau piqueur. En revanche, il y a bien deux sexes : homme et femme, soit les chromosomes XY et XX[note]. Dans les mass médias, toute simple interrogation sur l’affaire Macron vaut délire. Un seul exemple, ici avec Euronews, mais tous les médias fonctionnent selon cette même rhétorique : « Brigitte Macron à nouveau visée par de fausses rumeurs sur son genre ». (4 février 2025). L’information est décrétée fausse avant même d’avoir été étudiée. Ce qui équivaut à la négation même du journalisme. Le ton est à la menace, quoi que l’on conclue du sexe de Brigitte Macron. Ce qui est bien paradoxal, car les mass médias font continuellement l’apologie du transsexualisme, tandis que parallèlement ils présentent la moindre interrogation sur l’épouse du Président comme de la « transphobie ». Il faudrait savoir ! Ce traitement est symptomatique de ce qu’ils sont devenus. En tous cas, il y a de quoi y perdre son latin. Nous vivons ainsi dans l’empire du mensonge. Mais le pire semble que ce monde de l’inversion restitue le juste reflet de la psyché des boomers de la gauche culturelle, qui s’en satisfont pleinement. Pour eux, le problème, c’est Bolloré, même si leur système est arrivé à faire interdire sa chaîne C8. Nous pourrions nous en ficher, en ne regardant pas ce style de médias. Hélas, il faut nous y intéresser, car le censure est révélatrice de leur caractère liberticide.

L’écologie politique peut-elle être une bouée de sauvetage dans cet effondrement ?

Selon un récent sondage[note], le seul parti où une majorité des membres croient qu’il n’y a pas deux sexes est Les Écologistes (ex Europe Écologie-les Verts). Malgré la propagande médiatique, les trois-quarts de Français demeurent, eux, rationnels. Il faut vite renvoyer ces « écologistes » à leurs études de biologie, mais au cours de première année. À cet égard, que Sandrine Rousseau soit devenue une figure centrale, non seulement de l’écologie politique, mais de la vie politique française tout court, est symptomatique. Certes, il ne faut pas psycho-pathologiser ses contradicteurs ; toutefois, il est de notre devoir de discerner le sain du malade. Suite à l’affaire Julien Bayou, son esprit figé dans la glace, plutôt que de faire amende honorable après une décision de justice, elle s’acharne dans l’impunité médiatique[note]. N’oublions pas aussi le site du journaliste Hervé Kempf. Afin de leur arracher des confessions publiques pour l’accabler, Reporterre était allé jusqu’à mandater une « journaliste » pour rechercher les témoignages d’anciennes compagnes de l’ex-secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts[note]. Mais quelle folie passe donc actuellement dans la tête de certains « écolos » ? Voilà que ceux qui prétendent faire profession de la dénonciation des méthodes policières et de la délation se livrent à ce qui peut se faire de pire en ce domaine. Cela expose la dérive actuelle consistant à confondre défense de la nature et police des mœurs à l’iranienne. Cela relève aussi d’une certaine logique, car nos néo-pudibonds nient parallèlement le réel le plus élémentaire : la sexuation. Mais on ne peut prétendre défendre l’écologie, c’est-à-dire la vie, et en nier le fondement. Ainsi M. Bayou, personnalité caractéristique de la gauche culturelle[note], se retrouve dans la position de l’arroseur-arrosé.

P. S. : Le 27 février dernier, le site du journaliste Hervé Kempf titre « Fin de C8 : des écologistes organisent un “pot de départ” pour Hanouna et Bolloré ». Extrait : « “Nous buvons à la santé de la démocratie !” lance Gaïa, porte-parole d’AJC [Action Justice Climat], sous les hourras et entre deux slogans. Autour d’elle, la cinquantaine de militants venus à ce “pot de départ” brandissent une grande banderole et des pancartes où l’on peut lire “Marre de ta haine, rends l’antenne”, “Médias sauce bollo, boulevard pour les fachos” ou “Bollorisation médiatique, péril démocratique” ». Ce sont les mêmes qui voient dans la politique liberticide menée pendant l’épisode Covid la solution à la crise écologique. « La censure, c’est la démocratie » pensent-ils. Que se passera-t-il si, un jour, des droitards arrivés au pouvoir grâce à leur immaturité interdisent à leur tour Reporterre ? C’est d’ailleurs ce qui se passe actuellement, par exemple, avec la députée Rima Hassan. Au motif de son action pro-palestinienne, son collègue lepeniste Jean-Philippe Tanguy demande sa déchéance de nationalité. D’un côté comme de l’autre, voilà le résultat lorsque l’objectif n’est plus de débattre avec ses contradicteurs et adversaires, mais de les criminaliser.

