
« Je m’inquiète du totalitarisme à prétexte sanitaire qui se renforce de semaine en semaine », confiai-je, en septembre dernier, à une connaissance attablée à la terrasse du Café Randaxhe, dans le quartier liégeois d’Outremeuse que j’affectionne tant. « Meuh non, avec quoi tu viens ?! », ricana-t-elle, « rien à voir, nous en sommes à mille lieux ! Le jour où une police politique t’arrêtera chez toi à six heures du mat’ pour t’emmener avec une cagoule sur la tête vers un centre de torture, là tu pourras parler de totalitarisme, ou de dictature, si tu veux ». Par contraste avec ses terribles paroles, elle trempa ensuite ses lèvres avec délectation dans sa bière pression, un acte dont la possibilité même relève de la démocratie, n’est-ce pas ? Il est fréquent de lire ou d’entendre ce genre de propos politiquement rassurants associés à des paroles sanitairement catastrophistes sur le-variant-Delta-qui-a-débarqué-à-la-rentrée-2021 pour-faire-remonter-la-courbe-des-hospitalisations-covid (ah, le salaud !). Tiens, chez moi, c’est juste l’inverse ! Très similaire à celui de septembre 2020 — avec la pression vaccinale en plus —, le récit du psychobiopouvoir commence à sérieusement taper sur les nerfs — en tout cas les miens — et devrait pour le moins mettre la puce à l’oreille des « gens ordinaires qui s’éveillent peu à peu à la lutte contre les seigneurs de la propriété et leurs laquais appointés[note] ».
Dans une situation inédite comme la nôtre, où « la réalité elle-même devient irréelle et délirante » (Michel Freitag, 2003), il est difficile de nommer très précisément ce qui advient, politiquement parlant. Trouver les mots justes, oser ne pas se mentir ni se rassurer à bon compte. L’an dernier, j’avais déjà suggéré que, quitte à avoir peur, mieux valait diriger celle-ci vers le caractère anti-démocratique et liberticide des mesures politico-sanitaires des gouvernements que vers le virus lui-même[note]. Au printemps 2020, on pouvait à la rigueur se contenter, chez les gens lucides, de parler de dérive autoritaire, mais entre-temps nous sommes passés à la vitesse supérieure. Comment dès lors nommer la forme (anti-)politique qui est là et continuera d’évoluer jusqu’à son paroxysme, sauf épisode révolutionnaire ou effondrement généralisé ? Les classifications habituelles de la philosophie politique — dictature, oligarchie, tyrannie, biopouvoir, technocratie, ploutocratie, totalitarisme — sont-elles toujours praticables ? Ne devons-nous pas porter notre attention vers des concepts plus récents comme « logique de régulation systémique » ou « système auto-référentiel fonctionnant sans sujet ni fin » proposés par Michel Freitag[note] ?
Pour distinguer le phénomène de l’essence — autrement dit comprendre à partir de l’observation des faits pour ensuite tenter d’atteindre une essence —, nous nous sommes d’abord adressés à trois personnes qui ont vécu jadis dans un régime non démocratique (le Chili, la Roumanie, la République « démocratique » d’Allemagne) et leur avons demandé de comparer ce qu’il ont vécu avec la situation actuelle. Une quatrième a fourni une contextualisation théorique de ces témoignages. De nationalité française, né en 1957, il a toujours connu la démocratie, mais s’est intéressé de près au phénomène totalitaire dans le cadre de ses recherches académiques[note]. Il est par ailleurs collaborateur occasionnel de notre journal.
Bernard Legros
MARIA (PRÉNOM D’EMPRUNT), 61 ANS, CITOYENNE BELGE D’ORIGINE ROUMAINE, ENSEIGNANTE.
