Kairos 58
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Face à l’effondrement, la renaissance de la psychologie

Flash-back il y a bientôt deux ans : interdit de respirer, de se déplacer, de travailler, de soigner, de ré-informer, de disposer de son corps et de son esprit. Extorsion de consentement par manipulation. Déliquescence du système de soin. Effondrement du contrat social au profit d’une vie à crédit — toujours sociale, certes. D’un côté, une partie de la population terrorisée, soumise à l’autorité par extorsion de consentement ; de l’autre, des minorités actives qui entrent en résistance… En toile de fond, un monde en devenir… Tentative de décryptage des conséquences de la manipulation par le mental à la faveur d’un nouveau paradigme qui unit le corps, le cœur et la conscience. 

1. Quand la stratégie du choc dissocie 

Cœur sidéré, répression dans le corps et refoulement dans le psychisme. Le propre du trauma réside dans sa capacité à dissocier le corps et l’esprit. Anesthésie individuelle et hypnose collective. Le poids des mots, le choc des photos. Face à une démocratie sous hypnose, les psychologues sont restés bien silencieux. Seraient-ils tout aussi sujets aux manipulations du mental qu’ils sont censés prémunir de par leur fonction? Machiavel l’expliquait déjà : « Celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leur âme ». Il est d’ailleurs intéressant de relever que quasiment depuis les débuts de l’écriture, des traités expliquant comment diviser pour mieux régner sont foison[note] afin de repérer les façons de vaincre l’ennemi sans recours à la violence, ni à la bataille, mais plutôt en utilisant des tactiques psychologiques avec la même ligne de mire : si la peur est un moteur et la division, le liant, le bien-être des peuples reste toujours l’alibi des dirigeants. Le problème est que « la population en général ne sait pas ce qui est en train de se passer. Et elle ne sait même pas qu’elle ne sait pas[note]». Le psychologue ne devrait-il donc pas poser la question de la connaissance de soi comme pierre angulaire d’une évolution nécessaire? 

Partout sur la planète des injections expérimentales sont extorquées à la faveur d’un nouveau paradigme, celui de la survie soumise aux injonctions d’injections impliquant un traçage des populations. C’est la rhétorique du « nous sommes en guerre », et « la guerre, c’est la paix ». Soumettez-vous pour être libre. Relisons 1984, les gouvernements sont passés maîtres dans l’art des injonctions paradoxales, du mensonge pathologique et du chantage. Phénomène inédit qui pousse à questionner une dynamique d’aliénation gouvernementale assez largement consentie. Le tableau pourrait s’analyser selon trois registres subtilement inter-reliés : le Réel, le Symbolique et l’Imaginaire. 

Choc du Réel. Autrefois, c’était l’autodafé. Désormais le scientifique censé intervenir pour décrypter et justifier le réel est soumis à une chasse aux sorcières. Attaqué pour discours en contradiction avec la théorie officielle, il est évincé. Et si toutefois il pose trop de questions — thèse, antithèse, synthèse —, l’armée des fact-checkers sera toujours là pour lui clouer le bec. Les médias sont passés maîtres dans l’art du façonnage de l’opinion. Fuite de l’Imaginaire. Désormais deux paradigmes se dessinent : transhumanisme contre persistancedelapartsacréeetinaliénable.L’èrepost-matérialiste aurait-elle définitivement évincé la question du sacré ? Où sont donc passés les hommes de foi ? Face à cet effondrement, la renaissance de la psychologie et de la science devient inévitable, nous y reviendrons. 

Du Réel à l’Imaginaire… Un effondrement du Symbolique comme ce qui fait sens à nos existences. De la doctrine d’un réel scientifique censé justifier l’identité numérique à l’effondrement d’un imaginaire religieux, capable de justifier un futur transhumain, le psy aurait-il démissionné ? Abdiqué de la part symbolique qu’il défend en substance ? Mais d’où vient donc cette confusion ? 

