Histoires de Codeco
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Histoires de Codeco

Presque 600 jours depuis notre première conférence de presse, de nombreuses questions, aucune réponse sous forme d’un dialogue, aucun questionnement ou doute de la part du pouvoir en face. Mémoire de ces heures passées à vous montrer qu’ils travaillent pour autre chose que le bien commun, alors qu’ils nous coupèrent le micro, lancèrent le générique de fin en pleine question, nous empêchèrent de rentrer en conférence pendant plus de huit mois… censure d’État. Imaginez un instant, si toutes ces questions avaient été débattues démocratiquement…

CODECO N°1 15 AVRIL 2020 

-Alexandre Penasse : Vous remerciez souvent les Belges pour leur participation et leur obéissance, leur civilité. Vous parlez également d’un avant et un après Covid-19. Alors je me demande vraiment s’il y aura un après covid19 ? Et je vais peut-être être un peu dérangeant, je vais vous parler de Monsieur Philippe De Backer qui a travaillé de 2009 à 2011 chez Vesalius Biocapital, et vous le choisissez comme responsable de la task force en charge de la recherche de matériaux indispensables pour lutter contre le coronavirus. Vesalius est un fonds d’investissement spécialisé dans les soins de santé au Luxembourg. Il faut savoir que dans son cabinet média, il y avait Luc Windmolders, ministre des médias, qui travaille pour KPN et qui participe notamment à nous imposer la 5G. Donc je ne vois pas beaucoup de principes de précaution dans votre gouvernement. On peut aussi parler de Bart Vermeulen, responsable politique pharmaceutique au cabinet de Maggie De Block… Il était chef économie chez pharma.be. Parlons aussi de Marc Van Ranst qui était au comité Influenza en 2009 et qui avait été payé par la multinationale GSK. Donc ma question est, par rapport aux décisions que vous prenez maintenant, quelle légitimité démocratique y-a-t-il à prendre ce genre de décisions quand la plupart des membres qui décident et qui réfléchissent font partie des multinationales et de la finance ? (…) 

-Sophie Wilmès : Vous venez d’introduire dans cette salle de presse la question biaisée politiquement, ce qui en général, n’est pas l’habitude des journalistes. Soit. Je rappellerai quand même
que les gens sont libres de travailler, de changer de carrière, de décider de s’engager pour le bien commun, peu importe ce qu’ils ont fait avant, et je peux vous garantir que ce n’est pas la société pour laquelle vous travaillez qui définit l’homme ou la femme que vous êtes. C’est en tout cas la liberté fondamentale dans laquelle on croit encore dans ce pays. Je rappellerai, pour sortir de la polémique, le processus décisionnel dans lequel nous sommes inscrits, à savoir des groupes d’experts qui, de par leurs connaissances, leurs expériences, leur volonté aussi de se consacrer, en dehors de leurs heures de travail, sans compensation, pour le bien commun. Ils travaillent jour et nuit pour nous apporter des conseils. Derrière cela, la décision politique est ce qu’elle est, c’est-à-dire qu’elle revient au politique. C’est le politique qui prend ces décisions, et derrière ou avant le politique, il y a des élections, puis il y a aussi des votes de confiance au Parlement. Il y a aussi la volonté en ce qui concerne ce gouvernement fédéral, d’élargir l’adhésion, puisque, alors qu’il n’est pas obligé de le faire, il prend ces décisions d’un commun accord avec les entités fédérées, s’agissant de questions fondamentales pour la santé et la vie de nos concitoyens. 

CODECO N°2 27 NOVEMBRE 2020 

-Alexandre Penasse : Des dizaines de milliers de chômeurs, une augmentation massive de suicides, des violences familiales exacerbées, des personnes mises à la rue, un décrochage scolaire massif, divorces, alcoolisme, violences sociales, croissance des cas psychiatriques, perte de repère notamment chez les jeunes totalement incapables de se projeter dans l’avenir, étudiants du supérieur rivé devant des écrans toute la journée, en dépression, paupérisés par l’absence de job. Afin d’évaluer le rapport coûts-bénéfices des mesures politiques prises contre le Covid : quand comptabiliserons-nous les conséquences sociales, économiques et sanitaires de ces mesures ? Ne pensez-vous pas que les effets supposés bénéfiques de vos mesures sont contrebalancés par leurs conséquences négatives ? 

