Jusqu'à quand? L'ambassade d'Ukraine (re)demande l'annulation de notre film dans la région liégeoise, à la ferme du Marly.
Combien de temps allons-nous encore accepter...
Quatre ans après l’agression dont il été victime en tant que journaliste, Alexandre Penasse attend toujours justice.
https://youtu.be/LEQfxPuCoSw
Un journaliste agressé, un policier identifié, une justice...
Ce sont deux concepts déviants sont ultra présents, malheureusement, chez nos « élites mondiales » qui, grâce à leur fortune, restent souvent intouchables. Avec...
C’était le 29 janvier 2023, j’ouvrais ma boîte mail et trouvais un message de Christine Cotton:
“Bonjour Alexandre, Serait-il possible de planifier une interview ensemble,...
Devenir Jésuite est un vrai parcours du combattant intellectuel. Le Pape François est jésuite. Il a fait des études en chimie, théologie et philosophie. Il parle couramment plusieurs langues. Il doit donc être capable d’exprimer sa pensée de manière claire et précise. Moi qui ne suis ni aussi érudit, ni jésuite, ni Pape, j’y arrive bien (je suis pour la vaccination obligatoire de tous ceux qui statistiquement prennent le risque de venir engorger nos hôpitaux et pour qu’on foute la paix aux autres et notamment aux moins de trente ans sans comorbidités). Ce n’est pas si compliqué.
Partant de ce constat, quand le Pape fait une allocution pro vaccin, qui ressemble à s’y méprendre aux sermons mielleux des études du matin d’un pensionnat catholique, il faut rester vigilant et se dire que les non-dits et les allusions sont peut-être lourds de sens.
Le Pape a pris la parole le 18 août[note], dans un contexte de passe sanitaire en France et en Italie exigé à partir de 12 ans, de rentrée scolaire, de tests et de débats (préparation des esprits) sur la vaccination des enfants dès l’âge de 3 ans.
Reprenons son message :
« Grâce à Dieu nous disposons de vaccins contre le covid 19, ils donnent l’espoir de mettre fin à la pandémie » le dogme du tout vaccinal est posé d’emblée, aucune allusion à l’accès aux soins ou à la prévention.
« Se faire vacciner avec des vaccins autorisés par les autorités compétentes est un acte d’amour, et contribuer à faire vacciner la majorité des gens est un acte d’amour. L’amour de soi, de sa famille et de ses amis, l’amour de tous les hommes ». Nous avions mal compris, ce n’est pas le Pape François, mais le pape Pfizer. Laissez venir à moi les petits enfants et les jeunes sans comorbidités qui ne risquent rien de la maladie, que j’en fasse des cobayes de traitements toujours en phase de tests. Vaccinez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. Quant à sa soumission aux « autorités compétentes », c’est décidément une manie chez lui.
« L’amour est aussi social et politique. Il y a un amour social et un amour politique ». Là, en revanche, c’est très clair, c’est même répété. Nous avions fait sortir le religieux de la politique et du social par la porte de la laïcité, il le fait rentrer par la fenêtre de l’amour. Et moi qui croyais naïvement qu’il fallait laisser à César ce qui revient à César, c’était sans compter sur l’amour. Quelle contradiction pouvons-nous apporter à l’amour ? Quelle place pour le débat démocratique ou le doute scientifique ? Si vous n’êtes pas pour « faire vacciner la majorité des gens », vous n’êtes pas dans l’amour… Que pouvez-vous répondre à ça ?
« Se faire vacciner est un moyen simple mais profond pour promouvoir le bien commun et pour prendre soin les uns des autres, notamment des plus vulnérables. Je prie pour que chacun d’entre nous puisse apporter son petit grain de sable, son petit geste d’amour». Ite Missa est, chacun, à risque ou non, doit se faire vacciner, quitte à construire sur du sable et à utiliser des doses qui pourraient être plus utiles aux personnes à risques des pays pauvres.
Je ne peux m’empêcher de penser que s’il avait eu des enfants, s’il avait ressenti une seule fois cette angoisse des parents quand leurs enfants font face à un risque, il les aurait inclus dans sa réflexion sur les « plus vulnérables ».
Alors bien sûr, mea maxima culpa, je fais un procès d’intention, j’interprète les silences et les formules vagues. Mais à l’heure où 3 vaccins (Astra Zeneca, Johnson et Moderna) soulèvent des doutes sur leurs possibles effets secondaires chez les moins de trente ans, je n’implore pas miséricorde, mais clarification.
Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites… Puisse l’esprit ‘sain’ lui rappeler que quand il les omet sciemment de son message, ce n’est pas seulement aux enfants et jeunes sans comorbidités qu’il dit en creux : « je m’en lave les mains ».
Marie-Rose Cavalier-Bohon, ancienne membre du Parlement de Wallonie, a partagé avec nous ce courrier qu’elle a envoyé aux président du Parlement wallon, des Membres du Bureau et du Ministre Président du Gouvernement de Wallonie, ainsi qu’aux différents députés. Elle y explique pourquoi elle refuse leur invitation à la cérémonie officielle des Fêtes de Wallonie en cette année 2021.
Mesdames Jacqueline Galant, Sophie Pécriaux, Sybille de Coster-Bauchau, Messieurs J-Claude Marcourt, Manu Disabato, et au Ministre Président du Gouvernement ; Mer Elio Di Rupo.
Chères Mesdames et Chers Messieurs les Députés,
Comme ex-parlementaire wallonne, c’est toujours un plaisir pour moi de recevoir une invitation venant d’une Assemblée importante en termes de choix politiques pour notre Région .
Assemblée pour laquelle j’ai tenté de donner le meilleur au travers des compétences qui m’étaient attribuées, car son rôle de relais entre l’U.E, le Fédéral, les entités fédérées et sa tutelle sur les Communes, est déterminant.
L’invitation de ce jour, me laisse plus que perplexe.
En effet, pour assister à cette cérémonie, aux propositions ou bilans politiques des uns et des autres, qui sont pour moi indispensables dans la compréhension des mesures prise en fonction de l’intérêt général, je dois nécessairement présenter « un certificat Covid numérique de l’UE » !!!!
Curieuse, j’ai donc lu les étapes de ce certificat indispensable pour recouvrer la possibilité de voyager et ….plus simplement, d’assister, à quelques km de chez moi, à la mise en valeur de l’Assemblée régionale (https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_21_2593)
Suite à cette lecture, j’en déduis qu’à chacun de mes déplacements, même pour vous entendre, je dois quand même présenter :
– soit une vaccination complète ( très mal nommée me semble-t-il, puisqu’il s’agit d’une thérapie génique qui a obtenu une autorisation de mise sur le marché » PROVISOIRE, mais que l’on promotionne à tout va !) ,
– un test PCR( remis au goût du jour sans arrêt, dont les trop nombreux cycles d’analyse (dixit Mer Van Laethem) montrent tout et n’importe quoi, …mais ils sont quand même utilisés pour la poursuite des mesures prises suite à « ladite pandémie » !),
– un certificat médical qui atteste ma guérison, tout ceci, de manière à correspondre aux diktats sanitaires et validés par les Assemblées politiques.
Ces diktats sont pour moi, tout à fait disproportionnés, voire mensongers, puisque pour voyager aujourd’hui, même « vacciné » , de nouveaux tests sont exigés et doivent être négatifs.
A ce sujet, j’ai sans doute mal lu « la loi pandémie » …serait-elle la base de l’application de ce certificat de traçage national ou non ?
Comme en France, cette application est-elle décidée ?
Merci de m’éclairer à ce sujet.
Mesdames , Messieurs les Députés, je dois vous dire que cette invitation « sous conditions » me met mal à l’aise , j’espère aussi que je ne suis pas la seule !!!
Il me faut donc, pour pouvoir fêter notre Région, pour pouvoir vous entendre, vous présenter officiellement le fait que je ne suis pas malade. Ces conditions dépassent mon entendement !
Juste une question encore : allez-vous persister dans cette fuite en avant, vers un monde de surveillance à tout crin , de contrôle partout, même au sein des Assemblées dites démocratiques et citoyennes ?
J’ai juste l’impression en vivant ces difficultés qualifiées de « sanitaires », portées fièrement par les autorités politiques, de vivre un cauchemar !
C’est la raison pour laquelle, ce 18 septembre, lors des Fêtes de Wallonie et jour de mon anniversaire, je ne pourrai pas vous rejoindre pour les raisons invoquées et je le regrette.
Comme dit le Président Macron , « le jour d’après ne sera pas le jour d’avant » !!!!Vous portez ces choix politiques de manière, me semble-t-il, avec obéissance et irresponsabilité. Dommage !
Une toute dernière remarque ; l’Assemblée wallonne fut pour moi, magique de « pouvoir, de savoir, d’espoir ».
Bien à vous
M-R Cavalier
Deux pièces jointes si vous avez du temps …et si cela vous intéresse.
Demain, cela fera 20 ans. Le 11 septembre 2001 signait l’officialisation d’un plan d’envahissement préparé de longue date par les États-Unis, afin de soumettre « l’axe du mal » à la puissance impérialiste. 20 après, rien ou très peu n’a été révélé sur toutes les zones d’ombre de cette journée et de la suite, qui précipita le monde dans l’ère de la surveillance de masse, dont la période covid n’est que l’avatar et la suite.
Un dossier « d’actualité », que nous repartageons avec vous.
Le CDJ a constaté que Kairos a manqué de responsabilité sociale en relayant, sans distance, une opinion qui jetait le doute sur des faits manifestement non établis ou douteux susceptibles d’impacter la santé ou la vie en société
Le Conseil de déontologie journalistique a constaté ce 15 février 2023 que Kairos, en diffusant une opinion tierce telle quelle, sans en vérifier les constats factuels manifestement faux ou douteux, a contribué à diffuser des informations non avérées ou non établies et n’a pas assuré clairement la distinction aux yeux du public entre cette opinion, la sienne, les faits et l’analyse qu’il en tirait. Le CDJ a également estimé qu’en relayant, sans distance ou analyse propre, ces propos qui jetaient le doute sur des faits qui en contexte ou par nature étaient de manière prévisible susceptibles d’impacter la santé ou la vie en société, Kairos a failli à la responsabilité sociale qui incombe en principe aux médias d’information. La décision complète du CDJ peut être consultée ici.
Nous relayons la lettre de Sabine Moens de Fernig, publiée le 3 septembre sur son mur facebook, dans laquelle elle explique les raisons de son renoncement à demeurer membre du mouvement réformateur (MR), et donne sa démission à Georges-Louis Bouchez, président du parti. Nous ne défendons pas des chapelles chez Kairos, mais reconnaissons le courage et la dignitié lorsqu’ils sont là. Toutefois, comme le précise Sabine Moens de Fernig, tous les partis sont responsables des 38 points qu’elle soulève. Nous savions déjà qu’il faisait partie du problème[note].
Vous trouverez ci-dessous en intégralité la lettre que j’ai adressée le 25 août dernier à Georges-Louis Bouchez par laquelle je renonce à être membre du mouvement réformateur. Beaucoup, aujourd’hui, limitent le débat à un clivage vaccinés non-vaccinés alors que l’enjeu réel est bien plus profond. En touchant au fondement même de nos démocraties, ce sont nos droits et nos libertés que nous mettons en péril. Si j’incrimine le MR dans la présente publication, cela vaut pour tous les partis de la majorité tant au niveau fédéral que régional.
Je reprendrai pour terminer par une citation de James Freeman Clarke, théologien et auteur américain : « Un politicien pense à la prochaine élection, un homme d’état à la prochaine génération ». Je vous invite à méditer sur la question et sur les valeurs que vous entendez défendre pour l’avenir de nos enfants.
« Cher Georges-Louis, Je vous informe que je renonce, à partir de ce jour, à être membre du mouvement réformateur. Ces 18 derniers mois, j’ai assistée dépitée à ce qui suit :
nos libertés fondamentales ont été bafouées ;
nos valeurs démocratiques se sont effondrées;
la protection de nos données personnelles s’est volatilisée;
notre liberté de circuler a été et reste entravée;
les droits et les libertés de l’union européenne sont impunément transgressés ;
la liberté de la presse indépendante est menacée ;
la surveillance rapprochée des citoyens s’installe progressivement et insidieusement, sous couvert de mesures sanitaires ;
les médias mainstream sont devenus des instruments de propagande permettant la poursuite de toute cette folie ;
la délation s’est réinstallée dans nos régions, laissant un arrière-goût amer de déjà vu ;
lors du 1er confinement, des personnes âgées se sont vues refuser l’accès aux hôpitaux et condamnées à mourir de ce fait sans suivi palliatif adéquat ;
des familles endeuillées ont été empêchées d’accompagner leurs proches dans leurs derniers instants ;
des vieux ont été isolés chez eux pendant des mois entiers, et pour les moins chanceux enfermés dans les maisons de repos dans des chambres réduites à 15m2 ;
des familles ont été privées de rendre visite à leur parent dans les maisons de repos et leur apporter le seul réconfort requis ;
des enfants à partir de 12 ans se sont vus et continuent de se voir imposer le port du masque durant des journées entières à l’école, les empêchant ainsi de s’oxygéner correctement (alors que l’OMS reconnait que les données scientifiques concernant l’utilité du masque par des biens portants soient limitées et contradictoires) ;
des jeunes ont été et sont toujours en décrochage scolaire, complétement désœuvrés et en dépression ;
des collectifs de parents se sont créés afin de se faire entendre par les instances politiques ;
des jeunes universitaires ont été laissés sans ressources par la fermeture de pans entiers de secteurs d’activités ;
des manifestations pacifistes ont été lourdement réprimées et sous mes yeux des jeunes et des moins jeunes se sont fait charger, gazer à 5 cm du visage ou molester à coup de matraques par une police lourdement armée sans que personne du monde politique ne trouve à redire ;
des jeunes, mineurs d’âges, ont été enfermés dans des geôles et ont été victimes d’exactions policières au seul motif de s’être réunis avec des amis à la maison en petit comité ou de vouloir assister à une manifestation contre cette gestion désastreuse par nos gouvernants ;
les violences intrafamiliales ont explosé au sein des foyers belges et l’intégrité physique de nombreuses femmes et enfants de ce fait menacée ;
des secteurs entiers (culturel, évènementiel et Horeca) ont été réduits à néant au seul motif qu’ils n’avaient pas été jugés ESSENTIELS par nos décideurs politiques ;
des indépendants ont dû faire face à l’arrêt forcé de leurs activités, faisant ainsi aveux de faillite et perdre le fruit de toute une vie de travail ;
des personnes se sont vues retirées arbitrairement le droit de travailler et ont par conséquent sombré dans la précarité ;
les lanceurs d’alerte qui ont dénoncés ces abus ont ensuite été décriés sur la place publique, licenciés ou réduits au silence ;
une partie de la population a été stigmatisée par nos gouvernants au motif d’aller à l’encontre de la doxa dominante ;
des discriminations au sein de la population d’autres Etats Membres de l’Union Européenne sans que nos gouvernants jugent bon de les dénoncer ;
des discriminations du fait du statut vaccinal sont en train de se mettre en place dans notre pays ;
le personnel soignant a été applaudi au plus fort de la crise et stigmatisé 18 mois après au motif de faire valoir leur droit de disposer de leur corps ;
les services de psychiatrie des hôpitaux ont sonné la sonnette d’alarme quant à l’impact des mesures gouvernementales sur la santé mentale ;
des traitements qui ont fait leur preuve contre le COVID (Ivermectine, Arthémisa Annua, etc) se sont vus interdits de tout relais médiatique et de toute utilisation en ambulatoire ;
la dette de l’état se creuser toujours plus sans qu’aucune mesure forte n’ait été prise depuis 18 mois pour reconstruire l’organisation des soins de santé ;
la dette colossale qui repose sur les générations futures et qui hypothèque encore un peu plus l’avenir déjà incertain de nos enfants ;
notre gouvernement s’est mis à diviser sa population en bons et les mauvais citoyens en fonction de leur statut vaccinal ;
notre gouvernement s’est réservé le droit d’imposer aux citoyens, en cas de pandémie, le port de bracelet électronique permettant de surveiller leurs déplacements en temps réel comme de vulgaires prisonniers de droit commun ;
notre ministre de la Santé qui se sent au-dessus des lois et se dit « pas impressionné » de la condamnation par la Tribunal de 1ère instance de la Belgique du fait de l’illégalité des mesures gouvernementales Covid-19 et que les membres du gouvernement n’estiment pas utile de recadrer ;
les pirouettes de nos gouvernements qui dans un premier temps déclaraient s’opposer à toute obligation vaccinale et aujourd’hui retourner leur veste en imposant une obligation vaccinale déguisée ;
nos gouvernants se sont engouffrés dans une politique de vaccination de masse pour un produit toujours en phase expérimentale, et sur lequel aucun recul suffisant n’existe, ni analyse individuelle de la balance risques/bénéfices alors que cette injection n’empêche pas la transmission et que des alternatives de soins existent aujourd’hui ;
un monde politique complètement en marge des réalités des citoyens.
Désormais, je constate que nos enfants sont devenus la cible privilégiée de cette expérimentation à grande échelle. Ils subissent une immense pression politique et sociale pour se faire injecter cette substance expérimentale et être victime de discrimination alors que le droit européen s’y oppose expressément.
Aujourd’hui,
je suis terrifiée pour l’avenir de nos enfants ;
j’ai honte de la manière avec laquelle nos vieux sont traités ;
je crains pour le maintien de nos fondements démocratiques ;
j’ai perdu toute confiance dans le monde politique belge.
Le mouvement réformateur, en s’associant à ce gouvernement fédéral, est responsable de l’avènement d’une société qui va à l’encontre du fondement même de nos démocraties. Vous comprendrez donc qu’il m’est impossible de pouvoir porter plus longtemps les couleurs d’un parti qui participe et reste muet face à toutes ces exactions.
Je me rangerai demain, je l’espère, au côté de femmes et d’hommes qui seront soucieux de restaurer nos droits et libertés, qui s’attaqueront aux véritables enjeux de demain, et qui, avant de prendre des décisions, auront à l’esprit les intérêts des 7 prochaines générations et non pas leurs intérêts personnels immédiats.
Depuis quelque temps, la plupart des médias « mainstream » se sont remplis d’une fonction purificatoire : distinguer le faux du vrai. Les fact-checkers, autoproclamés, épinglent les informations incorrectes et leurs auteurs impropres. Une inquisition qui, observée à la loupe, présente bien des lacunes… et bien des dangers.
Dans cet article, nous abordons 7 problèmes soulevés par le « fact-checking », lorsque celui-ci est pratiqué de manière simpliste, partiale ou manipulatoire.
Au sommaire :
Le fact-checking frugal : l’inconsistance dans la citation des sources
Le fact-checking émotionnel : annoncer la raison et brandir l’émotion
Le fact-checking unilatéral : la fin de la dialectique
Le fact-checking diffamatoire : la mise à mort des rebouteux
Le fact-checking autocontradictoire : la vérité, quand ça nous arrange
Le fact-checking sans appel : le dossier est bouclé !
Le fact-checking dramatique : bienvenue dans le triangle de Karpman !
Le mouvement du fact-checking, ou « journalisme de vérification », ne date pas d’hier. Il a démarré aux États-Unis où il prend ses racines il y a près de 100 ans[note], mais, depuis quelques années, il tend à se généraliser dans la presse belge et française. Il a pris une dimension très investie durant la crise sanitaire.
Certains voient ce phénomène comme une réponse à un besoin d’éclairer la grande quantité d’informations fausses ou de rumeurs, qui circulent notamment sur les médias sociaux. D’autres y trouvent une occasion de redonner au journalisme son blason, dans une période où la note de crédibilité de la presse traditionnelle est en chute dans l’opinion[note].
Un paradoxe se dessine toutefois. « Le fact-checking se voit reprocher, par une partie des citoyens, sa prétention à dire le vrai, critique de plus en plus commune à l’endroit des médias en général », souligne avec lucidité Cédric Mathiot, journaliste responsable de la rubrique Désintox chez Libération[note].
D’un autre côté, il semble que le fact-checking produise ses effets. Une étude menée en 2019 par des chercheurs américains indique que le fact-checking influence significativement les opinions politiques, même si les lecteurs y seront plus ou moins perméables en fonction de leurs croyances et de leurs connaissances[note].
Bien sûr, le fact-checking est parfois salutaire
Avant de plonger dans les dérives du fact-checking, tel qu’il est parfois utilisé aujourd’hui, je désire rendre honneur aux principes de vérification de l’information et de recoupement des sources, qui sont les piliers d’un journalisme de qualité, garant d’une démocratie où les citoyens peuvent effectuer des choix éclairés.
Par exemple, les réseaux sociaux sont inondés de citations prétendument attribuées à des personnalités charismatiques telles que Steve Jobs ou Gandhi, mais que ces derniers n’ont, en fait, jamais prononcées. Albert Einstein aurait de quoi se retourner vingt fois dans sa tombe s’il savait comme son intelligence est régulièrement instrumentalisée pour augmenter l’impact des messages qu’on a envie de faire passer[note].
« Si les abeilles disparaissaient de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre » … cette phrase souvent attribuée à Albert Einstein ne figure dans aucune archive[note].
À d’autres moments, ce sont des hommes ou des femmes politiques à qui on attribue des propos qu’ils n’ont jamais émis. Tous les camps politiques sont potentiellement concernés, sans que soit épargné le Président Emmanuel Macron lui-même[note].
Dans certains cas, les rumeurs peuvent provenir de médias, qui ont véhiculé trop vite des informations non fondées, dont la vérification s’avère profitable à tout le monde[note]. La course à l’information et à l’audience conduit parfois à des faux pas.
Donc oui, bien sûr que la vérification de la véracité des informations constitue un socle important sans lequel tout raisonnement ou toute décision perdrait sa consistance.
Le fact-checking convient, en ce sens, tout particulièrement à des informations simples, concrètes et 100% vérifiables.
Du genre :
Certaines compagnies aériennes interdisent-elles les vaccinés ?[note]
45.000 églises sont-elles menacées de démolition ?[note]
Est-il vrai que 10.000 nouveaux policiers ont été recrutés en France ?[note]
Là où les choses se compliquent, c’est lorsque les journalistes prétendent séparer le faux du vrai sur des questions plus complexes, sujettes à la nuance, à la critique des données sources ou au prisme des opinions.
Le fact-checking frugal
Il est assez saisissant de constater que de nombreux articles de fact-checking publiés dans les médias de masse manquent de consistance sur le plan de la citation des sources.
Prenez cet article publié par RTL[note]. Les seuls liens qu’il contient renvoient vers d’autres billets de la chaîne. Pas une seule source scientifique n’est livrée. Tout au plus une référence à l’OMS, dont on dit qu’elle déconseille la prescription de l’ivermectine, sans préciser que cette position est provisoire, « en attendant que plus de données soient disponibles »[note].
Dans cet article daté du 16 juillet 2021, la chaîne de télévision RTL balaye une option médicale d’un revers de la main… sans faire référence à la moindre étude scientifique, là où il en existe des dizaines.
Certains fact-checkers feront le même travail avec tout de même un peu plus de consistance, par exemple au travers de cet article signé par les décodeurs du Monde et daté du 13 avril 2021[note]. A-t-on pour autant répondu de manière fiable à la question de l’efficacité de l’ivermectine ?
Ce n’est pas ce que pense l’auteur d’un article très sourcé, publié le 15 avril 2021 sur Mediapart[note], lequel déploie une robuste critique du prétendu fact-checking des décodeurs du Monde. L’article évoque tour à tour de multiples essais cliniques, des méta-analyses, des revues systématiques, des études épidémiologiques, des analyses bénéfices-risques, des bases légales, et il annexe une bibliographie de 33 articles peer-to-peer.
Entre-temps, en juillet 2021, d’autres études et méta-analyses sur l’ivermectine continuent de sortir. En tout cas bien plus de références scientifiques que les deux ou trois études mentionnées par Le Monde lorsqu’il prétend résumer la question « Sur quoi s’appuient-ils pour défendre l’ivermectine ? ». Parler de fact-checking frugal ne me semble pas exagéré.
Notez la rhétorique très émotionnelle de l’article du Monde, qui utilise des mots clairement susceptibles de discréditer la démarche des scientifiques qui étudient les alternatives thérapeutiques au vaccin : « traitement miracle », « mirage thérapeutique »… voilà comment la solution est présentée d’emblée. Dès le titre, on bascule dans l’émotionnel, de manière assez paradoxale pour un fact-checking.
