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Pression vaccinale à l’armée

Si la vaccination n’a jamais été rendue officiellement obligatoire en Belgique, le cas de l’armée illustre parfaitement ce qu’est l’obligation légale face à la perverse et insidieuse injonction due à la modification complète des droits du non vacciné, le rendant responsable d’une privation dont seule la vaccination pouvait mettre fin. Ce n’était pas obligatoire, mais si tu ne le faisais pas, tu n’étais plus un citoyen comme les autres. Face à cette pression, certains rares militaires ont résisté, au prix de leur carrière.

En 2022, Kairos a publié un article sur la vaccination au sein de l’armée. Cette dernière était encouragée et obligatoire pour le personnel déployable. La polémique était double sachant qu’officiellement aucune obligation vaccinale n’était assumée et que l’armée refusait toute prise en charge des effets secondaires liés aux dites injections.

Leçon n°1, tirée d’une période tumultueuse. L’obéissance à tout prix, le prérequis du militaire.

Cette disposition a été maintenue jusqu’à ce jour et confirmée par un rappel saisonnier dans la dernière note de septembre 2024.

La dixième dose sera bientôt en vue.

Leçon n°2, l’absurdité paye, la remise en question se paye.

Que l’on soit pour, contre ou circonspect, le respect de l’autre et la cohérence doivent être deux lignes directrices lorsque l’on traite de cette thématique et surtout de la personne qui est impactée.

Je n’ai eu de cesse, en tant que père et patriote inquiet, d’alerter l’armée et ses différents organes, sans obtenir le dialogue attendu.

Dans les faits cela induit des situations très complexes où le personnel déployable (unité combattante, formateur, logistique, commandement…) est obligé de se faire vacciner et d’effectuer des rappels annuels, sans quoi leur carrière est directement remise en question.

Au-delà de cette dernière, les primes liées aux missions et déplacements sont importantes pour les militaires. Elles permettent de disposer d’un complément de rémunération permettant d’acheter une maison, d’aider ses enfants dans le cadre de leur étude, ou de mener à bien un projet. Cela permet de contrebalancer des conditions de travail souvent éprouvantes et les risques encourus.

En résumé cette situation induit :

– Une discrimination vaccinale, car l’armée établit deux catégories de personnel, et ceux qui refusent la vaccination contre le SARS CoV2 auront des répercussions sur l’avancement de leur carrière ;

– Un préjudice financier pour les militaires qui ne peuvent plus partir en manœuvre et ne touchent plus les primes ;

– Un préjudice moral pour les pressions et brimades subies, mais surtout une incertitude quant à leur avenir professionnel ;

– Le non-respect de la loi ainsi que de nombreux traités internationaux ( voir annexe 1) ;

Il y a lieu de se poser la question de la raison qui peut bien pousser le commandement à prolonger une politique vaccinale qui est restée la même depuis 2021, alors que la phase épidémique est derrière nous et que la nécessité de vaccination générale dans une population, qui n’est pas à risque, n’est pas nécessaire.

De plus, les connaissances de la science ont nettement évolué depuis le début de la pandémie ainsi que le rôle initial du vaccin (pas d’influence sur la transmission, mais un rôle supposé de prévention afin d’éviter les formes graves chez les personnes à risque).

Leçon n°3, les bonnes questions ne trouvent pas tout de suite réponse.

Cette politique vaccinale est-elle poussée par de la bêtise ou de la trahison-corruption ? Et si c’était les deux ?

Vous trouverez ci-dessous un extrait de l’avis du conseil supérieur de la santé de juin 2023 stipulant :

« Actuellement, dans le cadre des variantes d’Omicron, la vaccination systématique des enfants, adolescents et adultes en bonne santé de moins de 64 ans (non inclus dans les groupes décrits ci-dessus) n’est pas recommandée par le CSS« 

Disposant d’un ensemble de documents émanant des autorités belges, j’ai contacté l’état-major en charge de la politique vaccinale en août 2024 afin de leur exposer la problématique de mon fils. Je vous retranscris pour la postérité la réponse reçue du colonel signant les notes internes imposant la vaccination. La réponse est datée du 28/08/2024.

« Je suis le colonel ……. et le remplaçant du ……. qui est actuellement à l’étranger.

Merci pour votre mail. Je comprends votre inquiétude.

Les mesures prises contre le Covid-19 au sein de la Défense sont basés sur l’avis de conseillers médicaux qui prennent en compte les données suivantes :

– les données scientifiques et épidémiologiques sur le COVID les plus récentes;

– les avis du Conseil Supérieur de la Santé;

– les données scientifiques concernant les avantages, les désavantages et l’importance des risques de vaccination pour l’individu, mais aussi pour le groupe (à savoir que le risque des vaccins actuels est très faible);

– les conseils donnés par l’OTAN;

– les principes de l’immunité collective;

– la spécificité du contexte des militaires en opération:

  • vivre dans des circonstances difficiles, proche l’un de l’autre, en groupe (un risque élevé de contamination du groupe);
  • nécessité de rester 100% opérationnel 24/7 ; une faiblesse en groupe (p.e. 50% avec un rhume) diminue l’opérationnalité et le niveau de réactivité (vis-à-vis d’un ennemi réel) de tout le groupe;
  • circonstances physiques dures pendant des périodes prolongées qui peuvent affecter l’immunité;
  • être capable de réagir / récupérer rapidementen cas de nouveau variant du virus, ceci afin de minimaliser la durée d’une éventuelle inopérationnalité de l’individu et du groupe ;

Néanmoins, la Défense respecte à tout moment la loi : personne n’est pas obligé de se faire vacciner, mais la vaccination avec un booster contre le Covid-19 est une des conditions pour participer à une opération. Il s’agit de mesures de protection individuelles ET collectives et n’ont pas du tout comme objectif de discriminer. Le choix de votre fils de ne pas se faire vacciner est un choix respectable, mais c’est aussi un choix de ne pas partir en opération.

Je me tiens à votre disposition pour toute question supplémentaire.

Salutations distinguées,

L’argumentaire du colonel m’a fortement surpris et je lui ai adressé une réponse, par courrier recommandé, début septembre, réfutant l’ensemble des points avancés (voir annexe 1). J’ai ajouté à cela, un avis du professeur Martin ZIZI, ex-président de la commission éthique de la Défense.

L’ensemble de cette correspondance a été envoyé au cabinet de la ministre Ludivine Dedonder.

A ce jour, aucune réponse à l’horizon, peut-être sommes-nous en attente de la validation d’un marché dans le cadre d’un projet de réponse, rédigé par Mc Kinsey et consorts ?

Leçon n°4, répéter sans comprendre, permet à coup sûr de se convaincre que deux et deux font cinq !

Et mon fils dans tout cela ? Il a la vingtaine et s’est engagé après ses humanités. Cela fait environ 2 ans qu’il fait partie de l’armée, au sein d’une section combattante de l’armée de terre. Il a toujours été heureux de sa situation et encensait l’esprit de corps qui y régnait. Depuis son engagement, il a pu construire sa vie, notamment en s’installant dans son appartement.

Il y a quelques mois, mon fils a été appelé par la composante médicale de l’armée afin qu’il clarifie son statut vaccinal Covid. Ce dernier n’est pas anti-vax et vient de faire les rappels demandés par l’armée (Rage, Hépatite,….) Il émet un doute, dans la limite de ses connaissances, sur l’injection demandée, aussi bien sur le produit en lui-même que sur la balance-bénéfice risque, vu qu’il a très peu de probabilité de développer une forme grave du COVID. Jeune, mais plein de bon sens.

Il en a fait part au médecin de son peloton qui l’a renvoyé vers son supérieur direct, pour expliquer son refus de vaccination. Son supérieur direct s’est étonné de son refus, l’a sermonné en lui expliquant que son avenir au sein de la compagnie était compromis ainsi que la future manœuvre à laquelle il devait prendre part. Il a terminé l’entretien en lui disant « qu’il n’a pas intérêt à jouer à ce jeu-là ».

En quelques heures, la nouvelle avait fait le tour de la compagnie et le lendemain il a été convoqué dans le bureau de son supérieur où se trouvaient 7 gradés. Ces derniers n’auront eu de cesse de dénigrer mon fils durant plusieurs dizaines de minutes. Depuis, la situation s’est clairement détériorée. Lors du dernier exercice à l’étranger, il a subi des réprimandes et brimades. Son avenir au sein de l’armée est clairement compromis.

Depuis lors, ses supérieurs ont même essayé de l’intimider en spécifiant que ce refus de vaccination serait une faute professionnelle. Son refus de vaccination lui a coûté sa place dans son unité et il sera probablement relégué à des tâches subalternes, dans une autre unité.

Les syndicats dans tout cela ? Aux abonnés absents. Comme toujours les dirigeants décident et les petits paient. Bien qu’ayant anticipé le débat, nous n’avons pas été positivement étonnés des réactions des différents intervenants.

Leçon n°5 qui devrait être connue de tous : « Toute vérité franchit trois étapes. D’abord elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence », Arthur Schopenhauer

Cela ne vous rassurera peut-être pas, mais nous sommes toujours à la deuxième phrase de cette citation. Le but de cette histoire ? Il s’agit pour moi d’une piqûre de rappel. Les organes, les mécanismes et les idéologies, exposés aux grands jours en 2020, sont toujours là.

Nous avons mis cela sous le tapis et sommes absorbés par des guerres proches et lointaines, des horreurs de la vie de tous les jours poussées par un délitement de la cohésion sociale, des fusillades à répétition dans une narco-région capitale de l’Europe, et surtout monopolisés par des pseudos élections, afin que le « serf » se sente citoyen. Petite digression, messieurs-dames, le « Tinder » politique auxquels nous assistons au bord des routes est affligeant. Des visages, des sourires en porte drapeau pour compenser l’absence d’éthique et des idées en bernes, tel pourrait être la leçon n°6.

Pour conclure, les problèmes sociétaux, politiques et économiques qui ont poussé notre société dans les abysses sont toujours présents. Que ce soit par l’illustration de ce qui arrive aux militaires ou par l’actualité récente, la nécessité de se réinventer reste bien présente. Agir en citoyen responsable, c’est continuer le débat, continuer d’informer et refuser l’obscurantisme. Il s’agit d’un marathon et non d’un sprint. Alors, gardez votre souffle, regardez au loin et maintenez le cap.

La leçon n°7 est un fait ou un souhait, la vérité triomphe toujours, mais parfois un peu tard.

Annexe 1

Annexe: réponse et arguments du professeur Martin Zizi

Une pathologiste met en garde contre les vaccins Corona : « Cette technique ARNm n’a pas été suffisamment testée »

Dre Ute Krüger

Un article publié par le Berliner Zeitung le 2 octobre 2024, dans le cadre de leur initiative « open source ». L’article en allemand : Pathologin warnt vor Corona-Impfstoffen: „Diese mRNA-Technik ist nicht ausreichend getestet“, www.berliner-zeitung.de

Traduction : Francis Leboutte (liege.decroissance.be/covid)

La Dre Ute Krüger a travaillé comme médecin-chef dans le service de pathologie clinique de plusieurs hôpitaux suédois. Depuis les vaccins Corona, elle a observé une augmentation des cancers très agressifs, des maladies auto-immunes et des maladies neurologiques. La Dre Ute Krüger est spécialiste en pathologie avec 25 ans d’expérience professionnelle. Elle vit en Suède depuis près de 20 ans. Aujourd’hui, elle travaille dans son propre cabinet holistique.

Depuis mon enfance, j’ai toujours souhaité devenir médecin pour pouvoir aider les gens. Au lycée de Seelow/Brandebourg, mon intérêt pour le microscope a été éveillé dans un cours de biologie. La structure des plantes à fort grossissement me fascinait beaucoup. Après mon année de stage préuniversitaire en 1989 dans le service de cardiologie aiguë de la Charité de Berlin, j’ai étudié la médecine à la Humboldt-Universität de Berlin. Dans ma thèse de doctorat, j’ai analysé près de 7500 cas d’autopsie. J’y ai comparé les diagnostics posés par les médecins cliniciens, comme les causes de décès, avec les résultats de l’autopsie à des fins de contrôle de qualité. Au cours des années suivantes, j’ai travaillé comme médecin assistant au service de pathologie clinique de l’hôpital Oskar-Ziethen Lichtenberg et j’ai réussi l’examen de spécialisation en pathologie en 2004. Le microscope est devenu mon compagnon de tous les jours.

En raison de l’impossibilité de concilier travail et famille en tant que médecin en Allemagne, je suis partie avec mon partenaire de l’époque à Växjö, dans le sud de la Suède, en 2005. J’y ai travaillé pendant dix ans en tant que médecin-chef au service de pathologie clinique de l’hôpital central, dont j’ai également été la directrice médicale pendant les quatre dernières années. Au cours des huit années suivantes, j’ai été chef de clinique en pathologie à l’hôpital national de Kalmar, en Suède, et, en même temps, chef de clinique à l’Institut des sciences cliniques de l’université de Lund, en Suède.

À l’université, j’ai mené des recherches sur le cancer du sein afin de mieux comprendre la biologie des tumeurs et les facteurs de risque du cancer du sein. L’objectif était de trouver des moyens de prévenir cette maladie. En même temps que j’ai commencé à travailler à Kalmar et à Lund, j’ai été membre du conseil d’administration de la Société suédoise de pathologie pendant cinq ans, afin d’améliorer la qualité de la pathologie en Suède. J’ai donc 25 ans d’expérience dans le domaine de la pathologie. Jusqu’en 2022, j’ai diagnostiqué des milliers de cancers et d’autres maladies dans le cadre de mon activité clinique en tant que spécialiste du cancer du sein.

