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Contre le port du masque dès 6 ans

Interpellation au conseil communal d’Uccle ce 20 janvier 2022 à 18h30:

A Uccle, le port du masque dès l’âge de 6 ans et la culture : deux poids, deux mesures »
Sabine Moens de Fernig et Laurence Vandeputte redevenues citoyennes depuis qu’elles ont quitté leurs mandats politiques et leurs partis, interpellent la commune d’Uccle, en tant que pouvoir organisateur des écoles communales uccloises, à propos de l’application du port du masque pour les enfants dès 6 ans.

Le propos de cette intervention consiste à dénoncer cette mesure, à en évoquer les méfaits et à demander à la commune d’appliquer le plus largement possible le principe de précaution pour préserver les enfants de ce dispositif disproportionné et délétère.


Cette séance de Conseil communal se déroulera en version virtuelle. Pour en assurer l’obligatoire publicité, cette séance sera rediffusée en direct sur le compte facebook de la commune d’Uccle.


La séance démarre à 18h30 précises et la présentation de cette interpellation est le 1 er point prévu à l’ordre du jour de la séance. Rendez-vous, dès 18h30, sur le compte facebook de la commune d’Ucclepour suivre cette intervention et la soutenir. Soyez à l’heure !


Projet d’ordre du jour de la séance du 20 janvier 2022 tel que publié au 16/01/2022 :http://www.uccle.be/les-elus/conseil/odj-20-01-22Compte FB de la commune : https://www.facebook.com/uccle1180ukkel/

J’ACCUSE: fausse liberté d’expression, illusoire liberté de la presse (rappel)

Ma carte de presse: dissiper les malentendus? Réveiller les malentendants!

Pour signer la pétition de maintien de la carte de presse du journaliste de Kairos c’est par ici: https://www.petitionenligne.be/petition_pour_le_renouvellement_de_la_carte_de_presse_de_kairos_-_alexandre_penasse

Essai épistémique

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COVID 20

L’impératif catégorique : LA RELIANCE

Plaidoyer pour un renouvellement épistémologique des études médicales

Ouvrage en ligne écrit & coordonné par

Florence PARENT et Fabienne GOOSET

LA CRUCIFIXION Ethel Coppieters

Avec la participation de
Manoé REYNAERTS, Helyett WARDARVOIR, Isabelle FRANCOIS,
Benoit NICOLAY, Emmanuelle CARLIER, Véronique BAUDOUX, Jean-Marie DE KETELE

Édition KAIROSPRESSE. 2022

Henry Joly affirmait : « Que Socrate ait été le
dernier des chamans et le premier des philosophes
fait partie désormais des vérités
anthropologiquement admises ». Pour ajouter
immédiatement : « mais cette vérité, qui jette une
lumière étrange sur l’apparition même de la
philosophie, n’est pas claire pour autant, ni pour la
philosophie, ni pour l’épistémologie. »

Roustang, F, Le secret de Socrate pour changer la vie, Paris : Odile
Jacob, 2011.

Table des matières

Autrices

Autrice, Florence

J’ai sans doute commencé à écrire ce texte dès le début du premier confinement. Son mouvement a certainement été initié par ma nécessité d’exprimer artistiquement ce qui se jouait, selon mon ressenti émotionnel, partagé sur une page d’artiste sur FB, au fil de chacune de ces journées de ciel bleu solidaires et ensoleillées. La plume, par le biais de mon clavier, s’est imposée à moi, sans que je ne le sache, début décembre en plein milieu du second confinement, il faisait plus froid et plus gris. J’étais occupée à rédiger, avec des amies et collègues d’écriture, un guide pratique sur l’intégration des compétences émotionnelles dans la formation des médecins, quand un détour s’est opéré au moment de questionner l’enjeu de l’incertitude et des émotions dans la décision médicale. De l’écriture d’une tribune de deux pages, celle-ci s’est étoffée en vue d’un article et, finalement, il a fallu à un moment cesser d’écrire et dire : ce texte est en mémoire de ceux qui m’ont fait pleurer et qui m’ont amenée à écrire, et je vous en remercie, car de vos départs plus de compréhension m’est apparue, que j’ai maintenant partagée. Car il est aujourd’hui, et plus encore qu’hier, urgent de sortir de ce que je nommerai une « pédagogie de la crucifixion » …

Florence Parent est médecin, docteure en santé publique et autrice d’ouvrages dans le champ de la pédagogie et de l’ingénierie de la professionnalisation dans les organisations de santé. Membre fondateur de l’ASBL « Are@Santé » (Association pour le renforcement de l’enseignement et de l’apprentissage en santé) et longtemps enseignante de l’Ecole de santé publique (ULB) et consultante internationale, elle est actuellement experte indépendante et coordinatrice d’un groupe de recherche sur l’éthique des curriculums en santé. Chargée de cours à l’Université libre de Bruxelles, elle poursuit ses activités pédagogiques et de recherches en maintenant comme principe fondateur, au-delà de toutes antinomies, une perspective systémique centrée sur la reliance. Également artiste, elle maintient un rapport essentiel entre l’art, l’esthétique et l’éthique qu’elle conçoit avant tout comme processus complexe d’individuation, de responsabilisation, de créativité et de liberté.

Co-autrice, Fabienne

La première vague de la pandémie a mis en exergue les corps malades, anonymisés par la position ventrale, reliés à la machine pour respirer, se nourrir, vivre. Douleur physique mais aussi souffrance morale. C’est cette dernière qui m’a le plus interpellée en raison de ses multiples visages : terreur de la contamination, cruauté de l’absence de relations sociales, mise à l’arrêt des élans artistiques, des projets professionnels, isolement cruel de nos aînés au sein de leur maison de retraite, des patients dans les services autres que ceux dédiés à la Covid…. Liste désespérément longue qui, à force de se réitérer au quotidien, m’a touchée au plus profond jusqu’à en éroder mon fil de vie …Urgence de le remailler, de restaurer ce que la gestion de ce virus ronge, dans une boucle sans fin telle Pénélope tissant son voile…Évidence de la réflexion et de l’écriture pour y tendre, cet ouvrage en porte la trace…

Fabienne Gooset est docteure en lettres et titulaire d’un certificat interuniversitaire en éthique du soin. À travers sa thèse, elle a analysé les rapports que nouent littérature et médecine ainsi que ceux, plus singuliers, unissant patient et soignant. Cette démarche l’a menée vers différents champs de recherche dont la médecine narrative. Elle est l’autrice d’articles ayant comme dénominateur commun la mise en évidence de la parole du corps souffrant.

Cosignataires

L’expérience et l’expertise de l’autrice et de la co-autrice se sont élargies aux différents regards et relectures de philosophe, médecin, psychologue, kinésithérapeute, expert en éducation et en santé publique, permettant, outre des apports ponctuels précisant ou ouvrant, une validation pluridisciplinaire d’un texte singulier, car inhabituel ou ‘inactuel’, à contre sens de la modernité, usage en référence à Nietzsche.

Entre l’investigation journalistique et médicale, l’article scientifique et démonstratif, l’argumentaire philosophique ou la reliance poétique, artistique et littéraire, aucune possibilité pour qui le voudrait, de classer ce texte original, représentant d’un maillage catégoriel propre à une pensée complexe et émancipée. Il est à prendre comme il se donne.

Cosignataire, Isabelle

Parfois, les chemins se croisent de manière inopinée et se rejoignent d’emblée presque sans mot dire. Se propose alors tout simplement un bout de chemin ensemble. Une envie commune et quasi inéluctable de réfléchir, de se positionner au-delà de dichotomies pesantes, de mieux comprendre le chaos, de trouver un fil d’Ariane. Se laisser désaltérer d’autres regards et expertises, pour tenter d’aborder la complexité du moment. Je remercie les autrices pour avoir été cet aiguillage qui rassemble. Je reste ébahie par leur curiosité insatiable, leur talent de reliances, leur érudition en perpétuel mouvement, leur compétence de jugement réfléchissant qu’elles incarnent avant de le promouvoir. Cette opportunité incroyable qu’elles nous offrent, par cet essai, de pouvoir se nourrir de leur analyse et leur vision. Les pavés sont lancés, parfois presque férocement car les mares sont si profondes. Bien sûr, le doute est permis (voire prescrit quand il ouvre plutôt qu’il ne ferme), le débat est ardemment souhaité. C’est précisément ce qu’il importe in fine de conserver précieusement. Le défi est de le mener au bon niveau, de ne pas se perdre dans des rhétoriques de contenus mais bien de questionner le contenant, soit les fondations même de nos cadres de référence habituels. Et c’est bien là, exactement là, que nous mènent Florence et Fabienne. Nos échanges m’ont permis de mettre des mots sur cette sensation floue d’un monde médical qui dysfonctionne, pris au piège d’enjeux multiples qui le dépassent. Je les rejoins quant à leur visée de nous ouvrir les yeux à nous soignants, soignés, accompagnants, individus, société et leur invitation à nous remettre fondamentalement en question (soit jusqu’aux fondations épistémologiques et ontologiques de notre rapport au monde, à la maladie, à la santé). Je rejoins leur motivation à échanger, partager, écrire. Secouer par ce biais nos certitudes est à mes yeux un acte éthique, une responsabilité qui nous incombe à tous, individuellement et collectivement. Car nous sommes aussi les acteurs de ce qui nous façonnent.

Isabelle François est médecin psychothérapeute. Elle pratique à Bruxelles depuis une dizaine d’années après avoir mené une autre vie aux quatre coins du monde, dans l’humanitaire et la recherche en santé publique. Elle est membre du groupe thématique « Éthique des curriculums en santé » de la Société internationale francophone d’éducation médicale (SIFEM) et travaille sur le développement des compétences émotionnelles dans les curriculums des professions de santé (avec Florence Parent, Helyett Wardarvoir et Fabienne Gooset).

Cosignataire, Helyett

Fleurissent les coquelicots !

En hommage à tous ceux tombés au combat, souvent isolés des leurs, peut-être apaisés par la main du soignant et s’évanouissant dans la profondeur de son regard. Soigner, accompagner c’est avant tout une rencontre, une relation qui s’instaure. Elle passe par le toucher, le regard, l’expérience de l’altérité, une expérience en 3D. Se laisser saisir ou dessaisir par l’autre, accepter d’être ému, perdu, chercher un chemin à emprunter pour avancer et arriver là où la vie nous amène. Le développement des compétences émotionnelles chez les professionnels de santé ne m’est pas venue de la crise covid19 mais déjà bien avant, car les signes d’une médecine qui se déshumanise et fragilise les soignants n’est pas nouvelle et la question de la gestion de la crise de covid19 n’est que le révélateur de la nécessité d’un changement de paradigme dans les curriculums en santé. Quels professionnels de santé formons-nous par écran interposé à l’heure où toutes les décisions dans la gestion de la crise covid19 ne revient pas aux professionnels de la santé. Que devient le diagnostic clinique, comme celui de l’observation palpatoire par exemple ?

Ce qui m’a motivé c’est le bouleversement radical de société par le développement d’une vie en confinement qui s’inscrit dans nos réalités et nos mémoires par écrans interposés : une vie en 2D. Le 12 mars, annonce du confinement pour le vendredi 13 mars 2020, je donne cours arts de la scène. Nous sommes bouleversés, que vont devenir nos co-présences, nos respirations, nos entrelacements de corps ? Comme par crainte d’oublier, nous dansons bien plus longtemps que prévu, nous nous disons au revoir. Fleurissent les coquelicots qui tiendront notre âme en mouvement.

Quels dégâts collatéraux, puisqu’en pleine répétition d’une pièce de théâtre avec une jeune metteuse en scène, tout se fige jusqu’à …. Quand ? Alors vient le moment de l’incompréhension : pourquoi c’est Ok d’être les uns sur les autres dans un métro pas vraiment aéré, et pourquoi ce n’est pas ok d’être à 6 dans une salle de répétition plus grande qu’un demi-wagon ! Que veut dire confinement ? Les médiations culturelles et artistiques avec les jeunes en institutions s’arrêtent pour raison d’Etat : confinement ! Pourquoi les dimensions psychosociales de la santé ont-elles aujourd’hui si peu de prégnance ? Comment un modèle humaniste en santé a-t-il pu être si radicalement balayé ? Et quel coup de balai de l’approche par l’art, pourtant forme de connaissance et d’expérience de soi, des autres et d’un monde à un moment où l’humain est en mode « survie » ?

J’ai traversé ces cartes blanches comme on embarque sur un radeau en pleine tempête. J’y ai trouvé un espace de réflexion, d’expression, d’énonciation, comme un atelier artistique pourrait le faire, avec ses propres langages. Animée par la volonté que l’humain ne peut être réduit à la vie derrière une vitre, qu’il ne peut être enseveli sous les couches d’une pensée réifiante. Que l’approche de la complexité par une réflexivité collective animée par une diversité de personnes ayant toute pour cœur de réflexion : l’humain. Convaincue que les coquelicots refleurissent toujours plus beaux et plus nombreux malgré leur fragilité et l’aridité de la terre.

Helyett Wardavoir, de formation initiale en kinésithérapie et en danse contemporaine, a un parcours de Master en Santé Publique et de Master en Art du spectacle. Alliant « Art, Santé et Société » elle conçoit des programmes de Santé Publique utilisant l’approche par l’art et mène des projets artistiques essentiellement avec des jeunes en difficulté. Elle est membre du groupe thématique « Éthique des curriculums en santé » de la Société internationale francophone d’éducation médicale (SIFEM) et travaille sur le développement des compétences émotionnelles dans les curriculums des professions de santé (avec Florence Parent, Isabelle François et Fabienne Gooset)

Cosignataire, Benoit

« Pourquoi en est-on arrivé là ? » Cette question résume mon incompréhension, ma colère, ma tristesse, mon besoin d’humanité dont beaucoup ont été privés dans la gestion de cette crise. Devaiton oublier les bases de ce que nous avions appris voici de nombreuses années ?

Les piliers de nos métiers que sont l’éthique et la déontologie ont été bien malmenés… « Ceux qui savaient » ont imposé leurs règles avec la vision étroite de leur domaine de compétence. Est-ce cela la santé publique ? Est-ce cela la définition voulue de la santé ?

Je n’ai pu faire autrementque de soutenir les quelques professeurs et autres académiques courageux qui ont su garder leur liberté d’expression et leur honnêteté en réclamant sans cesse le débat scientifique.

Les auteurs de ces cartes blanches m’ont offert la possibilité de réfléchir en profondeur à la lueur de leurs expériences et pensées philosophiques. Tout n’est pas à prendre ou à laisser, mais en tant qu’être réfléchissant, voilà de quoi nourrir nos réflexions. Et chacun a compris que la covid avait joué le rôle de révélateur des dysfonctionnements de nos sociétés.

Quelle médecine souhaitons-nous ? Par quels soignants et médecins voulons-nous être pris en charge ? Les auteurs et leur équipe se posent ces questions depuis des années et essayent tant bien que mal d’attirer l’attention sur les déviances des choix qui sont faits. Cette crise nous a montré les limites d’une démarche scientiste, réductrice, et la nécessité d’une approche plus globale, plus ouverte et plus intégrative. Voici ce que nous proposent les auteurs de ce travail. Merci.

Benoit Nicolay est médecin, Anesthésiste-Réanimateur. Formé en micronutrition et management hospitalier. Ancien chef de service et responsable de bloc opératoire. Membre du comité d’éthique de l’hôpital où il exerce depuis début 2021. Médecin de terrain bien conscient du sous financement et de l’évolution technique et numérique des soins de santé au détriment de l’humanité nécessaire aux patients et aux soignants.

Cosignataire, Emmanuelle

Depuis le début de cette crise, la peur, essentiellement, a été le leitmotiv de la communication et ceci pour l’humanité entière.

Au bout de quelques jours, j’ai eu la sensation que ce n’était pas justifié et depuis se posent à moi des interrogations à n’en plus finir, ébranlant mes convictions les plus profondes. Et ceci est devenu un moteur pour re-agir.

Face à une nouveauté, il faut s’adapter et avancer en fonction de l’expérience.

Dans cette crise, l’unique moteur proposé fut celui de la peur, paralysante et toxique.

Ce fléau, plus inquiétant que le virus luimême, a plongé le monde entier dans un dysfonctionnement qui a provoqué et provoquera d’importants dégâts collatéraux.

Face à cette perplexité, prendre du recul, réfléchir et partager mes interrogations m’ont permis de retrouver certains repères et un semblant de sérénité.

Emmanuelle Carlier est médecin pédiatre à Bruxelles.

Cosignataire, Véronique

Véronique Baudoux est médecin généraliste à Nivelles.

Cosignataire et co-auteur de la préface, Jean-Marie

Jean-Marie De Ketele est professeur émérite de l’Université catholique de Louvain et de la Chaire UNESCO en Sciences de l’Éducation à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar qui lui a décerné le titre Doctor Honoris Causa. Ce dernier lui a été également conféré par l’Institut catholique de Paris où il est professeur invité et directeur de thèse. Il est actuellement rédacteur en chef de la Revue internationale d’Éducation de Sèvres.

Cosignataire et auteur de la préface, Manoé

Manoé Reynaerts est philosophe.

Remerciements à Kairospresse

L’étonnement de croiser, à un moment-donné, telle une bouée de sauvetage in extremis attrapée, d’autres personnes qui comme soi s’interrogent, perçoivent que « quelque chose ne va pas », mettent en œuvre un regard qui écoute, ressent, veut comprendre et donnent la parole même si celle-ci est inhabituelle, ou inactuelle: telle a été la rencontre avec Kairospresse et Alexandre Penasse, représentant inédit et quasi solitaire, pendant la première année de cette crise, d’une presse qui, par ailleurs en Belgique, devra renaitre de ses cendres si la visée d’émancipation de l’être humain est toujours d’actualité pour notre humanité.

Préface

Nous avons besoin d’Antigone !

Au Ve siècle avant notre ère naissait dans le verbe du poète Sophocle, l’expression d’une figure sans pareille, présente aujourd’hui encore, et incarnée en les traits d’Antigone :

« Dans les temps anciens, une terrible guerre civile ravagea la ville de Thèbes. Lorsqu’elle fut terminée, le roi Créon ordonna de laisser le corps d’un guerrier, Polynice, sans sépulture, car il avait pris les armes contre sa patrie. Or Antigone, sa sœur, brava cet interdit et fut arrêtée au moment où elle enterrait Polynice. On la conduisit donc au roi Créon qui demanda si elle était au courant de la loi interdisant l’enterrement et si elle savait qu’elle risquait la mort.

– Je le savais, répliqua Antigone. Mais il ne s’agissait que d’une loi humaine. Il existe des lois plus importantes, celles qui sont au fond de nos cœurs. Toutes mes pensées et mon amour me commandaient d’ensevelir le corps de mon frère. Face à ces lois, la loi humaine ne pesait guère…comme ne pèse guère le fait que je doive mourir. Je préfère périr pour cela, plutôt que d’être à jamais désespérée d’avoir laissé le corps de mon frère sans sépulture. »[note]

Les siècles passèrent, mais la figure d’Antigone persévéra à travers eux : à la Renaissance humaniste, l’homme de loi, Robert Garnier, inspiré des pièces de Sophocle, d’Euripide et de Sénèque, fit d’Antigone l’incarnation du dévouement familial et de la justice des justes. Au XVIIe siècle, Jean Rotrou, prolongeant son prédécesseur, voit en Antigone la défenderesse des lois naturelles de la fraternité face à celles tyranniques de Créon. Chez Racine, c’est une Antigone amoureuse qui, devant la mort, choisit de vivre pour l’amour, alors qu’à l’aube de la Révolution française, en l’Italie de Vittorio Alfieri, Antigone s’érige en Héroïne d’une liberté désespérée face à la tyrannie et la Raison d’Etat. Quant aux héritiers de la Révolution française, ils virent en elle leurs propres aspirations libérales et celles d’une défense des droits humains ; elle représentait alors pour Nerval « la lutte éternelle du devoir moral contre la loi humaine, de la conscience ou de la passion contre l’obéissance due aux princes {…} »[note]. Dans l’Allemagne romantique d’Hölderlin, elle incarne un potentiel ontologique*, l’annonce d’une forme d’être nouvelle, d’un devenir en réalisation, elle recouvre une puissance téléologique. À l’aune de la Première Guerre mondiale, Romain Rolland lance à Londres en 1915, un appel à l’« Antigone éternelle » ; en 1917 à Leipzig, Walter Hasenclever préfigure une Antigone antimilitariste et pacifiste ; Jean Cocteau la présente comme une anarchiste, une anticonformiste sociale et culturelle ; Brecht la met au service d’une critique de la société capitaliste et contemporaine. En 1972, Liliana Cavani, au travers d’une jeune protagoniste nommée Antigone, dénonce les terreurs policières, alors qu’en 1973, le réalisateur Claude Vermorel l’exporta en Afrique de l’Ouest, illustrant par-là peut-être l’universalité de la figure.

De quoi donc Antigone est-elle le nom ? À quelles réalité et profondeur, nous renvoie-t-elle, pour qu’à travers les siècles, en nos âmes, comme un espoir dicible elle se loge ? Et aujourd’hui plus encore, quel visage la recouvre, comment nous invite-t-elle à danser avec elle, pour qu’à sa rencontre nous nous réjouissions d’un horizon possible ? Assurément donc, aujourd’hui aussi : nous avons besoin d’Antigone !