De plus, la question de départ reste souvent insuffisante pour appréhender la complexité de la réalité. Dans le cas qui nous occupe, la question n’est pas uniquement « Est-ce que l’ivermectine est efficace ? », ce qui induit une attente de réponse simpliste en « oui » ou « non ». Mais dans quelles conditions, dans quelles proportions, avec quels autres médicaments et dans quel timing l’ivermectine est-elle efficace ? C’est en ces termes que des scientifiques tels que Didier Raoult ou Peter Mc Cullough abordent la réflexion.
Le Professeur Mc Cullough, invité ici à l’IHU Marseille, explique en détail le protocole médical qu’il estime efficace. Les médicaments ne sont pas perçus comme des pilules miracles, mais ils sont intégrés ici à tout un workflow médical[note].
On en revient à la source du problème : peut-on se permettre de fact-checker, en un article tranché, des questions complexes qui font l’objet d’une myriade d’études, de paramètres et de points de vue ?
Paradoxalement, c’est parfois dans les médias alternatifs, souvent traités de « repères de complotistes » que vous retrouverez les bonnes pratiques du journalisme scientifique et de la citation des sources. Des plateformes telles que RéinfoCovid concluent régulièrement leurs articles par des références bibliographiques, comme dans cet article sur les méthodes de calcul de l’efficacité des vaccins, pour ne citer qu’un exemple[note].
La critique de la fébrilité du fact-checking n’est pas réservée aux médias alternatifs ni aux personnes engagées dans l’associatif, ce sont les scientifiques eux-mêmes qui parfois montent au créneau pour dénoncer les fragiles raisonnements de certains journalistes.
Par exemple, en juin 2021, des scientifiques américains ont adressé une critique aux médias fact-checkers sous la forme d’un article portant sur les premiers résultats d’analyse des décès rapportés dans le système de pharmacovigilance des USA, nommé VAERS[note].
Vous trouverez la traduction en français de cet article sur le site de RéinfoCovid[note]. Les chercheurs dénoncent notamment des omissions conséquentes, comme le fait que les fact-checkers s’abstiennent de préciser que les décès post-vaccinaux des bases de pharmacovigilance n’ont pas été décorrélés ni déclarés non imputables au vaccin. En conséquence ils le sont peut-être !
L’article conclut : « Quoi qu’il en soit, nous pensons que les vérificateurs de faits devraient être traités avec le même degré de scepticisme et de méfiance qu’ils nous recommandent d’employer lorsque nous lisons les sources qu’ils réfutent si fortement. »
Le fact-checking émotionnel
La légèreté avec laquelle certaines informations sont balayées par les médias classiques est tout à fait interpellante. Prenez cet article paru dans Le Nouvel Obs. Il annonce une actualité de taille : une méta analyse scientifique, fondée sur 18 essais randomisés, qui conclut à une efficacité de l’ivermectine dans la diminution de la mortalité face à la COVID-19 et dans l’accélération de la guérison des personnes atteintes.
Observez le scepticisme avec lequel l’étude de l’American Journal of Therapeutics est accueillie par l’Obs. Un scepticisme a priori, absolument pas étayé sur le plan factuel.
Après avoir traité l’ivermectine de « traitement miracle » (terme qui n’est pas revendiqué dans la littérature scientifique dont il est question), le journal multiplie les expressions du scepticisme et du doute. Un amalgame est effectué, ensuite, avec les personnalités et les thèmes les plus polémiques : Didier Raoult, Donald Trump, Bolsonaro, l’hydroxychloroquine. Alors que ces éléments n’ont strictement aucun rapport avec le sujet de l’étude.
Le lien vers l’étude elle-même est… erroné ! J’ai effectué une recherche pour le récupérer[note]. Les références sur lesquelles s’appuie l’étude ne sont absolument pas communiquées. Et ni son contenu ni sa méthodologie ne sont analysés.
La méfiance avec laquelle l’étude est accueillie n’est pas davantage étayée. Aucune mention n’est faite d’une contre-analyse ni d’experts qui se seraient exprimés à contre-courant des conclusions de ce récent rapport en provenance des États-Unis.
Après avoir semé le doute sur l’espoir que constituent ces recherches, le journaliste conclut en évoquant « les pires effets secondaires » que peut générer l’ivermectine, histoire d’ajouter la peur au doute.
De fact-checking, il n’est nullement question. Une ligne pour annoncer l’étude et cinquante lignes pour la discréditer. Aucun détail sur le profil des chercheurs, la méthodologie, l’échantillon et les conclusions.
D’autres études ont été publiées entre-temps, aux États-Unis[note] et en France à l’Institut Pasteur[note]. Mais ces études sont systématiquement dépréciées[note] par les médias « mainstream », qui se concentrent sur l’apologie du vaccin.
Le fact-checking unilatéral
Les médias traditionnels chantent à l’unisson. Et le fact-checking est une voie à sens unique. Systématiquement, les recadrages ramènent à la position officielle : pro-vaccins, pro-masques, pro-confinement. Les seuls moments où des problèmes sont remontés, c’est pour en pointer le caractère exceptionnel[note]. De manière tout aussi systématique, les alternatives au vaccin sont minimisées, comme nous l’avons vu précédemment.
Plutôt que de permettre au lecteur de forger sa vérité au départ d’un débat contradictoire, qui existe, de fait, les fact-checkers prennent parti. Le « vrai ou fake » signe la mort de la dialectique et du questionnement socratique. Nous ne sommes plus dans une science qui recherche, mais dans une science qui sait, ou prétend savoir indubitablement. Il y a les bons scientifiques, et les mauvais, ceux qui sont sur la liste noire parce qu’ils n’adhèrent pas au consensus.
C’est ainsi que des prix Nobel ou des chercheurs attitrés et expérimentés peuvent se retrouver, du jour au lendemain, au rayon des savants fous, des cerveaux en déchéance ou des scientifiques guidés par leur égo, dès lors qu’ils ne collent plus à la ligne de pensée officielle.
La liste des savants qui sont devenus fous en 2020 et en 2021 (NDLR : c’est de l’ironie) ne fait qu’augmenter. J’avais d’ailleurs réalisé un poster avec une première sélection :
J’ai conçu ce poster en clin d’œil. Une étude factuelle démontrerait rapidement que des dizaines de profils extrêmement brillants ont fait l’objet d’un véritable déchaînement de la part des médias dominants. Tapez leur nom dans un moteur de recherche et savourez toute la créativité que certains journalistes déploient pour pratiquer la langue du serpent et mordre la réputation de courageuses et brillantes personnalités.
Ci-dessous, un prix Nobel de médecine est barré au bic rouge par les journalistes de l’AFP[note].
L’effet émotionnel de ce type de processus qui consiste à rayer une personne (au sens propre, dans ce cas-ci) plutôt que de rayer un propos précis, laisse évidemment des traces sur la réputation de cette personne. Les plus critiques d’entre nous se demanderont si ce n’est pas justement l’objectif poursuivi par les « chiens de garde »[note] de la pensée dominante : discréditer ceux-là mêmes qui ont été encensés, dès le moment où leur discours s’écarte du consensus.
Notez la faible consistance de l’argumentation : « Les virologues et épidémiologistes interrogés par l’AFP récusent toutefois unanimement cette thèse ». Les experts en question ne sont pas cités de manière précise. Il est précisé que ce sont les experts que l’AFP a décidé d’interroger. Heureusement, car s’ils avaient interrogé, sur le même sujet, d’autres experts, comme Didier Raoult ou Kaarle Parikka[note], il y a fort à parier que ladite unanimité serait égratignée.
Ci-dessous, bien alignée à l’AFP, la RTBF[note] recadre notre prix Nobel avec plus de douceur : un logo « Faky », tout en arrondi, vient accompagner une photo gentiment choisie pour ne surtout pas mettre en valeur le Professeur Luc Montagnier.
Pour être certaine que nous avons bien compris, la RTBF ajoutera un sous-titre sur « Les errements du professeur Montagnier » ainsi qu’un autre intitulé « Un prix Nobel, pas une source de vérité absolue »… étant entendu que la Vérité absolue, vous la trouverez dans la rubrique « Faky Fact Checking » de votre télévision nationale.
Tout aussi symptomatique : le lien vers la vidéo YouTube, qui n’est plus disponible. Logique, en période de censure, il devient difficile de faire référence à des acteurs divergents, ne serait-ce que pour les discréditer.
La RTBF fait référence à une vidéo YouTube, qui entre-temps, a été censurée. Il devient difficile de fact-checker, dans certains cas, car la censure agit en amont.
Nous ne sommes plus à l’ère du débat. Le journaliste ne se positionne pas comme l’animateur d’une diversité d’opinion. Il prend position. Et par la même, il sous-entend qu’il existe une position correcte, et que toutes les autres doivent être écartées.
Bernardo Gui, le grand inquisiteur dans « Le Nom de la Rose ». L’enquête détaillée de Frère Guillaume (joué par Sean Connery) ne change rien au verdict : la rhétorique de l’autorité l’emporte.
Je n’ai pas forcément une opinion arrêtée sur les thèmes que nous avons évoqués (l’efficacité de l’ivermectine, le nombre de morts attribués au vaccin, l’origine des variants), mais j’ai, en revanche, la grande frustration de ne pas pouvoir assister à un véritable débat démocratique, ouvert et respectueux entre des scientifiques qui ont des points de vue, des informations et des sensibilités différentes.
Aurait-on découvert quoi que ce soit d’intéressant en science si nous n’avions jamais accepté un point de vue décalé ? La relativité, la physique quantique et l’électricité auraient-elles pu émerger si des fact-checkers attendaient Albert Einstein, Max Planck et Thomas Edison au tournant de toute hypothèse non consensuelle ?
Le fact-checking diffamatoire
De plus en plus souvent, le fact-checking se détourne de sa vocation originale. Plutôt que de porter sur la vérification d’un fait, il se mobilise autour de la réputation d’une personne.
Prenons cet exemple extrait de la rubrique « Vrai ou fake » sur le site de France Info :
Prise d’écran de la rubrique « Vrai ou fake » du site France Info – 24 juillet 2021.
Titre de l’article : « Vrai ou fake : Didier Raoult, le parcours d’un scientifique décrié »[note]
Que vérifie-t-on exactement ? C’est totalement flou.
Le titre n’émet aucune proposition claire susceptible d’être vérifiée. Vérifie-t-on certains éléments du parcours scientifique de Didier Raoult ? Vérifie-t-on le fait qu’il soit décrié ? L’article de France Info revêt les allures d’un fact-checking, qui n’énonce pas sa thèse, la vérité à vérifier.
Au final, le lecteur peut sous-entendre que ce qui est vérifié, c’est la légitimité de la personne elle-même : Didier Raoult est-il… vrai ou fake ? Ou que faut-il retenir du parcours de Didier Raoult ?
L’article tient ensuite en 214 mots… 214 mots qui sont censés résumer ce qu’il est légitime de penser à propos du Professeur Didier Raoult. La vidéo de 2 minutes s’apparente à un montage qui met en scène un personnage égocentrique et rempli d’excès de confiance. Ce montage est très « émotionnel » pour un article dédié au fact-checking. Il serait très facile, au départ des dizaines de vidéos de Didier Raoult, de réaliser un montage qui, à l’inverse, démontrerait toute la nuance et toute la sagesse dont est capable ce même personnage[note].
Un intertitre résume ensuite, en 7 mots, le parcours du scientifique : « D’idole des Français à scientifique rejeté ». Aucune de ces deux assertions (« idole des Français » et « scientifique rejeté ») n’est étayée par des faits.
Une analyse plus fouillée permettrait de rapidement vérifier que ces deux assertions sont des simplifications totalement abusives. D’une part, une partie des Français ne considèrent absolument pas Didier Raoult comme une idole, et même ceux et celles qui le suivent ou lui accordent du crédit, ne sont pas pour autant obligés de sombrer dans l’idolâtrie. D’autre part, plusieurs scientifiques éminents continuent de soutenir les propos de Didier Raoult, qui n’est donc pas rejeté en bloc par la communauté scientifique. Nous ne sommes pas dans une réalité en noir et blanc, mais dans un débat scientifique beaucoup plus nuancé, n’en déplaise à ceux et celles qui aiment se reposer sur une vérité bien tranchée.
Du point de vue du storytelling, nous assistons ici à ce que j’appelle « le narratif de la déchéance » ou du « savant devenu fou », que l’on retrouvera appliqué à d’autres scientifiques, comme Christian Perronne, Alexandra Henrion ou Luc Montagnier, chaque fois que ceux-ci présentent, à la base, un parcours tellement crédible et consistant qu’il est nécessaire de les discréditer sur un autre plan.
Observons, dans cet article qui brandit l’étendard du « vrai ou fake », une grande inconsistance en matière de citation des sources : un seul lien est proposé… vers un article consacré à l’enquête dont Didier Raoult fait l’objet à l’Université d’Aix-Marseille. Donc, le fact-checker a choisi de s’appuyer sur… une enquête en cours.
Aucun lien n’est proposé vers :
Le curriculum vitae de Didier Raoult[note]
Le livre très détaillé que Didier Raoult a publié précisément pour se défendre des manipulations médiatiques dont il prétend faire l’objet[note]
La chaîne vidéo officielle de l’IHU Marseille (qui compte près d’un demi-million d’abonnés et des heures de réflexion scientifique)[note]
Les scientifiques français ou étrangers qui continuent d’accorder tout leur soutien à Didier Raoult
Les raisons pour lesquelles l’équipe de Didier Raoult continue de défendre l’idée d’étudier les effets de l’hydroxychloroquine administrée dans des conditions de timing et d’association médicamenteuse bien spécifiées[note]
Les nombreux autres sujets sur lesquels Didier Raoult partage ses travaux ou ses réflexions
Très avare en faits objectifs, cet article est, en revanche, inondé de vocabulaire émotionnel : « décrié », « miracle » (x2), « idole » (x2), « rejeté » (x2), « fans », « une telle assurance », « très controversé ». On navigue dans l’affectif.
En résumé, ce « vrai ou fake » :
démarre sans identifier un fait précis à vérifier ;
s’appuie sur peu d’éléments factuels ;
contient zéro référence vers le principal concerné ;
est inondé de sémantique émotionnelle ;
véhicule une image négative de la personne, sans contrepoids.
En arrière-fond, la démarche est très insidieuse : le fact-checking est instrumentalisé pour atteindre à la réputation d’une personne. Le lecteur trop docile ou peu disponible conclura très facilement que… Didier Raoult n’est pas (ou plus) une personne à qui on peut faire confiance. Bienvenue dans l’ère du « People-checking ».
C’est d’autant plus insidieux qu’une même personne peut tantôt avoir raison et tantôt se tromper, ou simplement voir les choses sous un autre angle. Ce glissement de la vérification des faits à la vérification de la légitimité d’une personne en bloc constitue, selon moi, un véritable dérapage de l’intégrité journalistique.
À partir du moment où on glisse du QUOI au QUI, à partir du moment où les fact-checkers confondent le rôle de vérifier « ce qui est vrai » avec la mission de désigner « qui dit le vrai », à partir du moment où ce rôle est investi de manière émotionnelle et non plus factuelle, il n’est pas exagéré de parler d’inquisition éditoriale.
À d’autres endroits du site France Info, le discrédit s’opère de manière plus diffuse. Comme sur la page d’accueil de la rubrique « Vrai ou fake », où l’on atterrit sur une photo, représentant un manifestant anti-vaccin, qui brandit un panneau de fortune où traînent des fautes d’orthographe.
Prise d’écran de la rubrique « Vrai ou fake » du site franceinfo – 24 juillet 2021. Le choix de l’image (une pancarte improvisée avec un message au français approximatif) vise délibérément à discréditer l’opposition.
Il va de soi que le choix de cette photo n’est pas neutre et tend à saboter la crédibilité des manifestations contre l’obligation vaccinale. Une photo d’un avocat qui s’exprime face à une foule de milliers de personnes correspondrait tout autant à des éléments de réalité et véhiculerait une tout autre image des opposants à la vaccination.
Dans cet exemple, le discrédit ne porte pas sur une personne précise, mais sur un groupe de personnes ou sur un point de vue. On retrouve cette même ambivalence dont j’ai parlé plus haut : le fact-checking brandit la légitimité d’une vérification factuelle, mais dérive ici dans des choix de communication très émotionnels.
Le fact-checking autocontradictoire
Dans certains cas, les médias fact-checkers se contredisent au regard de ce qu’ils ont eux-mêmes précédemment publié.
Prenons l’exemple du journal Le Monde qui, le 29 juin 2021, épingle comme « non fondé » le fait que les vaccins anti-COVID favorisent des AVC (accidents vasculaires cérébraux)[note]. Une affirmation en contradiction avec leur propre article publié le 26 mars 2021 dans lequel ils écrivaient que l’Agence nationale de sécurité du médicament confirmait un risque de thromboses, notamment des thromboses cérébrales, associées au vaccin[note].
L’association reinfocovid.fr épingle cet exemple et rappelle que plusieurs autres sources attestent du risque de thrombose, même si ce dernier reste peu fréquent[note].
Extrait de la rubrique « Les décodeurs » du journal Le Monde – prise d’écran datée du 24 juillet 2021.
Ci-dessus, les décodeurs soulignent comme « infondé » le lien entre le vaccin et les AVC. Plus bas, il est stipulé qu’aucun AVC n’a été enregistré par l’ANSM, en lien avec le vaccin. Pourtant, trois mois plus tôt, ce risque avait déjà été identifié… par les mêmes sources !
Dans une lettre aux professionnels de santé de mars 2021, précise RéinfoCovid, l’ANSM signale une association entre des thromboses des sinus veineux cérébraux et le vaccin AstraZeneca[note]. Le Vidal signale également des thromboses cérébrales post-vaccinales dans son article du 18 mai 2021 « effets thrombotiques des vaccins Astrazeneca et Janssen : quelles prises en charge ? »[note].
La contradiction est telle que Réinfocovid s’en vient à se demander si les journalistes sont au courant que les thromboses cérébrales sont, de fait, des accidents vasculaires cérébraux généralement abrégés en « AVC ».
Certes, tout le monde s’accorde pour préciser que le risque de thrombose reste très faible, mais il n’est pas inexistant. Tel est le grand danger des approches binaires en « vrai ou fake » : elles amènent à gommer les nuances et à prendre des libertés par rapport à la réalité. Si l’on prend le décodage du Monde mot à mot, il est irrémédiablement faux au regard des mêmes sources.
La réalité que dépeint RéinfoCovid pourra sembler plus juste à certains : le 12 mars 2021, la France comme 12 autres pays suspendait la vaccination par le vaccin AstraZeneca suite à l’enregistrement par l’Agence Européenne du Médicament de 30 cas de thromboses (au 10 mars 2021) dans le cadre de la pharmacovigilance suite à l’administration de ce vaccin. Un lien possible entre les thromboses et ledit vaccin est reconnu le 16 mars par l’ANSM. Néanmoins, la vaccination reprend en France le 19 mars avec la bénédiction de la HAS (Haute Autorité de Santé); le vaccin étant désormais réservé aux plus de 55 ans.
Les anti-vaccins sont régulièrement taxés de « rassuristes » ou de « covidosceptiques », sous prétexte qu’ils minimiseraient le danger lié à la COVID-19. Mais, à l’autre bout, les gouvernements et les médias ont une communication qui minimise systématiquement le danger des vaccins. Mon propos n’est pas de me positionner, mais d’éclairer le fait que la communication des uns et des autres n’est pas neutre. À la différence près que les fact-checkers revendiquent être détenteurs de l’objectivité.
Le fact-checking sans appel
En général, le fact-checking a pour ambition de trancher une question et, ensuite, de clôturer le dossier. On est bien dans une dynamique de « Ceci est faux, on n’en parle plus » ou « Cette personne délire, arrêtez de l’écouter ».
C’est ainsi que l’article de RTL déjà évoqué[note] se permet de trancher que les études sur l’ivermectine ne sont pas concluantes et que l’OMS déconseille sa prescription, alors même que, durant le mois précédent la sortie de l’article, les recherches se sont poursuivies avec intensité et de nouvelles études ont encore émergé.
Non content d’insister sur le fait qu’il n’existe aucune évidence (probablement un anglicisme venant d’une traduction maladroite de l’anglais) de l’efficacité de l’ivermectine, le journaliste conclut à la massue qu’il n’y a même pas « un quelconque bénéfice à espérer ».
Et comme le fact-checking s’accompagne volontiers d’une dose de moquerie et de dédain, il est rappelé que le traitement ne s’est avéré efficace que « sur 18 hamsters dorés ». Visiblement, le journaliste n’est pas au courant des nombreuses études beaucoup plus récentes sur l’ivermectine. Et il enterre le débat comme on enfouirait à six pieds sous terre une personne encore vivante, en ayant oublié de vérifier si son cœur bat, ou pire, en désirant ne pas l’entendre, ce cœur du divergent.
Le fact-checking dramatique
Dans cette dernière partie de l’article, j’utilise le terme « dramatique » en référence à un modèle très utilisé en psychologie : le triangle de Karpman. Car je suis convaincu que ce qui pose fondamentalement problème dans le fact-checking, au-delà de l’aspect épistémologique, c’est la posture psychologique.
Stephen Karpman est un médecin psychiatre, adepte de l’analyse transactionnelle, qui a mis au point un modèle susceptible d’expliquer des « jeux psychologiques » qui entraîne une relation « dramatique »[note].
Il distingue trois « rôles » que nous avons parfois tendance à revêtir et qui vont générer des relations déséquilibrées et douloureuses. Ces trois rôles alternent et jouent dans tous les sens : le sauveur, la victime et le persécuteur.
Où se situe le fact-checker dans le triangle de Karpman ?
Décodage : le fact-checker perçoit que le pauvre citoyen (VICTIME) est confronté à la désinformation. Il endosse son rôle de redresseur de la vérité (SAUVEUR) et, pour se faire, est prêt à devenir le grand dénonciateur (PERSÉCUTEUR) de l’auteur de cette désinformation. La personne concernée risque, à son tour, de se sentir agressée ou mal comprise (VICTIME). Elle pourrait avoir envie de réagir (PERSÉCUTEUR) en fact-checkant le fact-checkeur. La situation risque de se polariser et le citoyen pourra se sentir inconfortable (VICTIME) entre ces sources d’information qui disent tout et son contraire. Pour se stabiliser, il sera possiblement tenté de prendre parti, pour l’un et contre l’autre (PERSÉCUTEUR). Etc.
Vous sentez bien que ce type de relation engendre de la tension et de la disharmonie.
En analyse transactionnelle, on présente souvent aussi un autre modèle, celui d’Eric Berne, qui induit 4 positions relationnelles, en fonction du rapport à soi et du rapport à l’autre[note] :
Toi OK, moi OK (c’est la position recommandée, assertive et ouverte)
Toi OK, moi pas OK (c’est une position soumise)
Toi pas OK, moi OK (c’est la position du persécuteur)
Toi pas OK, moi pas OK (c’est une position cynique où rien n’est bon)
Où se situe le fact-checker dans ce modèle d’Eric Berne ?
Par définition, le fact-checker se situe dans la zone « Moi OK, toi pas OK ». Autrement dit : je suis investi de la mission de dire le Vrai dans un monde où certains ont tout Faux. Cela implique, psychologiquement, que je me place au-dessus des autres.
Pas besoin de vous faire une photo : cette posture nous conduit tout droit à des relations dramatiques.
En conclusion
Tout comme on entre dans le triangle de Karpman « en voulant bien faire », le fact-checking part d’un bon sentiment, le goût de la vérité, mais se heurte très vite à des dérapages.
Parmi les problèmes rencontrés :
Le fact-checking frugal, qui ne repose pas lui-même sur des sources ni des raisonnements très consistants.
Le fact-checking partial, qui n’éclaire que les faits qui rentrent dans la lorgnette admise et n’interrogent que les experts d’un bord.
Le fact-checking émotionnel, qui s’emporte en inquisition jusqu’à en oublier sa vocation factuelle.
Le fact-checking diffamatoire, qui ne vérifie plus la véracité d’une information, mais s’en prend à la légitimité d’une personne.
Le fact-checking binaire et définitif, qui choisit le noir ou le blanc dans un monde en 50 nuances de gris.
Le fact-checking mal périmétré, lorsqu’on ne sait plus, finalement, ce qu’on vérifie.
Quelle hauteur fait la tour Eiffel ? Combien de calories contient un kilo de riz blanc ? Est-ce que le Président Macron a vraiment prononcé cette phrase lors de son allocution présidentielle ? La réponse à ces questions sera sans équivoque et il sera possible de les fact-checker efficacement.