En automne 2021, d’étranges cas de cancer se sont multipliés

En automne 2021, j’ai remarqué un changement dans l’apparition du cancer du sein dans mon travail de routine à l’hôpital. Je voyais plus souvent que d’habitude des tumeurs chez des patientes plus jeunes, souvent âgées de 30 à 50 ans, et je voyais plus de tumeurs à croissance rapide et donc des tumeurs plus grosses. Il y avait le plus souvent non pas une, mais plusieurs tumeurs simultanées dans un sein. Le cancer du sein semblait également se développer plus souvent dans les deux seins en même temps. J’ai également remarqué qu’il y avait apparemment plus de récidives chez les patientes qui avaient guéri du cancer du sein auparavant. Il s’agissait alors d’une croissance tumorale très rapide avec une dissémination tout aussi rapide de la tumeur dans tout le corps, ce que j’ai constaté à plusieurs reprises quelques mois après la vaccination Corona.

Comme je voyais un lien entre ces tumeurs « d’un genre nouveau » et la vaccination contre le Covid-19 (appelée par la suite, pour simplifier, vaccination Corona), j’ai signalé de nombreux cas à l’agence suédoise des médicaments. En outre, j’ai essayé de trouver des collègues germano­phones lors de la deuxième conférence de pathologie à Berlin afin d’infirmer ou de confirmer mon hypothèse de ce que j’ai appelé le « turbocancer » après la vaccination Corona. Je voulais lancer une étude à grande échelle. Mon objectif était d’arrêter toutes les vaccinations Corona avant que cette question ne soit résolue. Malheureusement, il ne s’est trouvé qu’un seul collègue pathologiste autrichien intéressé pour répondre à mon appel. À deux et surtout en plus de l’activité clinique quotidienne, un tel travail n’était pas gérable.

Il s’agissait alors d’une croissance tumorale très rapide avec une dissémination tout aussi rapide de la tumeur dans tout le corps, ce que j’ai constaté à plusieurs reprises quelques mois après la vaccination Corona

Au fil des mois, j’ai reçu de nombreux courriels de collègues, de proches et de personnes concernées par le turbocancer. Il semblait donc que je n’étais pas la seule à avoir remarqué un lien possible entre les vaccins Corona et les cancers agressifs.

Une étude réalisée en Grande-Bretagne en octobre 2023 a examiné la mortalité par cancer chez les personnes âgées de 15 à 44 ans. Il s’agit donc de personnes très jeunes, chez qui le cancer était jusqu’à présent plutôt rare comme cause de décès. Pour le cancer du sein chez les femmes, on a constaté une augmentation de 28 % des décès par cancer en 2022. Les chiffres sont encore plus alarmants pour le cancer du pancréas : dans ce cas, on a constaté une augmentation de 80 pour cent des décès chez les femmes et de 60 pour cent chez les hommes. En outre, on a constaté une augmentation de 120 pour cent des décès chez les hommes, causés par le cancer noir de la peau (mélanome).

Une surmortalité inexpliquée

Cette question est d’autant plus brûlante que nous avons effectivement affaire depuis 2021 à une surmortalité inexpliquée.

Si l’on regarde les taux de mortalité des quatre dernières années en Allemagne, on constate une nette surmortalité, surtout pour les dernières années. Dans la prépublication d’une étude de cette année, on peut voir que la surmortalité est corrélée aux infections Corona et aux décès pendant la première phase de la pandémie sans vaccination. Cependant, au cours de la deuxième et de la troisième année de la pandémie, on constate une augmentation considérable de la surmortalité qui ne peut pas être expliquée par les infections Corona, mais qui doit être considérée en relation avec les vaccinations Corona.

Le nombre de mort-nés est en corrélation avec le nombre de vaccinations Corona dans la population au cours de la troisième année de la pandémie

Selon l’étude, plus le nombre de vaccins administrés était important, plus la surmortalité était élevée. De plus, la surmortalité au cours des deux dernières années de pandémie a considérablement varié entre les Länder. Ainsi, pour la troisième année de la pandémie, la surmortalité a été estimée à 5-6 % à Berlin, en Brandebourg et en Saxe, alors qu’elle était environ deux fois plus élevée à Brême et dans la Sarre avec 11 %. La surmortalité est en corrélation avec le nombre de personnes vaccinées contre la maladie de Corona dans les Länder. L’étude dit textuellement : « Plus le nombre de vaccins administrés dans un Land est élevé, plus l’augmentation de la surmortalité est importante » (traduction de l’auteur).

Dans ce travail scientifique, le nombre de mort-nés a également été étudié. Là encore, il apparaît que le nombre de mort-nés est en corrélation avec le nombre de vaccinations Corona dans la population au cours de la troisième année de la pandémie.

Dans la prépublication d’une autre étude parue en août 2024, la surmortalité en Autriche est étudiée. L’âge des personnes décédées y est notamment pris en compte. Il s’avère que la surmortalité des 15-29 ans pour l’année 2023 atteint le chiffre incroyable de 34 pour cent.

Dès août 2021, le célèbre pathologiste et directeur de l’Institut de pathologie de la Clinique universitaire de Heidelberg, le professeur Peter Schirmacher, a mis en garde contre un nombre élevé de décès dus à la vaccination qui ne sont pas connus. Ensuite, fin novembre 2022, il a publié une étude, et, dans un entretien avec Die Welt, il a expliqué peu après les résultats de sa recherche. L’étude a porté sur des personnes qui, dans les 14 jours suivant la vaccination, sont décédées de manière inattendue alors qu’elles semblaient en bonne santé. Dans 30 % des cas, il y avait un lien entre la vaccination et le décès. Schirmacher a souligné que d’autres études étaient nécessaires et a supposé que « dans l’un ou l’autre cas, la crainte de résultats désagréables » pourrait peut-être faire obstacle à la poursuite des recherches.

Les autopsies fournissent des informations importantes

Sans autopsie, il n’est pas possible de déclarer les décès dus aux effets secondaires des vaccins au Paul-Ehrlich-Institut, l’institut fédéral allemand pour les vaccins et les médicaments biomédicaux. Dans ce contexte, il faut aussi mentionner que de nombreuses personnes vaccinées sont décédées subitement chez elles. Lors de l’examen externe du corps, la mention « naturel » a été cochée comme type de décès et aucune autopsie n’a été pratiquée. Ainsi, les décès éventuellement liés aux vaccins Corona n’ont pas été pris en compte dans les statistiques.

En 2021, j’ai fait la connaissance du professeur Arne Burkhardt, un collè­gue pathologiste très compétent. Il avait décidé, avec l’avocat Elmar Becker, d’enquêter sur les décès survenus après une vaccination Corona. Burkhardt voulait déterminer s’il existait un lien de cause à effet entre la vaccination et le décès. De nombreuses personnes de l’espace européen s’étaient adressées à lui après que des proches soient décédés après avoir été vaccinés. Les rapports d’autopsie des pathologistes ou des médecins légistes n’ont toutefois pas établi de lien avec la vaccination Corona. Les familles ont cependant douté de ce résultat et ont veillé à ce que les instituts de pathologie ou de médecine légale envoient des échantillons de tissus de leurs défunts au professeur Burkhardt.

Ce travail sans doute unique au monde a commencé au premier semestre 2021 dans son laboratoire de pathologie à Reutlingen. En été 2021, le professeur Walter Lang, un pathologiste expérimenté, a rejoint l’équipe.

Dans presque trois quarts des 89 cas de décès examinés jusqu’en juin 2023, les résultats indiquent, selon Burkhardt, un lien entre le décès et la vaccination Corona. Il a été constaté que les lésions tissulaires étaient liées au nombre de vaccinations Corona. Ainsi, les lésions tissulaires graves étaient nettement plus fréquentes chez les personnes décédées après plusieurs vaccinations Corona qu’après une seule. Dans plus de la moitié des cas, la cause du décès était une inflammation du muscle cardiaque. La plus jeune personne décédée était une étudiante de 16 ans. Il était connu que tous les nouveaux vaccins Corona pouvaient provoquer une myocardite. Cela se retrouve également dans l’analyse des rapports sur les effets indésirables du vaccin de la société Pfizer. Toutefois, au vu des résultats des professeurs Burkhardt et Lang, la fréquence indiquée dans l’analyse de Pfizer semble bien en dessous de la réalité.

Dans près de 90 % des cas de décès étudiés par Burkhardt et Lang, on a constaté une inflammation des vaisseaux sanguins, grands et petits. L’inflammation de l’aorte, le plus gros vaisseau sanguin de notre corps, était plus fréquente que la moyenne. Vous vous doutez bien qu’une inflammation de la paroi vasculaire entraîne une fragilité du vaisseau, qui peut alors se rompre sous l’effet de la pression exercée, ce qui provoque une hémorragie rapide de la personne.

Les maladies auto-immunes comme conséquence de la vaccination ?

Par ailleurs, les deux pathologistes ont décrit des modifications inflammatoires dans les organes, appelées maladies auto-immunes. Il s’agit de maladies dans lesquelles le système immunitaire du corps attaque les propres tissus de l’organisme. J’aimerais ici expliquer brièvement comment les vaccins à ARNm agissent selon l’état actuel des connaissances. Ces vaccins modifient la programmation cellulaire des cellules saines du corps. Avant ces vaccins Corona, notre corps ne produisait pas de protéines de pointe [Spike]. Depuis ces vaccinations Corona basées sur l’ARNm, les cellules saines de notre corps produisent ces protéines du coronavirus et les présentent à la surface des cellules. Pour les cellules de la défense immunitaire de l’organisme, ces cellules sont étrangères et elles sont combattues.

Ainsi, les cellules saines (présentant des protéines Spike) sont donc attaquées, ce qui provoque une inflammation appelée réaction auto-immune. Dans une étude coréenne publiée en juillet de cette année dans la revue scientifique reconnue Nature, il apparaît qu’après une vaccination de rappel, c’est-à-dire une deuxième vaccination Corona, on trouve un risque accru de certaines maladies auto-immunes. On cite ici l’alopécie circulaire [zones circulaires sans cheveux], le psoriasis et le rhumatisme articulaire. Il est important de mentionner ici que ces complications vaccinales peuvent en principe survenir sur tous les organes.

Après le décès inattendu et soudain de notre cher collègue Burkhardt, j’ai considéré qu’il était de mon devoir de mettre à la disposition du public les résultats qu’il avait trouvés. En l’espace d’un an, j’ai rassemblé ces résultats et les ai publiés dans le livre « Geimpft – gestorben – Histopathologischer Atlas der Corona-Impfschäden », paru en août 2024. Il présente 57 cas de patients dont le décès est, dans la grande majorité des cas, en relation démontrable avec l’injection du vaccin ARNm contre le Covid-19. Ce livre s’adresse en priorité aux pathologistes, mais aussi aux médecins d’autres spécialités ainsi qu’aux non-médecins intéressés par la santé.

D’une part, les images de coupes de tissus sont présentées afin de sensibiliser les collègues travaillant dans le domaine de la pathologie de routine et de la médecine légale à l’égard de ces résultats totalement nouveaux et d’attirer l’attention sur les modifications typiques des injections d’ARNm. D’autre part, les descriptions de cas correspondantes sont incluses, documentant les circonstances tragiques et les souffrances multiformes des personnes ayant subi ces vaccinations.

Apparition fréquente de maladies neurologiques

Les maladies neurologiques sont également plus fréquentes après les vaccinations Corona. Voici un exemple tiré de mon activité de pathologiste : j’ai autopsié un patient décédé après avoir reçu deux vaccins Corona. En raison d’une maladie maligne, il avait reçu une chimiothérapie et une thérapie visant à atténuer la réponse immunitaire. En même temps, il a reçu deux doses du vaccin contre le Covid-19.

J’affirme que n’importe quel non-médecin comprend qu’on ne peut pas, d’une part, freiner le système immunitaire et, d’autre part, donner un vaccin qui présuppose une réponse du système immunitaire au plus haut degré. L’homme a développé des paralysies sur tout le corps relativement peu de temps après les vaccinations et est décédé trois mois plus tard. J’ai voulu publier ce cas avec deux professeurs très expérimentés de l’hôpital universitaire de Lund, en Suède, et de la Charité de Berlin. Pendant plus de six mois, j’ai donc été en contact avec le British Medical Journal, une revue spécialisée reconnue. On m’a demandé à plusieurs reprises d’apporter des modifications au texte et d’effectuer de nouvelles colorations en laboratoire, pour finalement recevoir, après de nombreux contacts par courriel, un bref message me disant qu’un cas similaire venait d’être publié et que le journal n’était plus intéressé par mon article.

Suite à cela, je me suis adressé à un autre journal, où le texte a été publié en décembre 2022. Malheureusement, cet article ne se trouve pas sur Pubmed, la plateforme de publications scientifiques – que j’appellerais le « Wikipédia des scientifiques et des médecins ». Je me demande donc combien d’études scientifiques et de descriptions de cas publiées ne se trouvent pas non plus sur cette plateforme.