Car, si elle est bien l’annonce qui se laisse façonner aux besoins de nos aspirations les plus hautes et les plus intimes, c’est assurément qu’en elle, en la figure de proue qu’elle est pour nous, se joue l’occasion pour les êtres humains, pour les sociétés qu’ils habitent et érigent, et pour le monde qui ainsi se déploie, de se réfléchir autrement qu’en la seule référence à ce qui est et à ce qui est déterminé, mais également en l’horizon de ce qui pourrait être, et en ce qui pourrait être réfléchi par nous, pour nous et selon nous. À ce titre, la figure d’Antigone s’apparente à un point focal, au sein duquel nos rapports aux mondes, à ceux désirés, à nos valeurs, celles de nos vies intimes et partagées, privées et publiques, individuelles et collectives, se voient conjugués et présentés comme une réalité possible, non pas comme le rêve qui s’évanouit à la lumière du jour, mais comme une utopie, certes « non encore réalisée », mais pressentie comme réalisable. La teneur d’Antigone est donc tout à la fois politique, sociale, individuelle, engagée, existentielle, contextuelle, universelle et singulière, elle est globale et animée d’une visée, elle est, pour ainsi dire, téléologique, et le jugement auquel elle nous invite l’est certainement tout autant : le jugement réfléchissant*.

Tel est bien l’enjeu du jugement réfléchissant, qu’il se propose d’atteindre : les différentes dimensions de notre existence, mais également leur déploiement, le ressouvenir de celles oubliées ou encore l’émergence de nouvelles possibles. Il ne saurait être seulement qu’une réflexion sur un agir ou sur une manière d’être en particulier, car il est bien plutôt un agir et un être. Il ne saurait donc seulement se concevoir, car il devra également se vivre. Son ambition excède, à ce titre peut-être, la possibilité de se voir satisfaire. Mais, c’est en l’horizon de sa possibilité, plutôt qu’en celle de son impossibilité, que les auteurs des cartes blanches ont préféré loger leurs espoirs.

Aussi l’ensemble des textes ici compilés sous forme de cartes blanches s’amorce comme autant de possibilités réfléchissantes, comme autant de points interrogeant la singularité des pratiques, des situations de soins, des valeurs et des épistémologies* du soin relativement aux visions de l’humanité, qu’elles offrent ou n’offrent pas. Aussi, le lecteur ne trouvera jamais en ces textes seulement une analyse, mais toujours l’occasion de mesurer l’enjeu en jeu dans les manières dont nos agirs et nos modalités d’existence sont convoqués ou pourraient l’être en ces contextes. L’espoir nourri par l’exercice du jugement réfléchissant a mené les auteurs à orchestrer, en une vaste ouverture interdisciplinaire et selon une logique progressive, la rencontre conjuguée de dimensions de l’existence, de lieux et fonctions de la société, d’approches pédagogique et éthique dans les curriculums de médecine, d’expression culturelles et émotionnelles, ou encore de considérations anthropologiques. Et c’est ainsi en la singularité de ces rapprochements, que la globalité et la complexité de notre humanité furent prises en compte.

C’est en toute conséquence que le jugement réfléchissant, animant l’ensemble des cartes blanches, recouvrera la qualité d’un jugement éthique. En effet, lorsqu’il est condition d’une manière d’être-au-monde, ipso facto d’une réappropriation singulière et choisie de l’expérience et de la manière de la faire, le jugement réfléchissant s’annonce alors véritablement aussi comme un jugement éthique. Il s’annonce par suite comme un agir au sens fort du terme, un agir sur notre être et nos manières désirées d’être en devenir. Assurément, le contexte de la Covid interroge sérieusement cette possibilité, et la capacité que nous puissions avoir à nous en saisir. C’est d’ailleurs en ce sens que le temps du Kairos est interrogé dans la carte blanche 7 : spiritualité, individuation et médecine : le kairos covidien – (kairospress.be).

Le jugement réfléchissant est donc aussi un jugement éthique, parce qu’il tente de réinstaurer en nous la possibilité, non seulement, de saisir ce qu’il y a de singulier dans notre expérience contemporaine, mais également, et à plus forte raison, d’en produire là où il paraitrait absent, là peut-être où notre pouvoir d’individuation semblerait n’être plus ou en voie de ne plus être. Ainsi, le jugement réfléchissant est l’expression d’une manière d’être-au-monde, d’une manière aussi de faire monde, quoi qu’il puisse en être d’une quelconque forme d’adversité, comme chez Antigone. Aujourd’hui encore, par son exemple, elle nous encourage en l’espoir d’une telle possibilité, car nous sommes des êtres doués et capables d’actes d’existence. Cet agir réfléchissant et éthique est alors l’occasion de pouvoir « persévérer dans son être »[note], de pouvoir persévérer dans notre capacité à être et à émerger de l’être.

Les cartes blanches ici compilées s’ouvrent sur une réflexion à propos de l’épistémologie dominante dans les curriculums des futurs soignants et sur l’impact de celle-ci sur la prise de décision. Ces cartes blanches marquent le départ en observant que cette épistémologie est peu capable en matière de jugement réfléchissant, cependant qu’elle produit du jugement déterminant*. À savoir un jugement capable de catégorisation, d’identification, de mise en concept, mais peu apte à une réflexion sur la manière dont il catégorise, généralise, identifie ou conceptualise. À plus forte raison, il est encore moins habile à envisager les conséquences globales sur les réductions anthropologiques, existentielles, sociales et politiques, notamment, de l’humanité, lorsqu’il se voit appliqué sous forme de protocole d’intervention de soin ou de prise en charge. À ce titre, la première carte blanche mobilisant l’EBM (Evidence Based Medicine), « Le rôle de la formation des médecins et de l’épistémologie médicale dans la crise de la Covid 19 – Kairos (new.kairospresse.be) », met en évidence l’enjeu éthique d’une réflexion épistémologique* et méthodologique sur la manière de constituer du savoir, sur notre rapport à lui, et sur les usages possibles qui en dépendent. De ces manières de faire savoir et faire pratique dépendent en fait la possibilité de visions du monde et de l’humanité. Vision qui intéresse d’abord le corps : puisque, comme on le sait, il est d’importance de pouvoir distinguer le « Leib » et le « Körper ». Le premier souvent oublié de l’épistémologie médicale, est le corps vivant, celui que la vie anime – « leben » signifiant « vivre » en allemand –, celui dans lequel nous nous expérimentons en qualité de vivant, d’existant, de désirant, d’être intime et social, en projection et animé d’intention, de subjectivité encore. Le second renvoie au corps objectivable et objectivé, celui que l’on mesure, celui que l’on doit donc instaurer d’abord comme mesurable. Foucault a très bien cerné comment, déjà depuis le XVIIe siècle, l’épistémologie médicale fit du corps un prisonnier des représentations que l’âme apposait sur lui, un objet devant être réduit pour être mesuré et manipulé. Mais à l’inverse, Foucault a également merveilleusement rendu compte des pouvoirs du corps vécu, lorsque par exemple se référant à la pluralité des corps du danseur, il propose que :

« Le corps dans sa matérialité, dans sa chair, serait comme le produit de ses propres fantasmes […] le corps du danseur est dilaté selon tout un espace qui lui est intérieur et extérieur à la fois »

Le « Leib » est donc ce corps vécu, le corps propre, celui qui m’est singulier, celui dans lequel j’éprouve joie et douleur comme à moi-même, celui qui ne pourrait pas être le simple corollaire subjectif du corps objectif, objectivable et objectivé, car le corps propre est le point originaire, depuis lequel mon ouverture au monde et, par suite, mon être-au-monde s’ouvre et s’amorce d’abord. Il est ce que Martin Heidegger nommait le « là » de l’être, celui depuis lequel le sens et la signification accordés à la vie étaient possibles. C’est le corps au sein duquel et à partir duquel l’utopie devient possible, ce corps utopique qui ne fait pas de l’âme une prisonnière du corps, mais le corps un prisonnier potentiel des représentations réductrices que l’âme projetterait sur lui (le « corps médical » sur lequel un biopouvoir* s’exerce). M. Foucault nous rappelle, alors que : « Le corps humain est l’acteur principal de toutes les utopies. », que :

« Mon corps […] est toujours ailleurs, il est lié à tous les ailleurs du monde, et à vrai dire il est ailleurs que dans le monde […] le corps est le point zéro du monde, là où les chemins et les espaces viennent se croiser, le corps n’est nulle part : il est au cœur du monde ce petit noyau utopique à partir duquel je rêve, je parle, j’avance, j’imagine […] Mon corps n’a pas de lieu, mais c’est de lui que sortent et rayonnent tous les lieux possibles réels ou utopiques. »

Le lecteur trouvera, dans la succession des cartes blanches 4, 5, 6 et 7, un ensemble de témoignages, d’expressions poétiques, d’analyses et de réflexions prenant « à bras le corps » cette thématique. Il y trouvera l’expression d’une vision non dualiste du corps, d’une vision intégrée, unifiée et globale, d’une vision soucieuse de retrouver et d’explorer les champs de l’être du corps, et les chants possibles aussi de son être. C’est ainsi que seront explorées les dimensions des émotions, de leurs intelligences (carte blanche 4), celles de notre âme végétative (carte blanche 5), de notre spiritualité (carte blanche 7) et de notre énergie vitale, celle qui, en ces temps de kairos covidien, se sent dansante (carte blanche 6).

C’est ainsi, au travers du jugement réfléchissant et du respect pour la totalité de notre être, que les différentes cartes blanches ont d’abord initié leur progression depuis ce constat, que de l’épistémologie dépendent aussi des éthiques, que de l’épistémologie médicale, plus particulièrement, dépend la possibilité pour des manières d’être de se réaliser ou à l’inverse de s’en voir exclues dès le départ. En effet, d’une épistémologie à une autre, dépendra la possibilité de pouvoir persévérer en qualité de praticien de sa pratique, en acteur constituant de sa pratique, et non seulement en praticien d’une pratique généralisée, généralisable, standardisée et standardisable. Ce rapport individué à sa pratique, doit donc être individuant : il le peut si la subjectivité, les subjectivités et intersubjectivités en présence sont parties prenantes et constituantes de la pratique, et non pas reléguées au plan de variables indépendantes. Or, l’intérêt de la crise actuelle repose également en ce qu’elle rencontre autant la relation médicalisée au corps, que l’ensemble des autres champs d’existence de l’humanité et de la société. Aussi est-ce à l’aune de cette globalité et de cette complexité que les sciences aujourd’hui doivent s’imposer l’interdisciplinarité et la transdisciplinarité comme, non seulement une exigence épistémologique, mais également éthique, car des possibilités qui en résulteront dépendra l’annulation de diverses formes de réductionnisme de l’être humain, et par conséquent, peut-être s’ouvriront alors des visées émancipatrices.

À ce titre, il est bon de rappeler au lecteur, que de tels projets ont vu le jour dans nos sociétés et les animent d’ailleurs toujours. C’est assurément un espoir à ne pas perdre de vue et c’est dans cette lignée que, modestement mais assurément, les cartes blanches s’inscrivent. Ainsi, de manière parfaitement emblématique, la « toujours fameuse » Ecole de Frankfort (dont Horkheimer et Habermas ont participé à la renommée) soutient l’importance et l’idée que, jamais seulement la science ou une science, mais bien toujours les sciences doivent pouvoir s’associer, afin d’ouvrir à l’humanité ses dimensions sociales, anthropologiques, philosophiques, psychologiques et culturelles, notamment. Il ne s’agit pas là simplement de vouloir une stricte meilleure connaissance de son être, mais bien également de soutenir un mouvement émancipateur et autonomisant pour cette humanité face à l’ensemble des forces contraires, dominantes et adverses qui tente de ou appelle à la réduire.

Manoé Reynaerts et Jean-Marie Deketele

Introduction : La crise sanitaire de la Covid[note] comme révélatrice de nos ambiguïtés épistémologiques 

Cet essai vise à une forme d’investigation au cœur de la décision médicale et sanitaire pendant cette période de la Covid 19. Notre recherche s’est principalement échelonnée de décembre 2020 à mai 2021. Les nombreuses références qui nous ont nourris ont été ajoutées au fil de l’écriture. Certaines – et nous pensons particulièrement aux références électroniques – sont susceptibles d’avoir disparu au moment où le lecteur prendra connaissance de notre ouvrage.

Nous y envisagerons comment les choix posés, par leurs modalités quelque peu obscures, pour les protagonistes eux-mêmes mais également pour ceux qui y sont confrontés, construisent un terreau, telle l’opportunité qui fait le larron, à des logiques de dictatures sanitaires.

Notre écrit prend en considération la profonde fracture du monde médical sur un plan épistémologique, et ce, souvent sans conscience, car le réductionnisme a longue haleine. Ainsi, en 2021, l’amalgame entre la prise d’assaut du Capitole et la résistance par non-respect des règles sanitaires a mené à ce que ces deux situations soient considérées comme également criminelles[note] par bon nombre de médecins eux-mêmes, amenant à une confusion à laquelle le monde médical participe amplement et dont on ne peut plus accepter les conséquences ! C’est d’autant plus essentiel que la valeur de la vie est promue, souvent de manière plus rapprochée, par ceux-là même sur qui l’on va poser, pour leur manque de mesures, protocoles et normes, un jugement péremptoire, celui du seul jugement déterminant.

Cependant, c’est justement (et sans exclure le jugement déterminant) de jugement réfléchissant que nous avons aujourd’hui plus que jamais besoin. Cet essai aide à comprendre, à se situer par rapport à ce qui est exposé et ce, tout domaine confondu. Le jugement réfléchissant et le jugement déterminant ne s’appliquent pas qu’au seul domaine médical, ils s’étendent à tous nos actes, en quelque sorte. C’est là où cet écrit prend tout son sens et sa valeur en dévoilant ce qu’il y a derrière ce que l’on veut bien nous montrer mais aussi ce que l’on veut bien voir, en allant chercher, aux racines des actions, ce qui les préside et ce dont, bien souvent, on n’a même pas conscience : nos choix épistémiques.

Afin de faciliter la bonne compréhension de chacun, nous avons rédigé un glossaire expliquant certains termes et leurs flexions dans l’acception que nous avons choisie. Ces mots sont précédés d’un astérisque lors de leur première occurrence.

Ce travail de réflexion propose d’offrir une grille de lecture sur les types de décisions ou jugements (et leurs épistémologies sous-jacentes) qui prévalent dans les différents contextes et leur degré d’émancipation par rapport aux émotions quand celles-ci aliènent plutôt que de rendre plus intelligibles les situations (peur, culpabilisation…).

Certes, il s’agit bien d’incertitude et d’émotion, mais sans doute, avant tout, de compétences, de capacité et de professionnalisme.

Le présent écrit se veut également une contribution critique à une santé publique dont la crise de la Covid témoigne des multiples failles et profondes défaillances dans l’agir et dans la prise en compte de la globalité. Globalité d’une décision médicale, globalité d’un système de santé, globalité d’une personne, âme et corps. Globalité d’un Monde auquel nous souhaitons participer, nous, soignants et médecins, en l’émancipant et non en le dominant ou le réduisant. Et ce involontairement, déterminés que nous sommes par une épistémologie dont nous n’avons pas conscience et qui œuvre par la main, non de Dieu, mais paradoxalement, de l’homme !

Nos références proviennent d’horizons très divers. Nous avons fait le choix délibéré de mêler les voix autorisées à celles qui le sont moins ou qui engagent la polémique afin d’explorer au plus large le sujet et d’orchestrer la polyphonie autour de ce thème d’actualité. C’est ainsi que l’on retrouvera également des témoignages de futurs professionnels de la santé issus de travaux de groupe d’étudiants dans le cadre d’un dispositif pédagogique pour un cours de médecine sociale[note].

En restituant, par le biais du jugement réfléchissant, pleinement sa place au patient et au soignant -Sujets de l’Agir-, c’est à l’universel du Particulier plutôt qu’à l’universel du Savoir que l’on attribue, prioritairement – dans le sens de premier (soulignant la non-opposition) – le rôle de Raison, permettant, avec Henry Joly cité par François Roustang précédemment, de se questionner humblement :

Se serait-on trompé d’universel ?

Peter Fischli & David Weiss.

Dans leur travail, on observe une étroite relation entre le chaos et l’ordre.

Par le biais de leurs œuvres, diverses et protéiformes, les deux artistes questionnent les contrastes, la fragilité de l’équilibre vital, le lien serré entre chaos et ordre tout en négligeant délibérément les frontières classiques entre art populaire et art fondé.

Lecture, publics, clarifications terminologiques & index

Cet essai présente des textes sous forme de cartes blanches qui ont été publiées régulièrement entre février et mai 2021.

Chacune des sept cartes blanches a une portée particulière en lien avec l’hypothèse qui est la nôtre. En effet, un fil les relie, celui de la décision relativement à nos choix épistémologiques ou épistémiques dont émerge progressivement, et de manière de plus en plus ouverte, un questionnement radical -à la mesure de cette crise sanitaire- sur nos connaissances en médecine. Car il s’agit bien, pour nous, d’une « crise de la connaissance », et avant tout d’une crise qui interroge le mode même d’élaboration, de construction, de nos connaissances. C’est-à-dire une crise qui nous offre l’opportunité de questionner l’épistémologie qui est à la base de nos connaissances, comportements, capacités, aptitudes, mais aussi et surtout, postures, attitudes et valeurs.

Ainsi, en tant qu’il offre une perspective analytique et critique -dans le sens de l’École de Francfort[note] de la crise de la Covid 19, ce texte participe à une meilleure compréhension des déterminants qui animent le secteur de la médecine et de la santé publique.

À contresens d’une société qui semble avancer en fonçant ‘tête baissée’, droit devant elle sans regarder en arrière, sans creuser, sans essayer de comprendre ce qui l’anime et la meut, nous avons opté pour un regard, certes introductif, mais posé en profondeur, dans les abymes de nos comportements ou « agirs ». L’intérêt de ces cartes blanches est de proposer une pause nécessaire et salutaire, mais qui n’intéresse peut-être qu’une minorité, les autres étant dans le train…ou, dans l’action. Action qui réfère à l’« homme d’action » que Nietzsche critique, celui qui doit toujours « faire », et ce, quelle que soit l’idéologie à l’œuvre, fût-elle humanitaire comme l’urgence (humanitaire) à laquelle la gestion de cette crise est en tout point pareille [note].

Nous reconnaissons par ailleurs, évidemment, une urgence première lors de l’entrée en crise sanitaire, de même que la nécessité d’agir à l’encontre des mesures liberticides qui se mettent en place sur le dos de cette crise. Cependant quelle que soit l’issue, seul un regard en profondeur, comme celui de la psychanalyse, se jouera des occurrences répétitives.

En tant que tel ce texte peut intéresser le secteur de la santé, de la philosophie, et le secteur de l’éducation au sens le plus large. Cependant, à la vue de l’ouverture des débats par le biais des réseaux et médias sur les enjeux décisionnels de cette crise sanitaire, et qui ont incombé très directement à la population, ce texte peut répondre, du moins en partie, à de nombreuses questions, finalement très générales :

  • Qu’est-ce qu’un savoir ?
  • Qu’est-ce que connaître ?
  • Qu’est-ce que la science ?
  • Qu’est-ce qu’une décision en santé ?
  • Comment mon médecin a-t-il été formé ?
  • Pourquoi certains médecins ont-ils une manière de penser très différente de celle de leurs collègues ? 
  • Pourquoi les médecins s’agressent-ils tant entre eux ?
  • Pourquoi n’a-t-on pas respecté la définition de la santé de l’OMS dans la gestion de cette crise ?
  • Etc.

Un texte liminaire précède chaque carte blanche. De même, une discussion centrée sur les processus de la psychologie sociale qui sont à l’œuvre, vient clôturer cet essai, en ouvrant sur certains enjeux qui dépassent la crise sanitaire et médicale en tant que telle. En effet, ce recul nous semblait indispensable afin de satisfaire à la nécessité plus globale de contextualiser cette crise sociétale et démocratique.

De la forme…

Je fais route avec Nancy Huston quand je[note] parle de l’écriture singulière de ces textes. Cet essai – argumentaire épistémologique- parce qu’écrit sans filets de formes a priori, m’a permis « de retrouver  » l’attribut invisible « , oublié au moment d’organiser mes précédents recueils, et j’ai eu envie de le ressusciter aussi. Ces textes sont des jalons sur mon chemin d’auteur et d’expatriée, de mère et d’intellectuelle, de rêveuse et de réaliste, d’âme et de corps. Ils seront parlants pour vous, ou non, selon que votre chemin épouse le mien, le croise où en diverge ; certains vous seront peut-être utiles, d’autres vous laisseront de glace ou vous jetteront dans le feu de la colère et c’est ce qu’il faut ; ils sont à prendre ou à laisser, à prendre et à laisser, en toute liberté, comme toujours.[note] »

En effet, ces cartes blanches, plus formelles et pointilleuses au départ, vont s’ouvrir à la reliance* globale dont nous avons très particulièrement besoin aujourd’hui. Elles ne sont pas dans la revendication mais dans « l’autopsie[note] » réfléchie d’une crise sanitaire à l’aide entre autres d’outils philosophiques, mais également avec la spontanéité d’un travail artistique et littéraire. Elles se veulent à la fois dialogue avec les sens du lecteur et outil de réflexion.

Guidance

Afin de guider, dans ce cheminement de pensée, le lecteur moins averti, la figure ci-dessous et son explicitation, de même que les définitions et l’index proposés, pourront accompagner la lecture à certains moments jugés plus complexes. Il est sans doute judicieux de revenir régulièrement à ces éléments de guidance tout au long de la lecture des diverses cartes blanches. Celles-ci sont par ailleurs autonomes de ce texte préalable.