-Alexander De Croo : Monsieur, vous savez combien de gens ont perdu la vie à cause du Covid ? Vous savez quel est le coût médical de gens qui auraient dû avoir droit à des soins qui n’ont pas eu droit à des soins ? Je pense que vous sous-estimez ou bien j’ai l’impression que vous êtes en train de nier la réalité, mais on voit que l’impact de société du côté médical de cette crise est énorme et je pense que les mesures que nous prenons sont des mesures qui sont tout à fait justifiées. 

CODECO N°3 18 DÉCEMBRE 2020 

-Alexandre Penasse : Il y a beaucoup de gens qui ont remis en question le schéma vaccinal qui semble inéluctable, mais vous ne répondez jamais à ces interrogations. Le débat semble complètement cadenassé en Belgique. Cette crise du Covid n’est-elle pas gérée de façon totalement antidémocratique comme de nombreuses autres choses qui devraient nous concerner toutes et tous. C’est la seule solution le vaccin ? 

-Alexander De Croo : Oui, on se laisse « adviser » par des scientifiques, et jusque maintenant je n’ai pas encore vu un scientifique sérieux qui m’explique qu’il y aurait une autre solution 

AP: J’en ai vu beaucoup comme journaliste. 

ADC: Vous …ous en voyez d’autres que moi, mais tous les scientifiques sérieux me disent que la seule solution, c’est le vaccin et on commencerait à vacciner fin de l’année. 

-AP : Peut-on en débattre démocratiquement, Monsieur De Croo ? Les gens comprennent certainement que vous voulez sauver des vies, mais ils ne comprennent pas pourquoi vous ne l’avez pas fait avant. Vous parlez maintenant d’une troisième vague, à la troisième on parlera de la quatrième peut-être. Qu’avez-vous fait depuis mars pour essayer d’endiguer ça ? Notamment pour les hôpitaux publics. 

-ADC : On a fait un refinancement des hôpitaux de minimum 4 milliards. On a pris des mesures qui étaient très sévères, et dans une période de 8 semaines, on est passé du pire élève à aujourd’hui. Il y a peu de pays qui font mieux que nous, mais si vous pensez qu’il y a une solution magique pour gérer cette crise, montrez-la moi ! Et montrez-moi un pays qui a aujourd’hui trouvé une solution magique sauf des pays qui sont extrêmement éloignés comme la Nouvelle-Zélande, mais ça géographiquement, c’est un peu différent. 

-AP : Je n’ai pas dit qu’il y avait une solution magique. Je vous ai posé une question la dernière fois, le direct a été coupé, où je vous demandais les effets notamment collatéraux des mesures qui sont en train d’être prises avec des gens qui meurent, des suicides etc. 

-ADC : Comme toujours , si vous voulez faire passez des messages, présentez-vous aux élections, vous êtes candidat, vous êtes élu au parlement, vous avez un message. Une conférence de presse, c’est pour poser des questions pas pour faire des déclarations politiques. 

CODECO N°4 22 JANVIER 2021 

-Alexandre Penasse : Quels sont vos véritables critères de ce qui est essentiel ou pas en ce sens que la réception du Nouvel An de l’Open VLD était-elle essentielle vu le flagrant délit et le principe d’égalité des Belges devant la loi1 ? Pouvez-vous nous confirmer que l’organisateur ainsi que les invités ont eu une amende comme les autres ? 

-Alexander De Croo : Juste comme ici, des événements auxquels je participe, je demande toujours si les règles sont respectées, et c’était le cas. 

[…] 

-AP : Je me mets un peu à la place des barmans, des restaurateurs, des coiffeurs, […] pour revenir sur ce point d’essentiels et non-essentiels. Comment justifiez-vous qu’il y ait des bus et des supermarchés bondés, alors que les théâtres, cinémas, restos sont vides, que les professionnels du sport puissent continuer à jouer, alors que les enfants, et on sait que c’est essentiel pour l’immunité, ne peuvent plus faire de sport ? 