Jusqu’à présent, les vaccins étaient normalement développés et testés pendant sept à huit ans avant d’être autorisés. Le vaccin Corona, quant à lui, a été mis sur le marché moins d’un an après avoir été testé de manière totalement insuffisante.

Non seulement d’innombrables personnes sont tombées malades après ces vaccins Corona, mais de nombreuses personnes sont également décédées après ces vaccins. Dans une étude de juin 2024, des effets secondaires graves ont été constatés dans 11 % des cas pour les vaccins Pfizer et dans 21 % des cas pour les vaccins Moderna après ces vaccinations à ARNm. En comparaison, les anciens vaccins influenza n’ont provoqué que 0 à 4 % d’effets secondaires graves. En revanche, la probabilité de mourir d’une infection à Corona est désormais estimée à seulement 0,1 %. À mes yeux, le vaccin Corona était et est malheureusement toujours une expérience sur nous, les humains.

D’autres chiffres alarmants concernent le taux de natalité. Une étude des naissances vivantes en Europe datant de 2022 montre que dans tous les pays étudiés, on constate une baisse du nombre de naissances pouvant aller jusqu’à plus de 10 %. Dans ce contexte, il a pu être démontré dans les coupes de tissus de l’institut du laboratoire de Burkhardt que la protéine Spike était présente dans les ovaires. Ce fait permet de conclure qu’une inflammation peut également se produire à cet endroit, ce qui peut à son tour entraîner la formation de cicatrices et une éventuelle stérilité. Dans les coupes de tissus des testicules de jeunes décédés, on a trouvé un nombre considérablement réduit de spermatozoïdes, un cas est également illustré dans le livre décrit ci-dessus. Ces changements dans les organes sexuels sont effrayants et pourraient expliquer la baisse de la natalité.

La politique plutôt que la science

On sait désormais, après la divulgation des documents de l’état-major de crise, d’abord secrets, de l’Institut Robert Koch (RKI) en Allemagne, qu’il n’y avait et qu’il n’y a pas de base scientifique pour de nombreuses mesures imposées par les politiques en rapport avec le Corona.

Les scientifiques et les médecins qui se sont longuement penchés sur les conséquences de ces vaccinations Corona sont traités d’affabulateurs, de conspirationnistes, voire d’extrémistes de droite. Ma tentative de mettre en garde contre de ce que l’on appelle le turbocancer après les vaccinations Corona a été qualifiée de sabotage par les médias suédois – sabotage contre la campagne de vaccination qui prévoyait de vacciner tout le monde contre le Corona.

En raison du fait que la politique a pris le pas sur la science, j’ai démissionné de mon poste de médecin-chef à l’hôpital de Kalmar et à l’hôpital universitaire de Lund. J’étais profondément choquée et je ne pouvais plus, en mon âme et conscience, faire partie d’un système de santé aussi peu scientifique. L’un de mes principes est de ne pas faire de mal aux gens, comme je l’ai juré dans le serment d’Hippocrate (la formulation de l’éthique médicale).

J’en appelle à vous, soyez actifs. Informez-vous. Remettez tout en question, même ce que l’on vous sert sans cesse sur un plateau d’argent dans les médias. Contrôlez également les références bibliographiques que j’ai citées.

Les dégâts causés par ces vaccins à base d’ARNm contre Corona sont désormais connus. Cette technique à ARNm n’a pas encore été suffisamment testée et éprouvée. À l’avenir, veuillez vous informer sur les bases desquelles sont fabriqués les vaccins que vous souhaitez recevoir.

Et n’oubliez pas que la peur affaiblit notre système immunitaire. Soyez le plus possible dans la nature et renforcez-le de cette manière. Notre corps est fantastique, soutenez-le et ayez confiance en lui et en vous !

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Les facéties de la barbarie ordinaire, #2 – Il y a du temps et il n’y a pas de temps

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Le phénomène historique du « déclin » des civilisations est délicat à étudier. Il paraît qu’en ces périodes-là les comportements socio-moraux se dégradent, que la société tombe dans l’anomie ou dans l’hubris. Même s’il faut manier avec une grande prudence l’idée morale de déclin-décadence-déchéance, laquelle fait bizarrement abstraction des antagonismes politiques internes et externes, on admettra ici provisoirement cette dégradation des comportements. J’admets provisoirement cette dégradation des comportements parce que cela permet de poser la question de ce qu’il en est des façons de penser : est-ce que, dans les périodes terminales des civilisations, le penser se dégrade autant que l’agir ? Est-ce que les humains se mettent à penser-dire « n’importe quoi » ? Est-ce qu’ils se mettent à affirmer une chose et son contraire sans être gênés par l’incohérence ?

La civilisation du « progrès techno-économique » va aujourd’hui vers sa fin. Le libéral-fascisme (plus précisément : le néolibéral-fascistoïde) est l’un des symptômes de cette fin interminable et chaotique (qui a commencé à vrai dire en 1914). La dégradation actuelle des comportements est évidente, surtout chez les oligarques milliardaires et chez leurs complices gouvernementaux. Un signe, parmi d’autres, de cette dégradation est la zone floue où l’on ne distingue plus bien le cynisme conscient et la folie inconsciente : Macron, Musk, Modi, Arnault, Milei, Bolloré… sont-ils cinglés ou sadiques ? Un peu des deux ? Beaucoup des deux ? Mais cette dégradation des manières d’agir ne va-t-elle pas de pair avec celle des façons de penser ? On voit en tout cas que dans les oligarchies du néolibéralisme fascisant, on n’est pas à une contradiction près. Naomi Klein a montré comment le capitalisme néolibéral provoque des désastres sociaux et écologiques et utilise ces mêmes désastres pour imposer plus avant ses pratiques. Il en va de même dans le langage et la pensée : le capitalisme fascistoïde provoque des désastres dans la pensée et utilise ces mêmes désastres pour imposer plus avant sa folie comme une rationalité.

Le désastre de pensée qui m’occupe aujourd’hui est la contradiction suivante : il y a du temps (le temps existe) et il n’y a pas de temps (le temps n’existe pas).

Il y a du temps, du temps long, et même si long qu’il confine au mythe religieux. Avec d’autres peuples, le peuple d’Israël habitait la Palestine il y a deux millénaires et plus. C’est dans l’Ancien Testament. « Donc » il est « normal » que depuis 1948 Israël habite de nouveau la Palestine en évinçant les autres peuples. Ici, le temps existe, et c’est du temps long. Le temps long, c’est un temps qu’on fait mine de considérer comme continu. On fait semblant de croire qu’il n’y a pas eu de changements historiques, par exemple des changements qui, au Moyen Âge, ont amené diverses populations à coexister et à se mélanger en Palestine. On fait comme s’il n’y avait pas eu de ruptures historiques, comme si la rupture était la « continuité », comme si Israël était l’origine absolue de la Palestine. Mais origine pour origine, il vaut mieux savoir qu’avant les juifs, au second millénaire de l’ère pré-chrétienne, la Palestine était habitée par une majorité d’Égyptiens. Au nom du temps de l’origine, pourquoi les Égyptiens ne revendiqueraient-ils pas aujourd’hui la souveraineté absolue sur la Palestine ? (Il est vrai qu’à l’époque l’imaginaire de la propriété-souveraineté économique et étatique existait peu, et cela rendait plus facile ce que l’historien libanais Georges Corm appelle « le bon vieux pluralisme religieux du bassin méditerranéen ».) Mais les Égyptiens sont des petits joueurs : bien avant eux, « à l’origine », il y avait en Palestine des homo erectus, eux-mêmes venus d’Afrique – bref, de méchants émigrés qui voulaient procéder au « grand remplacement » de l’« identité » palestinienne antique dont personne ne sait en quoi elle consistait. Il y a deux millénaires, les Romains habitaient la « Belgique ». Puis, pour diverses raisons historiques, leur habitat a cessé. Depuis quelque temps la rumeur court que les habitants méloniens de Rome – du genre homo melonius – ont le projet de revenir occuper la Belgique en 2027 et que, dans ce but (ressusciter l’Empire romain), ils vont chasser les Wallons et les Flamands du plat pays. Il semble que les Belges de 2027, réfractaires comme des Gaulois, regimbent. Mais tant pis pour eux : c’est la loi du temps long, « donc » continu. Puisque les Romains étaient en Belgique il y a 2 millénaires, les Belges devront quitter Bruxelles et Liège en 2027. Et s’ils ne sont pas contents, qu’ils aillent se faire voir chez les Égyptiens.

Question : l’Europe a massacré les Juifs européens pendant la Deuxième Guerre mondiale – à l’initiative de l’Allemagne nazie, avec l’aide de la France de Vichy, de l’Autriche annexée et de quelques autres. Pourquoi donc, au titre d’une juste réparation, l’Europe n’a-t-elle pas fait une place en Europe aux Juifs européens ? Pourquoi ne leur a-t-elle pas donné un territoire, par exemple, à la frontière de l’Allemagne, de la France et de la Suisse ? Ou aux confins de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Suisse ? Quelqu’un peut-il m’expliquer la logique qui veut que la politique européenne de 1914-1945, responsable du judéocide, s’abstienne de réserver un territoire européen aux survivants – pour mieux les expédier dans une Palestine qui n’était en rien responsable du judéocide ? Ainsi le temps existe. Depuis l’Ancien Testament jusqu’à aujourd’hui.

Mais le temps n’existe pas. J’explique. Je commence à expliquer en faisant un petit détour par une définition minimale du terrorisme : celui-ci se définit par le fait que des organisations armées, étatiques ou para-étatiques, utilisent des armes contre des civils désarmés. Par exemple, l’État des États-Unis, parce qu’il a bombardé pendant des années la population civile du Vietnam, est un État terroriste. Sur les crimes terroristes initiaux perpétrés par les États-Unis contre les peuples amérindiens (crimes qui ont fait entre 15 et 20 millions de morts amérindiens), sur les crimes terroristes plus tardifs, on lira le livre de l’historien Howard Zinn, Histoire populaire des États-Unis (Agone, 2003).

Le 7 octobre 2023, le Hamas a assassiné des centaines de civils israéliens. Cela constitue une attaque terroriste parce que les assaillants étaient armés, et les assaillis étaient presque tous des civils désarmés. À ce propos, Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, a déclaré dans le journal La Croix du 16 octobre 2023 : « Cette violence barbare est sans excuse, mais elle n’est pas sans cause. » En parlant de cause, l’archevêque suggère que le temps existe. Eh oui, comment une cause pourrait-elle produire ses effets si le temps n’existait pas entre les deux ?… ce temps qui en l’occurrence prend la forme du lien de cause à effet. Les gouvernements occidentaux ont déclaré qu’Israël avait un droit inconditionnel à se défendre. Mais ce droit d’autodéfense implique-t-il celui de commettre, contre la population civile gazaouie désarmée, des massacres terroristes ? Les gouvernements occidentaux sont un peu gênés aux entournures, mais leur réponse implicite est : « Oui, l’armée israélienne a le droit de commettre des massacres terroristes contre les civils palestiniens. » Pourquoi les gouvernements occidentaux ne disent rien et ne font rien contre ces massacres ? Parce que pour eux l’archevêque d’Alger n’existe pas, la notion de cause n’existe pas, donc la notion d’effet n’existe pas, donc le temps historique n’existe pas non plus. On imagine aisément la cause ou les causes auxquelles pense l’archevêque d’Alger pour expliquer l’attentat du 7 octobre : cette cause n’est rien d’autre que le nombre des grandes et petites cruautés liées à l’entreprise de colonisation de la Palestine, entreprise que l’État israélien mène depuis 1948.

Inexistence du temps et essentialisme se tiennent par la main. Le temps n’existe pas, donc la colonisation israélienne de la Palestine depuis 1948 n’existe pas. Donc les attaques du 7 octobre n’ont pas de cause, elles sont hors temps. Si les attaques du 7 octobre n’ont pas de cause et si elles ont eu lieu malgré tout, c’est que les Palestiniens sont méchants par essence – colonisés qu’ils sont par un État israélien qui est gentil par essence. En 2017, en visite à Alger, Macron a déclaré que la colonisation (de l’Algérie par la France) était un crime contre l’humanité. Et la colonisation de la Palestine par l’État d’Israël ? En 2024 Macron, von der Leyen et leurs complices n’en disent rien. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de temps. Le temps n’existe pas. La colonisation moderne de la Palestine par l’État moderne d’Israël est hors temps : elle n’existe pas. Dans la mesure où, paraît-il, Israël est en Palestine depuis plus de 2 millénaires, avec des ruptures historiques que seuls les imbéciles oublient de voir comme des continuités, le colonialisme étatique israélien n’existe pas. Mieux : ce n’est pas un colonialisme. Il n’y a donc aucune raison pour que le colonialisme de l’État non-colonialiste d’Israël soit condamné par les oligarques occidentaux. Comment en effet condamner quelque chose qui n’existe pas ? Qui serait prêt à condamner les éléphants volants qui barrissent dans nos cieux nocturnes ?

J’avoue que j’ai mauvais esprit. Il faut vraiment avoir mauvais esprit pour remarquer que la déraison néolibéral-fascistoïde oscille « rationnellement » entre le temps long qui existe dans la fiction biblique et le temps court du colonialisme qui n’existe pas (qui n’existe que dans la tête des damnés de la terre). Y a-t-il une contradiction entre le temps biblico-mythique long qui existe et le temps historique court qui n’existe pas ? Peut-être. Mais la contradiction se résout de manière malheureusement assez facile : le propre du mythique temps long n’est-il pas d’avaler le temps historique court ?