Cette figure reprise et adaptée d’un article princeps[note] positionne la perspective de renouvellement épistémologique qui est, globalement, proposée à travers ces textes. C’est celle qui se fonde sur la reconnaissance du mode d’élaboration des savoirs, techniques et produits de notre culture, considérant autant « la main qui fait » que « le résultat qui est ». Ce point de vue -véritable perspective dans le sens Nietzschéen du terme[note]– rencontre la pensée épistémologique de Richard Sennett développée dans son livre intitulé « Ce que sait la main[note]».

Figure 1 : La décision et l’Agir-adéquatement-en-santé [note]

Plus précisément sur cette figure, nous observons :

– un pôle en bas à droite intitulé « Jugement déterminant », centré sur les savoirs stabilisés, universels ou généralisables. Ces savoirs ou produits sont associés aux résultats de toute forme de recherche en tant que domaine de production (technique, culture, savoir, concept, théories, normes, protocoles, guidelines…). Les résultats de la fausse étude du Lancet (cf. carte blanche 1), par exemple, se situent exclusivement à cet endroit. Nous précisons cela afin d’attirer l’attention sur les dérives scientifiques mentionnées dans la carte blanche 1 lorsque l’on se réfère, sans pensée critique, à l’Evidence-based-medecine ou EBM. Ce pôle peut -ou non- s’ouvrir à d’autres savoirs que ceux mobilisés par la seule EBM, ceci en référence à la notion de « sciences plurielles »[note].

– un pôle en bas à gauche intitulé « Jugement réfléchissant », centré sur l’expérience vécue ou la pratique -le Vivre- faisant référence au domaine des métiers en tant que domaines d’activités (agir, actes et savoir-faire) des professionnels concernés (infirmier, médecin, psychologue, ostéopathe et tout autre soignant, mais également sociologue, anthropologue, politologue, enseignant, économiste, et le patient détenteur de l’expérience du vivre avec la maladie.…). Ce pôle fait référence aux théories de l’action en Education[note].

– un pôle en haut centré sur l’intentionnalité de l’agir humain permettant de questionner le sens ou la valeur de la décision ou de l’agir-en-santé au regard des deux autres pôles. Il questionne la validité du jugement déterminant autant que du jugement réfléchissant. Elle est peut-être là la figure d’Antigone : elle connait la loi humaine, celle du jugement déterminant, elle est aussi sujet réfléchissant d’une expérience et elle va décider d’agir « en connaissance de cause, avec lucidité ».

Notons qu’une théorie du jugement peut englober à la fois le jugement déterminant (processus déductif qui s’appuie sur les savoirs savants) et le jugement réfléchissant (processus inductif qui s’appuie sur l’expérience) ce que signifie la flèche qui chapeaute la figure[note].

C’est la considération de ces trois pôles au même moment -pour un temps T- qui permet un regard, voire un débat, éthique, sur la décision.

En identifiant explicitement la connaissance (voire en la modélisant sur le plan de l’ingénierie de formation par le biais de cette figure notamment) d’une part à : un « agir-singulier » (processus – intériorité : pôle en bas à gauche) et, d’autre part, à un « objet-en-tant-que-tel » que nous pourrions appeler « objet-partagé » (résultat – extériorité : pôle en bas à droite)[note], nous mettons le doigt sur le nœud épistémologique qu’il s’agit de démêler, tout au long de ces cartes blanches, afin de retricoter notre agir avec plus de lucidité.

Par ce décentrement (qui n’est pas séparation !) de l’objet « Savoir », de notre agir, nous pouvons d’ores et déjà considérer une prise en charge radicale de la relativité à donner au concept de science et de preuve. Nous pouvons le souligner en faisant appel de manière paradoxale au cadre proposé par Éric Chevet [note]: « Mais distinguons la science éclairante de la science agissante. S’il n’est pas question de vouloir limiter la première et « d’opter pour les rêves du non-savoir », ne serait-il pas envisageable, compte tenu de certains risques liés aux conséquences de nos propres pratiques, de vouloir limiter la seconde ? Le problème est donc de se demander s’il faut renoncer à certaines applications techniques nées de la science, s’il est nécessaire de faire baisser cette « fièvre du progrès » qui nous emporte et qui, pourtant, semble incurable ». Il convient, à ce stade, de bien comprendre de quoi nous parlons dans cet extrait ci-dessus et de lever toute confusion quant au terme de « science agissante ». Il s’agit de la « science pour la science », qui agit pour agir dans une visée positiviste, directive, sans trop se soucier des conséquences, du résultat. Aussi, en positionnant, sur cette figure, la science du côté de l’objet et non du côté de l’agir nous redonnons le plein pouvoir (et la responsabilité) à la main qui construit cette science (perspective socio-constructiviste) et sortons du même coup d’un fétichisme de bon aloi, reconnaissant en même temps la science comme éclairante. En effet, l’obscurantisme de l’homme moderne serait-il un manifeste de son manque de confiance en lui, camouflé dans une épistémologie cartésienne, positiviste, donnant l’illusion du plein contrôle ?

L’hypothèse complémentaire dans la continuité d’un nœud de Möbius serait celle d’une humanité ayant piégé son propre « agir » dans la nécessité de la preuve, celle juridique de la défense d’un acte médical laissant progressivement la place au seul jugement déterminant.

Pour notre part, épousant la pensée d’Éric Chevet nous optons pour une science éclairante et non agissante, laissant radicalement à la main de l’homme cette responsabilité, rejoignant en cela notre définition (Folscheid[note]) «la médecine n’est […] ni une science ni une technique, mais [bien] une pratique soignante personnalisée, accompagnée de science et instrumentée par des moyens techniques ». (Les caractères gras sont de nous).

Cependant et là est l’essentiel, comme nous l’observons sur notre figure, nulle frontière (opposition) n’est érigée entre ces trois pôles assurant une reliance entre l’agir et le savoir ou entre la pratique et la théorie (perte de la binarisation habituelle), sans aucune forme de sublimation de cette dernière au détriment de la première.

La question centrale étant de reconsidérer les interactions entre ces éléments afin de redistribuer le pouvoir, voire sans doute la puissance d’agir.

Plus en amont, nous affirmons que seule (et c’est l’hypothèse développée dans l’article princeps[note] dont provient cette figure 1) une rupture épistémologique paradigmatique* (c’est-à-dire radicale) dans la formation médicale permettrait de prendre conscience des dérives technoscientifiques de notre modernité et d’inverser lentement, culturellement et historiquement, la tendance. Nous voyons la problématique épistémologique mais également ontologique dans le monde médical comme « pierres de pensées indispensables de demain dans le monde tumultueux d’aujourd’hui » [note]

En effet, l’enjeu critique réside dans la masse critique de ses acteurs, ou actants comme les nomme Benasayag[note]. Il s’agit prioritairement de celle des étudiants en médecine, mais aussi celle des soignants plus globalement, toutes deux formatées actuellement (et sans doute plus que jamais) selon une épistémologie positiviste et réductrice, c’est-à-dire trop exclusivement fondée sur le seul jugement déterminant, qui plus est non, ou peu ouverte à une science plurielle. Ceci, alors que nos savoirs (et paradoxalement ceux intéressant notre propre agir) n’ont jamais été aussi nombreux [note]. Déterminer un système de santé par un tel ‘dressage’ participe d’une décadence de nos sociétés en creusant l’écart entre nos capacités – nos facultés développementales inhérentes à l’espèce humaine – d’agir, avec nos (transdisciplinaires) savoirs.

Au vu des pertes successives dans les différentes dimensions de la diversité, il est urgent pour l’homme moderne souhaitant que les Lumières adviennent de redonner leur place aux causes formelles et finales et non plus seulement aux causes matérielles et efficientes[note]. En effet, ce sont elles qui sont en jeu dans le mouvement de la vie et donc dans l’agir, permettant (condition de possibilité à) la diversité de forme et de raison d’advenir. Empruntant à Corine Pelluchon le titre de son dernier ouvrage[note], nous pouvons dire que « les lumières à l’âge du vivant » sont conditionnées à un projet épistémique.

Clarifications terminologiques 

Nous avons fait le choix de définir ici certains termes ou concepts dont il importe de bien saisir la nuance. Un astérisque lors de leur première occurrence permet de les reconnaître et d’inviter le lecteur à consulter le glossaire proposé ci-après.

Biopouvoir : Terme pris dans le sens du philosophe Foucault qui « appelle “ biopouvoir” les techniques spécifiques du pouvoir s’exerçant sur les corps individuels et les populations » [note]

Épistémologie : L’épistémologie est une jeune discipline qui, depuis un siècle, comme son étymologie nous en donne le sens, fait son objet ou son projet des discours (logos) sur la connaissance (épistèmê). Jean Piaget a défini l’épistémologie « en première approximation comme l’étude de la constitution des connaissances valables », permettant d’inclure dans une définition aussi large les trois grandes questions que chacun rencontre dès qu’il s’interroge sur la légitimité des connaissances auxquelles il fait appel pour élaborer en raisonnant ses comportements cognitifs et sociaux (des tables de multiplications aux déclarations de Droits de l’homme) : Qu’est-ce que la connaissance (connaissance de la connaissance) ? ; comment est-elle constituée ou engendrée (méthode) ?; comment apprécier sa valeur ou sa validité (éthique) ? Note de clarification sur le concept d’épistémologie (inspirée de l’ouvrage de Jean-Louis Le Moigne. Les épistémologies constructivistes. Paris : Presses Universitaires de France, 2007).[note]

Essai randomisé : Un essai randomisé est une étude expérimentale dans laquelle un traitement (ou une intervention) est comparé à un autre traitement, à une absence de traitement ou à un placebo. Les participants sont affectés au hasard à un groupe qui reçoit le traitement testé ou à un groupe recevant l’autre traitement ou aucun traitement. Les participants ignorent s’ils reçoivent un traitement ou pas [note].

Impératif catégorique : cet impératif pose une action comme nécessaire et inconditionnelle, indépendamment du but à atteindre. L’ensemble des impératifs catégoriques donnent des lois quelle que soit l’inclination du sujet[note].

Jugement déterminant : ce type de jugement est à l’œuvre lorsque la décision médicale et sanitaire est fondée sur la mesure et la norme définie à priori du réel[note].

Jugement réfléchissant : ce type de jugement s’exerce lorsque la décision médicale et sanitaire s’insère dans la praxis en tant qu’agir conscient[note].

Ontologie : science de l’être en tant qu’être indépendamment de ses déterminations particulières[note], l’ontologie détermine notre rapport au Monde, au Tout, à l’Unicité et fonde nos valeurs les plus profondes ou les plus enfouies.

Paradigme : il représente un cadre théorique, un ensemble d’idées qui forment un modèle. Le paradigme est donc une référence commune aux scientifiques. Il facilite leurs communications au sein de la communauté scientifique[note].

Prévalence : rapport du nombre de cas d’une maladie à l’effectif total d’une population, sans distinction entre les cas nouveaux et les cas anciens, à un moment ou pendant une période donnée[note].

Reliance : il s’agit d’une notion qui a été explicitée par E. Morin et que l’on pourrait traduire par le besoin, la nécessité de relier ce qui a été fragmenté, désuni[note].

Cartes blanches : Sur le fil épistémique de cette crise de la Covid 19

CARTE BLANCHE 1 : Le rôle de la formation des médecins et de l’épistémologie médicale dans la crise de la Covid 19

Texte liminaire

Tout au long de ces cartes blanches, nous nous proposons d’analyser la crise sanitaire de la Covid en essayant de mieux comprendre la relation entre certitude et incertitude dans les différentes prises de décision. Nous tenterons de documenter certains enjeux et conséquences de celles-ci dans ce contexte particulier. En effet, celui-ci manifeste plus que jamais les ambiguïtés épistémologiques sous-jacentes à la décision médicale, mais également politique et sanitaire, révélant au grand jour certains fondements des dysfonctionnements de nos systèmes de santé, reflets de nos sociétés. À ce titre, ce moment est à saisir. Encore faut-il arriver à les décoder pour en tirer des leçons ou, du moins, en acquérir une forme de lucidité.

Une telle analyse doit nécessairement commencer, selon nous, par une clarification fondamentale, celle qui consiste à positionner correctement la notion même d’EBM (Evidence-based-medecine). Pour le lecteur intéressé d’approfondir le concept d’Evidence Based Medecine, ou médecine factuelle, nous lui suggérons l’article de Jean Jouquan et Florence Parent « Pour un examen critique du statut de la preuve en médecine[note] ». Ce travail a été publié dans la foulée de cette première carte blanche dédiée à l’explicitation de l’EBM. Elle nous sensibilise d’emblée à l’enjeu de toute cette crise sanitaire, celui du risque de la certitude, nous rappelant un élément de la pensée de Descartes qu’on reconnaîtra comme essentiel (tandis que sa pensée dualiste sera profondément combattue) : il s’agit de l’esprit critique et cela, pour un médecin et un scientifique, commence avec un regard critique sur l’usage même de l’EBM.

Car….

« La plupart des études scientifiques sont erronées, et elles le sont parce que les scientifiques s’intéressent au financement et à leurs carrières plutôt qu’à la vérité. » Richard Smith, rédacteur en chef, British Medical Journal, 2013.

« Il n’est tout simplement plus possible de croire une grande partie des recherches cliniques qui sont publiées, ni de se fier au jugement de médecins de confiance ou à des directives médicales faisant autorité. Je ne prends aucun plaisir à cette conclusion, à laquelle je suis parvenue lentement et à contrecœur au cours de mes deux décennies de travail de rédactrice en chef. » Marcia Angeli, rédactrice en chef, New England Journal of Medecine, 2009

« La profession médicale est achetée par l’industrie pharmaceutique, non seulement en termes de pratique de la médecine, mais aussi en termes d’enseignement et de recherche. Les institutions académiques de ce pays se permettent d’être les agents rémunérés de l’industrie pharmaceutique. Je pense que c’est honteux. » Arnold Relman, rédacteur en chef, New England Journal of Medecine, 2002

« Certaines pratiques ont corrompu la recherche médicale, la production de connaissances médicales, la pratique de la médecine, la sécurité des médicaments et la surveillance du marketing pharmaceutique par la Food and Drug Administration. En conséquence, les praticiens peuvent penser qu’ils utilisent des informations fiables pour s’engager dans une pratique médicale saine tout en se basant en réalité sur des informations trompeuses et donc prescrire des médicaments qui sont inutiles ou nocifs pour les patients, ou plus coûteux que des médicaments équivalents.  Dans le même temps, les patients et le public peuvent croire que les organisations de défense des patients représentent efficacement leurs intérêts alors que ces organisations négligent en réalité leurs intérêts. » Institutional Corruption and the Pharmaceutical Policy, Edmond J. Saffra Center fr Ethics, Harvard University & Suffolk University, Law School Research Paper No. 13-25, 2014 (revised)

De plus…

Outre de tels enjeux de corruptions, l’usage de l’EBM doit nécessairement prendre en compte la dimension contextuelle de la décision. C’est également cette capacité-là qui participe d’un esprit critique. En effet, les résultats d’études contrôlées randomisées* sont toujours situés. C’est-à-dire directement liés à la prévalence* du phénomène dans la population étudiée (le Likelihood ratio, ou test de probabilité, se calcule à partir de la prévalence dans une population donnée du phénomène étudié. On a rarement les données pour toutes les situations éminemment variables en termes de prévalence d’un même phénomène, sauf (potentiellement) par le biais de méta-analyses qui nécessitent un temps, pour la recherche, encore plus considérable). Pour les populations impliquées dans les études elles-mêmes, cela peut concerner des biais de genre par exemple, et, ainsi, être sources de phénomènes de discriminations[note]. Ou encore, comme cela est rappelé dans le cadre de la recherche sur les vaccins, notamment pour la Covid 19, questionner l’extension d’une couverture vaccinale quant aux bénéfices/risques dépendant des populations à partir desquelles l’efficacité a été, au départ, étudiée…

Ceci vaut également pour la clinique, relativement au niveau décisionnel où l’on se trouve (première ligne des soins de santé ou référence hospitalière par exemple), la prévalence d’un phénomène étant directement dépendante du niveau de référence dans l’organisation de santé, les résultats d’un test ou de toutes décisions protocolarisées en seront influencés.

Ainsi, à l’instar du titre du film « Harry un ami qui vous veut du bien », l’EBM peut se révéler ce ‘faux-ami’ si on le prend tel qu’il se présente sous l’oripeau de la science ou en l’absence d’une contextualisation nécessaire de ses résultats. Prise en compte que les auteurs de l’EBM à l’origine préconisaient pour la compréhension des conclusions, par ailleurs.

Un retour à la figure 1 (introduction & guidance) nous rappelle que les données de la science appartiennent, en tant qu’objets, au jugement déterminant, mais n’exemptent pas le scientifique et praticien de son jugement réfléchissant. En effet, toute donnée est toujours produite dans un contexte qui possède ses enjeux. Ainsi, développer « une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine[note]» participe d’une nécessité éthique et d’une responsabilité sociale des facultés de médecine.

Comme le soulignent ces étudiants bien démunis une fois plongés dans la vie réelle « Il faut réchauffer ce savoir médical froid et statistique de l’EBM qui ne parle pas à l’esprit qui n’y baigne pas. ». C’est également ce que souligne Sebastian Rushworth dans son analyse accessible en ligne et intitulée : Dans quelle mesure les médecins comprennent-ils la probabilité[note]? dont l’extrait suivant en résume la substance : « Les facultés de médecine devraient réfléchir longuement aux implications de cette étude. Ce qu’elle me dit, c’est que l’éducation médicale a besoin d’une refonte massive, à égalité avec celle qui s’est produite il y a cent ans après le rapport Flexner. Nous n’envoyons pas de pilotes dans les airs sans nous assurer qu’ils ont une compréhension complète des outils qu’ils utilisent. Pourtant, c’est clairement ce que nous faisons en matière de médecine. »

Et, qui plus est, non seulement il s’agit de maitriser l’usage de l’EBM avec ses logiques probabilistes, mais il s’agit également, comme déjà souligné, de ne pas en faire l’unique principe de décision, mais bien un outil d’aide à la décision. C’est ce que souligne encore ce témoignage d’un médecin (anonymisé), glané sur la toile de cette époque covidienne :

« Là, où tout ceci apparaît totalement fou, c’est de préférer ne rien faire plutôt que de tenter une association de traitements précoces qui ne constitue JAMAIS une perte de chance pour un malade. La perte de chance avérée consiste à le renvoyer chez lui en lui disant de prendre du paracétamol et d’attendre que son cas s’aggrave. C’est ce que l’Histoire jugera…et peut-être la Justice. C’est ce qui effraie le plus tous ceux qui militent depuis le début contre toutes les formes de traitements précoces de la Covid. La situation se débloquera forcément en faveur de traitements précoces non seulement existants mais à venir. Ces traitements concerneront non seulement l’aspect antiviral mais l’ensemble de cette maladie caractérisée par son syndrome inflammatoire et thrombogène qui évolue indépendamment de la charge virale. (…) Se gargariser avec des mots creux et surinterpréter la notion d’EBM ne fait pas la science. ‘Merci’ également aux amoureux éperdus de la science de limiter leurs prescriptions aux seuls traitements validés par des études randomisées en double aveugle. Pour info les réanimateurs (dont je suis) ont introduit avec succès dans le traitement des états graves dus au Covid-19 : des antibiotiques ; des anticoagulants ; des corticoïdes. Et ceci sans référence à des études RCT (randomisées et contrôlées) mais à partir de leurs connaissances et de leurs observations… »

C’est le rôle de ces institutions de formation médicale, dans cette crise sanitaire, qui est abordé, de façon introductive, dans notre première carte blanche. Entre savoirs et compétences, il est grand temps d’équilibrer le balancier pour qui souhaite qu’une formation participe d’un développement professionnel et stimule ce qui se nomme en éthique : le professionnalisme.

Poursuivons avec notre première carte blanche en ligne :

Le rôle de la formation des médecins et de l’épistémologie médicale dans la crise de la Covid 19 – Kairos (new.kairospresse.be)

CARTE BLANCHE 2 : Covid 19 : Principe de précaution ou « risque du blâme » ?

Texte liminaire

De l’importance du contexte

Le principe de précaution mobilisé dans des décisions sanitaires et des stratégies de santé publique se doit d’être différencié, comme nous le développons dans cette carte blanche, de l’usage de l’EBM d’une part et du critère de coût-bénéfice-risque de l’autre. Par ailleurs son usage requiert un ancrage : la situation réelle !

Celle-ci nécessite un contexte particulier, correctement documenté. Comme l’adage populaire le dit, et les statistiques pour le coup devraient s’y retrouver : « On ne compare pas des pommes et des poires. ». L’Inde n’est pas la Belgique et le Temps T0 d’une pandémie, n’est pas le temps T1, T2 ou T3 de cette même situation pandémique. De là, l’importance de tenir compte du contexte (spatio-temporel) et, surtout, de le connaître sur une base démocratique et partagée (relation patient-partenaire, communautaire ou nationale)

« En effet, si le confinement fut décidé par crainte d’une saturation accélérée des services de réanimation, il visait également la protection des personnes âgées, les plus fatalement vulnérables au virus. C’est à cette fin que l’on ferma les Ehpad qui, déjà contaminés et souvent privés de tout – protections, tests de dépistage, infirmiers, médecins– se transformèrent, en bien des endroits, en incubateur de virus et en accélérateur de mort ; le confinement se révéla pour nombre de résidents le plus sûr moyen de mourir. Les projecteurs politiques et sanitaires étant braqués sur les urgences hospitalières, la clôture des maisons de retraite alla de pair avec la mise au secret de la mort ; personne ne put y mettre son nez pour savoir ce qui s’y passait ou tout simplement pour aider. : confiner ou protéger ? »

« De l’importance du contexte », c’est également connaître ses communautés, leurs environnements de vie et leurs facteurs de vulnérabilité. Cela participe d’une pensée complexe, évitant la dérive simpliste offerte notamment par des stratégies de généralisation.

