L’ÉLECTRO HYPER-SENSIBILITÉ SUR PELLICULE
Remembering Nearfield, un film d’animation sur l’électro-hypersensibilité (EHS) réalisé par Sean A. Carney, a remporté le prix du meilleur film sur la santé au Festival des films du monde de Cannes en juillet. À l’heure actuelle, l’EHS est un handicap toujours négligé par les pouvoirs publics et la majeure partie du monde scientifique, qui compromet la capacité des patients à mener à bien leurs activités quotidiennes. Une piste de solution est le maintien ou la création de « zones blanches » où le rayonnement électromagnétique est faible ou nul. En attendant la solution radicale d’« éteindre le moteur de la civilisation thermique », comme le suggère le scientifique Guy McPherson
B. L.
IMPOSSIBLE MONDE SANS ORDIPHONE
Le Soir du 3 octobre 2023 consacre 2 pages à la gloire du smartphone. Le journaliste Philippe Laloux ne porte apparemment aucun jugement de valeur, se cantonne au factuel, mais va jusqu’au prophétique : « La transformation du smartphone en portefeuille électronique est inscrite dans les astres ». Nous voilà prévenus. C’est comme ça ! Le 10 octobre, un publi-reportage : « Le nouveau smartphone, plutôt Apple ou Google ? ». Les médias dominants sont les vecteurs enthousiastes du monde tel qu’il va. Pour (essayer de) le faire aller autrement, lisez aussi nos confrères de Suisse, Moins !, et de France, La décroissance.
B. L.
MINES DE RIEN…
Le mardi 19 septembre dernier à Namur, les DoMineurs, des citoyens opposés à la réouverture des mines en Belgique, ont rencontré pour la deuxième fois la Ministre Céline Tellier au sujet du Code de gestion des ressources du sous-sol wallon, actuellement proche de sa finalisation et devant bientôt être voté au Parlement wallon. Une action a été entreprise auprès des députés. Pour eux, voici un dossier à creuser !
B. L.
URSULA VON DER LEYEN ET LES RECORDS DE DÉBILITÉ PROFONDE
On aurait pu croire que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen n’allait pas pouvoir ajouter grandchose encore à son palmarès d’idioties et de malfaisances (collabo en chef du pouvoir étasunien, collusion avec Pfizer, alimentation zélée de la guerre en Ukraine, etc.). Elle vient de prouver le contraire en s’attaquant au statut d’espèce protégée dont le loup bénéficie dans l’UE (in Le Soir, 04/09/2023). Elle n’atteindra sans doute pas son but, mais ça n’ôte pas à la chose sa gravité. On repense à la formule d’un personnage de L’homme à l’envers de Fred Vargas sur les ennemis du loup : elle les qualifie en effet de « vieux cons arriérés », expression s’appliquant tellement bien, dans le cas présent…
D.Z.
ESPÈCE EN VOIE DE RÉAPPARITION
Une bonne nouvelle (ça arrive) : elle concerne le takahé, oiseau qui avait vécu en Australie durant 12.000 ans au moins, avant qu’on le considère comme éteint depuis 1898, suite à l’introduction par les colons de prédateurs de cet animal. On avait cependant découvert quelques survivants au milieu du XXe siècle. Ceux-ci ont pu se reproduire en captivité. Et en août 2023, pour la première fois, des takahés ont été relâchés dans des zones naturelles, où leurs prédateurs avaient été capturés. En outre, cette réintroduction est l’aboutissement d’un long combat juridique d’une communauté indigène, les Ngāi Tahu, pour lesquels cet oiseau est une part de leurs terres ancestrales. (in Reporterre, 04/09/2023).
D.Z.
DÉMOCRATURE
« La démocratie était l’idéal de tous les États dans le monde, et aujourd’hui, au contraire, il y a une demande d’autoritarisme, y compris parfois chez nous, une défiance vis-à-vis de la démocratie avec l’impression qu’elle ne protège pas assez les citoyens », se plaint Georges Dallemagne, député fédéral des Engagés, dans Le Soir du 26 septembre 2023. Rappelons-nous que c’est le même qui avait réclamé la vaccination « automatique » pour le personnel soignant. C’est pas de l’autoritarisme, ça ? À moins que ce ne soit un acte « démocratique » pour « protéger les citoyens »…
B.L.
