
Nous avons été contactés par un employé intérim d’un centre de vaccination, désirant témoigner de la réalité intérieure. Consentement libre et éclairé, type de public, collègues, attitudes des patients… un autre discours que celui autorisé.
Comment êtes-vous arrivé à travailler dans un centre de vaccination?
J’ai été mis à la porte car je viens d’un secteur qui a été lourdement touché par la crise Covid. j’ai perdu mon emploi, j’ai rebondi de mission intérim en mission intérim. Fin d’année 2020, début 2021, ça a été très compliqué parce qu’il y avait vraiment peu d’emploi disponible. Pendant six mois, j’ai cherché sans trouver grand-chose. Début avril, j’ai vu l’annonce pour travailler dans le centre : c’était près de chez moi et bien payé. J’ai donc accepté, même si j’étais contre l’idée de travailler dans ce genre de milieu, parce que je ne suis pas vacciné et que je regarde d’autres médias. Pourquoi est-ce que je l’ai fait ? Parce que j’avais besoin d’un boulot… J’étais en train de devenir fou : ça faisait six mois que j’étais au chômage, que j’étais chez moi à regarder les nouvelles mais aussi les médias alternatifs qui montraient l’envers du décor. J’en avais absolument besoin d’un point de vue psychologique, mental, psychique, financier, et puis physique aussi.
Est-ce que vous êtes vacciné?
Non. J’ai travaillé quatre mois dans un centre de vaccination et j’ai contribué à vacciner des centaines de milliers de personnes, sans être vacciné. On me l’a fait sentir de temps en temps. On m’a dit qu’il serait peut-être temps que je le fasse, que de toute façon une fois qu’il y aura le pass sanitaire je ne pourrais plus rien faire, et puis « c’est pour toi, c’est pour protéger les autres »… Au niveau personnel, le fait que je n’ai pas été vacciné a fait que plusieurs personnes se sont éloignées de moi. Des gens très proches aussi, qui ont insisté et ré-insisté en m’envoyant des articles, des messages, en essayant de me téléphoner pour taper sur l’enclume pour que ça rentre. Ça m’a fait beaucoup de mal.
La propagande vaccinale arrive à toucher tous les publics : il n’y a pas que ceux qui n’ont pas fait beaucoup d’études. Je connais des docteurs en droit, des professeurs d’université ou en Haute École, qui sont des personnes qui devraient avoir un esprit critique, mais qui sont tout de même dans la doxa, et qui pensent que tout le monde doit être vacciné et que quand tout le monde le sera, tout ira bien. Il y a là une logique aveugle propre aux régimes totalitaires comme Hannah Arendt l’a si bien décrit, mais aussi le philosophe que Kairos a interviewé[note].
Comment se passe une journée dans le centre où vous travailliez ?
On était chapeauté par la Cocom[note] qui changeait ses modalités plus ou moins tous les jours : des informations étaient modifiées, ajustées, disparaissaient. La journée commençait à 9 heures avec un petit briefing (quel vaccin, quelles personnes, …). Différents types de postes pouvaient être occupés : on avait plusieurs cabines, isoloirs. Les gens commençaient à arriver et s’asseyaient, on leur posait deux/trois questions d’ordre médical. Ces questions devraient normalement être soumises au secret médical, mais la personne qui posait celles-ci n’avait aucune formation dans le domaine de la santé. On peut donc s’interroger sur le respect du secret médical dans ce cas. Je pense qu’on avait une dérogation ou quelque chose de ce type qui faisait qu’on pouvait leur soumettre ces questions.
Donc, le patient s’enregistre, attend un peu dans la salle d’attente, rentre dans l’isoloir, et là on lui pose les questions d’usage. Même si le patient répond oui à tout (antécédent et maladie), il aura quand même son vaccin. Je me demandais d’ailleurs à quoi cela servait de poser les questions. Ensuite, la personne patientait sur le côté avant de pouvoir quitter le centre. Pourquoi ce quart d’heure d’attente ? Parce que certaines personnes faisaient des petits malaises. Ça arrivait souvent avec des jeunes personnes.
Qui pouvait venir se faire vacciner dans le centre ?