Avant de quitter la Roumanie, j’ai exprimé mon profond désaccord avec la politique dictatoriale du régime de Nicolae Ceausescu, en l’occurrence la privation de liberté du peuple roumain. Comme points communs avec le régime covidiste, j’en vois plusieurs : la peur qui s’installe au niveau de la société, la plupart de la population se résignant et ne questionnant pas les agissements du gouvernement ; la délation, qui conduit à l’installation de la méfiance entre les gens et au contrôle permanent de la population ; la distance qui se creuse entre les élites et la population ; la création d’instances spéciales qui œuvrent au bénéfice de la classe dirigeante en imposant des règlements adoptés par celle-là ; le renforce- ment du rôle de l’État, qui adopte une attitude paternaliste à l’égard du peuple, ce dernier ne questionnant même plus les mesures prises par le gouvernement ; le contre-pouvoir est presque inexistant, à l’exception de certaines manifestations ; la perturbation de l’environnement émotionnel des gens, surtout de celui des jeunes, qui ne voient plus aucune perspective de vie ; enfin, l’obéissance de la société, sa soumission aux exigences des gouvernements et sa résignation devant des provocations qu’elle considère insurmontables. Pour ces raisons, je considère que nous vivons en Belgique dans une démocratie autoritaire. L’utilisation, entre autres, de la santé publique comme prétexte pour imposer la nouvelle réglementation me rappelle les méthodes utilisées par Ceaucescu. Par définition, la démocratie est intimement liée à la liberté. À présent, la liberté est devenue, malheureusement, une notion presque théorique. Des gens rentrent en dissidence politique, alors que celle-ci, par définition, est spécifique des régimes dictatoriaux et totalitaires, mais ne se rencontre normale- ment pas dans les démocraties occidentales. Cependant, la réaction de la société civile dans plusieurs pays est un bon signe. Les gens se sont rendu compte que leur santé est instrumentalisée par les divers gouvernements comme un prétexte. La santé a été trop politisée partout dans le monde. De telles mesures n’ont pas été prises à cause d’autres maladies, ce qui est très étrange ! Je n’habite pas en Roumanie, mais je sais que la classe politique roumaine actuelle est en train de s’adapter au statut des pays membres de l’UE, ce qui présente quelques difficultés. Afin de ne pas commettre d’erreurs, elle s’inspire en permanence des actions et décisions prises par d’autres dirigeants européens. Les “left-overs” de la dictature communiste persistent ci et là, ce qui empêche le développement réel et cohérent du pays.
JORGE PALMA,72 ANS, EXILÉ D’ORIGINE CHILIENNE, DÉFENSEUR DES DROITS HUMAINS, ANCIEN ASSISTANT À L’UNIVERSITÉ DE LIÈGE.
Comme premier point commun entre la dictature chilienne (1973-1990) et l’involution démocratique actuelle du monde occidental — antérieure à la crise sanitaire actuelle mais accélérée avec force avec celle-ci —, je pense de suite à la phase de préparation du coup d’État de 1973 par la droite chilienne. Dès l’arrivée de Salvador Allende au gouvernement, les médias, qui appartenaient tous à l’opposition de droite (et en partie du centre), suivant directement la ligne Nixon-Kissinger, l’ont attaqué sans merci, le présentant comme un danger communiste à stopper absolument, alors que les réformes structurelles menées en avant par Allende l’ont été dans le cadre du plus strict respect de la démocratie et de l’État de droit.
Tactique de la peur. La campagne médiatique contre Allende était permanente et rapidement est apparue l’idée de l’ennemi intérieur, exacerbée par après en temps de dictature. La propagande de la droite a fait circuler l’idée qu’au sein de la gauche il y avait un noyau dur qui préparait une révolution communiste violente, le prétendu « plan Z » inspiré, dans les têtes fiévreuses de la droite, du titre du film de Costa-Gavras en 1969. Ce plan, pièce d’une tactique de guerre psychologique (Psy-Op), s’est avéré une pure invention. L’Histoire connaît aujourd’hui le nom du journaliste l’ayant rédigé. Ce faux plan a servi toutefois de prétexte pour justifier une répression féroce dès le déclenchement du putsch. « Des membres de l’élite économique allaient être assassinés ». Il y avait, soi-disant, une menace secrète, interne, et on ne savait pas d’où elle allait venir. L’opposition de droite, assistée par les États-Unis, cherchait à unir beaucoup de monde contre cette figure de l’ennemi intérieur, tout comme chez nous le pouvoir se sert aujourd’hui du virus en tant que redoutable ennemi intérieur et catalyseur de politiques. Résultat, tout le spectre de la droite était contre le gouvernement, prêt à tout pour le renverser, avec la promesse de nouvelles élections quelques mois plus tard, élections qui ne vinrent jamais.