-ADC : Il y a certaines activités que l’on veut maintenir, comme les écoles. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de doute au fait qu’on veuille garder les écoles ouvertes. Les transports publics sont nécessaires pour pouvoir se déplacer et que des magasins soient ouverts, je pense que c’est une bonne chose, mais c’est sous conditions de règles qui sont très strictes. Je vois d’ailleurs que les commerçants font tout pour les appliquer. 

CODECO N°5 5 FÉVRIER 2021 

-Alexandre Penasse : Comment justifiez-vous dans les faits que les citoyens n’aient plus le droit de manifester librement ? Trouvez-vous cela normal que des déploiements policiers comme ceux du 31 janvier [manifestation] soient systématiques ? Le droit de manifester est inscrit dans la constitution, mais les gens ont peur de prendre des amendes, de prendre des coups ou d’être arrêtés et donc ne manifestent plus ou ont peur d’aller manifester. Qu’est-ce que vous en pensez ? 

-Alexander De Croo : Il y a un droit de manifester. De manifester d’une manière statique avec un maximum de cent personnes, mais c’est aux villes de décider s’ils pensent que c’est autorisé de faire une manifestation ou pas. Par exemple, dans la commune où j’habite, on a donné une autorisation de faire une manifestation, il y avait douze personnes, mais il y avait l’autorisation de le faire. 

-AP : Le Premier et son gouvernement sont-ils au courant qu’une des plus grandes études vient de sortir d’un grand épidémiologiste de l’université de Standford ? Il a comparé différents pays entre eux et il a montré qu’il n’y a aucun bénéfice significatif des mesures sociales les plus coercitives sur la propagation du 

SARS-cov-2 donc, est-ce que le gouvernement tient compte de ces études ? Est-ce qu’ils vont adapter leurs mesures quand on sait que la fermeture des coiffeurs, des restos et des bars, le confinement et le couvre-feu n’ont aucune preuve d’efficacité (micro coupé), allez-vous tenir compte de ça pour les restaurants ou les bars ? 

-ADC : Non. J’ai vu un résumé d’étude qui montre clairement que les mesures de confinement sont les seules mesures qui ont prouvé dans tous les pays que ça a des effets. Vous citez une étude que je n’ai pas vue, mais il y a un résumé qui montre que les mesures de confinement sont les mesures qui sont les plus efficaces. On le voit partout. Les pays qui ont une flambée, Portugal, Irlande, Royaume-Uni, pourquoi ça s’est passé ? Parce qu’à un moment donné, ils ont lâché et l’effet a été pratiquement immédiat. 

CODECO N°6 27 FÉVRIER 2021 

-Alexandre Penasse : Toutes les mesures politiques sont basées sur des chiffres qui viennent de test PCR, dont M. Van Laethem a dit que le cycle d’amplification était beaucoup trop haut, dans “Ceci n’est pas un complot”. Est-ce que vous allez tenir compte d’avis d’autres scientifiques, d’autres études qui disent qu’il faut prendre des cycles d’amplification beaucoup plus bas et qu’on ne confondra plus cas positif et malade du Covid ? Parce qu’en termes de coûts-bénéfices, c’est un peu catastrophique. 

-Alexander De Croo : Vous pouvez douter de beaucoup de choses, et de beaucoup de faits. Mais si vous lisez les journaux, vous allez voir qu’il y a une chose que l’on voit beaucoup plus, c’est des faireparts. Vous pouvez douter de beaucoup de choses, mais ça, c’est une réalité que l’on ne peut pas nier. 

CODECO N°7 5 MARS 2021 

-Alexandre Penasse : J’ai parfois l’impression d’être à un conseil d’administration d’Astrazeneca ou de Pfizer. Je comprends que vous craigniez pour la population, mais la vaccination n’est pas obligatoire et pourtant je vois dans le communiqué de presse que vous venez de donner aux journalistes que votre plan d’avril, plan plein air et plan d’investissements massifs dans les tests rapides, est conditionné à l’avancement de la campagne de vaccination. Ma question est : si certaines personnes, c’est leurs choix, refusent de se faire vacciner, est-ce que ces plans et donc cette reprise d’une vie normale vont être conditionnés à la vaccination ? Si les gens ne se vaccinent pas qu’est-ce qu’on fait, c’est un droit, c’est un choix ? 