Cela se faisait par palier d’âge. Tous les résidents de Bruxelles pouvaient venir, s’ils avaient reçu leur lettre de convocation ou avaient pris rendez-vous avec Bruvax qui détectait avec le numéro national quel centre était disponible pour eux. Au mois d’avril on avait les 70+ et au mois de mai les 60+ ; et puis au mois de juin on est passé au 35+ ; et puis après au mois de juillet on avait les 18+ ; et enfin au mois d’août on avait les 12+.
Avec quels types de collègues travaillez-vous?
C’est quelque chose d’intéressant à préciser : il y avait deux types d’équipe. L’équipe administrative, dont je faisais partie, et l’équipe médicale. L’équipe médicale était composée à 95 % d’urgentistes. Ce sont donc des gens qui venaient des Unités de soins intensifs en hôpital (USI), des infirmiers qui étaient au départ pro-vax parce qu’ils voyaient des gens mourir du covid dans les hôpitaux pensaient que tout le monde tombait comme des mouches dans la rue, que nous allions tous finir à l’hôpital et qu’il fallait donc absolument prendre le vaccin.
Quand on avait des personnes un petit peu hésitantes, un petit peu timides, qui se posaient des questions, j’ai essayé plusieurs fois de leur répondre. Je baissais un peu la voix et je disais : « écoutez, on n’est pas sûr de tout… » et je me suis fait attraper, je me suis fait taper sur les doigts et on m’a dit : « tu ne peux pas, tu ne peux pas ». Ça aussi c’est quelque chose qui m’a choqué : on ne peut pas remettre en question le ou les vaccins, on ne peut pas dire que ça ne marche pas trop, qu’il y a des pays qui sont « en avance » et chez qui ça ne fonctionne pas très bien, on ne peut pas parler des autres pays, des autres médicaments, des autres études, de la presse étrangère, etc. c’est pas possible. On m’a dit que je n’avais pas la formation médicale pour le faire : « tu ne peux pas ouvrir ta bouche et tu dois te taire ! ». Il y avait une interdiction totale de remettre en cause la doxa qui nous était communiquée par la Cocom, l’organisme qui chapeaute toute la vaccination à Bruxelles. Il fallait laisser répondre les infirmiers urgentistes, qui expliquaient qu’il faut se vacciner pour protéger les gens, pour donner une couverture maximale, etc., alors… que tout ce discours se fait actuellement démonter. Il y avait également des médecins retraités parmi l’équipe médicale, qui pensaient que la technologie derrière l’ARN messager était la révolution du point de vue vaccin. On a également eu deux infirmières indépendantes qui sont venues travailler presque à temps plein dans le centre, parce que l’État les payait grassement et qu’elles gagnaient plus à venir faire des piqûres à longueur de journée plutôt que d’être indépendantes et de travailler à leur compte.
L’équipe administrative était composée de personnes avec des profils différents que je ne peux pas préciser ici du fait qu’on pourrait dès lors me reconnaître. La base de recrutement de l’équipe administrative reposait sur le fait qu’on était plus ou moins à l’aise dans le fait de discuter avec des gens. Elle était donc composée de gens lambda avec des positions et des avis très variables, alors que l’équipe médicale était très pro-vaccin. Du moins au début, car vers le mois de juillet, quelques-uns, surtout des parents, disaient qu’au vu des nouvelles études et d’autres informations, ils commençaient à regretter.
Dans l’ensemble, il n’était pas permis de remettre en cause le procédé de vaccination de masse. C’était ça et rien d’autre. C’était par le vaccin, grâce au vaccin, que la situation allait revenir à la normale – sans entrer dans la question de ce qui est normal dans notre pays à l’ère de l’hypercapitalisme et de la surconsommation.
Avec quels vaccins travailliez-vous?
Astrazeneca pour commencer, puis on a eu Pfizer, puis on a eu Johnson… Et il y a eu des journées où on mélangeait un petit peu, avec deux vaccins en même temps (rarement mais ça arrivait). Astrazeneca, c’était pour les personnes de plus de 40 ans. Pfizer c’était open bar pour tout le monde. Et le Jonhson c’était 18+ avec décharge, soit déjà signé sur Bruvax, soit à signer sur place si sans rendez-vous. On n’avait pas de Moderna.
Vos patients étaient-ils en état de faire un choix libre et délibéré ?
