L’évolution politique en Occident
📰 Kairos 59 📑 Sommaire

L’évolution politique en Occident

Philippe Debongnie

Dans Kairos n° 30 (été 2017), je proposais une analyse-synthèse de l’évolution politique récente en Occident (Europe et Amérique du nord, principalement). Après l’épisode covidien, il est temps de refaire le point. D’abord, force est de constater que depuis 6 ans la situation a à la fois empiré et s’est complexifiée, au point que la fausse conscience[note], qu’elle soit limitée, débridée ou structurée[note], règne dans tous les camps et parmi ceux qui essaient d’y voir clair, moi y compris ! Cet article a
donc la modeste ambition de la dissiper autant que possible et de conceptualiser les choses au mieux, sans œillères idéologiques. En sus des constats, il avancera principalement des hypothèses que l’avenir confirmera, ou pas. Je me targue cependant d’avoir gardé la tête froide là où d’autres produisaient des énoncés, inconsciemment victimes de leurs peurs ou de leurs biais. Ces énoncés ont ensuite été relayés et démultipliés par les réseaux (a)sociaux. C’est particulièrement le cas des milieux antifascistes et d’une partie de la gauche, prisonnière de sa doctrine anticapitaliste étroite et datée, héritée du léninisme. De deux choses l’une : 

  • ou bien elle n’est plus capable d’identifier précisément d’où provient le vrai danger extrémiste ; elle persiste à le dénicher dans les arrière-salles des bars où se réunissent une poignée de néo-nazis, plutôt qu’au Forum économique mondial (WEF) ou aux sièges des Big Pharma – les premiers représenteraient une menace pour la démocratie plus sérieuse que tous les autres. Albert Bourla serait-il plus fréquentable qu’Éric Zemmour[note] ? Or l’extrémisme 3.0 se vêt autant de costumes élégants que de treillis et de combat shoes. Ou comme l’écrit Lauren Weisberger, « Le diable s’habille en Prada » ; 
  • ou bien elle ne veut pas faire cette mise à jour qui l’obligerait à sortir de son confort intellectuel. Jean-Claude Michéa a dûment montré[note] que la gauche – y compris la gauche extrême – a rejoint le camp libéral depuis l’affaire Dreyfuss (1894-1906) et s’y sent vraisemblablement très à son aise. Que reste-t-il de révolutionnaire chez elle, à part dans le domaine de l’éthique ? Qu’y reste-t-il même d’important d’un point de vue ne serait-ce que réformiste ? Peut-être la cause des migrants et des sans-papiers, qui est devenue le point d’orgue de ses luttes. 

Avertissement méthodologique. Dans un régime de « post-vérité », les sophistes ont pris l’avantage et les mots sont piégés, comme l’a montré Pierre-André Taguieff dans Qui est l’extrémiste ? (Intervalles, 2022). Par antifascisme primaire, une certaine gauche pourrait bientôt expurger de son discours les termes dictature et totalitarisme, puisqu’ils ont été utilisés par ses ennemis (entre autres) pour caractériser la gestion du covid. On pourrait en conclure que toute recherche, toute clarification en deviennent périlleuses, si pas impossibles. Faisons le pari inverse : l’analyste politique doit continuer à mettre les mains dans le cambouis et défendre ses mots. La critique sociale, avec sa subjectivité inéliminable et ses interactions polémiques à l’infini, est un des rares biens qui nous restent, d’autant plus qu’elle a pris un gros coup sur la tête. Comme me le disait le philosophe et psychanalyste Thierry Simonelli lors d’une conversation privée : « Aujourd’hui, on ne peut plus faire de la critique comme avant 2020. » 