L’ivermectine est-elle efficace ? Combien de morts sont imputables à la COVID-19 et combien sont imputables aux vaccins ? Quelle est l’origine du virus ? Qu’est-ce qui crée de nouveaux variants ? Nous rentrons ici dans un terrain en nuances et en mouvement, où la vérité des uns ne sera pas la vérité des autres, même parmi les scientifiques.
Et lorsque plusieurs vérités se font face, nous avons le choix entre les faire cohabiter dans une dialectique ouverte (Moi OK, Toi OK), qui va peut-être permettre de nous enrichir et de nous ajuster, ou bien nous désirons imposer une voix dominante (Moi OK, Toi pas OK). Dans ce cas, nous sommes responsables de créer la polarisation entre ceux qui ont raison et ceux qui ont tort (mais continueront de penser, hors de votre vue, qu’ils ont raison).
Le fact-checking a parfois été présenté comme un instrument de démocratie, sur base du fait que le citoyen a le droit d’être informé de manière fiable. En réalité, il devient parfois un outil permettant d’imposer le point de vue officiel, dominant ou consensuel, aux dépens d’une minorité qui pense différemment. On voit bien alors que, quelle que soit la qualité de son expérience ou de son argumentation, la minorité en revient à être discréditée, mise au ban. Dans un tel scénario, le fact-checking devient, ni plus ni moins, un instrument du totalitarisme.
Néosanté partage dans sa dernière newsletter une interview essentielle à lire d’Ariane Bilheran, docteure en psychopathologie. Pour elle, nous ne sommes pas en dictature, mais bien en période totalitaire qui marque un « “changement de paradigme politique”, inattendu pour la majorité de la population. Ce changement est tout aussi violent qu’il a été soigneusement et cyniquement préparé par une petite ploutocratie mondiale sans scrupule ». Il est temps d’agir, vite.
Extrait:
« On peut se demander si cette « guerre » contre le virus, annoncée par le président Macron, n’est pas devenue, à coups d’effondrement, une guerre psychologique vis-à-vis des peuples. Marion Bonny, ancienne femme médecin militaire formée aux maladies infectieuses et à la prise en charge de catastrophes sanitaires a même déposé une plainte à la Cour pénale internationale pour génocide économique, social, culturel[i]… Vous avez une spécialisation dans l’analyse de l’art de la manipulation et les pathologies du pouvoir. Pouvez-vous nous présenter votre parcours et la façon dont vos études vous permettent de décrypter cette actualité ? »
Ariane Bilheran : J’ai depuis toujours été plongée dans des environnements d’abus de pouvoir, ce qui m’a menée dès l’adolescence à penser les dérives du pouvoir (…)
Nous tenons par la présente à attirer votre attention sur un problème qui mérite d’être abordé avec rigueur, dans le respect des droits de l’enfant et des principes éthiques fondamentaux.
Il s’agit de la campagne actuellement en cours visant à convaincre les enfants et leurs parents de l’intérêt pour la société et pour eux-mêmes de la vaccination contre la COVID-19.
La « communication » officielle sur les bienfaits de cette vaccination est, selon notre analyse, confortée par celle de nombreuses personnalités indépendantes[note], à la fois incorrecte, voire mensongère, et manipulatrice. Elle vise à contraindre à la vaccination pour des motivations qui n’ont rien à voir avec la santé et le bien-être des enfants.
Il est inacceptable et même scandaleux que cette communication officielle ne dise rien sur les potentiels effets dits secondaires de cette vaccination, effets secondaires pourtant répertoriés dans le cadre de la pharmacovigilance. Aussi bien le VAERS aux États-Unis que son homologue européen, Eurovigilance, ont répertorié chez les personnes vaccinées des myocardites (inflammation du muscle cardiaque), des thromboses et des embolies, divers troubles neurologiques, et même des maladies auto-immunes.
Que ces effets secondaires ne se manifestent que rarement ne justifie pas qu’on fasse l’impasse sur leur possible occurrence. A contrario, l’invitation officielle à se faire vacciner admet que le risque de développer des formes sévères de COVID-19 est faible pour les enfants. Il serait plus correct de préciser que ce risque est, en tout cas, inférieur à celui encouru du fait de la vaccination. Le CDC (Center of Disease Control), Centre de contrôle des maladies, organisme de veille épidémiologique aux États-Unis, a estimé le risque lié à la vaccination chez les jeunes de moins de 25 ans : il est de 50 cas de cardiopathie pour 100 000 contre 15 cas de forme sérieuse de la COVID-19 pour 100 000. Le risque vaccinal est donc plus de trois fois supérieur à celui encouru face à la COVID-19[note]. Tout aussi significative et interpellant est la situation en termes d’hospitalisation et de mortalité. Toujours selon le CDC, les données cumulées de février 2020 à mai 2021 sont les suivantes : pour les jeunes de 0 à 17 ans, sur 100 personnes, le risque d’hospitalisation est de 0,29 et le risque de décès de 0,00. Où est l’objectivité quand on prétend qu’un risque est faible alors qu’il est proche de 0 et que d’autre part on tait un risque nettement plus élevé lié à la vaccination ?
Ce qui précède n’inclut forcément pas les effets à long terme qui ne sont susceptibles de se manifester qu’après de longs mois, voire de nombreuses années. L’expérience vécue avec le vaccin Dengvaxia contre la dengue, produit par Sanofi-Pasteur, montre bien l’importance de faire preuve de circonspection. Un mécanisme, mis en évidence en 1977[note], appelé « infection facilitée par les anticorps », au cours duquel les anticorps aident le virus au lieu de l’inactiver, a entraîné la mort de 600 enfants sur les 800 000 vaccinés…[note] Ce mécanisme de facilitation de l’infection par les anticorps est connu chez les coronavirus. C’est ce qui a empêché la production de vaccins contre le SARS-Cov-1 de 2002[note]. Il est inconcevable d’ignorer ce précédent pourtant bien documenté !
D’autres effets potentiels à long terme sont évoqués par des scientifiques indépendants. On évoquera à ce propos le risque d’impact futur sur la fertilité et la reproduction[note].
Enfin, il faut insister sur un aspect essentiel de la problématique particulière qu’engendre l’utilisation de vaccins génétiques (à ADN ou ARN), comme le fait le généticien moléculaire Christian Vélot, président du Conseil scientifique du CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information indépendantes sur le génie génétique). La vaccination de ce type fait courir le risque d’augmenter la production de variants par recombinaison (entre le matériel génétique et le génome d’un virus infectant). En outre, un effet indésirable considéré officiellement comme impossible est l’intégration de l’ARN vaccinal dans le génome des cellules humaines après rétro-transcription en ADN. Une étude récente (Zhang et al, 2021) remet en cause cette certitude[note]. Le doute est donc permis et nécessite à tout le moins de nouvelles investigations pour infirmer ou confirmer cette hypothèse inquiétante.
Il est essentiel de rappeler ici que les vaccins actuellement autorisés bénéficient d’une autorisation conditionnelle de mise sur le marché, les essais cliniques de phase III étant toujours en cours.
Pour le vaccin BioNTech/Pfizer, le délai pour la confirmation d’efficacité est fixé au mois de décembre 2023 ; pour le vaccin Moderna, l’échéance est fixée au mois de décembre 2022.
On est donc en droit d’affirmer en ce moment que les personnes vaccinées par ces vaccins biotechnologiques sont de purs cobayes.
Contrairement à ce que prétendent les autorités sanitaires qui préconisent la vaccination des enfants contre la COVID-19, l’attitude responsable consiste à renoncer à cette vaccination, étant donnés les risques, les incertitudes et les craintes fondées quant aux conséquences à long terme. Comme déclaré avec force par les scientifiques signataires du groupe COVIDRATIONNEL, rien ne justifie la vaccination systématique des enfants et adolescents contre la COVID-19.
La communication actuelle en cours a instrumentalisé les enfants et les adolescents à des fins qui ne les concernent pas directement, au mépris de la Constitution, qui précise en son article 22bis que, dans toute décision qui le concerne, l’intérêt de l’enfant est pris en considération de manière primordiale.
En conclusion, nous vous adjurons de prendre en considération les faits largement étayés que nous évoquons dans cette lettre. Enfin, nous vous rappelons que, comme dit le vieil adage : « dans le doute, abstiens-toi », surtout quand c’est la santé et l’avenir de nos enfants qui sont en jeu.
Suite à la censure par Facebook, sans aucune notification (la vidéo a même été retirée de notre bibliothèque), de notre réaction après la dernière conférence de presse du 20 août, nous republions celle-ci sur notre site, libre.
… Mais un organe officiel de propagande vaccinale. Une atmosphère bienveillante avec cinq minutes de questions bienveillantes des journalistes. Et cette certitude rabâchée que le vaccin est la meilleure des choses, la seule et l’unique solution pour nous faire revenir à « l’anormal » qui régissait déjà nos vies avant. De nombreuses études montrent pourtant que l’immunité naturelle est plus efficace que l’immunité vaccinale, notamment au niveau de la résistance aux variants ; qu’un des risques du vaccin est d’aggraver la maladie par un renforcement dépendant des anticorps (voir https://www.new.kairospresse.be/covid-19-les-mythes-seffondrent/); que nous connaissons une vague de décès et des effets secondaires post-vaccination inédits. Kairos n’était pas présent en conférence de presse le 20 août, mais plus que jamais prêt pour la suite.
Kairos, journal antiproductiviste pour une société décente, a connu depuis le début de la « crise sanitaire » une progression de son lectorat ; nous ne pouvons que nous en réjouir.
Cela indique, entre autres, qu’il y a une réelle demande d’informations critiques, de débats contradictoires, d’une autre représentation du réel.
C’est pourquoi, nous avons décidé de créer et de lancer Les Amis de Kairos.
De quoi s’agit-il ? : il s’agit de créer des antennes régionales de soutien à Kairos qui auront pour but de promouvoir le journal, de le faire connaître, de créer des réseaux de relais… Pour ce faire, dans un premier temps, nous proposons d’organiser des conférences, des débats autour de thèmes spécifiques.
Concrètement :
Création de régionales : Bruxelles, Liège, Namur, etc.
Les responsables de ces régionales organiseront des conférences, des débats autour de thèmes précis, sous une forme traditionnelle : un conférencier – un animateur/modérateur – un public. Ces conférences seront retransmises en « live ».
Un comité de vigilance exercera un droit de regard sur les conférenciers et les thèmes abordés. Il est important de préciser que ce comité n’a absolument pas pour mission de limiter la liberté d’expression (ce serait un comble pour nous !), mais de s’assurer que les conférenciers et les thèmes abordés seront en accord avec les fondements politiques, idéologiques, philosophiques … du journal.
En plus de ces conférences traditionnelles, que nous appellerons « petites conférences», des conférences théâtralisées seront organisées, toujours autour d’un thème précis, mais accompagnées de mises en scène, de jeux de comédiens, etc.
À ce jour, quelques thèmes ont déjà été retenus, pour le cycle des « petites conférences » :
Les médias : leur rôle aujourd’hui, leur mode de fonctionnement, etc.
La Grande réinitialisation ou Great Reset : ou comment le Forum économique de Davos tente de nous imposer sa quatrième révolution industrielle. Pour ce faire, une analyse du livre de K. Schwab et de Th. Malleret Covid 19, la grande réinitialisation sera proposée. Ce livre est en accès libre sous format PDF sur le « net ».
La souveraineté ou la relocalisation de notre pouvoir ou comment se réapproprier sa part de pouvoir.
L’enseignement : ou de l’importance de la maîtrise de la syntaxe, d’un lexique étendu et d’une culture classique (littéraire, scientifique, historique, etc.) pour relever les défis majeurs auxquels nous sommes confrontés.
Une nouvelle narration : l’exploration d’une autre, voire d’une nouvelle narration des événements auxquels nous sommes confrontés, une projection volontaire de notre humaine condition dans une vision non plus catastrophiste du futur proche ou lointain mais dans un imaginaire porteur de visions positives de ce moment opportun où tous les possibles sont potentialisés. Envisager dans une narration nouvelle les gains de cette période. Pour cela, faire appel aux artistes !
Être parents sous l’ère, sous le règne du tout numérique : tout parent sait que ce n’est pas une mince affaire.
Et encore, le rôle de la Chine dans le monde d’aujourd’hui ou Bienvenue en Chine occidentale ! (S. Halimi, Le Monde Diplomatique) !
À ces thèmes , nous pouvons d’ores et déjà ajouter des conférences autour du futur livre Covid-19, au-delà de la censure, coédité par Kairos et le GRAPPE, à paraître à la rentrée. Les contributeurs tourneront dans les villes concernées pour présenter ce livre et en débattre avec les participants.
Si ce projet rencontre votre intérêt, si vous pensez que vous pourriez vous lancer dans cette belle et importante aventure pour la préservation de notre liberté, manifestez-vous.
Lors de cette prise de contact, précisez la ville dans laquelle vous souhaiteriez créer une régionale des Amis de Kairos. Quelques jours plus tard, nous reprendrons contact avec vous pour une réunion en présence des tous les responsables des régionales.
Alexandre Penasse Bernard Legros Frédéric Lammerant Jean-Marc Cuvelier
Alors que la politique « sanitaire » n’est aujourd’hui axée que sur une vaccination massive à force de culpabilisation, d’obligation « choisie » et de propagande inédite, qui a tiré ses meilleurs enseignements du marketing, il est indispensable de comprendre le contexte qui a préparé à cela. Car qui peut dire que tout n’a pas été fait pour en arriver là?
Quatre médecins s’exprimaient sur la gestion de la crise sanitaire il y a 6 mois. Quatre réalités identiques, où il leur a été interdit d’exercer librement.
Après que le CDC ait dû reconnaitre le fait que le vaccin n’empêche pas la transmission[note],le mythe du vaccin solidaire « pour protéger les autres » et de l’immunité de groupe vaccinales’effondre . Déjà en Mars, un article publié dans Nature nous expliquait que l’éradication du virus par le vaccin était sans doute impossible[note]. Une des raisons est que l’on craignait que les vaccins n’empêchent pas la transmission.
Le mythe de l’immunité vaccinale, meilleure que l’immunité naturelle s’est également effondré :
« L’infection par le SRAS-CoV-2 produit des réponses des cellules B qui continuent d’évoluer pendant au moins un an. Au cours de cette période, les cellules B mémoires expriment des anticorps de plus en plus larges et puissants qui sont résistants aux mutations trouvées dans les variants préoccupants. Nous examinons ici l’évolution des lymphocytes B mémoire 5 mois après la vaccination avec les vaccins Moderna (mRNA-1273) ou Pfizer-BioNTech (BNT162b2) à ARNm dans une cohorte de personnes naïves du SRAS-CoV-2. Entre la phase d’amorçage et la phase de rappel, les cellules B à mémoire produisent des anticorps qui développent une activité neutralisante accrue, mais il n’y a plus d’augmentation de la puissance ou de la portée par la suite. Au contraire, les cellules B à mémoire qui émergent 5 mois après la vaccination d’individus naïfs expriment des anticorps qui sont équivalents à ceux qui dominent la réponse initiale. Nous concluons que les anticorps mémoire sélectionnés au fil du temps par l’infection naturelle sont plus puissants et plus étendus que les anticorps induits par la vaccination. Ces résultats suggèrent que le renforcement des individus vaccinés avec des vaccins ARNm actuellement disponibles produirait une augmentation quantitative de l’activité neutralisante plasmatique mais pas l’avantage qualitatif contre les variantes obtenu en vaccinant des individus convalescents »[note].
Il y a maintenant de nombreuses publications scientifiques qui montrent que l’immunité naturelle fonctionne au moins 17 mois (and counting), et devrait être plus résistante aux variants que celle du vaccin, car polyclonale sur tout le virus et non monoclonale et uniquement sur la protéine S hautement mutable du Virus dans le cas du vaccin… ce que l’on observe d’ailleurs maintenant avec le variant delta. L’immunité acquise par une infection naturelle protège, elle, de la transmission car, en plus des Ig-G, elle produirait aussi des Ig-A dans les muqueuses nasales, ce que ne font pas les vaccins[note][note][note][note].
Le mythe de l’efficacité se fissure également:
L’efficacité du vaccin sur le variant delta a été revue à la baisse à 39% en Israël[note]. Les données récentes du Ministère de la Santé israélien semblent donner une efficacité même moindre :
https://data.gov.il/dataset/covid-19/resource/9b623a64-f7df-4d0c-9f57-09bd99a888809[note] Le variant delta prédomine dans cette période. Ces données indiquent que pour toutes les tranches d’âge, sauf celle des 0-19 ans, la vaccination n’a pas d’effet autre que très mineur sur la susceptibilité à l’infection par SARS-CoV-2. Plus de détails et analyses documentées sont disponibles sur Questions sur l’immunisation et la transmission de SARS-CoV-210[note].
Ce phénomène s’observe également dans d’autres pays comme l’Angleterre, bien que pour le moment les hospitalisations et les décès du variant delta restent globalement faibles, ce qui pourrait être le signe d’un variant plus contagieux mais moins dangereux, mais pourrait aussi être lié à un effet de saisonnalité, comme observé durant l’été 2020. Rappelons que l’un des risques des vaccins contre les coronavirus pourrait être d’aggraver la maladie par un renforcement dépendant des anticorps[note] ou effet ADE (Antibody Dependent Enhancement[note]), dû à des anticorps peu neutralisants, spécialement sur des infections ultérieures et des nouveaux variants. Cet effet ADE n’est spécifique que pour certains virus comme celui de la Dingue, Ebola, le HIV, RSV et justement la famille des coronavirus. Il faudra sans doute attendre l’automne pour y voir plus clair.
Rappelons encore que de nombreuses zones d’ombres et inconnues[note] existent sur la sûreté et les effets à long terme de ces vaccins. À court terme, une mortalité inédite[note] et de nombreux effets secondaires ont été reportés sur les bases de données de pharmacovigilances[note] (par ex: myocardites, thromboses, embolies pulmonaires, cécités, chocs anaphylactiques, paralysies faciales, zona, qui est typiquement lié à une immunosuppression, un risque potentiel avec les vaccins, qui peut être passager, ce qu’on espère, c’est d’ailleurs une raison pour laquelle on ne vaccine normalement pas durant une épidémie… Une immunosuppression pourrait expliquer pourquoi, à court terme en tout cas, les statistiques des hospitalisations[note] et de décès semblent avoir augmenté dans de nombreux pays après le début des campagnes de vaccinations massives). Certains de ces effets, comme les thromboses[note] par exemple, pourraient être liés à la protéine de spike. Contrairement à ce que l’on croyait initialement, cette protéine, que le corps fabrique en très grande quantité pendant environ deux semaines après chaque injection, n’est pas inoffensive, et est, sans doute, la partie la plus toxique et dangereuse du virus. Elle pourrait bien être la cause de dommages endovasculaires[note][note][note][note].
Des études semblent montrer d’ailleurs que, contrairement aux croyances initiales, la protéine de Spike ne resterait pas localement au point d’injection mais circulerait bien dans le sang[note].
La protéine de Spike du vaccin circulant dans le sang pourrait également créer des micro-caillots dans les capillaires sanguins (non détectables au scanner mais apparents avec un test D-dimère) et créer des dommages dans les poumons, le cœur et le cerveau. Ceci entraînerait, entre autres, une perte de performance physique permanente et à plus long terme des problèmes cardiaques… cet effet pourrait être fréquent d’après le Dr. Charles Hoffe[note].
Finalement le mythe de l’utilité des mesures comme le confinement et le port du masque généralisé pour enrayer l’épidémie est mis à mal[note] :
– Par la Suède qui n’a pas connu de 3è vague, ni de décès et aurait déjà atteint l’immunité de groupe car 50 à 60 % de la population serait naturellement immunisée, sans doute par immunité croisée avec d’autres Coronavirus ou, simplement, par une immunité innée forte (la notion du terrain vs. virus, que l’on peut renforcer par une bonne hygiène de vie, des vitamines et des minéraux…); cette immunité initiale aurait été complétée par une immunité acquise naturelle spécifique d’environ 10% par vague épidémique[note].
– Par le manque de corrélation positive observé dans la vie réelle du confinement sur la diminution des hospitalisations et des décès par des études scientifiques de plus en plus nombreuses[note] et également en Amérique où des états totalement ouverts et sans aucune restriction, comme au Texas, ont vu leurs cas et leurs décès chuter de façon spectaculaire au cours de la même période[note].
– En Angleterre, où depuis Freedom day, les contaminations baissent: Alors que l’Angleterre a levé ses dernières mesures de restriction sanitaire, laissant craindre une flambée épidémique, c’est tout le contraire qui s’est passé avec la chute brutale des contaminations. Ce phénomène que l’on observe dans d’autres pays laisse les scientifiques incrédules et Neil Fergusson semble en perdre son latin : « Nous nous orientons inévitablement vers les 100.000 cas par jour », affirmait le 18 juillet dernier le célèbre épidémiologiste Neil Ferguson à la BBC. Le ministre de la Santé Sajid Javid expliquait lui aussi que les dernières levées des restrictions sanitaires (Freedom Day) allaient entraîner une flambée des infections. Le pays connaissait alors une flambée endémique fulgurante, avec un nombre de cas quotidiens multiplié par cinq en un mois. Pourtant, 12 jours après le pic de 54.183 contaminations constaté le 17 juillet, le nombre de cas positifs est retombé comme un soufflé à 27.734 cas le 28 juillet. Une chute aussi brutale que l’ascension foudroyante de cette quatrième vague, et ce en plein relâchement des mesures sanitaires et notamment la fin du port obligatoire du masque en intérieur[note].
Par: Aryan Afzalian, Ingénieur civil et Docteur en Sciences Appliquées. Chercheur spécialisé dans le domaine de la physique quantique atomistique appliquée à la modélisation de la nano- et bio-électronique et auteur du site https://auxamescitoyennes.com/[note]
Dans nos précédents articles, nous avons observé que la censure se multiplie dans les médias sociaux, tels que Facebook ou YouTube, qui sanctionnent systématiquement les points de vue qui ne sont pas alignés avec les politiques officielles à propos de la crise sanitaire. Cependant, même si ces espaces tendent vers un monopole de l’usage, on peut toujours targuer qu’il s’agit d’espaces privés, régis par leurs propres règles et auxquels nous ne sommes pas obligés d’adhérer[note].
Alors qu’en est-il de l’espace public ? La liberté d’expression est-elle toujours garantie par nos gouvernements ? Les médias indépendants sont-ils accueillis dans les bras ouverts de la démocratie ?
Sur ce point, je désire apporter une réponse nuancée. En France ou en Belgique, nous vivons dans des pays où s’exprimer est possible, voire encouragé. Les journalistes, dans nos régions, jusqu’à preuve du contraire, ne risquent pas leur vie. Alors que, dans d’autres parties du monde, près de 1000 journalistes ont été tués en 10 ans[note], dont certains brûlés vifs ou découpés en morceaux. De tout cela, il n’est nullement question dans nos pays.
Source : Reporters Sans Frontières
Cela veut-il dire que nos journalistes, en Belgique ou en France, sont chaleureusement conviés aux conférences de presse gouvernementales indépendamment de leurs valeurs et de leur vision ? Non. Cela n’est pas vrai. En tout cas, le système présente des failles et la liberté journalistique a été sérieusement mise à l’épreuve durant la crise sanitaire.
Quelques brèches dans la liberté de la presse
En Belgique, le journal indépendant KAIROS, et son journaliste principal, Alexandre Penasse, écarté des conférences gouvernementales pendant plusieurs mois après avoir posé des questions qui dérangent, a été obligé de faire appel à un avocat pour obtenir à nouveau accès à la salle de presse[note].
Le jour J, le journaliste se rend bien en avance sur les lieux de la conférence. Son nom n’est pas sur la liste des invités. Pourtant, il apparaît que les autres journalistes ont reçu un texto de confirmation d’invitation. Alexandre Penasse convoque son avocate à brûle-pourpoint et, comme par miracle, son nom réapparaît sur la liste.
Le gouvernement belge joue ici sur la corde de la censure. Une interdiction pure et dure serait illégale, alors les officiels utilisent d’autres moyens : « oubli » dans la liste des invitations, « évitement » des questions, puis, en définitive, coupures « techniques » de micro et lancement du générique de fin, qui vient masquer la question qui dérange.