Constantin Mirabel

La fin du clivage gauche/droite ou l’avènement de l’extrême centre

Autrefois, la gauche se réclamait du progrès social et des luttes ouvrières, tandis que la droite incarnait le conservatisme et la défense des valeurs traditionnelles. Pourtant, ces distinctions se sont érodées. La gauche institutionnelle a abandonné les classes populaires au profit d’un moralisme sociétal et d’une soumission aux intérêts supranationaux. Quant à la droite traditionnelle, elle a troqué sa défense de l’identité nationale pour un libéralisme économique sans frontières, oubliant la souveraineté au passage.

De Jaurès à aujourd’hui : un lent basculement idéologique de la gauche

Aujourd’hui, une grande partie de la gauche s’est embourbée dans un progressisme désincarné, souvent coupé des réalités populaires :

  • Le remplacement du combat social par des luttes identitaires et communautaires, aboutissant à une fracture au sein même des classes populaires.
  • La déconnexion des classes ouvrières et populaires qui a déplacé son électorat vers une population urbaine et les BOurgeois-BOhème favorables au mondialisme.
  • Le rejet du cadre souverain et national, au profit d’un internationalisme dogmatique, souvent aligné sur les logiques de gouvernance supranationale (UE) et sur les intérêts des élites globalisées.

De Jean Jaurès à aujourd’hui, il y a eu un basculement idéologique total. On est passé d’une gauche du peuple à une gauche de la « bonne conscience » qui, sous couvert d’universalisme et d’inclusivité, promeut un agenda en rupture totale avec les préoccupations des citoyens. Si Jaurès revenait, il aurait bien du mal à reconnaître cette gauche qui se revendique pourtant de son héritage, et s’il y a une vie après la mort il doit en perdre le sommeil…

Bien qu’elle ait gardé son étiquette, la gauche moderne a perdu toute légitimité après son glissement vers le néolibéralisme et le mondialisme. Ce glissement s’est fait progressivement à partir des années 1980-1990, notamment avec des figures comme Tony Blair (Royaume-Uni), Bill Clinton (États-Unis), François Mitterrand après son tournant de la rigueur en 1983, et plus tard, François Hollande et Emmanuel Macron en France.


En effet, on peut citer comme exemples :

  • Les privatisations massives (exemple : sous Jospin en France, on a privatisé plus que sous la droite).
  • La dérégulation financière et la flexibilisation du travail, avec des mesures parfois plus libérales que celles proposées par la droite (exemple : loi El Khomri en France sous Hollande officiellement appelée Loi relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels).
  • L’alignement sur l’Union européenne et la mondialisation économique, malgré les effets dévastateurs sur l’industrie et le pouvoir d’achat des classes populaires.

Ce basculement a éloigné la gauche de son électorat traditionnel, notamment ouvrier et rural, qui s’est senti trahi. Aujourd’hui, on fait semblant de s’étonner que le RN en France recueille énormément de voix dans le monde rural et chez les travailleurs, mais ce glissement est largement compréhensible et justifié.

Autrefois, la gauche se voulait une alternative au capitalisme débridé. Aujourd’hui, elle accompagne les grandes multinationales et la financiarisation du monde :

  • Collusion avec les GAFAM et les grandes banques, sous couvert de modernisation.
  • Promotion du Greenwashing et du capitalisme woke, dans lesquels l’engagement social et écologique devient un argument marketing plutôt qu’un véritable combat de classe.
  • Désignation des peuples eux-mêmes comme étant les ennemis de la nation, en diabolisant toute contestation populaire comme du populisme ou du complotisme.

Ceci explique pourquoi les classes populaires se détournent massivement d’elle au profit de l’abstention ou d’alternatives dites populistes (droite souverainiste ou extrême gauche radicale). En somme, la gauche actuelle s’est reconvertie en courroie de transmission du capitalisme globalisé et des intérêts des élites financières, tout en prétendant défendre un progressisme sociétal.