1. POURQUOI LE NÉOLIBÉRALISME EST-IL LA PIERRE ANGULAIRE 

Parlons maintenant de la droite, dans toutes ses nuances. La plus claire est la droite libérale, bleue, centriste et qui se veut évidemment démocratique : le Mouvement réformateur (MR) en Belgique francophone, l’Open-VLD en Flandre et Les Républicains (LR) en France. Si les deux premiers sont encore bien présents sur la scène politique, les troisièmes ont été engloutis par le macronisme, « en même temps » que tous ont perdu en chemin les préceptes du libéralisme classique[note], se limitant à chanter les louanges du marché libre et sans entraves, quand bien même il a montré ses limites économiques, sociales, éthiques et écologiques depuis longtemps déjà. Sur ce plan-là, les libéraux sont peut-être en retard dans la guerre des idées[note], mais ils continuent à dominer le champ institutionnel en ayant contaminé, depuis des lustres, les autres partis par leur dogme de la priorité au Marché et à l’Entreprise, y compris les partis socialistes depuis François Mitterrand. Le ralliement des sociaux-démocrates de gauche et de droite au néolibéralisme en pensant combattre l’extrême droite – « La société de consommation et l’individualisme plutôt que les fachos ! » – restera une erreur politique ineffaçable. Alors que, ce faisant, ils l’ont alimentée, et continuent à l’alimenter ! Avançons ici la principale thèse de l’article. Le péril actuel mérite a minima l’appellation d’autoritarisme antidémocratique (expression que je reprends de Dardot et Laval, cf. infra). Nous ajouterons qu’il est à la fois centriste et extrémiste à sa manière, un « extrême centre »[note]. Issu du néolibéralisme, il a pris un coup d’accélérateur avec le covidisme. Un petit retour à l’histoire sera utile. 

Le néolibéralisme est apparu dans la philosophie politique à Paris en 1938 à l’occasion du colloque organisé autour des travaux du journaliste Walter Lippman (1889-1974), auteur de La cité libre (The good society, 1937). Le gratin des penseurs et économistes libéraux de l’époque – Jacques Rueff, Raymond Aron, Friedrich Hayek, LudwigvonMieses,WilhelmRöpke, etc. – y participa. Ensuite, il s’est philosophiquement structuré dans la Société du Mont-Pèlerin, fondée en 1947 par Hayek, entre autres. Évincé par le keynésianisme pendant un quart de siècle, il a fini par porter ses fruits (pourris) lors du coup d’État néo-fasciste du général Augusto Pinochet au Chili en 1973, et d’une manière démocratique quelques années plus tard avec l’élection de Margaret Thatcher (1979), puis de Ronald Reagan(1980).Par la suite et jusque dans les années 2010, tous les chefs d’exécutifs européens l’ont épousé, certains d’une manière décomplexée (Jean-Luc Dehaene, Guy « Baby Thatcher » Verhofstadt, Nicolas Sarkozy, José Maria Aznar, Silvio Berlusconi, John Major, Tony Blair, Helmut Kohl, Gerhard Schröder), d’autres plus honteusement ou souterrainement (François Mitterrand, Jacques Chirac, François Hollande, Felipe Gonzalez). Certains[note] pensent qu’il est en déclin, car rattrapé par la crise écologique et sanitaire, dépassé par le mercantilisme en Chine et par l’illibéralisme en Turquie, Russie, Hongrie, Pologne, Brésil (sous Jair Bolsonaro) et États-Unis (sous Donald Trump). Rien n’est moins vrai. Ces derniers ont d’ailleurs été remplacés par des dirigeants au profil néolibéral, Joe Biden et Lula Da Silva. Le néolibéralisme est toujours vigoureux par la grâce des Macron, Trudeau, De Croo, Sunak, Rutte, Scholz et consorts, sans parler de leurs maîtres de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du WEF, Klaus Schwab. 