Le journaliste accrédité Alexandre Penasse a dû faire appel à son avocate pour avoir accès à la conférence gouvernementale du 27 novembre 2020 à Bruxelles. Au moment de poser sa question, son micro est coupé et le générique de fin d’émission est lancé.
Le journaliste accrédité Alexandre Penasse a dû faire appel à son avocate pour avoir accès à la conférence gouvernementale du 27 novembre 2020 à Bruxelles. Au moment de poser sa question, son micro est coupé et le générique de fin d’émission est lancé.
En France, c’est le journal France Soir qui fait l’objet de pressions. Rapidement taxé de « repère de complotistes » pour être un des rares médias à offrir une tribune à des points de vue alternatifs, le journal France Soir a fait l’objet d’une intimidation, en janvier 2021, de la part du ministère français de la Culture.
Le 29 janvier, la ministre Roselyne Bachelot a demandé que soit réexaminé le certificat officiel qui confère à France Soir son statut d’organe de presse en information politique et générale. Finalement, ce certificat n’a pas été retiré, mais l’attitude du ministère reste pour le moins inhabituelle. Par le biais de la chambre d’écho de Twitter, le gouvernement a très clairement lancé des signaux d’intimidation au journal.
Xavier Azalbert, le Directeur de publication de France Soir, réagit de manière sereine : « La Ministre a tout à fait le droit de s’exprimer, précise-t-il. Je pense que c’est un droit et qu’il faut le respecter […] À certains moments, nous avons fait des erreurs et il faut le reconnaître. Mais la majeure partie du temps, nous avons apporté une voix dissonante, factuelle. Et cela a dérangé certains. »[note].
André Bercoff (à droite), animateur de Sud Radio, reçoit Xavier Azalbert, Directeur de publication de France Soir.
Les experts des Droits de l’Homme lancent l’alerte
Dès le début de la crise sanitaire de la COVID-19, les experts des Droits de l’Homme ont perçu un risque de dérive et sont rapidement montés au créneau. Plusieurs experts du Haut-Commissariat aux droits de l’homme se sont exprimés, dès le mois de mars 2020. Ils ont jugé bon de rappeler aux États que « les pouvoirs d’urgence ne doivent pas servir à faire taire l’opposition »[note].
Évoquant les mesures de l’état d’urgence face à la COVID-19, l’ONG Amnesty International, épingle plusieurs pays dans son rapport 2020 :
« Alors qu’il était urgent de disposer de données précises, pertinentes et fondées sur une approche scientifique pour combattre la pandémie, un certain nombre de gouvernements ont imposé des restrictions injustifiées à la liberté d’expression et à l’accès à l’information. En Arménie, en Azerbaïdjan, en Bosnie-Herzégovine, en France, en Hongrie, au Kazakhstan, en Ouzbékistan, en Pologne, en Roumanie, en Russie, en Serbie, au Tadjikistan, en Turquie et au Turkménistan, le pouvoir a fait un usage abusif de lois existantes ou nouvellement adoptées pour limiter la liberté d’expression. »[note]
Avez-vous remarqué la France, perdue entre l’Azerbaïdjan et l’Ouzbékistan ?
Il est assez symptomatique de constater que, dans le résumé de ce rapport, présenté par France Inter, ce sont les « régimes autoritaires » ou bien des pays comme la Hongrie, la Pologne ou le Vietnam qui sont pointés du doigt[note]. Il semble facile de voir la paille dans l’œil du voisin et d’omettre la poutre qui traîne dans le nôtre.
Le résumé du rapport d’Amnesty International sur France Inter, qui bénéficie d’un très bon référencement sur Google, se concentre sur le reste du monde… la France, pourtant épinglée à plusieurs endroits du document, semble exempte de tout reproche, après application du filtre des médias traditionnels.
Plus loin, en page 211 du rapport, la France est encore pointée par l’association humanitaire : « Les mesures prises par le gouvernement face à la pandémie de COVID-19 ont soulevé un certain nombre de préoccupations en matière de droits humains, notamment en ce qui concerne l’usage excessif de la force par la police et le droit à la liberté de réunion pacifique ».
Un arsenal juridique contre le droit d’informer
Dix mois. C’est le temps qu’il aura fallu au gouvernement Macron pour déclencher une première vague d’indignation dans le secteur des médias, rappelle Pauline Perrenot de l’Observatoire des médias ACRIMED[note]. En cause ? La loi relative à la protection du secret des affaires. Promulguée en juillet 2018, cette loi consacre une restriction à la liberté de la presse, en vertu de la protection des entreprises. En dépit d’une mobilisation sans précédent de la part de syndicats de journalistes et autres organes d’information, la loi est passée comme une lettre à la poste.
Les effets de cette loi n’ont d’ailleurs pas tardé à se manifester, notamment dans le rayon pharmaceutique, bien avant la crise du coronavirus. En septembre 2018, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) invoque le secret des affaires pour justifier la rétention d’information concernant la fabrication d’un médicament dont les effets indésirables sont questionnés. Un peu plus tard, en novembre 2018, c’est le journal Le Monde qui se heurte au secret des affaires, qui empêche les journalistes d’investiguer efficacement sur les dangers de certains implants médicaux. 36 organisations se joignent alors au journal Le Monde dans sa bataille contre le secret des affaires[note], mais malgré cette mobilisation, les recours administratifs s’avèrent très lents et infructueux.
La loi sur le secret des affaires n’est pas la seule initiative du gouvernement Macron qui affecte le droit d’informer et la liberté d’expression. Par exemple, la loi du 25 mai 2021 pour une sécurité globale[note], dont l’article 24 prévoit des peines pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et une amende d’un montant de 45 000 euros pour la diffusion de vidéos dans lesquelles des policiers ou des gendarmes sont identifiables. Cette interdiction vaut lorsque la diffusion de ces images a pour but de « porter atteinte à l’intégrité physique ou psychologique » des personnes concernées. Une notion très floue, sujette à interprétation et clairement susceptible de décourager le reportage de terrain effectué par les journalistes ou par de simples citoyens.
« Les violences policières existent, nos images les attestent, les rendent réelles aux yeux de l’opinion. Ce alors même que les autorités françaises nient leur existence et persistent, une nouvelle fois, à vouloir invisibiliser. C’est ce contre-pouvoir, nécessaire en démocratie, que le gouvernement et sa majorité parlementaire souhaitent enlever aux citoyen·ne·s. […] Sans ces outils, sans celles et ceux qui les braquent, combien de violences policières auraient été passées sous silence ? » interpelle une tribune collective, publiée sur le site ACRIMED et signée par plusieurs dizaines d’organisations, syndicats de journalistes, personnalités universitaires et journalistes professionnels[note].
La « chambre des libertés » : lentement vidée de son pouvoir
Une caractéristique des très récentes lois françaises qui touchent la liberté de la presse, c’est qu’elles arrachent les affaires des mains de la 17e chambre du Tribunal de grande instance, créée à la fin de la Seconde Guerre mondiale précisément pour protéger la liberté d’expression. Cette même juridiction que le journal Le Monde qualifiait en 2013, sur fond d’affaires récentes, de « chambre des libertés »[note].
Les lois votées par le gouvernement Macron déplacent les affaires vers les tribunaux de commerce (loi « Secret des affaires »), les cours pénales (déclarations de Nicole Belloubet sur la diffamation) ou permettent qu’elles soient « extrajudiciarisées » (régulation par les plateformes numériques dans le cadre de la loi « fake news »).
« Un déplacement qui implique de priver ces affaires de toute la jurisprudence acquise depuis 1881, et des compétences de magistrats spécialisés pour arbitrer entre liberté d’expression, intérêt public et atteintes aux personnes physiques ou morales. », explique Emmanuel Tordjman, spécialiste du droit des médias et avocat de Mediapart[note].
Or, la jurisprudence, française, mais aussi européenne, comme vous allez le constater ci-dessous, solidifie les piliers sacrés de la liberté d’expression.
L’Europe s’inquiète de la censure de la désinformation
Au niveau européen, ce ne sont ni la censure ni les dérives autoritaires qui inquiètent, mais la désinformation et la mésinformation[note].
Dans une communication conjointe au Parlement européen, au Conseil européen, au Comité économique et social européen et au Comité des régions, les grandes instances officielles européennes se penchent sur la lutte contre la désinformation. Elles entendent poser des actions pour « démêler le faux du vrai » dans le contexte de la crise de la COVID-19[note].
Cette communication est un vrai tour d’aïkido. Vous sentez, dès les premiers paragraphes, que la liberté d’expression est ici instrumentalisée au service d’une lutte contre les informations perçues comme « fausses » ou « déstabilisantes ». Des actions qui sont mises en place, en réalité, pour limiter la liberté d’expression au « politiquement admis » ou au « scientifiquement consensuel » le sont… au nom de la liberté d’expression et de la protection des démocraties.
On joue avec le feu. La rhétorique est comparable à celle des pouvoirs spéciaux : « Je restreins les libertés pour te protéger ». Elle ouvre la porte à un jeu dangereux : l’infantilisation du citoyen par les structures gouvernantes.
Bien sûr, la désinformation et la mésinformation existent. Et ce, depuis tout temps. Et il n’y a pas que les naïfs citoyens qui en sont les potentielles victimes. Même un peloton de journalistes peut tomber dans le piège d’une contre-vérité, comme l’atteste l’histoire de Timisoara, par exemple[note]. Même une nation entière peut plonger dans une rhétorique qui déforme le réel. L’histoire a d’ailleurs démontré que les peuples « tombent sous hypnose » plus facilement de l’intérieur que de l’extérieur[note].
C’est tout le danger que j’entrevois dans cette initiative « parentale » de l’Union européenne. Prétextant la lutte contre les dangers qui nous menaceraient de toutes parts (l’influence de fausses informations venant de Russie, les dangereux complotistes ennemis des démocraties, etc.), cette politique ouvre la porte au contrôle de l’information et à la dictature du consensus.
La politique européenne de lutte contre la désinformation fait penser à un serpent qui se mord la queue : pour protéger la liberté d’expression, je la restreins.
Bien sûr, sur Internet comme à la télévision d’ailleurs, on croise de fausses informations. Cela va d’une prétendue citation de Steve Jobs sur son lit de mort[note] à de fausses déclarations gouvernementales[note], qui bien qu’elles soient démenties, continuent parfois de circuler pendant plusieurs mois ou plusieurs années sur les réseaux sociaux.
Bien évidemment, nous pouvons comprendre qu’un État puisse envisager de se protéger contre l’invasion de fausses informations et rumeurs venant de pays étrangers comme la Russie et la Chine, en période électorale par exemple, vu que ces informations sont susceptibles de torpiller le bon fonctionnement de la démocratie.
Le problème, c’est que le texte de la Commission européenne ratisse très large. Il met dans le même panier, d’une part, la cybercriminalité, la fraude, les campagnes de déstabilisation opérées par des puissances étrangères et, d’autre part, les « informations erronées ou les fausses allégations sur les soins de santé » ou encore les « théories conspirationnistes susceptibles de nuire à la cohésion de nos sociétés ».
Ça y est, la ligne rouge est franchie. Les scientifiques en désaccord avec la doctrine officielle et les citoyens qui critiquent le système en place se retrouvent dans le même panier à « Fake » que les cybercriminels ou les pays ennemis. C’est peut-être oublier le fait que l’équilibre d’une démocratie repose sur les contre-pouvoirs.
Ma crainte est d’autant plus justifiée à l’heure où d’éminents scientifiques du monde entier, parfois les meilleurs spécialistes mondiaux des technologies médicales qui font l’actualité, expriment une opinion en porte-à-faux avec la position gouvernementale ou les comités scientifiques institutionnels. « Porte-à-faux » est le terme : la politique de lutte contre la désinformation guillotine aujourd’hui de brillants scientifiques, intellectuels, médecins, philosophes, qui n’ont rien de saboteurs de l’ordre social, si ce n’est qu’ils contredisent la rhétorique en place, les données et les raisonnements sur lesquels elle s’appuie.
L’analyse du discours européen vaudrait un article en soi. Je me contente, à ce stade, d’émettre une extrême vigilance face à un discours qui prétend défendre la liberté d’expression… en la restreignant et en la contrôlant.
RAPPEL : la liberté d’expression inclut…
Le principe est la liberté d’expression ; la restriction, l’exception. Il ne peut être porté atteinte à la liberté qu’en cas d’abus prévu par la loi. Ces exceptions tiennent en quelques lignes : injure, diffamation, atteinte à la vie privée, présomption d’innocence, usurpation d’identité, harcèlement, calomnie. Mais les lois récentes viennent rallonger la liste et y ajouter du flou.
En dehors de ces exceptions, la liberté d’expression reste la règle. Et la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH), à travers ses arrêts, en fait une interprétation très large :
… le droit de se tromper
Selon la Cour européenne, la liberté d’expression prévaut « même en présence d’éléments donnant fortement à croire que les informations véhiculées pourraient être fausses » (CEDH, Cour (Deuxième Section), 6 sept. 2005, n° 65518/01, §113).
… le droit de choquer
« La liberté d’expression vaut non seulement pour les informations ou les idées accueillies avec faveur, ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l’État ou une fraction quelconque de la population » (CEDH, Handyside c/ Royaume-Uni, 7 décembre 1976).
… le droit d’émettre des idées non conventionnelles
Dans un arrêt relatif à un sujet de santé publique, la Cour précise qu’on ne peut limiter la liberté d’expression aux idées communément admises : « Dans un domaine où la certitude est improbable, il serait particulièrement excessif de limiter la liberté d’expression à l’exposé des seules idées généralement admises » (CEDH, 25 août 1998, Hertel/Suisse, §50)[note].
Ce dernier arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme est rempli de sagesse. Il préserve cette indispensable souplesse face à ces certitudes monolithiques qui accompagnent les esprits qui affectionnent les réponses simples et tranchées. À l’heure des grands inquisiteurs vérificateurs de « fake news », il est temps de se souvenir de la valeur de la dialectique du doute. En science comme en société.
Le bâtiment de la Cour européenne des Droits de l’Homme à Strasbourg. Photo : Udo Pohlmann, Pixabay.
Vers une démocratie limitée au « politiquement correct » ?
En conclusion, dans nos pays, la liberté d’expression demeure une valeur et une réalité, sans quoi je risquerais ma vie à poster cet article. Mais, dans l’ombre de la crise sanitaire et de l’état d’urgence, le citoyen attentif pourra voir s’approcher le nuage noir de la répression. Sous les apparences vertueuses d’une lutte contre la désinformation, la protection sanitaire ou l’incivisme, nos démocraties semblent devoir se défendre… contre elles-mêmes ! C’est tout le paradoxe de la position de l’Union européenne ou de la loi pour une sécurité globale.
Une démocratie qui dénonce l’irrévérence fleurte avec le totalitarisme. Et l’histoire a montré que le narratif de la peur et de l’insécurité est souvent aux racines de ces tentations de restreindre la liberté d’expression et la liberté de pensée. Ces libertés constituent pourtant l’ADN d’une véritable société démocratique.
Lors de cette première audience introductive, Me Jacques Englebert n’a pas encore pu plaider, car l’audience est une audience de vacation. Les audiences de vacation sont des audiences prévues pendant les vacances d’été, traditionnellement période de congé pour la justice. Aucune mesure provisoire n’a donc encore pu être prise.
Photo: MP
L’avocat de Google a demandé pour sa part de pouvoir conclure avant la prochaine audience. Résultat : Google aura jusqu’au 24 août pour fournir ses conclusions et une audience relais est organisée pour le 3 septembre où la date de l’audience de plaidoirie sera fixée (il ne sert à rien de venir pour nous soutenir le 3 septembre, nous vous tiendrons informés de la date de l’audience de plaidoirie). Me Englebert espère que cette dernière aura lieu dans le courant du mois de septembre. Cette audience aura comme but de statuer sur les mesures provisoires, autrement dit de savoir si les vidéos censurées par Google sur la plateforme YouTube pourront être remises en ligne ou non.
Me Englebert a profité de cette audience pour rappeler que la liberté d’expression est un droit fondamental, auquel s’oppose le droit des conditions d’utilisation de Google. La Cour européenne des Droits de l’Homme a d’ailleurs rappelé à de nombreuses reprises à quel point l’information est un bien périssable, ce qui fait que toutes décisions allant à l’encontre de la publication portent un lourd préjudice au média publiant ladite information.
Plus de 10.000€ en moins de 24 heures !
Grâce à vous, nous avons déjà récolté 10305€ en moins de deux jours, nous vous remercions de tout cœur ! On saisit toute l’importance que cette affaire a pour vous, pour nous tous. Un dossier comme le nôtre, et plus encore un dossier contre une entreprise comme Google, est forcément un dossier très onéreux. Sans vous, nous ne pourrions pas y arriver !
Nous serons totalement transparents quant à la gestion de ces fonds et des frais de justice et d’avocats liés au dossier. De plus, nous nous engageons à fournir aux donateurs le souhaitant le détail des frais et honoraires imputés au dossier à la fin de la procédure, mais aussi en cours de procédure lorsque celle-ci aura suffisamment avancé.
Nous faisons appel aux dons en vue de financer cette initiative judiciaire. Dès lors que la demande principale (la remise en ligne de la vidéo du grand débat) sera examinée sous le bénéfice de l’urgence, les procédures vont se succéder très très rapidement. Il y a donc vraiment urgence à ce que nous puissions rassembler les fonds nécessaires !
L’objectif d’atteindre un budget de 20.000€ visant en principe à couvrir tout voire bonne partie de la première instance.
Faire le versement à :
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À l’instar de Nietzsche, Jean-François Gava, collaborateur occasionnel de Kairos, fait de la philosophie à coups de marteau, entrelardée de solides connaissances historiques. De filiation marxienne au départ, il s’en prend ici à la gauche, accusée, depuis plus d’un an, de passivité — dans le meilleur des cas — ou de collaboration — dans le pire — avec le psychobiopouvoir. Embarquement pour une visite guidée en Covidiotie, à grand renfort de coups de gueule et de coups de balai ! Et par précaution, sortez votre dico, c’est du Gava dans le texte, érudit et fleuri !
B. L. : Depuis plus d’un an, j’ai été consterné de voir l’ensemble de la gauche s’aligner sur le récit officiel du covid, hormis deux petits coups de gueule isolés de Jean-Luc Mélenchon au printemps 2020 et tout récemment. Après avoir été l’idiote utile du néolibéralisme, la gauche n’est-elle pas devenue l’idiote utile du covidisme ?
J.-F. G. : La gauche a toujours été chez elle du côté de l’État du capital, de l’État de la société-capital! Depuis août 1914 au plus tard, disons, où ni les nazis ni les bolchos ne jouent encore les repoussoirs utiles pour expliquer les 30 millions de morts de la Première Guerre mondiale (selon Kolko). Elle est tout à fait à l’aise dans cette civilisation totalitaire de l’encasernement, de manière générale. Elle n’aspire qu’au gouvernement, elle respire son air et l’expire, elle ne vit que pour lui. Comment pourrait-elle sentir le carnage qui sort de ses enceintes, où elle siège depuis si longtemps ? La fin de l’État de droit (comme limitation légale de la violence de classe) à l’intérieur (avec les colonies naguère à l’extérieur) n’est même pas un détail pour elle, elle ne s’en est tout simplement pas rendu compte après le 11 septembre 2001 et le Patriot Act. Comment attendre un sursaut de la part des garde-chiourmes de la piétaille salariée ? Elle a toujours incarné la religion du capital et sa foi béate dans le progrès à l’usage du prolo. Au seuil de l’ère capitaliste à proprement parler, avec la Révolution française, la gauche (la vraie, l’historique) éradiquait une caste d’exploiteurs prémodernes. Mais aujourd’hui Pasolini a raison de dire « je suis communiste, pas de gauche ». Non, cette police interne du mouvement ouvrier est ce qui pouvait arriver de pire à ce dernier au XXe siècle. Et nous en payons encore les conséquences. Mettre en cause la version officielle des faits, un discours officiel, ça ne l’effleure même pas ! Alors que nous savons que la droite, depuis Edward Bernays, par exemple, pense la construction d’une psychose de masse, dans laquelle nous pataugeons en plein avec cette sinistre plaisanterie « sanitaire ».
B. L. : Prenons le cas des syndicats, ils sont totalement dans la ligne gouvernementale…
J.-F. G. : Mais parti et syndicat sont la même galère ! Rühle, grand biographe de Marx, avait bien vu pendant la révolution allemande rampante des années 1918-1923 que la révolution n’était pas affaire de parti, pas plus que de syndicat (après avoir brièvement cru à la possibilité d’une organisation unitaire, économico-politique). L’avènement du machinisme, de l’OP (ouvrier professionnel) après 1870, et pis encore du taylorisme (et ses OS, ouvriers spécialisés) après la Première Guerre mondiale fait jouer à la gauche la carte de l’intégration de la classe ouvrière prolétarisée au sens de « déprofessionnalisée », plutôt que celle de l’interruption du développement moderne, puisque l’outil a été démoli au profit du système des machines. Depuis lors, la perspective d’interrompre le cancer galopant de la marchandisation de l’accès aux biens et services est barrée dans le monde développé. Et le tiers-monde a échoué en tentant de l’imiter. Tout le monde voit aujourd’hui que le travail-pour-le-capital, même et surtout qualifié, n’est qu’une vaste merde, et ces cons de gauche s’obstinent à vouloir le sauver. Non, il faut promouvoir des enseignements ouvriers obligatoires, à outils énergisés sans doute, donc revenir à des formations d’ouvrier professionnel obligatoires dès le secondaire à côté des humanités, des arts et des maths pures, et rendre à sa juste proportion de cabinet des curiosités le rôle des sciences modernes dans l’histoire de la pensée. La montée en puissance de l’écologie aurait pu être l’occasion de comprendre à nouveau que la dévastation industrielle du mince biofilm, comme dit Latour, n’était pas une option, même « redistribuée correctement » — à nouveau : c’est-à-dire après avoir oublié que la première victime de la destruction du biofilm a été la race humaine elle-même. Mais non ! Les travailleurs pour leurs organisations sont part entière de cette société, avec des intérêts internes à cette société, au lieu de former une contre-société dans le camp ennemi, avec des intérêts disruptifs, incompatibles, en vue de démonter ce vaste camp en question. L’écologie aurait pu revivifier la critique de l’économie politique, elle a été le dernier rappel manqué à la solidarité interspécifique, intraspécifique et même trans-classes contre les classes elles-mêmes. Elle aurait pu insister comme réquisitoire implacable contre le mode industriel, c’est-à-dire capitaliste, de produire. Au lieu de cela, si elle est le dernier train pris par la gauche, c’est celui qui a pour destination l’accommodement du désastre, c’est-à-dire le désastre lui-même. L’écologie de gouvernement ou le greenwashing, c’est la même chose, qui eux-mêmes ne se distinguent pas du capitalisme de la catastrophe, un capitalisme qui se nourrit du désastre même qu’il engendre, dans un feu d’artifice final. Elle n’est en ce sens qu’un moment du néant en cours, qui brille comme sa solution illusoire. Les Verts participent au néant actif du capital lui-même (Sergio Bologna l’avait bien vu) tout en se réclamant d’Illich, qui se retourne dans sa tombe profanée. Le Marx anti-valeur avait avant lui déjà subi pareil sort avec ces chiens de marxistes, ignares autant que chrétiens (ou athées, ce qui revient au même, nous le verrons).
Aujourd’hui, au lieu de pointer les causes d’une pandémie par ailleurs bénigne (pour une fois?) — déforestation, destruction de l’habitat d’espèces sauvages, élevage industriel et zoonoses —, on communie dans la version officielle, on consent à la violence terroriste d’une psychose voulue et planifiée par les gouvernements-sigisbées de Big Pharma. La gauche en général n’est jamais montée dans le train de l’écologie révolutionnaire, que les Verts eux-mêmes avaient déjà abandonné depuis longtemps au déraillement et à la rouille de la quasi-clandestinité. Qui se soucie d’Illich, de Moscovici et de tant d’autres qui, comme eux, voyaient bien que l’écologie politique ne pouvait avoir pour objectif que de démonter la mégamachine ?