-Alexander De Croo : C’est un droit, mais heureusement on voit que beaucoup de gens sont en train de se vacciner, c’est une bonne chose. Et comme Monsieur Jeholet l’a dit tout à l’heure, la vaccination est un choix personnel, mais c’est aussi une responsabilité collective. Si à un moment donné on veut que nous tous, et certainement notre population plus jeune, puisse de nouveau avoir la liberté qu’elle espère avoir, il y a un lien direct avec la vaccination. Je vais vous donner un exemple : dans les centres, dans les maisons de repos, on a vu que les hospitalisations ont chuté de presque 80 % grâce au fait que les gens sont vaccinés. La vaccination fonctionne et heureusement une très grande partie des Belges qui reçoivent une invitation acceptent et se font vacciner. 

-AP : Vous parliez la dernière fois du fait que vos mesures politiques étaient basées sur la rubrique nécrologique et les faire-parts puisqu’il y avait plus de morts. Le bulletin du 3 mars 2021 de Sciensano indique que les morts ne font que diminuer donc ils indiquent moins 29 %. Je me demandais où vous alliez rechercher vos chiffres si on n’a pas les mêmes, et de manière générale est-ce que vous seriez prêt, après un an de situation Covid, à mettre sur le site du gouvernement sur quelles études scientifiques vous vous basez parce que je réitère : nous en avons d’autres nous journalistes, et nous entendons d’autres points de vue qui ne passent pas… 

-ADC : D’abord le fait que les décès diminuent, ça montre que les mesures fonctionnent. Et heureusement que les décès diminuent parce qu’on a eu des moments où il y en avait des centaines par jour. C’était des personnes, des amis, des frères, des sœurs que les gens devaient quitter. La base scientifique, les rapports de Sciensano sont publics, sont disponibles sur les différents sites web, et vous pouvez les utiliser, scrutiner et critiquer si vous voulez. 

CODECO N°8 19 MARS 2021 

-Alexandre Penasse : Qui représentez-vous Monsieur De Croo. -Alexander De Croo : [hésitations]. Le gouvernement fédéral et les gouvernements qui faisaient partie du comité de concertation. 

-AP : Si vous êtes le ministre de tous les Belges, pourquoi n’écoutez-vous pas ceux qui pensent autrement que vous, pourquoi basez-vous vos décisions sur une poignée de scientifiques alors que je vous ai déjà indiqué l’erreur soulevée par de nombreux scientifiques et médecins que je rencontre en tant que journaliste, de baser le comptage sur des tests PCR dont les cycles d’amplification sont beaucoup trop grands. Je ne comprends pas pourquoi toute voix dissidente est censurée et je respecte et comprends votre position, mais normalement en démocratie, il doit pouvoir y avoir du débat et toutes les positions différentes doivent pouvoir être entendues. Ma question est, pour monsieur Vandenbroucke aussi, pourquoi toute voix dissidente est censurée ? 

-ADC : Monsieur j’ai compris votre question. C’est assez grave ce que vous dites : où est la censure ? Où est-ce que vous voyez de la censure ? Est-ce qu’il y a quelque part une voix que j’aurais censurée ? Nous vivons dans un pays libre où les gens peuvent s’exprimer, peuvent poser des questions. J’essaye au maximum d’aller au dialogue et je vois pas vraiment où vous parlez de censure. 

CODECO N°9 24 MARS 2021 

-Alexandre Penasse : Le 27 novembre, je vous avais posé une question pour laquelle je n’avais pas obtenu de réponse. Pouvez-vous chiffrer les coûts humains socio-économiques de vos mesures Covid par rapport à ces bénéfices ? Je trouve ça important vu ce que vont subir les Belges maintenant pendant un mois et je voudrais ajouter que d’un point de vue psychologique, les soins de santé de psychiatrie sont débordés et j’ai l’impression que ce qui se passe est gravissime. 