En l’absence d’une attention au contexte et, surtout, d’une intention réelle de le considérer, on a pu voir fleurir tout au long de cette crise, un usage immodéré de l’argumentation ad hominem. De quoi s’agit-il ?

L’argumentation ad hominem désigne un argument de rhétorique qui consiste à confondre un adversaire en lui opposant ses propres paroles ou ses propres actes. Son usage fréquent par les médias dans la crise sanitaire a mis en défaut politiciens, scientifiques, praticiens et acteurs de terrains, participant ainsi grandement à la confusion générale.

Cet exercice rhétorique a été déployé en ce qui concerne le port du masque, le traitement contre la Covid, la vaccination, etc. Il a ainsi amené la population à attendre de chacun des protagonistes un point de vue binaire, pour ou contre (tel un vote en politique), et qui, surtout, doit se maintenir constant dans la durée (sinon on perdrait l’estime de l’audimat), comme un gage de la bonne foi de son auteur.

Cependant une telle argumentation a favorisé le glissement vers une attaque ad personam ou un argumentum ad personam (manœuvre déloyale visant à discréditer directement son adversaire en tant que personne). En outre, menée à si grande échelle dans les médias, elle n’a pas permis (ou du moins a fortement freiné) l’émergence d’une réflexion critique, systématique, à propos de l’importance d’un jugement situé ou en contexte (autant scientifique, politique, que sanitaire).

Chaque décision s’ancre dans un contexte toujours particulier qui devrait faire naitre une série de questions permettant de juger de sa pertinence (populations, prévalence, efficacité, risques engagés, ressources multiples, stratégies alternatives, nouvelles données, enjeux etc.). Cette démarche rejoint un critère (plutôt un ratio) sur lequel nous revenons dans cette carte blanche, celui du coût-bénéfice ou du risque. Elle converge également vers la réflexion sur l’usage du principe de précaution.

Développer sa capacité de jugement réfléchissant c’est, aussi, développer sa capacité de faire volte-face et de modifier son point de vue quand le contexte change (capacité adaptative) ou, encore s’il n’a pas été pris en considération correctement ou si de nouvelles données apparaissent. Une telle manière d’agir ne peut se faire que dans la transparence politique totale sous-tendue majoritairement par un rapport de confiance avec la population (ou avec son patient dans le cas de la relation de soins), comme ce fut le cas à certains moments de cette crise dans des contextes culturels, tels ceux de la Suède. Cette prise de conscience peut se réaliser notamment à la suite de l’écoute active[note] d’autres points de vue, en provenance de regards différents, qui viennent ouvrir le contexte et la problématique. À ce titre, le jugement réfléchissant nécessite de développer des habilités émotionnelles afin de faciliter le conflit cognitif, c’est-à-dire la capacité à se remettre en question, à bousculer ses croyances et à partager tout haut ses doutes, ses erreurs. Il s’agit d’un des sujets que nous développons dans la carte blanche 4 centrée sur le rôle des émotions dans la prise de décision notamment.

En agissant ainsi on ne relativise pas la situation, mais bien nos propres points de vue !

Une telle attitude est essentielle, afin d’éviter la perte d’efficience et d’efficacité des mesures et d’avoir des stratégies de santé publique responsable, sauf à considérer que l’incompétence se maintient, ou que d’autres enjeux que la santé des populations, guident les décisions. Le témoignage qui suit, glané sur un réseau, complète cette introduction à notre seconde carte blanche :

« Baser une politique de soins commune à l’ensemble de la population n’a aucun sens en médecine qui s’est toujours évertuée à développer une politique de santé adaptée à chaque individu ou groupe d’individus.

On ne fait pas des colonoscopies à l’ensemble de la population au nom d’une solidarité générationnelle mais aux personnes à partir de 50 ans et aux personnes ayant une prédisposition génétique (même si des diagnostics de cancer du côlon sont également faits sur des patients n’émergeant pas à cette population cible parce que statistiquement peu fréquents). La médecine, pour mettre en place des procédures, se base sur le bénéfice-risque-coût et sur la proportionnalité des mesures à prendre par rapport à la cause. Manifestement, ces notions sont totalement étrangères à nos politiques et leurs conseillers qui préfèrent le principe de précaution ou technique dite du parapluie.

La population à risque est connue depuis juin, la prévention aurait dû se focaliser uniquement sur cette population en lui permettant d’avoir des masques de qualité professionnelle, ainsi qu’une information dédiée afin de lui expliquer comment éviter les situations dangereuses en attendant le vaccin qui ne concerne d’ailleurs que cette population à risque. Les autres auraient dû pouvoir vivre leur vie normalement. Une stratégie ciblée basée sur la bienveillance, l’empathie et la pédagogie a plus de chance de fonctionner qu’une stratégie imposée à tous, basée sur l’autoritarisme, la violence, la délation et la peur. »

Poursuivons cette réflexion avec notre seconde carte blanche en ligne :

Covid 19 : Principe de précaution ou « risque du blâme » ? – Kairos (new.kairospresse.be)

CARTE BLANCHE 3 : Globalité, partenariat, autonomie en santé. Quand l’urgence balaie tout, mais révèle l’essentiel !

Texte liminaire

« Bonjour, moi je vis en Espagne, j’ai eu le Covid en janvier et comme toujours on m’a dit de rentrer à la maison et d’attendre en prenant de l’ibuprofène.

Après une semaine j’ai dû être hospitalisée et là on m’a donné de la Dexaméthasone. Après 3 jours je me sentais mieux et après 1 semaine j’ai pu rentrer à la maison un peu affaiblie mais c’est tout.

Pourquoi ne soigne-t-on pas les malades directement ?? Cela éviterait l’engorgement des hôpitaux !

C’est incompréhensible !! »

Ce témoignage glané sur un réseau restera, en effet, avec d’autres, de l’ordre de l’incompréhensible, sauf analyse critique et lucide de ce qui est en jeu, inconsciemment ou non, dans cette crise sanitaire.

En effet, comment comprendre sur un plan rationnel, en lien avec les théories sur l’organisation des systèmes de santé en santé publique, une telle absence de soins en première ligne ? Au-delà même des traitements précoces sur lesquels nous revenons dans cette carte blanche, c’est d’un renforcement structurel de la base, avec une ligne de soins ambulatoires améliorés auquel on aurait pu s’attendre (tel l’ajout du suivi de la saturation en oxygène ; la mise en place de protocoles incluant des anticoagulants et des corticoïdes…)

Le témoignage suivant, proposé en introduction à cette troisième carte blanche, vient renforcer la problématique rencontrée au niveau du système de santé, quand sa première ligne est, ainsi, empêchée de travailler correctement.

Quand le jugement réfléchissant est interdit

« Hier j’ai dû passer voir une patiente que j’ai dû placer dans une maison de repos et de soins. J’ai adapté le traitement pour ma patiente et, avant de partir, l’infirmière m’a remis une feuille pour signaler si ma patiente devrait prendre le “vaccin anti-Covid” ou pas.  […].

Seulement, en dessous, il n’y avait qu’une seule case à remplir :  une case pour dire, d’une manière générale, que je donnais mon accord pour la vaccination anti-SARS-CoV-2 de mes patients. J’avais l’impression de me trouver dans un choix offert sous un régime totalitaire, où il n’y avait qu’une seule manière de voter. […].

C’est surtout cette dernière phrase qui a suscité discussions et inquiétude chez les infirmiers qui avaient vu le message, car dans ce Home de Repos et de Soins on vaccinait les personnes qui avaient eu le Coronavirus autant que celles qui ne l’avaient pas eu. Il y a en fait très peu de recul expérimental pour affirmer si les patients qui avaient déjà fait le Covid-19 étaient plus à risque ou non de développer des effets secondaires : ce qu’on peut raisonnablement dire, c’est que le ratio-bénéfice /risque est nettement moins en faveur de la vaccination de ces personnes (car elles ont déjà une immunité naturelle), et qu’il y a plus de risques de créer un état douloureux d’inflammation iatrogène chez les personnes qui ont récemment fait la maladie »[note]

Dans ces témoignages on observe l’écrasement du jugement réfléchissant par le seul jugement déterminant, et l’exacerbation d’un fétichisme du discours, uniquement centré sur le résultat (l’attente de la preuve de l’efficacité), permettant de nier le processus effectivement vécu par les personnes (patients & malades) concernées. Cette attitude faisant fi de la temporalité du réel, sautant du temps T0 au temps T1 comme dans un jeu vidéo où seul le virtuel compte ; le réel, la temporalité vécue, semblant bien obsolètes.

De même que la situation particulière, la spatialité propre au patient, c’est-à-dire son espace à lui, dans lequel il se meut et vit, semble également être obsolète, le hic et nunc appartenant au Sujet est évanescent…et se perd sous les sables.

D’où l’intérêt de revenir régulièrement sur le jugement réfléchissant, en le confrontant au jugement déterminant, car en se fondant sur l’ici et maintenant, il a valeur en soi.  Il tient compte de l’immédiateté du réel, il ne le fait pas disparaître, et cela envers et contre tout formalisme et règles imposées, pour autant que cette capacité au jugement réfléchissant soit suffisamment intégrée, ancrée dans sa pratique.

Le jugement réfléchissant peut être mis en relation comme Kant l’avait envisagé avec la phronesis (chez les Grecs) ou la prudencia (en latin).

Les fondements du principe du Primum non nocere de la médecine selon Hippocrate se basent sur la phronesis. La faculté de juger dans la « Critique de la raison pratique » chez Kant s’appuie essentiellement sur le jugement réfléchissant.

Aucune pratique ne peut échapper au jugement réfléchissant, sauf à en nier radicalement la dimension globale, contextuelle et située. Ce qui équivaudrait à un déni de réalité.

C’est ce qui a pourtant bien été imposé durant cette crise de la Covid 19 à un grand nombre de soignants, comme nous le développons dans cette prochaine carte blanche.

Mais avant d’y arriver, nous rappelons, par le biais de ces paroles d’étudiants, qu’une structuration de nos « agirs » s’élabore toujours dans un temps long, celui de nos formatages scolaires, académiques et institutionnels : « La dernière réflexion touche à l’individualité des spécialistes. Nous trouvons qu’il est crucial, dans notre métier, d’oser demander l’avis de ses pairs. Il est dommageable que certains collègues éprouvent un grand mal à demander des conseils auprès d’autres intervenants plus spécialisés en fonction d’un cas/d’une pathologie. Cet état de fait étant peut-être causé par la peur de certains pratiquants de se dévaloriser aux yeux de leurs confrères. Les médecins généralistes, par exemple, ont, dans la prise en charge et le suivi global de leurs patients, l’habitude de référer ceux-ci à des spécialistes. Mais il est courant de constater un non-retour d’information de la part de ces derniers. Cela est une entrave à une multidisciplinarité nécessaire dans le cadre d’un suivi optimal. Nous imaginons donc, que du point de vue des spécialistes, au fur et à mesure des années de boulot et d’un suivi moins rapproché de chaque patient, les réflexes sociaux se perdent. »

Certains chapitres des ouvrages suivants dédiés à la formation médicale, d’une part « Penser la formation des professionnels de la santé. Une perspective intégrative », et, d’autre part « Comment élaborer et analyser un référentiel de compétences en santé », abordent très explicitement les enjeux d’une professionnalisation liée à la capacité de travailler en réseau et en interdisciplinarité :

  • L’éclairage des théories du conflit intergroupes pour penser et mettre en œuvre l’interprofessionnalité en santé[note];
  • Développer des dynamiques d’apprentissage organisationnel au sein des organisations de santé[note];
  • La perspective du patient partenaire : une nécessité pour le futur en éducation des sciences de la santé[note];
  • Organiser la cohérence de la transposition pédagogique au regard de l’ingénierie de projet (processus et interactions des acteurs)[note].

Voyons comment la crise de la Covid est venue rencontrer un système de santé défaillant dans sa capacité d’intelligence collective, en prolongeant notre réflexion avec notre troisième carte blanche en ligne :

Globalité, partenariat, autonomie en santé. Quand l’urgence balaie tout, mais révèle l’essentiel ! – Kairos (new.kairospresse.be)

CARTE BLANCHE 4 : Crise de la Covid et intelligence émotionnelle : le maillon manquant

Texte liminaire

Témoignage anonymisé d’un médecin généraliste :

« À l’étape ultime de la maladie, celle de l’éventualité de la mort, il est encore plus interpellant de constater que, pour les patients âgés de plus de 70 ans, les consignes émanant des autorités scientifiques (SSMG : Société Scientifique de Médecine Générale) font coexister :

–        D’une part le principe de précaution de ne pas utiliser l’Hydroxychloroquine et l’Azithromycine aux motifs de leur non-efficacité présumée et de leurs possibles effets secondaires ;

–        D’autre part, la possibilité de contourner la loi régissant l’euthanasie, dès l’apparition d’un seul signe de gravité, par un protocole pudiquement dénommé sur le site de la SSMG : « Prise en charge palliative de la détresse respiratoire : protocole thérapeutique ». Ce protocole consiste à utiliser la Morphine, le Valium, la Scopolamine et le Primpéran. Chacune de ces molécules présentant l’effet secondaire bien connu de déprimer le centre nerveux de la respiration.

S’il peut sembler compréhensible d’avoir recours à cette approche compassionnelle lorsqu’un patient est en fin de vie sans aucune possibilité thérapeutique, c’est un immense paradoxe de déconseiller un éventuel traitement (en usage pour d’autres pathologies) à cause de ses potentiels effets secondaires tout en préconisant des molécules assez dangereuses avec l’intention (non avouée) d’accélérer le décès des patients qui aboutissent à la détresse respiratoire sans qu’aucun traitement n’ait été tenté.    

Chaque médecin agit évidemment en son âme et conscience en fonction du projet de fin de vie préalablement établi par la personne âgée ou sa famille mais il semble légitime de se demander quel est le nombre de médecins qui n’ont pas perçu ce paradoxe et ont accepté l’impuissance qui leur était recommandée/imposée par leurs autorités scientifiques.[note]»

Le risque de se faire littéralement engloutir, consciemment ou inconsciemment, par de telles prérogatives se joue sur deux plans. L’un, personnel, quant au conflit de loyauté, tel que tout processus manipulatoire peut nous y embarquer. L’autre, professionnel, afin de respecter l’engagement des patients que nous soignons. Seule une âme bien faite plutôt qu’une âme bien pleine déjouera ce double écueil.  

C’est là que la pensée de Montaigne : « J’aime mieux forger mon âme que la meubler » devient incontournable…et que de telles capacités de forgeron ne peuvent s’exempter de compétences émotionnelles[note]. Ceci d’autant plus la prévalence des problématiques multiples de santé mentale que le médecin sera amené à gérer[note].

De même que d’intuition.

Telle celle que l’on relève par le biais d’un personnage énigmatique, dans le film datant de 1988 de Krzysztof Kieślowski : « Le Décalogue 1 : Un seul Dieu tu adoreras ». Le réalisateur y montre la complexité et l’aspect parfois paradoxal du rapport à la loi, ici à celle des mathématiques, dans les situations tirées de la réalité. Ainsi le sort de cet enfant, patinant sur un lac gelé dont la glace se rompt le précipitant dans l’eau froide et mortifère alors que les statistiques, et son père, professeur d’université, qu’il admirait, avaient prédit avec certitude l’absence absolue de risque. 

C’est à une telle réflexion que cette prochaine carte blanche nous invite.

Et nous sommes, par ailleurs, enthousiastes de découvrir que la revue Pratiques dont le numéro 93 concomitant de cet essai, s’intitulant « Peut-on soigner sans toucher ni être touché »[note], se lance également dans la radio avec l’émission « Les voies de la médecine utopique ». C’est, en effet, à certains égards, à une forme d’Utopie que nous vous invitons à partir de maintenant et dans la suite de ces cartes blanches… 

En effet, et à nouveau, comme nous le rappellent les étudiants en médecine, c’est bien d’utopie que l’on parle car il s’agit de changements en profondeur qui sont souhaités. Des changements qui ont un impact non pas seulement sur l’objet devant soi, mais sur Soi : « Il serait intéressant aussi de travailler sur le tabou toujours présent autour de la santé mentale : quelqu’un souffrant par exemple de stress, de dépression, en a souvent honte et craint d’être perçu comme faible. L’idée comme quoi il faut être fou pour consulter un psychiatre voire un psychologue, est encore bien répandue, ce qui freine les patients dans leur bonne prise en charge et dans leur guérison. » …et ce tabou est déjà bien présent au sein du monde médical lui-même, avec les conséquences qui vont de pair avec un tel déni de réalité. Examinons cela avec la crise de la Covid, en élargissant nos considérations avec notre quatrième carte blanche en ligne :

Crise de la Covid et intelligence émotionnelle : le maillon manquant – Kairos (new.kairospresse.be)

CARTE BLANCHE 5 : De l’âme végétative par temps de Covid

Texte liminaire

« Comme le rappelle Richard Horton, rédacteur en chef du journal médical britannique The Lancet, le Covid-19 n’est pas qu’une pandémie infectieuse. Il s’agit avant tout d’une syndémie, où les interactions entre maladie infectieuse, pathologies non transmissibles et âge se potentialisent, aggravant les symptômes et le pronostic de l’infection. La prévalence et la gravité de la pandémie de Covid-19 se voient donc amplifiées en raison des épidémies préexistantes de maladies chroniques, lesquelles sont elles-mêmes socialement distribuées. En effet, ces maladies non transmissibles se répartissent dans la population selon un gradient social : leur prévalence augmente à mesure que le capital économique et social des individus diminue. Ce gradient social illustre également la notion de syndémie : les populations fragiles économiquement et cumulant les comorbidités sont celles ayant payé le plus lourd tribut au Covid-19 et à sa gestion. [note]» L’article « Quand la réponse mondiale à la pandémie de COVID-19 se fait sans la promotion de la santé[note] » insiste également sur cette notion de syndémie absente d’une vision stratégique globale propre à la santé publique, quand celle-ci participe des principes de la promotion de la santé.

Ainsi, certains médecins de terrain ayant l’habitude, déjà en amont de l’infection virale, d’axer leur pratique sur les moyens de préserver la santé des patients tout autant que sur les moyens de les guérir, abordent l’arrivée de ce virus par des réflexions visant la prévention et la promotion de la santé. Ils peuvent s’appuyer sur leurs réflexes et leurs connaissances ancrés dans leur pratique afin d’essayer d’améliorer les capacités -ou ressources- des patients à réagir de manière efficace face à n’importe quelle maladie ou virose.

« L’approche exclusivement matérialiste du vivant nous conduit insidieusement à l’affaiblissement du potentiel vital de toutes les formes de vie sur la planète, voire leur disparition pure et simple, par effondrement des systèmes immunitaires, chez les humains, les animaux ou les végétaux »[note]

Ceci est vrai pour les médecins ayant développé une pratique plus globale de leur médecine. Ce qui est loin d’être un chemin aisé tant ce qui encourage l’ouverture à de telles potentialités n’est pas favorisé, ainsi qu’en atteste ce témoignage (anonymisé) d’une étudiante en médecine : « Pendant mon stage de médecine générale, une des médecins avait rentré son dossier pour devenir maître de stage et cela avait bloqué à cause du fait qu’elle suivait une formation en nutrition. Finalement, cela a été accepté à condition que ce qui était appris en formation ne soit pas enseigné aux étudiants durant les stages… ». Et une formatrice en compétences émotionnelles pour les maîtres de stage d’ajouter (témoignage anonymisé) : « Oui, je sais. J’ai eu plein d’autres témoignages similaires quand je suis intervenue dans la formation des maîtres de stage. C’est tout à fait vrai. ».

Un tel constat est d’autant plus décadent (dans le sens d’un écart indécent entre les connaissances et l’agir) que l’avancée de la science montre et démontre de nouveaux savoirs relatifs à l’importance d’une nutrition adéquate, informations parfois relayées par la presse grand public comme le signifie cet extrait d’une émission de la RTBF, chaîne publique belge, sur l’enjeu du microbiote[note] : « Le microbiote a un rôle très vaste et général. Tout simplement parce qu’il est en étroite relation avec notre système immunitaire, qui se trouve là en grande partie (70% des cellules immunitaires sont au niveau intestinal). Et bien sûr, notre immunité, c’est notre grand garant de la santé. Il ne faut pas trop l’activer car sinon ça fait des maladies chroniques, il faut qu’il le soit suffisamment sinon on tombe malade tout le temps, et il faut qu’il fonctionne correctement pour qu’il ne se retourne pas contre nos propres cellules, c’est alors une maladie auto-immune. Donc dans tous les cas, il est important. Les maladies métaboliques comme le diabète ou l’obésité, les cancers, les maladies neurodégénératives, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, les maladies auto-immunes, les dépressions, et même des choses comme l’ostéoporose…

Toutes les maladies ont de près ou de loin un lien avec le microbiote. »

Rompre excessivement avec nos ressources propres en faveur d’un tout chimique, physique et technique apparait, pour le moins, comme un manque d’ancrage au réel, au corps et au présent.