La droite n’est plus le moteur de la prospérité et de l’ascension sociale

Quant à la droite, son évolution suit étrangement un schéma assez similaire à celui de la gauche : elle a progressivement abandonné ses fondements historiques pour se fondre dans la même vision néolibérale et mondialiste. Elle qui était autrefois une force de stabilité économique et de promotion de l’ascension sociale, elle est devenue un outil politique de globalisation économique et de financiarisation extrême, ceci au détriment des classes moyennes qu’elle avait pourtant contribué à créer et à renforcer.

Pendant une grande partie du XXe siècle, même si les gens de gauche peinent à le reconnaître, la plupart du temps par atavisme, la droite économique a été un des principaux moteurs de la croissance et de la consolidation de la classe moyenne :

  • Encouragement à l’entrepreneuriat, au travail et à l’épargne, permettant aux individus d’accéder à la propriété et d’améliorer leur condition.
  • Politique de réindustrialisation et de souveraineté économique, où l’État accompagnait le développement du capitalisme productif.
  • Création d’un cadre propice à l’ascension sociale, où les classes populaires pouvaient gravir les échelons grâce à l’éducation, au mérite et à l’effort.

C’est sous cette ancienne droite que la classe moyenne s’est considérablement développée, réduisant la pauvreté et instaurant un modèle où l’emploi stable et bien rémunéré était la norme.

À partir des années 1980-1990, sous l’influence du thatchérisme, du reaganisme et de la mondialisation accélérée, la droite a abandonné le capitalisme industriel pour adopter un capitalisme financier dans lequel l’argent n’est plus en relation avec un travail fourni. La dérégulation massive des marchés a favorisé les grandes entreprises au détriment des PME, organisé les délocalisations et les destructions des emplois industriels, tout ceci provoquant une paupérisation de territoires autrefois prospères avec pour conséquence l’érosion des protections sociales et salariales, sous couvert de compétitivité.

Les banques, qui autrefois n’hésitaient pas à jouer le jeu des financements industriels, ne pensent plus qu’en termes de rentabilité de l’argent, alors qu’elles ne le possèdent même plus, car ce ne sont désormais des chiffres qui changent de colonnes. Aujourd’hui, dans ce système néolibéral, la presque totalité des transactions financières dans le monde ne concernent plus que des revenus financiers qui n’ont aucun rapport avec le travail ou la fourniture de marchandise. En somme, aujourd’hui c’est de l’argent virtuel qui sert à générer des dettes qui le sont tout autant.

La destruction de la classe moyenne au profit de l’ultra-élite et d’une classe de consommateurs précaires

Aujourd’hui, la droite néolibérale et la gauche mondialiste convergent vers le même projet : la disparition de la classe moyenne qui représentait autrefois un contre-pouvoir face aux élites économiques et politiques. L’objectif est de remplacer une population stable et autonome par une masse de travailleurs précaires, endettés et entièrement dépendants du système. La classe moyenne subit une pression fiscale croissante, car elle représente une manne idéale : trop riche pour bénéficier des aides, mais pas assez pour échapper à l’impôt comme le font tous les ultra-riches. L’accès à la propriété est rendu de plus en plus difficile, avec des salaires stagnants et une inflation des prix immobiliers, le salariat se précarise avec l’uberisation du travail et la suppression des contrats stables. Et last but not least, un crédit social implicite se met insidieusement en place, les individus devant constamment prouver leur conformité au système pour accéder à certains services (exemple : notation bancaire, ESG dans les entreprises…).

L’extrême centre, une fusion des pires travers

C’est ce nouveau consensus qui mêle autoritarisme bureaucratique, conformisme idéologique et capitalisme financier totalement débridé. Il prétend représenter la modération et le pragmatisme, mais en réalité il fonctionne comme une idéologie totalitaire qui rejette toute contestation. Il s’agit d’une réelle inversion des valeurs, le totalitarisme prétendant être le bouclier de la démocratie.

Sur le plan économique, il adopte une vision ultra-libérale en démantelant les services publics et en les soumettant aux grandes multinationales. Ce n’est plus un capitalisme productif qui favorise l’ascension sociale et l’augmentation du niveau de vie, mais une économie de rente et de précarisation généralisée où la classe moyenne se voit progressivement remplacée par une population de travailleurs précaires.

Comme le chantait Francis Cabrel : « J’aimerais que quelqu’un vienne et me délivre, mais celui que je viens de choisir m’a donné juste assez pour survivre et trop peu pour m’enfuir ». Ce phénomène n’est pas un accident, mais bien une stratégie visant à créer une société de consommateurs captifs, privés des leviers traditionnels de la liberté économique et politique.