B. L. : Les écologistes et la gauche réclament simplement davantage de lits en soins intensifs…
J.-F. G. : Exactement ! Ils s’enlisent dans un court-termisme de mauvais aloi, puisque c’est l’accomplissement de la catastrophe en cours elle-même qui point désormais à court terme, prévient entre autres Yves Cochet. Au lieu d’enrayer le désastre, ils se proposent de gommer les symptômes. Même la médiocrité satisfaite de ces sigisbées et porte-serviettes ne paiera plus du tout très bientôt. Mais plutôt crever que d’esquisser un geste décent, fût-il de pure pensée : c’est la loi de ce monde. Ils veulent une société « super-iatrisée » performante, une vaste « maison de repos », organiser un vaste pourrissoir en réalité, un hôpital général efficace qui cultive ses estropiés, ses déficients, ses ectoplasmes humains, à côté de ces autres mouroirs de l’archipel carcéral, pour reprendre la belle image de Foucault, que sont ce qui reste d’usines et les bureaux. Beau projet !
B. L. : Peut-on être écologiste sans tomber dans l’hygiénisme ? Au contraire, la santé publique, et plus exactement la non-mort du covid, semble être devenue leur Saint Graal…
J.-F. G. : On ne peut pas être écologiste et hygiéniste. Certes, ils veulent la « santé publique », mais ce qu’ils entendent par-là, c’est l’industrie de la réparation, du rafistolage de ces masses de corps amoindris, affaiblis, qui s’occupe de renvoyer au turbin un cheptel humain qui ressemble tellement aux troupeaux d’ovins apeurés, au lieu de se concentrer sur la prévention et sur la fondation d’une société saine, de corps forts, épanouis, habiles jusqu’à la capacité de se défendre. C’est l’industrie du maintien en vie à tout prix, comme si c’était un indice de progrès civilisationnel.
B. L. : Certains avancent que l’hygiénisme actuel est une nouvelle forme de puritanisme…
J.-F. G. : Si on élargit la conception du puritanisme au-delà de la question des mœurs, ce dernier peut en effet caractériser la vaste entreprise moderne de soustraction des sujets du capital à toute corporéité embarquée dans d’innombrables liens avec le reste du vivant — de respect et de prélèvement à la fois. L’idéal du prolétaire, du point de vue du capital, est un corps sans mains et sans voix. Un corps non seulement non humain, mais pas même animal, en somme, car les animaux sont bien plus habiles que l’image du troupeau domestique le fait accroire. Ils chassent et fabriquent leur habitat — sans outil, certes. Ils jouent, même. Umay Tülay et Jean-Claude Paye ont analysé tout cela.
B. L. : Comme les gouvernements qui l’ont imposée par défaut, la gauche prône la déontologie, sans même soulever la question de l’utilitarisme. De la part des gouvernants, en appeler à la déontologie dans la population est une grossière manipulation. Titiller l’altruisme des gens, leur sens moral, leur empathie, et marteler que toutes les vies doivent être sauvées, cela signifie qu’il faut aussi et surtout défendre le caractère sacré de toute vie par intérêt personnel. Le covid ne nous a pas fait sortir de l’individualisme ! La soumission individualiste, c’est obéir dans son intérêt propre.
J.-F. G. : Quand un vieillard meurt d’une maladie grave, considère-t-on qu’il a été sacrifié ?
B. L. : Oui, s’il est prouvé que l’impossible n’a pas été fait pour le sauver…
J.-F. G. : C’est vrai qu’il est sacrifié en quelque sorte une première fois, car il n’y a pas de raison de mourir régulièrement de maladies graves en dehors d’un im-monde pathogène. Mais il l’est une seconde fois, non pas en décédant, mais en subissant la torture de l’acharnement thérapeutique, qui ne fait que différer atrocement le décès, et en l’absence duquel tout décès serait assimilé à une faute professionnelle, voire un homicide involontaire ! Quelle indécence !
B. L. : Mais refuser l’acharnement thérapeutique revient, selon la gauche, à verser dans le darwinisme social, voire dans l’eugénisme.
J.-F. G. : J’ai entendu dire que presque tous ceux qui rentraient en USI sortaient les pieds devant… De toute façon on confond manifestement ici eugénisme et euthanasie, qui est un beau mot, selon moi. Eugénie est aussi un beau prénom, comme Eugène. Ensuite, une société émancipée de l’esclavage est eugéniste par nature. Qui naît mal qui ne naît pas dans les fers ? Ces massacreurs sans massacre veulent voir la mort vivante, la mort aux commandes. Du coup, la mort comme moment indispensable de la vie, et soumise à la vie, leur est impensable. Ils veulent un (non-)monde de morts-vivants.
B. L. : Certes, mais c’est l’intention qui compte : sauver des vies est la priorité absolue, comme l’avait signifié avec insistance Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique Covid en France et grand déontologue, au printemps 2020. Les utilitaristes disent qu’il faut viser le plus grand bien pour le plus grand nombre possible, pas seulement pour les malades, les fragiles et les soignants, et dès lors soumettre la santé à un arbitrage, au besoin. Dire cela vous vaut les foudres de la gauche !
J.-F. G. : Bah, nous sommes armés de solides boucliers contre ces pauvres crétins, nos ennemis. Le débat est vraiment polarisé !
B. L. : Oui. Un camarade de la gauche sociale-démocrate m’a soutenu que la visée de l’immunité collective naturelle, c’était de l’eugénisme ! Car en cours de route décéderont les plus faibles. Or une civilisation digne de ce nom ne laisse jamais tomber ses membres faibles, sous aucun prétexte…
J.-F. G. : La preuve que ta gauche défend ce mouroir qu’elle appelle civilisation. Entre le soin apporté aux fragiles — enfants, vieillards, malades — et l’acharnement thérapeutique, il y a une différence. Spinoza parlait de morts sans cadavres, quand les fonctions vitales sont maintenues alors que toutes les facultés proprement humaines ont disparu. Sauver une jeune vie accidentée, prendre soin d’un vieillard ou d’un malade qui doit revenir à la vie, cela n’a rien à voir avec le maintien à tout prix d’une vie qui doit et va naturellement passer… je ne vois là qu’encensement de prouesses médicales habitées du mythe faustien que Goethe lui-même tournait en acide dérision.
B. L. : Faux !, répondent les déontologues, pas question de discriminer les vies, sauf à tomber dans une forme de fascisme.
J.-F. G. : Le chantage au fascisme est tout ce qui reste à ces salauds. Revenons à l’eugénisme, qui est le choix de la bonne naissance, pas de la bonne mort. Entre l’euthanasie et l’acharnement thérapeutique, il n’y a pas photo, pour moi. Ce dernier équivaut à de la torture. On pourrait alors dire que les déontologues sont pro-torture ! Je préfère la belle mort à la laide, et davantage encore à la torture qui prétendrait empêcher la mort ! L’acharnement thérapeutique est de plus une insulte à tous ceux qui meurent dans la fleur de l’âge. Sous couvert de « civilisation », c’est au contraire d’une barbarie sans nom ! Si je sens une communauté de destin avec les autres, l’idée même de mourir pour elle ne relève pas du sacrifice ; ma vie continue dans le commun. On meurt pour se continuer soi-même dans les autres. C’est un soi pluriel, pas un soi égoïste, une bulle trans-individuelle, si l’on veut parler comme Sloterdijk. Mais malgré les incantations, on sent très peu la solidarité dans cette société dont le sinistre et comique accomplissement tient à faire culminer le souci de l’autre dans son évitement !
B. L. : Je soutiens que l’athéisme, dans ces circonstances pandémiques, n’est pas un avantage, car on se retrouve dans un pur matérialisme desséchant où la seule réalité tangible est son unique vie biologique, à laquelle on se raccroche d’autant plus et pour la préservation de laquelle on exige que toute la société « se coupe en quatre ».
J.-F. G. : l’athéisme classique ou « matérialiste » (dés-animiste en réalité, car la matière morte des athées n’est pas la matière) n’est le contraire des « grandes » religions qu’en apparence. En réalité ces religions sont des contre-religions, selon Latour, ou des religions dérivées d’après l’égyptologue Assmann : si ce dont vous prenez soin — définition très élégante par Latour, encore lui, de la religion — vous fait balayer ce dont les autres prennent soin, et c’est tout le sens des religions conquérantes, alors vous installez l’enfer sur terre. La terre est vidée de son fourmillement d’intérêts au profit d’un arrière-monde impalpable et de la destruction de toute composition terrestre de ces intérêts ; que le ciel soit vide, par-dessus le marché, ne change rien à l’affaire : l’athéisme accomplit la contre-religion aussi sûrement que celle-ci, avec la terrible conséquence supplémentaire qu’aucune immonde promesse d’arrière-monde n’est plus tenue. Les athées sèment le même enfer que les contre-religions, dont elles proviennent, dont elles épurent en quelque sorte l’atrocité. Mais Bataille et Reich avaient vu tout cela depuis longtemps, il faut relire les vrais auteurs révolutionnaires du XXe siècle !
B. L. : Il faut postuler une transcendance. Si on est dans l’immanence, c’est le désespoir, et conséquemment le risque est de se jeter dans les bras des médecins et des experts sans discernement…
J.-F. G. : On peut imaginer une immanence trans-individuelle, sans autre arrière-monde que des communautés dont on provient et où l’on se réincarne. Il est possible de ne pas désespérer sans croire à Dieu, mais en prenant soin de nos mondes tout en composant avec ceux des autres, et pas seulement de sa petite enveloppe individuelle. Il y a un athéisme désespérant qui peut être contrebalancé par le sentiment océanique de Romain Rolland. L’immanence trans-individuelle sauve le sentiment religieux tout en balayant tous les panthéons. Mais au fond, l’immanence comme ce qui a son principe en soi-même — à condition d’entendre « soi » comme composition possible de tous les « soi », Gaïa, en somme — et la transcendance, non comme ce qui se trouve au-delà du sensible-intelligible mais comme franchissement (trans-) des limites individuelles pour ce qui compte de terrestre aux yeux des individus, sont non seulement tout à fait… composables entre elles, mais caractérisent de manière complémentaire une vision religieuse renouvelée, qui inclut dans la religion sa capacité à composer avec toutes les autres.
B. L. : Pour sortir de cette ornière-ci, nous aurions besoin d’un aggiornamento global. Hélas, les masses, au contraire, se sont laissées manipuler par un psychobiopouvoir qui leur a vendu la déontologie par opportunisme, pariant que c’est ce discours-là qui allait fonctionner. Et cela a fonctionné ! Il a réussi à prendre les masses à contre-pied, après des décennies d’hyper-individualisme…
J.-F. G. : Mais quelle déontologie ? Quel contre-pied ? Ces moutons de Panurge communient seulement dans la terreur suscitée politiquement d’être atteints dans leurs seules et misérables enveloppes individuelles, comme disait Hegel. Où est la solution de continuité avec le libéralisme ? C’est l’apothéose de l’atomisme, au contraire ! L’immunité comme seule religion aux dépens de toute com-munité : prends soin de moi, évite-moi ! Voilà la Crown of creation, pour reprendre le titre ironique du groupe de rock Jefferson Airplane, l’apothéose de cette thanatocratie moderne accomplie (enfin accomplie, dirais-je même : qu’on passe vraiment à autre chose…). Une im-munitarisme d’autant plus aveugle qu’il ignore son exposition maximale, non pas à la puissance des autres, comme dans le com-munisme, mais au pouvoir destructeur du capital armé de son État (de sa « République » etc.).
B. L. : L’utilitarisme est un conséquentialisme…
J.-F. G. : Oui. Or les gouvernements ne sont pas souciés de toutes les conséquences de leur choix de gestion, comme les faillites, les dépressions, les suicides, y compris des enfants, les divorces, qui ne sont pas le moindre des traumatismes. Ils ont aggravé une situation pré-existante. Jusqu’où iront-ils dans l’inoculation de la peste individualiste, tout en prêchant la solidarité ? Le nec plus ultra de la sociabilité est devenu l’évitement es autres en vue de les protéger. A-t-on vu perversion plus complète de toute intelligence ? C’est comique à force d’être absurde, en plus d’être orwellien. Cela pourrait être la maxime d’un libéralisme chimiquement pur : prenez soin des autres, ne les approchez pas !
B. L. : Il y a aussi une inversion d’Eros et de Thanatos, puisque dans l’opinion dominante, les apôtres de Thanatos sont ceux qui renâclent à obéir aux mesures « sanitaires ». Alors que Thanatos se retrouve au contraire chez tous ces hygiénistes, ces pandémicalistes qui veulent empêcher de vivre au nom de « la vie ». Ils sont porteurs de la mort, non seulement la mort sociale, mais in fine la mort des corps, ceux des autres et des leurs propres, puisqu’en privant les êtres humains de liens authentiques, on les fait mourir à petit feu. Ce fut évident dans les Ehpads en 2020.
J.-F. G. : Tout à fait. En bannissant la mort, on la met finalement au pouvoir. C’est le covidisme des covidés et de tous les inoculés, comme dit le biologiste Kaarle Parikka. Cachez cette mort que je ne saurais voir ! La meilleure manière de la cacher est de la faire gouverner, de l’installer dans le vivant lui-même en détruisant tous les liens. La mort au pouvoir, c’est la vie des morts-vivants, c’est-à-dire de vivants promis à la mort par destruction de tous les liens ; à la longue, c’est la vraie mort qui triomphe de toute manière, mais non plus seulement chez les individus, comme dans la vision terrible des athées modernes, mais tout court : la mort qui triomphera ne sera plus même envisageable comme moment de la vie de l’espèce, puisqu’elle frappera l’espèce elle-même. « Notre » civilisation totalitaire, de domination tendanciellement totale, fondée sur l’éradication des mémoires et de la transmission du passé comme fécondation du futur, ne peut accepter la mort vraie, qui révèle de manière obscène la vacuité de cette même civilisation. Cette expulsion de la mort, qui n’est que l’œuvre de la mort au pouvoir, « le » mort se mouvant aveuglément dans soi-même, comme disait Hegel à propos du « marché » industriel naissant sous ses yeux, assure en réalité son triomphe pour l’espèce elle-même : non seulement au sens figuré d’une vie dépourvue de sens parce que sans liens entre ses moments individuels, mais parce qu’une vie qui ne relie rien est vouée à la mort tout court. La mort au pouvoir de cette civilisation de morts-vivants, rien moins que pérenne, n’annonce en réalité que la disparition de l’espèce…
B. L. : Sur France-culture, Jean-Pierre Dupuy affirmait que la mort est une extériorité absolue, et il ne peut être question de la considérer comme faisant partie du cycle de la vie. Un intellectuel de plus tombé dans la foi covidienne…
J.-F. G. : Dans l’imbécillité, tu veux dire ! Si l’on pense que tout cesse quand on meurt, si rien de ce que à quoi nous avons œuvré ne se perpétue, nous survit et fait survivre, quel sens peut-on encore donner à sa vie ? Quelle pitié de voir des penseurs jadis si pénétrants se vautrer dans la déchéance…
B. L. : Ce qui se trouve en arrière-plan de toute l’affaire est l’angoisse de la mort, qui est ensuite rationalisée, au sens freudien, dans des discours, des argumentations, des postures…
J.-F. G. : Je pense que l’angoisse de la mort est proportionnelle à la vacuité des vies actuelles. Plus la vie est vide, plus on craint à juste titre de l’abandonner et de tomber dans l’oubli définitif.
B. L. : C’est ce que constate ce vieux nihiliste de Roland Jaccard : plus on a une vie minable, plus on s’y accroche. Comme dit le psychiatre Jean Furtos, avoir l’obsession de ne pas mourir n’aide pas à vivre.
J.-F. G. : Une vie privée de joies profondes et durables, c’est le nœud du problème. C’est cela que le capitalisme a promu avec le calvinisme et son encasernement général en vue d’une prédestination à révéler. Cette psychose est arrivée au pouvoir. Max Weber avait raison, bien qu’il considérât de manière abjecte que cela n’ôtait rien à la supériorité de l’Occident. Il ne fallait rien de moins que la terreur calviniste pour engendrer ce monde non pas malade, comme s’il avait jamais été en bonne santé, mais tout bonnement monstrueux — un monstre est un individu stérile, qui ne peut laisser aucune descendance —, et qui finit heureusement sous nos yeux, chaque jour plus sûrement.
Jeudi cinq août 2021 à Neuf heures du matin, par devant la CHAMBRE Des VACATIONS – SALLE A – DU TRIBUNAL DE L’ENTREPRISE FRANCOPHONE DE BRUXELLES, Siégeant au local ordinaire de ses audiences, Boulevard de Waterloo, 70, à 1000 Bruxelles(Le tribunal du commerce est situé au croisement Bd de Waterloo/rue des quatre bras)
Kairos est un journal belge indépendant qui existe depuis 2012, et qui se définit comme « Journal antiproductiviste – pour une société décente ».
Le 10 juin 2021 un « Grand débat » a été organisé par Kairos, dont le thème était « Le Covid et sa gestion », diffusé en direct sur Facebook. Le débat réunissait des figures reconnues du monde médical belge et français[note]. Le Premier ministre et les experts du gouvernement belge ont reçu une invitation pour participer au débat, invitation à laquelle ils n’ont pas donné suite. La vidéo de ce débat a ensuite été mise en ligne sur la chaîne YouTube de Kairos, le 18 juin. Quelques heures plus tard, l’accès à la vidéo n’était plus possible, YouTube ayant décidé qu’elle ne respectait pas son règlement sur les « informations médicales incorrectes ».
Entre autres choses, nous demandons la remise en ligne immédiate de la vidéo, et la condamnation de Google à des dommages-intérêts
Après réflexion avec son pool juridique, Kairos a décidé de se tourner vers les tribunaux, notamment en faisant appel à un avocat de renom dans le domaine des libertés publiques et du droit de la presse. Citation a été lancée contre Google Ireland (responsable pour YouTube) le 20 juillet. Entre autres choses, nous demandons la remise en ligne immédiate de la vidéo, et la condamnation de Google à des dommages-intérêts.
AIDEZ-NOUS Nous faisons appel aux dons en vue de financer cette initiative judiciaire. Dès lors que la demande principale (la remise en ligne de la vidéo) sera examinée sous le bénéfice de l’urgence, les procédures vont se succéder très très rapidement. Il y a donc vraiment urgence à ce que nous puissions rassembler les fonds nécessaires ! Nous lançons cet appel, la plateforme de crowdfunding KissKissbankbank ayant refusé notre projet (il « sort de son cadre »…) avec l’objectif d’atteindre un budget de 20.000€ visant en principe à couvrir tout voire bonne partie de la première instance[note]. Faire le versement à : Propriétaire du compte : Kairos asbl Numéro de compte : 523-0806213-24 IBAN : BE81 5230 8062 1324 SWIFT : TRIOBEBB Banque : Triodos Indiquez en communication “Soutien citation Google”
La procédure sera introduite devant le tribunal de l’entreprise de Bruxelles à l’audience du 5 août prochain. Au-delà du cas particulier de cette vidéo, et même de la problématique de la gestion de la pandémie, c’est la question centrale du maintien du droit à la liberté d’expression dans nos sociétés démocratiques et de la « censure privée » qui sera au cœur du débat judiciaire. Alors qu’on constate que les journaux traditionnels se font de plus en plus les relais des seuls courants de pensée dominants, c’est souvent au travers des réseaux sociaux qu’un journalisme véritablement indépendant peut se faire entendre, et apporter une voix dissonante si essentielle à nos démocraties. Or, les plateformes de réseaux sociaux s’arrogent, via leurs conditions générales d’utilisation, le droit unilatéral de bloquer toute diffusion qui ne rentrerait pas dans ce qu’elles jugent approprié. Les États semblent jusqu’ici leur abandonner ce droit exorbitant, sans réelle possibilité de recours. Quand on y réfléchit, c’est à terme toute possibilité d’organiser un discours critique, et de lancer des mouvements sociaux contestataires à plus ou moins grande échelle, qui est de fait cédé au bon vouloir de quelques multinationales technologiques…
C’est la question centrale du maintien du droit à la liberté d’expression dans nos sociétés démocratiques et de la « censure privée » qui sera au cœur du débat judiciaire
L’enjeu central de cette procédure consiste donc à convaincre le tribunal que les plateformes de réseaux sociaux ne peuvent plus se retrancher derrière leurs dispositions contractuelles, mais doivent se soumettre au droit des États relatifs en particulier à la liberté d’expression. Sur le plan juridique, une décision qui viendrait dire que l’article 9 de la Convention européenne des Droits de l’homme s’applique également aux plateformes de réseaux sociaux aurait un retentissement énorme, dans tout l’espace européen et même au-delà.
Il s’agit d’un procès de principe. Nous sommes décidés de le mener jusqu’au bout et on peut penser que telle sera également la position de Google. Une telle procédure entraîne des coûts (frais de défense et frais de procédure) qui seront donc importants, d’autant que nous ne voulons pas lésiner sur la qualité de notre défense juridique.
Sur le plan juridique, une décision qui viendrait dire que l’article 9 de la Convention européenne des Droits de l’homme s’applique également aux plateformes de réseaux sociaux aurait un retentissement énorme, dans tout l’espace européen et même au-delà
N’hésitez pas à prendre contact avec nous pour tout complément d’information sur cette initiative. Copie de la citation en justice contre Google du 20 juillet peut être obtenue sur simple demande à info@new.kairospresse.be avec en copie Citation justice Google).
Merci pour votre soutien, la cause en vaut la peine !
Alors que j’avais été invité à débattre pour une soirée inaugurant le lancement d’une chaîne internet, la Une TV, les conditions de la soirée ne permirent pas[note] d’exprimer longuement une pensée construite. Ceci explique que nous écrivions ce qui suit, indispensable rappel à ceux qui verraient dans le « Covid » l’occasion de refaire comme avant.
Si l’on peut se réjouir du sursaut collectif autour de la nécessité de lutter contre le techno-totalitarisme covidien, de nombreuses questions demeurent.
La liberté, d’accord, mais laquelle ?
Des gens évoquent sans cesse la liberté que le covidisme leur aurait prise, et la nécessité de retrouver celle-ci. Mais que signifie cette liberté ? Si d’aucuns avaient saisi que la rengaine « ma liberté s’arrête là où commence celle des autres », n’était qu’un subterfuge visant, dans nos systèmes capitalistes profondément iniques à faire accepter au sujet sa condition et celle, « supérieure », que l’autre lui imposait, il demeurait aujourd’hui que ce mot « liberté » était tout à fait flou, bien avant le totalitarisme covidien d’ailleurs.
Car qu’est-ce que la liberté :
– quand, en dehors de l’Occident : nos modes de vie reposent sur le pillage des matières premières de l’Afrique et la main-d’œuvre de l’Asie (et vice-versa, outre les autres exploités) ? Il n’a pas fallu attendre le Covid pour qu’un enfant meurt de faim – sans évoquer l’exploitation, le viol, la torture et les assassinats – toutes les cinq secondes, conséquence directe de nos modes de vie occidentaux (c’était l’époque où Jean Ziegler était rapporteur spécial pour le Droit à l’alimentation aux Nations Unies. Maintenant, c’est sans doute pire, puisque tout « progresse »…) ;
– quand, en Occident : nous savons que les inégalités se creusent et que, plus que jamais, les femmes de ménage des classes moyennes ne sont jamais des filles d’avocats ou de médecins[note], alors qu’un foyer sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté. Les pauvres ne font pas des riches – les thuriféraires de la mobilité sociale ont de plus en plus de mal à se justifier à l’heure où le « qui veut peut » américain ne trouve plus aucun fondement dans la réalité.
La liberté devrait donc se redéfinir, notamment par ceux qui ne peuvent participer à sa définition. Je doute que les oubliés des barrios et autres quartiers « défavorisés » aient la même définition de la liberté que ceux issus des quartiers bourgeois et huppés. Pour ces derniers, la vision du monde, donc de l’égalité, de la fraternité et de la liberté, sera souvent totalement différente de celle qu’en a le monde « d’en haut ». Là où les premiers pourront se considérer comme les victimes d’un monde injuste – sans pour autant qu’ils n’aspirent pas à devenir comme ceux qui les dominent présentement[note] –, les autres chercheront à légitimer leur position, générant tous les moyens symboliques de la conserver (les sociétés caritatives, qui ne sont au fait que palliatives, en offrant le meilleur exemple). Le Covid a privé ces derniers de beaucoup de « libertés » que les premiers n’avaient jamais eues, ou ne bénéficiaient plus depuis longtemps (il suffit de se promener dans les quartiers pauvres des grandes villes).
On sait aussi, et sans doute toutes classes confondues, à des niveaux variables bien évidemment[note], que les individus ont troqué leur liberté contre un confort et une sécurité illusoire.