Entamées dans les années 1980, la désinstitutionnalisation, la dérégulation, la flexibilisation et la marchandisation des services publics se poursuivent au pas de charge – il suffit de voir la réforme des retraites en France, passée en force par le 49.3, mais qui continue à susciter, heureusement, une opposition populaire. Comme le remarquent deux de ses plus fins observateurs, Pierre Dardot et Christian Laval :« Ce n’est pas seulement l’idéologie ou telle ou telle politique qui est néolibérale. Une fois que le processus de néolibéralisation des sociétés et des esprits a atteint un certain seuil, c’est la réalité sociale elle-même qui est devenue néolibérale[note]. » Dans leur dernier ouvrage en date, ils ajoutent que « nous vivons le moment où le néolibéralisme sécrète de l’intérieur une forme politique inédite qui combine autoritarisme antidémocratique, nationalisme économique, concurrentialisme généralisé et rationalité capitaliste élargie[note]. » Dans leur communication, les gouvernements occidentaux se présentent comme le meilleur, et d’ailleurs le seul rempart face à « la montée de l’extrême droite qui menace la démocratie ». Jusqu’à présent, le subterfuge fonctionne, une majorité d’électeurs-consommateurs préférant, à tout prendre, conserver leurs dirigeants néolibéraux plutôt que de jouer à la roulette ukrainienne avec le démon extrême droitier. On l’a encore vu l’an dernier en France avec la réélection de Jupiter (même s’il a été mal réélu). Allons droit au but : le néolibéralisme est de loin le principal responsable de l’aliénation des masses et de la souffrance sociale depuis 40 ans, d’un bout à l’autre de la planète[note]. Il est fasciste dans son essence, comme l’a parfaitement exprimé la juge Manuela Cadelli[note]. 

2. QUEL RÔLE JOUE L’EXTRÊME DROITE TRADITIONNELLE ? 

Bien qu’organisée en partis se présentant aux élections (aujourd’hui, le Vlaams Belang en Belgique, le Rassemblement national en France), en Europe de l’Ouest depuis 1945, l’extrême droite traditionnelle, réactionnaire et éventuellement raciste ou xénophobe, n’a que rarement exercé le pouvoir étatique[note]. En Belgique, le cordon sanitaire l’a condamnée à l’opposition, jusqu’à présent. En France, point de cordon sanitaire, ce sont les manœuvres habiles de la macronie qui ont à deux reprises empêché Marine Le Pen de l’emporter. Les Italiens semblent avoir fait exception en portant au pouvoir Giorgia Meloni[note]. Aujourd’hui, l’extrême droite pense que son heure est revenue grâce à l’événement covidien qui a révélé la duplicité des gouvernements et remis en cause la légitimité de l’État, censé arbitrer entre le bien commun et les intérêts privés, mais qui a choisi le camp des seconds. C’est donc son rival néolibéral qu’il s’agit de mettre hors-jeu et de reléguer dans les marges ; mais ce sera dur, car il maîtrise les rouages politiques, administratifs et médiatiques. Pour cela, les militants d’extrême droite s’activent dans la rue et sur la Toile : participations remarquées aux manifestations anti-covidistes en 2021-22 (particulièrement l’association Civitas), contre-propagande incessante, en soi légitime, mais dans ce cas problématique, car versant souvent dans des délires[note], avec des relents d’homophobie, de xénophobie, d’islamophobie, d’intégrisme religieux, d’antiféminisme, -sémitisme et maçonnisme – les francs-maçons et les juifs acoquinés étant accusés par certains ultras de crimes pédo-satanistes. Toutefois, le curseur n’est pas toujours placé à ces extrémités. Devrions-nous reconnaître la justesse des observations faites à propos de la droite par Pier Paolo Pasolini, il y a 50 ans – « […] une droite qui engloberait une infinité de thèmes appartenant en réalité à tout le monde[note] » – et de Simon Critchley plus récemment – « […] c’est la droite qui a le mieux compris la nature de la politique dans l’histoire récente[note] » ? En effet, paradoxalement l’extrême droite est apparue comme celle qui a rapidement compris et dénoncé[note] la pente excessivement autoritaire de la gestion de l’épidémie, quand les syndicats et les partis de gouvernement y ont adhéré par aveuglement, peur de la mort, lâcheté, soumission ou opportunisme politicien, implorant l’exécutif de prendre toutes les mesures utiles et nécessaires pour terrasser le virus maudit et remettant le sort de leurs affiliés et électeurs entre ses mains (ou plutôt ses griffes). L’extrême droite est-elle sincèrement antiautoritaire ? Vu l’histoire et sa tradition propre, il serait difficile de le croire. Nous parierons plutôt sur son opportunisme. Mais quel groupe politique n’est pas opportuniste ? 