Quel chantier en aval à nouveau !

Etant intrinsèquement reliés au vivant, tout comme ce virus que nous essayons de combattre, nous devrions plutôt essayer d’écouter ce qu’il nous apprend…

Et c’est peut-être justement ce rôle de prévention et de promotion de la santé qui serait l’apprentissage le plus fondamental de cette crise sur le plan d’une médecine globale (prenant en compte toutes les dimensions sociales et de santé de l’être humain et des services sociaux et de santé correspondants), voire holistique (intégrant une reliance plus profonde de la personne et entre la personne et la Nature), amenant à une rupture de paradigme* dans l’enseignement médical, trop exclusivement axé sur le seul domaine curatif. Et ceci afin que la définition de la santé de l’OMS puisse, un jour, s’opérationnaliser concrètement…et ne reste pas un vain discours, ou, in fine, un outil de confusion.

C’est à une telle perspective réflexive sur notre crise de la Covid 19 que nous vous invitons avec cette cinquième carte blanche en ligne :

De l’âme végétative par temps de Covid – Kairos (new.kairospresse.be)

CARTE BLANCHE 6 : Danser avec la Covid

Texte liminaire

L’Art est connaissance pour reprendre ici une idée de Nietzsche. L’Art n’est pas quelque chose qui viendrait se rajouter au monde tel que nous le connaissons par notre intelligence et qui serait une forme de décoration de ce monde, un adjuvant, une manière d’embellir notre monde. C’est également une expérience, une connaissance du monde qui met en œuvre notre intuition et donc de ce point de vue-là, nous avons cette autre faculté par laquelle nous connaissons le réel, cette autre faculté par laquelle nous nous donnons une expérience autre. Et toute notre entreprise humaine c’est de devenir des humains achevés complets qui marchons sur nos deux jambes, c’est-à-dire qui avons l’expérience intelligente du monde et également l’expérience intuitive de la réalité. Et là nous mettons fin au drame ou à la tragédie et nous devenons les humains complets qu’il est de notre tâche de faire advenir.

Souleymane Bachir Diagne

« Il y a ceux qui veulent mourir un jour de pluie
Et d’autres en plein soleil
Il y a ceux qui veulent mourir seuls dans un lit
Tranquilles dans leur sommeil

Moi je veux mourir sur scène
Devant les projecteurs
Oui, je veux mourir sur scène
Le cœur ouvert tout en couleurs
Mourir sans la moindre peine
Au dernier rendez-vous
Moi je veux mourir sur scène
En chantant jusqu’au bout[note] »

« La « poétique », plus que tous les autres savoirs, il a fallu la déraciner une fois pour toutes ». Cette phrase reprise à Nancy Huston dans son livre « Âmes et corps [note]» reflète cette intelligence intuitive, émotionnelle, reliante dont l’explication par le comment et le pourquoi, réduit la portée.

Et néanmoins il s’agit bien de savoirs comme elle le précise. Dans notre perspective, ces savoirs font référence à des ressources personnelles -capacités, facultés, aptitudes- permettant cette ouverture à l’imaginaire, au symbolique, à la narration, à l’expression créatrice. Et d’autant plus, ou d’autant mieux que cette dernière s’émancipera des conventions et des normes, au sein desquelles le milieu artistique, rattrapé par l’académisme, tout comme le milieu scientifique, peuvent s’enfermer voire se réduire, enserrant le nœud de Möbius dans une boucle toujours plus étroite dans le sens d’un devenir qui s’appauvrit plutôt que de s’ouvrir.

Car, faut-il le préciser, une personne peut avoir fait 10 ans d’études sans avoir ni bon sens, ni esprit critique, ni curiosité intellectuelle. Il s’agit de rappeler qu’instruction ne doit pas être confondu avec intelligence. Et l’intelligence est avant tout globale, pleine, de toutes nos ressources, autant cognitives qu’émotionnelles.

Développons notre perspective par le biais de la lecture de notre carte blanche suivante, qui en appelle à nos capacités imaginatives et créatrices pour mieux faire face à la prochaine crise sanitaire.

Ou encore autrement. En favorisant la capacité à observer et interagir, comme on peut l’apprendre dans certains cours de théâtre. Notre empressement à juger de ce qui est bien et de ce qui est mal brouille nos observations. Pourtant, peu de choses sont plus importantes, plus inspirantes (et plus délaissées) que l’observation. Savoir observer, et surtout s’observer, s’apprend. C’est même l’une des plus hautes formes de l’intelligence. De même qu’interagir signifie commencer par faire interagir les trois cerveaux : tête, cœur et tripes !

Et, comme aucun certificat sanitaire n’est nécessaire pour franchir ensemble les frontières de l’imaginaire, procédons avec notre nouvelle carte blanche en ligne :

Danser avec la Covid – Kairos (new.kairospresse.be)

CARTE BLANCHE 7 : Spiritualité, individuation et médecine : le Kairos covidien

Texte liminaire

« Mais est-ce le lac, est-ce l’œil qui contemple le mieux ? Le lac, l’étang, l’eau dormante nous arrête vers son bord. Il dit au vouloir : tu n’iras pas plus loin ; tu es rendu au devoir de regarder les choses lointaines, dès au-delà ! Tandis que tu courais, quelque chose ici, déjà, regardait. Le lac est un grand œil tranquille. Le lac prend toute la lumière et en fait un monde. Par lui, déjà, le monde est contemplé, le monde est représenté. Lui aussi peut dire : le monde est ma représentation.[note]»

C’est à un renversement radical de perspective auquel nous invitons notre lecteur tout au long de ces textes. Cette dernière carte blanche lui suggère plus particulièrement de quitter le monde de notre seule représentation afin de l’agrandir à un réel auquel nos propres sens peuvent nous donner accès. Une telle démarche est d’autant plus cruciale aujourd’hui, qu’il s’agit d’« apprendre à prier à l’ère de la technique » citant le très beau livre de Gonçalo M. Tavares, professeur d’épistémologie et figure importante de la littérature contemporaine portugaise. C’est que l’urgence est palpable et non plus seulement celle de la salle d’opération comme semble le dire cet extrait de la quatrième de couverture de son livre :

« Le chirurgien Lenz Buchmann n’est pas un homme bon. Dans son monde, la maladie est une anarchie cellulaire, le bistouri une arme. La compassion est un sentiment superflu. Avide de pouvoir et de combats, il abandonne la médecine pour la politique. Son crédo : ne jamais perdre le contrôle, refuser l’irrationnel. Rester fort quoi qu’il en coûte. La peur est illégale. »

L’urgence serait ici de se défaire du « mirage de la certitude », citant, en écho au livre de Tavares, celui de Siri Hudsvedt[note]déjà mobilisé dans notre carte blanche 5.

Seule voie possible, un chemin d’individuation -de subjectivation- toujours incertain et qui passe par le « comprendre son agir pour comprendre ce que l’on est » permettant de redonner « la légèreté de la pesanteur à l’homme sans gravité », comme cette prochaine carte blanche nous y engage afin d’éviter l’impasse d’Œdipe…

« L’épisode du Sphinx possède une singulière profondeur qui en fait peut-être le centre, le nœud de toute l’histoire. Car Œdipe ne connait rien de lui-même, ni son origine, ni même son nom (œdipe est un sobriquet). Tous les hommes savent répondre aux plus faciles des questions : qui suis-je ? Comment est-ce que je m’appelle ? Qui sont mes parents ? Œdipe, lui, ne le sait pas… Mais aucun homme avant lui n’avait su résoudre l’énigme du Sphinx, dont la réponse est justement, l’homme. Donc, là où chacun connaît sa singularité (qui je suis, moi), mais non le concept (l’homme), pour Œdipe, c’est l’inverse : aveuglement absolu sur la singularité de son moi, mais clairvoyance unique sur le concept générique. Manière aussi de signifier que cette connaissance par concept ne donne rien si le savoir immédiat de soi n’est pas présent. »

Ce dernier texte vient conclure en quelque sorte nos 7 cartes blanches. Parmi le nombre infini de sens donnés au chiffre 7, nous choisissons une signification qui est cependant chargée d’une certaine anxiété car elle indique le passage du connu à l’inconnu : un cycle s’est accompli, quel sera le suivant[note]?

Si chacune de ces cartes blanches a représenté, à sa manière, un temps d’investigation, un Chronos véritable, dans une durée nécessaire pour justement comprendre, s’engager est un autre temps.

C’est le temps du Kairos !

Celui de quitter la seule représentation du monde et apprendre à Vivre.

« Les étoiles, on ne les désire pas ; on ne peut que se réjouir de leur splendeur. »

Goethe

Poursuivons cette ouverture avec notre dernière carte blanche en ligne :

Spiritualité, individuation et médecine : le Kairos covidien – Kairos (new.kairospresse.be)

ISHAH[note] Florence Parent

Discussion[note]

« Oui, mais, » – comme le soutiennent encore de nombreuses personnes – « sans mesures, le désastre aurait été encore plus grand ! ». S’il est inutile de vouloir convaincre, cela est une gageure -intellectuelle -, il est maintenant clair que l’épistémologie dans laquelle on se sera construit et le degré d’ouverture aux savoirs qu’on se sera offert dans la vie vont, tous deux, déterminer fondamentalement notre façon de ressentir, gérer, réagir, comprendre, ou d’agir dans cette crise.

À l’inverse, le constat – au moment d’écrire ce texte – d’une année entière à tenter de faire face à l’incertitude par les chiffres et à assister à l’aggravation globale de cette même incertitude pourrait, lui, faire l’unanimité.

Le chaos est à son comble, permettant, dans la confusion qui l’accompagne, à la mécanique du triangle de Karpman[note] de beaux restes, par l’usage immodéré qu’en font les « experts », médias ou politiciens les plus accomplis, ou habiles, en la matière.

En effet, les premières études émergeant début 2021 ont confirmé d’une part, les souffrances psychologiques[note],[note] ainsi que de nombreux autres « dégâts collatéraux » sur divers plans[note]. De l’autre, elles ont établi l’inutilité ou la très faible efficacité des mesures de confinement[note]. Parallèlement, des lettres et cartes blanches [note] de plus en plus ouvertes aux responsables, illustrant des avis très critiques sur la gouvernance elle-même sont apparues dans des journaux dits « mainstream » et non plus seulement à travers des médias alternatifs[note],[note]. Face à ces constats, le déni est le plus fréquemment rencontré, se manifestant parfois et paradoxalement par une attitude ‘bienveillante’ ou se voulant à l’’écoute’ parmi les plus dogmatiques de ces « experts » ou politiciens ayant favorisé ces mêmes logiques d’enfermements, et ceci dans la dissonance cognitive[note] la plus totale. En d’autres termes, ils affichent un « air de rien » ou une direction « avec le vent qui tourne » passant du T0 au T1 sans considération de leurs soldats tombés, sous diverses formes (aussi psychiques, économiques, sociales…) sur le champ de bataille. Serions-nous si facilement « remplaçables »[note] ?

Parmi les soldats tombés à ce front, on notera la proximité inédite entre générations éloignées, celle des grands-parents et des jeunes, dont témoigne ce père d’adolescente qui s’est suicidée à l’aube de ses 18 ans[note], faisant songer à d’autres champs de bataille « Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumière pleut »[note]

À la dissonance cognitive susmentionnée, voire carrément au déni[note], aux biais de confirmation et aux biais cognitifs[note] assez communs de la part d’autorités « immatures »[note], se sont ajoutés nombre d’autres mécanismes de la psychologie sociale nettement plus tendancieux en matière de démocratie (et de débats contradictoires) sur un plan social et sociétal. Outre une communication assez infantilisante autour d’une gestion du confinement de type « comportements – récompenses » proche d’une logique behaviouriste de type « stimulus-réponses » (que nous documentons un peu plus dans une note de bas de page, incluant le rôle de certains milieux universitaires, dont celui de la psychologie sociale[note]), nous avons déjà fait allusion à la censure des médias.

Cependant, par une sorte d’amplification, peut-être propre à notre modernité tant médiatisée, numérisée et en réseau, un phénomène de discrimination a envahi toutes les couches de la population[note]. La logique politico-médiatique du « pro-ou-contre » a permis que les personnes les plus avisées, celles ayant essayé de comprendre par une pensée complexe et analytique les enjeux plus globaux de la situation, soient systématiquement taxées de « complotistes » ou d’autres termes stigmates[note].

« Il y a le stigmate d’infamie, telle la fleur de lys gravée au fer rouge sur l’épaule des galériens. Il y a les stigmates sacrés qui frappent les mystiques. Il y a les stigmates que laissent la maladie ou l’accident. Il y a les stigmates de l’alcoolisme et ceux qu’inflige l’emploi de drogues. Il y a la peau du Noir, l’étoile du Juif, les façons de l’homosexuel. Il y a enfin le dossier de police du militant et, plus généralement, ce que l’on sait de quelqu’un qui a fait ou été quelque chose, et « ces gens-là, vous savez… ».

Le point commun de tout cela ? Marquer une différence et assigner une place (…).

« Fort d’une cinquantaine d’années de carrière comme biologiste et virologue, Bernard Rentier, aujourd’hui retraité, scrute les chiffres du Covid-19 et épluche les articles scientifiques. L’ancien recteur de l’Université de Liège se dit usé d’entendre les discours anxiogènes de certains experts de la santé. Heurté d’avoir été qualifié de « rassuriste » et même de « marchand de déni » lors de la deuxième vague, le septuagénaire maintient qu’une autre approche de l’épidémie est possible »[note].

Le processus du “préjudice social”.

‌ « Selon le sociologue et professeur à Rennes 2, Stéphane Héas, coauteur du livre ”Les porteurs de stigmates”, “ce phénomène constitue un élément du processus appelé ‘préjudice social’ qui aboutit à des violences aux personnes -jusqu’au meurtre, en passant par des intimidations, des insultes.”

Le processus est connu depuis des décennies, assure-t-il, que ce soit “en histoire, en sociologie, en psychologie”. Et il est cumulatif. “Les personnes qui subissent ce processus vont souvent être accablées d’autres reproches, plus ou moins logiques, parfois complètement irrationnels, mais avec des effets très concrets d’exclusion et d’évitement. Ces personnes peuvent alors être considérées comme peu précautionneuses, voire ‘sales’ parce qu’au contact de personnes supposées sales ou infectées. Par conséquent, à éviter, voire pour les cas les plus violents à éloigner ou à détruire[note].” ».

Face à la propagande[note] vaccinale qui bat son plein au moment de l’écriture de ce texte le cœur même des troupes d’interventions, c’est-à-dire le « corps médical », est très particulièrement assujetti aux mécanismes de la psychologie sociale, notamment par le biais de l’instance normative représentée par l’Ordre des médecins.

« (…) Il est évident qu’une forte recommandation du médecin est la seule façon de contribuer à la prévention, protection et promotion adéquates de la santé, comme prescrit à l’article 5 du Code de déontologie médicale (CDM 2018). L’Ordre des médecins veillera à ce que les médecins respectent leur devoir déontologique en endossant un rôle de pionnier par la recommandation et la promotion de la vaccination. »[note] 

La mécanique culpabilisatrice, facilement ancrée dans notre passif judéo-chrétien et dont rendent compte également nos choix épistémologiques (cf. cartes blanches à ce propos), est à l’œuvre avec un potentiel de renforcement dans l’exclusion de certains au profit d’autres, la logique de groupes (identitaire et d’appartenance ou « l’instinct grégaire » dirait Nietzsche !) et la zizanie pouvant opérer en fonction des rapports souvent connus, entre pairs médecins, quant à la question de la vaccination. Cette dernière est emblématique d’un certain rapport au monde (convictions les plus ancrées car déterminant nos choix ontologiques, en proximité avec la dimension spirituelle de nos êtres) et participe de valeurs profondes et, donc, d’émotions. Une telle imposition radicale s’est faite en l’absence d’un débat ouvert sur l’enjeu d’une médecine préventive, de protection et promotionnelle tel que nous l’avons exposé tout au long de cet essai.

Pourquoi jouer avec les émotions en aval plutôt que d’avoir développé en amont des compétences émotionnelles, relationnelles et éthiques, favorables au débat et à la controverse dans le monde médical et de la santé ? Et pourquoi radicaliser l’option de la seule vaccination tandis qu’un débat de fond sur les enjeux multiples et critiques de la vaccination n’a jamais eu cours dans nos études de médecine, qu’il émerge peut-être de façon salutaire (mais également trop tardif) avec cette crise…

On voit ainsi émerger ou se renforcer les mécanismes les plus délétères de la psychologie sociale, rappelant, à certains égards, les pires heures de l’histoire[note] …Car il s’agit de comprendre, en s’aidant des champs de la psychologie sociale[note]. Si Arendt a développé sa théorie de la « banalité du mal » lors du procès de Eichmann[note], une hypothèse reste. C’est celle d’avoir manqué l’explication finale, celle « de faire le bien en faisant le mal », ayant quitté trop tôt les assises, tandis qu’Eichmann affirmait son action non par raison d’autorité mais car il faisait Le Bien[note].En opposition à un groupe qui fait le bien, construire un groupe qui fait le mal, qu’il soit représenté par des terroristes armés entrant au Bataclan, ou des personnes qui discutent le bénéfice-risque de la vaccination Covid, entraine une même issue : ces représentants seront connotés d’extrémistes « anti-vax-anti-moderne-anti-société-anti-bien … », ou encore anti 5G, mais aussi associés à un extrême politique ou à un autre. C’est cela le risque du totalitarisme face à l’instrument de binarisation sociale[note].

Comment en sommes-nous arrivés là[note] ?

La binarisation actuelle de la société, héritage des fondements épistémologiques qui nous ont construits, repose, plus que jamais, sur des oppositions stériles. À cet égard, il n’est pas vain de dire que la crise sanitaire devient un des leviers contemporains majeurs de cette dualité, mettant en place une forme de binarisation qu’elle mondialise. Cette dernière engouffre, ou en fait dissiper d’autres. C’est celle d’un besoin constant de réassurance par les chiffres afin de gérer l’incertitude du réel. La dualité « sécurité-formel-ordre-institution » contre « l’insécurité-l’informel-le désordre » se confirmant dans le rapport aux règles, protocoles, normes et mesures qui est en train de scinder tous nos espaces de rencontre et de construction de Soi par l’Autre[note].

Cette mécanique de binarisation, ou d’opposition, ne favorise évidemment pas le dialogue si nécessaire, et, qu’on le veuille ou non, seule voie de sortie. C’est ce que nous dit ce témoignage glané, parmi de nombreux autres, sur la toile ; celui-ci ayant le mérite de sa lucidité…

L’enfumage

« Dépassons l’enfumage pour trouver la voie de sortie !

Cette semaine, une jeune fille s’est suicidée. Son papa décrit la détresse de sa fille, sa propre détresse de n’avoir pas su l’aider. Cette semaine, des jeunes ont osé prendre la parole, et demander qu’on leur redonne accès à la vie.

Dans les médias et sur les réseaux sociaux, les prises de position se polarisent parce qu’elles partent toutes du postulat qu’il faudrait choisir entre préserver la vie des jeunes ou celle des vieux.

Et c’est là le réel enfumage : pendant que nous nous laissons dresser les uns contre les autres, nous ne défendons pas les idées qui seraient bénéfiques au plus grand nombre. »

Mise en place d’un dogme permettant une pensée duelle

Dogme d’une pandémie mortelle où le seul narratif possible est celui des autorités sanitaires et dogme de La solution qui est celle de la vaccination.

Dans cet interview[note] dont nous proposons un extrait ci-dessous on perçoit manifestement la présence d’une pensée dogmatique et on décèle comment la démocratie est réduite face à une telle logique : à du papotage !

En effet, à la question « quel rôle jouent les réseaux sociaux dans cette crise ? », ce psychologue social et professeur d’université répond : « Le principal rôle qu’ils jouent c’est de permettre à des gens qui se ressemblent de se retrouver, de créer du lien, de développer une identité collective et une vision du monde. Ça c’est plutôt positif. A contrario, certaines visions du monde ne sont pas toujours très propices pour lutter contre une pandémie. Souvent cette vision va se construire en opposition au discours des autorités. Cela polarise la société et rend parfois difficile le débat démocratique. »

L’usage qui est fait par certains médecins dans la presse[note] du concept de discrimination est une autre manifestation de cette logique religieuse, dogmatique, à l’œuvre. Ainsi, pour certains d’entre eux, l’accessibilité, à tous, du vaccin, suffit à rendre ce dernier non discriminatoire. Et cependant, le choix des personnes de ne pas se faire vacciner, permet, ensuite, de les discriminer à l’entrée d’événements festifs par exemple. Dit autrement et en citant Caroline Vandermeeren, écrivant sur un réseau social à propos de ce même article : « En résumé, sa compréhension du principe de discrimination : si on a eu le choix de refuser un vaccin qui n’est pas obligatoire, on a le droit de discriminer l’accès à des évènements sur base du choix des personnes ?C’est marrant, parce qu’il me semblait que dans le principe – par exemple – de la non-discrimination sur base du choix religieux, justement le principe consiste à ne pas discriminer les personnes par rapport à un choix qui est laissé libre et qui – donc – ne peut pas conduire à une discrimination dans les faits. »

Ce dogme relatif au vaccin est par ailleurs bien connu et critiqué par certains médecins s’étant risqués à une forme de « révélation » publique, exercice qui s’apparente à une violence sociale sur le plan de la confrontation à la norme. À titre de témoignage, celle faite par un médecin réanimateur, glané en mai 2021 sur un réseau : « Il faut savoir que les médecins sont pour la plupart des fils spirituels de Pasteur, Koch et Jenner, par culture et par formation, moi le premier. Pour certains cela va jusqu’à faire de « LA » vaccination une idéologie fondée sur des vérités révélées quasiment incréées et non pas un moyen parmi d’autres de lutter contre les maladies infectieuses …avec des sourates qu’on récite sans avoir la moindre autorisation de les discuter et encore moins de les critiquer. Pour eux c’est un péché de ne pas prendre le pack vaccinatoire entier, c’est une sorte d’apostasie. L’Ordre des Médecins se pose d’ailleurs en gardien de cette foi vaccinale que même un virologue de renommée mondiale ne peut être autorisé à questionner ne fût-ce que ponctuellement. (Cf le livre de Raoult sur LES vaccinationS)[note]. AUCUNE vaccination n’est critiquable dans la mesure où LA vaccination est une vérité révélée et incréée …Une sorte de Coran. Il est aussi inutile d’essayer d’émettre la critique d ‘UNE vaccination face à un « provax » qu’il est inutile d’apporter une preuve d’utilité d’UNE vaccination à un  » antivax ».