Ces questions en amènent inévitablement une autre, en cette période covidienne, inédite mais prévisible pour certains :
– où étaient les nouveaux contestataires avant l’ère covidienne, alors que tout allait déjà mal et que la liberté n’était plus qu’un luxe pour une frange occidentale privilégiée ?
De cette question en découlent deux autres :
– certains profitent opportunément du Covid pour défendre des causes moins nobles que celles de la Liberté, du bien commun (d’où ces multiples officines d’opposition contrôlée pas toujours aisément identifiables), espérant retrouver « l’horreur-beauté du monde d’avant » dont ils tiraient un bénéfice libertarien ;
– D’autres grandissent politiquement grâce à l’ère Covid – faut-il encore les distinguer des premiers, ce qui n’est pas toujours chose facile.
Il faut rappeler que nous étions déjà, depuis des décennies, dans une société profondément indécente, où quasiment tous les objets de notre usage quotidien étaient le fruit d’une exploitation de la nature et de l’humain. Si vous n’en étiez pas conscients par déficit d’information ou/et déni, nous entendons la difficulté de la période de conscientisation actuelle ; si vous en refusiez la conscience par pur intérêt, nous comprenons que le Covid n’est qu’un sursaut pour un retour vers le passé, apeurés que vous êtes de perdre vos privilèges.
Nous ne soutiendrons que ceux qui voient dans la période actuelle une occasion altruiste. Les autres sont ceux qui feront le « monde Covid », qu’ils le veuillent ou non.
Le monde d’avant ne reviendra pas. Nous sommes devant deux choix.
Alors que la politique « sanitaire » n’est aujourd’hui axée que sur une vaccination massive à force de culpabilisation, d’obligation « choisie » et de propagande inédite, qui a tiré ses meilleurs enseignements du marketing, il est indispensable de comprendre le contexte qui a préparé à cela. Car qui peut dire que tout n’a pas été fait pour en arriver là?
Quatre médecins s’exprimaient sur la gestion de la crise sanitaire il y a 6 mois. Quatre réalités identiques, où il leur a été interdit d’exercer librement.
Depuis maintenant presque un an et demi, les mesures politiques pour, selon les dires de ceux qui les prennent, lutter contre le covid, ne supportent aucune contradiction.
La conférence de presse du lundi 19 juillet n’a donc pas plus d’authenticité à nos yeux que les autres : « cas » calculés sur des tests PCR faussant les résultats ; cas non mis en relation avec le nombres de tests réalisés, d’où l’impossibilité de mesurer l’augmentation relative ; données permettant de différencier vaccinés et non-vaccinés absentes; « non-obligation » dans un contexte de propagande vaccinale, de stigmatisation et de pression sans précédent poussant à l’obligation ; absence de débats sur les effets secondaires et mortalité post-vaccination…
Il y a depuis le début comme cette impression que tout est fait pour nous mener vers une seule et même solution. D’ailleurs, s’ils voulaient le bien de tous, il y a longtemps qu’on le saurait, non?
Il est de bon ton d’invoquer 1984 d’Orwell pour décrire l’actualité. Tentons l’exercice en y ajoutant une touche de vampirisme. Dans la dictature de Big Brother, la double pensée règne en maître. L’amour, c’est la haine, la guerre, c’est la paix et l’ignorance, c’est la force. Actualisons la liste :
La soumission, c’est la liberté
Dès que quelqu’un exprime sa volonté de ne pas se faire vacciner et critique le passeport sanitaire, il se heurte à une incompréhension sincère : « le meilleur moyen de retrouver notre liberté n’est-il pas d’être favorable à la vaccination ? La vaccination et le passeport sanitaire sont la clef pour rouvrir les restaurants, les cafés et retrouver la liberté, comment pouvez-vous être contre ?! ». L’argument n’est pas scientifique, sinon un débat constructif et didactique pourrait avoir lieu. Après tout, peut-être que la spécificité de l’actuelle pandémie est que l’immunité naturelle de ceux qui ne risquent rien, combinée à la vaccination des groupes à risques, ne suffit plus. Mais la question n’est pas là, l’objection est purement logique : comment est-il possible de ne pas admettre que pour être libre il faut se soumettre aux injonctions du ministère de la Santé ?! Dites que ces injonctions sont liberticides et on vous répondra que le vaccin n’est pas obligatoire. Rétorquez qu’il l’est par la pression des injonctions, et on vous invitera à ne pas tout mélanger. L’otage est absolument libre de ne pas payer sa rançon… C’est la logique même.
La discrimination, c’est l’équité
En droit, appliquer les mêmes règles à des personnes se trouvant dans des situations différentes est autant discriminatoire qu’appliquer des règles différentes à des personnes se trouvant dans une même situation. Mais ça, c’était avant. Osez dire qu’un jeune sans comorbidités n’est, face à la maladie, objectivement pas dans la même situation qu’une personne âgée, et vous provoquerez la réprobation. Ajoutez que devant étudier, travailler, découvrir le monde, interagir, fonder un couple ou une famille, ce jeune n’est, face au confinement, objectivement pas dans la même situation qu’un retraité dont les entraves à la liberté n’auront aucun impact sur les revenus présents et futurs, ni sur ses facultés à trouver du travail, construire sa personnalité, ou fonder une famille, et vous provoquerez une saine indignation. Faites ironiquement remarquer que puisque nous sommes tous dans le même bateau, les vaccinés devraient renvoyer l’ascenseur de la solidarité intergénérationnelle et accepter de rester confinés en fond de cale avec les jeunes non vaccinés, et l’indignation se transformera en noble colère. L’humanisme, la solidarité et la morale ne sont pas négociables. Argumentez que, quand bien même tous les vaccinés mouraient 10 ans après l’injection, un sexagénaire se ferait voler dix ans d’espérance de vie, tandis qu’un jeune de 20 ans s’en verrait voler cinquante. Ajoutez que cinquante ce n’est pas dix, et on vous reprochera un raisonnement sophistique, euphémisme du crime de la pensée. Dans la Novmorale, 2+2 n’est pas forcément égal à 4. L’ordre des médecins allemands préconise de conditionner l’accès aux crèches et aux maternelles, à la (totalement libre) vaccination[note]. Si vous pensez qu’imposer (librement) une nouvelle technologie vaccinale, à des sujets qui en supporteront les éventuels risques sans en tirer le moindre avantage, c’est en faire des objets d’expérimentation, c’est vous qu’on traitera de Nazi.
L’outrance, c’est la nuance
Suggérez que le confinement ne touche que les personnes pour qui il constitue un désagrément nécessaire pour en éviter un bien plus important, et on vous répondra : « Comment osez-vous dire de laisser mourir les vieux et les malades !». Si vous êtes vraiment maso, proposez que pour atteindre une couverture suffisante tout en épargnant les jeunes et les enfants, on rende le vaccin obligatoire pour les plus de 50 ans, en arguant qu’à partir de cet âge on en retire un avantage qui compense le risque théorique des effets à long terme, par définition, inconnus, des innovations vaccinales… écartèlement garanti entre ceux qui veulent vacciner tout le monde, et les antivax. Si vous êtes provaccination, ça ne vous posera pas de problème de l’imposer (pardon, le proposer) aux jeunes et aux enfants, ni de mettre sur un même pied le passeport vaccinal pour voyager sous les tropiques et le pass sanitaire pour aller au resto du coin. Si vous êtes antivax, ça ne vous posera pas de problème de dire que contre le poison vaccinal, diabétiques hyper tendus de 85 ans et jeunes sans comorbidités, même combat ! Ni de comparer le pass sanitaire à l’étoile jaune. Ceux qui se situent entre les deux, qui cherchent des critères objectifs, le compromis et la proportionnalité, sont de dangereux extrémistes.
Le vampirisme, c’est l’amour de la jeunesse
Si vous aimez les jeunes et les enfants, vous devez les contraindre, par le confinement, à vivre comme des petits vieux. Ils ne risquent rien d’une maladie dont le vaccin vous protège ? Il faut donc les confiner, les masquer puis les vacciner. Les nouvelles technologies vaccinales sont tellement porteuses d’espoirs pour prolonger la vie des jeunes quinquas et de leurs aînés. Si vous les aimez sincèrement, vous devez relayer avec une gourmandise macabre, la moindre information concernant un jeune aux soins intensifs, ou, mieux encore, mort. Protégeons notre jeunesse, maintenons-la dans la peur du variant ! Mais non, l’argument n’est pas au mieux abscons : tous les virus, même les plus bénins, ne mutent pas en permanence, et gagner la course aux variants dans un village mondialisé de huit milliards d’habitants n’est pas une chimère ! Mais non, l’argument n’est pas au pire pervers : il ne revient pas à souhaiter qu’un variant tueur de jeunes émerge, pour pouvoir justifier a posteriori toutes les souffrances inutiles que nous leur faisons subir !
Depuis 20 ans, mon épouse et moi-même accompagnons les entreprises à améliorer leur référencement naturel, c’est-à-dire leur présence dans les résultats des moteurs de recherche. Aujourd’hui, cette expertise est appelée le « SEO » (Search Engine Optimization). Elle m’a conduit à m’intéresser de très près à la manière dont Google fonctionne et aux dernières évolutions du numéro un de la recherche d’information sur la toile.
La première chose à réaliser, c’est la domination de Google dans le paysage des moteurs de recherche. En Belgique, 95% des recherches mots clés sont effectuées sur Google[note]. La principale alternative choisie par les utilisateurs est Bing, le moteur de recherche de Microsoft, utilisé par environ 3% des internautes. Yahoo! arrive en troisième position sur le podium. En d’autres termes, le moteur qui pèse lourdement sur l’accès à l’information, c’est bel et bien Google. C’est la raison pour laquelle il est au centre de la stratégie de visibilité des entreprises. Et c’est pour cette même raison que nous allons en faire le cœur de l’analyse qui suit.
Deuxième chose à savoir : les gens sont impatients et peu nombreux à effectuer des recherches approfondies. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les 4 premiers résultats proposés (souvent au départ de milliers de résultats potentiels) génèrent 81% de taux de clic[note]. En d’autres termes, moins d’un utilisateur sur cinq explore le 5e résultat. Quelques pour cent à peine s’intéresseront à la seconde page de résultat.
Source de l’image : iProspect, via 1ere-position.fr
Que peut-on en conclure ? C’est que la sélection d’information qui va être proposée aux utilisateurs, résultat de l’algorithme de Google, va lourdement peser sur le façonnage des opinions. Les informations reléguées en seconde page ne toucheront qu’une audience très limitée.
« Quel est le meilleur endroit pour dissimuler un cadavre ? La seconde page de résultats de Google ! », exprime avec humour Olivier Andrieu, l’expert SEO francophone de loin le plus renommé.
Partant de ce constat, nous avons voulu observer quelle information rentre dans la « lucarne » du moteur de recherche américain dès lors que nous nous intéressons à la gestion de la crise sanitaire de la COVID-19. Sans prétendre mener ici une étude exhaustive à valeur scientifique, nous désirons effectuer quelques coups de sonde, qui vont nous permettre d’éclairer certaines réalités du moteur de recherche.
Google monopolise l’espace en réponse à la requête « Le vaccin est-il sûr ? ». Prise d’écran datée du 02/07/2021.
Comme l’indique la prise d’écran ci-dessus, sur certaines requêtes clés, dans la première partie de l’écran (celle dont on sait qu’elle va monopoliser une très grande partie de l’attention), le moteur de recherche n’aiguille même pas vers des pages de résultats externes. Il livre directement l’information !
Lorsqu’on sait à quel point certains scientifiques et certains statisticiens demeurent plus que critiques sur l’origine, l’homogénéité, la consistance et la pertinence des données sources, que ce soit pour les morts attribués à la COVID que pour les fameux « cas négatifs » COVID basés sur des tests PCR calibrés et organisés de manière variable, on peut considérer que ce raccourci vers une seule source de données constitue une démarche plutôt audacieuse. Elle laisse à penser qu’il n’existe qu’une vérité chiffrée facile à obtenir alors que la réalité est infiniment plus complexe.
L’intelligence artificielle du moteur de recherche Google continue de progresser. La dernière version de son algorithme a été baptisée « MUM ». Grâce à un puissant travail sur la synonymie dans de nombreuses langues du monde, elle permet notamment de canaliser différentes requêtes vers une même page de résultats. Ce qui augmente encore le taux d’exposition à une même réponse ou à un même message mis en scène par le moteur. Récemment, Google a d’ailleurs communiqué qu’il testait son algorithme MUM sur les questions liées au vaccin[note].
Google en devient presque un média à part entière, comme en témoigne l’augmentation faramineuse des pages de résultats à zéro clic[note]. Dans 65% des cas, les utilisateurs se contentent de l’information proposée par Google, sans creuser plus loin !
Or, Google n’est pas neutre sur la question de la vaccination. Le 15 avril dernier, la firme californienne a communiqué sa volonté de « participer aux efforts de vaccination dans le monde »[note]. Cette aide s’est traduite par l’achat de 200.000 doses de vaccin, mais également par des subventions publicitaires. Dans ce contexte, il semble légitime de nous questionner sur la neutralité des algorithmes du moteur de recherche, lesquels ne sont pas publics.
Jusqu’où Google sera-t-il capable d’aller sous la pression des gouvernements ? La tendance est limpide : depuis 10 ans, les demandes d’information sur les utilisateurs venant des gouvernements n’ont cessé de grimper[note].
En 10 ans, la pression des gouvernements pour obtenir des données auprès de Google a plus que quadruplé. Source : fr.statista.com.
En avril dernier, Google a décidé de rendre publiques les données de géolocalisation dont il dispose. Ces données sont censées « fournir de précieux renseignements sur les mouvements des populations, et surtout, sur la fréquentation de différentes catégories d’endroit », indique le géant[note]. Au total, 131 pays sont concernés.
Jusqu’à présent, ces données sont anonymes. C’est-à-dire qu’on peut y voir les déplacements de la population, sans savoir que c’est Monsieur Dupont ou Madame Tartempion qui se sont rendus à leur maison de campagne. Mais de là au traçage individuel, il n’y a qu’un pas. Prenez-en pour avertissement la déclaration de la Sécurité du Québec (SQ) qui se prépare à utiliser les téléphones cellulaires pour géolocaliser les citoyens qui refuseraient de se placer en isolement pendant la pandémie de coronavirus[note].
Mais l’influence de Google ne s’arrête pas là. Lorsque vous effectuez une recherche, le moteur vous suggère des requêtes qui, habituellement, correspondent aux requêtes populaires. En temps normal, le moteur de recherche essaye de vous rendre service en accélérant l’accès aux recherches les plus fréquentes. Cette fonctionnalité s’appelle « Google Suggest ».
Dans le cas qui nous occupe, nous avons tout de même été fort surpris, par exemple, de ne pas voir apparaître l’association entre l’ivermectine et la COVID, pourtant au cœur de l’actualité.
Ci-dessus, Google ne propose pas l’association entre ivermectine et COVID. La rosacée ou les poux lui font de l’ombre.De fait, contre toute attente, cette association semble ne pas faire partie de la base de données des suggestions de Google.Ci-dessus, Ecosia[note], un moteur de recherche alternatif qui investit dans des projets écologiques, propose de tout autres suggestions. L’association entre « ivermectina » et « covid » est ici présente, en réponse au besoin de recherche du moment.
À d’autres endroits, Google met en avant des « Questions fréquentes » autour du thème recherché. Ce qui semble bienveillant dans la forme. Cependant, les réponses pourront surprendre les esprits un tant soit peu critiques.
Par exemple, à la question « Les vaccins contre la COVID-19 sont-ils sûrs ? », Google répond en 8 lignes, qui s’appuient sur la réponse officielle de l’Agence européenne des médicaments. Beaucoup de langue de bois et pas la moindre indication sur le fait que, de manière très exceptionnelle et conditionnelle, ces vaccins soient mis sur le marché avant la fin des essais cliniques de phase 3. Ni aucun lien vers une analyse des effets secondaires ou du ratio bénéfice/risque.
Google s’appuie sur la communication très générique de l’Agence européenne des médicaments pour répondre à une question aussi concrète que brûlante : le degré de sécurité des vaccins contre la COVID-19.
Quant à l’efficacité des vaccins, au-delà de la question de leur sécurité, comment est-elle appréhendée par le principal fournisseur d’information dans le monde ?
Dans notre cas, c’est le site web LCI.fr qui arrive en tête des résultats, juste en dessous du carrousel d’actualités[note].
Le site LCI.fr est propulsé en tête des résultats sur la requête « Les vaccins sont-ils efficaces ? ». Date de la prise d’écran : 02/07/2021.
À l’analyse, nous observons que l’article qui est si bien positionné fait référence à « une étude britannique », dont il ne livre même pas les références précises.
Cet article a été choisi pour occuper la « pole position » de Google sur la requête « Les vaccins sont-ils efficaces ? ». Il ne contient même pas une référence scientifique précise. Aucun lien vers des ressources détaillées. Aucune bibliographie.
Cet article fait 582 mots. Ce qui semble bien frugal pour obtenir la « pole position » sur un thème complexe. Comment Google en arrive-t-il à ce type de situation ? Nous ne pouvons pas nous avancer dans une réponse précise, mais une chose est sûre : la pertinence et la consistance des premiers résultats proposés par Google sont hautement questionnables. Or, comme nous l’avons vu plus haut, ces premiers résultats vont conditionner la majeure partie de l’impression faite aux internautes.
Sur le moteur de recherche Bing, qui appartient à Microsoft, une recherche sur « Raoult » positionne Alain Delon, l’acteur de cinéma, comme grand censeur du débat scientifique. On croit rêver.
Date de la prise d’écran : 02/07/2021.
« Chercheur peut-être, médecin, je ne sais pas », tance vertement l’acteur Alain Delon à propos de Didier Raoult. Il est hallucinant de voir le précieux espace pixel de réponse à une recherche très actuelle envahi par des propos qui fleurtent avec la diffamation.
La réputation de Didier Raoult sur la première page du moteur Bing s’apparente à une campagne de dénigrement. Dans le carrousel d’actualités, Raoult est même associé à Bernard Tapie : « Deux pyromanes dans le brasier de la France », peut-on lire.
Aucun lien n’est proposé vers le principal concerné, qui alimente pourtant une chaîne vidéo très consistante à l’IHU Marseille. La page de résultats de Bing se résume en un procès unilatéral, qui ne donne pas la parole à l’accusé.
Notre propos n’est pas de prendre position, mais bien de prendre conscience d’un fait objectif : même une requête nominative concernant un des acteurs principaux du débat sur la COVID-19 génère des jugements de valeur, mais pratiquement aucun lien vers les personnes concernées, qui permettrait de se faire sa propre opinion. Le jugement sur la personne prend le pas sur les sources originales.
Le résultat se fait sentir dans l’opinion : la simple mention de Didier Raoult suffit à provoquer de brûlantes réactions, venant de personnes qui, parfois, ne l’ont jamais entendu s’exprimer.
Encore un point important, et une précaution à apporter à mon analyse : il faut savoir que, sur Google, les résultats peuvent varier d’un ordinateur à l’autre, en fonction de différents paramètres, comme la localisation géographique ou l’historique de recherche d’un utilisateur. Le moteur de recherche a tendance à vous proposer une information localisée, lorsque c’est possible, et à favoriser le type d’information que vous semblez apprécier ou consulter régulièrement. C’est ce qu’on appelle la « personnalisation des résultats de recherche ».
Le filtre géographique n’est pas des moindres. Par exemple, si je cherche « Dipali Ojha India », sur Google France, je tombe sur une page peu attractive, qui semble lister des profils de personnes correspondant au nom recherché. Mais aucune actualité n’est remontée.
En réponse à la requête « Dipali Ojha », la page de résultats sur Google France n’est pas très attractive.En passant directement par Google Actualités, nous tombons sur une série d’articles, qui viennent étonnamment presque tous de médias hors Europe : Maroc, Mali, etc.Sur le moteur alternatif DuckDuckGo[note], on sort du brouillard algorithmique : les informations clés sur le procès en cours apparaissent au grand jour.
Que faut-il en retenir comme point de vigilance ? La localisation de l’information, notamment sur Google France, peut vous faire complètement passer à côté d’informations cruciales, lorsqu’elles ne sont pas traitées par les médias européens. Tandis que l’utilisation de moteurs de recherche alternatifs à Google et Bing pourra vous surprendre, presque autant qu’un brouillard qui se dissipe pour laisser entrevoir un paysage d’information flambant neuf.
En l’occurrence, la plainte de l’association Indian Bar introduite contre le Dr. Soumya Swaminathan, Directrice scientifique de l’OMS, pour désinformation à propos de l’ivermectine, fait l’objet, à ce jour, d’un silence radio au sein des médias français, à l’exception de France Soir qui relaye l’information[note].
Le vice-secrétaire de la Santé a reconnu l’efficacité de l’ivermectine comme traitement contre la COVID et les experts médicaux du public et du privé l’ont aussi confirmé. La Haute Cour indienne a rendu un jugement en faveur de ce traitement. C’est bien la reconnaissance de l’ivermectine dans un pays qui a déjà généralisé son utilisation. Mais cette reconnaissance fait actuellement l’objet d’un grand silence dans l’arène médiatique européenne. Silence répercuté par le filtre géographique de Google.
Allez, on vous a laissé le meilleur morceau pour la fin. Du jamais vu en 20 ans de carrière d’analyse du moteur de recherche : le journal Le Monde, presque sans concurrence sur une requête concernant les décès liés aux vaccins. Certes, l’expression de recherche « dans le monde » fait écho à la marque du journal, mais dans bien d’autres contextes, Google gère parfaitement la polysémie.
Parmi les 8 premiers résultats, le journal Le Monde est cité 6 fois. Belle diversité des sources sur une matière polémique.
En conclusion, même si nous ne prétendons pas avoir réalisé ici une analyse exhaustive, nous avons observé que :
Les tout premiers résultats de Google impactent drastiquement l’opinion.
Ces tout premiers résultats manquent souvent de consistance scientifique.
Le moteur Bing de Microsoft offre une arène à la calomnie.
De plus en plus souvent, Google met en scène l’information, sans qu’il ne soit plus nécessaire de consulter des sources externes.
Des informations cruciales sont totalement absentes du moteur local.
Les suggestions de Google filtrent d’importantes informations.
Google a explicitement et activement pris position en faveur des vaccins.
Google relaye l’information officielle en priorité.
Vos données personnelles, notamment de localisation, sont susceptibles d’être transmises aux États.
Les algorithmes de Google ne sont pas rendus publics, mais ils conditionnent la réalité de l’accès à l’information.
L’usage des moteurs de recherche se concentre à 95% sur Google.
Les moteurs de recherche alternatifs (DuckDuckGo ou Ecosia, par exemple) métamorphosent, dans certains cas, le paysage de l’information.
– C’est quoi être journaliste aujourd’hui ? – Je ne peux pas réellement y répondre, j’ai quitté la profession[note] il y a 7 ans… mais je peux témoigner de mon vécu, de mon expérience.
J’ai bossé en radio pendant 12 ans dans la plus grosse boîte privée de radio-télé du pays (concurrente directe du service public). J’étais pratique : je pouvais être mise à tous les postes ou presque. J’ai commencé par présenter la météo, puis les flashs et les journaux. J’ai aussi été reporter sur le terrain. Des conférences de presse institutionnelles aux faits divers, en passant par les marronniers (sujets récurrents traités chaque année par les médias, comme les soldes par exemple ou la rentrée des classes), j’ai couvert une diversité de sujets : un procès aux assises, des inondations, les maraudes en hiver… aussi des sujets politiques et internationaux (mais sans jamais aller à l’étranger).
À vrai dire, aujourd’hui, peu de sujets que j’ai été amenée à traiter se rappellent à mon bon souvenir… faute le plus souvent d’intérêt de et pour ces sujets. Cela peut aussi s’expliquer par le fait d’avoir eu ce sentiment à un moment donné d’être une machine à donner de l’information (on lit, on digère vite et on recrache), à consommer des sujets et à simplifier parfois à outrance pour rentrer dans le cadre dictatorial du timing (« Une interview, c’est maximum 40 secondes »). Tout cela pour quoi ? Soi-disant pour que « Jocelyne de Charleroi se sente concernée ». Mais Jocelyne l’a-t-elle seulement été ? Qui est-on pour définir ce qu’elle veut, souhaite voir et entendre ?