Sur le plan sociétal, il impose une pensée unique sous couvert de progrès : la censure des voix dissidentes, la criminalisation de l’opposition, l’ingérence toujours plus importante dans la sphère privée. L’ancienne gauche, qui prônait l’émancipation, est devenue le fer de lance de la surveillance des comportements et des opinions, tandis que la droite, jadis garante des libertés individuelles, s’est convertie à une logique de contrôle et de restriction au nom de la sécurité.


Sur le plan démocratique, cet extrême centre ne gouverne plus que par la peur, l’urgence et la rétorsion permanente en contournant les processus parlementaires et en imposant des normes sous prétexte de crise sanitaire, climatique ou sécuritaire. La technocratie a remplacé la représentation populaire, et les citoyens sont désormais considérés comme des sujets à administrer plutôt que des acteurs politiques. Ce courant se pare des atours du « bon sens » et de la « rationalité », mais il fonctionne avant tout comme un système de contrôle qui refuse tout débat contradictoire. Est-ce que la disparition de la classe moyenne est un projet concerté ? Oui, sans aucun doute.

Vous ne posséderez rien et vous serez heureux

Cette phrase est attribuée à tort à Klaus Schwab, le fondateur du World Economic Forum de Davos, mais s’il n’a jamais dit ni écrit cela, elle provient néanmoins d’un article d’Ida Auken publié sur le site du WEF en 2016. Cette petite phrase synthétise le concept d’une transformation en profondeur du système économique mondial qui inclut notamment :

  • Une économie de l’accès plutôt que de la propriété (exemple : location et abonnements généralisés plutôt que possession individuelle).
  • Une transition vers un modèle de capitalisme des parties prenantes où les grandes entreprises jouent un rôle central dans la gestion de la société, au-delà des États-nations.
  • Une accélération de la numérisation et du contrôle des populations, justifiée par des impératifs de sécurité, de durabilité et d’efficacité économique.

L’extrême centre est aujourd’hui ce système politique qui promeut cette ingénierie sociale dirigée par une élite mondiale et qui vise à réduire la liberté individuelle sous couvert de progrès et de modernité.

La convergence des esprits libres

Face à cet extrême centre, une nouvelle alliance se dessine. Des intellectuels et observateurs autrefois classés à gauche ou à droite se rejoignent dans un front de la lucidité. Ils réalisent que le véritable clivage n’est plus idéologique ou politique, mais qu’il oppose aujourd’hui les élites dirigeantes aux peuples gouvernés. Des figures de la politique et du journalisme comme Michel Onfray, François Ruffin, Éric Zemmour, Philippe de Villiers, Christian Combaz, Didier Maïsto, Alexis Poulin, et bien d’autres, que tout semblait opposer, dénoncent aujourd’hui les mêmes dérives et avec les mêmes mots :

  • La destruction des libertés fondamentales au nom d’une pseudo-modernité;
  • La concentration du pouvoir entre les mains d’une élite hors-sol;
  • L’hypocrisie d’un progressisme qui sert avant tout les intérêts des puissants;
  • La destruction de nos valeurs, de notre histoire et de notre culture.

Cette prise de conscience amène à repenser l’engagement politique non plus en fonction d’un axe gauche/droite, mais autour de valeurs fondamentales : souveraineté, libertés individuelles, culture, justice sociale et démocratie réelle.

Quel avenir face à l’extrême centre ?

Ce courant dominant se maintient par la propagande, la censure et la répression. Mais il pourrait engendrer une réaction de plus en plus forte, car les citoyens commencent à voir clair. La grande question est de savoir comment structurer une alternative efficace sans tomber dans les pièges des extrêmes ou de la récupération politique. L’heure est peut-être venue de refonder un discours politique basé sur la raison, l’intelligence et la souveraineté populaire. Une nouvelle force politique peut émerger, portée par ceux qui refusent de se laisser enfermer dans de vieux schémas devenus obsolètes. Finalement, la véritable fracture politique aujourd’hui n’oppose plus la gauche à la droite, mais bien ce nouveau système de gouvernance et ceux qui cherchent à lui résister. La lucidité devient une nouvelle boussole, et elle ne connaît pas de couleur politique.

Serge Van Cutsem

[Dkript] ÉLECTIONS & VOTES: Les rouages de notre soumission

Décryptage de la démocratie actuelle avec Étienne CHOUARD.

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