Marc Weinstein

[Dkript-HEBDO] La fin DU monde, ou la fin D’UN monde

Avec Thierry MEYSSAN: écrivain et président-fondateur du Réseau Voltaire

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Extraits de l’émission:

Science asservie : « Les téléphones portables ne sont pas liés au cancer du cerveau »

En ce début de mois de septembre, de très nombreux médias en Belgique et partout dans le monde ont fait état d’une étude commanditée par le projet CEM (champs électromagnétiques) de l’OMS[note] selon laquelle « il n’y a pas de lien entre l’utilisa­tion des téléphones portables et le cancer » (Le Soir du 9 septembre), ou encore « l’utilisation du téléphone portable n’augmente pas les risques de cancer du cerveau » (Euro­news, le 4 septembre). De l’autre côté de la Manche, on n’est pas en reste : « Les téléphones portables ne sont pas liés au cancer du cerveau, selon la plus grande étude réalisée à ce jour » (The Guardian, le 4 septembre) et de même, aux anti­podes, le très populaire Sydney Morning Herald, annonce que la science s’est prononcée avec certitude : « Non, votre téléphone portable ne vous donne pas le cancer du cerveau » (le 4 septembre). Le coup d’envoi de ce qu’il faut bien consi­dérer comme une campagne de presse soigneusement orches­trée a été donné par l’auteur principal de l’étude, Ken Karipidis, avec la publication d’un résumé de l’étude placé le 3 septembre sur le site d’information en ligne multilingue The Conversation[note]et titré : « Les téléphones portables ne sont pas liés au cancer du cerveau, selon une analyse approfondie de 28 années de recherche ».

« Les téléphones portables ne sont pas liés au

cancer du cerveau, selon une analyse approfondie

de 28 années de recherche »

The Conversation

Cependant, il existe d’autres études dont les conclusions sont beaucoup plus inquiétantes ; aucune d’entre elles ne semble avoir été mentionnée par les médias concernés, y compris les trois suivantes :

  • Dans une méta-étude réalisée en 2020 et portant sur 46 études de cas-témoins, Joel M. Moskowitz, un directeur de l’École de santé publique de l’université de Californie à Berkeley, et ses collègues chercheurs coréens, ont « trou­vé des preuves significatives liant l’utilisation du télé­phone cellulaire à un risque accru de tumeur, en parti­culier chez les utilisateurs de téléphone cellulaire ayant cumulé 1000 heures ou plus d’utilisation au cours de leur vie (ce qui correspond à environ 17 minutes par jour sur 10 ans) ».[note]
  • De 1999 à 2018, toujours aux États-Unis, le National Toxicology Program (NTP) a mené une étude qui a coûté 30 millions de dollars et qui démontre clairement l’exis­tence d’un lien de causalité entre le cancer et l’exposition aux signaux des téléphones mobiles : les rayonnements des téléphones 2G et 3G provoquaient des cancers des cellules de Schwann du cœur et des gliomes cérébraux[note] chez les rats, des lésions de l’ADN dans les cellules cérébrales et une réduction du poids à la naissance.[note]
  • En 2018, l’Institut Ramazzini a publié une étude dans laquelle 2448 rats ont été exposés à vie afin d’évaluer les effets cancérogènes des champs électromagnétiques de radiofréquence (CEM-RF) équivalents à l’exposition usuelle aux antennes GSM à 1,8 GHz. Conclusion princi­pale : une augmentation de l’incidence des tumeurs cérébrales et cardiaques chez les rats exposés, en fait des tumeurs similaires à celles de l’étude du National Toxicology Program.[note]

Pour démêler le vrai du faux, il est clairement nécessaire de s’intéresser aux auteurs de ces études. La qualité des trois études ci-dessus n’est pas en cause et il est impossible de trouver quoi que ce soit à redire sur leurs auteurs en ceci qu’ils n’ont pas de conflits d’intérêts et présentent des profils de chercheurs exemplaires.

Par contre, il y aurait plus à redire sur Ken Karipidis et ses coauteurs qui ont des liens étroits avec l’ICNIRP[note] (Interna­tional Commission on Non-Ionizing Radiation), la Commis­sion internationale sur la protection des radiations non ionisantes, une institution de droit allemand qui fonctionne comme un club privé et établit des recommandations en matière de protection des CEM. Celles-ci sont adoptées telles quelles ou à peu près par l’OMS, l’UE, tous les pays européens et d’autres, à la plus grande satisfaction de l’industrie des télécommunications sans fil.[note] En effet, le credo de l’ICNIRP est que toute atteinte à la santé par les CEM ne peut résulter que d’un effet thermique. En conséquence, les seuils de protection ne sont établis que pour limiter l’échauffement des tissus, sans prendre en considération tout autre effet (non thermique), ce qui va pourtant à l’encontre des résultats de la recherche menée depuis plus de 50 ans, mais aussi tout simplement du bon sens : est-il raisonnable de penser qu’il est sans danger de saturer notre environnement de CEM-RF artificiels qui sont des milliards de fois plus intenses[note] que les CEM-RF naturels ?

« … les détracteurs de M. Repacholi lui reprochent d’avoir systématiquement
évacué ou minimisé les études “dérangeantes” pour l’industrie« 

À l’origine de la création de l’ICNIRP et du projet CEM de l’OMS dans les années 1990, on retrouve les mêmes person­nes, à commencer par Michael Repacholi, un scientifique australien. Les critiques à l’égard de ces deux entités ne datent pas d’aujourd’hui, comme en témoignent les quelques enquêtes collectées ici : electrosmog.be/#ICNIRP. Trois exemples parmi d’autres :

  • « Or les détracteurs de M. Repacholi lui reprochent d’avoir systématiquement évacué ou minimisé les études “dérangeantes” pour l’industrie, impliqué celle-ci dans le processus de décision, écarté des scientifiques de renom des groupes d’experts réunis par ses soins à l’OMS, mais aussi d’avoir été très timoré dans ses recommandations de santé publique et d’avoir fait financer “son” projet CEM en grande partie par les industriels de la téléphonie mobile. En caricaturant à peine, l’homme est accusé, ni plus ni moins, d’avoir pédalé pendant dix ans pour l’industrie » (David Leloup, janvier 2007).
  • Plus récemment, un groupe de journalistes européens a enquêté sur l’ICNIRP elle-même : « Des scientifiques tirent la sonnette d’alarme quant aux risques pour la santé causés par les rayonnements de la technologie mobile. Sans fondement, assurent la plupart des autorités chargées de la sécurité des rayonnements. Celles-ci prennent l’avis d’un petit cercle d’initiés [l’ICNIRP] qui rejettent les recherches alarmantes et fixent les limites de sécurité » (Investigate Europe, janvier 2019).
  • Et cet extrait d’un rapport accablant, rédigé par deux députés européens : « Pour un avis scientifique réelle­ment indépendant, nous ne pouvons pas et nous ne devons pas nous fier à l’ICNIRP. La Commission européenne et les gouvernements nationaux de pays comme l’Allemagne devraient cesser de financer l’ICNIRP » (Klaus Buchner et Michèle Rivasi, 2020).

Ken Karipidis ne recule pas devant le mensonge pour maintenir le public dans l’ignorance. Ainsi il nie l’augmenta­tion des tumeurs cérébrales : « Même si l’utilisation des téléphones portables a explosé, les taux de tumeurs cérébra­les sont restés stables »[note]. Il emboite ainsi le pas à Eric van Rongen, le vice-président de l’ICNIRP quelques années auparavant, qui déclarait au micro de Benoit Feyt, journaliste à la RTBF : « Nous n’observons d’ailleurs aucune augmenta­tion du nombre de cancers depuis que la téléphonie mobile existe »[note]. Plusieurs études montrent le contraire, et ce pour différents types de tumeur, comme le signale l’Agence française de santé publique en 2019 : « Entre 1990 et 2018, multiplication par 4 et plus du glioblastome », une tumeur du cerveau très agressive.[note]

Karipidis fait donc partie de ces scientifiques corrompus par les firmes industrielles, et peut être rangé parmi ces merce­naires prêts à tout pour alimenter la fabrique du doute et de l’ignorance, pour satisfaire leurs maîtres et gagner leurs faveurs. Il n’en est pas à son coup d’essai : fin 2018, Karipidis avait déjà publié une étude à propos de l’incidence des tumeurs cérébrales en Australie liées à l’utilisation du téléphone mobile, cosignée notamment avec Rodney J. Croft qui, à l’époque, était le président de l’ICNIRP.[note] Dans cette étude, Karipidis n’avait pas hésité à exclure de ses statistiques les Australiens âgés de plus de 59 ans, soit évidemment la tranche de la population la plus atteinte par les tumeurs cérébrales. Dans ces conditions, l’étude ne pouvait conclure qu’à l’absence de risques, ce qui a permis à l’ARPANSA de titrer un communiqué de presse comme suit : « Une nouvelle étude australienne ne trouve aucun lien entre l’utilisation des téléphones portables et les cancers du cerveau ».[note] Ce fait d’armes a valu à Karipidis d’être nommé commissaire de l’ICNIRP quelques mois plus tard.

Avec cette nouvelle « étude » réalisée à la demande de l’OMS qui savait ce qu’elle faisait en s’adressant à Ken Karipidis, c’est-à-dire à l’ICNIRP, on assiste à une nième tentative de clore le débat sur les effets délétères des radiations électroma­gnétiques de la téléphonie mobile : pas question de laisser entrevoir ces radiations pour ce qu’elles sont, une des pollutions industrielles emblématiques et désastreuses, aux côtés de l’amiante, du tabac, de la radioactivité, du plomb, des pesticides et des plastiques.

Lectures complémentaires :

  • À propos de l’étude de l’OMS, en anglais :
  • La science asservie. Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs. Annie Thebaud-Mony. La Découverte, 2014, 224 pages.
    Annie Thébaud-Mony est sociologue, directrice de recherche honoraire à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale, France).

[REPORTAGE] Manifestation pour la paix à Berlin 03/10/2024 (Oval MEDIA)

Le 3 octobre avait lieu une grande manifestation à Berlin contre la guerre, avec une coalition des forces politiques de gauche et de droite. En avez-vous entendu parler dans les médias belges ou français? L’Allemagne, lieu d’une contestation globale, Ukraine et Covid compris?

Merci à Robert CIBIS (Oval Média) pour le reportage.
Soutenez Oval Média:
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[Dkript-HEBDO] Qui dirige réellement le monde?

Avec

  • Claude JANVIER: écrivain-essayiste
  • Thierry VANDERLINDEN: juriste
  • Bernard VAN DAMME: recheur indépendant en économie
  • Bernard LEGROS: rédacteur à Kairos

Émission autour du livre de Claude JANVIER: « Les démasqués : Qui dirige réellement le monde ? »

***Dkript-HEBDO, c’est tous les jeudis en direct!***

Un monde qui change. Comment les BRICS bouleversent-ils la géopolitique mondiale ?

Le prochain sommet annuel des BRICS à Kazan, en Russie, s’approche à grand pas. Pour la première fois, quatre nouveaux pays intronisés l’année dernière vont participer officiellement aux réunions : les Émirats arabes unis, l’Égypte, l’Iran et l’Éthiopie. Ainsi, désormais, il faut accoler au sigle officiel un signe +. Aux pays initiaux, le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, que l’Afrique du sud avait déjà rejoints, les BRICS+ vont probablement s’étendre à encore d’autres nations. On estime que 59 pays, du Sud principalement (Afrique, Asie, Amérique du sud), mais aussi d’Europe de l’est, ont exprimé leur intérêt à rejoindre l’organisation internationale. Parmi ceux-ci, on peut mettre en avant la Turquie, membre de l’OTAN et aspirante de l’Union européenne depuis des années. Étonnante stratégie diplomatique d’un pays qui semble hésiter à se ranger dans un camp ou dans l’autre. Seul l’avenir nous révélera ses véritables desseins par rapport à cette demande d’adhésion. Néanmoins, ce fait majeur démontre l’influence grandissante des BRICS+ et son pouvoir d’attractivité. Dans ce qui autrefois était considéré comme l’arrière-cour américaine, on remarquera que le Vénézuela, la Colombie et la Bolivie frappent également à la porte de l’institution.

On sera peut-être moins surpris que plusieurs pays de l’ASEAN (association des pays d’Asie du sud-est), dont la Thaïlande, la Malaisie et le Vietnam, font aussi partie des prétendants. Le poids économique de ces « tigres » asiatiques ne cesse de croître et la multiplication des ballets diplomatiques des dirigeants de ces pays avec leurs homologues russes, chinois, voire iraniens ou émiratis, signalent le rythme accéléré des échanges commerciaux dans ces parties du monde.

C’est incontestablement une victoire du multilatéralisme défendu par les BRICS+, qui préfigure leur  croissance constante et prometteuse. Les échanges économiques entre ces pays vont atteindre 500 milliards $ cette année. Les BRICS+ sont désormais plus puissants que les membres du G7 en terme de poids économique. En 2023, leur PIB combiné représentait 31,5% du total mondial, dépassant ainsi le G7 (30,7%).