Un autre point commun : la propagande médiatique permanente allant crescendo pour formater l’opinion. Il était difficile pour la gauche de la contrer, car elle ne possédait que très peu de médias, alors que les médias de droite étaient financés par les États-Unis. Ajoutons à cela les attentats contre des installations (pylônes, conduites de gaz), qui créaient un climat de chaos. Le président a bien tenté une sortie politique en invitant des militaires dans son cabinet, mais ce fut une arme à double tranchant, une cinquième colonne qui s’est retournée finalement contre lui. À l’époque, le Chili était cité comme un exemple de démocratie en Amérique du sud. Mais du jour au lendemain, tout fut renversé par un putsch.
Si avant le putsch la propagande anti-démocratique venait de l’opposition au gouvernement, dès l’installation du nouveau pouvoir civil-militaire au Chili, la propagande ultralibérale et anti-gauche a acquis des dimensions gigantesques et est venue du pouvoir, tout comme aujourd’hui en Belgique, en France et ailleurs, la propagande vient du pouvoir politique.
Faisons un saut dans le temps : au Chili, ladite « pandémie » est survenue sous un gouvernement de droite. Or, les plus exigeants au niveau des mesures sanitaires restrictives, qui clament que le gouvernement n’en fait pas assez, ce sont les leaders de la gauche, ce qui est aussi une façon plutôt malhonnête d’embarrasser le pouvoir, en se servant de la crise sanitaire pour lui mettre la pression. Résultat : le pays se classe dans le palmarès mondial en termes de vaccination de masse ; heureusement pour les Chiliens, majoritairement avec un « vrai » vaccin à virus inactivé…
Les points communs entre la situation de déchéance de l’État de droit que nous vivons aujourd’hui en Occident et la dictature chilienne sont troublants. Pinochet stigmatisait par la figure du « terroriste », le gouvernement le fait par la figure du « complotiste » aujourd’hui. Pinochet avait aussi recouru à la culpabilisation du mauvais citoyen, via la figure de l’« irresponsable » qui, par sa conduite, « mettait en péril le succès du gouvernement du Chili » (sic !). C’en est l’équivalent parfait de la figure de l’« égoïste » anti-masque, anti-vax, anti gestes-barrière fabriquée par le pouvoir sanitaire de chez nous à des fins également de culpabilisation/manipulation/soumission. Un autre exemple frappant : la rhétorique hygiéniste utilisée par les idéologues de Pinochet pour désigner leurs ennemis politiques. Ainsi, le « non-vacciné contaminant, dangereux, accusé de pouvoir prolonger la pandémie » ici avait son correspondant médical parfait dans la figure du « cancer marxiste » qu’il fallait extirper à tout prix, comme pour certains « éradiquer » le virus est la mission.
Autre caractéristique commune frappante : le discours économique. Les louanges du « Modèle » étaient devenues le thème unique des médias. La radio et la télévision martelaient les versets ultralibéraux de ces économistes « Chicago Boys » : « économie de marché », « marché régulateur », « avantages comparatifs », « exportations non-traditionnelles », etc. Ici, le
thème unique qui a monopolisé les médias fut la pandémie, le virus, les cas, les hospitalisés, les morts, les gestes-barrières, le confinement, etc. Et, bien sûr, tant là-bas qu’ici, les couvre-feux et les états d’urgence récurrents ad libitum…
En 2021, il est compliqué, rhétoriquement parlant, de catégoriser le régime politique actuel de la Belgique et d’autres pays d’Europe. Si on parle de dictature, les gens pensent immédiatement aux mots fusils, enlèvements, torture, etc. Le terme totalitarisme convient mieux, à mon sens. Un totalitarisme n’est pas obligatoirement sanglant, d’autant plus que les moyens de communication et de surveillance de masse actuels sont bien plus performants que la violence physique. Forme « soft » pour une efficacité maximale ! Si les individus adhèrent aujourd’hui au discours politico-médiatique, c’est surtout à cause de la campagne de la peur et d’une propagande culpabilisatrice qui dispose de moyens physiques et psychologiques énormes.