2. Tous inconscients, tous innocents? 

Dans son livre Covid-19, the Great Reset, Klaus Schwab, grand manitou du World Economic Forum, avait prévenu que l’exercice de la pandémie serait l’occasion d’une grande réinitialisation : « La crise du Covid-19 représente une grande opportunité pour réformer le système. […] À l’avenir, les gouvernements décideront très probablement, mais avec des degrés d’intensité différents, qu’il est dans le meilleur intérêt de la société de réécrire certaines règles du jeu et d’accroître les rôles de façon permanente ». Historiquement, les débuts de la psychologie contemporaine voient le jour dans l’aire post-victorienne, avec pour chef de file Sigmund Freud, pour qui « le moi n’est pas maître dans sa maison ». Suivant ce créneau, son neveu Edward Bernays deviendra l’inventeur de techniques de publicité recourant au consentement à l’autorité, dont nos gouvernements sont devenus friands. En 1928, dans son premier livre Propaganda, il décrit sa profession de magnat de la presse comme consistant à créer un « lien symbolique » entre son client et les masses en relayant ou en créant de toutes pièces des messages soigneusement adaptés à leur psychologie collective. Il se dit convaincu que « la masse est incapable de juger correctement des affaires publiques et que les individus qui la composent sont inaptes à exercer le rôle de citoyen en puissance qu’une démocratie exige de chacun d’eux. Bref, que le public, au fond, constitue, pour la gouvernance de la société, un obstacle à contourner et une menace à écarter[note]». Son œuvre de propagande lui permettra de grands succès commerciaux et géopolitiques, dont le renversement du gouvernement du Guatemala en 1954! Selon cette dynamique, l’inconscient est structuré comme un langage, et l’approche freudienne considère sa manipulation comme une évolution. 

À ses côtés, son confrère Carl Gustav Jung apportera une compréhension bien plus évolutive des phénomènes psychiques. Selon lui, c’est l’appauvrissement de la vie intérieure qui a conduit les individus à mener une existence réduite. Si la personnalité consciente est devenue civilisée, organisée et rationnelle, la personnalité inconsciente demeurée sauvage doit être intégrée à la conscience par une vie symbolique et archétypale (nous reviendrons sur ce terme fondamental). Sans quoi elle peut s’exprimer à tout moment de manière violente, barbare et éruptive, en se laissant manipuler. Selon le philosophe Frédéric Lenoir, c’est en ce sens que Jung analyse la montée des périls du XXe siècle (nazisme, communisme et nationalismes en tout genre) qui ne peut être endiguée par plus de raison[note], mais plus de conscience. Ici, la solution est avant tout intérieure et individuelle : c’est par le symbole que nous nous relions à la fonction imaginative. Car, « plus la raison critique prédomine plus la vie s’appauvrit. […] La surestimation de la raison a ceci de commun avec un pouvoir d’état absolu : sous sa domination, l’individu dépérit[note]». Pour résumer, c’est comme dans un jeu de vases communicants : si aucun travail ne se fait au niveau symbolique — celui du cœur qui en principe unit le corps à la conscience, et le Réel à l’Imaginaire —, comment un travail de symbolisation pourrait-il intervenir comme un contre-pouvoir? C’est là l’état d’urgence qu’il nous convient de décrypter. 