BRICS versus économie

L’origine de la réunion de ces pays tient essentiellement à des raisons économiques. En effet, contrairement à la construction européenne, il n’y a pas de processus d’intégration complexe ni de traités détaillés. La vision est surtout pragmatique. Une des premières actions a consisté en la création d’une banque de développement afin de financer des projets sans recourir à la Banque mondiale ni à la domination du dollar. La convergence des points de vue a été guidée par des facteurs conjoncturels liés à l’hégémonie du dollar. Le mot-clé est donc bien « dédollarisation ». Réduire la dépendance au billet vert est un objectif prioritaire, qui peut être réalisé par la valorisation de leur propre monnaie. On peut se demander si la véritable guerre entre l’Occident et le reste du monde ne passe pas par les devises plutôt que sur le champ de bataille ukrainien…

Bien que dans un premier temps les pays membres des BRICS aient envisagé d’établir une monnaie d’échange commune, cela s’est avéré plus complexe que prévu. Aussi ont-ils préféré opter pour des transactions bilatérales dans leur propre monnaie. C’est ainsi que, dans cette logique, la Russie a accepté de vendre du pétrole à l’Inde dans sa propre monnaie souveraine, la roupie, à la Chine, en yuan et à la Turquie, en lire, ces monnaies nationales pouvant ensuite être dépensées pour acheter les biens et services vendus par ces pays. Chaque pays devrait être en mesure de commercer sur les marchés mondiaux dans sa propre monnaie souveraine. Néanmoins, ce système reste dépendant de l’accord des parties dans l’échange de biens ou de services réciproques. Aussi, pour pallier ce risque, il sera nécessaire à l’avenir de recourir à une monnaie de réserve intermédiaire.

Sergei Glaziev, ancien conseiller du président Vladimir Poutine, et plusieurs de ses homologues travaillent à l’introduction d’une nouvelle monnaie de règlement international, arrimée aux monnaies nationales des pays participants et aux biens échangés qui déterminent les valeurs réelles. Soit une devise calculée comme un indice des monnaies nationales des pays participants et sur un panier de matières premières. Sans attendre cette future devise internationale d’échanges, les BRICS+ ont déjà annoncé la création d’un nouveau système de paiement qui renforce leur autonomie dans le système financier international et réduit la dépendance au système SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), réseau d’échanges de messages standardisés des transferts inter-bancaires. SWIFT, dont le siège, rappelons-le, est situé dans notre pays, à La Hulpe, est détenu et contrôlé par ses propres adhérents, parmi lesquels se trouvent les plus grosses banques mondiales. Initialement, les BRICS+ avaient prévu d’utiliser le système russe SPFS, créé aussi pour échapper à SWIFT, mais finalement le nouveau système d’échanges s’appuiera sur une blockchain et des crypto-monnaies, une solution technologiquement avancée, accessible et rentable pour les gouvernements, les entreprises et la population en général.

La revanche de l’économie réelle sur l’économie financiarisée

Au-delà de ces aspects techniques strictement monétaires, il faut se rendre compte que ce choc des titans est aussi un affrontement entre des économies basées sur la production (biens tangibles comme les matières premières) et des économies basées sur les services et la finance. Soit un choc entre des valeurs réelles et des valeurs virtuelles. Rappelons-nous que pour maintenir la tête de leur économie hors de l’eau et ne pas chuter dans une récession sérieuse, les pays occidentaux ont eu recours plus de fois qu’il n’en faut à la planche à billets. La dette est devenue le moteur d’une croissance pourtant poussive, voire atone. Au contraire, ces dernières années, la Russie et la Chine ont accumulé suffisamment d’or pour remettre place des monnaies basées sur l’étalon-or. En outre, celle-ci dispose d’un taux d ‘épargne très élevé, qui stratégiquement lui permettra de soutenir les investissements en vue de l’industrialisation de l’Asie, sans craindre une surchauffe inflationniste. Axé sur la production de biens, dans le projet des BRICS+ les activités financières ne viennent qu’en soutien, et la spéculation est minimale.

Il faut toujours avoir en tête les caractéristiques principales de la Chine et de la Russie, que l’on peut considérer comme les véritables piliers des BRICS+. La Russie est le pays le plus étendu du monde avec la plus grande quantité de ressources, alors que la Chine est le plus grand détenteur de réserves de change au monde. Tous deux avancent en favorisant une diplomatie efficace et fructueuse au sein des BRICS+, mais aussi au sein d’autres plateformes interétatiques comme l’Organisation de coopération de Shanghai (SCO), qui constitue désormais la plus grande organisation politique, économique et de sécurité régionale au monde. Nous entrons véritablement dans une nouvelle période caractérisée par la multi-polarité et le multi-latéralisme. Cette nouvelle ère mettra fin inévitablement à l’hégémonie des États-Unis, qui régnaient sur la planète depuis la conférence de Bretton Woods de 1944, fondation du système monétaire international toujours en fonction. Pour l’heure encore, le dollar reste la principale monnaie d’échange mondiale. Mais pour combien de temps encore ?

La guerre en Ukraine, et en particulier les sanctions imposées par le bloc occidental à la Russie, ont servi d’accélérateur à ce processus de dédollarisation. Les tensions dans les relations américano-chinoises n’ont fait qu’accroître les velléités de Pékin d’affirmer son indépendance face à l’hégémon américain. Ainsi, la Chine, qui fut longtemps le premier banquier des États-Unis avec le Japon, réduit progressivement le montant des obligations du Trésor américain qu’elle détient. Face aux turbulences actuelles, nombre de pays tentent aussi de réduire leur dépendance à l’égard du billet vert en tant que principale monnaie mondiale de commerce et de réserve étrangère. Mais ces craintes, évidemment, ne concernent pas seulement la sphère économique et financière. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis n’ont de cesse de pratiquer une politique étrangère particulièrement agressive et belliqueuse pour asseoir leur domination et imposer partout la « pax americana ». Tous les moyens étaient bons pour transformer ou subvertir des gouvernements étrangers qui, aux yeux de Washington, ne se conformaient pas aux intérêts américains. Interventions armées, invasions militaires, sanctions économiques, sans oublier infiltrations culturelles, incitations à l’émeute et multiples campagnes de désinformation, Washington est devenu le plus grand perturbateur de la sécurité politique mondiale. Le linguiste et politologue renommé Noam Chomsky s’en est fait le comptable et en a tiré le bilan dans plusieurs de ses ouvrages. Cependant, les États-Unis continuent à se présenter comme le leader du monde libre et le gardien de la démocratie à l’occidentale. Comme l’annonçait Carl Schmitt dans son ouvrage Le Nomos de la Terre, « les droits de l’homme et le droit humanitaire ne sont que le paravent de rapports de forces politiques et un outil au service de l’idéologie mondialiste occidentale[note] ».

Tout s’est cristallisé dans une forme de névrose, de tourbillon qui a submergé les élites américaines. En conséquence, l’ensemble de la structure du capitalisme américain pourrait s’effondrer rapidement, ainsi que sa position hégémonique, parce qu’il repose sur une forme postmoderne d’exploitation qui a tout modelé à son profit. C’est l’inconscient du système, l’inconscient d’un régime capitaliste financiarisé qui agit et produit ses effets. Cette décomposition du modèle américain s’accélère même. En réalité, il a atteint ses limites et joue les prolongations par la dette, ce qui le mine encore plus en profondeur. Le retour du boomerang, c’est la force du réel. Certes, pour l’heure l’utilisation internationale du dollar américain reste forte, mais la dette nationale américaine, qui a dépassé la somme stupéfiante de 34.000 milliards de dollars, et les échecs militaires en Irak et en Afghanistan, en attendant la déroute en Ukraine, ont très nettement terni son image de marque et amoindri ses capacités à rester le gendarme du monde. De par son jusqu’au-boutisme, Washington a ouvert la voie à son propre déclin, et il est plausible que le yuan (ou la nouvelle monnaie des BRICS+) devienne une alternative au dollar dans un monde multipolaire d’ici quelques années, et non des décennies ou des siècles. Cela portera un coup sévère à l’économie américaine et à la position mondiale dont Washington ne pourra peut-être pas se remettre.

BRICS versus politique

Le monde du XXIe siècle n’est décidément plus celui du XXe, ni celui des siècles précédents. Les États du sud ne veulent plus subir le joug d’un nouvel hégémon. Pour réussir, les BRICS doivent impérativement intégrer une nouvelle approche dans les relations internationales. Améliorer significativement le niveau de vie de 3,8 milliards d’Asiatiques, d’un milliard supplémentaire en Afrique, et d’un autre milliard environ en Amérique latine et ailleurs est le pari auquel doit s’atteler la nouvelle organisation internationale. Vladimir Poutine a avancé l’idée de construire un parlement des BRICS visant à transformer une initiative économique conjoncturelle en une alliance politique plus structurée et intégrée. Resserrer les liens entre les États membres et aider à résoudre les disparités, voire les conflits éventuels qui pourraient ressortir. Rappelons par exemple, que la Chine et l’Inde furent encore, il n’y a pas si longtemps, des belligérants. Cependant, ce besoin de cohérence dans le cadre des relations internationales doit se réaliser dans le respect de la souveraineté des États et des peuples. Le droit international doit redevenir le cadre juridique naturel des relations entre les États et la référence globale de la géopolitique mondiale. Heureusement pour eux, les BRICS+ cultivent une certaine filiation avec le mouvement des non-alignés[note].

Le mouvement des BRICS vise à rééquilibrer les échanges internationaux et à contester les éléments du « diktat américain », comme l’ingérence dans les affaires intérieures des pays et l’imposition de sanctions économiques qui affectent souvent des populations entières. Cela mettra fin à plus de 5 siècles de domination sur les terres et sur les mers de la thalassocratie occidentale ; la fin du mondialisme tel qu’on l’a connu jusqu’à présent, soit le globalisme occidental qui n’était dirigé que dans un sens : l’exploitation des matières premières du Sud pour l’enrichissement des économies du Nord. La prochaine étape du capitalisme mondial appartient à ceux qui créent de la valeur dans la production. Il s’agit de balayer le parasitisme vampirique du capitalisme rentier financiarisé. C’est le véritable enjeu de la multipolarité. Les Chinois l’ont bien compris. C’est le sens des initiatives gagnant-gagnant de la route de la Soie, « Belt and Road ». Ils s’appuient sur les normes du droit international et, sans coup férir, peuvent désormais apparaître aux yeux du reste du monde comme des partenaires honnêtes, loyaux et posés, face au pitbull yankee enragé et sa meute occidentale de chihuahuas aboyeurs.

Ils n’ont pas peur d’affirmer : « Nous allons rompre avec 500 ans d’exploitation et de domination coloniale européenne. Nous vous aiderons à vous relever sans vous paralyser, car si vous vous débrouillez bien, nous nous débrouillerons bien et nous pouvons tous les deux nous enrichir ensemble ». L’approche de la diplomatie chinoise vis-à-vis du monde arabe et des pétro-monarchies est symptomatique de cette nouvelle vision. La Chine a invité les États arabes, ainsi que de nombreux autres pays, à construire une nouvelle ère dans les relations internationales. La déclaration d’ouverture du président chinois Xi Jinping aux Arabes a souligné l’importance de faire avancer les relations sino-arabes fondées sur la solidarité et l’assistance mutuelle, l’égalité et les avantages mutuels, l’inclusion et l’apprentissage mutuel, et de construire conjointement une communauté sino-arabe de destin. Le message sous-jacent aux Saoudiens et aux autres Arabes était que la Chine, contrairement aux États-Unis, ne dictera, n’influencera, ni ne compromettra les politiques et la prospérité arabes. La Chine et les États arabes développeront leurs relations sur la base du respect, de l’égalité, de la solidarité et de la non-ingérence dans les affaires intérieures de l’autre. En conséquence, des dizaines d’accords valant des milliards de dollars ont été signés, couvrant un large éventail de secteurs économiques. Il ne fait aucun doute que si l’Arabie saoudite commençait à négocier du pétrole en yuan, la domination du dollar américain sur le marché mondial du pétrole en souffrirait.

Et l’Europe dans tout cela ?

Le drame de l’Europe, c’est qu’en poursuivant son alignement sur Washington, elle va totalement à l’encontre de ses intérêts et surtout d’une inclinaison somme toute naturelle et conforme à une position géographique qui devrait plaider pour un rapprochement avec le versant oriental du vaste continuum territorial eurasiatique. Rappelons-nous les paroles du général de Gaulle qui parlait d’une Europe qui s’étendait de l’Atlantique à l’Oural. Ne devrions-nous pas surenchérir en étendant l’image jusqu’à la Mer de Chine ? De Lisbonne à Vladivostok ? Hélas, les élites européennes sont droguées à l’atlantisme et incapables, pour l’heure, de couper le cordon ombilical avec l’hégémon américain. Dans très peu de temps cependant, nos gouvernants vont se retrouver face à deux événements qui risquent de les déstabiliser : Le retour probable de Donald Trump à la Maison Blanche et la prochaine défaite totale de l’Ukraine.

Le premier a clairement annoncé qu’aussitôt réélu il reprendrait le cours de sa politique internationale de désengagement généralisé, mu par ses priorités intérieures. Le milliardaire américain sait pertinemment bien que ses concitoyens vont vivre des temps difficiles et il souhaite que l’atterrissage soit le moins violent possible. C’est pourquoi il réhabilite l’isolationnisme qui fût l’un des fondements de la politique étrangère des États-Unis, érigé en doctrine par le président James Monroe en 1823. En ce qui concerne l’OTAN, il a déjà annoncé la couleur et a confirmé qu’il ne garantirait plus la protection des pays membres de l’Alliance si ceux-ci ne payaient pas leur part financière à l’organisation. Une menace qui n’a pas été prise à la légère de l’autre côté de l’Atlantique, puisque les membres européens de l’OTAN ont récemment pris des mesures pour accroître leur capacité à se défendre, et s’accordent aujourd’hui à dire qu’il est nécessaire d’augmenter les dépenses de défense, quel que soit le résultat des prochaines élections américaines.