Politique de nivellement par le bas, notamment dans le choix des sujets (quand ils ne sont pas porte-parole, quel rôle réel d’information – au sens d’« instruire de quelque chose » – ont encore les médias mainstream?), cupidité et radinerie de l’employeur (« toujours plus avec moins de moyens »), contrats précaires, manque de transparence (ce qui pouvait exacerber la concurrence au sein des employés) et parfois d’humanité… j’ai vu et vécu l’envers du décor pendant 12 années. Quand j’ai quitté l’entreprise, je pouvais me prévaloir d’être la plus vielle pigiste à n’avoir jamais été virée, ni employée sous contrat (tous les autres pigistes avaient soit été licenciés à un moment donné, soit engagés), quel privilège ! Cela étant, il y a aussi des bons souvenirs, et quelques collègues qui vous aident à adoucir le quotidien.
Je continue à croire aujourd’hui que le journalisme est un beau métier. Parmi ses facettes : celle que chaque jour peut être l’occasion d’apprendre et de partager ce qu’on a appris aux autres. L’occasion aussi d’élargir sa vision du monde ou d’une réalité, qu’elle soit proche de chez soi ou loin, très loin d’où l’on vient. Mais ce que font du métier ceux/celles qui œuvrent à la politique des médias mainstream (dont les actionnaires) tuent la noblesse de la profession.
En revenant aujourd’hui à tâtons à l’écriture journalistique (par le biais de cet article-témoignage), je me rends compte de mon déni, des illusions que j’ai entretenues toutes ces années. J’ai aimé croire au fait que j’étais libre et objective au sein de la ligne éditoriale qui m’était donnée. J’ai cru aussi que j’apportais ma petite pierre à l’édifice en proposant de traiter des sujets dits moins faciles, plus complexes ou éloignés des préoccupations quotidiennes de l’auditeur lambda. Mais tout cela, c’était de la soupe. Même préparée et agrémentée avec la meilleure intention du monde, cela reste de la soupe. Je l’ai servie pendant des années… pour enrichir un groupe privé européen. Je n’ai pas honte en l’écrivant ; ma lucidité me donne presque chaud au cœur aujourd’hui.
Oui, l’objectivité est un leurre. Rien, ni personne n’est neutre, et encore moins en tant que journaliste. Il n’y a qu’en s’accrochant aux faits que l’on peut espérer l’être, mais cela impose de se demander qui donne les faits (quelles sont les sources? Si tout le monde a les mêmes sources, comment se fabrique l’information dite objective ?). Il y a aussi le choix des sujets par les rédactions (quels critères de choix prévalent ?), leurs hiérarchies (qu’est-ce qui sera mis en titre, en évidence ?), le timing (le temps consacré à tel sujet plutôt qu’à un autre)… tous ces facteurs sont subjectifs et nous sommes nous-mêmes, en tant qu’être humain, un filtre subjectif de la réalité que l’on voit, observe, décrit. Ne dit-on pas que l’observateur influence ce qui est observé ?
Une fois que l’on a déchanté sur l’objectivité du journaliste, reste à réenchanter le métier, se réinventer. Mais avant, des questions me viennent : Quand me suis-je endormie ? Quand décide-t-on de se taire ? De renoncer et d’accepter de niveler par le bas ? C’est pernicieux… De mon expérience, on se laisse « l’air de rien », formater à petit feu, pour in fine se laisser littéralement bouffer par l’entreprise. Ainsi au fur et à mesure, notre esprit critique se perd ou s’épuise. On accepte, on banalise, on se lisse, on s’indiffère… pour devenir froid, automatique et rigide, comme un robot ou une machine. Et puis, à force de ruer dans les brancards (comme contester la légitimité de certains sujets[note] ou encore les conditions de travail), soit on se marginalise, soit on s’use. Reste alors le choix de partir ou d’accepter de se fondre dans la politique de la boîte. Moi j’aurai tenu 12 ans, vaille que vaille… 12 années de complicité. Pendant ce temps, j’en ai vu vendre leurs idéaux au profit d’un siège de présentateur, de rédacteur ou d’un salaire plus confortable. Il y en a qui rêvait d’être reporter de guerre et ont fini dans une cage en verre qui leur faisait office de bureau. Quand l’ego l’emporte…
Et aujourd’hui ? Quid de ma volonté de rester curieuse ? De dénoncer les injustices ?
Moi, ce que je souhaite aujourd’hui, c’est de pouvoir retrouver ma voix, aussi pour en porter d’autres, celles qui n’en n’ont pas ou peu dans les médias mainstream.
Ce que je souhaite aujourd’hui, c’est témoigner et rendre compte de certaines réalités pour ceux/celles qui les vivent et pour ceux/celles qui en sont parfois radicalement éloignés. Leur dire simplement : « Ça existe. Qu’est-ce qu’on en fait ? ».
Ce que je souhaite aujourd’hui, c’est pouvoir m’exprimer avec le cœur (je ne suis pas un robot) et être humain pour tenir compte de l’humain.
Et pour cela, nul besoin d’avoir le titre de journaliste.
Il ne s’agit plus aujourd’hui de s’illusionner : le journalisme est politique. On peut être un journaliste libre et indépendant, sans carte de presse et sans être repris sous aucune bannière (cela existe, oui) tout en étant engagé dans des causes et avec tout son être.
Sus à l’hypocrisie, assumons ! C’est la moindre chose pour tendre vers l’honnêteté, à défaut d’une soi-disant objectivité.
Une manière de penser la pandémie du Covid-19 est de la considérer comme révélatrice du fonctionnement de notre société. En effet, en appliquant une pression, elle amplifie la dynamique de nos organisations sociales. De ce fait, certains aspects se dégagent d’un bruit de fond, où ils demeurent habituellement peu perceptibles, voire même indiscernables. Parmi ces aspects se trouvent notamment les moyens (comme la communication) utilisés pour imposer des mesures excessives et souvent arbitraires.
Depuis la grippe espagnole (et le SIDA), l’inquiétude d’une pandémie dans notre monde globalisé est restée dans les mœurs. Un aperçu de cette crainte a été visible à plusieurs reprises dans le passé avec des épidémies avortées. Les modèles imaginés par des épidémiologistes de l’Imperial College en Angleterre, tels que Neil Ferguson, avaient prédit par exemple [note]:
en 2002, que d’ici 2080, jusqu’à 150 000 personnes pourraient mourir de la maladie de la vache folle – au Royaume-Uni, il n’y a eu que 177 décès
en 2005, que jusqu’à 150 millions allaient mourir de la grippe aviaire – seules 282 personnes sont décédées de la maladie entre 2003 et 2009
en 2009, dans le pire scénario raisonnable, que la grippe porcine entraînerait la mort de 65 000 Anglais – or, il n’y en a eu que 457 au Royaume-Uni
Plus récemment en 2019, un célèbre virologue belge expliquait lors d’une conférence au Royal Institute of Foreign Affairs à Londres comment vendre une pandémie en instrumentalisant la peur et influençant l’opinion publique via les médias[note]. Des vaccins contre le H1N1 ont été fabriqués dans la précipitation, s’avérant ultérieurement responsables de graves effets secondaires, tels que la narcolepsie[note].
Suite aux épidémies de coronavirus (SARS-CoV-1 en 2002-2004 et MERS en 2012), une des hypothèses jugées les plus plausibles était une pandémie qui serait causée spécifiquement par un coronavirus, sujet étudié notamment par des laboratoires à Wuhan. Il est ainsi peu surprenant que l’annonce d’une éruption épidémique liée à un nouveau coronavirus en Chine ait provoqué un affolement. Contraints d’agir, les gouvernements se sont tournés vers ces mêmes cavaliers de l’apocalypse cités ci-dessus qui les conseillaient lors de la gestion du H1N1! Sans grande surprise, ces derniers ont à nouveau prédit des millions de morts si des mesures dites non pharmaceutiques (NPI pour Non Pharmaceutical Intervention), telles que le confinement strict ou la distanciation sociale, n’étaient pas appliquées… tout en admettant simultanément que leurs modèles ne prenaient pas en compte les implications éthiques et socio-économiques qu’auraient ces mesures[note] ! Avec le confinement rigoureux en Chine et les modèles alarmants de l’Imperial College, les pays européens ont ainsi décidé d’imposer ces NPI draconiennes.
Le professeur Ari Joffe de l’Université d’Alberta au Canada décrit dans son étude COVID-19: Rethinking the Lockdown – Groupthink[note], portant sur les effets désastreux des confinements, plusieurs biais cognitifs, dont:
Le biais d’ancrage qui consiste à préférer l’hypothèse initiale et à ignorer les preuves qui réfutent cette dernière ;
L’escaladed’engagement dans lequel des investissements dans un plan d’action défini sont maintenus, même face à des preuves de meilleures options, respectant ainsi les décisions antérieures ;
Le biais de superstition qui postule que l’action est meilleure que la non-action (même en l’absence de preuves), car il réduit l’anxiété ;
Le biais du présent qui favorise les bénéfices immédiats à des bénéfices encore plus importants dans le futur (les mesures qui permettraient d’éviter plus de décès à long terme semblant moins attrayantes) ;
Et le biais des vies identifiables qui comprend l’effet de victimes identifiables (négligence des statistiques dedécès invisibles, comme par exemple les victimes collatérales des mesures,rapportées au niveau de la population) et du cause à effet identifiable (priorisation des efforts pour sauver des vies d’une cause connue, même si davantage de vies étaient sauvées grâce à des réponses alternatives).
Ces différents biais, parmi de nombreux autres, me semblent expliquer en partie non seulement les démarches de différents gouvernements, mais également l’établissement et le maintien d’un certain narratif.Un narratif, qui a fini par captiver une écrasante majorité de la population, sans épargner même les personnes de formation scientifique.
Des mesures aussi prohibitives n’auraient jamais pu être imposées sans la construction de ce narratif, qui trouve sa fondation dans une menace grave, relayée et amplifiée par les médias traditionnels. Ces derniers l’ont maintenu en diffusant quotidiennement de manière morbide les chiffres des décédés COVID-19, et par la suite les chiffres de contaminations. Le narratif s’est ainsi progressivement installé au moyen de plusieurs méthodes, dont la diffusion d’un message unique par toutes les voies de communication, en se propageant dans la société sous forme de doxa (ou l’Ensemble des opinions reçues sans discussion, comme évidentes, dans une civilisation donnée[note]).
Il est frappant de constater que la notion de guerre soit évoquée dans le contexte de la pandémie… Car la propagande a toujours été un outil fondamental lors des guerres, et une de ses pratiques est la censure. Dans notre ère numérique, elle prend la forme de fact checking (vérification des sources). Le 25 novembre 2020, j’ai diffusé un article sur Facebook intitulé Are Face Masks Effective? The Evidence publié sur Swiss Policy Research (SPR) (association indépendante, non partisane et sans but lucratif, dont l’objectif est d’investiguer la propagande géopolitique)[note]. L’article en question citait dix études qui concluent que le masque n’est pas efficace contre la propagation du SRAS-CoV-2, accompagnées de dix autres aspects à prendre en considération lorsque l’on évalue l’efficacité des masques. Afin de compléter ces informations, l’article reprenait et analysait même sept études présentant les effets avérés des masques sur la propagation du virus. Cet article ne se limitait pas à une opinion non fondée, mais défendait une position sur base de références et pourtant Facebook lui a attribué un label de fausse information. Le lien proposé par ce fact-checking menait sur le site de Lead News, qui affirmait que plusieurs sources confirment que les masques fonctionnent contre la propagation sur SRAS-CoV-2 tout en ne citant qu’une seule et unique source, le Center for Disease Control and Prevention (le centre de prévention et de contrôle de maladie des États-Unis)[note] ! En fouillant davantage, il s’est avéré que Facebook luttait contre la désinformation en effectuant des fact-checks à l’aide de vérificateurs de sources dits indépendants. Mais le fameux Lead News (qui est financé uniquement par Facebook) est une branche d’un autre groupe, le Credibility Coalition, lui-même financé entre autres par Facebook, Google et Twitter[note].
Plus récemment, sur YouTube cette fois-ci, la vidéo du Grand Débat[note] organisé par Kairos n’a même pas tenu 24h avant d’être retirée sous motif de mésinformation médicale. Pour rappel, une série d’experts scientifiques et de représentants du gouvernement belge avaient été conviés à débattre avec six autres intervenants (dont moi-même) de milieux scientifiques et médicaux différents, mais aucun n’a accepté l’invitation. Le débat s’est donc déroulé plutôt sous forme d’échanges de points de vue. En cherchant la raison de l’interdiction de la vidéo, YouTube informait qu’il n’autorise pas les contenus qui propagent des informations médicales incorrectes contredisant celles des autorités sanitaires locales ou de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) concernant la COVID-19. Comme exemples de contenus interdits sont nommés notamment ceux qui prétendent qu’un traitement ou un médicament spécifique garantit de guérir de la COVID-19 et ceux qui contredisent le consensus des experts d’autorités sanitaires locales ou de l’OMS au sujet du vaccin contre la COVID-19 (j’invite les lecteurs à lire la liste des contenus non autorisés sous cette référence[note]).
Ce phénomène de fact-checking n’est pas limité aux réseaux sociaux, les médias traditionnels l’exerçant également. La Libre Belgique a créé une rubrique nommée La Source dédiée aux vérifications de sources. Dans un article intitulé Les tests PCR surévaluent-ils les cas de Covid-19 ? publié le 4 avril 2021[note], La Libre Belgique a analysé les publications LinkedIn du Prof Martin Zizi portant sur deux affirmations:
PCR positif ≠ infection
PCR positif ≠ contagiosité
Plutôt que de présenter d’éventuelles références contredisant ces déclarations, La Source s’est satisfaite de commentaires de l’experte Dr. L. Cornelissen. Le Prof Zizi, pour sa part, a vérifié les sources de l’article de La Libre Belgique en maintenant sa position et en fact-checkant ainsi les faits de La Libre (donnant lieu à l’article PCR inutiles si on est asymptomatique[note]). Il est regrettable que La Libre n’ait pas lu l’article COVID-19: effet de la vaccination sur le risque de transmission publié sur le site de Chirec Pro[note], dans lequel sont mis en avant les effets soi-disant bénéfiques de la vaccination sur la transmission du SRAS-CoV-2. Dans cet article, on peut lire:
La présence de virus détecté par PCR n’est pas synonyme de risque de transmission puisque la PCR est susceptible d’identifier des charges virales faibles et donc pas nécessairement suffisantes pour être responsables d’une éventuelle transmission, ceci étant d’ailleurs confirmé par la réduction globale de la charge virale chez les sujets vaccinés.
La référence citée pour cette affirmation est de qualité médiocre (voire faible) pour soutenir l’hypothèse selon laquelle la vaccination diminuerait la propagation. Notons les trois problèmes majeurs de cette source:
L’article scientifique référencé – mentionne explicitement que This preprint reports new research that has not been certified by peer review and should not be used to guide clinical practice (= cette prépublication rapporte de nouvelles recherches qui n’ont pas été certifiées par des pairs et ne peuvent pas être utilisées pour guider la pratique clinique),
l’étude ne compare pas directement des personnes vaccinées avec un groupe contrôle, mais se contente d’évaluer l’efficacité d’un vaccin sur des personnes hypothétiquement vaccinées…
Les chercheurs comparent les données PCR positives (avec les biais méthodologiques cités plus haut) d’une tranche d’âge avec une autre tranche d’âge, établissant ainsi un problème méthodologique en plus.
Ainsi, le Chirec affirme similairement au prof Zizi qu’un PCR positif n’est pas synonyme de contagiosité… mais cite des références nettement moins fiables. Quel avis en donnerait La Source?
Si le fact-checking existait déjà avant la crise sanitaire actuelle (en devenant un sujet davantage débattu pendant le mandat du président Trump, réputé pour ses déclarations controversées), il est devenu un réel outil de référence pour supprimer tout ce qui est jugé contestable. Mais cela soulève plusieurs interrogations, telles que:
quel contenu peut être vérifié et identifié comme faitétabli ? Est-il par exemple légitime de censurer des arguments sur des sujets scientifiques en pleine évolution sous prétexte d’une contestation de la part d’autorités locales et de l’OMS (qui ont déjà prouvé leur ignorance et leur erreur sur la nature du SRAS-CoV-2 à plusieurs reprises) ?
Le fact-checking est-il objectif quand la vérification sur les réseaux sociaux se fait partiellement par des logiciels (compte tenu de la grande quantité d’information mise en ligne chaque jour)[note] et par des vérificateurs, eux-mêmes payés par les réseaux sociaux[note] ?
Et ces interrogations soulèvent une question plus cruciale encore (et qui semble être fréquemment reportée): quelle fonction occupent les réseaux sociaux sur la place publique ? Le directeur de Facebook, Marc Zuckerberg, ne cessait de répéter que Facebook n’était pas une forme de média[note]. La censure de contenu est-elle alors justifiée sous prétexte que Facebook se qualifie d’entreprise technologique et que cette dernière collabore avec les gouvernements pour diminuer la propagation de mésinformation[note] tout en partageant des données prétendument anonymes de leurs utilisateurs avec les autorités pour combattre la propagation du coronavirus[note] ? Et qu’en est-il du journalisme, qui était jadis considéré comme le quatrième pouvoir censé veiller aux dérives des trois autres incarnant l’État (pouvoir exécutif, législatif et judiciaire), et qui n’a jamais cessé dès le début de la crise de donner la parole aux experts de l’État faisant office de figure d’autorité pendant cette crise sanitaire et de les défendre à tout prix ?
L’établissement d’un narratif par tous ces moyens de communication est devenu sans doute le plus visible lors de la campagne de vaccination contre le COVID-19. En plus des censures accrues sur les réseaux sociaux de toute argumentation qui va à l’encontre de ces vaccins (dont l’efficacité réelle et les risques des effets secondaires restent encore discutables[note]), le corps médical participe également à l’influence de l’opinion publique sans aucun débat visible sur les médias traditionnels. Même les professionnels de la santé mentale travaillent sur les manières de faire accepter à la population les mesures, dont les vaccins, et recommandent des techniques comme le nudging (= persuader quelqu’un de faire quelque chose, graduellement ou par la flatterie ; encourager délicatement quelqu’un à faire quelque chose)[note] ou carrément l’utilisation de la peur comme levier[note]. Et c’est sans doute dans le cas des vaccins, où les questions d’intérêts économiques de cette crise sanitaire sont les plus identifiables.
Dans un débat avec l’essayiste français Idriss Aberkane, le médecin spécialiste en santé publique Martin Blachier affirmait l’absence des intérêts de l’industrie pharmaceutique (plus spécifiquement de l’entreprise Pfizer) lors de cette crise[note]. Mais quelques recherches rapides montrent que revenus pour les troispremiers mois de 2021 de Pfizer sont de 3,5 milliards de dollars et les estimations de revenus pour l’année 2021 pour le vaccin uniquement seraient de 26 milliards de dollars (soit deux tiers de leur revenu annuel)[note]. Rappelons que leur chiffre d’affaires annuel en 2019 était de 41,17 milliards de dollars. En 2020 il était de 41,9 milliards (soit une augmentation 1,79% par rapport à 2019, plutôt qu’une perte de chiffres d’affaires)[note]… Et il est probable qu’il y aura une demande saisonnière de ses vaccins contre le COVID-19 dans les années à venir (comme le vaccin contre la grippe saisonnière)[note].
Le gouvernement, ainsi que les autres États, l’industrie pharmaceutique, les médias et les réseaux sociaux maintiennent ensemble par tous les moyens possibles le narratif établi (qui leur profitent différemment à chacun) et qui est devenu la doxa. Ad astra per aspera (locution latine signifiant vers les étoiles à travers les difficultés) est devenu Ad doxa per aspera. Mais si cette influence est identifiée et visualisée comme le narratif qu’elle est, une forme de lutte reste possible: celle d’un narratif parallèle (le terme contre-narratif me semblant moins intéressant car il suggère plus l’opposition que la proposition). Dans cette construction parallèle, il serait possible d’accepter ce qui est correct dans le narratif officiel tout en argumentant contre l’information erronée, voir mensongère. Car le prix du narratif de cette crise sanitaire sera payé au moins en trois temps: 1) lors de l’implémentation des mesures, 2) lors des retombées de ces mesures sur le long terme et 3) lorsque les États viendront vers la population pour demander leur aide afin de rembourser les dettes (dont celles des vaccins prétendument gratuits). Sans parler de l’imposition d’autres dérives (que la communication) qu’il sera possible d’imposer grâce au narratif officiel, comme un passeport sanitaire, vaccinations obligatoires infondées, etc. Si s’opposer à la doxa est essentiel, il ne peut servir que de premier chapitre dans la construction d’une société plus désirable. Proposons à présent clairement les alternatives souhaitables.
Pris de court par le vote des parlementaires le 15 juillet sur la loi dite “pandémie”, nous avions le projet de diffuser une fiction avant ce vote afin de réveiller quelque peu la conscience citoyenne face au projet de loi.
La loi ayant été votée, nous avons fait le choix de diffuser une version rapide de ce projet qui passe de la fiction à la réaction face à la réalité de cette loi. En voici la version officielle.
Qu’est-ce que le « nudging » ? On peut tenter de définir ce terme, issu d’un verbe anglais, de la manière suivante : « Nudger : persuader quelqu’un de faire quelque chose, graduellement ou par la flatterie ; encourager délicatement quelqu’un à faire quelque chose »[note]. Pourquoi en parler dans un contexte de crise politique et sanitaire ? Et surtout, quel rapport avec le consentement éclairé ?
Cette réflexion et ces questionnements me sont venus par la lecture des rapports d’un groupe d’experts en psychologie qui conseille le gouvernement pour la gestion de la crise actuelle et qui publie des rapports, tous disponibles en ligne[note]. Je me suis tout d’abord réjoui de l’existence d’un tel groupe, au vu des impacts désastreux de cette gestion de crise sur la santé mentale de toute la population. Cela m’a semblé être une excellente décision que des psychologues se mobilisent et mettent la santé mentale à l’agenda des préoccupations urgentes. J’ai été assez vite surpris de voir que ce groupe comportait un nombre important de psychologues sociaux. Surpris car la santé mentale n’est pas la préoccupation principale de cette branche de la psychologie. Sur quoi conseillent donc les psychologues sociaux de ce groupe ? C’est en lisant le rapport sur les « Conditions préalables à la vaccination » que c’est devenu plus clair, et c’est sur ce dernier rapport que je me base pour écrire cet article.
Dans ce rapport sont analysés les comportements sociaux de la population et ce qui est à faire pour inciter les gens à se faire vacciner et atteindre ces fameux 70% de couverture vaccinale, dont je ne débattrai pas de la pertinence dans le cadre de cet article. Je me contenterai de dire que cela ne fait pas l’objet d’un consensus dans le milieu scientifique[note]. Ces mots m’ont interpellé : « inciter les gens à se faire vacciner. » Que voulaient-ils dire par là ? La lecture du rapport laisse peu de place au doute : il est ouvertement question de développer un cadre qui va inciter, pousser les gens à se faire vacciner, et tout un tas de conseils sont donnés pour atteindre cet objectif de 70% de vaccinés. Différentes techniques sont mises en œuvre pour arriver à cette fin, ce qui m’amène à présent à parler de ce fameux « nudging », qui se retrouve en toile de fond de ce rapport. Si ce terme n’est pas explicitement cité dans ce rapport précis, il l’est dans le rapport intitulé « Rapport de synthèse du groupe d’experts Psychologie et corona », à la recommandation numéro 7[note].
En voici une autre définition, qui vient d’un article scientifique cité dans le rapport en question : « Les « nudges » peuvent se définir comme des interventions qui orientent les gens dans une certaine direction mais qui leur permettent aussi de faire leur propre choix »[note]. Le nudging est donc une technique qui vise à influencer, orienter le comportement d’une personne ou d’un groupe de personnes dans une certaine direction et qui, en fin de compte, lui laisse le choix. Ce dernier point est un paradoxe pour des raisons développées plus loin. De plus, ce que cette définition ne mentionne pas explicitement, bien que cela soit sous-entendu, c’est que le nudging se fait sans que la personne ou le groupe visés ne s’en aperçoive, ce qui est un aspect crucial. Il est intéressant de noter que l’article dont est tirée cette définition fait référence à la vaccination des enfants dans les écoles et les centres de jour, ce qui est totalement différent du vaccin covid et de la campagne de vaccination en cours.