3. Détecter, isoler, tracer ? Tout est relatif! 

Dans son intervention de septembre 2022 aux Universités d’été résistantes, l’avocat David Guyon s’est attaché à déceler les trois leviers de l’état d’urgence et de l’effondrement du droit que sont l’urgence, la peur et la propagande[note]. Il est d’ailleurs intéressant de les relier à la triade que la médecin Laurence Kayser a décelée dans ce même temps : paresse, peur et ignorance[note]. Pour être clair, résumons selon les trois plans que nous avons désormais identifiés. Dans le Réel, l’urgence est activée et le mécanisme de sidération nous fige: paresse, stupeur et tremblements. Au niveau du corps, le système limbique est suractivé. Au niveau du Symbolique, le cœur est dans l’incompréhension, le travail de bascule et de renversement ne se fait pas ; c’est la peur qui agit. Au niveau de l’Imaginaire, l’ignorance et la propagande s’emparent des esprits. Qui pour parler de l’effondrement de l’éthique, de la foi et de la morale ? De la nécessité de sortir de l’asservissement ? De l’importance capitale de la maîtrise des états émotionnels et mentaux pour poser des choix de résilience ? Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Hannah Arendt avait tenté de nous alerter : « Pour s’implanter, le totalitarisme a besoin d’individus isolés et déculturés, déracinés des rapports sociaux, organiques, atomisés socialement et poussés à un égoïsme extrême[note] ». Or, « Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges, mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez[note] ». Alors que Bernays nous montre que l’apport de la psychologie permet de passer maître dans l’art de la propagande, le psy 2.0 sera-t-il celui qui continuera à soutenir le narratif et la mise en place des rouages de la soumission? Isoler, détecter, tracer serait devenu la solution… En tout état d’urgence se pose la question d’une grande bascule. 

Un renversement des mécanismes est cependant le fruit d’une grande motivation et d’un réel effort. Sur ce sujet Spinoza termine son Éthique par ces mots : « Maintenant la voie est très ardue, on peut pourtant la découvrir. Et puis, allons, il faut bien qu’elle soit ardue, une chose qu’on trouve si rarement. Car pourrait-il se faire, si le salut était sous la main et qu’on pouvait l’obtenir sans grande fatigue, que presque tout le monde le néglige ? Mais parmi toutes les choses les plus précieuses, toutes sont difficiles autant que rares[note] ». Ici intervient la notion de relativité et ses conséquences sur un renouveau de la psychologie. 

En 1930, Albert Einstein rencontre le philosophe indien Rabindranâth Tagore. Alors qu’il lui affirmait que « la réalité est relative et la vérité est absolue », Tagore lui répondit : « Mais les deux sont relatifs, parce que si vous niez la réalité, vous reniez la vérité et vice versa, tout l’univers est en moi et je suis à l’intérieur de l’univers. Il n’y a pas de beauté seulement en présence d’un admirateur, et il n’y a de vérité que dans l’existence d’un croyant ». Étonné, Einstein lui répondit : « Il y a quelques instants ma théorie était incomplète… Et maintenant vous la terminez en prouvant que la vérité n’est pas absolue ». Aussi, pour revenir au discours qui nous est martelé depuis deux ans, ainsi qu’à un principe bien connu de la médecine — le poison de l’un est la médecine de l’autre —, soit certains sont protégés par ces injections, et il convient alors de se demander pourquoi cette prophylaxie serait imposée à tous ; soit, tel que le démontrent les avancées du parlement européen lors de l’audition Pfizer, le dit vaccin ne protège pas de la transmission, ce que tout le monde savait, fabriquants compris[note]. Ou encore il existe de surcroît des effets indésirables sans précédents, tout comme une violation de principes fondamentaux, sacrés et inaliénables ayant un impact sur les corps individuel et social. Auquel cas, il y a une manipulation qu’il convient alors de décoder et de dénoncer pour proposer de nouvelles dimensions de soin à l’être humain et à la Terre. Dans ce cadre rien n’est relatif ! Si le mental se sert de nous et que nous sommes inconsciemment identifiés à lui, par conséquent nous ne savons même pas que nous sommes son esclave. Et sortir du pseudo-relativisme est déjà en soi une voie de sortie. 

Alors qu’une psychologie de l’inconscient laisse sa place à une métaphysique de la conscience, des questions de fond peuvent enfin émerger, et les registres du Réel, du Symbolique et de l’Imaginaire, s’interpénétrer vers plus de conscience. De tout temps, au niveau du réel, le savant et le scientifique nous protègent du délire. Les tenants du religieux assurent la part sacrée et imaginaire. Tandis que le psychologue est censé décrypter ce qui ne se voit qu’avec le cœur. Surgit une question : à quoi pourrait donc ressembler une connaissance qui fusionnerait la magie (comme compréhension d’un au-delà du visible), la foi (en soi) et la science comme garante des lois du visible ? Quels seraient ses fondements théoriques et ses outils pratiques ? Quelles seraient les caractéristiques de la nouvelle conscience que cette fusion pourrait faire émerger ? Est-ce que la science sera neutre ou enverra-t-elle de nouvelles ressources pour aider ce trio sacré à triompher ? Quand la démocratie est sous hypnose, comment préparer cette alliance qui prédétermine l’avenir de notre espèce ? 