C’est un phénomène psychiatrique connu et étudié à propos des mouvements sectaires.

Comme la croyance dans LE masque et les confinements aveugles et autres couvre-feux grotesques, il y a longtemps que LA vaccination a quitté le champ de la science.

Aucune preuve n’entame la ferveur des croyants. »

On ne sera ainsi pas étonné qu’à partir du discours médical s’installe profondément dans la société, une ligne de démarcation à ne pas franchir, renforçant de façon magistrale dans toute cette crise la logique simpliste de l’organisation en deux groupes rivaux, ceux des pro et ceux des contre…tel un match de foot pour lequel il s’agit toujours de prendre parti si on veut favoriser une ambiance chaude…ou la zizanie en quelque sorte !

Cette dualité, contraire à la « pensée complexe » de Morin, soustrait à nos regards la rencontre parfaite mais néanmoins paradoxale de la logique cartésienne, positiviste, ici scientiste, qui prévaut dans le milieu médical, et celle du chiffre, néolibérale, technique, et froide, fondée sur la seule logique du marché et du gain. Cette conjonction est la porte ouverte à toutes les dérives corruptives dans une forme d’aliénation globale.

Nombre de protagonistes de ces deux mondes se rencontrent par ce que nous appellerions « un renversement paradoxal de la nécessité empathique ». À savoir que l’on observe dans certains pays (s’agit-il des pays les plus cartésiens ?) une mécanique de culpabilisation, jouant sur le sentiment d’empathie, des populations, de groupes d’acteurs et des personnes. Or, on s’attendrait à l’inverse, comme nous le rappelle le jugement réfléchissant construit au départ d’une logique compréhensive. Et ce, autant sur le plan du soin que de la politique sanitaire. L’ensemble compris dans une approche démocratique partenariale, c’est-à-dire fondée sur une intelligence collective, inclusive, alliant également le patient, en cohérence avec les plus beaux discours sur la santé, depuis la définition de celle-ci donnée par l’OMS, à la Charte en promotion de la santé d’Ottawa[note].

Discours largement véhiculés par toutes les écoles et institutions de santé publique de nos pays, mais discours non opérationnalisés dans le concret des formations médicales et donc non intégrés dans la pratique – praxis- des soignants, comme nous l’avons démontré tout au long de ces cartes blanches.

Cependant, et en contradiction avec une telle perspective démocratique, notre humanité, constitutivement vulnérable, comme définie précédemment, est actuellement dépossédée de sa puissance d’agir. Cette dernière se voit bridée par la domination de l’autre, par l’autorité que représentent gouvernements et experts. À la figure de la blessure (maladie et dégâts « collatéraux ») et de la dépendance (technique, technologique, économique et pharmaceutique), s’ajoute celle de l’impropriété de soi (dominance), en référence aux trois figures de la vulnérabilité développées par la philosophe, Estelle Ferrarese[note].

Il y aurait ici une forme de complot sans acteurs, où, même armés, nous ne saurions pas sur qui tirer. La poupée russe se renouvelle à l’infini, tandis que nos âmes sont en perdition et nos corps en souffrance. Des philosophes argumentent que le système politique qui se met en place dans de nombreux pays à la faveur de la crise sanitaire serait un “totalitarisme numérique”, tandis que les pontes du World Economic Forum de Davos parlent d’un “Great Reset”.

Certains encore, comme l’avocat Régis de Castelnau, soutiennent que si, d’une part, nos gouvernements[note] ne sont pas arrivés au pouvoir par la tyrannie et que, de l’autre, le concept de totalitarisme popularisé par la philosophe Hannah Arendt[note] ne peut s’appliquer au fonctionnement de ces mêmes organisations politiques, en revanche le terme de dictature pourrait d’une certaine façon être invoqué. En effet, selon ce même homme de loi, le mode d’exercice du pouvoir pose de sérieux problèmes. Parler d’une forme de dictature n’est pas complètement absurde.

Certains invoquent, face à l’emprise progressive de nos corps, plutôt que la notion de dictature qui devrait rester une mesure temporaire, une ploutocratie responsable d’une dérive totalitaire. L’histoire permettra de stabiliser le discours sur ce que nous vivons…

D’autres encore vont radicalement plus loin. Témoin de l’holocauste, survivante du régime nazi, Vera Sherav nous avertit des dangers de ce que nous vivons actuellement avec ces vagues de tyrannie totalitaire, d’absurdité médicale, politique, économique et sociale qui se sont abattues sur les populations dans le monde entier.

« Ce qui distingue l’holocauste de tous les autres génocides de masse est le rôle central joué par le système médical. L’ensemble du système à chaque étape du processus meurtrier a été approuvé par la médecine universitaire et professionnelle. Des médecins, institutions, sociétés médicales prestigieuses ont permis de légitimer les meurtres de masse des civils[note]. » 

Un tel propos rejoint Sylvie Simon, quand en 2009, dans son livre intitulé « Vaccins, mensonges et propagande[note] », elle nous mettait en garde : « Selon Platon, Socrate fut condamné à mort car il ne croyait pas aux dieux reconnus par l’État. Plus tard, l’Inquisition a brûlé tout ce qui dépassait son entendement ou pouvait mettre en péril l’hégémonie de l’Église catholique qui nous a appris à accepter les dogmes sans chercher à les comprendre. De nos jours, comme le disait déjà George Bernard Shaw : ‘’Nous n’avons pas perdu la foi, nous l’avons simplement reportée sur les professions médicales.’’ La foi en cette nouvelle religion est à présent devenue un véritable fanatisme et les dieux ont été remplacés par des mandarins et des experts. On ne réfléchit plus, on ‘’croit’’[note]»

Dans tous les cas, la surprise est grande pour nous occidentaux, mais sans doute en phase avec l’idée d’un « mal de la banalité » tel que le développe Ece Temelkuran, qui nous incite à toujours rester vigilants pour éviter de basculer hors de la démocratie[note]. Une forme d’acceptation de ces mesures liberticides, et à plus forte raison celle de leurs incongruités scientifiques comme nous l’avons développé tout au long de cet essai, a de quoi inquiéter.

Entre intériorité et extériorité : une voie du milieu à dessiner…

Si nous ne prônons pas un retour en arrière quelconque, nous cherchons cependant par le biais de ces cartes blanches à instaurer un débat au sein du monde médical et plus particulièrement au niveau de ses institutions de formation. Ceci, afin de savoir quel chemin on souhaite favoriser entre deux extrêmes, résumés (de manière caricaturale) ainsi : d’une part le Great reset de Klaus Schwab, les objets connectés, la 5G, le transhumanisme, la fuite en avant vers un futur où nous perdrions progressivement notre humanité. Nous serions alors au service d’une technocratie toute puissante où le contrôle et la sécurité seraient les leitmotivs. D’autre part, une humanité en proximité avec une philosophie de la Vie et du Vivant telle celle déployée aujourd’hui avec, à titre d’exemple, la perspective de la permaculture, ou celle défendue par Corine Pelluchon, en proximité avec la philosophie animalière et l’éthique animale afin de compléter le projet des Lumières développé dans son dernier ouvrage « Les lumières à l’âge du Vivant »[note].

Quelle est la direction que prennent nos sociétés occidentales ? À titre d’argument supplémentaire, les seules dérives sectaires dénoncées par « la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires »[note] concernent les alternatives, autant de santé que d’éducation (anthroposophie par exemple), favorables à l’émergence du particulier (singularisation ; individuation ; émancipation). La dérive scientiste, fondée sur un positivisme et un matérialisme réducteur, mais universel, ne participe pas de l’imaginaire tendancieux.

On pouvait encore croire exagéré l’horizon transhumaniste, voire post humaniste, mais avec cette crise qui nous frappe de plein fouet, la réalité d’une forme de puzzle plus ou moins conscient a pris forme et les dangers de dérives sont devenus totalement crédibles.

Et nous, médecins et soignants, sommes dans de beaux draps car la technocratie a décidé d’utiliser le plus bel art entre tous, celui de guérir, comme cheval de Troie pour accomplir son forfait. Ce que Foucault aurait nommé : biopouvoir.

Ce qui nous rend encore plus responsables étant dans le domaine du soin et, par-là, conscients d’une dérive claire au niveau médical.

Sur un plan épistémique et éthique, au regard de la responsabilité sociale des facultés de médecine dans cette crise, la bascule en faveur du jugement réfléchissant est l’impératif catégorique ! Au surplus, celle-ci est la seule voie de sortie d’une « pédagogie de la crucifixion » et du chemin de croix qu’elle impose…

Bruno Edan, Crucifié, 1981.Reproduit, avec l’autorisation de l’éditeur, de Delphine Durand. Bruno Edan, l’urgence de peindre (Photographies de Pierre-Marie Villereal). 2020: p. 59

À l’aube…

Notre conclusion s’apparentera à une aube.

Si notre investigation sur le terrain de la médecine nous a amenés à questionner les sous-sols des mécanismes humains au fondement de la décision médicale et sanitaire, par le biais des choix épistémologiques que nos sociétés font, dans l’habitus technoscientifique qui les y fige, un monde plus vaste néanmoins existe.

À la condition d’un éveil que la perspective du robot ne pourra nous offrir que sous forme mécanique …d’un réveil matinal.

Car perdus nous sommes et offrons ainsi la parole à Jacques Bouveresse, dont la notule éditoriale de son ouvrage « Le mythe moderne du progrès »[note] présente une forme de synthèse à cette analyse de la crise de la Covid et à ce plaidoyer pour un renouvellement de l’épistémologie des études médicales.

« Entre autres aspects remarquables de cette analyse du “mythe moderne du progrès” se trouve le fait que la plupart des auteurs sur lesquels Jacques Bouveresse s’appuie ont vu “le fanatisme du progrès” comme “le trait qui caractérise notre époque” – alors même que leur époque nous parait, en comparaison, tout à fait épargnée. Sans parler des auteurs du XIXe siècle cités en exergue, ni Karl Kraus (1874-1936), ni Robert Musil (1880-1942), ni Ludwig Wittgenstein (1889-1951) n’ont connu la destinée glorieuse des travaux du mathématicien britannique Alan Turing (1912-1954) à l’origine de l’informatique. Il ne serait donc pas nécessaire d’avoir bénéficié des promesses d’Internet et de l’industrie nucléaire ni d’espérer dans les bienfaits des biotechnologies mais seulement d’avoir assisté aux prémices de l’industrialisation de la recherche scientifique pour voir que la religion du progrès, qui a remplacé toutes les autres, y compris comme “opium du peuple”, ne dissimule plus seulement un rapport de domination politique, social et économique mais a tronqué la survie de l’humanité contre l’amélioration sans limite des conditions de vie matérielles de quelques-uns.

On peut se demander si la possibilité de remonter plus loin dans le temps pour retrouver la mauvaise bifurcation sur le chemin de l’accumulation des connaissances est plus rassurante ou, au contraire, plus inquiétante. Pour l’historien américain Lewis Mumford, le danger qui nous menace “ne provient pas de découvertes scientifiques, ni d’inventions électroniques particulières. Les contraintes auxquelles l’homme est soumis et qui dominent la technologie autoritaire contemporaine remontent à une époque antérieure même à l’invention de la roue”.

Mais une fois diagnostiquée la maladie du progrès et éventés les mythes de la raison, précise Jacques Bouveresse, nous reste encore à éviter de rétablir, “sous une forme ou sous une autre, une autorité ancienne”, de l’espèce de celles dont “les affirmations n’ont pas besoin de preuves ni les commandements de justifications” : car alors on aurait remplacé “le progrès reconnu comme plus ou moins mythique par une régression bien réelle”. »

Car de mythes et de rites nos imaginaires ont besoin, de ceux permettant des reliances que nos dominances et soumissions, ancestrales et reptiliennes, semblent ne pas avoir, encore, intégrées. L’enjeu restant dans notre capacité de « se réfléchir » jusqu’au tréfonds de nos intentionnalités…

De l’intentionnalité…

Est-ce être romantique que de penser les rites tel le renard du petit prince (carte blanche 6) quand on sait que ceux-ci participent aussi à la construction identitaire de groupes, et, potentiellement, à une logique de violence telle que celle développée par René Girard[note] ou rappelée par Erwin Goffman dans cette même carte blanche 6 [note] Et ce, en proximité avec la violence analysée dans le champ de la recherche en psychologie sociale (théories des relations intergroupes), propice à la construction de rivalité, de conflit et de guerre.

Cependant, ne plus avoir de rites est également problématique comme nous l’objectons, avec Edgar Morin, dans notre carte blanche 6 centrée sur la capacité à développer notre imagination et nos compétences émotionnelles.

Ainsi, à partir de ce court argumentaire autour de cette notion de « rite » (rites pour développer notre capacité imaginative et s’ouvrir ou rites pour renforcer notre identité de groupe et notre conformisme, etc.), ce que nous voulons soulever, ou ce qui importe au-delà de tout, est la nécessité de développer une conscience de notre agir. À savoir une capacité d’analyser-comprendre- ce qui détermine notre action même inconsciemment (influence de notre environnement), ce qui l’oriente et en faveur de quelle finalité notre agir est mobilisé. C’est ce qu’on nommerait l’intention. Nous n’entrerons pas, ici, dans les théories et recherches en philosophie autour du concept d’intentionnalité tant le domaine est vaste, cependant c’est bien là que se trouve un chemin d’émancipation…

Le « Temps du rêve ». Le moment mythique de la création du monde par les anciens.

En Australie, dans le contexte d’un renouveau de l’identité aborigène, dans la communauté de Papunya Tula, les anciens ont traduit en peinture leurs pratiques culturelles et leurs savoirs symboliques. Ces œuvres rendent compte d’un nouveau champ de dialogue à partir de Gaia notre terre commune[note].

Le Toraja [note] est un peuple qui vit dans une région montagneuse de l’île de Sulawesi, il est en majorité chrétienne, et il a un rite funéraire très particulier : l’enterrement des personnes décédées ne survient que longtemps après la mort.

Pour ce peuple indigène, la mort n’est pas perçue comme une fin, mais comme un état de sommeil prolongé. Les cadavres sont momifiés avec une solution à base d’eau et de formol qui stoppe le processus de putréfaction. 

Ce rituel particulier permet de cohabiter durant quelque temps, des semaines voire des mois, avec les défunts, comme s’ils étaient encore en vie.  Pendant cette période, il reçoit symboliquement des prières et de la nourriture quatre fois par jour. Il est habillé, coiffé et sa famille entretient avec lui des conversations comme s’il était encore en vie.

L’amour qu’ils portent envers leurs ancêtres est tel qu’ils trouvent normal de partager leur existence avec les dépouilles de leurs proches. Les morts ne les effraient pas. Il arrive parfois que certaine famille organise une sorte de « second enterrement ». Appelé « ma’nene », la cérémonie consiste à retirer le défunt de son tombeau pour nettoyer son corps et le revêtir de nouveaux vêtements.

Cet essai a été rédigé en mémoire de nos ancêtres, pour nous, occidentaux, qui ne savons plus.

Et l’homme de demain, sur un chemin perdu pour l’humanité, dans un balancier trop exclusivement externalisé, s’accrochant au seul jugement déterminant, larguant de plus en plus sa capacité au jugement réflechissant, semble déléguer toutes ses peurs plutôt que de se les approprier. La voilà la dérive de « l’homme théorique », telle que pourrait le nommer Nietzsche.

Car comme nous le rappelle Clément Rosset dans cet extrait d’un interview avec Alexandre Lacroix[note]:

CR : « Chaque vie va finir et cette règle ne souffre pas d’exception. Nous voici face au réel le plus indésirable. Je pense que la finitude de la condition humaine, la perspective intolérable du vieillissement et de la mort suffisent à expliquer l’obstination si constante, si répandue des hommes à se détourner de la réalité.

AL : Est-ce qu’il y a un rapport entre cette dénégation du réel, par angoisse de la mort, et le refoulement freudien ?

CR : Non, je ne le pense pas. Sigmund Freud s’intéresse aux mécanismes du refoulement chez les individus névrosés, alors que l’élimination du réel par ce que j’appelle dans ma philosophie le double est le procédé utilisé par les gens normaux. Et les gens normaux sont beaucoup plus difficiles à guérir que les malades, vous pouvez m’en croire ! ».

Notes et bibliographie

Une prise en charge précoce indispensable: reportage chez le Dr David Bouillon

Kairos s’est rendu chez le Docteur David Bouillon à Ghlin. Depuis presque deux ans, il assure une prise en charge « médico-sociale » des patients Covid de façon précoce. David Bouillon fustige les gouvernements pour ne pas avoir écouté les conseils des médecins qui préconisaient cette prise en charge précoce, directement responsable de nombreux décès. Ce jour-là, Don Jethro Mavungu, docteur, conseiller du gouvernement congolais, spécialiste en santé publique, nous explique comment cette prise en charge est organisée depuis le début au Congo. Des patients du Docteur Bouillon sont également présents et témoignent de leur vécu.

Le juge Claise a lancé un mandat d’arrêt international contre le patron du fond souverain libyen

Dans un article daté du 7 janvier paru dans le Tijd, Rik Van Cauwelaert nous apprend que le juge d’instruction Michel Claise a émis un mandat d’arrêt international contre Ali Mahmoud, le président de la Libyan Investment Authority. Il s’agit du fonds souverain de la Libye. Ce pays ayant été géré de main de fer par le colonel Kadhafi pendant 42 ans, il avait tendance à considérer ce fonds comme sa cassette personnelle à l’étranger.

Selon le dernier rapport du cabinet Deloitte, les actifs de la LIA sont estimés à près de 68 milliards de dollars en 2019. Pour rappel, une partie importante de ce trésor (entre 14 et 15 milliards d’euros) était placée dans les banques belges et en particulier auprès de la banque d’Euroclear.

Il faut également se rappeler que l’ONU a gelé ces avoirs pour éviter qu’ils ne servent à financer les guerres civiles qui ont éclaté en Libye après la mort de Kadhafi le 20 octobre 2011. Or, le gouvernement belge a autorisé le transfert des intérêts de ces fonds (environ 2 milliards) en violation complète de la résolution de l’ONU, à une des factions libyennes.

Lorsqu’on parle du gouvernement belge, il s’agit principalement de Didier Reynders qui était ministre des Affaires étrangères à cette époque mais qui avait placé des hommes de confiance aux postes clefs de son ancien ministère, les finances.

Comme Marc Monbaliu, l’ancien patron de la Trésorerie, qui doit toute sa carrière à Reynders, et qui a signé l’acte de transfert. Ce dernier avait déclaré au Vif : « Vous pensez bien que ce genre de décision aussi délicate n’est jamais prise par une personne dans le secret de son bureau. Cela fait l’objet de discussion et de validation par le pouvoir politique. »

Le motif du mandat d’arrêt international est la corruption. Or en droit belge, cela implique un corrupteur et un corrompu. Qu’un juge d’instruction belge lance un mandat d’arrêt contre un haut fonctionnaire d’un pays tiers, cela n’est pas une démarche courante. Que l’autre principal suspect soit commissaire européen à la Justice et à l’état de droit n’est pas courant non plus. En particulier lorsqu’il est responsable du nouveau parquet européen chargé de lutte contre… la corruption.

L’article du Tijd se pose également des questions sur la responsabilité de la banque d’Euroclear, mais également sur le silence assourdissant de certains protagonistes de l’époque, comme Georges Gilkinet. Ce dernier était particulièrement actif dans le dossier pour essayer de faire triompher la vérité. Soudainement, on ne l’a plus entendu et maintenant il est vice-Premier ministre et ministre de la Mobilité dans le gouvernement du Premier ministre Alexander De Croo, lui-même ancien ministre des Finances !

Interview d’Alexandra Henrion-Caude et Anne-Marie Yim

Alexandra Henrion Caude, généticienne, ancienne directrice de recherche à l’Inserm, et Anne-Marie Yim, docteur en chimie, reviennent sur le débat au parlement du Luxembourg, et analysent la situation actuelle.

Changement de cap pour mieux gérer la crise sanitaire

Conférence de presse de Me Burton, Dr Bureau Dr Wathelet mercredi 19 janvier 2022 à Bruxelles

DÉPOSITION DU DOCTEUR ALAIN COLIGNON

CE 18 JANVIER 2022, À 20h00, LE DOCTEUR ALAIN COLIGNON COMPARAITRA DEVANT LA COMMISSION D’INSTRUCTION DE L’ORDRE PROVINCIAL DU HAINAUT. NOUS AVONS REÇU LE TEXTE OÙ IL S’EXPLIQUE.