La différence est fondamentale car les vaccins covid, malgré la pensée unique véhiculée par les médias, ne font pas l’objet d’un consensus scientifique sur le fait qu’ils soient la seule et unique solution pour sortir de cette crise, qui n’aura lieu que lorsqu’on aura atteint ces fameux 70% de vaccinés, chiffre d’ailleurs dont le fondement scientifique est fort incertain et qui ne prend nullement en compte l’immunité naturellement acquise, pourtant fort efficace[note]. Le fait qu’on nous oriente massivement dans cette direction ne repose donc pas sur des connaissances scientifiques solides, ce qui est contraire à la situation décrite dans l’article de Giubilini et collaborateurs, cité plus haut, qui ne peut donc en toute logique pas être prise comme exemple à suivre dans le cas qui nous occupe.
Concernant la campagne de vaccination pour le covid, un problème important se pose : le fait de manipuler les gens pour les inciter à se faire vacciner (car c’est bien là de quoi il s’agit, la lecture du rapport des experts psychologues laisse peu de place au doute raisonnable), les prive de leur consentement éclairé. En effet, comment parler de « consentement éclairé », quand on nous a manipulés pour prendre cette décision ? Avons-nous réellement choisi ? A-t-on réellement toutes les informations à notre disposition pour prendre une décision qui nous appartienne réellement, sans influence extérieure ? Ou bien a-t-on « fabriqué » notre consentement ? Quand on nous pousse à notre insu dans une direction précise, à l’aide du nudging, puis que l’on nous informe qu’en fin de compte nous avons le choix, cela s’apparente tout à fait à la technique de manipulation nommée « l’illusion de la liberté », très bien décrite dans la littérature scientifique, notamment par Joule et Beauvois[note]. En résumé, il s’agit, pour manipuler le choix d’une personne dans une direction déterminée à l’avance, de lui donner l’illusion qu’elle a le choix sans aucune influence, alors qu’en fait tout est fait pour que son choix s’oriente dans cette direction bien précise. Cette technique s’avère extrêmement efficace.
Le paradoxe avec le fait de vivre dans une démocratie est interpellant, et pose de nombreuses questions profondes : est-ce là la société dans laquelle nous voulons vivre ? Peut-on appeler « démocratie » une société où le gouvernement nous pousse sciemment, et à notre insu, dans une direction sans qu’on ait voix au chapitre ? Quelles valeurs sont véhiculées par ces pratiques ? En quoi cela se différencie d’une forme de « dressage social » ? Quelle place reste-t-il aux débats d’idées, à la transparence et l’honnêteté, à la remise en question, à l’humilité, à la pluralité des opinions et au droit de les exprimer ? A-t-on donc définitivement renoncé à tout ça, et, dans la même foulée, renoncé à l’éducation et à la pédagogie, pour lui préférer des techniques de marketing ? A-t-on réfléchi aux conséquences d’une telle forme de gouvernance ? Sommes-nous dans une dérive utilitariste de « la fin justifie les moyens » ? Et que dire encore de la science qui développe ces techniques pour les mettre au service de la politique sans aucune consultation citoyenne ? Quel impact cela aura sur la confiance des citoyens et des citoyennes dans la science et les scientifiques ? Cette dernière question m’étonne tout particulièrement car elle avait justement fait la une du dernier magazine « Imagine demain le monde : La science à l’ère du soupçon ».[note] Cela m’étonne d’autant plus que certains membres de ce groupe d’experts psychologues ont participé à la rédaction de ce même article.
Peut-on appeler « démocratie » une société où le gouvernement nous pousse sciemment, et à notre insu, dans une direction sans qu’on ait voix au chapitre ? Quelles valeurs sont véhiculées par ces pratiques ? En quoi cela se différencie d’une forme de « dressage social » ?
Malgré ces nombreuses questions, aucune n’est évoquée dans les rapports des experts psychologues, qui ne semblent pas fort se soucier des conséquences de leurs conseils ni des valeurs qu’ils véhiculent. Apparemment, tant qu’on atteint l’objectif, le reste n’a pas d’importance. Il s’agit d’une application en bonne et due forme de « la fin justifie les moyens ».
Pour conclure, je ne plaide pas pour l’interdiction ou la condamnation totale du nudging. Ce qui me pose un problème majeur, c’est que tout ceci n’ait fait l’objet d’aucun débat sociétal, que ces techniques sont utilisées à l’insu de l’entièreté de la population et qu’il n’y a aucun garde-fou par rapport à des dérives évidentes qui pourraient avoir lieu en les utilisant. Que se passe-t-il si on se trompe d’objectif ? Qu’arriverait-il si on influence massivement toute une population dans une direction qui fait en définitive plus de mal que de bien ? Les objectifs visés ne devraient-ils pas faire l’objet de débats impliquant les personnes directement concernées avant d’être poursuivis ? Je pense que tout ceci devrait être ouvertement débattu, et que les citoyens – du moins une partie d’entre eux, l’entièreté étant bien entendu illusoire – devraient y être activement impliqués.
Je pense que nos démocraties ont montré toutes leurs faiblesses durant cette crise et qu’elles doivent évoluer, se réinventer et aller vers une forme beaucoup plus directe en favorisant une participation nettement plus active de la population, au risque sinon de se voir substituer par des systèmes qui ont laissé de sombres traces dans l’histoire. Je suis d’ailleurs profondément convaincu que les citoyens seront enthousiastes et motivés de retrouver un pouvoir d’action nettement plus tangible sur la société que le seul fait de voter, ce qui pourra d’ailleurs in fine être excellent pour la santé mentale, en favorisant le sentiment de pouvoir d’action et en évitant de sombrer dans le défaitisme et le pessimisme.
Au vu de la crise actuelle et de la crise climatique en cours, il est plus que souhaitable, et c’est un euphémisme, d’éviter de cultiver un sentiment de fatalisme, qui n’a jamais rien résolu. Au point où nous en sommes, nous n’avons plus ce luxe.
En quelques mois, sous prétexte d’une guerre sanitaire, nos libertés fondamentales ont été lourdement malmenées et la libre expression, pilier de la démocratie, semble s’évaporer dans l’indifférence générale. De l’artillerie légère aux armes de destruction massive : nous explorons, dans cet article, l’arsenal déployé actuellement par les structures dominantes pour prendre le contrôle de la vérité.
Depuis plus d’un an, le vocabulaire militaire a envahi la scène. « Nous sommes en guerre », déclarait le Président français Emmanuel Macron dès le 20 mars 2020[note]. Depuis, les termes « couvre-feu », « état d’urgence », « blocage des frontières » inondent les colonnes des journaux, ainsi que le comptage des morts durant les « vagues d’assaut » du virus. Tenace lorsqu’il s’agit de défendre l’indépendance de ses positions, le microbiologiste Didier Raoult a publié, en novembre dernier, ses « Carnets de guerre COVID-19 »[note], histoire de révéler l’atmosphère belliqueuse dans laquelle se joue un véritable bras de fer pour faire émerger la vérité médicale.
La vérité qui valait 26 milliards de dollars
Personne ne peut nier que les enjeux sont gigantesques. La société Pfizer à elle seule prévoit que les ventes des vaccins anti-Covid puissent atteindre 26 milliards de dollars en 2021[note]. Or, ce marché titanesque peut s’écrouler du jour au lendemain si une solution médicale alternative apparaît comme efficace.
« Si un seul des traitements alternatifs dont on parle, notamment l’ivermectine, s’avérait fonctionner, l’autorisation pour le vaccin tomberait immédiatement parce que c’est une autorisation conditionnelle, qui est liée au fait qu’il n’existe pas d’autre traitement[note] », nous rappelle Xavier Bazin, auteur de l’ouvrage « Big Pharma démasqué ». De fait, l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) inclut parmi les conditions de mise sur le marché conditionnel du vaccin une clause qui stipule que cette solution est provisoirement acceptée uniquement parce qu’elle rencontre un besoin thérapeutique non rempli, en l’absence d’une autre solution[note]. C’est une clé pour comprendre la guerre de l’information scientifique, qui se joue en ce moment.
Les gouvernements, quant à eux, ont engagé les finances publiques à des degrés jamais atteints. La Belgique pourrait mettre 10 ans pour revenir à la situation budgétaire d’avant-Covid[note]. Les privations de liberté et autres mesures restrictives ont eu un impact sévère sur toute une série de registres de la société : secteurs économiques en difficulté, indicateurs de santé mentale en chute libre, éducation et culture mises au ralenti. Certains traitements médicamenteux, comme la chloroquine ou, plus récemment l’ivermectine, ont été écartés par l’OMS, l’Agence Européenne des Médicaments ou l’ANSM en France[note], pour des raisons essentiellement méthodologiques, qui suscitent un débat au sein de la communauté scientifique. Si de telles mesures s’avéraient injustifiées, les gouvernements devraient assumer une lourde responsabilité et nous basculerions dans une affaire d’État.
Un combat inégal
Si ces enjeux concernant les alternatives au vaccin faisaient l’objet d’un débat transparent et serein soit dans l’arène politique, soit dans l’arène scientifique, en toute indépendance des intérêts privés, ce serait somme toute rassurant. Mais l’observation du champ de bataille démontre que, en lieu et place d’un débat ouvert et démocratique, nous assistons à une véritable polarisation entre la « voix officielle », dictée par les gouvernements, les médias classiques et les conseils scientifiques officiels, d’une part, et des voix divergentes d’autre part, émanant de collectifs citoyens ou scientifiques. Et dans cette arène où chacun exprime sa vérité, les uns et les autres ne combattent pas à armes égales. C’est un euphémisme. On pourrait dire qu’on assiste à un face à face entre des tanks blindés et des lanceurs de pierres.
Les stratégies mises en place pour contrer systématiquement les points de vue divergents rivalisent de créativité. Nous vous proposons d’en épingler quelques-unes.
Arme n°01 : la censure sur YouTube et Facebook
Sur YouTube, la censure est pure et dure. Le géant de la vidéo ne cache pas sa politique : filtrer les contenus qui ne vont pas dans le sens du poil de l’OMS et des gouvernements.
Les exemples sont légions. Ils ont beau être médecins, virologues, scientifiques éminents, statisticiens, philosophes, journalistes, intellectuels ou citoyens engagés, peu importe leurs distinctions, peu importe la qualité de leur argumentation et peu importe la consistance de leurs sources, ils sont littéralement bannis de YouTube, dès lors qu’ils expriment un scepticisme trop prononcé envers la stratégie médicale officielle.
Vous désirez quelques exemples ? Le site Crowd Bunker (encore un vocabulaire guerrier, me direz-vous) accueille une série de vidéos qui ont fait l’objet d’une censure sur YouTube[note]. Vous y trouverez à boire et à manger, mais notamment certaines réunions du Conseil Scientifique Indépendant, pourtant sérieuses, nuancées et bienveillantes en dépit de leur esprit critique. Le Grand Débat de Kairos s’est vu lui-même censuré. Les professeurs Christian Perronne et Didier Raoult ont un curriculum scientifique que même leurs opposants qualifient de « bien garni »[note]. Ils ont tous deux fait l’objet de censures, dans certains cas provisoires. Enfin, même une vidéo d’un média public, la Radio Télévision Suisse (RTS), a été censurée. Il s’agissait d’un reportage sur la situation du Covid-19 en Chine[note].
Plusieurs réunions du Conseil Scientifique Indépendant, pourtant bienveillantes et ouvertes à la pluridisciplinarité, ont été censurées par la plateforme YouTube. Un exemple : https://urlz.fr/g2yC (ce lien redirige vers la plateforme odysee.com)
Les règles de la plateforme sont claires : « YouTube n’autorise pas les contenus qui propagent des informations médicales incorrectes contredisant celles des autorités sanitaires locales ou de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) concernant le COVID-19. (…) Sont notamment interdits les « Contenus qui contredisent le consensus des experts d’autorités sanitaires locales ou de l’OMS au sujet du vaccin contre le COVID-19 »[note].
Le résultat de cette censure est triplement impactant. Tout d’abord, les voix dissidentes ne pourront pas se faire entendre sur la plateforme vidéo largement la plus utilisée au monde. En effet, YouTube est près de 10 fois plus consulté qu’une plateforme comme Vimeo, qui d’ailleurs n’est pas gratuite[note]. Certes, il s’agit d’un espace privé, qui peut donc établir ses propres critères de publication, mais la réalité est que c’est bel et bien l’endroit où se concentre la plus large audience.
Ci-dessus une prise d’écran de notre propre sélection de vidéos. Rien de violent, rien de pornographique, rien de diffamatoire : uniquement l’exercice de la libre pensée, censuré en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.
La deuxième conséquence de la censure, c’est qu’elle peut décourager la libre expression et engendrer une autocensure. Non seulement pour les personnes directement concernées, mais aussi pour tous les autres qui assistent à ce climat punitif.
La troisième conséquence va être qu’une partie de la population risque de considérer comme suspects, voire irrecevables, les acteurs ayant fait l’objet d’une censure. Il est plus confortable de se ranger du côté du plus fort.
Sur Facebook et Instagram, même combat. Le réseau social mondial annonce les règles du jeu : « Facebook supprimera désormais toute une série d’affirmations mensongères sur le Covid-19 et la vaccination », a annoncé l’entreprise dans un communiqué datant du 8 février 2021[note].
Mais qui peut se targuer de distinguer à coup sûr le faux du vrai au cœur d’une crise qui bouleverse le monde et dont les enjeux nous dépassent ? C’est toute la question ! Et Facebook, en l’espace de quatre mois à peine, a fait bouger les lignes. En février, le réseau social annonçait qu’il supprimerait les messages affirmant que le coronavirus « est produit en usine ou fabriqué par l’homme », ou que le port du masque n’est pas efficace pour empêcher la contamination. Sans doute dans la foulée de la publicité des e-mails de Fauci, Facebook vient de faire volte-face au mois de juin : désormais, l’hypothèse de l’origine humaine du virus est acceptée[note].
La réalité démontre que Facebook adapte sa politique de manière arbitraire, en épousant le point de vue officiel dominant. « La modération par les plateformes obéit à des présupposés idéologiques », analyse Arnaud Benedetti, professeur associé à l’Université Paris-Sorbonne.
La conséquence est de taille : la liberté d’expression et le débat démocratique sont étouffés, de fait, sur ces espaces privés, mais tellement fréquentés qu’ils déterminent une grande partie de l’opinion.
La plupart des mesures coercitives non pharmacologiques prises pour lutter contre le Covid-19 n’ont pas de bases ou de preuves scientifiques solides d’efficacité démontrée. Sur le long terme, elles constitueraient pourtant un facteur de maltraitance psychologique pour de nombreux citoyens et sont contraires à la constitution. Nous revenons ici sur le cas des masques que nous allons développer et préciser, et montrons, études scientifiques à l’appui, qu’un allégement des mesures plus respectueux de la santé psychique et des droits fondamentaux des personnes pourrait être pris. Cet allégement ne semblerait pas impacter la sécurité de chacun. Nous proposons finalement une feuille de synthèse en fin d’article qui est également disponible en format PDF ici.
Voici, d’abord, quelques points essentiels, que la science a prouvés en un an, et qui changent la donne, mais qui semblent encore trop largement ignorés ou méconnus :
Les asymptomatiques ont une charge virale trop faible pour être contagieux[note] (par contre, les porteurs qui vont avoir des symptômes, et qui seront donc identifiables, sont contagieux sur une courte période dite présymptomatique. Les présymptomatiques ne toussent pas, la toux étant le mécanisme de contamination dont le masque protège principalement) [note] [note] [note] [note] [note] [note] [note] [note]. L’hypothèse des asymptomatiques contagieux revient à dire que toute personne en bonne santé est un malade qui s’ignore ou qu’elle est présumée coupable. Rappelons que cette hypothèse est à la base du port du masque généralisé. Elle est sans doute, aussi, un argument pour justifier le confinement de toute la population. L’invalidation de cette hypothèse des asymptomatiques contagieux explique, peut-être, en partie, le manque de corrélation positive observé dans la vie réelle du confinement sur la diminution des hospitalisations et des décès par des études scientifiques de plus en plus nombreuses, et maintenant en Amérique où des états totalement ouverts et sans aucune restriction, comme au Texas depuis de nombreuses semaines, voient leurs cas et leurs décès chuter de façon spectaculaire au cours de la même période.
Le virus se propage par fines gouttelettes aérosols qui passent à travers les pores du masque qui sont jusqu’ à 1000 fois plus grands que le virus (Fig. 1, les masques de types FFP2 plus efficaces filtrent eux une partie des aérosols plus grands que 600 nm, le virus lui fait de 60 à 140 nm) et se propageraient même au-delà des distances sociales [note]. Cette transmission de type aérosol, qui pourrait d’ailleurs expliquer le phénomène des supercontaminateurs, semble de plus en plus être le mode principal de la transmission[note] [note] [note] [note]. Heureusement, il y a la notion de seuil[note] : 1 virus ne suffit pas, il en faut beaucoup plus pour être contaminé[note] [note] [note] [note].
Fig. 1 Respiratory droplets collected for 30min while not wearing (dark green) or wearing (light green) a surgical face mask, and aerosols collected for 30min while not wearing (brown) or wearing (orange) a face mask, collected from individuals with acute respiratory symptoms who were positive for influenza virus. Data from [11] Respiratory virusshedding in exhaled breath and efficacy of face masks, Nature Medicine volume 26, pages 676–680 (2020).
Quelles en sont les implications ?
Toutes les études scientifiques et les observations le confirment[note] [note] [note] [note], le risque de contamination au Covid-19 à l’extérieur est extrêmement faible. Il faut environ 1 million de virus par ml dans nos bronches pour que le seuil de contamination au SARS-Cov-2 soit atteint [note] [note] [note] [note]. Ce seuil ne peut pas être atteint par aérosols à l’extérieur, c’est une question de volume[note].
Un autre cas est celui des enfants rarement symptomatiques et donc très peu contagieux[note] [note]. Le port du masque en extérieur ou pour les enfants semble donc se faire en dépit de toute balance bénéfice-risque et bon sens. Car si les preuves scientifiques pour l’utilité du masque généralisé à toute la population manquent [note] [note] [note] [note] [note], les risques de son impact négatif sur la santé physique et mentale ont été démontrés, par exemple [note] [note] [note] [note] [note] et Table 1. Le port du masque, le confinement, la pratique de la distanciation sociale, et le stress et l’isolation associés peuvent de plus affaiblir notre système immunitaire [note] [note] [note], et pourraient donc contribuer à augmenter, paradoxalement, le risque de formes sévères (et donc beaucoup plus contagieuses), d’hospitalisations, de décès et de contagions, surtout dans les populations qui ne sont pas à risque pour lesquelles le bénéfice de ces mesures n’est pas démontré [note] [note] [note] [note] [note] [note] [note][note]. Il pourrait d’ailleurs être utile de penser à renforcer son système immunitaire entre autres par de la vitamine D, C et du Zinc et pourquoi pas un peu d’huile essentielle de Laurier Noble ou de Ravintsara [note], par exemple en cas d’un contact plus à risque.
À l’intérieur, la contamination par aérosol est possible s’il n’y a pas d’aération suffisante. Il faudrait typiquement être en contact avec une personne à haute charge virale pendant suffisamment longtemps (typiquement > 10 minutes. Le masque et la distanciation sociale ne seraient que peu efficaces, sauf pour les symptomatiques qui toussent [note] [note] [note] [note] [note] [note] qui devraient eux être isolés, et masqués, de préférence avec un masque FFP2, en cas de déplacement indispensable. Un masque standard n’offrant pas de protection réelle contre les aérosols plus petits que 3 um [note] [note] [note] et même un masque FFP2, moins respirable, n’offrant qu’une protection imparfaite, la protection en vie réelle dépendant d’ailleurs beaucoup des conditions d’utilisations [note], une meilleure solution serait l’aération ou la purification de l’air (il existe par exemple des filtres HEPA, ozone, et UVC très efficaces) pour que le seuil ne soit jamais atteint à l’intérieur.
https://youtu.be/mrXBinu3Swo : Le port du masque en extérieur ne sert à rien! » Dr Blachier, études à l’appui! 26 Avril 2021.
En conclusions, si selon les dires même de l’OMS [note] [note], le port du masque médical de type FFP2 (les masques non médicaux auraient eux une efficacité limitée et pourraient même augmenter les risques d’infection si mal utilisés[note]) a une utilité pour le personnel soignant directement en contact avec les malades, les malades symptomatiques et aussi sans doute pour les personnes à risques comme protection supplémentaire, le port généralisé pour les personnes ne présentant pas de symptômes apparents de la maladie n’a pas ou peu de justifications scientifiques [note] [note] [note] [note] [note] [note]. L’OMS, après s’être prononcé contre [note], semble l’accepter [note], en raison de la forte demande des états pour rassurer les populations, comme une mesure plutôt de l’ordre psychologique [note], voire d’un talisman qui rassure[note], et malgré la faible contagiosité des asymptomatiques [note] [note] [note] [note] [note] [note] [note] [note]. Un tout dernier article du MIT vient remettre en cause la distanciation sociale, car la transmission se faisant par aérosol franchirait donc allégrement ces distances[note]. Si la science semble avoir tué la nouvelle normalité, combien de temps faudra-t-il avant que les masques ne tombent ?
Aryan Afzalian
Ingénieur civil et Docteur en Sciences Appliquées. Chercheur spécialisé dans le domaine de la physique quantique atomistique appliquée à la modélisation de la nano- et bio-électronique et auteur du site https://auxamescitoyennes.com/
Nour de San
Consultante indépendante. Docteur en médecine, spécialisée en biologie clinique (immunologie et microbiologie), anciennement responsable de la gestion des risques en découvertes et développement de l’unité Vaccine de GSK. Chargée de mission en support à la gestion de la crise COVID à l’hôpital Erasme d’avril 2020 à mai 2021.
Florence Parent
MD – PhD, Santé publique et pédagogie médicale, auteur d’ouvrages en Éducation médicale.
Martin Zizi
MD-PhD, Biophysicien, Professeur de Physiologie (KULeuven et VUB), ancien Directeur épidémiologique du Département de la Défense, ancien Directeur Scientifique et Président de Comité d’Éthique, ancien Conseiller UN pour le désarmement biologique et bio-inspecteur Unscom.
Feuille de synthèse sur les masques :
Covid-19 : Le port du masque que disent les études scientifiques :
Cette note a un but purement informatif. Elle est basée sur la littérature scientifique et une interprétation de la balance bénéfice-risque. Elle a pour vocation d’aider tout un chacun à mieux comprendre les mécanismes de transmission et connaître les bénéfices et risques du port du masque, dans l’espoir que chaque personne puisse utiliser cette connaissance pour se protéger au mieux. Elle ne tient pas compte, ni n’est là pour se substituer à la juridiction légale spécifique à chaque pays, mais se veut un message aux autorités leur demandant de considérer que des mesures plus respectueuses de la santé psychique et des droits fondamentaux des personnes pourraient être prises. Cet allégement n’aurait probablement pas d’impact sur la sécurité de chacun.
Je porte le masque, je suis :
Un Malade avec Symptôme: Nécessaire 👍 (Je protège les autres de mes exhalations directes: gouttelettes de salive quand je tousse par exemple).
Le Personnel soignant directement au chevet des malades: Nécessaire 👍 (Je me protège des exhalations directes des malades).
Une Personne ne présentant aucun symptôme : 👎 Inutile (Pas d’efficacité prouvée, asymptomatiques pas contagieux 1 , risques prouvés sur la santé physique et mentale et affaiblissement du système immunitaire, risque si mauvaise utilisation).
Une personne à risque et qui a peur: 👍 utile avec modération ( Porter le masque, de préférence FFP2, comme précaution ultime et pour se rassurer peut faire sens surtout dans les lieux clos quand les distanciations sociales ne sont pas possibles. Dès que possible, je l’enlève pour ne pas risquer d’affaiblir inutilement mon système immunitaire. Je pense d’ailleurs à renforcer ce dernier par de la vitamine D, C et du Zinc et pourquoi pas un peu d’huile essentielle de Laurier Noble ou de Ravintsara, par exemple si j’ai eu un contact plus à risque (Je demande bien conseil à un professionnel de santé, par ex. mon pharmacien ou mon médecin de famille pour les dosages et utilisations).
De quoi protège le masque, de quoi ne protège-t-il pas?
Il me protège si une personne malade symptomatique et donc à haute charge virale me tousse directement dessus, ce qui représente une très faible proportion des contaminations.
Le masque ne me protège pas de la contamination indirecte via les mains, ni celle par fines gouttelettes aérosols qui passent à travers les pores du masque ( jusqu’à 1000 × plus grands que le virus; en intérieur, le masque de type FFP2 filtre une partie des aérosols). Ce sont les modes principaux de contamination. Heureusement, il y a la notion de seuil [note].