Mentalement et intellectuellement, ils auraient pu l’être. S’ils avaient pris le temps de lire les notices et de s’informer, ils auraient été en mesure de faire un choix libre et éclairé. Le fait est que 99 % n’ont pas lu les notices, n’ont pas fait de recherches, n’ont pas eu de démarches pour se renseigner. Il y a beaucoup de monde qui demandait quel vaccin ils avaient reçu après l’injection ! Je trouvais ça assez rigolo.
Ils auraient donc pu être capables intellectuellement, mais dans les faits, non : puisque quasi personne ne s’est renseigné et les quelques personnes qui l’ont fait se sont vite fait rabrouer le clapet par les médecins et les infirmiers avec un discours de ce type : « oui, mais vous savez les doutes que vous avez, on les a aussi et on l’a quand même fait », ce qui revient à dire « fermez-là et faites comme nous ! ». Le choix du vaccin qui est ni libre ni éclairé, ni même permis finalement.
Le patient pouvait-il choisir son vaccin?
Absolument pas, du moins jusque fin juillet. Les personnes devaient prendre rendez-vous sur Bruvax et ne savaient pas quel vaccin ils allaient avoir sauf s’ils acceptaient Johnson. Ce qui est très intéressant de dire aussi, c’est que, via Bruvax je pense, le patient doit cocher une case pour être volontaire pour ce vaccin. C’est donc une manière de porter la responsabilité sur le patient qui prend « lui-même » la décision. Alors que dans les faits il y a énormément de pression sociale, de propagande, de publicité… Les personnes âgées ont donc eu de l’Astra, les moins vieux du Pfizer et, sauf conditions particulières estampillées par un médecin, les gens ne peuvent pas choisir leur vaccin.
Où alors ils s’en vont et doivent reprendre rendez-vous et, s’ils ont de la chance, ils auront le vaccin qu’ils veulent. À partir de fin juillet, on avait des doses à écouler et moins de monde et là le choix a commencé à apparaître. Mais pendant trois bons mois, il n’y a pas eu de choix possible. On ne pouvait même pas divulguer avec quels vaccins on allait travailler à ce moment-là. Il faut savoir aussi qu’on nous a fait signer une clause de confidentialité et que donc je ne suis pas censé donner ces informations. Ceci m’a d’ailleurs aussi choqué, car on est tout de même dans un service public qui voit des milliers de gens passer, mais on ne peut pas en parler.
Quelles sont les motivations des gens à se faire vacciner ?
Pour les plus jeunes d’entre eux, vers 55 ans, on commence à parler des vacances, et pour qui il est impensable de ne pas aller en vacances. Et si piqûre il faut, piqûre il y aura alors ! C’est d’ailleurs la mentalité qui va nous suivre jusqu’au 18 ans et même moins. La raison vacances et pass sanitaire sont les raisons phare pour se faire vacciner. On entend aussi un peu parler de devoir citoyen, mais vraiment dans une moindre mesure. Il y a également un petit sentiment d’obligation, qui n’est pas vraiment caché, avec des gens ne voulant pas le faire, mais qui s’exécutent malgré tout. Notons que bien qu’ils rechignent, ils n’ont jamais posé problèmes à l’équipe. Il y en a qui étaient contents d’être là et qui faisaient leur devoir citoyen, d’autres qui disaient « de toutes façons on va devoir tous y passer et je le fais comme ça maintenant j’ai la paix et après on ne m’embête plus, puis il faut protéger les autres et si on ne le fait pas on est égoïste ! ». Il y avait vraiment un beau brainwashing, je trouve, qui a été mis en place mais qui surtout a trouvé son public.
Fin mai, début juin : la patientèle rajeunit, la raison majoritaire demeure les voyages, avec aussi un peu le « devoir citoyen ». On entend également la « protection des plus âgés » : si le gouvernement dit que c’est bien, c’est d’office bien. On ressent d’ailleurs que beaucoup de gens regardent leur télé et rien d’autre.