PLAINTE DU DOCTEUR MICHELE GERARD

Je plaide coupable pour l’Ivermectine et pour la vaccination !

Je vous annonce solennellement que je ne reconnais plus à l’Ordre des Médecins la compétence de décider de ma capacité à exercer la médecine.

Je continuerai à pratiquer quelle que soit l’issue de cette procédure et je n’accorderai qu’à un tribunal correctionnel la compétence de m’en priver et de me punir pour l’avoir pratiqué.

J’ai enfreint les règles que l’Ordre entend nous imposer dans le cadre de la crise sanitaire parce que je ne puis respecter des règles qui violent le Droit Naturel auquel nous devons tous un impératif respect, pandémie ou pas.

Par analogie avec le cadre procédural des tribunaux ordinaires, je souhaite donc introduire une demande reconventionnelle en premier degré de juridiction et déposer plainte contre Monsieur Dejemeppe, Président de l’Ordre national. Je serais, en effet, impuissant à établir le bien-fondé de mes actes sans démontrer le manque de pertinence des siens. Cette demande entre dans le cadre de ma défense, mais elle est unie à la demande principale par un lien de connexité.

Ma plainte est d’autant plus justifiée que Monsieur Dejemeppe refuse obstinément depuis plus d’un an d’ouvrir un débat et que pour toute réponse, il m’adresse des emails tels que celui du 5 novembre 2021 où il justifie son silence par un devoir de neutralité, alors qu’une note d’orientation, rédigée sous son autorité stipule le contraire et dit que l’indépendance de l’Ordre, vis-à-vis des organisations politiques et syndicales est une condition essentielle à l’efficacité de son action.

Il faut se souvenir que Monsieur Dejemeppe n’est pas un magistrat du siège, mais un magistrat debout qui fut contraint de s’asseoir et qu’on a installé sur notre trône un agent de l’exécutif qui fait régner sur nos consciences toute la puissance du sceptre gouvernemental !

DÉPOSITION

La plainte que le docteur Gérard a déposée contre moi a le mérite de couvrir en 6 lignes les 28 pages de questions que j’ai adressées en vain à l’Ordre des médecins qui les met à l’index depuis décembre 2020.

Je vous l’ai dit, je plaide coupable !

Oui, je prescris de l’Ivermectine, de l’Hydroxychloroquine et de l’azithromycine dans le cadre de traitements ambulatoires précoces.

Je n’ai pas suivi les recommandations de l’OMS fondées sur des études écrites par des stars du X !  J’ai suivi les courants scientifiques sérieux et notamment, l’étude réalisée en 2020, dans le service du docteur Michèle Gérard, la plaignante en la présente cause, en collaboration avec Sciensano et l’ULB. Leurs conclusions sont claires : « Par rapport aux soins de support seuls, la monothérapie à faible dose d’HCQ est associée de manière indépendante à une mortalité plus faible chez les patients hospitalisés atteints de COVID-19 diagnostiqués, que le traitement soit précoce ou tardif après le début des symptômes. »

Ces auteurs ont aujourd’hui changé d’avis pour des raisons qui relèvent de la pataphysique financière !

Par la pression complice qu’il exerce sur les médecins (comme il l’a fait sur moi dans un mail annexé à la présente), Monsieur Dejemeppe en faisant un barrage doctrinal aux traitements ambulatoires précoces, est responsable du décès de nombreux malades, s’il s’avère comme j’en ai la conviction que les traitements que j’ai administrés soient efficaces.
Le sieur Dejemeppe ne s’est pas davantage dressé contre la mise en place par le gouvernement du code INAMI 101135, destiné à écarter les médecins de la crise sanitaire en leur offrant 20 € chaque fois qu’ils accepteraient d’examiner un patient non pas avec leur stéthoscope, mais avec leur smartphone et de leur prescrire du Paracétamol pour traiter une maladie mortelle !

Il s’agit de fautes graves !

Oui, je suis contre la vaccination ! Je suis contre parce que le plan de vaccination que cautionne monsieur Dejemeppe par la circulaire de l’Ordre du 23 janvier 2021 et dont il nous ordonne de faire la promotion sous peine de sanctions sévères viole de nombreux arrêtés, lois et règlements imprescriptibles !

Monsieur Dejemeppe, dans un email, joint au présent dossier, qu’il m’adresse le 5 novembre 2021 à 8h41, me rappelle qu’une loi promulguée s’applique à TOUS, sans distinction. Je vais donc lui rappeler celles que sa circulaire viole.

Premièrement, la circulaire de Monsieur Dejemeppe couvre un viol inacceptable du secret professionnel.
Monsieur Philippe Boxho, vice-Président de l’Ordre National et professeur de déontologique affirme dans les colonnes du journal Le Soir que le plan de vaccination pue le totalitarisme et qu’il viole le secret professionnel. Que ne faisait-il cette déclaration dans le cadre d’une réunion du Conseil, lui qui siège sur la plus haute marche du podium ordinal Belge ?

L’article 458 du Code Pénal, ni abrogé ni suspendu par une disposition modificative de la Loi du 14 août 2021 relative aux mesures de police administrative lors d’une situation d’urgence épidémique, reste d’application générale et s’applique à monsieur Dejemeppe comme à tous les citoyens belges.

Etant solidaire du point de vue du Dr Boxho, je dépose l’article du Soir au dossier d’instruction et je me pose la question de savoir si son actuel revirement est lié aux effets d’une subite schizophrénie ou aux effets de pressions insoutenables ?

J’accuse monsieur Dejemeppe de couvrir ce viol inacceptable du secret professionnel !

Je regrette l’absence du docteur Philippe Boxho, alors que j’avais demandé qu’il témoigne ici même. Son absence est un inqualifiable déni de justice !

La circulaire de Monsieur Dejemeppe nous ordonne de couvrir un exercice illégal de l’Art de Guérir.

L’Article 2 de l’Arrêté Royal n°78 du 10 novembre 1967 dit que la vaccination est sans ambiguïté un acte médical et que sa pratique par une personne qui n’est pas docteur en Médecine, Chirurgie et Accouchements, est constitutive d’un exercice illégal de l’Art Médical

En vertu de cet article, ni abrogé ni suspendu par une disposition modificative de la Loi du 14 août 2021 susmentionnée, l’Etat pratique illégalement l’Art de guérir. Le Ministre supprime en effet le médecin, maillon obligatoire de la chaîne qui va d’un traitement commercialisé à sa prescription. Une anamnèse personnelle, un examen soigneux du patient et une information intelligible doit précéder le recueil d’un consentement, passage obligé avant toute administration ou toute prescription de vaccination.

Cette loi s’impose à tous ! Monsieur Dejemeppe avait le devoir d’en rappeler l’impérative nécessité à tous les médecins ! J’affirme dès lors que monsieur Dejemeppe a commis une faute en ne dénonçant pas cet exercice illégal, comme le lui ordonne en son alinéa 4, l’article 6 de l’Arrêté Royal n°79 du 10 novembre 1967.

La circulaire de Monsieur Dejemeppe couvre un traitement totalement irrespectueux du patient.

Monsieur Benoît Dejemeppe rappelait dans son email du 5 novembre que la vaccination n’était imposée à personne.
De qui se moque Monsieur Dejemeppe ?

Ignore-t-il que le consentement d’une majorité des Belges vaccinés a été obtenu sous l’effet de pressions médiatiques, morales, culturelles et sociales en contravention avec la loi du 22 août 2002 qui autorise un patient à ne pas consentir à un traitement lui-proposé. Le patient ne peut être privé de son autonomie, ce que confirme l’article 20 du nouveau code de déontologie.

Monsieur Dejemeppe oublie également les articles 1108 et suivants du code civil qui frappent de nullité les consentements obtenus par dol ou par violence, articles sur lesquels insistait tant, Maître Pierre Van Ommeslaghe, mon professeur d’obligations qui dut également être le sien ?
Notre Président fait fi de la résolution 2361 du Conseil de l’Europe qui condamne fermement les manœuvres discriminatoires dont sont victimes aujourd’hui les non-vaccinés, résolution non-contraignante pour un magistrat du siège mais bien pour un magistrat ordinal qui n’est pas soumis au principe de légalité des délits et peut donc imposer aux médecins des principes moraux qui ne sont pas contraignants.

Comment Monsieur Dejemeppe peut-il tolérer les propos d’Alexander De Croo qui déclarait le 20 septembre 2021, que « Cette épidémie devenait une épidémie des non-vaccinés. » et qui accusait les derniers réfractaires à la vaccination de « mettre les autres en danger » alors qu’il est tout aussi légal de refuser le vaccin que de refuser les derniers sacrements ?

Va-t-on en Belgique emmerder les non-vaccinés, avec la bénédiction de l’Ordre, comme le propose le petit Bonaparte Français ?

J’accuse Monsieur Dejemeppe d’avoir une fois de plus manqué à tous ses devoirs.

Je m’opposerai donc sans relâche à la vaccination telle qu’elle est organisée par un Etat de non-Droit, validée par un Ordre sous influence.

Je souhaite contribuer à la reconstruction d’une Nation qui se permet aujourd’hui d’interdire à un époux, un fils, une mère, un frère, de tenir la main d’un parent qui meurt solitaire dans la chambre d’un hospice et qui pousse avec son dernier soupir, un ultime mot d’amour que personne n’entendra !

L’Ordre doit nettoyer les écuries d’Augias, sans se soumettre comme l’a fait Hercule aux caprices d’Omphale !
L’Ordre en a la Force, l’Ordre en a le pouvoir ! L’Ordre en a le devoir sacré !

INVENTAIRE

  1. Email de Monsieur Dejemeppe du 5 novembre 2021
  2. Email du 7 mai 2020
  3. Article du SOIR signé Philippe Boxho.

Interview avec Hervé Seligmann

Chercheur biomédical, Hervé Seligmann a travaillé cinq ans à l’IHU de Marseille dans l’équipe de Didier Raoult. Il nous explique aujourd’hui le lien entre vaccination, contagion et mortalité infantile.

Entretien du docteur Bureau, MD-PHD, agrégé

La conférence de presse de Liège du 8 décembre [note] a eu un succès incroyable.

Une nouvelle conférence de presse aura lieu ce mercredi 19 janvier à 10h00.

M. Bureau nous en dit plus sur celle-ci.

Voir aussi [note]

L’apartheid italien

En Italie, un véritable système d’apartheid s’est mis en place: les non-vaccinés ne peuvent plus rentrer dans les transports en commun, travailler, se rendre dans la plupart des lieux publics. Cette ségrégation commence également à toucher les enfants. Un reportage de Kairos Italie.


Nick Franik et Anouchka Lazarev, reporters francophones indépendants résidant en Italie, collaborent avec deux des plus importantes chaînes de l’information libre et indépendante transalpine (Byoblu et La casa del sole). À la sortie du premier confinement, devant la désinformation systématique orchestrée par les médias mainstream, ils ont décidé d’agir en tant que reporters citoyens et de se mettre au service de l’information libre et indépendante.


*https://m.youtube.com/channel/UChR3vZy2_6g-Ba-VZuU7ldw

Interventions du Pr Christian Perronne, du Dr Alexandra Henrion-Caude et du Pr Luc Montagnier devant le parlement luxembourgeois – 12-01-2022 – Extraits choisis

Le mardi 12 janvier, au parlement luxembourgeois, deux débats avaient lieu suite aux pétitions contre la vaccination obligatoire et le vaccin-thérapie génique des enfants. Inédit. Voici les trois interventions de Christian Perronne, Alexandra Henrion-Caude et Luc Montagnier.

Un pompier à bout de nerfs

Les pompiers qui refusent de se faire vacciner ont de bons arguments. Comme les autres, pourtant, ils ne sont pas écoutés. Nicolas, pompier à Bruxelles, témoigne avec courage, interprète ce qu’il se passe et dénonce.

Lettre au Premier ministre luxembourgeois

Suite aux débats parlementaires initiés au Luxembourg contre la vaccination obligatoire et la vaccination-thérapie génique des enfants, que Kairos a couverts, nous relayons la lettre du Dr Résimont au Premier ministre Xavier Bettel.

La minute Pangolin n°6

La nouvelle série humour de Kairos, mieux vaut parfois rire de l’absurde que d’en pleurer.

*Une idée originale de David Schiepershttps://www.facebook.com/dilalytheatre

PETITION POUR LE RENOUVELLEMENT DE LA CARTE DE PRESSE DE ALEXANDRE PENASSE

Conscients de l’importance démocratique essentielle du journalisme libre, les «Amis de Kairos» ont initié cette pétition en soutien à Alexandre Penasse.


Kairos relaie ici cet appel et vous invite à le signer :

https://www.petitionenligne.be/petition_pour_le_renouvellement_de_la_carte_de_presse_de_kairos_-_alexandre_penasse

Interview du Pr Christian Perronne, du Dr Ochs et de David Georgiu

Alors que des débats historiques avaient lieu au parlement luxembourgeois le mardi 12 janvier 2022, contre l’obligation vaccinale et la vaccination-thérapie génique de enfants (pétition initiée par David Georgiu), nous avons interviewé certains des intervenants, de renommée mondiale.

Interview du Pr Christian Perronne, du Dr Ochs et de David Georgiu

Alors que des débats historiques avaient lieu au parlement luxembourgeois le mardi 12 janvier 2022, contre l’obligation vaccinale et la vaccination-thérapie génique de enfants (pétition initiée par David Georgiu), nous avons interviewé certains des intervenants, de renommée mondiale. 

Interview avec Valérie Bugault

Valérie Bugault est docteur en droit et analyste de géopolitique juridique. Depuis 2009, elle se consacre exclusivement à diffuser le résultat de ses nombreux travaux de recherche et les découvertes juridiques et politiques, notamment sur son site: 

Son travail est profondément radical, dans le sens étymologique du terme, c’est-à-dire qu’il prend les problèmes à leur racine, montrant avec brio la privatisation de ce qui devrait être un bien commun: la monnaie, la supercherie que sont nos « démocraties » et les institutions européennes, dévoilant la véritable identité de ceux qui nous dirigent: la caste des « banquiers-commerçants », ceux qui n’ont jamais de compte à rendre.

 https://valeriebugault.fr/

Interview avec Valérie Bugault

Valérie Bugault est docteur en droit et analyste de géopolitique juridique. Depuis 2009, elle se consacre exclusivement à diffuser le résultat de ses nombreux travaux de recherche et les découvertes juridiques et politiques, notamment sur son site:

Son travail est profondément radical, dans le sens étymologique du terme, c’est-à-dire qu’il prend les problèmes à leur racine, montrant avec brio la privatisation de ce qui devrait être un bien commun: la monnaie, la supercherie que sont nos « démocraties » et les institutions européennes, dévoilant la véritable identité de ceux qui nous dirigent: la caste des « banquiers-commerçants », ceux qui n’ont jamais de compte à rendre.

Réduction du prix d’envoi du livre pour la France

Merci de nous contacter à vente@new.kairospresse.be pour commander le livre.

Manifestation pour la liberté #4

Bruxelles dimanche 9 janvier 2022

Cyber Sécurité, avec Patrick JAULENT

Que valent nos données sur le Dark Net ? Comment savoir si mon téléphone/courriels sont « infectés »? Comment sécuriser mon téléphone, mes courriels ? Comment être (presque) invisible sur internet ? Comment débloquer (légalement) Youtube ?

L’avis du Comité de bioéthique sur la vaccination obligatoire : une étape de plus vers la dissolution de l’éthique des droits fondamentaux

Partie 2
(voir la Partie 1)

Construits sur une base scientifique lacunaire comme l’a montré la première partie de ce texte, les arguments du Comité consultatif de bioéthique se révèlent aisément réfutables. Dans le texte ci-dessous, nous les avons réfutés un à un de façon à mettre en évidence l’absence de fondement scientifique et éthique de la position du gouvernement. Exercice fastidieux, mais édifiant ! Les arguments du Comité ont été numérotés de I à X et nos objections de 1) à 42).

I. Parmi les justifications à l’obligation vaccinale, l’avis du Comité consultatif expose les principes de « non-nuisance » et de « réduction des risques et dommages pour les personnes les plus fragiles ». Il estime que, bien que tout individu ait le droit fondamental de refuser un traitement, cette liberté pourrait être limitée si elle implique un risque pour autrui, à condition que cette mesure soit proportionnée et nécessaire en termes de santé publique. Or, ces différentes conditions ne sont manifestement pas rencontrées.
En effet :

1) les personnes non vaccinées contre le covid-19 peuvent s’avérer contaminantes à un moment donné et constituer un risque pour autrui, mais c’est également le cas des personnes vaccinées. Par rapport à la question du risque pour autrui et de la transmission, il est donc erroné de présenter la vaccination de tous comme nécessaire en termes de santé publique ;

2) si la vaccination n’est efficace que pour réduire le nombre de formes graves du covid, la vaccination des personnes qui ne sont pas à risque de développer des formes graves de la maladie (c’est-à-dire la majorité) ne peut pas non plus être présentée comme nécessaire en termes de santé publique ;

3) les « vaccins » anti-covid sont expérimentaux (ils sont en phase 3 de test), or il est illégal de contraindre une personne à prendre part à un traitement expérimental ;

4) ces « vaccins », comme tout traitement, ne sont pas dénués de risques d’effets indésirables graves et de contre-indications : les études permettant de mieux définir ces risques (à court, moyen et long terme) et contre-indications sont toujours en cours ;

5) les risques liés à la vaccination anti-covid après avoir été contaminé sont toujours à l’étude ;

6) dès lors, faire courir un risque, à ce jour indéterminé, à une personne en bonne santé (et non consentante), sans garantie de bénéfice en termes individuels ni en termes de transmission est une mesure injustifiable : le Comité de bioéthique ne pourra pas contredire ce principe, lui qui met en avant le souci du « risque pour autrui » ; comme le souligne un collectif, ce risque « constituerait une infraction grave aux principes éthiques de précaution et de non-malfaisance, dans un régime démocratique qui confère à l’Etat une obligation de protection de l’ensemble de ses sujets quel que soit leur état de santé »[note] ;

7) à ce stade, l’efficacité des vaccins sur le variant omicron et sur les futurs variants n’est pas claire: il n’est donc pas justifié de contraindre à la vaccination avec des produits élaborés pour d’anciennes souches ;

8) en termes de gravité et de mortalité, le covid n’est ni la polio, ni la fièvre jaune, ni la variole. La mortalité d’omicron reste encore à déterminer mais semble extrêmement faible. Qu’il s’agisse de la souche originelle, déjà peu létale (0,2%), du variant delta ou du variant omicron, il n’est pas proportionné de faire courir des risques potentiels liés à la vaccination à des personnes jeunes qui ne courent aucun risque de formes de covid graves ;

9) ces « vaccins » ne sont pas des vaccins puisqu’ils ne protègent ni de la contamination ni de la maladie. Au mieux, ce sont des traitements contre les formes graves (qui ne sont d’ailleurs pas toutes évitées). Or tout individu a le droit de consentir aux traitements qui lui sont proposés. Revenir sur ce principe fondamental aurait pour conséquence d’ouvrir une boîte de Pandore qui permettrait à l’avenir à l’Etat d’imposer n’importe quel traitement, vaccin, médicament, dispositif médical, etc., au nom de ce que les institutions (belges, européennes, internationales, publiques ou privées) ou la majorité considéreront comme relevant de l’intérêt public ;

10) or, le pouvoir de l’Etat sur un individu doit avoir des limites : le droit au respect de l’intégrité corporelle est un garde-fou et son franchissement conduirait à un monde où l’intégrité corporelle de chacun pourrait être franchie chaque fois que les instances décisionnelles en décideraient ainsi ;

11) la démocratie libérale n’est pas la dictature de la majorité : le respect des minorités et des droits fondamentaux en sont des principes inhérents ;

12) si la vaccination volontaire des personnes à risque est légitime, la vaccination massive en temps de pandémie est considérée par certains scientifiques comme une erreur médicale qui, d’une part, priverait les plus jeunes de l’acquisition d’une immunité naturelle plus large susceptible de les protéger des variants à venir et de contribuer à l’immunité collective, et qui, d’autre part, serait susceptible d’exercer une pression de sélection sur les variants.

II. L’avis oppose deux valeurs fondamentales : la solidarité et le respect de la liberté individuelle.
Or :

13) ces deux valeurs n’ont pas à être opposées ni hiérarchisées mais doivent être recherchées simultanément ;

14) le vaccin n’a rien de solidaire puisqu’il n’empêche pas la transmission ;

15) le sens du terme solidarité est ici dévoyé car il est question de faire prendre des risques potentiellement graves voire vitaux aux personnes réticentes à se faire administrer ces « vaccins », or le sacrifice forcé ne fait pas partie du champ de la solidarité ;

16) l’argument du manque de solidarité pourrait être retourné à ceux qui font pression sur les non-vaccinés et ne font preuve d’aucune solidarité vis-à-vis des jeunes (parfois leurs propres enfants ou petits-enfants) susceptibles d’être mis en danger par d’éventuels effets secondaires graves des « vaccins » ;

17) une réelle solidarité reposerait sur la construction de structures de santé solides (hôpitaux, soignants, soins de première ligne, prévention) et ceci est une question politique (cf. infra).