-Alexander De Croo : En tout cas Monsieur, moi je constate que vous êtes ici, donc on ne vous a clairement pas interdit de venir et vous avez l’occasion de poser des questions donc je ne vois pas très bien ce que vous voulez dire. Le coût ! Estimer un coût humain, c’est difficile. Mais il y a quand même 22.000 personnes qui sont décédées à cause du Covid. Des gens parfois âgés, mais parfois des gens très jeunes aussi… Et certains pays qui avaient pensé à un moment donné que des mesures n’étaient pas nécessaires, ont quand même pris des mesures. On fera l’analyse après de quel a été le coût global de la pandémie Covid et si les mesures qu’on a prises étaient les bonnes mesures ou pas. Mais faire l’évaluation en pleine crise, je pense que c’est un peu difficile. La question que vous posez est clairement une question qui sera répondue à un moment donné. 

CODECO N°10 14 AVRIL 2021 

-Alexandre Penasse : Je voudrais un tout petit peu élargir le débat par rapport aux attaches idéologiques qui peuvent justifier certaines décisions… Monsieur De Croo, vous avez été Young Global Leader du Forum économique mondial. Vous avez récemment fait une vidéoconférence avec Klaus Schwab président et fondateur du Forum. Klaus Schwab prédit que 80 % de l’horeca ne se remettra pas du covid, il dit aussi que les pauvres seront beaucoup plus pauvres après le covid, il dit aussi que personne ne sera en sécurité tant que le monde ne sera pas vacciné alors que les résultats dans les pays qui ont vacciné, il faudrait en discuter. Les pays qui ont vacciné massivement comme le Brésil, le Chili ou Israël montrent son peu d’efficacité, ses effets sur les variants et le risque pour la santé, certains disent que nous sommes dans une phase expérimentale et que nous sommes en fin de compte des cobayes, mais ça on pourra en rediscuter… 

Ma question est : que représente Klaus Schwab pour vous, Monsieur De Croo, et en quoi les idées du Forum économique mondial influencent-elles les décisions politiques que vous prenez ? 

-Alexander De Croo : D’aucune manière. On prend nos décisions basées sur des allégations scientifiques, comme je l’ai dit. Sur ce qu’on ressent et sur ce qu’on pense qui sont des décisions prudentes et réalistes. Et c’est ça les décisions que nous avons prises. 

CODECO N°11 23 AVRIL 2021 

Alexandre Penasse : 50 % des gens n’adhèrent pas aux règles du gouvernement, c’est Monsieur Di Rupo qui le rappelait la semaine dernière. Monsieur Van Ranst est lui-même sous protection policière. Des centaines de médecins et scientifiques notamment ne sont pas d’accord avec les analyses et les mesures préconisées par vos experts. C’est notamment le cas du groupe CovidRationnel, vous le connaissez peut-être [ADC: non]. Je voudrais quand même citer quelques personnes qui en font partie : il y a Christine Dupont, bio-ingénieure et doyenne de faculté, Olivier Servais, anthropologue et doyen de faculté, Raphaël Jungers, prof de mathématique et modélisateur, Vincent Laborderie, prof de science politique, Bernard Rentier, que vous connaissez, virologue, Élisabeth Paul, prof de santé publique, Irène Mathy, prof de droit, Pierre-François Laterre, chef du service des soins intensifs de Saint-Luc les cliniques universitaires ; mais il y en a d’autres encore que j’ai interviewés : Yves Couvreur, un anatomopathologiste, Yves Gailliez, un médecin de famille, Frédéric Goareguer, pédopsychiatre, Christophe De Brouwer qui vient d’être censuré sur notre chaîne YouTube et qui a des propos très intéressants ! 

Les Belges veulent un vrai débat. Pour la démocratie, pour le peuple belge, êtes-vous prêts à organiser un débat avec vos experts et certains professionnels que je viens de citer ? Alors Monsieur De Croo, c’est clair qu’il ne faut pas freiner dans le tournant [expression de ADC lors de la conférence de presse], mais tout le monde ne voit pas le tournant au même endroit. Ma question est simple, et demande un oui ou un non : êtes-vous prêt à faire un débat avec d’autres gens que vos experts ? Merci. 