4. Levée de rideau. Vers une science de la conscience. Quantum experience. What the bleep do we know?[note]

Dès 1944, Jung annonçait le chemin : « Je suis convaincu que l’étude scientifique de l’âme est la science de l’avenir. […] Il paraît en effet, avec une clarté toujours plus aveuglante que ce ne sont ni la famine, ni les tremblements de terre, ni les microbes, ni le cancer, mais que c’est bel et bien l’homme qui constitue pour l’homme le plus grand des dangers. La cause en est simple : il n’existe encore aucune protection contre les épidémies psychiques ; or ces épidémies-là sont infiniment plus dévastatrices que les pires catastrophes de la nature ! Le suprême danger qui menace aussi bien l’être individuel que les peuples pris dans leur ensemble, c’est le danger psychique[note] ». Presque 100 ans plus tard, le grand tournant d’une civilisation consciente fondée sur une médecine en conscience et de la conscience est inexorable et déjà présent. C’est d’ailleurs le modèle de médecine intégrative que l’on voit reconnu par les outils de la science contemporaine qui, depuis une trentaine d’années, considère le corps comme support de l’esprit. Aussi, comme pour faire face au transhumanisme, nous nous dirigeons vers une révolution paradigmatique de la connaissance aussi importante que la révolution copernicienne. Révolution d’une connaissance dont le centre serait le cœur, déjà annoncée par Aristote : « L’éducation de l’esprit sans éducation du cœur, n’est pas une réelle éducation ». Ainsi de nos jours, si la façon de faire de la science n’a pas changé, ses concepts fondamentaux ont été, eux, profondément bouleversés, particulièrement autour de la physique quantique. Selon Einstein, cette approche nous montre qu’« en ce qui concerne la matière, nous avons tous eu tort. Ce que nous avons appelé la matière, c’est l’énergie, dont la vibration a été tellement abaissée qu’elle est perceptible aux sens. La matière est l’esprit réduit au point de visibilité. » Elle serait en quelque sorte de la pensée cristallisée. Or, si considérer la matière comme de l’information, de la fréquence et de la vibration peut sembler dorénavant concevable, la répercussion de cette vision est sans précédent sur le renouveau de la psychologie. C’est ce qui lui fit dire qu’« il nous faut résoudre le problème qui a été créé sur un plan [ici le mental], à partir d’un autre plan [la conscience]. » En pratique s’impose comme solution la paix de l’esprit et davantage de compassion. 

