Kairos 72

Novembre / Décembre 2025 - Janvier 2026

Fragments de vie

La liberté est hors du cadre

Une ligne de fracture inévitable est en train de se creuser, qui distingue ceux capables de penser contre eux-mêmes [1] et les autres, qui réduisent leurs « réflexions » à un cadre duquel ils ne peuvent impérativement sortir. Ils ne réfléchissent pas, d’où la mise entre guillemets qui précède, mais croient, au sens religieux du terme, et leurs paroles ne sont que les versets correspondant à ce qu’ils définissent comme sacré. Difficile ici de décrire le parcours personnel qui mène à cette idiosyncrasie, c’est-à-dire à cette manière d’être propre à un individu, mais vu la correspondance entre le discours officiel et le discours individuel, la propagande, c’est-à-dire le travail des médias dits officiels — synonymes de « sérieux »

• en est certainement une des raisons principales. Le résultat en est une multitude de personnes assurées de penser librement et qui pensent toutes la même chose, refusant à l’autre de penser autrement, et répétant joyeusement la messe médiatique.

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Notes et références

  1. Et sont donc capables de dire « non » aux diktats de l’ordre établi, à s’opposer et à le dire.
  2. La célèbre phrase attribuée à Jean Daniel : « Il vaut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron ».
  3. Simon Leys, Orwell ou l’horreur de la politique, Plon, 2006.