Le rapport que Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), vient de remettre, il y a quelques jours, à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen anticipe ce « risque ». Parmi ses recommandations principales, Draghi préconise un renforcement de la sécurité et une réduction de la dépendance aux intérêts du complexe militaro-industriel américain. Mais la défaite en Ukraine risque d’avoir de plus grandes conséquences encore et exacerber les envies bellicistes des va-t-en-guerre. Nous risquons d’être confrontés bientôt à une propagande délirante. Les stratèges des plateaux télévisés envoyés au front médiatique vont lancer des salves d’anathèmes sur la Russie, et sur Poutine en particulier, au mépris de la plus élémentaire analyse des faits réels. Poutine n’a jamais eu de velléités impérialistes. Il a toujours défendu une ligne défensive, même dans le cadre du conflit ukrainien. L’opération spéciale de 2022 n’a été lancée que suite à la rupture des accords de Minsk et pour protéger les populations russophones du Donbass, injustement bombardées par les troupes ukrainiennes. Son souci principal a été d’éviter de se faire encercler par les positions de l’OTAN qui menacent son pays. Or, l’organisation atlantiste n’a eu de cesse de se rapprocher des frontières russes, au mépris des engagements passés, au moment de la disparition de l’Union soviétique.

Mais, rien n’y fait, nos élites européennes et leurs porte-voix journalistiques persistent à  construire l’image d’un Poutine tyran sanguinaire et de prétendre à une menace imminente venant des Russes. Comme avec l’opération Covid, nous sommes face à un récit dystopique totalement fabriqué, qui ne repose sur aucune réalité tangible. La seule réalité que tout un chacun peut rapidement constater, c’est que cette fuite en avant délirante entraînera une remilitarisation de l’Europe et le détournement de l’argent public, donc celui des contribuables, vers les industries d’armement, à l’instar des Big Pharma pendant l’épisode covidiste. Pourtant confrontés à des déficits publics qui ne cessent de s’approfondir, à un nombre de faillites de PME historique et les pertes d’emploi qui en résultent, à une paupérisation sans précédent de la population dont même la classe moyenne commence à décrocher, la caste européenne, vent debout, se lance dans une politique jusqu’au-boutiste de réindustrialisation à la mode soviétique en mobilisant l’épargne publique, qui risque d’être spoliée pour de prétendues raisons guerrières. Telle est bien la teneur de la feuille de route de 400 pages du banquier Draghi, ancien vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs. Pour parfaire ce hold-up remarquable, il faut bien sûr, au préalable, pourvoir au contrôle de la parole et museler la critique. Ce n’est pas pour rien que nous sommes confrontés depuis un certain temps à une censure des réseaux sociaux, à une reprise en main des canaux de diffusion.

Alors que dans le reste du monde, on assiste à une nouvelle dynamique dans les relations internationales faites de loyauté et de coexistence pacifique, de développement économique harmonieux, notre vieux continent prend le chemin inverse, en se repliant sur lui-même, en considérant les autres pays, en particulier ceux des BRICS+, comme des rivaux, voire des ennemis. On se lance, dans l’ensemble du monde occidental, dans des politiques industrielles qui ne correspondent pas aux intérêts et aux besoins spécifiques de leurs populations. La caste au pouvoir en Europe, totalement déconnectée du reste de la population, se fige dans une attitude hautaine, hermétique à la critique. En roue libre, elle impose des politiques en totale inadéquation avec les besoins réels et ô combien pressants de ses concitoyens. Il paraît évident que cette fuite en avant du monde occidental, et en particulier de l’Union européenne, ne peut conduire qu’à un effondrement total. Face à un Himalaya de dettes — la dette des emprunts européens s’ajoutant aux dettes des États ­—, la prédation coercitive de l’épargne des particuliers n’aura d’autre effet que de ruiner la classe moyenne, l’hyper-classe occidentale arrivant toujours à se sauver grâce aux paradis fiscaux. Quant aux classes défavorisées, ce sont les soupes populaires qui les attendent et les nuits froides sous les tentes quechua.

Le monde d’en face sera alors considéré comme un modèle à suivre pour les peuples asservis. Malgré la propagande, les lois liberticides, le contrôle permanent des forces de police transformées en milices étatiques, nos populations ayant perdu leur confort de vie et leurs revenus n’auront d’autre choix que de se rebeller contre ce pouvoir inique. L’écroulement économique en sera l’accélérateur. Or, la vision de la réindustrialisation étatiste de Mario Draghi a d’étranges similitudes avec l’ancienne URSS. Gageons qu’il ne faudra pas attendre 75 ans pour assister à la chute de l’Empire européiste. Pendant ce temps, le monde des BRICS+, soutenu par une dynamique économique nouvelle, étend son influence et son attractivité. Ne dit-on pas que le soleil se lève à l’Est et étend ses rayons au Sud ?

Bernard Van Damme

Une Table Ronde près de Bruxelles pour en connaître davantage ?

Alors que le sommet des BRICS+ aura lieu du 22 an 24 octobre prochain à Kazan en Russie, 2 jours plus tard, le samedi 26 octobre 2024, vous pourrez assister à une table ronde avec des experts en la matière à Machelen, où toutes les mesures seront discutées et analysées. L’heure n’est pas à la panique, mais à l’honnêteté, à la sérénité et à la réflexion. Le monde change plus vite que jamais et nos médias n’y prêtent pas attention. Comme si les BRICS n’existaient pas. C’est pourquoi est consacrée toute une réflexion ce 26 octobre avec un conseil des sages, dont :

     • Le colonel retraité Jacques Baud, ancien inspecteur en désarmement de l’OTAN. Il est particulièrement attentif aux intérêts militaires et stratégiques et à leurs conséquences sur la situation en Ukraine, en Géorgie, en Israël, aux Philippines ou à Taïwan.
     • Gilbert Doctorow, titulaire d’un doctorat en histoire russe de l’Université de Columbia. Russe d’origine, il a grandi à New York et donne un aperçu de ce qui touche le peuple russe, le Kremlin, les médias russes et les relations internationales.
     • Le professeur émérite Kees Van Der Pijl. Il examine les grandes lignes des relations internationales, les tendances et où nous pouvons les détecter. S’appuyant sur son expérience universitaire et diplomatique, il décrit comment l’équilibre entre les blocs de pouvoir se modifie lentement mais sûrement.
     • Alasdair MacLeod. Il analyse les défis pour l’Occident. Le groupe des pays BRICS s’élargit et se dissocie du dollar. Il voit de vrais problèmes émerger : dette souveraine, récession, inflation et baisse du pouvoir d’achat de l’euro et du dollar.

Vous pouvez vous inscrire en cliquant sur le lien suivant :

https://www.eventbrite.be/e/oct-26th-2024-brics-kazan-round-table-discussion-brussels-tickets-1003718588317?aff=oddtdtcreator


[DKRIPT-HEBDO] Manipulation et guerre de 5ème génération (EP2 Chroniques psychologique)

Avec Yann CHARRIER: psychologue du travail et des organisations

Pour le suivre et le soutenir:

***Épisode #2 des Chroniques Psychologiques***

[Chronique Psychologique] Manipulation des masses et guerre psychologique (EP1)

Avec Yann CHARRIER: psychologue du travail et des organisations

Pour le suivre et le soutenir: Telegram :

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  • Tipeee : https://fr.tipeee.com/asteroglyph3

[Dkript-HEBDO] DOSSIER MACRON: Brigitte est-elle vraiment allée sur la lune?

Invité: Natacha REY

Pour aider Natacha dans ses frais de justice: https://www.paypal.me/fraisdejustice

***navré pour les problèmes techniques liés à la visioconférence***

[Dkript-HEBDO] Le complot est-il vraiment où on (ils) pense?

***Dkript-Hebdo c’est tous les jeudis en direct!***

Invités:

  • Antoine MARCIVAL: auteur
  • Mehdi BELHAJ KACEM: philosophe

Émission basé sur son livre: « Index obscurus : Deux siècles et demi de complots : 1788-2022 »

« Apparu à la suite de la commission Warren qui enquêta sur l’assassinat du président Kennedy, le mot complotiste s’est peu à peu installé dans les débats. Ces dernières années, son succès est allé croissant au point de voir toute parole s’écartant des discours officiels et de la doxa gouvernementale taxée decomplotiste. Mais qui connaît vraiment l’origine stupéfiante du mot ? Et n’est-il pas insensé de vouloir faire des complots un tabou quand ceux-ci parsèment l’histoire de l’humanité, parfois avec des répercussions redoutables ?

De la conspiration des poignards lors du Consulat de Napoléon à l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafiq Hariri, des « Pétroleuses » de la Commune de Paris au sabotage du gazoduc Nordstream, c’est de la sorte une bonne soixantaine de sujets, ou « complots », qu’aborde Index obscurus et qui permettent de revivre plus de deux cents ans d’histoire. Démontrant à qui veut bien l’entendre que l’historien, par essence, se doit d’être complotiste. »

Liens vers le direct:

Les facéties de la barbarie ordinaire, #1 – La magie verbale du libéral-fascisme

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 « La barbarie n’est pas un commencement, elle est toujours seconde à un état de culture. » Michel Henry

Je demande pardon pour la lourdeur du mot « libéral-fascisme ». On est souvent lourd quand on veut être précis. Et encore ! S’il fallait être tout à fait précis historiquement, il faudrait dire : « Néolibéral-fascisme ». Et puis, comme le fascisme des années 2020 n’est pas exactement celui des années 1930, il faudrait même dire « néolibéral-fascistoïde ». Je ne le dis pas, mais le cœur y est.

Allons-y donc pour le libéral-fascisme. Afin de comprendre pourquoi et comment le (néo)libéralisme et le fascisme s’accouplent, il faut se rappeler que la civilisation occidentale est habitée depuis longtemps par l’essentialisme. Si Bertrand a volé un scooter, c’est qu’il est méchant par essence : il ne changera jamais. Si Jeanine donne 2 euros à un mendiant, c’est qu’elle est gentille par essence, elle sera toujours gentille, et jamais elle ne flanquera une claque à son gamin qui lui casse les pieds. On me demande : « Où veux-tu en venir ? » Je veux en venir au fait que le libéral-fascisme combine deux essentialismes.

Le néolibéralisme dit : le pauvre est mauvais par essence (donc le riche est gentil par essence). Voyez l’enquête sociologique de Serge Paugam, Ce que les riches pensent des pauvres (Seuil, 2017).

Le fascisme dit : l’étranger (au teint foncé) est mauvais par essence (donc le blanc est bon par essence). Si vous êtes blanc-riche, bravo : ticket gagnant. Si vous êtes pauvre-foncé, tant pis pour vous. La France blanche qui, au prix de quelques centaines de milliers de morts, a colonisé l’Algérie est essentiellement gentille. La Belgique blanche qui, au prix de quelques centaines de milliers de morts, a colonisé le Congo est essentiellement gentille. L’Israël blanche qui, au prix d’une expulsion de 750.000 Palestiniens en 1948, a colonisé la Palestine, est essentiellement gentille.

On me demande encore : « Bon, et alors ? »

Alors, voilà : dans la « rationalité » essentialiste du libéral-fascisme, il y a deux choses intéressantes. D’abord, la relation de cause à effet n’existe plus. Ensuite, c’est le temps lui-même qui n’existe plus. Je reprends.

1. Il n’y a plus de relation de cause à effet. Quand il fait plus-chaud, c’est parce qu’il fait plus-chaud par essence (il n’y a pas de causes de réchauffement : il est donc inutile de réduire les extractions et les consommations fossiles). Quand un attentat se produit quelque part, c’est parce que les auteurs de l’attentat sont méchants par essence. L’attentat n’a pas de causes sociales, politiques, économiques, etc. Les essentialistes, horrifiés par l’attentat du 7 octobre 2023, confondent l’inexcusable et l’inexplicable.

Au fond du discours libéral-fasciste se trouvent des tautologies essentialistes : le chômage étant sans cause, le chômeur est chômeur parce qu’il est chômeur par essence ou, si vous préférez, par volonté : il n’a pas voulu traverser la rue. Il faut donc le sanctionner en réduisant ses indemnités. De même, l’immigré est immigré parce qu’il est immigré. Pourquoi a-t-il quitté son pays pour venir en Europe ? Mystère essentiel. L’une des causes (je dis bien : une parmi d’autres) ne serait-elle pas le fait que l’Europe colonisatrice a laissé dans son pays des structures étatiques et économiques qui produisent des phénomènes incitant à l’émigration ? Question idiote. L’émigration n’a pas de cause. L’immigré doit être expulsé, ostracisé, humilié, soumis à ségrégation.