À ce titre, en décryptant les synchronicités de cette crise menant vers un futur déjà foutu — ce qu’il appelle le « fouture » —, le physicien Philippe Guillemant soutient que l’organisation doit venir du futur car elle n’a aucune cause passée lui permettant d’exister. C’est ce qui lui fait avancer que « nous pouvons continuer à faire de la physique, mais nous devons être absolument logiques et donc considérer nos intentions comme des réalités physiques, avec l’ingrédient additionnel qu’elles ne semblent pas dépendre uniquement de notre cerveau mais aussi d’un système d’information hors espace-temps qui peut être rejoint par l’intuition[note] ». Cette mécanique quantique permet de construire le modèle standard des particules élémentaires à partir de ce qu’on appelle la théorie quantique des champs. Ainsi là où Jung avait apporté l’idée que les archétypes siégeant dans l’inconscient collectif seraient de nature « psychoïde » (sortes de matrice mi-physique, mi-psychique), cette rencontre sera déterminante pour l’élaboration d’un nouveau paradigme au carrefour de la psychologie et de la physique. Tous deux visaient le même résultat : trouver une loi physique objective qui décrive le champ de forme régissant l’univers, aussi bien sous l’angle matériel que psychique. Ceci les mena à considérer le réservoir de l’inconscient collectif comme une matrice invisible à laquelle l’inconscient personnel accéderait sous la forme d’archétypes et de synchronicités ; et à rappeler au passage que la plupart des découvertes de la physique (espace, temps, matière, énergie, champ, particule) ou de tous les autres domaines, sont souvent le fruit d’intuitions rendues possibles par l’activation de formes universelles servant de modèles que seraient les archétypes. Plus récemment, Ervin Laszlo et d’autres physiciens quantiques ont validé ces champs informationnels appelés « champs morphogénétiques », soulignant qu’ils ont toujours été disponibles depuis la nuit des temps aux chamans, aux sages, aux visionnaires, aux artistes, aux mystiques et aux médiums, ces gens qui avaient la capacité d’ajuster finement leur perception en amenant la conscience dans cette réalité multidimensionnelle où les plus belles intuitions et intentions peuvent être piochées. Selon ses études, notre grande tâche consisterait à élever notre fréquence afin que nos trois cerveaux — corps, cœur et conscience — puissent devenir les réceptacles de ces réalités. 

5. Entre le corps et la conscience, une psychologie du cœur et de l’intention 

Pas à pas, le cœur comme carrefour du corps et de la conscience prend toute sa place. Les travaux du Heart Math Institute sur le cœur (dont le rayonnement magnétique est 6.000 fois plus important que celui du cerveau), montrent que la vibration peut amener des voies de guérison par une pratique consciente de la cohérence cardiaque[note]. Depuis les années 1990, ce laboratoire californien étudie l’intelligence intuitive du cœur, l’impact de la communication entre le cœur et le cerveau sur la gestion du stress et des émotions. Les techniques Heart Math démontrent ainsi que nos émotions et nos intentions influencent également le bien-être des gens qui nous entourent. La cohérence cardiaque génère de la cohérence sociale, où nous pouvons consciemment donner une orientation positive et constructive à la coopération en groupe. Philocalie du cœur chez les pères du désert[note], « caverne du cœur » dans les Upanishads, école du cœur dans la voie bouddhiste, voyage au centre du cœur chez les chamans, s’il n’est pas de voie initiatique qui ne fasse la part belle à la purification du cœur, c’est désormais la science qui la valide comme vecteur d’évolution qui nous amènerait à poser des choix résilients et conscients. 

Au travers d’une multitude d’actions, de nouvelles propositions émergent partout sur la planète pour montrer qu’il est possible de changer les règles du 

– JEU : médical, juridique, éducationnel, monétaire, démocratique et informationnel. 

– ET DU JE : dans ce cadre, l’émergence d’une psychologie de la conscience démontre enfin que, loin d’être le problème, nous sommes humblement la solution ! « Pire encore (pour les matérialistes), la découverte d’un réglage extrêmement précis des caractéristiques de l’Univers pose ouvertement la question de l’existence d’un Créateur au cœur même de la science contemporaine et a pu pousser de grands scientifiques à débattre d’une question qui paraissait être rejetée à jamais en dehors du domaine de la science. Bien d’autres révolutions seraient à mentionner ici, par exemple le théorème de Gödel qui démontra que tout système logique humain cohérent (ce qui est bien la moindre des choses pour un système logique) était radicalement incomplet. Bref, c’est une science beaucoup plus humble, une science consciente de ses limites et ouverte sur d’autres niveaux de réalité qui pointe à l’horizon. Une science fort différente du scientisme triomphant qui pensait pouvoir tout expliquer. Cette évolution a été très bien décrite sous le terme de “Grand Retournement” dans l’analyse de Michel-Yves Bolloré et d’Olivier Bonnassies, “Dieu, la Science, les Preuves”[note] ». Dans ce cadre, l’accès à l’intuition comme la voie royale vers d’autres mondes constitue un grand retournement. 