-Alexander De Croo : Mais Monsieur, il n’y a pas mes experts. Vous pensez que j’ai une sorte de collection de mes experts et que j’ouvre une sorte de canette avec mes experts ? C’est pas comme ça que ça fonctionne. On utilise plein d’expertises. On regarde plein d’opinions et je ne sais pas d’où vous avez l’idée que je refuserais d’aller en dialogue avec l’un ou avec l’autre. La liste de noms que vous avez donnée est probablement intéressante, mais je ne connais pas ces gens, Monsieur. 

CODECO N°12 11 MAI 2021 

Alexandre Penasse : Ça fait depuis novembre 2020 que je vous pose des questions dans cette salle même, dans cette salle de presse. Je vous ai demandé notamment ce que vous avez fait pour les hôpitaux, je vous ai parlé des tests PCR qui pour moi et pour d’autres faussaient le nombre de malades, de vos critères pour définir ce qui est essentiel et non-essentiel, etc. J’ai l’impression de ne pas avoir eu de réponses honnêtes et franches. Vous voyez, une réponse où on regarde quelqu’un dans les yeux, on a l’impression de pouvoir avoir un dialogue. Peut-être que cette gestion froide par une élite en partie non-élue explique la défiance de la population. Peut-être que les dizaines de milliers d’enfants, d’ados, de parents et grand-parents qui étaient dans les parcs ces derniers jours, ce n’est pas le signe d’un irrespect ou d’un égoïsme mais que beaucoup […] 

-Alexander De Croo : Monsieur un instant, un instant! Si vous voulez faire un exposé quelque part, vous louez une salle, vous invitez du public, on viendra vous écouter. Le but ici c’est de poser des questions, je répondrai à vos questions mais il faut que vous posiez des questions. 

-AP : Je vois qu’il y en a qui peuvent poser plusieurs questions, mais soit… À la dernière conférence de presse, vous avez prononcé 59 fois le mot vaccin, j’ai l’impression que le chemin était déjà tracé, d’où ma question : vous dites qu’il n’y a aucune obligation vaccinale mais en même temps vous en parlez tout le temps. Il y a une propagande énorme et incroyable, et vous avez avancé devant les médias que ceux qui sont vaccinés bénéficieront de certains avantages, ce qui est totalement contraire au droit le plus élémentaire. Comment pouvez-vous expliquer ça ? 

-ADC : Honnêtement Monsieur, je n’ai nulle part dit que quelqu’un qui soit vacciné ait plus de droits que quelqu’un d’autre. D’ailleurs, dans la formule dont on a parlé pour les grands événements, l’alternative est toujours de vous faire tester et de montrer que vous avez un test négatif. Il n’y a pas d’obligation de se faire vacciner dans notre pays, je pense que c’est une bonne chose. Mais ce qu’il y a dans notre pays, c’est une grande motivation. Et cette motivation, elle est quand même assez extraordinaire. 90 % des gens au-delà de l’age de 65 ans se sont fait vacciner. Et je pense que la motivation est beaucoup plus puissante que l’obligation et on voit que ça fonctionne dans notre pays. 

CODECO N°13 4 JUIN 2021 

-Alexandre Penasse : Vous m’avez dit lors de la conférence de presse du 11 mai dernier : « Si vous voulez faire un exposé quelque part, vous louez une salle, vous invitez du public, on viendra vous écouter. » J’ai tenu compte de votre proposition : j’ai loué une salle, invité sept intervenants du monde médical et scientifique qu’on a très peu entendu dans les médias dominants. J’ai aussi contacté les experts du gouvernement qui ne m’ont pas répondu ou m’ont dit non. Je vous ai envoyé un mail pour vous demander si vous serez présent lors de ce débat, qui aura lieu le 10 juin. Vous ne m’avez pas encore répondu, est-ce que vous viendrez ? 

-Alexander De Croo : Je ne sais pas monsieur, je n’ai pas vu votre invitation. On vous répondra, ce n’est pas le but de la conférence de presse, de répondre à des idées ici… 

-AP : Mais vous m’avez parlé d’un débat, c’est pour ça que l’on fait un débat avec sept scientifiques. 

-ADC : Monsieur, je ne peux pas réagir par rapport à quelque chose que je n’ai pas lu. 