De ces deux conditions d’un régime fasciste, 1) Une connivence totale entre le grand capital, en particulier multinational, et le pouvoir ; 2) l’existence d’un parti de masse fasciste, au moins la première est remplie. Le patronat commence même à s’intéresser à des fonctions de contrôle, de répression et d’imposition de la vaccination au sein de l’entreprise. Quant à la seconde, elle est bien suppléée par l’existence d’une presse soumise au pouvoir comme jamais auparavant. Ce qu’il convient de souligner est surtout l’us et abus par le pouvoir de l’état d’urgence permanent, l’outrepassement de l’État de droit, les mesures illégales et anticonstitutionnelles violant leurs propres lois, comme, par exemple, l’exclusion, dans un premier temps, de la loi Pandémie car elle ne permettait pas le « Covid Safe Ticket », suivie d’une activation toute aussi illégale de celui-ci (bien que les conditions sanitaires exigées par la loi elle-même ne sont pas remplies) qui permet un état d’exception plus musclé. La ligue des droits humains dirait dans un communiqué que « Le gouvernement se met hors la loi ». En fait, c’est ce qu’il n’a cessé de faire depuis le début de cette crise sanitaire. Il a adopté donc une mesure illégale et anticonstitutionnelle. Je peux vous l’assurer, pour l’avoir vécu dans ma propre chair dans mon pays d’origine : c’est exactement ainsi qu’agissent les dictatures. C’est exactement ainsi que, là-bas, l’état d’urgence fut reconduit chaque année durant 17 ans, jusqu’à ce que le peuple arrête les meneurs de cette politique via un référendum arraché dans la rue.
ANKE HERMANN, 52 ANS, THÉRAPEUTE EN SHIATSU, ANCIENNE RÉSIDENTE DE L’ALLEMAGNE DE L’EST.
J’ai eu une belle enfance, l’Allemagne de l’Est était ma réalité, car je ne connaissais rien d’autre. La vie était beaucoup moins dure qu’en Roumanie, par exemple, où c’était le cauchemar. Nous avions le droit de voyager ailleurs dans le bloc de l’est, mais cela nécessitait quand même beaucoup de bureaucratie, tout était visible, les autorités savaient systématiquement où nous étions. Certaines personnes « sages » étaient autorisées à voyager à l’Ouest. Nous savions que le monde existait ailleurs, mais j’ai grandi avec l’idée que je ne le verrais jamais réellement. J’habitais dans le nord-est, près de la Pologne, un endroit tranquille. Si on se conformait au système, alors tout était assez « lisse ». Moi je rentrais dans ces critères-là : assez jolie, douée en chant, j’ai fait une carrière internationale en tant que chanteuse d’opéra. Cependant, il y a des moments où je me sentais surveillée. À l’âge de 16 ans, la Stasi a essayé de me recruter en tant que collaboratrice. Je me suis sentie comme dans un film, elle me convoquait quelque part, possédait un document avec ma photo et savait tout de moi. Au début, j’y suis allée et ils ont tenté de m’extorquer des renseignements sur mes copains, mais je n’ai jamais rien dit. J’ai commencé à comprendre que quelque chose clochait. Mon sens de la justice et de l’honnêteté primait. En partant étudier à Berlin, j’ai rencontré des gens en résistance contre le système, ce qui m’a fait réfléchir, les deux dernières années avant la chute du mur. J’avais 19 ans à ce moment-là.