En toile de fond de cette mutation vers un peu plus de pénurie et de culpabilisation du citoyen, c’est surtout une mutation spirituelle menant à une façon différente de penser et d’interagir qui apparaît. Alors que nous rentrons dans cette zone, la question est celle de la fréquence à laquelle s’accorder. Ici, les perceptions jungiennes concernant le processus d’individuation prennent aussi tout leur sens : au-delà du personnage, l’être en état de conscience modifié vient, par la connexion aux réalités archétypales, se reconnecter à sa vraie nature. Dans ce mouvement de connexion à la supraconscience, il y pioche de l’humilité en se sentant infiniment petit, tout comme de l’amour en se sentant infiniment grand. 

6. Effet Maharishi et champ morpho-génétique. Comment opère le phénomène de bascule? 

Ici intervient le phénomène de « super-radiance » ou « effet Maharishi » (du nom du maître spirituel indien qui fut le premier à le décrire) expérimenté pour la première fois à l’occasion d’une étude menée pendant le conflit israélo-libanais au début des années 1980. Cette étude consistait à réunir, dans les régions du Moyen-Orient dévastées par la guerre, des personnes formées à la technique de la méditation transcendantale élaborée par Maharishi Mahesh Yogi. Durant les périodes au cours desquelles elles éprouvaient toutes ensemble un sentiment de paix, le niveau de violence (crimes, meurtres, accidents, terrorisme) dans la région autour d’elles diminuait significativement. Quand elles arrêtaient de focaliser leur attention sur l’harmonie, toutes ces activités reprenaient. Les résultats furent tellement évidents que les chercheurs purent déterminer le pourcentage exact de population nécessaire pour créer cet effet Maharishi. Il s’agit de la racine carrée de 1% de la totalité d’une population donnée, soit 100 personnes pour un million ou 800 000 sur les 8 milliards d’habitants que compte actuellement la population mondiale. Il semblerait logique et naturel de supposer que pour changer le monde, il faille que l’immense majorité de la population du globe y consente, mais c’est une erreur. Ce qui est important est que la nécessité d’un changement fasse l’objet d’une prise de conscience d’un nombre suffisant de personnes[note]. Le monde qui nous entoure possède un champ énergétique qui est en réalité à la base de toutes les réalités physiques, qu’ils soient appelés champs akkashique, égregore, ether, chi, tchi, tao, intuition, voie du cœur, ou champ morphogénétique. La fonction de ces champs consiste à enregistrer de l’information. C’est quand nous plongeons dans ce pool d’énergie que nous recevons la vibration. Aussi nous suffirait-il d’ouvrir nos corps, cœurs et conscience à ce pool d’énergie pour y planter nos graines dans le futur. 

En-deça, le message est clair: nous concentrant sur notre propre éveil spirituel, nous aiderions l’ensemble de l’humanité à se rapprocher du seuil de masse critique. Atteindre ce seuil pour éveiller l’ensemble des habitants de cette planète est ce qui nous est demandé aujourd’hui, ce qui est tout à fait à notre portée! C’est d’ailleurs la vision de Teilhard de Chardin d’une « noosphère » qui serait la troisième phase d’une succession de développements de la Terre, après la géosphère (matière inanimée) et la biosphère (la vie biologique). Ici, l’humanité serait en voie de « planétisation ». Vision d’une humanité dont l’imaginaire, les pensées, les idées, et les découvertes tissent progressivement une noosphère de plus en plus génératrice de conscience solidaire et planétaire. 

Clap de fin. Au-delà des discours potentiellement manipulateurs, si la conscience est une voie d’éveil, la connexion par le corps et le cœur en est le chemin. Soyons tout simplement humains. Et « heureux les pauvres d’esprit, le royaume des cieux leur appartient »! Depuis deux mille ans, le message est pourtant clair, la psychologie sera spirituelle ou ne sera pas. Il nous faut apprendre à penser moins et à ressentir plus. Là est le réel état d’urgence. Cœur compatissant, corps solide et conscience grandissante, ainsi nos psychismes incarnés changeront le monde. 

Caroline Escartefigues