À la fin juin, avec les 30-35 ans, on a déjà davantage de personnes qui se demandent s’il est nécessaire de vacciner tout le monde. Ils se font tout de même vacciner. Pour moi, la réponse est non : je ne pense pas que ce soit nécessaire, les études probantes ne sont pas là, et seul le temps pourra nous apporter ces réponses. Mais tout ça je ne pouvais pas le dire. Et donc la réflexion sur la nécessité du vaccin, sur l’obligation qu’on met dessus, sur les sentiments de peur, d’insécurité médicale autour du produit… on ne peut pas les aborder, en fait. Si les patients veulent aborder la question, on doit appeler une personne de l’équipe médicale. Mais ils sont évidemment plutôt pro-vaccin, ce qui arrange tout le monde.
À la même période, nous voyons également arriver les femmes enceintes. En règle générale, sans peur ni reproche, même si parfois avec un peu de crainte, mais au final l’aiguille rentre toujours. Anecdote : une femme enceinte souhaitait être rassurée et est venue vers moi. Elle me demande si le vaccin est sûr. Je lui réponds ce que je pensais, que selon moi non, qu’on ne sait pas encore exactement de quoi il retourne. Là je me suis rendu compte que cette personne voulait juste être confortée dans sa propre décision, déjà prise. Je lui ai donc expliqué que je voulais rester objectif et que du coup, pas de bol, je ne pouvais pas la conforter. Elle l’a très mal vécu.
Juillet : les 18+ arrivent, on vaccine avec Pfizer, Johnson, et presque plus d’Astrazeneca (l’Europe a arrêté de se fournir chez eux). Il y a beaucoup de monde avec le début des vacances, ce sont des grosses journées. Il y a aussi un effet de mode/pression sociale : les copains l’ont fait alors je le fais aussi pour rester bien dans le groupe, ma famille l’a fait et je ne veux pas être ennuyé lors des repas de famille, ça fait des mois que je paye des tests PCR pour aller voir ma grand-mère dans son home et j’en ai marre maintenant… un relent de devoir citoyen qui demeure également, mais aussi du fatalisme face au pass sanitaire.
Puis ça été le tour des enfants ?
Les enfants ont commencé à arriver. D’abord les 16/17 ans qui n’avaient plus besoin de l’accord parental, puis les plus jeunes. Heureusement, pendant toute cette période, j’avais toujours mon bouclier mental me disant « ils font ce qu’ils veulent, ils viennent de leur propre initiative et ce qu’ils font ne te concerne pas ! » Mais avec l’arrivée des mineurs, je n’ai plus pu conserver cette position.
Quel vaccin était administré aux enfants ?
Quand nous avions des enfants entre 12 et 15 ans, on ne leur donnait que Pfizer. Pourquoi ? Je n’en ai aucune idée… À cet âge-là, ils étaient obligés d’être accompagnés d’un tuteur légal. Nous devions d’ailleurs demander à l’enfant de bien nous confirmer que la personne qui l’accompagnait était bien un parent ou un tuteur légal. Mais il faut savoir cependant que nous n’avions aucun moyen de vérifier l’information. Donc si l’enfant mentait et que le parent à côté mentait aussi… Eh bien on n’en savait rien !
Il fallait également demander à l’enfant si c’était son choix de se faire vacciner. Et je trouve qu’il y a une hypocrisie monumentale dans cette question, c’est la question la plus hypocrite que j’ai pu poser de ma vie. Demander à un gamin si c’est son choix à lui de prendre le vaccin contre le Covid… J’ai essayé le plus possible de ne pas être en contact avec des gosses. Que ce soit à l’accueil ou à l’isoloir, j’ai fait mon possible pour ne pas être en contact avec des enfants quand la piqûre était pas loin. Je trouve que c’est… c’est tellement pervers comme situation, ou en tout cas pour moi vu que je vais à contresens de tout ça !
Il y avait des personnes qui étaient pro-vaccin mais qui n’étaient pas pro-vaccin pour les enfants et qui elles non plus ne savaient pas où se mettre. Tant dans l’équipe administration que dans l’équipe médicale. Il y avait des collègues qui se sentaient mal, mais qui faisaient quand même l’acte pour lequel ils étaient là, car ils étaient payés pour le faire… Et dire « je ne veux pas faire ça car ce sont des gosses », aurait pu résulté en un « très bien, rentrez chez vous et ne revenez plus jamais. » C’est donc ça ou le risque de perdre son job. Même si je n’ai pas été personnellement témoin de licenciement, « la peur de » suffit… Et dans mon cas, vu qu’il me restait deux semaines et vu le salaire que j’avais, je me suis dit que je pouvais m’arranger pour ne pas être en contact avec des enfants. Le fait d’avoir des 12+ qui arrivaient, ça a été la fin… ça n’était plus possible ! Ça et l’arrivée du pass sanitaire en France.