Dès les années 1990, certains observateurs redoutaient la convergence du néolibéralisme et de l’extrême droite, imaginant un scénario du pire. Officiellement, ce n’est pas arrivé[note], mais ce n’est pas impossible. Néanmoins, deux raisons vont en sens contraire. Primo, d’un point de vue sociologique, les privilégiés du système néolibéral n’ont pas d’intérêt à voir s’écrouler leur beau château de cartes, patiemment construit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi tenterait-on l’aventure risquée de l’extrême droite nationaliste quand on est un fonctionnaire de la Commission européenne, cosmopolite, polyglotte, grassement rémunéré et protégé par un efficace réseau social, ou un Young Global Leader, VRP du WEF – cela étant également le cas des échelons inférieurs ? A priori, aucune raison. D’autre part, d’un point de vue politique, les deux groupes sont en désaccord sur la nature du capitalisme. Les néolibéraux sont favorables à un capitalisme mondialisé, financiarisé, numérique et de surveillance, quand l’extrême droite souhaite retourner à un capitalisme national, régulé, protectionniste, réenchassé dans le politique et qui tienne compte de la justice sociale – du moins est-ce ce qui ressort de ses discours. Cette position souverainiste est défendue dans le champ intellectuel par Alain de Benoist, fondateur de la revue Éléments, dans le champ politique européen par la Pologne et la Hongrie, ainsi que par des figures politiques françaises non élues comme Nicolas Dupont-Aignan, Éric Zemmour, Marine Le Pen, Philippe de Villier et François Asselineau, ce dernier étant clairement en faveur du Frexit. C’est ici que le clivage gauche/droite a du plomb dans l’aile. La gauche confond internationalisme et mondialisme[note], à choisir ce seront les distingués bourgeois Schwab et von der Leyen plutôt que les vulgaires tribuns populistes nationaux qui vilipendent pourtant les politiques néolibérales qu’elle est aussi censée combattre. Gênée aux entournures, elle s’abstient de parler des premiers, détourne son regard d’eux pour focaliser sur les seconds. L’arbre fascistoïde cache la forêt néolibérale. Pourtant, répétons-le, quelle que soit l’opinion qu’on ait des meneurs populistes, ayons conscience du danger néolibéral qui est de faire disparaître à terme la politique au profit d’un pilotage cybernétique (algorithmique) des foules[note]. Imaginons un Yuval Noah Harari comme nouveau président de l’Union européenne (UE) et son conseiller Laurent Alexandre. Qu’en dirait la gauche ? Applaudirait-elle en se disant avec soulagement : « Ouf, on a encore échappé aux nationalistes racistes d’extrême droite[note] ! » Les plus lucides prêcheront le « ninisme ». Bien d’accord, mais nous attendons toujours que la gauche engrange des résultats probants, après des décennies de compromissions en position défensive… Pour être niniste, où porter alors notre regard ? 

3. ANARCHIE À TOUS LES ÉTAGES ! 

Faute d’inventer une toute nouvelle théorie politique[note], il me semble dès lors que nous devrions revisiter la tradition anarchiste (ou libertaire), mais avec les précautions d’usage, car les mots sont toujours piégés. Écartons d’abord les idées reçues. 

1. Sur un plan macro-politique, l’anarchie n’est pas l’anarcho-capitalisme, qui est une des façons – ambiguë — de caractériser le système actuel où un énorme pouvoir d’action est laissé aux entreprises en dépit des règles et législations édictées par les institutions étatiques et supra-étatiques comme l’UE et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). 