AUX RIA, L’OUBLI D’UN « A »…
En juillet dernier à Saint-Imier (Suisse), les rencontres internationales (anti ?)-autoritaires (RIA) ont réuni 5.000 anarchistes. Ce n’est pas peu dire qu’elles ont tourné à la pagaille, et au cauchemar pour l’historique Fédération anarchiste (lire le compte-rendu circonstancié par Tomjo et Mitou sur www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/ pdf/mes_vacances_a_saint-imier.pdf). Tout n’est évidemment pas pourri au royaume de l’anarchie, loin de là ! On visitera avec intérêt la revue libertaire en ligne Divergences, qui garde la tête froide en ces temps troublés (dans le genre).
B. L.
PARIS TROTINETTISÉ, PARIS SMARTPHONISÉ, PARIS NUMÉRISÉ, MAIS PARIS LIBÉRÉ !
Nous saluons la venue d’un tout nouveau confrère français engagé dans la résistance, Stop ! Le Paris débranché, à destination des citadins qui n’ont « pas encore totalement abdiqué de [leur] côté humain pour se fondre dans les cohortes de zombies électro-trotinettisés au cerveau piloté par un smartphone », lit-on à la Une du n° 1 (octobre/novembre 2023). Nous leur souhaitons déjà longue vie. En toute cohérence, pas de courriel ni de site, seulement une adresse où s’abonner : 7 bis, rue Jules Parent – F-92500 Rueil Malmaison.
B. L.
VROUM VROUM, ÇA CHAUFFE !
Le Soir du 29 septembre 2023 se demande s’il faut continuer à promouvoir la Formule 1 dans le contexte du réchauffement climatique. Même en l’absence de celui-ci, la F1 devrait être supprimée, déjà parce qu’elle encourage le gaspillage des ressources métalliques et fossiles, le comportement agressif des « hommautos », qu’elle exalte la « virilité », la vitesse, la frénésie, le vacarme, toutes choses qui vont à l’encontre d’une société décente et respectueuse du bien commun. Seulement, « quant à savoir pourquoi on continue : parce que cela marche. Après plusieurs années de déclin, la Formule 1 a connu une seconde jeunesse […] En Belgique, le circuit de Spa-Francorchamps a ainsi vu son chiffre d’affaires augmenter de près de 40 % en 2023 ». Désolé de vous annoncer une mauvaise nouvelle de plus.
B. L.
CANARD BOITEUX ET GENTIL CHIEN
L’ère Covid-19 nous aura permis de distinguer avec une évidence rare les conformistes qui se donnaient des airs de libre-penseur, déversant désormais sans plus aucune vergogne leur mépris sur quelques intransigeants qui ne pensent pas comme eux. Ainsi du Canard enchaîné, qui titre une de ses brèves « Des doigts et du souffre à LFI » (30 août 2023), usant des méthodes de la « grande presse » pour stigmatiser Alexis Poulin : « Cet ancien du “Média” Insoumis était invité à débattre […] de la liberté de la presse, “entre algorithmes et oligarques” (sic). Un véritable expert ! Cet habitué des canaux préférés de l’extrême droite conspirationniste (Boulevard Voltaire, TV Liberté) et de RT France, la télé favorite de Poutine, avait qualifié Gabriel Attal de “[jeune] leader passé au Bilderberg”* […] ; « Dans une interview au très obscur canal Tribunal populaire » […] ; « Sans oublier quelques saillies répétées sur les “politiques fascistes” telles que l’obligation vaccinale pour les soignants ». Florilège des méthodes dénigrantes (en gras) de la « presse libre »… Il ne nous en faudra pas plus pour comprendre comment Le Canard Enchaîné, malgré les apparences, est, comme le toutou Médor, au service de son maître. *Ce qui s’avère vrai.