La période actuelle a fait ressurgir ces souvenirs, comme d’apprendre par cœur des phrases toutes faites. Comme dans notre projet Sur le Chemin (une maison de soins alternatifs avec des cures et des retraites médicalisées) au début de la première vague, au moment où l’on n’avait officiellement aucun médicament pour soigner les gens. À mon sens, tout était bienvenu pour essayer de sauver des malades, même l’homéopathie. Tout de suite, l’Ordre des médecins nous a menacés ! Je me suis dit qu’il y avait quelque chose derrière et qu’il ne s’agissait plus du tout du bien des personnes. J’ai bien vu comment les chiffres étaient manipulés, comme le langage : on parlait d’abord des morts, ensuite des contaminés, des cas contacts, etc. On a créé la peur. Avec du recul, j’ai moi-même grandi avec la pression d’être sage, et conséquemment la peur de ne pas être sage, de ne pas dire les bons mots. Ici, j’ai retrouvé cela aussi : il fallait être orthodoxe, sous peine de menaces venant de l’Ordre des médecins. Je n’aurais jamais cru qu’une telle situation serait advenue en Europe de l’Ouest. Je pensais vivre dans un monde où tous ont le droit de s’exprimer et où il n’y a pas qu’une seule vérité. Au contraire, si vous ne parlez pas comme ce qui se dit à la télévision, vous êtes tout de suite mal vu. On évite alors de parler librement, une sensation que j’ai connue à l’époque où on ne parlait pas aux voisins, sauf si on les connaissait intimement. Mon éducation m’inculquait la peur de ne pas dire « la bonne chose ». Être pro-communiste jadis et pro-vaccins aujourd’hui, c’est la même chose. Maintenant je n’ai plus vraiment peur, mais je vois qu’il n’est pas possible de parler librement à tout le monde. Tout de même, j’essaie de faire réfléchir les patients que je rencontre. Aujourd’hui, nous sommes dans quelque chose de pire que ce que j’ai vécu avant, car nous faisons semblant, alors qu’en RDA, les choses étaient plutôt claires. On fait semblant que nous sommes dans un monde ouvert, les gens croient encore être dans une démocratie, or ce n’est plus du tout le cas. Nous vivons dans le mensonge. Les Belges n’ont jamais connu mon ancienne situation, ils sont naïfs, pensent que l’on agit pour leur bien.
Un autre différence est l’usage des technologies, comme le pass si on veut sortir du pays. C’est pire qu’à l’époque ! Les gens croient ce qu’ils lisent dans Le Soir et ne se rendent pas compte que c’est l’État qui contrôle la réalité. Nous, en RDA, savions quand même qu’une Stasi existait, nous faisions semblant mais pour autant n’étions pas dupes, raison pour laquelle les manifestations ont grandi silencieusement et calmement. Partis de 20 personnes, nous sommes arrivés à 70.000 ! Aujourd’hui, les gens sont séparés, ont peur de voir les autres, n’échangent pas ; ils sont beaucoup plus aveugles que nous à l’époque. Peut-être aussi parce que la vie est devenue beaucoup plus confortable, on n’agit plus, on ne réfléchit plus. Dans le communisme, il y avait des aspects positifs. Nous possédions beaucoup moins, mais chez nous tout le monde avait un toit sur sa tête, personne n’avait faim, et on avait les bases qui ne coûtaient rien du tout. Nous avions la possibilité de manger de bons légumes, qui étaient forcément bio, et de la viande produite dans la famille. Nous étions beaucoup plus dans le partage avec les amis, les voisins. Mais l’Allemagne de l’Est a été vite contaminée par le capitalisme. Tout a été mis en coupe réglée. Aujourd’hui, nous baignons dans une idéologie unique, on ne sait pas à quoi se rattacher. On nous donne des « bonbons » si nous sommes sages. Je ne comprends pas que les gens ne comprennent pas cela ! Je ne juge pas les vaccinés, mais il ne faut pas exclure les autres et continuer d’écouter les opinions divergentes, au lieu d’écraser tout ce qui ne va pas dans leur sens. En RDA, nous n’avions pas accès à l’information vaccinale comme aujourd’hui. Les parents n’étaient même pas au courant, les enfants allaient à l’école, se mettaient en file et étaient vaccinés pour leur bien. Nous n’avions pas le choix, c’était obligatoire. On croyait que cela allait sauver le monde des maladies. Aujourd’hui, les autorités insistent pour ce vaccin anti-covid, mais pas du tout parce que quelqu’un croit encore sauver le monde des maladies, c’est bien différent de mon enfance…
Propos recueillis par Alexandre Penasse et Bernard Legros
Propos de Anke retranscrits par Sarah