Dans la même veine, l’avis souligne que, de façon générale, la liberté individuelle peut être limitée pour préserver l’intérêt public. En l’occurence, il fait de « l’immunité acquise au sein de la population » (on imagine qu’il vise ici l’immunité vaccinale) « une sorte de bien commun ». Or :

18) l’intérêt public et le bien commun résident aussi d’une part dans l’immunité naturelle des jeunes et des personnes non à risque, susceptible de contribuer à une certaine immunité collective ;

19) d’autre part dans la préservation de la santé des enfants et des personnes non à risque en ne les forçant pas à s’administrer des produits expérimentaux ;

20) et enfin dans la préservation des droits fondamentaux, dont le droit au consentement éclairé et le droit à l’intégrité corporelle ;

21) sur le plan idéologique, l’avis fait manifestement primer les notions de solidarité et de bien commun telles que redéfinies par les instances décisionnelles sur le consentement et l’intégrité corporelle, ce qui évoque davantage le langage d’un régime à la chinoise que celui d’une démocratie libérale.

Dans le même ordre d’idées, l’avis expose l’idée que la solidarité prime sur la liberté individuelle dans une optique de réduction des risques concernant les formes graves et leurs coûts sociaux, le stress des soignants, les personnes fragiles et la circulation du virus qui crée des variants. Or :

22) si les vaccins fonctionnent et préviennent réellement les formes graves, c’est le cas qu’il y ait ou non des non-vaccinés ;

23) les non-vaccinés assument leurs choix et le choix de leur médication et acceptent le risque des formes graves ;

24) les coûts sociaux liés aux formes de covid graves des non-vaccinés ne sont pas supérieurs aux coûts sociaux liés aux pathologies provoquées par la cigarette, la drogue, la malbouffe, l’obésité, les comportements à risques, etc. (or aucune contrainte de comportement ni de traitement n’est imposée à ces malades), ni aux coûts sociaux engendrés par les mesures dites « sanitaires » d’ailleurs (confinements, isolement, fermeture de certains secteurs économiques, perturbation des secteurs éducatif, sportifs, etc.) ;

25) les non-vaccinés cotisent comme les autres ;

26) les personnes fragiles doivent être protégées (prévention, soins précoces), mais aussi se protéger (on est responsable de soi avant d’être responsable des autres) ;

27) enfin, la circulation du virus crée des variants, mais, comme nous l’avons souligné plus haut, la vaccination massive en temps de pandémie, selon certains scientifiques, pourrait également exercer une pression de sélection sur les variants.

III. L’avis exprime l’idée d’une « obligation vaccinale générale, facteur d’égalité ».
Or :

28) il s’agit d’une véritable ineptie sur le plan médical : sur le plan de la santé, que ce soit en matière de traitement ou même de vaccination, les individus sont tous à considérer au cas par cas. L’avis mêle ici deux niveaux de discours : un discours idéologique et un discours médical.

IV. Au sujet de l’immunité (vaccinale) acquise au sein de la population, l’avis énonce : « la circulation de l’agent infectieux est tellement entravée que la probabilité pour un individu sensible d’être contaminé est très réduite » .
Or :

29) au vu des flambées de contaminations, y compris dans les pays qui ont le plus vacciné, il est difficile de soutenir que la circulation du virus a été entravée par la vaccination.

V. Selon le Comité, le recours à une stratégie vaccinale à l’échelle de la population est scientifiquement établi.
Or :

30) le recours à la vaccination généralisée anti-covid avec les vaccins actuellement proposés en période de pandémie est une stratégie qui est loin d’être approuvée scientifiquement de façon unanime.

VI. Selon l’avis, une des justifications de l’obligation vaccinale serait de préserver les capacités hospitalières, d’éviter les reports de soins et « d’éviter des dépenses plus importantes qui seraient nécessaires si une épidémie se déclarait ».
Or :

31) d’une part, la fin ne justifie pas les moyens ;

32) d’autre part, ce qu’on attend d’un comité de bioéthique, c’est d’énoncer des arguments éthiques, pas des arguments politiques, ni économiques : il s’agit en effet là d’objectifs politiques qui n’ont pas à reposer sur une contrainte individuelle à la vaccination : c’est au gouvernement, à qui des moyens financiers sont alloués, qu’il incombe de faire en sorte que les capacités hospitalières correspondent aux besoins, or il est notoire que les capacités ont été diminuées depuis plusieurs décennies ; de même, les reports de soins sont les conséquences de décisions politiques. L’accroissement des capacités hospitalières et l’amélioration des soins de première ligne sont des questions politiques qui ont été négligées de façon coupable. La saturation des hôpitaux, saisonnière depuis des années, ne doit pas être attribuée à des boucs émissaires.

Dans la même veine, l’avis énonce : « la charge financière de l’épidémie est difficilement absorbable par un système de santé publique aux ressources limitées et elle dépasse en outre le seul système de santé pour s’étendre aux autres secteurs d’activités de la société ». Or :

33) les conséquences économiques sont davantage le fait des mesures sanitaires (confinements, couvre-feu, arrêts de certains secteurs) que du virus lui-même ;

34) l’avis évoque à juste titre des ressources limitées à ne pas gaspiller, or faut-il rappeler le nombre de milliards accordés à l’achats de « vaccins » qui laissent à désirer et en aides aux secteurs que les mesures gouvernementales ont saccagés ?

VII. L’avis expose la justification suivante : « En se faisant vacciner, ils contribuent à la protection du droit à la vie et du droit à la santé d’autres personnes ». Or, c’est au contraire le gouvernement et la société qui adopteraient une telle obligation vaccinale que l’on pourrait accuser de déni du droit à la santé et du droit à la vie à l’égard de certains citoyens.
En effet :

35) en refusant des injections expérimentales qui ne sont pas sans risques, comme le suggèrent fortement les données de pharmacovigilance, et en invoquant la liberté de soins, les non-vaccinés revendiquent également leur droit à la santé ;

36) de même, en refusant aux non-vaccinés le droit de travailler (droit refusé aux soignants, et demain peut-être à tous les salariés), la société leur refuse en quelque sorte le droit de subsister, c’est-à-dire pour ainsi dire le droit de vivre.

VIII. L’avis expose encore la justification suivante : « Certaines vaccinations peuvent occasionner, dans de rares cas, des effets secondaires graves. On pourrait en conclure qu’il n’est dès lors pas justifié d’administrer ces vaccins. Cependant, des complications analogues peuvent être observées chez les personnes qui développent la maladie avec une fréquence (…) supérieure à celle qui suit l’administration du vaccin (…) La fréquence beaucoup plus élevée des complications dues à la maladie est un facteur décisif dans cette évaluation pour vacciner quand même ».
Or :

37) ce paragraphe omet, de façon trompeuse, de préciser le fait que les effets graves liés au covid et ceux liés aux vaccins ne concernent pas les mêmes personnes. En effet, les personnes à risque de covid font, au moment de se vacciner, un calcul bénéfice-risque libre et relevant de leur responsabilité. Mais il ne serait ni acceptable ni proportionné de contraindre des personnes qui ne sont pas à risque de covid ou qui ne craignent pas d’affronter ces risques de prendre un risque non consenti et, pour certains, supérieur à celui auquel les expose la maladie, en les contraignant à se vacciner ;

38) il ne convient donc pas de mettre en balance des avantages concernant une classe de population (à risque de covid grave) avec des risques concernant une autre classe de population (plus jeune et non à risque de covid grave). A ce jour, la balance bénéfice-risque entre le covid et le vaccin diffère pour chaque personne selon son âge, son immunité, ses co-morbidités, son historique de santé et il lui revient donc de faire elle-même ce calcul ;

39) à ce jour, les études relatives à la pharmacovigilance n’ont pas suffisamment de recul et les institutions qui devraient les mener ont suscité des doutes quant à leur indépendance.

IX. Selon le Comité, « Les démocraties occidentales accordent de l’importance au respect de l’intégrité physique de la personne, une position qui se traduit par la condition de consentement éclairé (…). Toutefois, ce principe n’est pas absolu. Dans certaines circonstances, il peut être nécessaire de rendre une vaccination obligatoire afin de prévenir un risque imminent de maladie grave ». L’avis remet donc en question le principe de respect de l’intégrité corporelle de l’individu et le principe de consentement éclairé pour prévenir un risque imminent de maladie grave.
Or :

40) n’importe quelle maladie peut être grave pour des personnes en fin de vie ou porteuses de fragilités : ce raisonnement en faveur de la vaccination obligatoire généralisée pourrait donc être appliqué à n’importe quelle pathologie. Il ne l’est pourtant pas pour la grippe, le rhume, la gastro-entérite : faut-il s’attendre à l’avenir à ce qu’il le soit ? Et en vertu de quoi cette évolution serait-elle justifiée ? ;

41) on le voit : outrepasser le droit au respect de l’intégrité corporelle et le principe de consentement éclairé revient à ouvrir la boîte de Pandore évoquée plus haut, ces deux principes fondamentaux, (ainsi que tous les autres) pouvant alors être mis en parenthèse à la simple invocation, par les instances décisionnelles, de « l’intérêt général », du « bien commun » ou de la « solidarité ».

X. L’avis estime que l’obligation vaccinale pourrait être justifiée à condition que l’Etat répare les dommages causés par des effets non désirables éventuels.
Or :

42) une telle condition ne suffirait pas à justifier la vaccination obligatoire et la prise de risque qu’elle impose sur une partie de la population, notamment les plus jeunes, qui n’est pas à risque de covid grave. Accepter la possibilité d’effets secondaires graves consécutifs à la vaccination chez un seul enfant, une seule personne non consentante, pour une maladie bénigne, comme l’atteste la faible mortalité, est éthiquement inacceptable : une pathologie grave ou un décès consécutif à l’administration forcée d’un traitement s’apparente à un empoisonnement ou à un homicide, et l’indemnisation ne répare en rien la faute morale. Notons que si l’obligation vaccinale prend la forme travestie d’un pass vaccinal, les autorités pourront invoquer leur absence de responsabilité puisque le principe de la vaccination obligatoire ne sera pas inscrit tel quel dans le droit.

L’intérêt commun, grand perdant

Les seuls points acceptables de l’avis du Comité de bioéthique sur la vaccination obligatoire sont les suivants :

– il reconnaît qu’il n’est pas éthique de refuser des soins, qu’ils soient urgents ou non urgents, à un non-vacciné (contrairement à ce qu’une partie de la population favorable à la vaccination obligatoire se dit prête à envisager, entre autres mesures discriminatoires voire attentatoires aux droits des personnes non vaccinées) ;

– que la solidarité (sécurité sociale) ne doit pas dépendre du statut vaccinal (contrairement à certaines mesures discriminatoires envisagées par certains pays, comme l’exclusion du chômage pour les non-vaccinés, déjà privés de leur droit au travail) ;

– que « toute contrainte physique visant à soumettre un individu à la vaccination » serait inacceptable sur le plan éthique ; il est toutefois regrettable que l’avis ne reconnaisse pas que les contraintes morales et économiques constituent des actes de violence tout aussi inadmissibles !

Sur les points suivants, par contre, au lieu de dénoncer des pratiques profondément injustes, le Comité fait mine de proposer un cadre (présenté comme) éthique à l’obligation vaccinale et, ce faisant, en entérine le principe :

– le Comité indique que supprimer la possibilité de se faire tester pour conserver le pass sanitaire ne pourrait être justifié que sur des bases scientifiques. Même si on voit mal comment cette justification scientifique de la suppression des tests pourrait être apportée, on aurait attendu d’un comité d’éthique indépendant une dénonciation de l’absence de fondement scientifique du pass sanitaire (étant donné que les vaccinés peuvent également être contaminants) ;

– le Comité précise qu’une stratégie de vaccination obligatoire devrait expliquer l’utilité de cette vaccination, en expliquer les conséquences négatives et être exempte de toute considération commerciale. De nouveau, on aurait attendu d’un comité d’éthique qu’il dénonce le fait que ces trois conditions ne sont, dans les faits, pas rencontrées, seule la mauvaise foi pouvant conduire à ignorer ces intérêts commerciaux manifestes ;

– au lieu de dénoncer l’idée de sanctionner les personnes qui refuseraient la vaccination, le Comité en entérine le principe puisqu’il propose des sanctions « appropriées et équitables » et « qui ne permettent pas qu’une proportion limitée de la population puisse s’offrir un droit de ne pas se faire vacciner qui ne serait pas accessible à d’autres. De telles conséquences pourraient notamment découler d’une sanction financière très importante » ;

– le Comité ajoute que le gouvernement devrait démontrer « en quoi le recours à la vaccination volontaire est insuffisant à assurer la préservation de l’intérêt public et des personnes fragiles ». De nouveau, même si on ne voit pas très bien comment cette démonstration pourrait être apportée de façon scientifique, on ne peut que regretter la « prudence » (et dès lors complicité) du Comité de bioéthique qui semble s’être interdit de critiquer, contester ou dénoncer les choix éthiques du gouvernement à l’occasion de cette crise.

*La première partie de cet article a bénéficié de la réflexion et des conseils d’un collectif pluridisciplinaire

L’avis du Comité de bioéthique sur la vaccination obligatoire : une étape de plus vers la dissolution de l’éthique des droits fondamentaux

Partie 1
(voir la Partie 2)

Le texte suivant est une réponse que nous adressons au Comité consultatif de bioéthique de Belgique suite à sa prise de position sur la vaccination obligatoire[note]. Une réfutation brillante de cet avis est disponible ici[note]. Notre texte fait écho à cette réponse et dénonce l’absence de neutralité et d’indépendance du Comité de bioéthique et le caractère sophistique des arguments qu’il avance dans son avis.

Le « débat démocratique » sur l’obligation vaccinale anti-covid (éventuellement travestie sous la forme d’un pass vaccinal) sera imposé par le gouvernement dans les jours qui viennent. Les instances consultatives qui conseillent le gouvernement[note] se sont déjà prononcées sur cette question : aucune ne s’oppose à cette obligation ; certaines y sont même franchement favorables. Or leurs avis justifiant la tenue d’un tel débat reposent sur des arguments et présupposés au minimum discutables, souvent non actualisés, quand ils ne sont pas tout simplement erronés, ces manquements traduisant une tentative de passage en force.

Nous ne reviendrons pas ici sur les arguments contestables de l’Institut fédéral pour la protection et la promotion des droits humains dans son avis favorable à la vaccination obligatoire[note] : une excellente carte blanche les a réfutés brillamment[note] Nous ne nous étendrons pas davantage sur les positions critiquables des avis rendus par par le Conseil supérieur de la santé[note] et la Commission fédérale droits des patients[note] (commission qui n’est pas opposée à faire de la vaccination une condition d’accès aux activités essentielles, telles que l’accès à l’éducation ou l’accès à l’exercice d’une profession!): des collectifs pluridisciplinaires de scientifiques et d’universitaires[note] ont opposé une série d’objections de taille à ces différents avis après avoir établi qu’ils se fondent sur des présupposés non démontrés, voire inexacts, et qu’ils n’ont pas tenu compte « des données de terrain actuelles, des savoirs scientifiques à jour, de la pharmacovigilance, des variations des risques liés aux vaccins ou aux formes graves de Covid-19 par groupes d’âge et de comorbidités, et de la spécificité des vaccins anti-covid »[note] Leurs présupposés étant erronés, les conclusions et propositions normatives en faveur de l’obligation vaccinale exposées dans ces avis le sont également.

Qu’en est-il de l’avis du Comité consultatif de bioéthique ? Force est de constater qu’à l’instar des autres instances consultatives citées, il ne fait pas mention :

  • des effets indésirables des vaccins anti-covid ;
  • des restrictions et/ou interdictions déjà prises à l’encontre de certains d’entre eux dans plusieurs pays ;
  • du manque de recul sur les vaccins actuellement proposés ;
  • de l’indisponibilité de certaines données sur ces vaccins ;
  • de leur nature expérimentale ;
  • de la balance bénéfice-risque variable selon l’âge et le bilan de santé de chacun ;
  • du principe de précaution, principe à géométrie manifestement variable puisqu’invoqué comme un principe éthique de premier plan justifiant de refuser des pistes de traitements précoces basés sur des médications éprouvées, et rejeté comme un principe immobiliste et hostile au progrès dans le cas de technologies vaccinales expérimentales ;
  • de l’immunité naturelle ;
  • de l’efficacité des vaccins, variable selon les personnes, imprévisible et dépendante des variants, et de l’échappement immunitaire ;
  • de la nature zoonotique des coronavirus ;
  • du fait que ces vaccins permettent la transmission, ce qui rend caduque la notion de vaccination solidaire ;
  • du faux sentiment de protection que confère la vaccination, facteur de risque de propagation du virus ;
  • des effets collatéraux possibles de la vaccination de masse en temps de pandémie, comme la possible pression sélective sur les variants ;
  • de la mortalité réelle – extrêmement faible – liée au covid ;
  • de la surmortalité réelle ;
  • des méthodes de comptage, de statistiques et de modélisation pour le moins questionnables utilisées depuis mars 2020 ;
  • de l’absence de traitement précoce des patients malgré l’existence de protocoles de prise en charge précoce ;
  • des politiques de restructuration opérées depuis des décennies dans les hôpitaux ;
  • du fait que la vaccination contre le covid ne peut pas être comparée à la vaccination contre la polio, la variole ou la fièvre jaune ;
  • du fait que les vaccinations fortement recommandées aux enfants en Belgique visent la protection de l’enfant lui-même contre une série de maladies infantiles : en d’autres termes, le public vacciné l’est pour sa propre protection, contrairement à la vaccination de millions de personnes non à risque dans le cas du covid ;
  • du fait que les obligations vaccinales existant en Belgique à l’égard de certaines professions visent à protéger les travailleurs exposés et non ceux avec qui ils entreraient en contact ;
  • du fait que la vaccination obligatoire contre l’hépatite B s’est faite après 10 ans d’utilisation du vaccin et que cette vaccination ne concerne pas les personnes qui ont des anticorps ;
  • etc

Ne reposant pas sur des bases scientifiques complètes et à jour et dès lors sur des prémisses correctes, les arguments éthiques et les conclusions du Comité de bioéthique censés justifier la tenue d’un débat « démocratique » sur une éventuelle obligation vaccinale anti-covid pour les adultes ne peuvent pas être considérés comme valides, et la tenue de ce débat ne peut donc pas être considérée comme légitime. Non seulement l’avis du Comité consultatif de bioéthique ne prend pas en compte toute une série de données factuelles et scientifiques, mais il ne tient aucunement compte d’un certain nombre d’objections philosophiques qui lui sont adressées depuis presque deux ans. Pour le dire brièvement (le détail de la réfutation de l’avis étant exposé dans une seconde partie de ce texte) : selon cet avis, les principes de consentement éclairé et de respect de l’intégrité corporelle pourraient être transgressés durablement sous prétexte d’intérêt général, ce dernier étant défini par les instances décisionnelles. C’est donc, pour le dire sans détour, un avis qui amorce la destruction de l’éthique des droits fondamentaux, désormais subordonnés à une conception du bien commun, de l’intérêt général et de la solidarité imposée par le pouvoir. Or, le respect des droits fondamentaux fait partie de l’intérêt général. Les droits fondamentaux sont un de nos biens communs les plus précieux. Ils ne sont pas des droits égoïstes, mais des garde-fous. L’objectif de la mise en place de droits individuels fondamentaux au cours des siècles fut justement d’en faire des remparts face à l’arbitraire du pouvoir. L’évolution dont il est question ici constitue en réalité un retour en arrière. Nous devons avoir conscience que, dans un tel régime, il n’y aura plus de garde-fous : c’est le pouvoir qui disposera de nos corps et de ceux de nos enfants au gré de ses intérêts. Les auteurs de cet avis en ont-ils seulement conscience ? Accepterait-on un débat sur la légitimité du viol sous certaines conditions sous prétexte d’intérêt commun ?

Impact des vaccins sur la mortalité excessive de 2021 en EU, par le Prof. Patrick Meyer

Le Professeur Patrick Meyer, chargé de cours à la Faculté des Sciences de l’Université de Liège, spécialiste en biologie des systèmes et bioinformatique, nous interroge sur l’éventualité d’un lien entre la hausse de mortalité chez les moins de 45 ans et le début de la campagne de vaccination massive.

Nous relayons, ici, sa vidéo.

Plainte contre l’État belge pour incitation à la haine et discrimination

Conférence de presse du 07 janvier, Me Inès Wouters

Ce matin, l’avocate Inès Wouters donnait une conférence de presse pour rendre publique la requête contre l’État belge, citant le SPF Chancellerie du Premier Ministre, en la personne du Premier Ministre Alexander De Croo, et le SPF Santé Publique, en la personne du Ministre des affaire sociales et de la santé publique Franck Vandenbroeck.

La requérante, qui « a choisi de ne pas se faire vacciner, à l’instar de 25% de la population belge, pour des motifs qui lui sont personnels« , constate l’incitation à la haine et à la discrimination envers les non-vaccinés, dans les propos des Ministres De Croo et Vandenbroeck, véhiculés par la plupart des médias dominants.

Vous trouverez ci-joint la requête de Me Wouters qui contient de nombreux extraits des propos incriminés:

Rencontre avec Merlin, fondateur du « Café des Libertés »

En France, à Forcalquier, Merlin, fondateur du « Café des Libertés »[note] est à l’initiative d’une Zone de Défense Active de la Culture (ZDAC). Conscient qu’on ne défendrait pas la culture sans désobéir, ils ne tarissent pas d’imagination pour la faire vivre, cette culture qui unit, fait réfléchir, refait le monde, pour tous. Alors que certains reprochent aujourd’hui de fustiger une culture petite-bourgeoise qui, en Belgique, se soumet à l’État et les Oukases qu’il édicte, nous attendons les acteurs de ZDAC, ici, chez nous.