A. P.
MUSK-ZELENSKY, PIPI-CACA
La Libre Belgique publiait le 2 octobre une information captivante : Elon Musk, propriétaire de X a diffusé un « mème » (élément de communication se diffusant largement sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux) afin de se moquer de Volodymyr Zelensky. L’image était accompagnée de la phrase suivante : « Quand cela fait 5 minutes que vous n’avez pas demandé un milliard de dollars d’aide ». Le parlement ukrainien ne tarda pas à riposter en publiant à son tour un mème accompagné du texte suivant : « Quand cela fait 5 minutes que vous n’avez pas diffusé de propagande russe ». Ou quand les hommes les plus influents du monde jouent à pipicaca dans le bac à sable des réseaux sociaux. Soit dit en passant, ceci en dit long sur la néantisation de la société, d’autant plus que, selon la RTBF, le francophone absorberait en moyenne 5 h 37 de vidéo par jour !
K. C.
IN MEMORIAM HUBERT REEVES, ET PLUS ENCORE ALBERT JACQUARD
Hubert Reeves est mort le 13 octobre, à l’âge de 91 ans. Célèbre astrophysicien franco-québécois engagé dans la cause écologique depuis une vingtaine d’années avec son essai Mal de Terre (2003), il refusait pourtant avec obstination d’envisager l’hypothèse de la décroissance, contrairement à son collègue Albert Jacquard (19252013), qui, lui, avait montré de l’intérêt envers elle.
B. L.
IL N’EST TOUJOURS PAS L’HEURE DE CESSER DE CHANGER D’HEURE…
Cela fait maintenant plusieurs années que l’Union européenne a annoncé l’abandon du changement d’heure, et la résolution n’est toujours pas « implémentée ». On peut se demander les raisons de tels atermoiements quand on a vu que les « autorités » sont, quand elles le veulent, très rapides pour prendre des décisions autrement lourdes de conséquences (confinement, couvre-feu, injection de la population, financement de l’effort de guerre de l’Ukraine…).
B. L.
ACCOUPLEMENT MAGIQUE
Yves Coppieters, docteur médiatiquement inconnu avant la crise du covid-19 devenu une star pendant la pandémie, sera candidat aux prochaines élections fédérales pour les Engagés. Maxime Prévot, pour qui cette nouvelle recrue est « un gage incontestable de sérénité, de crédibilité et de bienveillance », est content. Et jure qu’il n’y a aucune collusion entre le monde scientifique et politique (comme il n’y en a bien entendu aucune entre le monde du journalisme et la politique, n’est-ce pas, Hadja Lahbib — ancienne présentatrice de télévision et ministre des affaires étrangères) ?
K.C.
DISCOURS DE POLITIQUE GÉNÉRALE DU PREMIER MINISTRE
Discours de politique général du Premier ministre Alexander De Croo du 11 octobre 2023 :
« La guerre en Europe relègue peut-être au second plan la lutte contre les changements climatiques mais elle n’en atténue pas pour autant l’urgence ».
« Nous sommes la première génération à ressentir les effets de la crise climatique, mais aussi la dernière génération capable de la contenir ». C’est sûr qu’en reléguant au second plan la lutte contre les changements climatiques à cause de la guerre, on va y arriver.
« Un État qui se veut protecteur des générations futures et défenseurs des libertés, doit reposer sur des fondements solides. Pour notre pays, cela veut dire des pouvoirs publics plus performants, plus de gens au travail et des carrières plus longues ». Ou quand la liberté, c’est la multiplication du travail aliéné.
« Si nous voulons que les investissements soient rentables, nous devons oser rationaliser ». N’est-ce pas la rationalisation osée qui provoque un effondrement sans précédent du système des soins de santé ?
« Nous ne vous laisserons pas tomber. L’Ukraine gagnera cette guerre ».
« S’il y a bien une leçon à tirer de la guerre en Ukraine, c’est qu’à vouloir à tout prix avoir raison, on finit par la perdre ». La guerre, la raison, ou les deux ?
Heureusement que nous n’avons recueilli que certains propos énoncés en français ; autrement, cette brève aurait été certes deux fois plus remplie, mais aussi deux fois plus vide. Bref, elle aurait été à l’image du discours du Premier : paradoxale.
K. C.