CODECO N°14 -18 JUIN 2021 

-Alexandre Penasse : J’ai l’impression quand vous parlez, la vaccination paraît obligatoire. Ce n’est pas le cas Monsieur Vandenbroucke, n’est-ce pas ? 

-Alexander De Croo : Non monsieur, la vaccination n’est pas obligatoire en Belgique mais elle est importante. C’est une nuance. 

-AP : C’était juste une précision. Puisque vous avez refusé vous, Monsieur De Croo et les experts du gouvernement, de venir au débat qu’on a organisé le 10 juin. Je voudrais vous annoncer quelques points dont on a parlé à ce moment-là puisqu’on est dans la joie vaccinale, le retour à la vie normale, mais c’est quand même important d’énoncer quelques points… 

-ADC : Monsieur, le but c’est que vous posiez des questions. Si vous avez une petite question à poser, posez la question, mais aller débiter des textes ici n’est pas le but d’une conférence de presse. Si vous voulez faire une conférence de presse vous-même, vous pouvez l’organiser. Il y a peut-être des collègues à vous qui vont venir, mais en général, c’est vous qui posez les questions et c’est nous qui y répondons. 

-AP : Mais c’est vous qui décidez les questions que je peux poser ? 

-ADC : Posez une question alors, allez-y. Oui. 

-AP : D’accord, ça fait quinze mois que d’autres experts ont d’autres points de vue qu’on ne peut pas entendre. 

-ADC : On peut les entendre, Monsieur. 

-AP : Si on nous parle de reconfinement, à l’automne, est-ce que ça aura une légitimité ? Est-ce que vous pouvez répondre à toutes les questions que je pose depuis quinze mois ? 

-ADC : Monsieur, vous êtes invité ici à chaque fois, vous avez l’espace, mais posez votre question… 

-AP : Vous ne répondez jamais à ma question… Est-ce que vous allez venir discuter avec d’autres scientifiques, avec monsieur Martin Zizi, Louis Fouché, avec d’autres gens qui ont d’autres points de vue ? Est-ce que vous, ou l’un de vos experts, va venir discuter avec quelqu’un d’autre ? 

-ADC : Je ne connais pas ces personnes, Monsieur…

-AP : Mais l’important n’est pas si vous les connaissez ou pas. Je vous demande si vous allez venir ?

-ADC : Monsieur, on n’est pas à un endroit où on lance des invitations donc je ne sais pas de quoi vous parlez… 

-AP : Il n’y a qu’un son de cloche depuis quinze mois. 

-ADC : Mais pas du tout. En Belgique, toutes les opinions ont été discutées. Et même dans les médias classiques, il y a eu des gens qui ne croient pas du tout au vaccin. Et qui ont pu en parler. Et ils ont eu beaucoup d’espace dans la presse et je pense que c’est normal qu’ils aient eu beaucoup d’espace dans la presse. Ce que je vois, c’est qu’en général, les gens ne les croient pas. En général, les gens se font vacciner. Et vous savez ce qui se passe ? Les gens qui se font vacciner, ils ne se retrouvent plus à l’hôpital. Et c’est ça ce qu’on voit. C’est que les gens ont fait confiance à la science, et ceux qui ont fait confiance à la science, ils sont protégés. Et c’est plutôt une bonne chose. 

CODECO N°15 17 SEPTEMBRE 2021 

-Alexandre Penasse : Votre objectif est de vacciner le plus de personnes possible, les enfants aussi. Pourtant, de plus en plus de voix de scientifiques s’élèvent pour demander de suspendre la vaccination vu le nombre de morts et d’effets secondaires inquiétants post-vaccination. Ils se trompent peut-être, mais peut-être pas. Je vous propose comme il est normal en démocratie de venir débattre avec ces gens. Acceptez-vous ? 

-Alexander De Croo : Vous avez déjà posé cette question monsieur. S’il y avait vraiment, comme vous dites, beaucoup d’effets secondaires, beaucoup de morts, pourquoi ce serait quelque chose dont vous êtes le seul au courant alors ? C’est quand même assez étonnant. Il y a au total dans le monde entier plus de 5 milliards de doses qui ont été administrées. En Belgique, on parle de 8.5 millions de gens qui ont été vaccinés. Nos services suivent ça de tout près. Il n’y a aucune indication que le vaccin ne serait pas sûr. Vous avez une information que personne d’autre n’a. C’est possible, mais c’est assez étonnant. 