2. Sur un plan micro-politique, l’anarchie ne se confond pas avec la seule liberté négative et l’indépendance absolue des individus, fruits de l’égalitarisme démocratique qu’avait pointé, et déjà déploré, Alexis de Tocqueville dans son ouvrage De la démocratie en Amérique (publié en 1835 et 1840). 

3. L’anarchie ne prône plus la violence politique ; la propagande par le fait des Malatesta, Ravachol et Bonnot a fait son temps[note]. 

4. L’anarchie ne doit pas viser l’abondance marchande et l’innovation technologique « pour tous », sous peine de rallier le camp adverse. Au XIXe siècle, une partie du mouvement anarchiste était technophile et scientiste ; ce fourvoiement, une néo-anarchie doit absolument l’éviter ! Considérons la définition de Ronald Creagh : 

« L’anarchisme est une interrelation non hiérarchique de systèmes et de sous-systèmes autonomes[note] ». 

Et revenons un peu à l’histoire. Au XIXe siècle, l’anarchisme de Bakounine et le socialisme scientifique de Marx et Engels étaient en concurrence chez les ouvriers et les artisans. C’est le second qui s’est progressivement imposé parmi eux à mesure qu’ils s’intégraient à la fabrique où régnait une discipline collective de travail qu’ils avaient ignorée jusque-là et que les luddites, les canuts et les sublimes rejetèrent, finalement en vain. Les partisans de l’industrialisme, du machinisme, du technicisme et de l’idéologie du Progrès – i.e. la classe des technocrates[note] – gagnèrent la bataille politique à la fin du siècle. Nous en sommes toujours là en 2023. 

Comme l’écrit Nicolas Bonnani dans un essai récent et inspirant, « il faut trouver une autre manière de faire régner le socialisme que celle en vigueur depuis un siècle », en misant sur une « révolution sociale[note] » et non uniquement politique. L’anarchie est compatible avec une bonne dose de souverainisme, de relocalisation économique et même de patriotisme : qu’un démocrate radical, « anarchist tory » et génie de la pensée politique comme George Orwell l’ait défendu, voilà qui devrait nous rassurer, mais qui fera hurler la gauche acquise à l’internationalisme qu’elle confond avec la promotion de la société multiculturelle et la migration incontrôlée[note]. Dans Kairos n° 57, je parlais de la nécessité de s’appuyer sur un troisième front, celui des gens ordinaires sans étiquette particulière qui, succédant en quelque sorte aux Gilets jaunes, se sont éveillés à la citoyenneté politique active à l’occasion de la covidiotie[note]. Ils font face à un double danger. D’une part, la tentative de l’extrême droite de les récupérer dans ses filets idéologiques. Historiquement, elle a toujours cherché à réunir les (légitimes) mécontents du « système » ; d’autre part, le dénigrement dont ils sont victimes de la part de la majorité de la gauche qui, en chœur avec le pouvoir politico-médiatique néolibéral, les a vus comme une bande d’anti-vaxx, de complotistes, d’égoïstes, de rassuristes, d’aliénés, de naïfs manipulés par les fachos, etc., autant d’« identifications idéologiques » (Joseph Gabel, 1962) destinées à compromettre l’adversaire. Ce sont pourtant eux qui sont potentiellement porteurs d’un imaginaire anarchiste, quand leurs contempteurs se posent en garants des hiérarchies étatique, institutionnelle… et médiatique ! 

Faisons un peu de prospective. Sans résistance massive de la population pour se réapproprier son destin, le futur apparaît sombre avec le renforcement des instances non élues et sans contrôle démocratique possible : Commission européenne, Forum économique mondial, Banque centrale européenne, OMS, sans parler des gouvernements autoritaires dont la macronie est un parfait exemple. Un élément central est le rôle que joueront les forces de l’ordre, soit continuer à soutenir les pouvoirs en place, soit rejoindre les rangs du peuple. « La police avec nous ! » fut finalement un des slogans les plus clairvoyants – naïfs, diront certains – entendus dans les manifestations anti-covidistes. 

Bernard Legros