2/ Le temps n’existe plus, le temps ne passe plus. C’est là que se forme la magie verbale. Mode d’emploi : mettez un costume, une chemise blanche, une cravate et un masque de Macron. Déclarez noblement (en 2017) : « Il y a ceux qui réussissent [par essence], et il y a ceux qui ne sont rien [par essence]. » Massacrez les yeux et les jambes des Gilets jaunes, envoyez la police estropier les résistants aux mégabassines, demandez à vos ministres de tenir des propos d’extrême-droite, dévastez l’hôpital et l’Université en coupant les crédits, sabotez les sciences humaines qui développent, en principe, « l’esprit de libre examen » (Durkheim), reculez l’âge de départ en retraite de telle sorte que les gens qui font des métiers pénibles meurent avant de l’avoir atteint, abstenez-vous de toute initiative diplomatique, de toute pression économique et laissez le gouvernement israélien lancer des obus étatsuniens sur les civils palestiniens, recolonisez la Nouvelle-Calédonie. Une fois que vous avez fait tout cela, reprenez la parole et répétez avec conviction : « La France est une démocratie. La France est une démocratie… »

La magie essentialiste tient à ce que, la France ayant parfois été « démocratique » (acceptons cette approximation) dans son passé, elle est et sera toujours démocratique, parce qu’elle est démocratique par essence, indépendamment de ses actes. Pétain, responsable de la déportation de plusieurs milliers de juifs français dans les camps nazis, appartient à l’essence démocratique de la France.

Etape suivante : il suffit de faire passer cette essence démocratique dans le verbe pour que la magie verbale opère. Remettez le masque de Macron (ou de von der Leyen, ou de Biden), prononcez la formule magique « je suis démocrate » – et hop, vous voilà démocrate !… quelle que soit l’infamie anti-démocratique des actes politiques, économiques, technologiques, sociaux que vous commettez. Ce qui est commode avec la magie verbale libéral-fasciste, c’est qu’elle est imperméable à vos actes. Les actes et le temps dans lequel vous commettez vos actes n’affectent pas l’essence immuable. Il n’y a plus d’actes, le temps n’existe plus. La magie verbale essentialiste est essentielle, si j’ose dire, pour comprendre le cynisme des dirigeants occidentaux (ou leur l’aveuglement sur eux-mêmes) : ils ne peuvent pas reconnaître (aux deux sens du verbe : « avouer » et « avoir conscience ») qu’ils deviennent des libéraux-fascistes puisqu’ils sont « démocrates » par essence.

Dernière étape : si jamais vous avez mis le masque de Macron-von der Leyen-Biden et que soudain, troublé par la question désagréable d’un électeur antifasciste, vous vous demandez s’il n’y a pas un petit problème avec la démocratie en Europe, surtout ne cédez pas au doute. Appliquez la logique du pire – renvoyez à votre objecteur la question qui tue : « Dites donc, cher Monsieur, vous avez essayé la Corée du Nord ? »

Je me demande si le fascisme italien n’était pas une démocratie par rapport à au nazisme.

Marc Weinstein

[Dkript-HEBDO] 4 ans après « Covid », quid de ces crises à répétition?

Avec Pr. Martin ZIZI: Biophysicien, Professeur de Physiologie (KULeuven et VUB), ancien Directeur épidémiologique du Département de la Défense, ancien Directeur Scientifique et Président de Comité d’Éthique, ancien Conseiller UN pour le désarmement biologique et bio-inspecteur Unscom.

Liens:

Analyse critique du guide EVRAS

Onze professionnels de la Ligue wallonne de la santé mentale ont décortiqué le Guide Evras et en ont tiré des enseignements qui confirment les craintes de nombreux parents, enseignants, professionnels de l’enfance. Ce guide est inadapté pour une éducation affective et sexuelle saine.

Il faut exiger un débat. Imprimez ce pdf, faites le circuler. Et aidez financièrement la Ligue wallonne de la santé mentale qui n’a plus les moyens pour réimprimer des exemplaires. 

Vive la liberté d’expression. 

[Dkript-HEBDO] Autopsie de l’EVRAS

Ceux qui ont osé mettre l’Evras et son idéologie en doute ont été directement qualifiés de « complotistes », « d’extrême droite », « transphobes »… Que diront-ils aux spécialistes de l’enfance que nous recevons ce jeudi 29 août, psychologues, psychanalystes, thérapeutes, spécialistes des traumas… qui ont analysé à la loupe le guide Evras et en tirent des conclusions implacables, compilées dans un livret critique à mettre entre toutes les mains de ceux qui travaillent dans le milieu de l’enfance?

Invités:

  • Beryl Koener: psychiatre infanto-juvénile, docteur en médecine à l’Université Catholique de Louvain, doctorat (PhD) en neuropsychopharmacologie à l’institut des neurosciences de l’UCL
  • Jean-Yves HAYEZ: pédopsychiatre, docteur en psychologie et professeur émérite à la Faculté de médecine de l’UCL
  • Jean-Pierre LEBRUN: psychiatre et psychanalyste

Devez-vous continuer à vous taire face à ceux qui érigent la folie et l’illimité comme projet de civilisation?

Analyse du guide EVRAS: 

Mpox, variole du singe: faire le point

Docteur Résimont nous livre ici un article, ayant attendu d’obtenir des informations fiables, sur le nouveau feuilleton de la rentrée: le MPOX.

  1. Depuis de nombreuses années, seulement quelques humains sont touchés par la variole du singe : rares morts en Afrique, zéro mort en Europe. Spectaculaire, mais bénin.
  2. 2019 : Bill Gates est investi dans la recherche concernant un nouveau vaccin contre la variole (alors que celle-ci est éradiquée et que des réserves de vaccins contre la variole sont constituées dans divers pays au cas où…). Drôle d’idée, sauf si…
  3. 2021 : L’agence européenne du médicament pré-enregistre un médicament «miracle» contre la variole du singe : « normal » pour une maladie quasi inconnue et non mortelle… Sauf si…
  4. 2021 : Bill Gates prédit une épidémie de variole en 2022 : un vrai devin !
  5. Une répétition générale d’épidémie de variole est organisée par Bill Gates (il avait fait la même chose en 2019 concernant une éventuelle épidémie de Coronavirus… un devin, vous dis-je!).
  6. Mai 2022 : mini-épidémie de variole du singe en Occident apparue en même temps dans 10 pays différents et dispersée dans le monde (preuve d’une dispersion volontaire, programmée), et qui touche quasi exclusivement des homosexuels.

 …. et puis l’épidémie a fait flop, caramba, encore raté !

2024 : 1 cas au Pakistan, 1 cas en Suède : branle-bas de combat ! Une pandémie mortelle est déclarée et les médecins de plateau prédisent que les enfants vont être touchés, groupes à risque connus, transmission aérienne possible : ils savent déjà tout à partir de quelques cas. Karine Lacombe, notamment, la plus sponsorisée des médecins de plateau, qui avait déclaré que la vitamine D était inutile et que le Remdesevir de Gilead était LA solution médicamenteuse au Covid, alors qu’il avait détruit les reins des utilisateurs forcés, les envoyant en dialyse.

A savoir

  • Il n’y a aucun besoin de tests diagnostics type PCR : il suffit d’écarter les fesses de la personne avec qui vous auriez envie de fricoter pour voir s’il y a ou pas des pustules. En effet, les porteurs asymptomatiques n’existent pas : tous grippés et pustuleux, on les repère très facilement, sauf si on est aveugle .
  • Le nouveau virus créé en laboratoire, contrairement au virus initial (pustules généralisées) non tripatouillé, donne des lésions principalement dans la région anale (or, il ne s’agit pas d’une MST au sens strict, le préservatif n’étant d’ailleurs pas protecteur). 

Mais pourquoi ce Bill Gates n’est-il toujours pas neutralisé ?

  Dr Stéphane Résimont

[Dkript-HEBDO] Le FACE à FACE: Crèvecoeur/Rasir

En mai 2024 sortait le documentaire de Pierre Barnérias, Les Survivantes, basé essentiellement sur les témoignages de huit femmes ayant été prises dans les réseaux « pédo-satanistes » et « pédo-criminels », certaines d’entre elles ayant leurs enfants actuellement dans ces réseaux. Si le film a rapidement affiché sold-out et conquis des spectateurs debout en standing ovation en fin de séance, certains ont vivement contesté la véracité de ces témoignages et l’engouement pour eux injustifié. C’est le cas de Yves Rasir, fondateur et rédacteur en chef du magazine Néosanté, qui s’est fendu d’articles parfois virulents sur son site, et a publié récemment « 7 raisons de ne pas croire les survivantes ». De son côté, diamétralement opposé sur ce point, Jean-Jacques Crèvecoeur, auteur, formateur, conférencier, a tout de suite soutenu et fait la promotion du film et invité son public à se rendre dans les salles. Au-delà d’une conflictualité peu constructive propre aux réseaux, Kairos se propose, dans ce premier numéro de notre nouvelle émission hebdomadaire Dekrypt Hebdo, de confronter ces points de vue, dans une logique de construction du savoir.

L’arbre qui cache la forêt

Ainsi, en ces belles journées d’été, Pieter Timmermans, l’administrateur-délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) nous gratifie de ses analyses sur la situation post-électorale de notre pays et de ses prévisions socio-économiques. Sous l’air patelin et courtois d’un entretien avec un journaliste du Soir (3 août), bavardage entre gens de bonne compagnie, le patron des patrons nous assène quelques constatations alarmantes sur la dégringolade de la compétitivité de l’économie belge, le nombre impressionnants des faillites depuis le début de l’année et son corollaire, les pertes d’emploi (5.000).

Bien sûr, le constat est implacable. Chacun de nous peut le remarquer autour de soi. Nous assistons même à une accélération du processus, commencé pour certains déjà depuis fort longtemps. Tous les secteurs sont touchés et Timmermans a raison de pointer du doigt l’industrie exportatrice, le commerce, sans oublier les activités de services qui vont vivre un sale moment qu’il programme au début de 2025.

Cependant, ce grand patron proche du monde politique, comme il l’affirme lui-même — ex-collaborateur du Ministre CD&V du Budget, Herman Van Rompuy en 1993 —, reste particulièrement silencieux sur les causes de ces maux divers dont souffre notre pays. Il nous parle d’inflation, mais se garde bien de dire qu’elle est directement liée aux décisions aberrantes de la Banque centrale européenne (BCE), principalement sa gestion du taux d’intérêts et ses plans de quantitative easing (QE). Il met en évidence la trop grande dépendance de l’industrie belge à l’économie allemande, puisque nos entreprises fabriquent des produits semi-finis qu’elles exportent outre-Rhin. Certes. Mais qui a détruit la locomotive européenne pour le bon vouloir des États-Unis, si ce n’est son élite politicienne berlinoise ? Il admet que pendant cinq ans on n’a parlé que de Green Deal, matin, midi et soir. Mais qui a péroré sur le sujet, sinon la Commission européenne et en particulier Frau von der Leyen, entre deux sms avec Albert Bourla, le patron de Pfizer ? Qui a mis en place les normes ESG (Environnement, Social et Gouvernance), si ce n’est le pacte vert de la Commission, adopté par tous les gouvernements de l’Union ? Depuis, comme le déplore Timmermans, les entreprises croulent sous la paperasserie administrative, au lieu de s’occuper de leurs priorités : produire et vendre. Contraintes absurdes qui plombent davantage les PME que les grands groupes, ces derniers pouvant se permettre d’occuper des équipes entières de gratte-papiers. Cela dit au passage, même si cette bureaucratie imposée constitue la plainte numéro un des investisseurs, il est fort de café de sous-entendre que ce serait une des raisons principales des difficultés d’Audi Forest. Ne serait-ce pas plutôt la mévente de la Q8 e-tron (quel drôle de nom!) dont les automobilistes ne veulent pas ?

Il est assez cocasse de constater que le n° 1 des patrons belges oublie de mentionner que Business Europe (ex-UNICE), la fédération qui regroupe la plupart des organisations nationales d’entreprises, dont notre FEB, n’a eu de cesse de défendre la politique climatique de l’UE, ainsi que la transition énergétique. Soutiendrait-il un rétropédalage dans ce domaine ? Il ose même affirmer que von der Leyen aurait compris la leçon. Rien, en tout cas, ne l’indique dans ses dernières prises de position à l’issue de sa réélection à la présidence de la Commission.

Ne soyons pas dupes. Le soutien des grandes entreprises à la doxa climatique résulte de l’espoir de prolonger les transferts financiers par le biais de subsides des États-membres, une privatisation en bonne et due forme de l’argent public. La légère inflexion des mentalités patronales pour un ralentissement des politiques vertes tient principalement à l’augmentation des coûts énergétiques, qui frappe autant les entreprises que les particuliers. Le fonctionnement des marchés de l’électricité en Europe est devenu totalement absurde. Du fait du déséquilibre créé par le caractère intermittent et aléatoire des productions éoliennes et solaires, les prix s’effondrent quand l’électricité est surabondante et s’envolent quand, faute de soleil et de vent, il faut faire appel aux productions de substitution, les centrales thermiques, la plupart du temps. Mais ce ralentissement peut aussi s’expliquer par la fin d’un cycle et l’aboutissement d’une stratégie industrielle et financière entamée au milieu des années 1960 et concrètement mise en place au début des années 1970. À cette époque, le taux de profit en Occident commençait à décroître. Il était devenu impératif de trouver des solutions pour réduire les coûts de production. La meilleure solution a été de délocaliser la production vers les pays à bas salaires. Pour faire passer la pilule, particulièrement auprès de la classe ouvrière, il a fallu « emballer » cela par le prétexte de la pollution et de la sauvegarde de la planète. C’est toute la propagande dévolue au Club de Rome et à une série de jeunes ONG comme Greenpeace, le WWF, etc. L’écologisme politique a suivi à grands coups de sponsoring privé. Nos jeunes chauds marcheurs pour le climat ont toujours ignoré qui les applaudissaient au balcon. La désindustrialisation de l’Europe a suivi et aujourd’hui les régions où mines, laminoirs, chaînes de construction, conglomérats chimiques, etc. étaient installés, sont devenus des déserts économiques et des zones dévastées. L’enfumage vert a parfaitement fonctionné et a fait son œuvre. Cependant, entretemps, les politiques ont découvert d’autres avantages à l’écologisme qui a déteint sur pratiquement tous les partis, toutes tendances confondues. Les lois climatiques sont d’excellents outils de coercition, de contrôle et d’extorsion fiscale ou parafiscale. L’écologie punitive a encore de beaux jours devant elle, avec le prétexte de la protection de la nature — en soi légitime — pour rouler les populations dans la farine. Tout cela, bien entendu, n’apparaîtra jamais dans le discours très policé de ce bon monsieur Timmermans.