Quelle était l’attitude des parents qui accompagnaient ?
Les parents des enfants qui étaient là étaient très contents : ils avaient un grand sourire, ils étaient heureux que leurs enfants reçoivent la piqûre, ils trouvaient que c’était formidable que l’on autorise enfin les enfants à prendre le vaccin contre le Covid et « qu’on allait pouvoir voir Mémé tous ensemble sans que personne ne soit à risque »… Alors qu’on voit maintenant que les vaccinés ou les non-vaccinés, cela ne change rien au niveau de la charge virale et de la transmission.
Je vous parle de ça, c’était le début du mois et maintenant on est le 26 août, c’était il y a quatre semaines ! Rien ne change et en attendant on a injecté un produit plus ou moins inconnu dans le corps d’enfant de 15, 16, 17 ans… Dans le corps de tout le monde en fait ! Pour moi c’est impossible qu’un enfant comprenne les tenants et aboutissants d’un vaccin Covid. Déjà que des adultes, qui sont censés avoir un esprit critique et être capables de pouvoir raisonner, étudier différentes sources, n’y arrivent pas ou ne le veulent pas, mais alors des enfants de 12 à 15 ans, comment voulez qu’ils y arrivent ! À 100 % les enfants qui sont venus se faire vacciner avaient des parents vaccinés.
Quelle était l’attitude des gens par rapport aux non vaccinés ?
Il y avait beaucoup de gens qui souhaitaient une discrimination entre vaccinés et non-vaccinés. Ils voulaient que les non-vaccinés soient confinés chez eux, qu’ils ne puissent pas aller au restaurant, en festival… qu’ils soient séparés en instituant presque un régime d’apartheid basé sur le vaccin. 99 % des gens supposaient d’ailleurs que toute l’équipe du centre était vaccinée. Et certains venaient nous parler sur le ton de la confidence en nous disant : « dites, entre vaccinés, vous pensez pas que les non-vaccinés ce sont des égoïstes ? ». Heureusement, j’ai appris à me taire et à ne pas trop faire de vague. Je leur disais qu’ils avaient raison, et puis « bonne journée ! ».
Avez-vous déjà jeté des vaccins en fin de journée ?
Il faut savoir qu’on avait un nombre fixe de patients qui était un multiple du nombre de dose que l’on pouvait tirer d’une fiole. Une fiole il faut la diluer et on obtient plusieurs vaccins. Pour Astrazeneca, c’était 12 ; pour Pfizer c’était 7 ; Johnson c’était 5 ou 6 ; et je ne sais pas pour Moderna vu que nous n’en avions pas ! Ce qui veut dire qu’il était déterminé par jour un nombre fixe de patients. Maintenant il y avait des patients absents et nous octroyions des rendez-vous exceptionnels à certaines personnes qui n’étaient pas inscrites. Il fallait donc faire une liste de personnes que l’on pouvait appeler dans le cas où nous aurions des doses en trop en fin de journée. On faisait des listes de personnes, en règle générale des personnes qui avaient rendez-vous la semaine d’après, ou trois/quatre jours plus tard. On les appelait et on leur disait « si jamais vous êtes dans le coin, ça vous dirait de venir le faire en fin de journée aujourd’hui dans le cas où on a des doses en trop ? » Et donc une des tâches en plus qu’il y avait à faire c’était d’appeler des gens à longueur de journée jusqu’à avoir au moins 6 ou 8 personnes que nous pouvions appeler en fin de journée et qui pouvaient être là dans les 10 à 15 minutes afin d’éviter de jeter des doses. En plus d’être un centre de vaccination, nous étions un call center !
Quand on réfléchit un peu au coût de l’opération, avec une équipe médicale qui était quand même assez bien payée de l’heure, nousmêmes qui étions soit directement pris en charge par l’organisation, soit par contrat intérim, que certaines périodes comme le mois d’août furent très calmes mais qu’il fallait maintenir toute une équipe au travail, c’est incroyable !
Propos d’un travailleur désireux de rester anonyme, recueillis par Alexandre Penasse