-AP : Mais on peut en débattre.

-ADC : Monsieur, moi je suis prêt à débattre plein de choses, mais avec des gens avec un certain sérieux. 

-AP : Une petite question rapide encore. Pourquoi appliquer un Covid Safe Ticket qui va instaurer la ségrégation entre les gens, alors qu’on sait que les personnes vaccinées peuvent encore être contaminées et contagieuses. Je suppose que vous regardez les chiffres d’Israël, des Etats-Unis et du Royaume-Uni. 

-ADC : Comme je l’ai dit dans mon introduction, les vaccins sont sûrs et les vaccins réduisent le risque d’être malade ou de vous retrouver à l’hôpital avec plus de 90%. D’ailleurs dans tous les pays européens, on voit que, dans les pays qui ont beaucoup vacciné, la situation épidémiologique s’améliore nettement. Donc je trouve un peu bizarre que vous continuez à douter. C’est un peu comme douter le fait que le soleil se lève chaque matin. Vous voyez tous les jours que les vaccins fonctionnent, vous voyez qu’il y a de plus en plus de gens qui sont motivés à le faire. Alors si vous dites “Je n’y crois pas”, c’est votre choix. Mais s’il vous plaît, ne mettez pas en danger d’autres personnes. 

CODECO N°16 26 OCTOBRE 2021

-Alexandre Penasse : Vous me permettrez d’enlever mon masque, j’ai du mal à respirer. Je ferai comme vous… Monsieur Vandenbroucke a reçu récemment un courrier lui indiquant notamment que la vaccination des soignants et des jeunes était inutile et contre-productive car elle ne permet ni de prévenir la contamination, ni de réduire la charge virale des personnes. Je vous cite un rapide exemple qui n’est pas une tartufferie : Le 23 septembre, l’Irish Examiner annonçait que dans la ville de Waterford 99,7 % des plus de 18 ans étaient complètement vaccinés. C’est le chiffre le plus haut d’Europe. Pourtant, le 11 octobre, Waterford News and Star annonce que la ville a le plus haut taux d’incidence d’Irlande. Je vous pose la question : le Covid Safe Ticket est-il inutile dès lors qu’il favorise la contamination ? Et c’est prouvé. 

-Frank Vandenbroucke : Soyons clair : sans les vaccins, on assisterait à une catastrophe sanitaire, économique et sociale inédite. Le risque de contamination et le risque d’hospitalisation est réduit de façon très très très significatif quand on est vacciné. Mais comme je l’ai déjà dit, c’est un peu comme un parapluie : les vaccins sont un parapluie excellent qui protège contre la pluie. Mais s’il pleut fortement, s’il vente, il y a des gens même avec des parapluies qui sont mouillés. C’est rare, mais ça arrive. Et c’est ce qu’on vit maintenant. Donc, il y a trop de virus. Mais grâce à la vaccination, on est pas dans une situation catastrophique, mais il faut réduire la circulation du virus. En ce qui concerne le Covid Safe Ticket, évidemment, ce n’est pas une sécurité absolue. Il n’y a aucune sécurité absolue. Et donc, comme le Premier Ministre l’a dit, il faut combiner les sécurités et il faut aussi compter sur le bon sens. Et je répète l’exemple : un organisateur d’un évènement public très réduit, 45 personnes peut utiliser le Covid Safe Ticket. Et je crois qu’il y a beaucoup d’organisateurs qui préfèrent cela parce que ça crée quand même un peu plus de sécurité. Si en même temps, vous assistez à un évènement où il y a le Covid Safe Ticket, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas ventiler. Donc il faut combiner les mesures de sécurité. C’est l’addition des mesures de sécurité qui est la formule gagnante. Et donc, arrêtons des débats clichés, des débats simplistes tant sur la vaccination, le Covid Safe Ticket, la ventilation, le port du masque. Il n’y a aucun instrument qui est un silver bullet et qui réduit le risque à zéro, ça n’existe pas. Il y a la combinaison des instruments. 

Roland De Wind