Il reste les réformes que le boss des boss appelle de tous ses vœux. Il souhaite du costaud, des réformes structurelles des pensions, du marché du travail et de la sécurité sociale. Rien de nouveau en particulier. C’est la ligne patronale habituelle. Cependant, si l’État fédéral et les entités fédérées disposent d’une très relative marge de manœuvre, celle-ci est conditionnée au carcan européen dans lequel est circonscrite la Belgique, particulièrement depuis les traités de Maastricht et de Lisbonne. Autrefois, par exemple, notre pays pouvait relancer ses exportations par une politique de dévaluation monétaire. Ce n’est évidemment plus le cas aujourd’hui. L’éclatement du pays dû aux diverses régionalisations n’a pas arrangé les choses. La lasagne institutionnelle a alourdi le poids des instances politiques, des administrations publiques et une kyrielle d’organismes aux statuts divers est venue se greffer comme autant de boursouflures.

Les coalitions miroir au fédéral, en Flandre et en Wallonie vont-elles changer la donne ? J’en doute. Bien sûr, les électeurs veulent du changement. Le parti de la redistribution électoraliste (le PS) et celui de la punition des conducteurs de véhicules à énergies fossiles (Ecolo) ont été sanctionnés. Certes, mais la surveillance de Bruxelles (je parle du quartier Schuman) reste de mise. On aimerait que l’avis des citoyens soit mieux entendu. Qu’ils puissent d’ailleurs intervenir en dehors des périodes électorales, grâce au Référendum d’initiative citoyenne (RIC). Mais je pense qu’il faudra encore attendre bien longtemps.

Dans un pays qui détient hélas ! la médaille d’or de l’imposition des revenus et des taxations multiples, il serait enfin temps de réduire les dépenses publiques, d’imposer au mammouth étatique une cure d’amaigrissement. D’autant plus que, là où on pourrait s’attendre à des services publics efficaces, modernes et compétents, eu égard aux moyens déployés, malheureusement c’est le contraire qui apparaît. Les trains sont de moins en moins à l’heure, les trous dans les voiries se multiplient, il faut de plus en plus de temps pour obtenir un rendez-vous hospitalier, etc. Vous me direz que je rejoins le discours de Timmermans à ce propos. Tout ce qu’il dit n’est pas nécessairement à jeter. Les entreprises belges méritent un ballon d’oxygène, assurément. Mais il faut rester prudent, car ce monsieur qui circule avec aisance dans les corridors du pouvoir, qui passe du ministère du budget à la FEB, est aussi l’archétype d’un monde économique qui vit dans un écosystème en relation étroite avec la bulle politicienne, et qui en retire avantages et prébendes. Ce théâtre d’ombres est appelé capitalisme de connivence. Un monde où l’ascension sociale dépend moins du talent que des relations bien placées. Ici, les PDG ne sont pas recrutés pour leur vision ou leur compétence, mais pour leur capacité à fréquenter les bons « clubs ». Le capitalisme de connivence, c’est aussi cette danse nuptiale entre l’État et les grandes entreprises, un bal masqué où les subventions et les avantages fiscaux sont distribués comme des récompenses. Les contrats publics deviennent des chasses gardées. La compétition, autrefois reine du bal, est jetée dans les oubliettes. Les monopoles prospèrent, chouchoutés par des lois qui les protègent. Les petites entreprises, quant à elles, sont condamnées à survivre dans les marges, priant pour ne pas être avalées par les géants avides.

Dès lors, il est indispensable qu’une presse alternative puisse mettre la lumière en direction de ce clair-obscur qui nuit gravement à l’authentique économie de marché libre et non entravée. Dévoiler ces collusions, cette complicité incestueuse entre le politique et l’économique, est plus que salutaire. Sinon, la liberté de commercer sera remise en question. Ne règneront plus que les monopoles qui imposent aux clients leurs prix prohibitifs, les jeunes désirant se lancer dans une carrière entrepreneuriale seront dégoutés et l’innovation, rendue au musée des illusions. Quand tous les cafés seront fermés, il restera les Starbucks®. Quand tous les restaurants auront mis la clé sur la porte, il restera les Mac Donald’s®. Quand tous les épiciers du coin auront descendu leur volet, il restera les Carrefours®. Quand tous les petits magasins de mode auront posé une affiche « à vendre » sur leur devanture, il restera Zalando®. Quand tous les libraires auront remisé leurs piles de livres dans les cartons, il restera Amazon®.

Bernard Van Damme

Le 5 août 2024.

Manon Aubry, ou l’incarnation de l’opposition intégrée au système

« Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l’accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l’apparence de la solidarité à un simple courant d’air »

George Orwell

Face à la fadeur de la plupart des discours des députés européens précédant le vote pour la réélection d’Ursula Von Der Leyen (VDL) à Strasbourg, le discours de Manon Aubry pouvait donner l’impression de contraste. Mais alors que tout le monde savait que VDL allait être réélue quoi qu’il se passe, les propos d’Aubry étaient-ils réellement subversifs, ou permettaient-ils justement à la fois de conserver de bonnes relations avec le Parti Populaire Européen de VDL tout en illusionnant les spectateurs en attente d’un discours « de gauche » que Manon Aubry demeurait différente des autres?

Elle paraissait sincère, mais dans lequel des deux moments: celui de son discours, ou celui où elle embrasse chaleureusement Ursula Von Der Leyen, la main gauche posée sur son dos, la main droite serrant celle de la présidente nouvellement réélue, tout sourire, la fixant dans les yeux. La réponse des communicants de son parti face à notre étonnement[note] quant à son enthousiasme envers VDL contrastant avec son discours, ne nous rassure pas: « En tant que présidente de groupe, Manon a salué Ursula Von der Leyen après son élection comme c’est la pratique républicaine« .

Était-elle obligée de la saluer pour la « pratique républicaine »? Qu’est-ce d’ailleurs que la « pratique républicaine », qu’est-ce que cela signifie? Manon Aubry n’avait-elle pas dit, juste avant: « Aujourd’hui Madame Von Der Leyen, vous ne devriez même pas vous présenter face à nous, mais davantage face à un juge« . Elle embrasse et félicite celle dont elle pensait quelques minutes avant qu’elle ne devrait pas être là, mais devant la justice…

Manon Aubry évoque encore le « bilan catastrophique » de VDL, qu’elle « s’était affichée au côté de Benjamin Netanyahu, celui qui a du sang sur les mains et commet un génocide dans la bande de Gaza », ou que « sa réélection sera uniquement due à de petits arrangements opaques entre amis« , ou encore que son groupe « refusera toutes ces combines et défendra une alternative« 

L’alternative est dans le système

Manon Aubry, n’est-ce pas vous dédire que de féliciter avec accolade et sourire une femme au « bilan catastrophique » qui a aussi du « sang sur les mains« , se faisant réélire comme vous le prédisiez et sachiez si bien, grâce « à de petits arrangements opaques entre amis« … tout cela pour respecter des « pratiques républicaines« ? Alors que vous promettiez de « refuser toutes ces combines et [de] défendre une alternative« .

Comme le ver est dans le fruit, l’alternative est dans le système, elle ne représente rien d’autre qu’une forme de contestation encadrée qui peut être acceptée par le pouvoir en place et dont elle fait partie, et dont les acteurs connaissent les limites à ne pas franchir. Vous paraissez courageuse en prenant la défense des pauvres français et en évoquant les 30.000 € nets mensuels d’Ursula Von Der Leyen, Manon Aubry. Indécents, certes, mais cela nous permet d’oublier que vous touchez 7.300€ nets/mois, plus « 4.800 euros pour couvrir les dépenses de bureau, loyer, ordinateurs et autres fournitures« , « 4.700 euros consacrés aux dépenses effectuées à l’extérieur du pays d’origine du député » et une indemnité journalière de 338 euros dédiés aux frais de logement pour chaque jour passé à Bruxelles ou à Strasbourg[note].

Il est donc évident que le discours de Manon Aubry n’avait rien de véritablement dérangeant, et au fond, qui connaît bien le système politique ne s’étonnera pas des ronds de jambe qu’elle fait à celle qui quelques minutes avant était encore « l’ennemie politique », si l’on sait que tout cela n’est qu’un grand spectacle, qui continuera tant qu’on laissera, à une caste minoritaire, la liberté de décider pour la majorité.

Kairos en Podcast

Envie de juste écouter les émissions de Kairos, à vélo, à moto, en voiture sur la route des vacances, ou pas, à pied, en deltaplane… Kairos publiera progressivement toutes celles-ci, découvrez déjà celles qui s’y trouvent.

Kairos en Podcast : https://open.spotify.com/show/11pKeuKl6JwhPF6BoUjZa1

Où sont les antifas?

Alors que certains consacraient des dizaines de pages à descendre Kairos, journal d' »extrême droite » et « complotiste », nous espérons qu’ils montreront autant de zèle à dénoncer la venue des bataillons Azov, milices d’extrême droite ukrainienne, en Belgique[note] notamment, et en show dans 9 grandes villes européennes. Au programme, témoignages de miliciens d’Azov et danse ukrainienne. Entrée payante. Pas d’inquiétudes : ni torture ni meurtre en direct prévu lors du spectacle. Si on danse rarement sur les champs de bataille, on ne tue pas non plus sur les podiums : l’image, c’est important !

Mais où sont les chasseurs de fachos, Resistance et autres journaux de gauche comme Ensemble, prêts à taper inutilement sur ceux qui tentent comme Kairos de défendre un vrai journalisme et la liberté d’expression qui l’accompagne ? Rien pour l’instant, pas de harangues ni d’articles nous prévenant des prémices du retour de la bête immonde.

Et si ces antifas étaient au fond les idiots utiles des gouvernements et de la finance? Car si ces derniers ne dénoncent pas la « tournée Azov », n’est-ce pas aussi, malheureux hasard, parce qu’Azov arrange bien les gouvernements occidentaux qui, aidés de leur bras médiatique indispensable, qualifient d’extrême droite tous ceux qui ne leur plaisent pas, tout en occultant le véritable fascisme de ceux qui indirectement les servent?

[INTERVIEW ]Une SURVIVANTE témoigne

Suite au film de Pierre Barnerias, des langues se sont déliées. Impossible à penser, à concevoir pour certains, les réseaux pédo-satanistes impliquant selon leurs victimes des personnalités politiques, du show-bizz, de la noblesse, divisent les gens entre ceux qui « croient » et ceux qui pensent cela sorti tout droit de l’imagination de ceux qui s’en disent victimes. Pourtant, depuis les Dossiers X, de nombreux témoignages se recoupent, et ce n’est pas l’affaire Eipstein ou celle plus récente de Puff Dady qui lèveront les doutes.

Acheter massivement – détruire massivement

Le service de propagande du gouvernement, j’ai nommé la RTBF, continue de justifier l’injustifiable: l’achat massif de vaccins et leur destruction pour près de 500 millions d’euros. Qu’est ce qu’on fait avec notre argent? Circulez, y’a rien à voir!

Le même qui avait dit avoir exiger de brûler des billets pour 5 millions de francs belges, Frank Vandebroucke, dit maintenant: « Ceci s’explique principalement par les circonstances au début de la crise du Covid, où des quantités considérables de matériel ont dû être achetées à court terme sur un marché qui, à l’époque, ne fonctionnait pas de manière optimale. Cette situation a conduit à l’achat de matériel parfois de moindre qualité ou à l’achat d’une trop grande quantité de matériel pour être certain de couvrir tous les besoins. »

Le journaliste, dans le reportage vidéo, se gargarise: « Pendant la crise, la Belgique a voulu gérer les risques en commandant plusieurs types de vaccins différents et ce chaque fois en très grand nombre. Une stratégie qui, il faut bien le dire, a fini par fonctionner à la fin de la crise mais qui a eu, on le voit aujourd’hui, un coût important ». Beau travail! Gentil toutou que ce journaliste, qui peut espérer avoir un jour un poste de chargé de com’ dans le cabinet d’un des futurs ministres!

Et ce sont les mêmes qui nous enfument, tentant de nous convaincre que ces achats massifs et leur destruction sont justifiés, qui de leurs médias stipendiés avec nos impôts, tentent de nous faire accepter ce même argent que l’on jette par les fenêtres.