Kairos 70

Juin / Juillet / Août 2025

Qui veut la guerre ?

La vérité, pire que la mort ?

« Ils riaient, se frottaient les mains et s’éloignaient. J’avais une fois de plus perdu. Quel cauchemar de savoir, d’être sûr qu’on a raison et de ne pouvoir convaincre, de sentir que devant soi, les hommes pour qui l’on parle se ferment, que les mots glissent sans pénétrer en eux. Quel cauchemar, cette impuissance ! »[1].

On connaît la propension de ceux qui sont persuadés d’être du bon côté, celui de la vérité officielle portée et défendue par la garde politico-médiatique, à user du point Godwin[2] afin de clore toute discussion. L’objectif, en assignant son interlocuteur à des catégories socialement et négativement connotées, est bien plus celui d’arrêter une discussion faute d’arguments valables que de catégoriser l’autre. La catégorisation — « complotiste », « extrême droite »… — n’est donc qu’un moyen pour arriver à une fin : ne pas débattre. On pourrait même avancer sans risque que ce moyen se détache le plus souvent du réel : vous serez qualifié d’extrême droite alors que rien ne vous rapproche d’elle, alors même que quelqu’un d’extrême droite ne sera pas identifié ainsi. Tout dépendra si ce que vous dites plaît au pouvoir en place ou pas. On voit ainsi de véritables nazis qui disent ce que le pouvoir a envie d’entendre, ne pas se faire traiter de fasciste et même recueillir les ovations de parlementaires au Canada[3], pendant que de pacifiques citoyens dénonçant le génocide à Gaza se font traiter d’antisémites, alors qu’une armée d’occupation massacre des Palestiniens et leur fait subir des traitements auxquels les administrateurs des camps de la mort n’auraient sûrement rien eu à envier.

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Notes et références

  1. Martin Gray, Au nom de tous les miens, Robert Laffont, 1971, p. 181. Toutes les citations qui suivent sont tirées du même ouvrage. Pour les citations qui suivent, dans l’ordre : p.187, 208, 178, 192, 192-193.
  2. Déf. : Le « point Godwin » désigne le moment d’une discussion où une référence à Hitler ou au nazisme est introduite, généralement pour discréditer l’adversaire. Cela marque souvent la fin d’un débat civilisé, le point Godwin étant considéré comme un seuil au-delà duquel la discussion devient stérile.
  3. Qui feindront l’erreur… https://information.tv5monde.com/international/ex-soldat-nazi-ovationne-au-parlement-canadien-inacceptable-estime-justintrudeau